{"id":316496,"date":"2026-02-11T06:00:00","date_gmt":"2026-02-11T05:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=316496"},"modified":"2026-02-10T22:25:36","modified_gmt":"2026-02-10T21:25:36","slug":"ils-ont-decide-de-me-remplacer-quils-viennent-pour-gagner-les-legislatives-orban-accuse-bruxelles-dun-complot","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2026\/02\/11\/ils-ont-decide-de-me-remplacer-quils-viennent-pour-gagner-les-legislatives-orban-accuse-bruxelles-dun-complot\/","title":{"rendered":"\u00ab Ils ont d\u00e9cid\u00e9 de me remplacer. Qu\u2019ils viennent ! \u00bb Viktor Orb\u00e1n accuse Bruxelles d’un complot"},"content":{"rendered":"\n
Si le poids d\u00e9mographique de la Hongrie dans l\u2019Union est limit\u00e9 \u2014 le pays comptait 9,5 millions d\u2019habitants en 2023 \u2014, le r\u00f4le essentiel jou\u00e9 par Orb\u00e1n<\/a> dans l\u2019architecture id\u00e9ologique et partisane de la droite europ\u00e9enne fera sans doute des l\u00e9gislatives hongroises d\u2019avril 2026 le scrutin le plus important de l\u2019ann\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n Premier ministre depuis 2010, soit la plus grande long\u00e9vit\u00e9 d\u2019un chef de gouvernement dans l\u2019Union, Orb\u00e1n semble pour la premi\u00e8re fois v\u00e9ritablement en danger<\/a>. Selon les derniers sondages, le Parti du respect et de la libert\u00e9 (Tisza, PPE) de son opposant P\u00e9ter Magyar est cr\u00e9dit\u00e9 de 49 % des voix, contre seulement 36 % pour le Fidesz (PfE) du leader illib\u00e9ral. L\u2019avance de Magyar est demeur\u00e9e solide depuis le croisement des courbes au d\u00e9but de 2025, pla\u00e7ant v\u00e9ritablement Orb\u00e1n dans une position o\u00f9 celui-ci est concurrenc\u00e9. <\/p>\n\n\n\n Dans ce contexte \u00e9lectoral tendu, intervenant \u00e0 l’occasion d’un rallye anti-guerre dans la ville de Szombathely, Orb\u00e1n a prononc\u00e9 un discours structurant pour son camp. Au-del\u00e0 de l\u2019enjeu \u00e9lectoral imm\u00e9diat, le propos s\u2019inscrit dans une s\u00e9quence plus longue de construction id\u00e9ologique, o\u00f9 Viktor Orb\u00e1n m\u00eale \u00e9troitement m\u00e9moire nationale, r\u00e9cit personnel et r\u00e9\u00e9criture strat\u00e9gique de l\u2019histoire politique r\u00e9cente.<\/p>\n\n\n\n En revenant longuement sur la gen\u00e8se du Fidesz, ses victoires pass\u00e9es et ses d\u00e9faites fondatrices, le Premier ministre ne se contente pas de mobiliser ses troupes : il r\u00e9active un roman politique destin\u00e9 \u00e0 rappeler que son parti ne serait pas un acteur parmi d\u2019autres, mais l\u2019expression organique et continue de la nation hongroise.<\/p>\n\n\n\n La guerre en Ukraine joue, dans ce cadre, un r\u00f4le d\u00e9cisif. Elle permet \u00e0 Orb\u00e1n de d\u00e9placer le centre de gravit\u00e9 du d\u00e9bat public : les difficult\u00e9s \u00e9conomiques, sociales ou institutionnelles sont rel\u00e9gu\u00e9es au second plan au profit d\u2019un affrontement imaginaire entre la paix nationale et un bellicisme attribu\u00e9 \u00e0 Bruxelles. En reprenant des \u00e9l\u00e9ments de langage proches de ceux du Kremlin, le Premier ministre inverse les responsabilit\u00e9s, accusant l\u2019Union europ\u00e9enne \u2014 et non la Russie \u2014 de pr\u00e9parer la guerre, tout en se posant en dernier rempart contre l\u2019envoi des jeunes Hongrois au front.<\/p>\n\n\n\n Pour disqualifier Tisza, Orb\u00e1n le pose en simple instrument d’ing\u00e9rence \u00e9trang\u00e8re : dans un propos aux tonalit\u00e9s complotistes, Tisza devient le simple relais des int\u00e9r\u00eats de multinationales et des cercles europ\u00e9ens, dont il suivrait sans d\u00e9vier la ligne politique. Command\u00e9 depuis Bruxelles pour provoquer en Hongrie un changement politique, le parti permettrait \u00e0 l’Union, d\u00e9barrass\u00e9e de la menace d’un veto hongrois, de s’engager pleinement dans la guerre en Ukraine. <\/p>\n\n\n\n Derri\u00e8re la d\u00e9nonciation r\u00e9p\u00e9t\u00e9e de Bruxelles se dessine enfin un projet politique transnational : la constitution d\u2019un p\u00f4le \u00ab national-conservateur \u00bb capable de remodeler l\u2019Union de l\u2019int\u00e9rieur. La Hongrie n\u2019est alors plus pr\u00e9sent\u00e9e comme un \u00c9tat membre r\u00e9calcitrant, mais comme l\u2019avant-poste d\u2019un combat civilisationnel plus large.<\/p>\n\n\n\n Bonjour, Mesdames et Messieurs ! Je vous salue respectueusement et vous remercie de votre invitation.<\/p>\n\n\n\n Ce n’est pas ma premi\u00e8re visite ici. Je ne fais pas seulement r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 ce \u00e0 quoi vous pensez, aux nombreux rassemblements et r\u00e9unions politiques que nous avons organis\u00e9s en ce lieu, mais aussi \u00e0 ce qui s’est pass\u00e9 au milieu des ann\u00e9es 1980.<\/p>\n\n\n\n Je vois que certaines personnes ici pr\u00e9sentes \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 en vie \u00e0 cette \u00e9poque. Chers citoyens de Szombathely, au milieu des ann\u00e9es 1980, nous avons commenc\u00e9 \u00e0 nous organiser parmi les intellectuels anticommunistes, radicaux et pro-libert\u00e9, ce qui donnera ensuite naissance au Fidesz.<\/p>\n\n\n\n Les gens de la campagne ont tendance \u00e0 penser, parce que c’est ce que la presse \u00e9crit, que nous venions du Rajk Szakkoll\u00e9gium <\/em>[coll\u00e8ge Rajk pour les \u00e9tudes sup\u00e9rieures], de l’universit\u00e9 d’\u00e9conomie, ou du coll\u00e8ge Istv\u00e1n-Bib\u00f3, mais la v\u00e9rit\u00e9 est que l’organisation \u00e0 l’\u00e9poque avait des branches rurales. Et l’une des sections rurales les plus fortes, sinon la plus forte, se trouvait ici, \u00e0 Szombathely. L’autre section forte se trouvait de l’autre c\u00f4t\u00e9 du pays, \u00e0 Debrecen.<\/p>\n\n\n\n Ainsi, dans l\u2019esprit du milieu des ann\u00e9es 1980, Szombathely ne se trouvait pas \u00e0 la p\u00e9riph\u00e9rie, mais \u00e9tait l\u2019un des centres politiques du pays. C’est l\u00e0 que le Fidesz est n\u00e9, \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Szombathely et \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 d\u2019\u00c9conomie.<\/p>\n\n\n\n Le r\u00e9cit d\u2019Orb\u00e1n occulte certains points de l\u2019histoire de la Fidesz, le mouvement s\u2019\u00e9tant form\u00e9 dans la capitale du pays.<\/p>\n\n\n\n D\u00e9butant ses \u00e9tudes de droit \u00e0 Budapest dans les ann\u00e9es 1980, Orb\u00e1n rejoint le coll\u00e8ge d\u2019\u00e9tudes sup\u00e9rieures Istv\u00e1n-Bib\u00f3 (Bib\u00f3 Istv\u00e1n Szakkoll\u00e9gium), rattach\u00e9 \u00e0 la facult\u00e9 de droit et d\u2019administration de l\u2019universit\u00e9 E\u00f6tv\u00f6s Lor\u00e1nd de Budapest. Dans ce lieu de d\u00e9bats o\u00f9 les \u00e9tudiants se forment en compl\u00e9ment des enseignements re\u00e7us \u00e0 l\u2019Universit\u00e9, Orb\u00e1n et trente-six camarades fondent, le 30 mars 1988, le mouvement de jeunesse Fidesz (Fiatal Demokrat\u00e1k Sz\u00f6vets\u00e9ge<\/em>), c\u2019est-\u00e0-dire l\u2019Alliance des jeunes d\u00e9mocrates.<\/p>\n\n\n\n Le coll\u00e8ge Istv\u00e1n-Bib\u00f3 a ainsi form\u00e9 ceux qui sont devenus les cadres du Fidesz : aux c\u00f4t\u00e9s d\u2019Orb\u00e1n, on peut compter parmi ses anciens \u00e9l\u00e8ves l\u2019entrepreneur Lajos Simicska , le pr\u00e9sident de la Chambre des d\u00e9put\u00e9s L\u00e1szl\u00f3 K\u00f6v\u00e9r (depuis 2010), l\u2019ancien pr\u00e9sident de la R\u00e9publique hongroise, Janos \u00c1der (2012-2022) ou encore l\u2019ancien d\u00e9put\u00e9 europ\u00e9en J\u00f3zsef Sz\u00e1jer, artisan de la refonte de la constitution en 2010.<\/p>\n\n\n\n Je n’ai pas \u00e9t\u00e9 du tout surpris que quelques ann\u00e9es plus tard, apr\u00e8s les premi\u00e8res \u00e9lections, le comitat<\/em> de Vas et Szombathely aient \u00e9t\u00e9 \u00e0 l’avant-garde du changement de r\u00e9gime. Je pourrais m\u00eame dire que lorsque tout le pays r\u00e9fl\u00e9chissait encore \u00e0 ce que signifiaient une Hongrie civique et la citoyennet\u00e9 hongroise, Szombathely \u00e9tait depuis longtemps une ville civique.<\/p>\n\n\n\n Je me souviens \u00e9galement que nous avons remport\u00e9 une victoire fantastique en 1998. \u00c0 l\u2019\u00e9poque le MSZP \u00e9tait encore au pouvoir, si vous vous souvenez encore de ce parti […]. Le changement de r\u00e9gime a pris un peu plus de temps que pr\u00e9vu, alors allons droit au but.<\/p>\n\n\n\n Lors des \u00e9lections de 1998 le Fidesz, qui a conclu avec le Forum d\u00e9mocrate hongrois (MDF) et le Parti populaire chr\u00e9tien-d\u00e9mocrate (KDNP) une alliance tripartite, absorbe une large part de l\u2019\u00e9lectorat du MDF et obtient 148 d\u00e9put\u00e9s. Le MDF perd ainsi 21 si\u00e8ges, pour tomber \u00e0 17 \u00e9lus, tandis que le Fidesz devient le premier parti au Parlement, juste devant le Parti socialiste hongrois (MSZP), auparavant au pouvoir, qui conserve 134 \u00e9lus contre 209 pour la l\u00e9gislature de 1994. Orb\u00e1n est nomm\u00e9 Premier ministre le 8 juillet.<\/p>\n\n\n\n Nous avons men\u00e9 une bataille tr\u00e8s difficile, et si je ne me trompe pas sur les chiffres, ici, nous avons obtenu 57 % des voix. C’\u00e9tait un r\u00e9sultat fantastique, qui n’a \u00e9t\u00e9 que l\u00e9g\u00e8rement \u00e9clips\u00e9 par la d\u00e9claration immodeste de J\u00e1nos \u00c1der [pr\u00e9sident de la R\u00e9publique de 2012 \u00e0 2022, membre du Fidesz], qui aurait voulu 64 % Cela n’a plus d’importance maintenant \u2014 c’\u00e9tait serr\u00e9 \u2014 mais 57 % \u00e9tait un r\u00e9sultat fantastique. <\/p>\n\n\n\n En 2002, apr\u00e8s avoir perdu le premier tour, nous avons d\u00fb nous battre, et c\u2019est ici que nous avons \u00e9galement remport\u00e9 une tr\u00e8s grande victoire, pour laquelle je vous suis reconnaissant. Cela montre clairement que Szombathely, le Fidesz et les forces nationales sont li\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n Si nous \u00e9voquons le pass\u00e9, rappelons-nous que nous devons rendre \u00e0 chacun ce qui lui revient, et que l’\u00e9v\u00eaque Istv\u00e1n Konk\u00f3 et M. P\u00fcsp\u00f6k ont \u00e9galement jou\u00e9 un r\u00f4le tr\u00e8s important dans ces victoires : ils ont toujours soutenu les forces nationales.