{"id":316938,"date":"2026-02-13T06:00:00","date_gmt":"2026-02-13T05:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=316938"},"modified":"2026-02-12T18:52:53","modified_gmt":"2026-02-12T17:52:53","slug":"apres-otan-europe-canada-sans-washington","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2026\/02\/13\/apres-otan-europe-canada-sans-washington\/","title":{"rendered":"L\u2019Europe et le Canada apr\u00e8s l\u2019OTAN : penser la s\u00e9curit\u00e9 euro-atlantique sans Washington"},"content":{"rendered":"\n
Vous nous lisez tous les jours et vous souhaitez soutenir une r\u00e9daction jeune, europ\u00e9enne et ind\u00e9pendante ? Sautez le pas et d\u00e9couvrez toutes nos offres pour s’abonner au Grand Continent<\/a><\/em><\/p>\n\n\n\n Alors que Donald Trump a en apparence renonc\u00e9 \u00e0 recourir \u00e0 la force pour s\u2019accaparer le Groenland, plusieurs dirigeants du monde occidental, rassur\u00e9s, ont pu croire \u00e0 la sauvegarde de l\u2019OTAN. Pourtant, c\u2019est sans doute trop esp\u00e9rer. Le r\u00e9pit qu\u2019accorde le pr\u00e9sident am\u00e9ricain ne doit pas \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9 comme un retour \u00e0 la normale mais plut\u00f4t comme une accalmie fragile dans un contexte de rupture profonde et durable de l\u2019architecture de s\u00e9curit\u00e9 transatlantique.<\/p>\n\n\n\n Le Premier ministre canadien Mark Carney a fait preuve de lucidit\u00e9 dans son discours \u00e0 Davos<\/a> : \u00ab L\u2019ordre ancien ne sera pas r\u00e9tabli. Nous ne devons pas le pleurer. La nostalgie n\u2019est pas une strat\u00e9gie. \u00bb<\/p>\n\n\n\n Ce diagnostic est sans \u00e9quivoque : le choc n\u2019est ni conjoncturel ni r\u00e9versible \u00e0 court terme. Nous sommes t\u00e9moins d\u2019un changement de paradigme, dont les effets structurants continueront de se faire sentir bien au-del\u00e0 des contingences li\u00e9es \u00e0 l\u2019humeur instable du quarante-septi\u00e8me pr\u00e9sident des \u00c9tats-Unis.<\/p>\n\n\n\n Certains pensent que l\u2019Alliance atlantique va durer <\/span>1<\/sup><\/a><\/span><\/span> tandis que d\u2019autres plaident pour une strat\u00e9gie d\u2019apaisement<\/a>, fond\u00e9e sur l\u2019id\u00e9e qu\u2019il serait n\u00e9cessaire de pr\u00e9server la relation avec les \u00c9tats-Unis \u00ab m\u00eame si cela s\u2019av\u00e8re beaucoup plus difficile que jamais \u00bb <\/span>2<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Une telle attitude est compr\u00e9hensible du fait de la crainte de contribuer \u00e0 une proph\u00e9tie autor\u00e9alisatrice : il est effectivement inutile de rompre volontairement les liens de d\u00e9fense avec les \u00c9tats-Unis tant que ces derniers n\u2019y mettent pas fin.<\/p>\n\n\n\n Si cette attitude est l\u00e9gitime, elle n\u2019exige cependant pas de maintenir un statu quo <\/em>qui consisterait \u00e0 n\u00e9gliger de pr\u00e9parer l\u2019apr\u00e8s-OTAN. Il serait en effet irresponsable pour l\u2019Europe et le Canada de ne pas planifier, ensemble, la d\u00e9fense de la communaut\u00e9 euro-atlantique dans l\u2019hypoth\u00e8se o\u00f9 les \u00c9tats-Unis retirent ou diminuent sensiblement leur soutien <\/span>3<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n Renoncer \u00e0 cette pr\u00e9paration rel\u00e8verait