{"id":323346,"date":"2026-03-21T06:00:00","date_gmt":"2026-03-21T05:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=323346"},"modified":"2026-03-20T20:36:57","modified_gmt":"2026-03-20T19:36:57","slug":"soloviev-antechrist-1","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2026\/03\/21\/soloviev-antechrist-1\/","title":{"rendered":"L\u2019Ant\u00e9christ de Soloviev : premi\u00e8re partie"},"content":{"rendered":"\n
Vladimir Soloviev (1853-1900) est g\u00e9n\u00e9ralement consid\u00e9r\u00e9 comme le p\u00e8re de la philosophie religieuse russe. Sans conteste, il s\u2019agit en Russie du philosophe le plus important du XIXe <\/sup>si\u00e8cle, inspirant non seulement les penseurs ult\u00e9rieurs de ce pays, mais \u00e9galement ses po\u00e8tes, ses \u00e9crivains, et plus rarement ses politiques (le plus souvent hostiles) <\/span>1<\/sup><\/a><\/span><\/span>.\u00a0<\/p>\n\n\n\n Dans un s\u00e9minaire sur la \u00ab Philosophie religieuse russe \u00bb (profess\u00e9 en 1933 \u00e0 l\u2019\u00c9cole Pratique des Hautes \u00c9tudes), Koj\u00e8ve qui a \u00e9crit sa th\u00e8se sur Soloviev (soutenue en 1926 sous la direction de Jaspers) rend compte de fa\u00e7on exemplaire du caract\u00e8re central de ce penseur :<\/p>\n\n\n\n \u00ab Je ne remonte pas plus haut que Soloviev, d\u2019abord parce que cela me prendrait trop de temps. Ensuite, parce que la philosophie de Soloviev synth\u00e9tise en quelque sorte la philosophie religieuse ant\u00e9rieure. En connaissant sa philosophie, on conna\u00eet par cela m\u00eame les id\u00e9es directrices de la philosophie religieuse des Slavophiles, de sorte qu\u2019une \u00e9tude des \u0153uvres de ces derniers n\u2019est pas absolument n\u00e9cessaire pour la compr\u00e9hension de la philosophie religieuse contemporaine. Et ceci d\u2019autant moins que l\u2019influence de la pens\u00e9e slavophile sur cette philosophie n\u2019est pas tant directe que transmise par la philosophie de Soloviev. <\/p>\n\n\n\n Et c\u2019est justement pour cette raison que je veux commencer mon \u00e9tude par l\u2019\u00e9tude de la philosophie de Soloviev. En un certain sens, toute la philosophie religieuse contemporaine est fond\u00e9e sur cette philosophie de Soloviev. Non pas en ce sens qu\u2019il y ait une \u00e9cole proprement dite de Soloviev, mais en ce sens que l\u2019orientation g\u00e9n\u00e9rale, la structure syst\u00e9matique, les probl\u00e8mes pos\u00e9s et discut\u00e9s sont aujourd\u2019hui encore les m\u00eames que chez lui. Et comme c\u2019est tout de m\u00eame Soloviev qui a su donner aux id\u00e9es de la philosophie religieuse russe l\u2019expression la plus compl\u00e8te et achev\u00e9e, la plus syst\u00e9matique et \u2014 on peut m\u00eame dire \u2014 la plus philosophique, l\u2019\u00e9tude de sa philosophie est \u2014 je crois \u2014 indispensable pour la compr\u00e9hension de la philosophie religieuse contemporaine.