<\/p>\n\n\n\n Tout ce que je veux vous dire maintenant, c’est que nous ne devons pas abandonner maintenant.<\/p>\n\n\n\n Il y a ici, sur l’une de vos places, une statue dont le pi\u00e9destal porte l’inscription suivante : \u00ab Seuls les aigles engendrent des aigles. \u00bb Qu’il en soit de m\u00eame \u00e0 Szombathely. Une fois que nous aurons gagn\u00e9, n’abandonnons pas.<\/p>\n\n\n\n Je vois que les \u00e9lections approchent et que tout le monde p\u00e8se le pour et le contre. Vous pouvez lire des rapports de propagande qui passent pour des sondages.<\/p>\n\n\n\n Ne les croyez pas : croyez-moi plut\u00f4t. Nous avons \u00e9galement nos propres sondages.<\/p>\n\n\n\n Je peux vous dire avec certitude que dans la ville de Szombathely, nous sommes clairement en t\u00eate, tant dans la comp\u00e9tition des listes de partis que dans celle des candidats individuels.<\/p>\n\n\n\n Bien s\u00fbr, cela fait peser un lourd fardeau sur notre repr\u00e9sentant, M. V\u00e1mos <\/span>1<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Mais seuls les Hongrois connaissent des expressions telles que \u00ab le fardeau de l’opportunit\u00e9 \u00bb : les gens ne se sentent pas accabl\u00e9s lorsqu’ils ont une chance, mais lorsqu’ils n’en ont pas \u2014 c’est l\u00e0 le vrai fardeau.<\/p>\n\n\n\n J’esp\u00e8re donc que le repr\u00e9sentant V\u00e1mos saisira cette opportunit\u00e9 \u2014 je place l’accent sur le mot \u00ab saisir \u00bb.<\/p>\n\n\n\n Une opportunit\u00e9 ne signifie pas la victoire.<\/p>\n\n\n\n Un avantage ne signifie pas la victoire.<\/p>\n\n\n\n Un seul moment compte, dimanche soir.<\/p>\n\n\n\n Comme nous l’apprend le film Rocky, tant que la cloche n’a pas sonn\u00e9, rien n\u2019est fini. Seul ce moment compte, et nous devons oser travailler pour cela.<\/p>\n\n\n\n Il n’est peut-\u00eatre pas ici avec nous, mais je dois absolument saluer et remercier Csaba Hende au nom de la ville de Szombathely. Et je ne pense pas au fait qu’il ait \u00e9t\u00e9 mon secr\u00e9taire d’\u00c9tat et mon ministre [de la D\u00e9fense], ni au fait qu’il ait \u00e9t\u00e9 d\u00e9put\u00e9, car vous vous chargerez de le remercier pour cela. Ce \u00e0 quoi je pense, c’est que sans Csaba, nous ne serions pas ici aujourd’hui.<\/p>\n\n\n\n Apr\u00e8s les \u00e9lections de 2002, la droite chr\u00e9tienne nationale a d\u00fb se r\u00e9organiser, et Csaba Hende a assum\u00e9 la majeure partie de ce travail. Merci beaucoup, Csaba !<\/p>\n\n\n\n Pour consolider ses bases dans la perspective des \u00e9lections de 2002, Orb\u00e1n a effectu\u00e9 un virage \u00e0 droite \u2014 avec l\u2019espoir de rallier une partie de l’\u00e9lectorat de ses concurrents.<\/p>\n\n\n\n Les \u00e9lections de 1998 avaient \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9es par la progression du droitier FKGP, qui avait doubl\u00e9 sa repr\u00e9sentation \u00e0 48 si\u00e8ges (gagnant 22 \u00e9lus) et surtout par l\u2019entr\u00e9e au parlement de l\u2019extr\u00eame-droite \u00e0 travers le Parti de la justice hongroise et de la vie (Magyar Igazs\u00e1g \u00e9s \u00c9let P\u00e1rtja, MI\u00c9P) qui avait obtenu 14 si\u00e8ges.<\/p>\n\n\n\n Fort d\u2019un certain succ\u00e8s pour avoir stabilis\u00e9 la croissance, jugul\u00e9 l\u2019inflation, le ch\u00f4mage et la dette publique, Orb\u00e1n se pr\u00e9sente dans de bonnes conditions devant les \u00e9lecteurs en 2002. \u00c0 l\u2019issue du scrutin des 7 et 21 avril 2002, dans un contexte de participation in\u00e9dite depuis 1989, le Parti socialiste devance toutefois le Fidesz en voix. P\u00e9ter Medgyessy, ancien membre du Comit\u00e9 central du parti communiste, sp\u00e9cialiste des finances publiques reconverti dans le secteur bancaire, et qui repr\u00e9sente le Parti socialiste sans y \u00eatre affili\u00e9, obtient le succ\u00e8s dans les urnes gr\u00e2ce \u00e0 un g\u00e9n\u00e9reux programme de hausses de salaires des fonctionnaires, des bourses d\u2019\u00e9tude et des pensions des retrait\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n Si le Fidesz et le MDF coalis\u00e9s et donn\u00e9s favoris parviennent \u00e0 obtenir davantage de si\u00e8ges \u2014 188 (164 pour le Fidesz et 24 pour le MDF) \u2014 que le Parti socialiste (179), Orb\u00e1n ne parvient pas \u00e0 s\u2019opposer \u00e0 l\u2019\u00e9tablissement d\u2019un gouvernement dirig\u00e9 par Medgyessy qui trouve un accord avec l\u2019Alliance des d\u00e9mocrates libres, tr\u00e8s affaiblie, mais dont les 20 si\u00e8ges permettent l\u2019\u00e9tablissement d\u2019une majorit\u00e9 absolue.<\/p>\n\n\n\n Je voudrais dire aux jeunes que le DPK [Digit\u00e1lis Polg\u00e1ri K\u00f6r\u00f6k], le cercle civique num\u00e9rique, est la continuation des cercles civiques cr\u00e9\u00e9s apr\u00e8s ce que nous consid\u00e9rons comme une d\u00e9faite \u00e9lectorale injuste en 2002, pour assurer la transmission de tout ce qui avait \u00e9t\u00e9 accompli par le premier gouvernement civique national en attendant des temps meilleurs, qui arriv\u00e8rent en 2010.<\/p>\n\n\n\n Aujourd’hui, la communaut\u00e9 qui est ici ne pourrait pas \u00eatre r\u00e9unie si Csaba Hende n’avait pas organis\u00e9 les cercles civiques avec nous en 2002.<\/p>\n\n\n\n Au lendemain de la d\u00e9faite de 2002, le Fidesz est all\u00e9 au-devant de la soci\u00e9t\u00e9 civile pour faire p\u00e9n\u00e9trer dans le corps social et \u00e9lectoral les th\u00e9matiques conservatrices gr\u00e2ce \u00e0 des \u00ab cercles civiques \u00bb (polg\u00e1ri k\u00f6r\u00f6k<\/em>) constitu\u00e9s partout dans le pays.<\/p>\n\n\n\n Lanc\u00e9s en 2025 et ayant un objectif similaire, les \u00ab cercles citoyens num\u00e9riques \u00bb ont pour objectif de permettre \u00e0 une \u00ab communaut\u00e9 de droite, citoyenne, chr\u00e9tienne, conservatrice et nationale \u00bb d\u2019investir l\u2019espace virtuel avec l\u2019ambition est de s\u2019opposer \u00e0 la gauche en luttant avec leurs m\u00eames armes : construire un \u00ab contrepoids \u00e0 la culture de la d\u00e9vastation \u00bb par une logique d\u2019 \u00ab \u00e9dification \u00bb.<\/p>\n\n\n\n J’ai aussi une anecdote \u00e0 propos de Csaba. Je me souviens comment je lui ai demand\u00e9 de conduire ce travail.<\/p>\n\n\n\n Apr\u00e8s la d\u00e9faite \u00e9lectorale, nous nous sommes r\u00e9unis au si\u00e8ge du Fidesz, dans une ambiance quelque peu morose, comme il convient apr\u00e8s une d\u00e9faite, et nous avons discut\u00e9.<\/p>\n\n\n\n La conversation a d\u00e9riv\u00e9 sur l’un de nos amis de Transylvanie, qui avait connu le succ\u00e8s tr\u00e8s jeune, devenant m\u00eame un h\u00e9ros. Csaba a alors d\u00e9clar\u00e9 qu’il \u00e9tait difficile pour les personnes d\u2019un si jeune \u00e2ge, d\u00e9j\u00e0 perdues et \u00e0 la d\u00e9rive, de trouver leur place dans cette vie.<\/p>\n\n\n\n J’avais trente-neuf ans \u00e0 l’\u00e9poque, et je venais de perdre une \u00e9lection. Csaba m’a regard\u00e9 et a imm\u00e9diatement compris, et de son \u00e9l\u00e9gance pannonienne incomparable a ajout\u00e9 : \u00ab Oh, pardon ! \u00bb.<\/p>\n\n\n\n \u00c0 la fin de cette conversation, je lui ai demand\u00e9 d’organiser les cercles civiques. Et aujourd’hui, il est devenu juge constitutionnel.<\/p>\n\n\n\n Si j’ai bien lu vos livres d’histoire locale, nous pouvons peut-\u00eatre lui rendre hommage en tant que premier juge constitutionnel de la ville de Szombathely. Je lui souhaite beaucoup de succ\u00e8s dans ce travail !<\/p>\n\n\n\n Je voudrais \u00e9galement profiter de cette occasion pour remercier les athl\u00e8tes et les clubs sportifs de Szombathely. Ils ont apport\u00e9 beaucoup de gloire et d’honneur \u00e0 la Hongrie, comme l’\u00e9cole Dub\u00f3, qui a remport\u00e9 des m\u00e9dailles d’athl\u00e9tisme.<\/p>\n\n\n\n Je tiens \u00e9galement \u00e0 remercier les grandes familles sportives, les rois, les Halad\u00e1s <\/span>2<\/sup><\/a><\/span><\/span> \u2014 que vous connaissez tous tr\u00e8s bien \u2014 pour tout ce qu’ils ont fait non seulement pour Szombathely, mais aussi pour l’estime et la confiance en soi de la Hongrie.<\/p>\n\n\n\n Je devrais maintenant \u00e9num\u00e9rer les r\u00e9sultats de notre coop\u00e9ration, mais je ne le ferai pas, car nous aurons le temps de le faire pendant la campagne \u00e9lectorale.<\/p>\n\n\n\n Je vais plut\u00f4t dire quelques mots sur Szombathely et la guerre. Apr\u00e8s cela, je serai disponible pour r\u00e9pondre \u00e0 vos questions.<\/p>\n\n\n\n Tout d’abord, le retrait de Zsolt V. N\u00e9meth, qui est un d\u00e9put\u00e9 fantastique, et de Csaba Hende de la liste des candidats sont douloureux, car j’aimais faire campagne avec eux deux. Ils \u00e9taient constamment en comp\u00e9tition pour savoir lequel \u00e9tait le meilleur. Ce fut l’une de mes grandes exp\u00e9riences rh\u00e9toriques.<\/p>\n\n\n\n Zsolt, notre coll\u00e8gue repr\u00e9sentant, vient de vous dire que, heureusement, la guerre yougoslave ne vous a pas directement menac\u00e9. Je vais vous raconter une histoire que je n’ai peut-\u00eatre pas encore racont\u00e9e publiquement, car elle appartient davantage aux pages des livres d’histoire et finira par \u00eatre mise en lumi\u00e8re par des recherches archivistiques.<\/p>\n\n\n\n En 1999, le pr\u00e9sident am\u00e9ricain de l’\u00e9poque, le pr\u00e9sident Clinton, m’a appel\u00e9 et m’a demand\u00e9 \u2014 compte tenu du fait que la guerre s’\u00e9tait intensifi\u00e9e dans ce qui \u00e9tait alors la Yougoslavie et qu’il y avait des soldats britanniques sur place \u2014 d\u2019ouvrir un deuxi\u00e8me front depuis le sud de la Hongrie. Nous aurions ainsi pu attaquer les Serbes et leur tirer dessus depuis la Hongrie, \u00e0 travers la Vo\u00efvodine [province septentrionale de la Serbie].