d\u2019une dangereuse illusion : trop de lignes rouges ont \u00e9t\u00e9 franchies. La communaut\u00e9 de s\u00e9curit\u00e9 transatlantique \u2014 fond\u00e9e sur la confiance mutuelle, la solidarit\u00e9 en cas d\u2019agression externe et l\u2019impensable usage de la force entre alli\u00e9s \u2014 n\u2019existe plus et nous aurions tort d\u2019ajouter de la division transatlantique en ne pensant pas conjointement le futur d\u2019une architecture de s\u00e9curit\u00e9 des deux c\u00f4t\u00e9s de l\u2019oc\u00e9an Atlantique \u2014 sans Washington.<\/p>\n\n\n\n Il est en effet d\u00e9sormais l\u00e9gitime de douter que les \u00c9tats-Unis honoreraient leurs engagements envers les Europ\u00e9ens ou le Canada en cas d\u2019agression : c\u2019est d\u2019ailleurs ce que sugg\u00e8re la Strat\u00e9gie de d\u00e9fense nationale<\/a> de la seconde administration Trump, qui indique que les Europ\u00e9ens devront \u00ab assumer la responsabilit\u00e9 principale de la d\u00e9fense conventionnelle de l\u2019Europe, avec un soutien am\u00e9ricain essentiel mais plus limit\u00e9 \u00bb. Ce transfert de la responsabilit\u00e9 de la s\u00e9curit\u00e9 du continent sur les \u00e9paules des Europ\u00e9ens inclut le soutien militaire et \u00e9conomique \u00e0 apporter \u00e0 l\u2019Ukraine face \u00e0 la Russie et, lorsque la guerre prendra fin, les efforts pour s\u00e9curiser le territoire ukrainien.<\/p>\n\n\n\n Pour illustrer l\u2019ampleur que repr\u00e9sente un tel effort, il aurait fallu, pour le mener \u00e0 bien, remplacer les pr\u00e8s de 65 milliards d\u2019euros de fournitures militaires accord\u00e9es par Washington \u00e0 Kiev entre janvier 2022 et octobre 2025 <\/span>4<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Plus encore, l\u2019International Institute for Strategic Studies a \u00e9valu\u00e9 les co\u00fbts pour d\u00e9fendre l\u2019Europe sans les \u00c9tats-Unis \u00e0 mille milliards de dollars am\u00e9ricains, engag\u00e9s sur une p\u00e9riode de vingt-cinq ans <\/span>5<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n La question n\u2019est plus de savoir s\u2019il faut pr\u00e9parer l\u2019apr\u00e8s-OTAN, mais \u00e0 quelle vitesse et avec quel degr\u00e9 de lucidit\u00e9 les alli\u00e9s accepteront d\u2019en assumer les co\u00fbts et les responsabilit\u00e9s.<\/p>Justin Massie<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n Non seulement l\u2019essence de l\u2019OTAN \u2014 l\u2019engagement am\u00e9ricain pour assurer la protection de l\u2019Europe contre une agression externe \u2014 est remise en question, mais il est d\u00e9sormais possible d\u2019imaginer que l\u2019agression pourrait venir des \u00c9tats-Unis eux-m\u00eames.<\/p>\n\n\n\n Le Canada<\/a> et le Danemark<\/a> ont \u00e9t\u00e9 pris pour cibles par Washington, qui d\u00e9sire imposer une h\u00e9g\u00e9monie \u00e9tatsunienne sur l\u2019ensemble de l\u2019h\u00e9misph\u00e8re \u00ab occidental \u00bb \u2014 du Groenland \u00e0 la Terre de Feu \u2014 par le recours \u00e0 la coercition \u00e9conomique et \u00e0 la force militaire si n\u00e9cessaire. L\u2019administration Trump multiplie les menaces d\u2019annexion de ces deux territoires s\u2019ils ne s\u2019alignent pas totalement sur les exigences am\u00e9ricaines afin d\u2019assurer la d\u00e9fense de \u00ab leur \u00bb espace : ces pressions vont de la demande de cession de la souverainet\u00e9 de la base militaire de Pituffik <\/span>6<\/sup><\/a><\/span><\/span> \u00e0 la menace de violer l\u2019espace a\u00e9rien canadien si Ottawa renonce \u00e0 sa d\u00e9cision d\u2019acheter 88 avions F-35 <\/span>7<\/sup><\/a><\/span><\/span>, en passant par le soutien apport\u00e9 \u00e0 des mouvements s\u00e9cessionnistes au Canada <\/span>8<\/sup><\/a><\/span><\/span> et au Groenland <\/span>9<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n Dans ces circonstances, persister \u00e0 fonder la s\u00e9curit\u00e9 europ\u00e9enne et canadienne sur l\u2019automaticit\u00e9 du parapluie am\u00e9ricain rel\u00e8ve d\u2019une illusion strat\u00e9gique aux cons\u00e9quences potentiellement existentielles. <\/p>\n\n\n\n La crise transatlantique actuelle met en lumi\u00e8re les causes profondes de la rupture \u2014 des causes structurelles qui vont bien au-del\u00e0 de la seule personnalit\u00e9 de Donald Trump.<\/p>\n\n\n\n Certes, l\u2019impr\u00e9visibilit\u00e9 calcul\u00e9e du pr\u00e9sident des \u00c9tats-Unis, son narcissisme et sa propension \u00e0 choquer jouent un r\u00f4le central. Cette tendance d\u00e9passe pourtant largement Trump : le mouvement MAGA, qui recueille encore la moiti\u00e9 des appuis au sein du Parti r\u00e9publicain <\/span>10<\/sup><\/a><\/span><\/span>, fait sien le mantra \u00ab America First \u00bb<\/em> et soutient une politique \u00e9trang\u00e8re fond\u00e9e sur l\u2019id\u00e9e de \u00ab paix par la force \u00bb <\/span>11<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Plus d\u2019un quart des membres de ce mouvement sont m\u00eame favorables \u00e0 l\u2019usage de la force contre le Groenland <\/span>12<\/sup><\/a><\/span><\/span>.\u00a0<\/p>\n\n\n\n Aux \u00c9tats-Unis, les contre-pouvoirs soci\u00e9taux existent, mais ils demeurent faibles, fragment\u00e9s et insuffisamment mobilis\u00e9s<\/a> pour infl\u00e9chir la trajectoire strat\u00e9gique du pays. Il est inqui\u00e9tant que l\u2019id\u00e9e d\u2019attaquer un alli\u00e9 historique des \u00c9tats-Unis n\u2019ait pas suscit\u00e9 davantage de hauts cris au sein de la soci\u00e9t\u00e9 et des institutions \u00e9tatsuniennes : la crise de l\u00e9gitimit\u00e9 que traversent ces derni\u00e8res y est certainement pour quelque chose <\/span>13<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n Si le recul apparent du pr\u00e9sident Trump sur le Groenland peut s\u2019expliquer par des raisons pragmatiques, telle que l\u2019anticipation de co\u00fbts \u00e9lectoraux<\/a> <\/span>14<\/sup><\/a><\/span><\/span> et \u00e9conomiques<\/a> <\/span>15<\/sup><\/a><\/span><\/span> trop \u00e9lev\u00e9s, la trame de fond guidant l\u2019administration Trump demeure ferme : protectionnisme, nativisme et priorisation des int\u00e9r\u00eats am\u00e9ricains d\u00e9finis de mani\u00e8re tr\u00e8s \u00e9go\u00efste, sans \u00e9gard pour les alli\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n Deux courants structurent d\u00e9sormais la pens\u00e9e strat\u00e9gique dominante \u00e0 Washington <\/span>16<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n Tandis que les prioritizers<\/em> estiment que la Chine constitue la menace centrale et qu\u2019il faut, pour y faire face, r\u00e9duire les engagements ailleurs \u2014 quitte \u00e0 abandonner des alli\u00e9s ou \u00e0 les placer dans une relation de d\u00e9pendance strat\u00e9gique \u2014, les restrainers<\/em>, souvent issus du noyau dur MAGA, pr\u00f4nent un recentrage radical sur le continent am\u00e9ricain pour s\u2019attaquer d\u2019abord aux menaces int\u00e9rieures per\u00e7ues que sont l\u2019immigration, la d\u00e9sindustrialisation et la perte de pouvoir d\u2019achat.