{"id":321234,"date":"2026-03-09T20:28:21","date_gmt":"2026-03-09T19:28:21","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=321234"},"modified":"2026-03-09T20:28:27","modified_gmt":"2026-03-09T19:28:27","slug":"mini-guerre-mondiale-liban","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2026\/03\/09\/mini-guerre-mondiale-liban\/","title":{"rendered":"La mini guerre mondiale pour le nouveau Moyen-Orient"},"content":{"rendered":"\n
Si vous nous lisez et que vous souhaitez soutenir une r\u00e9daction jeune et ind\u00e9pendante, mobilis\u00e9e pour produire des analyses \u00e0 chaud, d\u00e9couvrez toutes nos offres pour s’abonner au Grand Continent<\/a><\/em><\/p>\n\n\n\n Depuis le d\u00e9but des op\u00e9rations Epic Fury et Roaring Lion le 28 f\u00e9vrier 2026, la guerre a chang\u00e9 d\u2019\u00e9chelle. D\u2019une campagne isra\u00e9lo-am\u00e9ricaine contre l\u2019Iran, elle est devenue r\u00e9gionale et s\u2019\u00e9tend d\u00e9sormais \u00e0 seize pays<\/a>. Depuis dix jours, elle a \u00e9galement commenc\u00e9 \u00e0 entrer en profondeur dans un autre pays voisin : avec l\u2019attaque du Hezbollah et la r\u00e9ponse d\u2019Isra\u00ebl, cette guerre est aussi devenue celle du Liban.\u00a0<\/p>\n\n\n\n Si certains parlent de \u00ab Troisi\u00e8me guerre du Golfe \u00bb, on assiste plut\u00f4t \u00e0 ce qu\u2019il serait plus juste d\u2019appeler une \u00ab mini guerre mondiale \u00bb. Le conflit implique d\u2019ailleurs \u00e9galement d\u00e9sormais la Russie, qui aurait partag\u00e9 avec l\u2019Iran des renseignements concernant des cibles \u00e9tats-uniennes dans la r\u00e9gion du Golfe <\/span>1<\/sup><\/a><\/span><\/span>. <\/p>\n\n\n\n Mais au moins deux autres caract\u00e9ristiques distinguent la guerre actuelle de celle de 1990-1991. Au-del\u00e0 des co\u00fbts humains et mat\u00e9riels pour les acteurs locaux et r\u00e9gionaux bellig\u00e9rants directement touch\u00e9s \u2014 comme l’Iran, les pays du Golfe, Isra\u00ebl et les \u00c9tats-Unis \u2014 les retomb\u00e9es \u00e9conomiques sont de bien plus grande envergure que celles observ\u00e9es durant la guerre du Golfe. La raison principale de ce choc d\u2019\u00e9chelle est la capacit\u00e9 militaire de l\u2019Iran \u2014 bien plus grande que celle de l\u2019Irak \u00e0 l\u2019\u00e9poque \u2014 arm\u00e9e de missiles balistiques et de drones et son d\u00e9sir de faire payer la r\u00e9gion un prix \u00e9lev\u00e9 pour cette guerre. L\u2019autre diff\u00e9rence est le r\u00f4le jou\u00e9 d\u00e9sormais par Isra\u00ebl : spectateur il y a trente-six ans, l\u2019\u00c9tat h\u00e9breu m\u00e8ne aujourd’hui la guerre.<\/p>\n\n\n\n La diff\u00e9rence est donc de nature plus que de degr\u00e9 : le conflit actuel entra\u00eene des changements radicaux dans la trajectoire de la r\u00e9gion, qu\u2019il est possible de remettre dans une perspective historique.<\/p>\n\n\n\n Avec l\u2019attaque du Hezbollah et la r\u00e9ponse d\u2019Isra\u00ebl, cette guerre est aussi devenue celle du Liban.<\/p>Kim Ghattas<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n Sans surprise, cette histoire commence en 1979. Cette ann\u00e9e est bien s\u00fbr celle de la r\u00e9volution iranienne qui donne naissance \u00e0 la R\u00e9publique islamique, mais c\u2019est aussi le d\u00e9but d\u2019une rivalit\u00e9 qui va structurer la g\u00e9opolitique r\u00e9gionale pendant plus de quarante ans. Jadis alli\u00e9s entre eux et alli\u00e9s tous deux aux \u00c9tats-Unis, l\u2019Iran et l\u2019Arabie saoudite configurent \u00e0 partir de cette date la carte du Moyen-Orient <\/span>2<\/sup><\/a><\/span><\/span>. L\u2019animosit\u00e9 entre Riyad et T\u00e9h\u00e9ran finira par tourner \u00e0 la violence sectaire entre sunnites et chiites et cette confrontation des mod\u00e8les transformera la r\u00e9gion non seulement sur le plan g\u00e9opolitique, mais aussi sur les plans culturel, social et religieux.