{"id":322883,"date":"2026-03-19T05:08:00","date_gmt":"2026-03-19T04:08:00","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=322883"},"modified":"2026-03-18T19:01:52","modified_gmt":"2026-03-18T18:01:52","slug":"guerre-russie-amerique-trenin","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2026\/03\/19\/guerre-russie-amerique-trenin\/","title":{"rendered":"Apr\u00e8s l’Iran, la guerre \u00e9ternelle russo-am\u00e9ricaine reprend : la \u00ab fonction historique \u00bb de Donald Trump selon le Kremlin"},"content":{"rendered":"\n
Dans la Russie de Vladimir Poutine, le corps des experts en politique internationale sait pertinemment ce qu\u2019il doit dire \u2014 mais plus vraiment ce qu\u2019il doit penser. Ces experts peuvent toujours compter sur une s\u00e9rie de poncifs nationalistes<\/a> et messianiques faisant de la Russie l\u2019adversaire \u00e9ternel de toutes les formes d\u2019h\u00e9g\u00e9monie mondiale, mais leurs voix se font autrement discordantes, au risque de se contredire d\u2019un mois \u00e0 l\u2019autre, lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019analyser en temps r\u00e9el une politique internationale aussi changeante que celle des \u00c9tats-Unis de Donald Trump.\u00a0<\/p>\n\n\n\n Depuis les interventions militaires au Venezuela et en Iran, il est clair que l\u2019harmonie retrouv\u00e9e entre les \u00c9tats-Unis et la Russie \u2014 celle que Vladimir Poutine c\u00e9l\u00e9brait pompeusement, il y a encore un an de cela \u2014 a fait long feu. Du m\u00eame coup, tout un pan de la rh\u00e9torique du Kremlin et de ses porte-voix s\u2019est effondr\u00e9.<\/p>\n\n\n\n Pendant des mois, un flot continu de publications a assur\u00e9 au public russe que les \u00c9tats-Unis \u00e9taient revenus \u00e0 la raison, qu\u2019ils n\u2019avaient plus d\u2019autre objectif que celui de se replier sur leurs fractures int\u00e9rieures, et que le v\u00e9ritable adversaire n\u2019\u00e9tait autre que l\u2019Europe : nous serions sortis de la vieille Guerre froide pour entrer dans un conflit continental. Apr\u00e8s Caracas et T\u00e9h\u00e9ran, il est clair que ces discours relevaient du v\u0153u pieux ou de la pure tactique diplomatique. Les \u00c9tats-Unis reprennent donc, dans les principales publications russes, leur vrai visage : celui d\u2019ennemi \u00e9ternel et principal.<\/p>\n\n\n\n L\u2019un des signaux les plus \u00e9loquents de ce retour du refoul\u00e9 a \u00e9t\u00e9 fourni par Dmitri Trenin dans une r\u00e9cente publication dans l\u2019hebdomadaire russe Profil<\/em> <\/span>1<\/sup><\/a><\/span><\/span>. L\u2019auteur, directeur de l\u2019Institut d\u2019\u00e9conomie militaire mondiale et de strat\u00e9gie de l\u2019\u00c9cole des hautes \u00e9tudes \u00e9conomiques de Moscou, dresse un constat r\u00e9aliste et lucide : trompant toutes les attentes, y compris de certains de ses partisans, Donald Trump n\u2019a pas l\u2019intention de se consacrer aux affaires int\u00e9rieures et renoue avec la politique am\u00e9ricaine traditionnelle de regime change<\/em><\/a>. Pour cet expert pro-Kremlin, la conclusion est claire : la Russie doit se pr\u00e9parer \u00e0 une confrontation durable avec les \u00c9tats-Unis.