<\/p>\n\n\n\n Force est de constater qu\u2019aucun de ces courants ne propose une alliance transatlantique forte : tous deux actent, de fait, la rupture du lien de confiance.<\/p>\n\n\n\n Dans ces conditions, il serait irresponsable pour les alli\u00e9s militaires des \u00c9tats-Unis de continuer \u00e0 fonder la s\u00e9curit\u00e9 transatlantique sur l\u2019OTAN : les fondations de l\u2019Alliance sont fissur\u00e9es et l\u2019\u00e9difice pourrait s\u2019effondrer au gr\u00e9 d\u2019une d\u00e9cision pr\u00e9sidentielle <\/span>17<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Le \u00ab transfert de fardeau \u00bb (burden shifting<\/em>) des \u00c9tats-Unis vers leurs alli\u00e9s peut appara\u00eetre comme un moindre mal par rapport \u00e0 une pr\u00e9dation ouverte des premiers, mais il laisse tout de m\u00eame ces alli\u00e9s livr\u00e9s \u00e0 eux-m\u00eames.<\/p>\n\n\n\n \u00c0 terme, la multiplication et l\u2019interconnexion des coalitions pourrait esquisser une architecture de s\u00e9curit\u00e9 en r\u00e9seau, moins lourde que l\u2019OTAN mais plus robuste face au retrait am\u00e9ricain.<\/p>Justin Massie<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n Dans un tel contexte, il est imp\u00e9ratif de travailler, dans l\u2019urgence, \u00e0 la mise en place d\u2019une structure de s\u00e9curit\u00e9 transatlantique autonome, capable d\u2019assurer la cr\u00e9dibilit\u00e9 de la dissuasion conventionnelle et la conduite d\u2019op\u00e9rations de d\u00e9fense sans d\u00e9pendance structurelle envers Washington.<\/p>\n\n\n\n Trois mod\u00e8les semblent envisageables.<\/p>\n\n\n\n Le premier est celui d\u2019une europ\u00e9anisation de l\u2019OTAN en transformant l\u2019Alliance de l\u2019int\u00e9rieur <\/span>18<\/sup><\/a><\/span><\/span> : elle passerait notamment par le remplacement des officiers am\u00e9ricains aux postes de commandement de l\u2019OTAN par des Europ\u00e9ens ou des Canadiens. Le Supreme Allied Command Europe (SACEUR), les commandements r\u00e9gionaux de forces interarm\u00e9es (Joint Force Command, JFC) de Naples et de Norfolk, ainsi que les commandements des domaines a\u00e9rien (Aircom, bas\u00e9 \u00e0 Ramstein), terrestre (Landcom, bas\u00e9 \u00e0 Izmir) et maritime (Marcom, bas\u00e9 \u00e0 Northwood) seraient ainsi renouvel\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n Cette option pr\u00e9sente l\u2019avantage de s\u2019appuyer sur des structures de commandement \u00e9prouv\u00e9es, des standards op\u00e9rationnels communs et un syst\u00e8me de planification de d\u00e9fense d\u00e9j\u00e0 existant. Elle souffre toutefois de faiblesses majeures : la n\u00e9cessit\u00e9 paralysante de d\u00e9cisions prises \u00e0 l\u2019unanimit\u00e9 <\/span>19<\/sup><\/a><\/span><\/span>, l\u2019absence de politique industrielle et commerciale