<\/p>\n\n\n\n En exposant une confrontation nouvelle, l\u2019ann\u00e9e 1979 met aussi en branle l\u2019id\u00e9e qu\u2019une nouvelle architecture r\u00e9gionale \u2014 d\u00e9coulant du \u00ab projet expansionniste \u00bb de l\u2019Iran \u2014 pourrait voir le jour. Si cette \u00e8re strat\u00e9gique a connu plusieurs noms et plusieurs formes \u2014 de ce que l\u2019on a appel\u00e9 le \u00ab croissant chiite \u00bb jusqu\u2019\u00e0 \u00ab l\u2019axe de la R\u00e9sistance \u00bb \u2014 elle passait constamment par l\u2019arsenalisation des milices chiites arm\u00e9es au Liban, en Irak, au Y\u00e9men et en Syrie. <\/p>\n\n\n\n Par id\u00e9ologie et par pragmatisme politique, la doctrine iranienne de la domination r\u00e9gionale par proxy <\/em>entrait en confrontation directe avec la vision isra\u00e9lienne de la r\u00e9gion.<\/p>\n\n\n\n\n Il ne fallut attendre que trois ans pour que l\u2019incompatibilit\u00e9 de ces mod\u00e8les conduise \u00e0 l\u2019embrasement. <\/p>\n\n\n\n En juin 1982, Isra\u00ebl envahit le Liban jusqu’\u00e0 faire le si\u00e8ge de Beyrouth m\u00eame. Cette op\u00e9ration na\u00eet du d\u00e9sir d\u2019Ariel Sharon, alors ministre de la D\u00e9fense, de transformer la r\u00e9gion. Son plan est rod\u00e9 et coh\u00e9rent : il consiste \u00e0 expulser les gu\u00e9rillas palestiniennes du Liban, \u00e0 imposer un pr\u00e9sident pro-isra\u00e9lien \u00e0 Beyrouth et \u00e0 affaiblir le r\u00e9gime syrien de Hafez al-Assad en s’en prenant directement \u00e0 son arm\u00e9e qui occupe une partie du Liban.<\/p>\n\n\n\n Mais deux jours apr\u00e8s le d\u00e9but de l\u2019invasion terrestre, un acteur impr\u00e9vu vient perturber l\u2019op\u00e9ration : la R\u00e9publique islamique envoie un contingent de Gardiens de la R\u00e9volution au Liban via<\/em> Damas. C\u2019est l\u2019acte de naissance du Hezbollah.<\/p>\n\n\n\n Le reste de l\u2019histoire est connu : contre Isra\u00ebl, l\u2019Iran exploitera d\u00e9sormais partout o\u00f9 il le pourra la pr\u00e9sence chiite ; l\u2019\u00c9tat h\u00e9breu usera quant \u00e0 lui de tous les moyens \u00e0 sa disposition pour atteindre la R\u00e9publique islamique indirectement dans les pays voisins.<\/p>\n\n\n\n La doctrine iranienne de la domination r\u00e9gionale par proxy <\/em>est entr\u00e9e en confrontation directe avec la vision isra\u00e9lienne de la r\u00e9gion.<\/p>Kim Ghattas<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n Dans mon prochain livre, qui para\u00eetra \u00e0 la rentr\u00e9e aux \u00e9ditions Holt \u00e0 New York, je retrace la rivalit\u00e9 triangulaire entre les \u00c9tats-Unis, l’Iran et Isra\u00ebl \u2014 ce m\u00eame Isra\u00ebl qui, jusqu’\u00e0 la fin des ann\u00e9es 1980, livrait des armes \u00e0 T\u00e9h\u00e9ran.\u00a0<\/p>\n\n\n\n Dans cette d\u00e9cennie tragique pour le Liban, le pays fut le th\u00e9\u00e2tre d’une confrontation qui prit rapidement une forme meurtri\u00e8re : attentats contre les Marines am\u00e9ricains et l’ambassade am\u00e9ricaine en 1983, attentat du Drakkar contre les soldats fran\u00e7ais, prise d’otages fran\u00e7ais, dont le chercheur et politologue Michel Seurat, qui mourra en captivit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n Du choc historique entre la r\u00e9volution iranienne de 1979 et l’invasion isra\u00e9lienne du Liban en 1982 \u00e9mergea le projet r\u00e9gional de l’Iran \u2014 et la d\u00e9cision am\u00e9ricaine d’engager les Marines au Liban, qui en firent aussit\u00f4t une cible pour T\u00e9h\u00e9ran, marquant la premi\u00e8re fois que les \u00c9tats-Unis soient pris pour cible pour un attentat au Moyen-Orient.