<\/p>\n\n\n\n La raison pour laquelle la Hongrie n’est pas entr\u00e9e en guerre \u00e0 ce moment-l\u00e0 est que le gouvernement de l’\u00e9poque, face \u00e0 la demande du pr\u00e9sident am\u00e9ricain, a r\u00e9pondu \u00ab non, monsieur \u00bb.<\/p>\n\n\n\n Si nous avions eu \u00e0 l’\u00e9poque un Premier ministre qui ne savait dire que \u00ab oui, monsieur \u00bb, nous aurions tous \u00e9t\u00e9 plong\u00e9s jusqu’au cou dans cette guerre.<\/p>\n\n\n\n J\u2019ai donc demand\u00e9 au pr\u00e9sident ce qu\u2019il en serait alors des 300 000 Hongrois en Yougoslavie \u2013 car nous \u00e9tions nombreux l\u00e0-bas \u00e0 l’\u00e9poque \u2013 qui deviendraient imm\u00e9diatement des ennemis et des prisonniers :<\/p>\n\n\n\n \u00ab Comment les prot\u00e9gerez-vous ? Qu\u2019adviendra-t-il d’eux ? \u00bb<\/p>\n\n\n\n Lorsque vous tirez sur quelqu\u2019un, celui-ci a tendance \u00e0 riposter. Allions-nous tirer sur la ville de Szeged ? Devions-nous en faire un terrain de chasse, un march\u00e9, un champ, ou un camp ? Comment cela se serait-il pass\u00e9 ?<\/p>\n\n\n\n Nous avons donc convenu que, puisque le sommet de l’OTAN devait avoir lieu \u00e0 Washington une semaine plus tard, nous en discuterions en personne. Le sujet n’a plus jamais \u00e9t\u00e9 abord\u00e9.<\/p>\n\n\n\n Il est possible de dire non quand le sang va couler.<\/p>\n\n\n\n Le point d\u2019histoire d\u2019Orb\u00e1n doit \u00eatre compris \u00e0 la lumi\u00e8re de l\u2019opposition du Premier ministre hongrois au soutien europ\u00e9en \u00e0 l\u2019Ukraine. Reprenant un r\u00e9cit poutinien, Orb\u00e1n accuse de bellicisme non la Russie, mais l\u2019Union.<\/p>\n\n\n\n Un jour, dans quelques ann\u00e9es, l’histoire diplomatique racontera comment et par quels canaux nous avons transmis des informations au pr\u00e9sident am\u00e9ricain afin qu’il ne fasse plus jamais de telles demandes \u2014 mais cela n’a pas d’importance ici. <\/p>\n\n\n\n Ce qui importe, c’est que le 4 mars 1945, 118 bombardiers am\u00e9ricains B-24 ont d\u00e9coll\u00e9 de Naples et se sont dirig\u00e9s vers Szombathely. Je raconte cela pour les plus jeunes, au cas o\u00f9 vos grands-p\u00e8res ne vous l’auraient pas racont\u00e9.<\/p>\n\n\n\n Ces avions ont bombard\u00e9 la ville de Szombathely en cinq vagues, larguant 260 tonnes de bombes sur votre ville. Il y a eu 423 morts ; selon les registres, il y avait \u00e0 l’\u00e9poque 4 771 b\u00e2timents r\u00e9sidentiels \u00e0 Szombathely, dont 3 575 ont \u00e9t\u00e9 endommag\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n C’\u00e9tait la guerre. Je n’ai m\u00eame pas mentionn\u00e9 les soldats de l’Arm\u00e9e rouge qui sont arriv\u00e9s plus tard, ce qui a \u00e9t\u00e9 une autre source de souffrances ; simplement les bombardements am\u00e9ricains. Le palais \u00e9piscopal, la mairie et l’h\u00f4tel de ville ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 touch\u00e9s, et nous ne consid\u00e9rons Szombathely que comme la quatri\u00e8me ou cinqui\u00e8me ville qui a le plus souffert pendant la guerre en Hongrie.<\/p>\n\n\n\n Afin de couper les axes logistiques de l\u2019Axe, Szombathely a \u00e9t\u00e9 bombard\u00e9e \u00e0 plusieurs reprises en 1944 et 1945 par des avions de la 15th Air Force am\u00e9ricaine et du Groupe 205 de la Royal Air Force, op\u00e9rant depuis des bases italiennes. La 6. Panzerarmee et la Sixi\u00e8me arm\u00e9e allemande ont ensuite \u00e9t\u00e9 repouss\u00e9es par les forces sovi\u00e9tiques, qui prirent le contr\u00f4le de la ville.<\/p>\n\n\n\n Je ne pense pas avoir besoin d’en dire plus \u00e0 ce sujet \u00e0 Szombathely \u2014 avec ou sans moi, tout le monde \u00e0 Szombathely sait qu’il n’y aura plus jamais de guerre.<\/p>\n\n\n\n J\u2019ai dit ce que j’avais \u00e0 dire.<\/p>\n\n\n\n C’est maintenant \u00e0 vous de jouer.<\/p>\n\n\n\n Puisque je suis ici, je suis \u00e0 votre disposition, et si vous avez des questions, je suis disponible dans les limites du temps imparti.<\/p>\n\n\n\n Mod\u00e9rateur<\/span> : D’abord, nous avons une surprise pour vous, car il y a ici quelqu’un qui votera pour la premi\u00e8re fois le 12 avril. Non seulement il votera pour la premi\u00e8re fois, mais il a aussi dix-huit ans aujourd’hui : Oliv\u00e9r Kov\u00e1cs, au premier rang.<\/p>\n\n\n\n (Un adolescent monte sur sc\u00e8ne pour serrer la main d\u2019Orban, qui lui donne une accolade.)<\/em><\/p>\n\n\n\n Viktor Orb\u00e1n<\/span> Excusez-moi, puisque nous parlons des jeunes, je pense que je devrais dire quelques mots en rapport avec la jeunesse.<\/p>\n\n\n\n Nous entendons toutes sortes de choses sur le fait que les jeunes sont contre nous.<\/p>\n\n\n\n Je n\u2019identifie pas quelques scandales sans gravit\u00e9 apr\u00e8s un concert avec \u00ab les jeunes \u00bb : soyons d\u2019abord clairs l\u00e0-dessus.<\/p>\n\n\n\n Nous aussi, nous avons \u00e9t\u00e9 jeunes. La v\u00e9rit\u00e9 fondamentale reste que les jeunes sont nos enfants, et pour les plus chanceux, nos petits-enfants.<\/p>\n\n\n\n La pomme ne tombe jamais loin de l’arbre m\u00eame si, parfois, elle roule au loin. Nous pouvons donc faire confiance aux jeunes et discuter raisonnablement avec eux. Nous pouvons leur parler des questions politiques les plus difficiles.<\/p>\n\n\n\n On ne dit rien aux jeunes, ni aux votants : nous leur demandons de venir voter aux \u00e9lections en avril et de d\u00e9cider de leur propre avenir, en votant pour le Fidesz.<\/p>\n\n\n\n Ceux qui votent pour Tisza en tant que jeunes votent contre leur propre avenir. Ceux qui votent pour le Fidesz votent pour leur propre avenir.<\/p>\n\n\n\n C’est de cela dont il faut discuter avec les jeunes. Mais cela ne les touche pas tous.<\/p>\n\n\n\n Certains jeunes aiment simplement contredire leurs parents. Dans notre famille, par exemple, tout le monde \u00e9tait fan du Fradi, alors je me suis mis \u00e0 supporter l’\u00dajpest, alors m\u00eame que tous les drapeaux de l’\u00e9quipe Fradi invaincue \u00e9taient accroch\u00e9s au mur sous la radio de mon grand-p\u00e8re. Il y a des jeunes qui sont n\u00e9s rebelles, c’est comme \u00e7a.<\/p>\n\n\n\n Bien s\u00fbr, la vie a chang\u00e9 depuis, et maintenant il y a [le joueur de football Ferenc] Pusk\u00e1s, mais peu importe. Le fait est que nous devons aussi dire quelque chose \u00e0 ces jeunes qui ne veulent pas \u00e9couter leurs parents, qui veulent m\u00eame aller \u00e0 l’encontre de leurs parents, en d’autres termes, les rebelles. Je voudrais leur dire, avec tout le respect que je leur dois : \u00ab Mes chers amis, prenez-vous au s\u00e9rieux. Se rebeller contre le gouvernement hongrois, ce n\u2019est pas grand-chose. Rebellez-vous contre Bruxelles ! \u00c7a, c’est important ! Et c’est de l\u00e0 que vient la menace qui p\u00e8se sur nous ! Rebellez-vous contre Bruxelles ! \u00bb<\/p>\n\n\n\n Mod\u00e9rateur<\/span> Passons aux questions. Le premier candidat arrive : je vais vous expliquer rapidement les r\u00e8gles. Vous avez une minute pour formuler vos questions. Nous en rassemblerons deux ou trois, et le Premier ministre y r\u00e9pondra.<\/p>\n\n\n\n Csaba Horv\u00e1th<\/span> Merci de me donner la parole. Je m’appelle Csaba Horv\u00e1th, je suis ing\u00e9nieur civil \u00e0 la retraite.<\/p>\n\n\n\n Permettez-moi de dire quelques mots tr\u00e8s importants avant de poser ma question, car je ne peux m’emp\u00eacher de le faire. La Hongrie est le pays qui a donn\u00e9 le plus de personnalit\u00e9s c\u00e9l\u00e8bres au monde, mais parmi elles, aucune n’a jamais fait la une des journaux, des m\u00e9dias ou de la presse pendant une longue p\u00e9riode ; jusqu\u2019\u00e0 aujourd\u2019hui. Il existe d\u00e9sormais une personnalit\u00e9 hongroise c\u00e9l\u00e8bre, le Premier ministre Viktor Orb\u00e1n. <\/p>\n\n\n\n Viktor Orb\u00e1n<\/span>Je dois toutefois pr\u00e9ciser, afin de ne pas m’attribuer tout le m\u00e9rite de cette reconnaissance, que personne ne se soucie de ce qu’un gar\u00e7on comme moi, originaire de Felcs\u00fat, peut penser ou dire.<\/p>\n\n\n\n Ce qui donne du poids \u00e0 mes propos, c’est que tout un pays est l\u00e0, avec moi, \u00e0 mes c\u00f4t\u00e9s, derri\u00e8re moi. En r\u00e9alit\u00e9, c’est vous qui \u00eates c\u00e9l\u00e8bres ; c’est la Hongrie qui est c\u00e9l\u00e8bre. Je ne veux pas qu\u2019on surestime ma pauvre contribution.<\/p>\n\n\n\n Csaba Horv\u00e1th<\/span>J’ajouterai simplement qu’il y a encore un autre candidat \u00e0 la c\u00e9l\u00e9brit\u00e9, que le monde entier a surnomm\u00e9 Szoboszlai.<\/p>\n\n\n\n Viktor Orb\u00e1n<\/span>Oui, c’est une grande bataille entre lui et moi.<\/p>\n\n\n\n Dominik Szoboszlai est un footballeur international hongrois qui \u00e9volue au poste de milieu de terrain au Liverpool FC.<\/p>\n\n\n\n Csaba Horv\u00e1th<\/span>Pourquoi le Premier ministre Viktor Orb\u00e1n a-t-il acquis une telle renomm\u00e9e, puisqu’il est le seul parmi les Premiers ministres de l’Union europ\u00e9enne \u00e0 \u00eatre pacifiste, \u00e0 se battre sans rel\u00e2che pour le peuple hongrois, pour la Hongrie ? Lui seul est pr\u00eat \u00e0 opposer son veto, bien qu\u2019il connaisse le proverbe : \u00ab Il ne suffit pas d\u2019une poign\u00e9e d\u2019hommes pour faire un \u00e9t\u00e9. \u00bb Viktor Orb\u00e1n a r\u00e9\u00e9crit ce proverbe, car il ne conna\u00eet pas l\u2019impossible.<\/p>\n\n\n\n Il y a un mot important dans ce proverbe : \u00ab \u00e9t\u00e9 \u00bb. Ce n\u2019est pas l\u2019\u00e9t\u00e9 que nous attendons, mais le printemps. Nous esp\u00e9rons que Viktor Orb\u00e1n restera Premier ministre de la Hongrie apr\u00e8s le 12 avril car ce qu’il a fait, et ce que son gouvernement a fait pendant quatre puis seize ann\u00e9es pour le peuple hongrois et l’essor de la Hongrie, est difficile \u00e0 d\u00e9crire avec des mots. Il serait tr\u00e8s difficile de l’\u00e9num\u00e9rer ou, du moins cela prendrait beaucoup de temps.<\/p>\n\n\n\n Viktor Orb\u00e1n<\/span>Il faut que ce monsieur appelle ma femme et lui dise tout cela ! <\/p>\n\n\n\n Csaba Horv\u00e1th<\/span>Je poserai ma question en tant qu’ing\u00e9nieur civil. J’ai commenc\u00e9 ma carri\u00e8re en travaillant comme entrepreneur sur l’autoroute M3, donc ma question sera d’ordre professionnel.