<\/p>\n\n\n\n D\u2019ailleurs, Soloviev n\u2019avait que quarante-sept ans lorsqu\u2019il est mort. S\u2019il avait v\u00e9cu plus longtemps, il aurait donc pu \u00eatre un philosophe contemporain. Et pour para\u00eetre tel il n\u2019aurait pas besoin de modifier sa philosophie. En effet, lorsqu\u2019on compare ses \u00e9crits avec les \u00e9crits des philosophes religieux russes contemporains parus vingt, trente et quarante ans plus tard, on ne\u00a0 constate aucune diff\u00e9rence essentielle. Et ce ne sont pas seulement les probl\u00e8mes qui sont rest\u00e9s les m\u00eames. M\u00eame la fa\u00e7on dont ils sont trait\u00e9s, la m\u00e9thode philosophique, le style et la mani\u00e8re de penser n\u2019ont subi aucune modification notable. Ainsi quoique mon cours sera en grande partie consacr\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9tude de la philosophie d\u2019un philosophe qui est mort il y a 33 ans, j\u2019aurais tout de m\u00eame pu l\u2019intituler : \u00e9tude de la philosophie religieuse russe contemporaine<\/em>. \u00bb <\/span>2<\/sup><\/a><\/span><\/span><\/p>\n\n\n\n Philosophe central, donc, Soloviev laisse derri\u00e8re lui une \u0153uvre volumineuse, compos\u00e9e aussi bien de po\u00e8mes, de le\u00e7ons, d\u2019articles pol\u00e9miques, que de trait\u00e9s philosophiques arides. En langue fran\u00e7aise, on pourra se rapporter aux Le\u00e7ons sur la divino-humanit\u00e9 <\/em>(Cerf) qui impressionn\u00e8rent beaucoup Dosto\u00efevski, \u00e0 ses articles pol\u00e9miques Du National et de l\u2019Universel <\/em>(Vrin) <\/em>o\u00f9 il rompit durement avec le slavophilisme comme \u00e9tant un nationalisme \u00e9troit, ou enfin \u00e0 ses Principes philosophiques de la connaissance int\u00e9grale <\/em>(PUC), <\/em>trait\u00e9 difficile de m\u00e9taphysique \u00e9crit dans sa jeunesse. <\/p>\n\n\n\n R\u00e9cemment, le nom de Vladimir Soloviev est parvenu jusqu\u2019\u00e0 la Silicon Valley par le truchement de Peter Thiel<\/a>. Ce dernier cite en effet r\u00e9guli\u00e8rement<\/a> son Court r\u00e9cit sur l\u2019Ant\u00e9christ <\/em>(ultime \u00e9crit de Soloviev publi\u00e9 en 1900) <\/em>comme \u00e9tant l\u2019une des \u0153uvres les plus importantes pour comprendre l\u2019un des devenirs possibles de l\u2019histoire humaine <\/span>3<\/sup><\/a><\/span><\/span>. En s\u2019appuyant sur ce texte, Peter Thiel indique clairement une pr\u00e9f\u00e9rence non pas pour la \u00ab g\u00e9opolitique \u00bb au sens classique du terme, mais pour une \u00ab philosophie de l\u2019histoire \u00bb s\u2019int\u00e9ressant \u00e0 la destin\u00e9e ultime de l\u2019humanit\u00e9 dans la cr\u00e9ation.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/p>\n\n\n\n Ce r\u00e9cit de Soloviev, tir\u00e9 des Trois Entretiens, <\/em>texte assez court mais, selon les mots de Koj\u00e8ve, \u00ab brillamment r\u00e9dig\u00e9, peut-\u00eatre le plus profond et le plus efficace de tout ce que Soloviev a publi\u00e9 \u00bb <\/span>4<\/sup><\/a><\/span><\/span>, est en effet une sp\u00e9culation philosophique sur la \u00ab fin de l\u2019histoire \u00bb. On y voit la majeure partie de l\u2019humanit\u00e9 (en la personne de l\u2019Ant\u00e9christ) refuser Dieu pour devenir \u00e0 elle-m\u00eame sa propre divinit\u00e9. L\u2019Ant\u00e9christ ou \u00ab homme-dieu \u00bb (contre le Christ ou \u00ab Dieu-homme \u00bb) n\u2019est donc pas chez Soloviev une figure \u00ab individuelle \u00bb (m\u00eame s\u2019il s\u2019incarne individuellement), il s\u2019agit plut\u00f4t du dernier visage de l\u2019humanit\u00e9 ou encore de l\u2019expression que celle-ci prend \u00e0 la fin de son<\/em> histoire :\u00a0<\/p>\n\n\n\n \u00ab Les forces historiques, \u00e9crit Soloviev dans la pr\u00e9face de son livre, qui r\u00e8gnent sur la masse de l\u2019humanit\u00e9 auront encore \u00e0 se heurter et \u00e0 se m\u00ealer avant que sur le corps de cette b\u00eate [l\u2019humanit\u00e9] qui se d\u00e9chire elle-m\u00eame vienne pousser une nouvelle t\u00eate : la puissance unificatrice mondiale de l\u2019Ant\u00e9christ \u00ab qui prof\u00e9rera des paroles fortes et \u00e9lev\u00e9es \u00bb et jettera le voile \u00e9tincelant du bien et de la justice sur le myst\u00e8re d\u2019iniquit\u00e9 parvenu \u00e0 son comble \u00e0 l\u2019heure de sa manifestation finale. \u00bb <\/span>5<\/sup><\/a><\/span><\/span><\/p>\n\n\n\n Avec ce r\u00e9cit, jamais Soloviev n\u2019aura mieux correspondu \u00e0 l\u2019image que ses contemporains se seront faite de lui, celui d\u2019un \u00ab proph\u00e8te \u00bb au \u00ab visage br\u00fbl\u00e9 par une pens\u00e9e cruelle \u00bb selon la fameuse expression de Bi\u00e9ly. Proph\u00e9tisant sa mort prochaine (et, en effet, il meurt peu de temps apr\u00e8s la publication de son livre), Soloviev abandonne toute prudence et termine sa carri\u00e8re par un r\u00e9cit apocalyptique. Sur le fond, pourtant le penseur russe semble abandonner son propre syst\u00e8me philosophique, si bien que ce dernier livre n\u2019est pas une r\u00e9capitulation de ce qu\u2019il a d\u00e9j\u00e0 dit, mais une rupture.<\/p>\n\n\n\n Cette rupture qui a toujours beaucoup impressionn\u00e9e ceux qui l\u2019ont \u00e9tudi\u00e9, comme \u00e9tant la marque d\u2019un vrai penseur ayant la mobilit\u00e9 d\u2019esprit n\u00e9cessaire pour radicalement transformer ses id\u00e9es (selon l\u2019interpr\u00e9tation de Koj\u00e8ve) ou la marque d\u2019un vrai chr\u00e9tien sachant s\u2019en remettre au Christ (selon la lecture d\u2019Urs von Balthasar <\/span>6<\/sup><\/a><\/span><\/span>), c\u2019est peut-\u00eatre le critique litt\u00e9raire Constantin Motchoulski (1892-1948) qui l\u2019a le mieux dramatis\u00e9e :<\/p>\n\n\n\n \u00ab Dans son R\u00e9cit sur l\u2019Ant\u00e9christ<\/em>, la pens\u00e9e de Vladimir Soloviev se lib\u00e8re d\u00e9finitivement de son romantisme slavophile et de ses utopies humanistes. Son historiophilosophie se rapproche des id\u00e9es de Fiodor Dosto\u00efevski, telles qu\u2019elles sont exprim\u00e9es dans Les Fr\u00e8res Karamazov <\/em>(l\u2019enseignement du starets Zossime) et surtout dans la L\u00e9gende du Grand Inquisiteur. <\/em><\/p>\n\n\n\n Mais se pourrait-il qu\u2019avant sa mort, Soloviev ait r\u00e9ellement senti qu\u2019il avait consacr\u00e9 les meilleures ann\u00e9es de sa vie non pas \u00e0 la cause du Christ, mais \u00e0 celle de l\u2019Ant\u00e9christ ? Se pourrait-il que, dans l\u2019image de \u00ab l\u2019homme \u00e0 venir \u00bb \u2014 le g\u00e9nial \u00e9crivain, r\u00e9formateur, asc\u00e8te et philanthrope \u2014 il ait reconnu son propre visage ? Certes, bien des traits de cette