<\/p>\n\n\n\n Son intervention se distingue surtout par son caract\u00e8re de plaidoyer r\u00e9aliste, dans le double sens \u2014 analytique et pragmatique \u2014 du terme. L\u00e0 o\u00f9 les propagandistes du r\u00e9gime prennent au mot le pr\u00e9sident russe pour clamer que l\u2019Occident collectif aurait fait son temps, surpass\u00e9 par la Chine ou les BRICS, Trenin rappelle une r\u00e9alit\u00e9 d\u00e9plaisante : les \u00c9tats-Unis restent la premi\u00e8re puissance mondiale.<\/p>\n\n\n\n Son texte consiste ainsi en un signal adress\u00e9 au Kremlin : derri\u00e8re ses discours grandiloquents, la Russie ferait bien de ne pas prendre ses r\u00eaves pour des r\u00e9alit\u00e9s, de s\u2019armer et de cultiver les partenariats internationaux susceptibles de freiner les ambitions h\u00e9g\u00e9moniques des \u00c9tats-Unis.<\/p>\n\n\n\n La fonction historique de Donald Trump \u2014 du moins tel qu\u2019il l\u2019imaginait lui-m\u00eame \u2014 devait consister \u00e0 \u00ab restaurer la grandeur de l\u2019Am\u00e9rique \u00bb en sauvant le pays de la d\u00e9rive dans laquelle il s\u2019enfon\u00e7ait depuis quinze ou vingt ans. Dans un premier temps, cette mission \u00e9tait envisag\u00e9e par Trump et ses soutiens du mouvement MAGA dans une perspective de recentrage national et de retenue politique. On peut en r\u00e9sumer les grandes lignes de la mani\u00e8re suivante : rompre avec l\u2019id\u00e9ologie lib\u00e9rale-globaliste et avec toutes les formes de \u00ab wokisme \u00bb au profit d\u2019un pragmatisme favorable aux affaires ; renoncer \u00e0 la promotion active, et m\u00eame \u00e0 la d\u00e9fense des int\u00e9r\u00eats de l\u2019empire am\u00e9ricain afin de se consacrer prioritairement aux \u00c9tats-Unis et \u00e0 leurs difficult\u00e9s internes. <\/p>\n\n\n\n Cette nouvelle orientation reposait sur une hypoth\u00e8se simple : celle d\u2019une diversit\u00e9 accrue du monde actuel et de la coexistence en son sein d\u2019une pluralit\u00e9 de grandes puissances avec lesquelles les \u00c9tats-Unis devaient d\u00e9sormais compter. Les calculs g\u00e9opolitiques laissaient ainsi supposer que l\u2019administration du 47e pr\u00e9sident concentrerait l\u2019essentiel de ses efforts sur les affaires int\u00e9rieures, puis, dans une moindre mesure, sur l\u2019h\u00e9misph\u00e8re occidental, avant de se tourner vers la Chine et, enfin, vers le reste du monde.<\/p>\n\n\n\n Selon cette logique, la g\u00e9o\u00e9conomie devait repr\u00e9senter le principal domaine d\u2019action de Washington ; quant aux enjeux de s\u00e9curit\u00e9, ils semblaient devoir s\u2019incarner surtout dans des questions d\u2019\u00e9migration ill\u00e9gale et de trafic de stup\u00e9fiants. Le d\u00e9fi pos\u00e9 par la R\u00e9publique populaire de Chine rev\u00eatait, en apparence, un tour essentiellement technologique et \u00e9conomique. Trump lui-m\u00eame promettait un r\u00e8glement rapide des conflits internationaux, y compris en Ukraine, et se pr\u00e9sentait volontiers aux yeux du monde comme le pr\u00e9sident de la paix.