<\/p>\n\n\n\n Tous les habitants de Szombathely savent que l’\u00e9tat des routes et des trottoirs est tr\u00e8s mauvais \u00e0 Szombathely, mais nous sommes heureux que le gouvernement ait r\u00e9cemment accord\u00e9 700 millions de forints \u00e0 la municipalit\u00e9. Nous vous en remercions et esp\u00e9rons que cela permettra \u00e9galement de r\u00e9parer les routes.<\/p>\n\n\n\n L’autre chose dont nous pouvons remercier le gouvernement, c’est la construction, il y a dix ans, des autoroutes M85 et M86 entre Gy\u0151r et Szombathely, qui nous permettent d’acc\u00e9der \u00e0 Budapest par une route \u00e0 quatre voies, ce qui nous rapproche de plus en plus de la capitale. Avant, il nous fallait deux heures et demie pour aller \u00e0 Gy\u0151r, maintenant, ce temps suffit pour que nous soyons en vue de Budapest.<\/p>\n\n\n\n Ma question est la suivante : au cours de la semaine derni\u00e8re, de nombreuses autoroutes et voies rapides ont \u00e9t\u00e9 construites en Hongrie. Des am\u00e9nagements r\u00e9gionaux seraient n\u00e9cessaires ici, entre Szombathely et la fronti\u00e8re sud-ouest, le long de la route 86, ainsi qu’entre K\u00f6rmend et Veszpr\u00e9m, ce qui concerne trois comitats<\/em>, \u00e0 savoir Vas, Zala et Veszpr\u00e9m. Peut-on s’attendre \u00e0 ce qu’une autoroute ou une voie rapide soit construite sur ces tron\u00e7ons ? <\/p>\n\n\n\n Viktor Orb\u00e1n<\/span>Je peux r\u00e9pondre \u00e0 votre question car le ministre L\u00e1z\u00e1r l’a pr\u00e9par\u00e9e. Le fait est que votre comitat<\/em> dispose d’un long r\u00e9seau routier, dont nous avons r\u00e9nov\u00e9 286 kilom\u00e8tres au cours des seize derni\u00e8res ann\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n Nous avons construit la voie rapide M86, pour un montant de 100 milliards de forints. Nous avons \u00e9galement construit la M80, pour un autre montant de 100 milliards forints. Nous avons aussi une liste de ce qui va se passer ici dans les ann\u00e9es \u00e0 venir, si nous poursuivons nos projets.<\/p>\n\n\n\n Nous envisageons de poursuivre la M86, pour un montant de 279 milliards de forints. Nous construirons la M87, pour un co\u00fbt de 190 milliards de forints et nous raccorderons la localit\u00e9 de B\u00fck \u00e0 la M87 \u2014 le co\u00fbt n’a pas encore \u00e9t\u00e9 estim\u00e9 \u2014 comme nous construirons la M76 entre K\u00f6rmend et Zalaegerszeg, la route manquant encore \u00e0 l\u2019appel.<\/p>\n\n\n\n Enfin \u2014 et ce sera peut-\u00eatre la premi\u00e8re de nos r\u00e9alisations \u2014 nous construirons la rocade ouest de Szombathely, qui co\u00fbtera 25 milliards de forints.<\/p>\n\n\n\n Voil\u00e0 o\u00f9 nous en sommes. Ce sont des sommes importantes, et m\u00eame si nous r\u00e9alisons tous ces projets, nous ne serons pas tir\u00e9s d’affaire.<\/p>\n\n\n\n Si vous me le permettez, puis-je dire quelque chose sur la situation de Szombathely, sans \u00eatre originaire de cette ville ? Je ne parlerai pas des d\u00e9tails, mais de la situation g\u00e9n\u00e9rale, de la fa\u00e7on dont je per\u00e7ois Szombathely.<\/p>\n\n\n\n Votre ville est une ville particuli\u00e8re, il n’y en a peut-\u00eatre pas d’autre comme elle dans le pays : quatre grandes villes qui sont plus proches de vous que Budapest. C’est le cas de Pozsony, de Vienne, de Zagreb et m\u00eame de Ljubljana.<\/p>\n\n\n\n Szombathely est donc un endroit particulier. Elle est aussi le lieu d\u2019une vieille histoire : un programme de d\u00e9veloppement industriel est en cours. Toutefois, la bande frontali\u00e8re de M\u00f3v\u00e1r, Sopron, Szombathely aura besoin d’un programme sp\u00e9cifique. Car bien s\u00fbr, nous pouvons construire des ponts ou des routes, mais s’il n’y a pas de programme de d\u00e9veloppement sp\u00e9cifique, cette r\u00e9gion restera \u00e0 l’\u00e9cart, m\u00eame si elle est bien situ\u00e9e : en effet, elle est plus proche de quatre capitales que Budapest, et elle sera plut\u00f4t exclue que int\u00e9gr\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n J’attends donc de V\u00e1mos Zolt\u00e1n, s’il obtient votre confiance, qu’il mette ce programme de d\u00e9veloppement sur la table, ou du moins qu’il formule ses attentes et ses points de vue, car sans un tel programme de d\u00e9veloppement sp\u00e9cifique, la ville de Szombathely sera plut\u00f4t exclue.<\/p>\n\n\n\n Je veux donc vous dire qu’il faut un programme sp\u00e9cial ici. Quand je viens dans cette ville, on me dit qu\u2019il nous faut rattraper l\u2019Autriche. Comme je l\u2019ai dit plus t\u00f4t : \u00ab Seuls les aigles engendrent des aigles. \u00bb Il ne s\u2019agit donc pas pour nous de rattraper l\u2019Autriche, mais d\u2019\u00eatre meilleurs qu’elle. Ne nous contentons pas de rattraper l’Autriche, soyons meilleurs dans certains domaines. N\u2019essayons pas d\u2019\u00eatre meilleurs dans tous, mais au moins dans certains domaines que nous choisissons.<\/p>\n\n\n\n Il nous faut tous essayer d\u2019\u00eatre meilleurs, y compris certaines nations historiques qui ont eu de la chance et ne sont pas meilleures que nous. La seule diff\u00e9rence [qui nous s\u00e9pare de l\u2019Autriche], c’est que l’Union sovi\u00e9tique s’est retir\u00e9e de l\u00e0 en 1955, et de chez nous seulement en 1990.<\/p>\n\n\n\n C’est la diff\u00e9rence : ils ont juste eu de la chance, ils ne sont pas meilleurs. <\/p>\n\n\n\n Une femme dans le public<\/span> Merci, Monsieur le Premier ministre. C’est un grand honneur d’\u00eatre ici. J’aimerais poser une petite question, et je vais essayer de le faire en une minute. J’ai trois fils adultes \u2014 le plus jeune est ici, ainsi que ma m\u00e8re. Mes deux fils a\u00een\u00e9s sont footballeurs professionnels. Ils aimeraient beaucoup passer plus de temps avec leur fr\u00e8re, et nous aimerions assister \u00e0 autant de matchs que possible. C’est pourquoi je voudrais vous demander : Quand y aura-t-il \u00e0 nouveau une \u00e9quipe de football de premi\u00e8re division \u00e0 Szombathely ?<\/p>\n\n\n\n Viktor Orb\u00e1n<\/span>Vous avez dit que c’\u00e9tait un honneur pour vous d’\u00eatre ici, mais c’est l’inverse, c’est un honneur pour moi d’\u00eatre ici, car en fin de compte, ce n’est pas vous qui \u00eates ici pour moi, mais moi qui suis ici pour vous. C’est la situation de base, clarifions cela. <\/p>\n\n\n\n En ce qui concerne le monde du football, je dois dire avec toute la modestie qui s’impose que j’ai de tr\u00e8s grands espoirs pour Szombathely. Le probl\u00e8me, c’est que je ne peux rien dire. Je ne peux rien dire parce que si vous suivez cette campagne, vous verrez que de tr\u00e8s grandes multinationales nous font face. Si vous ne l’avez pas encore remarqu\u00e9, je vais vous le dire. <\/p>\n\n\n\n L’un des experts \u00e9conomiques du parti Tisza vient de la Erste Bank. Notre adversaire ne l\u2019a pas envoy\u00e9 vers Tisza pour nous faire un geste, mais parce que cet ennemi souhaite un changement de gouvernement.<\/p>\n\n\n\n Un autre homme, venant de Shell, a \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9 \u00e0 Tisza. Il s’agit d’une entreprise \u00e9nerg\u00e9tique que nous taxons de la m\u00eame mani\u00e8re que les banques. Il n’a pas \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9 pour partager l’argent des entreprises \u00e9nerg\u00e9tiques avec vous, mais pour provoquer un changement de gouvernement et servir ainsi les int\u00e9r\u00eats des grandes entreprises \u00e9nerg\u00e9tiques.<\/p>\n\n\n\n Viktor Orb\u00e1n revient sur certains membres du parti Tisza en pr\u00e9sentant le parti comme un simple instrument de lobbying. Relais des int\u00e9r\u00eats d’entreprises \u00e9trang\u00e8res, Tisza serait ainsi prompt \u00e0 adopter une l\u00e9gislation complaisante pour leur permettre de r\u00e9aliser des profits en Hongrie. En retour, ce propos permet \u00e0 Viktor Orb\u00e1n de poser le Fidesz en seul d\u00e9fenseur des int\u00e9r\u00eats nationaux.<\/p>\n\n\n\n Le premier homme dont parle le Premier ministre hongrois est K\u00e1rm\u00e1n Andr\u00e1s, PDG de la banque autrichienne Erste, expert en politique fiscale et budg\u00e9taire du parti Tisza depuis septembre 2025 ; le second est Istv\u00e1n Kapit\u00e1ny, vice-pr\u00e9sident du commerce de d\u00e9tail de Shell dans le monde, devenu responsable de la politique \u00e9conomique et \u00e9nerg\u00e9tique de Tisza en janvier 2026.<\/p>\n\n\n\n Et puis il y a aussi les grandes entreprises internationales qui protestent constamment parce qu’ils estiment que je leur impose trop d’imp\u00f4ts. Aujourd’hui, de grandes entreprises internationales s’opposent \u00e0 moi. Si je faisais part, modestement, de mes grands espoirs pour le football hongrois, je serais confront\u00e9 non seulement aux \u00e9trangers, mais aussi aux plus grands capitaux hongrois, jusqu’au pr\u00e9sident de la F\u00e9d\u00e9ration hongroise de football. Ce dernier sait qu\u2019il y a beaucoup d\u2019attentes autour du football. <\/p>\n\n\n\n Je ne voudrais donc pas alourdir le conflit entre les grands capitaux et le Fidesz, ni m\u00eame le conflit avec les capitaux nationaux, je vais donc garder pour moi mes grands espoirs concernant le football pour l’instant. Le moment viendra peut-\u00eatre o\u00f9 je pourrai en parler publiquement, mais pour l’instant, je ne m’immiscerai en aucun cas dans les affaires de la F\u00e9d\u00e9ration. <\/p>\n\n\n\n Quant au Szombathelyi Halad\u00e1s : c’est une grande douleur. J’ai cit\u00e9 des noms tout \u00e0 l’heure. Cette ville a connu davantage que de bons joueurs, elle a connu de grandes familles et des rois.<\/p>\n\n\n\n C’est injuste que vous soyez en troisi\u00e8me division. Si l’on consid\u00e8re toute l’aide et le soutien que nous avons apport\u00e9s directement et indirectement ici, cela fait beaucoup de peine.