<\/p>\n\n\n\n Sous le Shah, l’Iran nourrissait d\u00e9j\u00e0 des ambitions r\u00e9gionales, mais d’une nature fondamentalement diff\u00e9rente. Elles ne reposaient pas sur des milices arm\u00e9es \u00e9rig\u00e9es en \u00c9tat dans l’\u00c9tat mais sur une d\u00e9localisation de l\u2019influence. Nombre de r\u00e9volutionnaires iraniens avaient d\u2019ailleurs \u00e9t\u00e9 form\u00e9s au Liban, dans les camps palestiniens \u2014 islamistes, certes, mais aussi la\u00efques et s\u00e9culiers <\/span>3<\/sup><\/a><\/span><\/span> \u2014 avant de rentrer en Iran pour participer au renversement du Shah. <\/p>\n\n\n\n On assiste aujourd\u2019hui \u00e0 l’aboutissement de cette longue confrontation. <\/p>\n\n\n\n Ce qui fut pendant des d\u00e9cennies une guerre par procuration \u2014 conduite \u00e0 travers des milices interpos\u00e9es \u2014 est devenu un affrontement qui implique directement les arm\u00e9es des trois protagonistes.<\/p>\n\n\n\n Cette confrontation oppose d\u2019ailleurs peu ou prou les m\u00eames personnes.<\/p>\n\n\n\n En 1982, Ali Khamenei n\u2019\u00e9tait pas encore Guide supr\u00eame, mais il \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 au pouvoir en tant que pr\u00e9sident de la R\u00e9publique islamique quand l’ayatollah Khomeini \u00e9tait Guide supr\u00eame. Cette m\u00eame ann\u00e9e, Benjamin Netanyahou n\u2019\u00e9tait pas encore Premier ministre d\u2019Isra\u00ebl, mais il \u00e9tait num\u00e9ro deux de l’ambassade isra\u00e9lienne \u00e0 Washington. Or jusqu\u2019\u00e0 la mort le 1er mars 2026 de Khamenei, Guide supr\u00eame iranien depuis 1989, ces deux figures furent les deux seuls protagonistes de cette \u00e9poque encore aux commandes. Comme l\u2019a d\u00e9clar\u00e9 Netanyahou lui-m\u00eame, il pr\u00e9pare cette guerre depuis quarante ans ; du c\u00f4t\u00e9 iranien, la propagande du r\u00e9gime fait entendre le m\u00eame son de cloche.<\/p>\n\n\n\n Mais ce \u00e0\u00a0quoi nous assistons d\u00e9passe bien s\u00fbr une rivalit\u00e9 de chefs ou le r\u00e8glement d’un contentieux historique. Benjamin Netanyahou entend fa\u00e7onner un nouveau Moyen-Orient pour Isra\u00ebl \u2014 \u00e0 quel prix humain, nul ne peut encore le mesurer. Pour partenaire, il a r\u00e9ussi \u00e0 s\u2019adjoindre une figure en apparence contradictoire : Donald Trump, le pr\u00e9sident r\u00e9publicain qui fut pourtant le plus hostile aux n\u00e9oconservateurs qui appelaient pr\u00e9cis\u00e9ment de leurs v\u0153ux ce nouveau Moyen-Orient depuis des d\u00e9cennies.\u00a0<\/p>\n\n\n\n\n\n Il faut sans doute voir l\u00e0 l\u2019effet d\u2019une opportunit\u00e9 historique, que le dirigeant isra\u00e9lien entend saisir \u00e0 tout prix.<\/p>\n\n\n\n Quarante-quatre ans apr\u00e8s la naissance de cette rivalit\u00e9, le r\u00e9gime du fils d\u2019Hafez el-Assad est tomb\u00e9 en Syrie ; au Liban, le Hezbollah a \u00e9t\u00e9 d\u00e9capit\u00e9 de son chef ; en Iran, le Guide supr\u00eame vient d\u2019\u00eatre tu\u00e9. <\/p>\n\n\n\n L\u2019Axe de la r\u00e9sistance n\u2019est plus. Mais on assiste aujourd’hui \u00e0 encore autre chose encore : la fin du projet iranien visant \u00e0 casser le projet isra\u00e9lien d\u2019imposer un nouveau Moyen-Orient.