figure peuvent \u00eatre rapport\u00e9s \u00e0 L\u00e9on Tolsto\u00ef, dont le Dieu, selon Soloviev, est le \u00ab dieu de ce si\u00e8cle \u00bb<\/p>\n\n\n\n Et pourtant, \u00e0 la lecture du \u00ab R\u00e9cit \u00bb, il est impossible d\u2019\u00e9carter une pens\u00e9e inqui\u00e9tante : l\u2019auteur y parle de lui-m\u00eame, il y d\u00e9voile sa propre imposture. Sous la brillante figure de Soloviev se dissimulent des abysses obscurs : tout en lui se d\u00e9double, et la vive lumi\u00e8re qu\u2019il projette engendre des ombres sinistres. Il a emport\u00e9 avec lui un secret dont seuls quelques-uns, parmi ses amis les plus perspicaces, avaient une vague intuition. De l\u00e0 vient l\u2019ambivalence de leur attitude \u00e0 son \u00e9gard : attraction et r\u00e9pulsion, amour m\u00eal\u00e9 de haine. C\u2019est Vassili Rozanov qui ressentit avec le plus d\u2019acuit\u00e9 ce \u00ab visage sombre \u00bb de Soloviev et qui en donna ce portrait impitoyable :<\/p>\n\n\n\n \u2018Soloviev \u00e9tait tout entier brillant, froid, d\u2019acier. Peut-\u00eatre y avait-il en lui quelque chose de \u2018\u2018divin\u2019\u2019 comme il le pr\u00e9tendait, ou bien, selon ma d\u00e9finition, de profond\u00e9ment d\u00e9moniaque, v\u00e9ritablement infernal ; mais il n\u2019y avait en lui rien, ou tr\u00e8s peu, d\u2019humain. Le \u2018\u2018Fils de l\u2019homme\u2019\u2019, au sens de la vie quotidienne, ne s\u2019\u00e9tait m\u00eame pas \u00e9bauch\u00e9 en lui [\u2026]. Soloviev \u00e9tait un homme \u00e9trange, extraordinairement dou\u00e9 et redoutable. Il ne fait aucun doute qu\u2019il se consid\u00e9rait et se sentait au-dessus de tous ceux qui l\u2019entouraient, au-dessus de la Russie et de l\u2019\u00c9glise, de tous ces \u2018\u2018p\u00e8lerins\u2019\u2019 et \u2018\u2018sages pansophes\u2019\u2019 qu\u2019il mettait en sc\u00e8ne dans son Ant\u00e9christ <\/em>et qu\u2019il manipulait comme des pi\u00e8ces sur l\u2019\u00e9chiquier de sa litt\u00e9rature… Il n\u2019\u00e9tait pas, \u00e0 proprement parler, un philosophe \u2018\u2018ayant oubli\u00e9 o\u00f9 il vit\u2019\u2019, mais un homme qui n\u2019avait personne \u00e0 qui parler, qui ne parlait qu\u2019avec Dieu\u2019\u2019. C\u2019est l\u00e0 qu\u2019il vacilla involontairement : sa nature le fit pencher vers une \u2018\u2018conscience de soi comme proph\u00e8te\u2019\u2019, qui n\u2019avait rien d\u2019affect\u00e9 ni de feint\u2019. \u00bb <\/span>7<\/sup><\/a><\/span><\/span><\/p>\n\n\n\n On peut d\u00e9couper le Court r\u00e9cit sur l\u2019Ant\u00e9christ<\/em> en trois parties distinctes. La premi\u00e8re qu\u2019on livre ici aux lecteurs traite de la mise en place de l\u2019Union europ\u00e9enne au XXIe<\/sup> si\u00e8cle, c\u2019est-\u00e0-dire, d\u2019apr\u00e8s Soloviev, de la condition de possibilit\u00e9 n\u00e9cessaire pour qu\u2019advienne l\u2019Ant\u00e9christ. Cette partie qui para\u00eet avoir vieilli ne semble, par exemple, pas v\u00e9ritablement prise en consid\u00e9ration par Peter Thiel. <\/p>\n\n\n\n Soloviev lui-m\u00eame d\u00e9clare \u00e0 ce propos :<\/p>\n\n\n\n \u00ab Pour tout ce que j\u2019ai dit du panmongolisme et de l\u2019invasion