<\/p>\n\n\n\n Je suis donc dispos\u00e9 \u00e0 aider, mais \u00e0 condition de reconna\u00eetre que le probl\u00e8me ne vient pas de moi, mais d\u2019ailleurs. Je ne peux donc pas aider, car si je m\u2019attaquais \u00e0 ce probl\u00e8me en mon nom propre \u2014 si je prenais l\u2019affaire sur mes bras \u2014 alors ce serait la fin de tout.<\/p>\n\n\n\n Mais si un propri\u00e9taire honn\u00eate arrive […] ou une nouvelle initiative, une nouvelle vision, alors au-del\u00e0 de rem\u00e9dier aux probl\u00e8mes imm\u00e9diats\u2026 car malheureusement, si nous ne le faisons pas, tout s’effondrera. Je ne parle des professionnels : les enfants ne pourront plus se rendre [au club].<\/p>\n\n\n\n Nous envoyons donc toujours une aide \u2014 mais pour que les choses red\u00e9marrent s\u00e9rieusement ici, il nous faut b\u00e2tir un autre syst\u00e8me. Moi, je ne peux pas assumer la responsabilit\u00e9 devant les contribuables de d\u00e9penser cet argent dans le sport : si je le fais, on peut pr\u00e9voir comment cela va finir. C’est pourquoi je vous demande, \u00e0 vous, de tenter de coop\u00e9rer.<\/p>\n\n\n\n En fait, comme l’a montr\u00e9 ma question, nous ne parlons pas ici des professionnels, car ceux-ci sauront se d\u00e9brouiller. Je viens de dire que je ne partagerai pas mes vues sur ce sujet, mais le probl\u00e8me du football, c’est qu’il y a trop d’argent en jeu \u2014 pas en Hongrie, pas partout certes, mais c’est un autre d\u00e9bat.<\/p>\n\n\n\n Ce ne sont donc pas les professionnels que nous devons surveiller, mais la rel\u00e8ve : nous devons nous occuper des enfants.<\/p>\n\n\n\n Ceci me m\u00e8ne au sujet des \u00e9lections d’avril. Je vous le dis tr\u00e8s clairement : le programme de Tisza r\u00e9dig\u00e9 \u00e0 Bruxelles \u2014 le vrai programme, pas ce faux programme \u00e9lectoral qu’ils vont essayer de nous vendre et dont nous pourrons parler plus tard \u2014 dit clairement qu’il faut r\u00e9duire les subventions au sport. Pourtant, ces subventions vont aux enfants.<\/p>\n\n\n\n Les clubs ne comptent pas onze ou vingt footballeurs, handballeurs ou water-polo\u00efstes professionnels, mais plusieurs centaines d’enfants s\u2019y rendant apr\u00e8s les cours.<\/p>\n\n\n\n C’est d’eux qu’il s’agit. Lorsque nous soutenons le sport, nous soutenons les enfants, et pas n’importe comment car ce n’est pas une question d\u2019argent.<\/p>\n\n\n\n J’ai \u00e9lev\u00e9 cinq enfants. J’essaie de m\u00eame avec mes petits-enfants, mais c’est de plus en plus difficile. Je vois clairement que ce sont les clubs sportifs et les entra\u00eeneurs qui peuvent aujourd’hui aider le plus les parents dans l’\u00e9ducation de leurs enfants.<\/p>\n\n\n\n Nous vivons dans un monde fou, o\u00f9 tout est sens dessus dessous et o\u00f9 certaines armes ont disparu de la vie quotidienne : non seulement l\u2019humiliation, mais aussi la punition. Il faut le dire, n’est-ce pas ? Si l\u2019on vous dit \u00ab Mon fils a \u00e9t\u00e9 le meilleur de son \u00e9quipe lors du match \u00bb, je r\u00e9pliquerai : \u00ab Il n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 le meilleur, puisqu\u2019ils ont \u00e9t\u00e9 battus \u00e0 plate couture. \u00bb<\/p>\n\n\n\n C\u2019est de l\u2019ordre de la responsabilit\u00e9 : tu n’es pas seul, mais avec tes co\u00e9quipiers. Il ne s’agit pas d\u2019un gar\u00e7on qui s\u2019amuse, mais d\u2019un gar\u00e7on accomplissant le travail de dix autres personnes.<\/p>\n\n\n\n Responsabilit\u00e9, communaut\u00e9, camaraderie, ordre dans les vestiaires, ob\u00e9issance \u00e0 l\u2019entra\u00eeneur. Ce sont toutes des choses positives : elles sont n\u00e9cessaires \u00e0 l’\u00e9ducation des enfants. Malheureusement, aujourd’hui, l’\u00e9cole les enseigne moins que les organisations sportives. Le soutien au sport et le sport en tant que question strat\u00e9gique font donc partie de notre politique familiale \u2014 non le soutien au sport professionnel. C’est ce qu’il faut comprendre.<\/p>\n\n\n\n Tant que le Fidesz sera au pouvoir, le sport restera un secteur strat\u00e9gique, pr\u00e9cis\u00e9ment en raison des enfants et des familles. Si Tisza, la Coalition d\u00e9mocratique ou n’importe qui d’autre arrive au pouvoir, ce sera la fin et nous reviendrons \u00e0 la situation d’avant 2010 : des terrains d\u00e9labr\u00e9s, des installations inutilisables, des conditions honteuses, o\u00f9 aucun parent ne pouvait emmener son enfant au sport en toute s\u00e9r\u00e9nit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n Nous avons chang\u00e9 cela au cours des seize derni\u00e8res ann\u00e9es, et ce qui est formidable, c’est que nous avons int\u00e9gr\u00e9 les clubs dans la vie des familles.<\/p>\n\n\n\n (Pour finir, quand personne ne regarde, je dis toujours aux enfants de s’entra\u00eener avec leur pied le plus faible.)<\/p>\n\n\n\n Mikl\u00f3s Nagy<\/span> Monsieur le Premier ministre. Je suis maire de Gasztony depuis dix-neuf ans et membre du Fidesz depuis 2005.<\/strong> \u00c9tant de confession chr\u00e9tienne, l’un de mes grands passe-temps est le p\u00e8lerinage. Dans ce cadre, j’ai parcouru plusieurs milliers de kilom\u00e8tres \u00e0 pied en Espagne et j’ai \u00e9t\u00e9 soldat de 1984 \u00e0 1994. J’ai vu la guerre en Yougoslavie, avant de servir dans l’arm\u00e9e hongroise en tant que commandant de poste de combat dans une compagnie technique radio. La nuit, nous avons vu des lueurs d\u2019incendie. C’\u00e9tait terrible d\u2019imaginer ce qui se passait l\u00e0-bas. Dieu merci, nous ne nous sommes pas impliqu\u00e9s dans cette guerre.<\/p>\n\n\n\n Lors de mon pr\u00e9c\u00e9dent p\u00e8lerinage en Espagne, sur la route de Paris, \u00e0 mi-chemin environ, j’ai vu des barri\u00e8res de barbel\u00e9s au sommet d’une montagne, qui avaient \u00e9t\u00e9 laiss\u00e9es l\u00e0 en souvenir. C’\u00e9tait terrible \u00e0 voir, terrible de penser \u00e0 ce qui avait pu s’y passer pendant la guerre de 1914.<\/p>\n\n\n\n L’ann\u00e9e derni\u00e8re, j’ai parcouru 240 kilom\u00e8tres \u00e0 pied en Bosnie. En traversant les nombreux petits villages, j’ai vu tant de maisons qui avaient \u00e9t\u00e9 d\u00e9truites par les balles, une maison sur deux ou trois \u00e9tait encore condamn\u00e9e par des planches : c’\u00e9tait un spectacle terrible.<\/p>\n\n\n\n Pour dire quelque chose de positif et d’encourageant, il y a un sanctuaire marial \u00e0 la p\u00e9riph\u00e9rie de notre village, au-dessus duquel nous aimerions construire une chapelle, pour laquelle nous avons d\u00e9j\u00e0 des plans depuis 1941. Cela a \u00e9t\u00e9 un processus de six ans, qui a abouti en d\u00e9cembre dernier. Il est vrai que j’ai pu collecter un don important, mais il reste encore un long chemin \u00e0 parcourir. Le chemin a \u00e9t\u00e9 long, mais nous sommes arriv\u00e9s \u00e0 destination : le p\u00e8lerin est rentr\u00e9 chez lui.<\/p>\n\n\n\n Mod\u00e9rateur<\/span> Monsieur a-t-il une question ?<\/p>\n\n\n\n Mikl\u00f3s Nagy<\/span>Que cherchait Mark Rutte au Parlement de Kiev, \u00e0 la Rada, et pourquoi recommande-t-il l\u2019usage de troupes au sol, sur mer et dans les airs pour soutenir les Ukrainiens ?<\/p>\n\n\n\n […]<\/p>\n\n\n\n Viktor Orb\u00e1n<\/span>Puisque la question des sanctuaires chr\u00e9tiens a \u00e9t\u00e9 abord\u00e9e, je dirai bri\u00e8vement que nous avons r\u00e9nov\u00e9 quatre mille \u00e9glises. Il faut le dire \u00e0 voix basse, car selon l’enseignement, la vantardise est punie, m\u00eame si c’est pour se vanter de bonnes choses. Il faut le garder secret. Nous en avons \u00e9galement construit deux-cents nouvelles. <\/p>\n\n\n\n Je voudrais dire quelque chose \u00e0 ceux qui ne sont pas croyants : pourquoi ils ne doivent pas s’en offusquer ou s’y opposer. J’essaie de leur donner un argument.<\/p>\n\n\n\n Nous qui faisons partie de la communaut\u00e9 des croyants, nous comprenons pourquoi [cette construction] est importante. Mais croyez-moi, il y a un lien entre la force d’une nation et l’existence de communaut\u00e9s au sein de cette nation. Plus les communaut\u00e9s sont fortes, plus la nation est forte.<\/p>\n\n\n\n C’est le cas de la famille. Si nous soutenons les familles, nous soutenons aussi la nation, car la nation est constitu\u00e9e de familles. Mais [nous soutenons aussi] toutes les autres communaut\u00e9s, en particulier celles qui n’ont pas d’int\u00e9r\u00eat mat\u00e9riel \u2014 disons celles qui sont de nature spirituelle \u2014 comme les formes communautaires de connexion avec Dieu.<\/p>\n\n\n\n Si de telles communaut\u00e9s existent dans le pays, cela rendra la patrie plus forte. C’est pourquoi les non-croyants ne doivent pas consid\u00e9rer les croyants et leur nouvelle communaut\u00e9 comme des ennemis.<\/p>\n\n\n\n Ce que nous donnons, nous le donnons pour construire tout le pays. Tout le reste, notre position vis-\u00e0-vis de Dieu, nous en discuterons plus tard, cela ne fait pas partie des sujets de d\u00e9bat public \u2014 ou plut\u00f4t cela n’a pas sa place ici ; ce n’est pas \u00e0 nous d’\u00e9vang\u00e9liser, mais aux \u00c9glises. <\/p>\n\n\n\n On me soup\u00e7onne parfois de tenir des discours politiques qui s’apparentent davantage \u00e0 des sermons qu’\u00e0 des discours politiques, mais mettons cela entre parenth\u00e8ses pour l’instant. <\/p>\n\n\n\n Monsieur le maire, lorsque nous avons commenc\u00e9 cette s\u00e9rie de r\u00e9unions contre la guerre, j’ai dit \u00e0 Filip [mod\u00e9rateur de la session de questions] : \u00ab Peut-\u00eatre qu’apr\u00e8s la deuxi\u00e8me fois, ils en auront assez de nous. Nous disons tout une fois, deux fois, puis… \u00bb. Filip a r\u00e9pondu quelque chose comme : \u00ab Nous verrons bien. \u00bb Il avait raison.