<\/p>\n\n\n\n Le d\u00e9but de son nouveau mandat s\u2019est av\u00e9r\u00e9 particuli\u00e8rement \u00e9nergique. \u00c0 peine investi, le pr\u00e9sident des \u00c9tats-Unis s\u2019est empress\u00e9 de lancer une offensive douani\u00e8re contre le reste du monde, accus\u00e9 de \u00ab profiter \u00bb ind\u00fbment de l\u2019Am\u00e9rique. Dans le m\u00eame temps, il prenait ses distances id\u00e9ologiques avec l\u2019Europe, avant d\u2019entreprendre de \u00ab raser de la surface de la terre \u00bb les infrastructures nucl\u00e9aires iraniennes et d\u2019entrer en campagne pour se voir d\u00e9cerner le prix Nobel de la paix.<\/p>\n\n\n\n Trump a par ailleurs r\u00e9tabli un contact direct avec le Kremlin en s\u2019appuyant sur les bons offices diplomatiques d\u2019un cercle restreint de personnes de confiance. Le bref sommet tenu \u00e0 Anchorage avec Vladimir Poutine a ainsi fait na\u00eetre une certaine entente mutuelle entre les \u00c9tats-Unis et la Russie quant aux modalit\u00e9s de r\u00e8glement de la crise ukrainienne \u2014 entente que l\u2019on d\u00e9signe parfois en Russie sous le nom d\u2019\u00ab esprit d\u2019Anchorage \u00bb.<\/p>\n\n\n\n R\u00e9trospectivement, ce moment semble avoir constitu\u00e9 l\u2019acm\u00e9 des relations entre Washington et Moscou. Depuis lors, la dynamique para\u00eet s\u2019\u00eatre enlis\u00e9e. Trump n\u2019a pas su rallier \u00e0 cette \u00ab entente mutuelle \u00bb les alli\u00e9s europ\u00e9ens. Contrairement au pr\u00e9sident am\u00e9ricain, ces derniers semblaient en effet d\u00e9termin\u00e9s \u00e0 poursuivre la guerre contre la Russie \u00ab jusqu\u2019au dernier Ukrainien \u00bb.<\/p>\n\n\n\n L\u2019auteur est ici fond\u00e9 \u00e0 utiliser des guillemets, car cette formule est un d\u00e9calque litt\u00e9ral d\u2019un argument maintes fois r\u00e9p\u00e9t\u00e9 par Vladimir Poutine. Lors du sommet de Bichkek le 27 novembre dernier<\/a>, le pr\u00e9sident russe affirmait que les Europ\u00e9ens exhortant les Ukrainiens \u00e0 reconqu\u00e9rir des localit\u00e9s conquises par l\u2019arm\u00e9e russe \u00ab poussaient \u00e0 la poursuite des hostilit\u00e9s jusqu\u2019au dernier Ukrainien \u00bb.<\/p>\n\n\n\n Poutine avait d\u00e9j\u00e0 employ\u00e9 l\u2019expression au cours d\u2019une interview<\/a> faite le 28 janvier dernier avec le journaliste Pavel Zaroubine. Dans cet entretien, il assurait alors que la Russie \u00e9tait pr\u00eate \u00e0 signer un accord de paix d\u00e8s le mois de f\u00e9vrier 2022, mais que les Ukrainiens, persuad\u00e9s de poursuivre la guerre par Boris Johnson, lui-m\u00eame mandat\u00e9 par Joe Biden, auraient r\u00e9pondu : \u00ab D\u00e9sormais, nous allons nous battre jusqu\u2019au dernier Ukrainien. \u00bb<\/p>\n\n\n\n Dans un cas comme dans l\u2019autre, il s\u2019agit donc de citations apocryphes pr\u00e9tendant d\u00e9crire l\u2019\u00e9tat d\u2019esprit de l\u2019adversaire, en soulignant tant\u00f4t le jusqu\u2019au-boutisme ukrainien, tant\u00f4t le cynisme des Europ\u00e9ens qui les forceraient presque \u00e0 pers\u00e9v\u00e9rer dans leur lutte militaire. Il faut peut-\u00eatre rappeler une \u00e9vidence : s\u2019il existe une perspective telle que la mort du \u00ab dernier Ukrainien \u00bb, c\u2019est bien parce que les autorit\u00e9s russes admettent elles-m\u00eames qu\u2019il leur serait possible d\u2019assassiner, si besoin, jusqu\u2019au dernier habitant du pays voisin. C\u2019est par ce moyen qu\u2019un jeu diplomatique sur des citations apocryphes devient une d\u00e9claration de disposition d\u2019esprit g\u00e9nocidaire.