{"id":318749,"date":"2026-02-24T17:31:51","date_gmt":"2026-02-24T16:31:51","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=318749"},"modified":"2026-02-24T17:31:56","modified_gmt":"2026-02-24T16:31:56","slug":"vivre-et-survivre-dans-lukraine-occupee-le-cauchemar-du-monde-russe","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2026\/02\/24\/vivre-et-survivre-dans-lukraine-occupee-le-cauchemar-du-monde-russe\/","title":{"rendered":"Vivre et survivre dans l\u2019Ukraine occup\u00e9e : le cauchemar du \u00ab monde russe \u00bb"},"content":{"rendered":"\n


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Apr\u00e8s quatre ans de combats acharn\u00e9s, la guerre en Ukraine continue d\u2019\u00eatre per\u00e7ue en Europe de l\u2019Ouest \u00e0 travers trois prismes qui limitent la capacit\u00e9 d\u2019analyse et d\u2019action.<\/p>\n\n\n\n

Tout d\u2019abord, elle n\u2019\u00e9chappe pas au r\u00e9gime m\u00e9diatique g\u00e9n\u00e9ral dont le flot transforme chaque \u00ab fait d\u2019actualit\u00e9 \u00bb en un isolat sans pr\u00e9c\u00e9dent. Les discussions fi\u00e9vreuses qui surgissent \u00e0 chaque pseudo-n\u00e9gociation russo-am\u00e9ricaine<\/a> suffisent \u00e0 d\u00e9montrer que cet espace m\u00e9diatique ne conserve aucune m\u00e9moire des coups pr\u00e9c\u00e9dents. Ses conditions de fonctionnement cr\u00e9ent ainsi une illusion de continuit\u00e9, voire d\u2019\u00e9ternelle r\u00e9p\u00e9tition du m\u00eame, comme si nous vivions toujours dans le monde de l\u2019offensive de Kiev de mars 2022, de celle de Koursk \u00e0 l\u2019\u00e9t\u00e9 2024 ou de la mutinerie de Prigojine<\/a> en 2023. En somme, comme si elle avait toujours \u00e9t\u00e9 d\u00e9clench\u00e9e hier.<\/p>\n\n\n\n

Une difficult\u00e9 sym\u00e9trique surgit lorsqu\u2019on ne trouve d\u2019autre mani\u00e8re d\u2019assigner une profondeur au conflit que de se plonger dans le pass\u00e9 lointain, expliquant ainsi les \u00e9v\u00e9nements du XXIe si\u00e8cle par ceux de la Galicie des ann\u00e9es 1940 ou la politique linguistique d\u2019Alexandre II. \u00c0 cette aune, les Ukrainiens d\u2019aujourd\u2019hui sont des humains d\u2019aucun temps, des \u00eatres flottant dans une actualit\u00e9 sans pass\u00e9 autre qu\u2019imm\u00e9morial.<\/p>\n\n\n\n

Enfin, la perception abstraite de la guerre atteint son acm\u00e9 lorsque l\u2019on persiste \u00e0 l\u2019observer sur une carte d\u2019\u00e9tat-major, en superposant des divisions linguistiques et des fronti\u00e8res administratives aux lignes d\u2019un front mouvant<\/a>. Certes, le discours sur une guerre que l\u2019on ne vit pas soi-m\u00eame a toujours quelque chose d\u2019abstrait. \u00ab 450 000 morts \u00bb ne veut rien dire en soi. \u00ab Cela revient quasiment \u00e0 l\u2019ensemble des habitants de la ville de Toulouse \u00bb n\u2019offre pas davantage de prise \u00e0 l\u2019esprit.<\/p>\n\n\n\n

Il n\u2019en est que plus utile de renoncer \u00e0 scruter la guerre \u00e0 travers des chiffres et des aplats de couleur sur une carte. Cet effort est un pr\u00e9alable \u00e0 toute r\u00e9flexion sur la sortie de guerre.<\/p>\n\n\n\n

L\u2019envie de tracer au plus vite une limite frontali\u00e8re pour en finir avec ce conflit meurtrier est bien compr\u00e9hensible. <\/p>\n\n\n\n

Elle oublie simplement \u2014 ou fait mine d\u2019oublier \u2014 que chaque m\u00e8tre carr\u00e9 de terrain conquis par la Russie repr\u00e9sente autant de personnes en chair et en os, abandonn\u00e9es \u00e0 une dictature sanglante.<\/p>\n\n\n\n

De ce fait, toute discussion politique ou diplomatique qui aborde la guerre en Ukraine sans prononcer les mots \u00ab torture \u00bb, \u00ab massacres \u00bb, \u00ab oligarchie \u00bb et \u00ab r\u00e9pression \u00bb est fondamentalement incompl\u00e8te.<\/p>\n\n\n\n

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