<\/p>\n\n\n\n Chaque semaine, il se passe quelque chose qui nous rapproche de la guerre. C’est pourquoi nous ne nous lassons pas d\u2019en parler, c’est pourquoi il y a toujours du nouveau ; c’est pourquoi il y a toujours mati\u00e8re \u00e0 discussion, car il se passe sans cesse de nouvelles choses. <\/p>\n\n\n\n Vous venez de citer le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de l’OTAN, qui a effectivement dit ce que vous venez de nous rapporter ici : \u00ab Nous serons l\u00e0, sur terre, sur mer et dans les airs ; nous allons d\u00e9ployer des soldats sur le territoire ukrainien ; les forces arm\u00e9es europ\u00e9ennes seront ici, en Ukraine. \u00bb<\/p>\n\n\n\n Parall\u00e8lement, le chef du Parti populaire europ\u00e9en, dont fait d’ailleurs partie Tisza, cet homme nomm\u00e9 [Manfred] Weber, a d\u00e9clar\u00e9 qu’il aimerait voir en Ukraine des soldats portant sur leur uniforme les symboles de l’Union europ\u00e9enne.<\/p>\n\n\n\n Nous sommes membres de l’Union europ\u00e9enne. Nous ne voulons pas voir de tels soldats sur le territoire ukrainien, et nous ne voulons surtout pas voir de jeunes Hongrois porter de tels uniformes sur le territoire ukrainien.<\/p>\n\n\n\n Chaque semaine, il se passe quelque chose qui nous rapproche de la guerre.<\/p>\n\n\n\n Si le programme de Tisza met en avant la restauration des relations avec l\u2019Union, il mentionne toutefois son opposition \u00e0 l\u2019adh\u00e9sion de l\u2019Ukraine au bloc. Dans une rupture nette avec la politique d\u2019Orb\u00e1n, le programme pr\u00e9voit cependant une r\u00e9duction de la d\u00e9pendance de la Hongrie \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019\u00e9nergie russe d\u2019ici 2035, et se donne comme objectif de doubler la part des \u00e9nergies renouvelables d\u2019ici 2040.<\/p>\n\n\n\n Ce ph\u00e9nom\u00e8ne, qui consiste \u00e0 faire un pas en avant chaque semaine, peut s’expliquer de deux mani\u00e8res : soit il s’agit d’une co\u00efncidence, soit cela fait partie d’un plan.<\/p>\n\n\n\n Je suis suffisamment vieux pour remarquer des choses : nous ne sommes donc pas tomb\u00e9s de la derni\u00e8re pluie.<\/p>\n\n\n\n Depuis de longs mois, les \u00e9v\u00e9nements s’encha\u00eenent les uns apr\u00e8s les autres. On soup\u00e7onne qu’il y a un plan. Je suis assis parmi eux et je les entends.<\/p>\n\n\n\n Je l’ai d\u00e9j\u00e0 dit \u00e0 d’autres occasions, il ne s’agit pas d’un sommet des chefs d’\u00c9tat et de gouvernement de l’Union europ\u00e9enne, mais en r\u00e9alit\u00e9 d’un conseil de guerre. Ils ne parlent que de questions militaires. Je pense qu’ils mettent en \u0153uvre un plan. <\/p>\n\n\n\n Si nous comprenons bien ce qu’ils disent, ils ont annonc\u00e9 que l’Union europ\u00e9enne allait entrer en guerre d’ici 2030.<\/p>\n\n\n\n Je regarde, d’un point de vue historique, comment on habitue les gens \u00e0 l’id\u00e9e de la guerre et comment on pr\u00e9pare les pays \u00e0 la guerre, une fois que les dirigeants ont d\u00e9cid\u00e9 que ce serait ainsi.<\/p>\n\n\n\n Tout d’abord, il y a la rupture des relations diplomatiques : on ne parle plus \u00e0 l’adversaire.<\/p>\n\n\n\n Vient ensuite la conscription, puis vient la fabrication d’armes ;puis vient la transition vers une \u00e9conomie de guerre.<\/p>\n\n\n\n Au terme, on trouve le conflit ouvert.<\/p>\n\n\n\n Aujourd’hui, l’Union europ\u00e9enne a ouvertement d\u00e9clar\u00e9 qu\u2019elle devait passer \u00e0 une \u00e9conomie de guerre. C’est le programme officiel. L\u2019Union a \u00e9galement d\u00e9clar\u00e9 lors d\u2019une session pl\u00e9ni\u00e8re du Parlement europ\u00e9en, donc sans secret, qu’il fallait \u00eatre pr\u00eat \u00e0 faire la guerre d’ici 2030.<\/p>\n\n\n\n La guerre en Ukraine constitue pour Orb\u00e1n une aubaine \u00e9lectorale : en concentrant ses attaques contre ce qu\u2019il qualifie d\u2019attitude belliciste de l\u2019Union europ\u00e9enne \u2014 tout en m\u00e9nageant Poutine \u2014 le Premier ministre hongrois trouve un bouc \u00e9missaire parfait pour ne pas affronter directement les questions politiques.<\/p>\n\n\n\n C’est pourquoi je pense que les ann\u00e9es 2026 \u00e0 2030 seront peut-\u00eatre les plus risqu\u00e9es de notre vie. C’est \u00e0 ce moment-l\u00e0 que se d\u00e9cidera si l’Europe entre en guerre et si nous l’accompagnons, ou si elle n’y entre pas.<\/p>\n\n\n\n J’ai le sentiment que les \u00e9lections de 2026 seront les derni\u00e8res avant la guerre. C’est le gouvernement \u00e9lu en 2026 qui d\u00e9cidera si nous entrons en guerre ou si nous restons en dehors.<\/p>\n\n\n\n Telle est la situation. C’est pourquoi nous organisons des forums sur la guerre, afin que tout le monde comprenne cela. <\/p>\n\n\n\n Maintenant, si vous me le permettez, j\u2019aimerais m\u00eame parler de la menace que repr\u00e9sente la guerre. Aujourd’hui, nous devons consid\u00e9rer que la plus grande menace est que notre argent soit transf\u00e9r\u00e9 \u00e0 Bruxelles, puis donn\u00e9 aux Ukrainiens. Ce n’est donc pas la guerre qui nous menace aujourd’hui, mais le fait que l’on nous enl\u00e8ve quelque chose sans lequel nous ne pouvons pas faire fonctionner l’\u00e9conomie hongroise.<\/p>\n\n\n\n Ce n’est pas moi qui le dis, vous pouvez \u00e9galement lire dans le rapport de la Cour des comptes de l’Union europ\u00e9enne publi\u00e9 il y a dix jours que les contributions des \u00c9tats membres \u00e0 l’Union, \u2013 car nous versons chaque ann\u00e9e entre 1 et 2 milliards d’euros \u2013 devront \u00eatre multipli\u00e9es par 1,5 au cours de la prochaine p\u00e9riode.<\/p>\n\n\n\n Les Ukrainiens ont d\u00e9pos\u00e9 une proposition. Ils demandent 800 milliards de dollars rien que pour faire fonctionner l’\u00c9tat ukrainien au cours des dix prochaines ann\u00e9es. Et l’Union veut leur donner cette somme. Bien s\u00fbr, on entend dire que, au final, c’est toujours l’\u00c9tat qui est derri\u00e8re les fonds priv\u00e9s. Nous le savons bien. <\/p>\n\n\n\n Les Ukrainiens demandent 800 milliards et 700 milliards pour s’armer, soit 1 500 milliards de dollars. Notre argent est inclus dans cette somme. Si nous les laissons faire, ils l\u2019emporteront. C’est le premier probl\u00e8me.<\/p>\n\n\n\n Dans un an ou deux, on en arrivera \u00e0 ce que le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de l’OTAN nous demande d’envoyer \u00e9galement des soldats. Je voudrais maintenant, fort de toutes mes connaissances diplomatiques et conscient de ma responsabilit\u00e9, vous dire que si un seul soldat occidental appara\u00eet sur le territoire ukrainien sans qu’il y ait d’accord avec les Russes, cela signifiera que nous sommes en guerre. <\/p>\n\n\n\n Les Russes ont en effet d\u00e9clar\u00e9 qu’ils consid\u00e9raient ces soldats et ces unit\u00e9s comme des cibles militaires l\u00e9gitimes. Je ne vois donc pas d’accord possible dans lequel les Russes accepteraient que des soldats am\u00e9ricains \u2014 maintenant que Trump, leur pr\u00e9sident, a prof\u00e9r\u00e9 cette menace \u2014 ou europ\u00e9ens soient stationn\u00e9s sur le territoire ukrainien. Si, malgr\u00e9 tout, ces soldats sont pr\u00e9sents, nous serons en guerre. Et je ne pense pas que l’Union europ\u00e9enne et Bruxelles accepteraient que la moiti\u00e9 du continent entre en guerre.<\/p>\n\n\n\n En faisant planer la menace d\u2019une guerre mondiale si les Europ\u00e9ens continuent \u00e0 soutenir Kiev, Orb\u00e1n continue d\u2019avaliser des \u00e9l\u00e9ments de langage du Kremlin et des propagandistes du r\u00e9gime de Poutine qui, eux, pr\u00e9sentent bien la guerre d\u2019Ukraine comme l\u2019\u00e9picentre d\u2019un affrontement mondial<\/a>.<\/p>\n\n\n\n Cela signifie que nous devons nous pr\u00e9parer \u00e0 subir une forte pression de la part de Bruxelles \u2014 et de Berlin, que les deux ne soient pas identiques est un autre d\u00e9bat. Nous subirons une pression \u00e9norme pour que nous entrions \u00e9galement en guerre.<\/p>\n\n\n\n Dans cette campagne \u00e9lectorale, notre adversaire n’est pas le Tisza. Le parti n\u2019a que 27 membres. Combien sommes-nous ici ? L’organisation municipale du Fidesz \u00e0 Szombathely compte plus de membres que le parti Tisza \u00e0 l’\u00e9chelle nationale. Ce n’est donc pas lui notre adversaire.<\/p>\n\n\n\n Le ton de victoire d\u2019Orban masque la situation difficile dans laquelle se trouve le Fidesz \u00e0 l\u2019approche des \u00e9lections l\u00e9gislatives : selon les derniers sondages<\/a> en vue des \u00e9lections l\u00e9gislatives hongroises d\u2019avril, le Parti du respect et de la libert\u00e9 (Tisza, PPE), dirig\u00e9 par P\u00e9ter Magyar, est cr\u00e9dit\u00e9 de 47 % des intentions de vote, contre 41 % pour le Fidesz. L\u2019avance de Magyar a \u00e9t\u00e9 constante depuis que son parti est devenu favori au d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e 2025, pla\u00e7ant Orb\u00e1n dans une position de concurrence.<\/p>\n\n\n\n […]<\/p>\n\n\n\n Ce n’est donc pas l\u00e0 notre v\u00e9ritable adversaire. L’opposition hongroise actuelle \u2014 je ne parle m\u00eame pas de la Coalition d\u00e9mocratique \u2014, n\u2019est pas notre v\u00e9ritable adversaire.<\/p>\n\n\n\n Notre v\u00e9ritable adversaire, c’est Bruxelles, qui veut mettre au pouvoir en Hongrie un gouvernement qui, \u00e0 un moment donn\u00e9, envoie l’argent des Hongrois en Ukraine et envoie les soldats hongrois \u00e0 la guerre.<\/p>\n\n\n\n C’est de cela qu’il s’agit. Cela semble s\u00e9v\u00e8re, cela semble dur, mais c’est la r\u00e9alit\u00e9. Ils veulent un gouvernement pro-ukrainien, pro-Bruxelles et pro-guerre en Hongrie. C’est l\u00e0 le v\u00e9ritable enjeu, et nous devons vaincre ceux qui se plient \u00e0 cette exigence de Bruxelles.<\/p>\n\n\n\n Comme en de nombreuses occasions, le Premier ministre hongrois instrumentalise la guerre d\u2019Ukraine pour sa campagne \u00e9lectorale en sugg\u00e9rant une vision fantasm\u00e9e : l\u2019Union voudrait envoyer au front les jeunes Hongrois et Orb\u00e1n prot\u00e8gerait sa population face \u00e0 un diktat impos\u00e9 de l\u2019ext\u00e9rieur.<\/p>\n\n\n\n Certains savent de quoi il retourne chez l’adversaire, et d’autres sont tromp\u00e9s et ne comprennent pas de quoi il s’agit. Ce scrutin ne porte pas sur la situation actuelle en Hongrie, m\u00eame si c’est une question importante, mais sur l’avenir de la Hongrie. Allons-nous entrer en guerre, allons-nous nous faire prendre notre argent, ou tout ce dont nous avons besoin pour vivre ?