<\/p>\n\n\n\n Le pr\u00e9sident Trump disposait en th\u00e9orie de moyens de pression suffisants pour contraindre l\u2019Europe \u00e0 s\u2019aligner sur sa position et imposer \u00e0 Zelensky les termes d\u2019un accord de paix. Il a pourtant choisi de ne pas en faire usage. La majeure partie de la classe politique, du Congr\u00e8s aux principaux m\u00e9dias, mais aussi de l\u2019appareil de politique \u00e9trang\u00e8re \u2014 communaut\u00e9 du renseignement, Pentagone et d\u00e9partement d\u2019\u00c9tat \u2014 et m\u00eame de ses conseillers les plus proches voyait en effet d\u2019un tr\u00e8s mauvais \u0153il un plan de paix qu\u2019il \u00e9tait difficile de pr\u00e9senter comme une victoire sur la Russie.<\/p>\n\n\n\n Ces m\u00eames blocages ont emp\u00each\u00e9 Donald Trump de r\u00e9colter les b\u00e9n\u00e9fices les plus accessibles, ceux de nature purement technique \u2014 restituer enfin les propri\u00e9t\u00e9s diplomatiques russes saisies sous la pr\u00e9sidence d\u2019Obama ou r\u00e9tablir les liaisons a\u00e9riennes directes entre la Russie et les \u00c9tats-Unis. En parall\u00e8le, la pression financi\u00e8re li\u00e9e aux sanctions am\u00e9ricaines ne s\u2019est jamais att\u00e9nu\u00e9e ; bien au contraire, elle s\u2019est m\u00eame accentu\u00e9e, surtout en direction des entreprises \u00e9nerg\u00e9tiques russes. Des droits de douane suppl\u00e9mentaires ont \u00e9t\u00e9 impos\u00e9s aux \u00c9tats importateurs de p\u00e9trole russe. Enfin, Washington a superbement ignor\u00e9 les propositions russes de prolongation des restrictions pr\u00e9vues par le trait\u00e9 New START, qui arrivait \u00e0 expiration en f\u00e9vrier de cette ann\u00e9e. Dans ces conditions, les n\u00e9gociations triangulaires engag\u00e9es en 2026 entre la Russie, les \u00c9tats-Unis et l\u2019Ukraine ne pouvaient gu\u00e8re porter que sur des points de d\u00e9tail, relativement techniques.<\/p>\n\n\n\n L\u00e0 encore, il s\u2019agit d\u2019un argument fr\u00e9quemment avanc\u00e9 par Vladimir Poutine. Le 19 f\u00e9vrier 2025, dans le contexte des n\u00e9gociations \u00e0 Riyad entre les \u00c9tats-Unis et la Russie, il \u00e9voquait ing\u00e9nument \u00ab la question du renouvellement du trait\u00e9 New START \u00bb<\/a>, affirmant que chacun semblait avoir oubli\u00e9 son expiration imminente. On se souvient pourtant que le pr\u00e9sident russe avait annonc\u00e9 d\u00e8s le 21 f\u00e9vrier 2023 la suspension de la participation de la F\u00e9d\u00e9ration de Russie \u00e0 ce trait\u00e9<\/a>, invoquant un d\u00e9s\u00e9quilibre entre les obligations faites \u00e0 la Russie et celles assum\u00e9es par la partie am\u00e9ricaine. <\/p>\n\n\n\n Entre-temps, la politique \u00e9trang\u00e8re des \u00c9tats-Unis a pris un tournant ouvertement agressif. En janvier, Trump a d\u00e9clench\u00e9 une op\u00e9ration de changement de r\u00e9gime au Venezuela, proc\u00e9dant \u00e0 l\u2019arrestation du pr\u00e9sident du pays et soumettant Caracas \u00e0 la volont\u00e9 de Washington par la force des armes. Fin f\u00e9vrier, les \u00c9tats-Unis et Isra\u00ebl ont attaqu\u00e9 l\u2019Iran, \u00e9limin\u00e9 son Guide supr\u00eame et officialis\u00e9 leur intention de renverser le r\u00e9gime. \u00c0 ce jour, ce conflit d\u2019une ampleur consid\u00e9rable se poursuit, sans faire oublier que Trump a \u00e9galement annonc\u00e9 des objectifs de \u00ab changement de r\u00e9gime \u00bb \u00e0 Cuba.