int\u00e9gr\u00e9e entre membres de l\u2019OTAN, et surtout la difficult\u00e9 politique d\u2019\u00ab indiquer la sortie \u00bb aux \u00c9tats-Unis sans provoquer une crise ouverte. C\u2019est en effet le paradoxe de la situation d’ambigu\u00eft\u00e9 strat\u00e9gique dans laquelle l\u2019administration Trump plonge les Europ\u00e9ens : sans quitter formellement les structures de la l\u2019Alliance, elle laisse aux autres partenaires l\u2019initiative de tout bouleversement institutionnel, cr\u00e9ant une situation de paralysie dangereuse.<\/p>\n\n\n\n Le second mod\u00e8le pour repenser l\u2019architecture de d\u00e9fense post-OTAN repose sur un renforcement substantiel de l\u2019Union<\/a> \u00e0 travers la construction d\u2019un pilier europ\u00e9en de s\u00e9curit\u00e9 ind\u00e9pendant de l\u2019Alliance. Les propositions en ce sens \u2014 soutien \u00e0 des champions industriels europ\u00e9ens, budgets de d\u00e9fense mutualis\u00e9s, capacit\u00e9 d\u2019anticipation doctrinale et cr\u00e9ation d\u2019un v\u00e9ritable Conseil de s\u00e9curit\u00e9 \u2014 sont ambitieuses et coh\u00e9rentes <\/span>20<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Leur mise en \u0153uvre suppose toutefois une volont\u00e9 politique de f\u00e9d\u00e9ralisation que peu d\u2019\u00c9tats membres sont aujourd\u2019hui pr\u00eats \u00e0 assumer jusqu\u2019au bout <\/span>21<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n Cette approche soul\u00e8ve aussi d\u2019autres difficult\u00e9s : elle demeure largement structurelle et peine \u00e0 r\u00e9pondre aux d\u00e9fis op\u00e9rationnels imm\u00e9diats que sont des forces communes, une planification strat\u00e9gique conjointe et une d\u00e9ployabilit\u00e9 r\u00e9elle. <\/p>\n\n\n\n Alors que les divisions observ\u00e9es sur des dossiers comme le Groenland \u2014 o\u00f9 seuls six \u00c9tats membres de l\u2019Union ont d\u00e9ploy\u00e9 des troupes \u2014 illustrent l\u2019absence persistante d\u2019une vision strat\u00e9gique europ\u00e9enne unifi\u00e9e, un march\u00e9 de la d\u00e9fense fortement r\u00e9glement\u00e9, fond\u00e9 sur la libre concurrence au sein du march\u00e9 commun, limite aussi les possibilit\u00e9s de consolidation industrielle et entretient la fragmentation capacitaire <\/span>22<\/sup><\/a><\/span><\/span>. De m\u00eame, un pilier europ\u00e9en de d\u00e9fense pourrait marginaliser des alli\u00e9s essentiels ext\u00e9rieurs \u00e0 l\u2019Union \u2014 comme le Royaume-Uni, le Canada, la Norv\u00e8ge et la Turquie. Pour ces deux raisons, cette approche ne peut constituer, \u00e0 elle seule, le socle d\u2019une architecture de d\u00e9fense cr\u00e9dible.<\/p>\n\n\n\n Le troisi\u00e8me mod\u00e8le de d\u00e9fense, celui des coalitions de volontaires<\/a>, appara\u00eet aujourd\u2019hui comme le plus pragmatique <\/span>23<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\nLa communaut\u00e9 de s\u00e9curit\u00e9 transatlantique n\u2019existe plus<\/h2>\n\n\n\n
Accepter le \u00ab transfert du fardeau \u00bb<\/h2>\n\n\n\n
La s\u00e9curit\u00e9 euro-atlantique apr\u00e8s l\u2019OTAN<\/h2>\n\n\n\n
D\u00e9sam\u00e9ricaniser le commandement de l\u2019OTAN<\/h3>\n\n\n\n
Renforcer le \u00ab pilier europ\u00e9en \u00bb de l\u2019Alliance<\/h2>\n\n\n\n
Les coalitions de volontaires<\/h2>\n\n\n\n