<\/p>\n\n\n\n Les jeunes, l’argent, la paix, tout cela restera en Hongrie. C’est l’enjeu de cette \u00e9lection. C’est ce que nous devons d\u00e9cider en avril, et c’est ce que nous devons faire comprendre \u00e0 chaque \u00e9lecteur hongrois.<\/p>\n\n\n\n Sz\u00e9per Zsibet<\/span> Mon nom est Sz\u00e9per Zsibet et je viens de Bej\u00e1nseny\u00e9r. En tant que m\u00e8re de trois enfants, je suis convaincue que tant que nous aurons un gouvernement national, vous vous opposerez par tous les moyens possibles \u00e0 ce que Bruxelles peut attendre de la Hongrie et qui lui est d\u00e9favorable.<\/p>\n\n\n\n Je suis \u00e9galement convaincue, et je pense que nous avons pu le constater ces derniers mois, que nous, les Hongrois, ne pouvons pas vraiment compter sur le parti Tisza : ils disent qu’ils feront sans r\u00e9fl\u00e9chir tout ce que le Parti populaire europ\u00e9en attend d’eux. Monsieur le Premier ministre, que pensez-vous que nous puissions faire si notre droit de veto nous est retir\u00e9 ?<\/p>\n\n\n\n Viktor Orb\u00e1n<\/span> Merci beaucoup pour votre question.<\/p>\n\n\n\n Je pense qu’en mati\u00e8re d’affaires internationales, la diff\u00e9rence entre les deux options qui s’offrent \u00e0 notre pays, disons entre la voie hongroise et la voie bruxelloise, est assez claire.<\/p>\n\n\n\n Nous faisions partie du Parti populaire europ\u00e9en, bien que je n’aie jamais vot\u00e9 pour Weber : j\u2019ai soutenu M. Barnier, c’\u00e9tait un vote secret, mais cela n’a pas d’importance.<\/p>\n\n\n\n Nous avons quitt\u00e9 le Parti populaire europ\u00e9en parce qu’ils voulaient nous imposer la politique de Bruxelles en mati\u00e8re de migration.<\/p>\n\n\n\n La chanceli\u00e8re allemande et la direction du Parti populaire europ\u00e9en, avec Weber \u00e0 sa t\u00eate, ont exig\u00e9 que la Hongrie renonce \u00e0 sa politique qui interdit aux migrants d’entrer sur son territoire. La Hongrie construit m\u00eame une cl\u00f4ture et n\u2019admet personne avant d’avoir obtenu l’autorisation des autorit\u00e9s hongroises.<\/p>\n\n\n\n Tout cela il nous fallait l\u2019abandonner.<\/p>\n\n\n\n Nous avons donc d\u00fb partir parce que, pour parler franchement, ils nous ont fait chanter : si nous n’abandonnions pas notre politique visant \u00e0 emp\u00eacher la Hongrie de devenir un pays d’immigration, ils nous mettraient des b\u00e2tons dans les roues, et nous puniraient \u00e0 tous les niveaux possibles, sous la direction de M. Weber. Nous avons r\u00e9pondu : \u00ab Bon, amusez-vous bien, \u00e0 bient\u00f4t. \u00bb<\/p>\n\n\n\n En agitant la menace que la Hongrie devienne un \u00ab pays d\u2019immigration \u00bb, Orb\u00e1n se fait le chantre de la th\u00e9orie complotiste du \u00ab grand remplacement \u00bb et reprend l\u2019un des \u00e9l\u00e9ments de langage trumpiste et vancien : \u00ab l\u2019Europe occidentale \u00bb serait d\u00e9sormais m\u00e9connaissable \u2014 une trajectoire de laquelle il pourrait prot\u00e9ger les Hongrois s\u2019ils votent pour lui. <\/p>\n\n\n\n Nous sommes sortis de l\u00e0, nous avons attendu un an ou deux que les forces similaires aux n\u00f4tres se renforcent, et nous avons fond\u00e9 les Patriotes, qui sont aujourd’hui le troisi\u00e8me parti politique d’Europe, et qui seront bient\u00f4t le deuxi\u00e8me, puis le premier. <\/p>\n\n\n\n L\u2019un des plus anciens et constants objectifs politiques de Viktor Orb\u00e1n est la constitution d\u2019une force politique alternative en Europe qui pourrait \u00ab prendre Bruxelles \u00bb pour imposer \u00e0 l\u2019Union un agenda \u00ab national-conservateur \u00bb.<\/p>\n\n\n\n Je sais donc d\u2019exp\u00e9rience personnelle comment les choses se passent dans le PPE. Il ne faut pas faire de calculs. Si vous ne faites pas ce qu’on vous dit, par exemple en mati\u00e8re de migration, vous avez deux possibilit\u00e9s, partir ou rester.<\/p>\n\n\n\n C’est pourquoi le PPE est maintenant en guerre. Il y a un petit film, g\u00e9n\u00e9r\u00e9 par intelligence artificielle, o\u00f9 Bruxelles donne l’ordre de demander de l’argent aux Ukrainiens et o\u00f9 le pr\u00e9sident de Tisza r\u00e9pond \u00ab Oui, monsieur \u00bb ou quelque chose comme \u00e7a.<\/p>\n\n\n\n Ce film est assez repr\u00e9sentatif de la r\u00e9alit\u00e9. Auparavant, le PPE m’appelait aussi pour toutes sortes de demandes et de sujets. Quand je voyais que cela b\u00e9n\u00e9ficiait aux Hongrois, je disais \u00ab allons-y \u00bb. Et quand ce n’\u00e9tait pas le cas, je disais \u00ab nein, danke<\/em> \u00bb.<\/p>\n\n\n\n Voil\u00e0 la situation. C’\u00e9tait le cas pour l’immigration. Ils ont dit qu’ils allaient r\u00e9gler le probl\u00e8me, nous avons dit : \u00ab nein, danke<\/em> \u00bb. Nous pr\u00e9f\u00e9rons quitter le Parti populaire europ\u00e9en.<\/p>\n\n\n\n Ceux qui font partie du Parti populaire europ\u00e9en vont-ils mettre en \u0153uvre ce qui y est dit ? Mon opinion est qu\u2019ils ne pourront pas dire non. Il faut beaucoup de choses pour qu’une personne puisse dire non dans une situation aussi d\u00e9licate.<\/p>\n\n\n\n Laissons de c\u00f4t\u00e9 les questions personnelles et partisanes. Il faut que la personne soit certaine que ce qu’elle repr\u00e9sente corresponde \u00e0 la position du peuple hongrois.<\/p>\n\n\n\n Aujourd’hui, sur les questions civilisationnelles les plus importantes, telles que la migration, la protection de la famille, le genre et la guerre, le peuple hongrois et le Fidesz sont sur la m\u00eame position. Tisza repr\u00e9sente autre chose sur le plan civilisationnel. Quoi qu’il en dise, il repr\u00e9sente en r\u00e9alit\u00e9 autre chose, et c’est pourquoi ils ne peuvent pas, ou peut-\u00eatre ne veulent pas, dire non \u00e0 Bruxelles.<\/p>\n\n\n\n L\u2019identification que fait Orban entre le Fidesz et le peuple hongrois fait \u00e9cho \u00e0 la r\u00e9forme institutionnelle qu\u2019il a entreprise en 2010. Le nouveau pacte ou contrat politique et social (NER) adopt\u00e9 cette ann\u00e9e-l\u00e0 a ainsi \u00e9t\u00e9 vu, par certains observateurs, comme un v\u00e9ritable \u00ab coup d\u2019\u00c9tat constitutionnel \u00bb : le Fidesz se veut le repr\u00e9sentant exclusif de la Nation ; toute repr\u00e9sentativit\u00e9 ou l\u00e9gitimit\u00e9 est d\u00e9ni\u00e9e aux autres organisations politiques et l\u2019alternance n\u2019est plus un horizon du combat politique envisag\u00e9 comme une fin en soi \u2014 \u00e9cartant la culture parlementaire du compromis d\u00e9mocratique.<\/p>\n\n\n\n Comment en arrive-t-on \u00e0 la question du veto ?<\/p>\n\n\n\n Nous sommes \u00e0 Szombathely, dans la premi\u00e8re ville constitutionnelle, alors permettez-moi une petite digression. <\/p>\n\n\n\n Nous disons que \u00ab nous opposons notre veto \u00bb [aux d\u00e9cisions prises \u00e0 Bruxelles]. Mais si nous allons au fond des choses, ce qui n’est pas sans importance du point de vue de la souverainet\u00e9, en r\u00e9alit\u00e9, nous ne mettons pas notre veto \u00e0 une d\u00e9cision de Bruxelles. Bien plut\u00f4t, selon la Constitution hongroise et le trait\u00e9 fondateur de l’Union, pour qu’une d\u00e9cision soit prise dans un certain domaine, tous les \u00c9tats membres doivent voter oui.<\/p>\n\n\n\n Tant que tout le monde n’a pas dit oui, il n’y a pas de d\u00e9cision. Il ne faut donc pas dire que [les membres de l\u2019Union] prennent une d\u00e9cision et que je lui oppose mon veto, mais plut\u00f4t je refuse de participer \u00e0 cette d\u00e9cision \u2014 celle-ci n\u2019\u00e9tant alors pas prise.<\/p>\n\n\n\n Une position commune de l’Union europ\u00e9enne ne peut pas \u00eatre \u00e9labor\u00e9e tant que tous les \u00c9tats membres ne sont pas d’accord. Je n’ai donc rien \u00e0 \u00ab opposer \u00bb \u00e0 une d\u00e9cision, puisqu\u2019il n’y a pas de d\u00e9cision.<\/p>\n\n\n\n C’est l\u00e0 la situation juridique de la Constitution. <\/p>\n\n\n\n Le \u00ab veto \u00bb, continuons \u00e0 utiliser ce mot, est un droit fondamental selon le trait\u00e9 fondateur de l’Union europ\u00e9enne. On entend effectivement tous les jours qu\u2019un tel veto fait partie des pressions, des man\u0153uvres et des manigances qui entravent la coop\u00e9ration europ\u00e9enne \u2014 ce pourquoi il ne devrait pas y avoir de cas, en particulier dans le domaine des affaires courantes, o\u00f9 une d\u00e9cision unanime est n\u00e9cessaire.<\/p>\n\n\n\n Je ne contribuerai pas \u00e0 ce d\u00e9bat. Le probl\u00e8me, de leur point de vue, est que pour modifier la r\u00e8gle selon laquelle certaines questions et toutes les questions de politique \u00e9trang\u00e8re doivent \u00eatre tranch\u00e9es \u00e0 l’unanimit\u00e9, afin qu’elles puissent \u00eatre tranch\u00e9es \u00e0 la majorit\u00e9 simple, il faut \u00e9galement l’unanimit\u00e9. Donc, tant que je serai en vie et que je serai l\u00e0, cela ne sera pas possible.<\/p>\n\n\n\n Qu’ils viennent ! Jusqu’\u00e0 pr\u00e9sent, ils ont essay\u00e9 de me convaincre, mais sans succ\u00e8s.<\/p>\n\n\n\n Ils ont donc d\u00e9cid\u00e9 de me remplacer.<\/p>\n\n\n\n C’est aussi simple que cela.<\/p>\n\n\n\n Ils me remplacent, un autre Premier ministre arrive, et il suffit d’une seule fois, une seule fois \u00e0 un moment donn\u00e9, pour dire \u00ab d’accord, laissons faire \u00bb, et c’est fini. Et vous ne pouvez plus faire valoir l’int\u00e9r\u00eat national dans la politique \u00e9trang\u00e8re, quel que soit le sujet.<\/p>\n\n\n\n Alors, c’est la guerre. Si vous n’\u00eates pas d’accord avec la strat\u00e9gie de politique \u00e9trang\u00e8re, vous devez quand m\u00eame vous y conformer. C’est votre argent qui y passe. Une seule erreur suffit pour que tout soit fini. C’est pourquoi je vais toujours \u00e0 Bruxelles, et j’essaie de dormir toute la journ\u00e9e avant, car \u00e0 Bruxelles, si je peux me permettre, toutes les r\u00e9unions du Conseil sont organis\u00e9es de telle sorte qu’elles commencent \u00e0 six, sept ou huit heures du soir. Les questions importantes sont trait\u00e9es \u00e0 deux heures du matin. Et si je m’endors \u00e0 un moment donn\u00e9, c’est fini. Il ne s’agit donc pas seulement d’une question de politique. Mais bien s\u00fbr, on ne peut pas toujours tenir le coup sans s’endormir, il faut donc d\u00e9velopper cette capacit\u00e9, je ne sais pas comment, mais j’y suis parvenu, quand il y a une question importante, cela me r\u00e9veille. C’est aussi une solution possible. C’est ce que m’a appris J\u00e1nos Martonyi, c’est possible.