<\/p>\n\n\n\n Car avec la guerre lanc\u00e9e par Isra\u00ebl et les \u00c9tats-Unis, le projet r\u00e9gional de la R\u00e9publique islamique se transforme devant nos yeux. Certes, le r\u00e9gime n\u2019est pas mort en m\u00eame temps qu\u2019Ali Khamenei. Si sa d\u00e9composition politique est bel et bien enclench\u00e9e par les frappes isra\u00e9lo-am\u00e9ricaines, l\u2019av\u00e8nement de Mojtaba Khamenei, fils de l\u2019ayatollah, comme nouveau guide supr\u00eame, pourrait m\u00eame achever de radicaliser ce qu\u2019il en reste.<\/p>\n\n\n\n S\u2019il pourrait peut-\u00eatre se retrouver forc\u00e9 de se retrancher un peu plus \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de ses fronti\u00e8res, le r\u00e9gime iranien restera capable de nuire \u00e0 son voisinage comme il l\u2019a fait dans les dix premiers jours de la guerre. Dans un sc\u00e9nario plus optimiste, l\u2019intensit\u00e9 des frappes sur l\u2019Iran pourrait diminuer. Celles-ci pourraient devenir plus cibl\u00e9es, permettant \u00e0 la population iranienne de respirer, peut-\u00eatre de se soulever \u2014 si elle b\u00e9n\u00e9ficie en parall\u00e8le d\u2019un soutien tactique ou au moins des messages clairs de la r\u00e9gion en appui au peuple iranien, qui avait attendu l\u2019aide des \u00c9tats-Unis durant son soul\u00e8vement en janvier avant de se retrouver \u00e9cras\u00e9 dans la r\u00e9pression sanglante. Car la meilleure alternative au r\u00e9gime et la plus grande menace pour la R\u00e9publique islamique reste bien la soci\u00e9t\u00e9 iranienne.<\/p>\n\n\n\n L\u2019Axe de la r\u00e9sistance n\u2019est plus. Mais on assiste aujourd’hui \u00e0 encore autre chose encore : la fin du projet iranien visant \u00e0 casser le projet isra\u00e9lien d\u2019imposer un nouveau Moyen-Orient.<\/p>Kim Ghattas<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n Ce moment porte une autre dimension structurante : la rivalit\u00e9 entre l\u2019Iran et l\u2019Arabie Saoudite continue de se jouer sous nos yeux. <\/p>\n\n\n\n Par sa strat\u00e9gie de riposte, la R\u00e9publique islamique a clairement d\u00e9cid\u00e9 de contrer le projet de Trump de rapprocher les pays du Golfe et Isra\u00ebl dans le cadre des Accords d\u2019Abraham initi\u00e9s lors de son premier mandat. <\/p>\n\n\n\n Pour l\u2019instant, les frappes iraniennes n\u2019ont pas r\u00e9ussi \u00e0 diviser le Golfe, ni m\u00eame \u00e0 \u00e9branler la confiance des \u00c9tats de la p\u00e9ninsule apr\u00e8s la panique initiale. Le diff\u00e9rend entre les \u00c9mirats arabes unis et l\u2019Arabie saoudite est mis de c\u00f4t\u00e9. Ils font actuellement face ensemble \u00e0 cette situation avec leurs alli\u00e9s du Golfe et les \u00c9tats-Unis. Il y a fort \u00e0 parier que des discussions strat\u00e9giques en coulisses avec les Isra\u00e9liens ont eu lieu dans le cadre du CENTCOM, le commandement central de l\u2019arm\u00e9e am\u00e9ricaine <\/span>4<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n Lors de son discours en Arabie Saoudite en mai de l’ann\u00e9e derni\u00e8re<\/a>, Trump avait d\u00e9clar\u00e9 que ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs avaient tent\u00e9 de changer la r\u00e9gion par des projets de d\u00e9mocratie et de changement r\u00e9gional par la guerre, et qu’il allait faire les choses diff\u00e9remment. Benjamin Netanyahou est parvenu \u00e0 le convaincre qu’il \u00e9tait possible d’obtenir un succ\u00e8s dans la r\u00e9gion \u2014 un succ\u00e8s bien plus grand, selon lui, que n’importe quel accord nucl\u00e9aire qui pourrait \u00eatre obtenu \u00e0 la suite de n\u00e9gociations. Un deal<\/em> circonscrit qui aurait mentionn\u00e9 quelques concessions nucl\u00e9aires \u2014 voire d’autres petites concessions \u2014 ne serait pas assez spectaculaire pour Trump.