asiatique en Europe, il convient \u00e9galement de distinguer l\u2019essentiel du d\u00e9tail. Mais ce fait capital lui-m\u00eame n\u2019est pas ici, assur\u00e9ment, aussi absolument certain que la future manifestation et le sort de l\u2019Ant\u00e9christ et de son faux proph\u00e8te. \u00bb <\/span>8<\/sup><\/a><\/span><\/span><\/p>\n\n\n\n Cependant, deux points doivent attirer notre attention. Le premier, qui devrait assur\u00e9ment int\u00e9resser tout Am\u00e9ricain, concerne le rapport des pays europ\u00e9ens \u2014 ou pourrait-on dire occidentaux \u2014 au monde musulman. La victoire de l\u2019Asie sur l\u2019Occident, d\u00e9clare Soloviev, sera facilit\u00e9e par la guerre \u00e9puisante que livreront les Occidentaux contre les pays musulmans.<\/p>\n\n\n\n \u00ab Pour ne pas allonger et ne pas compliquer mon r\u00e9cit, j\u2019ai \u00f4t\u00e9 du texte des entretiens une autre pr\u00e9diction dont je vais dire ici deux mots. Il me semble que le succ\u00e8s du panmongolisme sera d\u2019avance facilit\u00e9 par la lutte acharn\u00e9e et \u00e9puisante que certains \u00c9tats europ\u00e9ens seront amen\u00e9s \u00e0 soutenir contre l\u2019islam r\u00e9veill\u00e9 en Asie occidentale, en Afrique du Nord et en Afrique centrale. \u00bb <\/span>9<\/sup><\/a><\/span><\/span><\/p>\n\n\n\n Or dans la mesure o\u00f9 Soloviev n\u2019a pas d\u2019animosit\u00e9 contre l\u2019Islam et qu\u2019il tient m\u00eame Mahomet pour un proph\u00e8te authentique, on comprend qu\u2019il juge de fa\u00e7on n\u00e9gative cette perte de force inutile de l\u2019Occident contre le monde musulman <\/span>10<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n L\u2019autre point important de cette premi\u00e8re partie semble dissimul\u00e9 aux yeux m\u00eames de Soloviev. En effet, ce point n\u2019est devenu manifeste qu\u2019apr\u00e8s sa mort \u00e0 travers un courant de pens\u00e9e ult\u00e9rieur (se revendiquant \u00ab h\u00e9ritier du slavophilisme \u00bb), \u00e0 savoir l\u2019eurasisme. Quel est ce point ? Ce qu\u2019\u00e9crit Soloviev du \u00ab panmongolisme \u00bb concerne moins le Japon ou la Chine que la Russie elle-m\u00eame. C\u2019est, en effet, la Russie qui va r\u00e9interpr\u00e9ter de fa\u00e7on positive le \u00ab panmongolisme \u00bb et revaloriser l\u2019\u00ab h\u00e9ritage de Gengis Khan \u00bb <\/span>11<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Et l\u2019on verra que dans le texte m\u00eame de Soloviev un certain nombre de formules pourraient se pr\u00eater \u00e0 la Russie \u00ab h\u00e9riti\u00e8re de Gengis Khan \u00bb.<\/em>\u00a0<\/p>\n\n\n\n D\u00e8s lors, si l\u2019on prend en consid\u00e9ration ces deux points \u2014 l\u2019\u00e9puisement n\u00e9faste de l\u2019Occident contre le monde musulman et l\u2019affirmation d\u2019une Russie assumant son identit\u00e9 eurasiatique ou \u00ab mongole \u00bb \u2014 alors la premi\u00e8re partie de r\u00e9cit ne semble plus avoir compl\u00e8tement vieilli.<\/p>\n\n\n\nLe Court r\u00e9cit sur l\u2019Ant\u00e9christ <\/em>et <\/em>la fin de l\u2019histoire<\/h2>\n\n\n\n
Le Panmongolisme<\/h2>\n\n\n\n
Trois entretiens sur la guerre, la morale et la religion<\/h2>\n\n\n\n