<\/p>\n\n\n\n Autrement dit, le Pentagone m\u00e9rite toujours davantage le nouvel intitul\u00e9 que lui a accol\u00e9 Donald Trump : celui de minist\u00e8re de la Guerre. Son directeur, Pete Hegseth, a m\u00eame proclam\u00e9 publiquement qu\u2019il n\u2019existait d\u00e9sormais plus aucune limite \u00e0 l\u2019usage de la force.<\/p>\n\n\n\n Au cours de ce processus, Trump a d\u00e9finitivement rompu avec ses intentions initiales pour mieux renouer avec l\u2019agenda traditionnel de Washington, dans une version d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment brutale, indiff\u00e9rente par principe \u00e0 toute forme de droit international. Ce revirement s\u2019explique en grande partie par l\u2019aggravation des troubles int\u00e9rieurs (\u00e9checs de la politique migratoire, annulation d\u2019une s\u00e9rie de droits de douane par la Cour supr\u00eame, \u00ab affaire Epstein \u00bb, chute de la cote de popularit\u00e9 du pr\u00e9sident) dans un contexte d\u2019\u00e9lections de mi-mandat relativement proches. Trump se serait ainsi r\u00e9solu \u00e0 se rapprocher de groupes politiquement et financi\u00e8rement influents : les neocons<\/em> et le lobby isra\u00e9lien. Ce virage s\u2019est accompagn\u00e9 d\u2019une marginalisation des compagnons de route du mouvement MAGA. En lieu et place d\u2019une h\u00e9g\u00e9monie d\u00e9cr\u00e9pie de l\u2019Occident collectif, toujours appuy\u00e9e sur les piliers chancelants du lib\u00e9ralisme et du globalisme, Trump cherche d\u00e9sormais \u00e0 imposer la domination h\u00e9g\u00e9monique des \u00c9tats-Unis par des moyens purement coercitifs.<\/p>\n\n\n\n Ce tournant nous impose de revoir en profondeur notre mani\u00e8re d\u2019appr\u00e9hender l\u2019Am\u00e9rique. Ces derniers temps, une certaine opinion gagne en visibilit\u00e9 dans le d\u00e9bat public russe : les \u00c9tats-Unis et, plus largement, l\u2019Occident, auraient perdu leur h\u00e9g\u00e9monie pass\u00e9e. Le monde multipolaire serait d\u00e9j\u00e0 une r\u00e9alit\u00e9 accomplie. La Chine aurait d\u00e9pass\u00e9 les \u00c9tats-Unis ; les BRICS auraient d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 supplant\u00e9 le G7.<\/p>\n\n\n\n Cette interpr\u00e9tation repose sur certains signaux bien r\u00e9els. Il n\u2019en faut pas moins conserver \u00e0 l\u2019esprit que les \u00c9tats-Unis demeurent, et resteront vraisemblablement dans un avenir proche, la premi\u00e8re puissance mondiale. Cette puissance s\u2019\u00e9tait momentan\u00e9ment assoupie sous Biden-\u00ab Tchernenko \u00bb avant de passer \u00e0 la contre-offensive sous Trump. <\/p>\n\n\n\n L\u2019\u00e2ge avanc\u00e9 et l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 d\u00e9grad\u00e9 du secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du PCUS, Konstantin Tchernenko, ont justifi\u00e9 chez certains critiques de Joe Biden une comparaison d\u2019assez mauvais go\u00fbt entre les deux hommes.<\/p>\n\n\n\n L\u2019objectif de Washington ne consiste pas tant \u00e0 instaurer un nouvel ordre mondial qu\u2019\u00e0 semer un chaos plan\u00e9taire pour mieux y r\u00e9gner en ma\u00eetre. <\/p>\n\n\n\n