{"id":325622,"date":"2026-04-07T06:00:00","date_gmt":"2026-04-07T04:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=325622"},"modified":"2026-04-06T18:26:15","modified_gmt":"2026-04-06T16:26:15","slug":"ormuz-famine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2026\/04\/07\/ormuz-famine\/","title":{"rendered":"Le blocage d’Ormuz peut-il provoquer une famine ? Anatomie d’un choc syst\u00e9mique"},"content":{"rendered":"\n
La fermeture<\/a> presque compl\u00e8te du d\u00e9troit d’Ormuz a d\u00e9clench\u00e9 une crise violente au sein des cha\u00eenes d’approvisionnement agricoles mondiales. Le choc logistique initial s\u2019est transform\u00e9 en un probl\u00e8me structurel plus inqui\u00e9tant : non pas un blocage temporaire, mais une r\u00e9organisation des droits d’acc\u00e8s maritimes \u2014 avec des implications potentiellement permanentes pour la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire mondiale<\/a> <\/span>1<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n Les cons\u00e9quences pour les r\u00e9coltes africaines de 2026 sont en grande partie d\u00e9j\u00e0 irr\u00e9versibles. Face \u00e0 cette situation, une r\u00e9ponse internationale coordonn\u00e9e s\u2019impose d\u2019urgence. <\/p>\n\n\n\n Le blocus d\u2019Ormuz a provoqu\u00e9 l\u2019arr\u00eat de l’une des art\u00e8res maritimes les plus strat\u00e9giques de la plan\u00e8te. <\/p>\n\n\n\n Selon la Conf\u00e9rence des Nations unies sur le commerce et le d\u00e9veloppement, le transit quotidien moyen dans le d\u00e9troit est pass\u00e9 de 129 navires en f\u00e9vrier \u00e0 seulement 4 le 7 mars <\/span>2<\/sup><\/a><\/span><\/span> \u2014 soit une baisse de plus de 96 % par rapport au flux normal. Fin mars, le volume de trafic en tonnage avait recul\u00e9 de 85 %.<\/p>\n\n\n\n Le d\u00e9troit semble surtout avoir chang\u00e9 de propri\u00e9taire. <\/p>\n\n\n\n L’Iran l\u2019utilise d\u00e9sormais comme un corridor \u00e0 p\u00e9age s\u00e9lectif, avec un droit de veto, facturant 2 millions de dollars par navire, payables en yuans. La cons\u00e9quence pratique est une hi\u00e9rarchisation d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e des marchandises autoris\u00e9es. Le p\u00e9trole transite et g\u00e9n\u00e8re des revenus pour les Gardiens de la r\u00e9volution, mais non les engrais. Aucun navire transportant ces derniers n\u2019a en effet re\u00e7u d’autorisation. Cette diff\u00e9rence de traitement est strat\u00e9giquement importante, car elle signifie qu’une d\u00e9sescalade militaire partielle ne restaurera pas automatiquement les flux d’engrais.<\/p>\n\n\n\n Ainsi, au 26 mars, environ 400 navires attendaient l’autorisation des Gardiens de la R\u00e9volution pour entrer dans le golfe Persique. Le port de Jebel Ali, hub mondial de transbordement des \u00c9mirats arabes unis, n\u2019est plus op\u00e9rationnel. Au-del\u00e0 de la question de l’acc\u00e8s, les dommages logistiques sont aggrav\u00e9s par l\u2019action des m\u00e9canismes de march\u00e9 : la capacit\u00e9 de fret est r\u00e9allou\u00e9e de mani\u00e8re active vers le p\u00e9trole et le GNL, qui sont bien plus r\u00e9mun\u00e9rateurs, \u00e9vin\u00e7ant syst\u00e9matiquement les produits agricoles <\/span>3<\/sup><\/a><\/span><\/span> ; les primes d’assurance contre le risque de guerre se sont stabilis\u00e9es \u00e0 dix fois leur niveau d’avant la crise ; Maersk et CMA-CGM maintiennent la suspension de leurs r\u00e9servations dans le Golfe ; surtout, contrairement \u00e0 la crise de la mer Rouge en 2024, il n’existe pas d’option de r\u00e9acheminement comparable pour les cargaisons en provenance du Golfe, car le d\u00e9troit en verrouille sa sortie.<\/p>\n\n\n\n Dans le secteur agricole, la cons\u00e9quence la plus importante de la crise touche le march\u00e9 des engrais<\/a>, pour lequel le d\u00e9troit d\u2019Ormuz constitue un point de passage irrempla\u00e7able. Environ 30 \u00e0 35 % du commerce mondial d’engrais par voie maritime transitent par ce d\u00e9troit, dont environ un tiers de l’ur\u00e9e mondiale.<\/p>\n\n\n\nLa dislocation des cha\u00eenes d’approvisionnement mondiales<\/h2>\n\n\n\n
La d\u00e9stabilisation du march\u00e9 des engrais<\/h2>\n\n\n\n