<\/p>\n\n\n\n Il a donc succomb\u00e9 \u00e0 la tentation que lui a fait miroiter Netanyahou d’un projet de plus grande envergure, bien plus spectaculaire : tuer le leader supr\u00eame de l’Iran, Ali Khamenei et faire capituler le r\u00e9gime iranien. <\/p>\n\n\n\n En ayant frapp\u00e9 des cibles non seulement am\u00e9ricaines, mais aussi civiles dans les pays du Golfe, l’Iran tente de frustrer ce projet \u00e9conomique, mais aussi de forcer les pays du Golfe \u00e0 faire pression sur Donald Trump pour acc\u00e9l\u00e9rer le retour \u00e0 la diplomatie. Le co\u00fbt \u00e9conomique est toutefois d\u00e9mesur\u00e9ment \u00e9lev\u00e9 pour les pays du Golfe et se fera sentir dans la dur\u00e9e \u2014 surtout si le r\u00e9gime de T\u00e9h\u00e9ran survit, m\u00eame bless\u00e9 et affaibli, \u00e0 cette guerre.\u00a0\u00a0<\/p>\n\n\n\n Les pays du Golfe vont-ils demander \u00e0 Trump de trouver une issue diplomatique, de mettre fin \u00e0 cette guerre et de d\u00e9clarer une victoire parce qu’ils ont tu\u00e9 Khamenei et d\u00e9truit de nombreux missiles balistiques, ainsi que des infrastructures militaires et nucl\u00e9aires iraniennes ? Face \u00e0 la flamb\u00e9e des prix du p\u00e9trole, Donald Trump pourrait \u00eatre tent\u00e9 de soudainement d\u00e9clarer victoire en faisant une liste des leaders Iraniens qui ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s et des infrastructures d\u00e9truites. <\/p>\n\n\n\n Ce ne serait certainement pas une victoire pour le peuple iranien qui se trouverait toujours en r\u00e9publique islamique mais avec un r\u00e9gime encore plus revanchiste, encore plus destin\u00e9 \u00e0 s’accrocher au pouvoir.<\/p>\n\n\n\n Car il est douteux qu\u2019une d\u00e9mocratie naisse sous les bombes en Iran. Ni les \u00c9tats-Unis ni Isra\u00ebl ne se pr\u00e9occupent vraiment d\u2019aider le peuple iranien.<\/p>\n\n\n\n D\u2019ailleurs Trump a rejet\u00e9 l\u2019id\u00e9e de travailler avec Reza Pahlavi \u2014 qui aurait en tout \u00e9tat de cause \u00e9t\u00e9 un \u00ab choix \u00bb tr\u00e8s imparfait \u2014 et a d\u00e9clar\u00e9 pr\u00e9f\u00e9rer travailler avec des personnes de l’int\u00e9rieur, des membres du r\u00e9gime peut-\u00eatre un peu plus pragmatiques, un peu moins anti-am\u00e9ricains, et d’accord pour r\u00e9duire le programme nucl\u00e9aire. Certains analystes pensaient que Mojtaba Khamenei<\/a> pourrait, ou aurait pu, \u00eatre un bon candidat pour Trump, de m\u00eame qu\u2019Ali Larijani<\/a>. Mais apr\u00e8s la mort de son p\u00e8re et dans la f\u00e9rocit\u00e9 de la guerre telle qu\u2019elle se d\u00e9ploie ces jours-ci, il est difficile de l\u2019imaginer trouver un terrain de compromis avec Trump.<\/p>\n\n\n\n \u00c0 tel point que l\u2019on pourrait aussi se retrouver dans la situation inverse : dans l\u2019interr\u00e8gne iranien, l\u2019acc\u00e9l\u00e9ration de la construction d’une bombe nucl\u00e9aire.<\/p>\n\n\n\n\nFa\u00e7onner le destin d\u2019une r\u00e9gion : aux origines de la violence<\/h2>\n\n\n\n
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\n <\/picture>\n Quarante ans plus tard : une \u00ab confrontation finale \u00bb pr\u00e9par\u00e9e et attendue<\/h2>\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n Le Golfe pourrait d\u00e9terminer le futur de cette guerre<\/h2>\n\n\n\n