<\/p>\n\n\n\n La menace de l\u2019usage du droit de veto repr\u00e9sente l\u2019une des strat\u00e9gies que le chef du gouvernement hongrois utilise afin d\u2019obtenir des concessions de la part des autres \u00c9tats membres de l\u2019Union europ\u00e9enne, comme le sugg\u00e8re un rapport du Parlement europ\u00e9en datant du 11 novembre 2025 <\/span>3<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Ce n\u2019est pas la premi\u00e8re fois que la Hongrie fait face \u00e0 de telles accusations<\/a>. Dans le cas de la guerre en Ukraine, la Hongrie fut le seul pays \u00e0 ne pas soutenir l\u2019envoi d\u2019une aide financi\u00e8re \u00e0 l\u2019Ukraine en d\u00e9cembre 2022. <\/p>\n\n\n\n Tibor Farkas<\/span> Bonjour \u00e0 tous, je m’appelle Tibor Farkas, j’ai cinquante-huit ans. Je me suis install\u00e9 \u00e0 Szombathely il y a douze ans. Je viens des bords de la Tisza, qui n\u2019a rien \u00e0 voir avec le parti Tisza, lequel porte d\u2019ailleurs mal son nom car ils ne savent pas ce qu’est le respect, ni ce qu’est la libert\u00e9 <\/span>4<\/sup><\/a><\/span><\/span>. J’ai quitt\u00e9 Debrecen et je me suis install\u00e9 ici. Il y a pas mal d’\u00e9lecteurs de droite \u00e0 Debrecen, mais ici, j’ai \u00e9largi la base \u00e9lectorale [du Fidesz].<\/p>\n\n\n\n Nous ne voulons pas de la guerre. J’ai suivi la moiti\u00e9 de ma formation en tant qu’officier militaire et mon fils de vingt-huit ans est officier militaire sp\u00e9cial. Je ne veux pas qu’il aille en Ukraine. Mon fils de trente-deux ans a quatre petits-enfants qui sont susceptibles d’\u00eatre appel\u00e9s sous les drapeaux. Je ne veux pas que cela se produise.<\/p>\n\n\n\n […]<\/p>\n\n\n\n Je voudrais maintenant poser ma question, qui concerne les retards lors des meetings, se prolongeant tard dans la nuit. De plus en plus de personnes en Europe occidentale reconnaissent Viktor Orb\u00e1n. Je pourrais dire autre chose qui les am\u00e8nerait \u00e0 vous louer, vous et votre pays, si vous pouviez faire en sorte que ces retards soient supprim\u00e9s. Merci beaucoup : c’\u00e9tait le point principal.<\/p>\n\n\n\n Viktor Orb\u00e1n<\/span> Je suis tout \u00e0 fait d’accord avec vous. Je ne vois pas pourquoi, s’il y a un ordre dans la vie, il faudrait le perturber. Je comprends qu\u2019il faut que nous fassions quelques efforts en ce sens, oui.<\/p>\n\n\n\n Ce que vous avez dit \u00e0 propos des rives de la Tisza m’a touch\u00e9. Lorsque j’ai vu que les Bruxellois avaient d\u00e9cid\u00e9 de cr\u00e9er un parti contre nous sous le nom de Tisza, j\u2019ai song\u00e9 qu\u2019ils pensaient manifestement que c’\u00e9tait le fleuve le plus hongrois qui soit ; il prend en effet sa source en Hongrie. J’ai ri parce que la Tisza est le fleuve le plus impr\u00e9visible. C’est un fleuve \u00e0 deux visages, il faut lire le po\u00e8me de [S\u00e1ndor] Pet\u0151fi. Elle est douce et calme, puis soudain, elle vous inonde.<\/p>\n\n\n\n L\u2019erreur de g\u00e9ographie est assez r\u00e9v\u00e9latrice : la Tisza ne prend pas sa source en Hongrie, mais dans l\u2019oblast <\/em>de Transcarpatie, la r\u00e9gion ayant \u00e9t\u00e9 rattach\u00e9e apr\u00e8s la Seconde Guerre mondiale \u00e0 l\u2019Ukraine sovi\u00e9tique.<\/p>\n\n\n\n Alors que la Transcarpatie abrite une importante communaut\u00e9 magyarophone, Viktor Orb\u00e1n accuse depuis plusieurs ann\u00e9es Kiev de contribuer \u00e0 effacer la langue hongroise au profit de l\u2019ukrainien. En novembre 2023, celui-ci d\u00e9clarait que \u00ab la situation de la langue et de l\u2019\u00e9ducation hongroises en Transcarpatie sous l\u2019URSS \u00e9tait meilleure qu\u2019aujourd\u2019hui sous l\u2019Ukraine ind\u00e9pendante \u00bb.<\/p>\n\n\n\n Suite \u00e0 la victoire du Fidesz aux \u00e9lections l\u00e9gislatives d\u2019avril 2010, le Parlement hongrois a promulgu\u00e9 une loi sur la double nationalit\u00e9 permettant de simplifier la proc\u00e9dure d\u2019acquisition de la nationalit\u00e9 hongroise. Si Kiev ne reconna\u00eet pas cette double nationalit\u00e9 pour ses citoyens magyarophones de Transcarpatie, le gouvernement hongrois y finance des \u00e9glises, \u00e9coles, institutions culturelles\u2026 visant \u00e0 promouvoir la langue et culture hongroise.<\/p>\n\n\n\n S’il existe une rivi\u00e8re impr\u00e9visible, peu fiable et \u00e0 deux visages, c’est bien celle-ci. Pas besoin d’\u00eatre un universitaire pour comprendre cela, il suffit de lire Pet\u0151fi. Je le recommande \u00e0 tout le monde.<\/p>\n\n\n\n Melinda Kardos<\/span> Je m’appelle Melinda Kardos et je suis venue avec ma famille de Szentgotth\u00e1rd. Je travaille dans le domaine \u00e9conomique depuis pr\u00e8s de trente ans et j’aurais beaucoup de questions \u00e0 poser \u00e0 ce sujet, mais j’ai \u00e0 l\u2019esprit quelque chose de compl\u00e8tement diff\u00e9rent. Ma question touche au message que le gouvernement a envoy\u00e9 \u00e0 l’Ukraine avec sa d\u00e9cision r\u00e9cente d’expulser les personnes responsables d\u2019une conscription forc\u00e9e <\/span>5<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n Lorsque la guerre [en Ukraine] a \u00e9clat\u00e9, nous pensions que cette folie serait de courte dur\u00e9e : malheureusement, cela n’a pas \u00e9t\u00e9 le cas. Nous en sommes aujourd\u2019hui arriv\u00e9s au point o\u00f9 la conscription forc\u00e9e oblige m\u00eame les Hongrois des Carpates \u00e0 partir \u00e0 la guerre. Cette conscription a encore fait une victime r\u00e9cemment.<\/p>\n\n\n\n Ma question est donc la suivante : le Premier ministre estime-t-il que cette d\u00e9cision est suffisante [pour \u00e9viter la conscription des Hongrois vivant en Ukraine] ou existe-t-il d’autres moyens d’aider les Hongrois des Carpates ? Cette d\u00e9cision peut-elle influencer l’\u00e9ventuelle visite de Zelensky en Hongrie ?<\/p>\n\n\n\n Viktor Orb\u00e1n<\/span> Faudrait-il le bannir du pays, c’est ce que vous voulez dire ? <\/p>\n\n\n\n Melinda Kardos<\/span>Oui. <\/p>\n\n\n\n Viktor Orb\u00e1n<\/span>Les habitants de Szentgotth\u00e1rd sont r\u00e9put\u00e9s pour leurs bonnes mani\u00e8res, je pensais que vous ne le diriez pas aussi cr\u00fbment !<\/p>\n\n\n\n En v\u00e9rit\u00e9, il ne faudrait pas bannir le pr\u00e9sident ukrainien. Parlons-en un peu, ainsi que du contexte.<\/p>\n\n\n\n Tout d’abord, envoyons nos salutations aux Hongrois de Transcarpatie, qui se trouvent dans une situation tr\u00e8s difficile. Faisons-leur savoir que nous sommes l\u00e0 pour eux ! Nous n’en faisons pas grand cas, car ils sont d\u00e9j\u00e0 suffisamment pers\u00e9cut\u00e9s, mais chaque soldat hongrois qui meurt sur le front ukrainien peut compter sur l’aide de l’\u00c9tat hongrois. Nous recherchons les familles et, dans la mesure du possible, nous aidons tout le monde. Mais nous n’en faisons pas grand cas. <\/p>\n\n\n\n Il y a des morts spectaculaires, car certains meurent au combat sur le front, mais il y a aussi des violences li\u00e9es \u00e0 la conscription forc\u00e9e, des conscriptions qui ne tiennent absolument pas compte de l’\u00e9tat de sant\u00e9, et ceux-l\u00e0 ne meurent pas au front, mais avant, ils sont battus \u00e0 mort, comme la premi\u00e8re victime, l’autre a \u00e9t\u00e9 emmen\u00e9, nous savons de quoi il s’agit. Et cela ne peut \u00eatre ignor\u00e9. P\u00e9ter Szijj\u00e1rt\u00f3 a pour mandat de maintenir cette question \u00e0 l’ordre du jour \u00e0 Bruxelles. Chez nous, nous nous occupons de cela, nous notons tout, nous savons tout, nous enregistrons tout, et tout aura des cons\u00e9quences en temps voulu.<\/p>\n\n\n\n Le gouvernement Orb\u00e1n utilise un \u00e9v\u00e9nement survenu en juillet 2025, la mort du soldat hongrois issu de Transcarpatie J\u00f3zsef Sebesty\u00e9n, conscrit dans l\u2019arm\u00e9e ukrainienne, afin de soutenir la th\u00e9orie d\u2019une suppos\u00e9e \u00ab haine des Hongrois \u00bb. Bien qu\u2019une vid\u00e9o montre ce qui s\u2019apparente \u00e0 un passage \u00e0 tabac de l\u2019homme, les m\u00e9decins l\u00e9gistes ont class\u00e9 la cause comme \u00ab embolie pulmonaire, sans signe de l\u00e9sions corporelles pouvant indiquer des violences <\/span>6<\/sup><\/a><\/span><\/span> \u00bb. De nombreux m\u00e9dias hongrois pro-gouvernement accusent l\u2019Ukraine d\u2019avoir fait pression sur les m\u00e9decins pour falsifier leur rapport, en allant jusqu\u2019\u00e0 retenir le fils de l\u2019un d\u2019eux en otage <\/span>7<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Ces informations ne sont toutefois \u00e9tay\u00e9es par aucune source. Pour ces m\u00e9dias, la raison de ce passage \u00e0 tabac serait la \u00ab conscription forc\u00e9e \u00bb des minorit\u00e9s hongroises sur le territoire ukrainien, leurs membres \u00e9tant enlev\u00e9s pour servir de soldats contre la Russie.<\/p>\n\n\n\n Il y a longtemps, nous avions l’air d’\u00eatre des pigeons et nous laissions les autres se moquer de nous. C’est fini. Tout le monde ferait bien de s’en souvenir. Nos voisins aussi, en particulier l’Ukraine. Mais nous sommes dans un nouveau monde, un monde n\u00e9 en 2010.<\/p>\n\n\n\n Les 11 et 25 avril 2010, le Fidesz, alli\u00e9 au KDNP, remporte une large victoire \u00e9lectorale. Il obtient 263 si\u00e8ges et la majorit\u00e9 des deux tiers. Orb\u00e1n retrouve le poste de Premier ministre apr\u00e8s huit ann\u00e9es dans l\u2019opposition.<\/p>\n\n\n\n Quelques mois plus t\u00f4t, le chef du Fidesz avait affirm\u00e9 sa d\u00e9termination \u00e0 clore la p\u00e9riode postcommuniste en occupant durablement le pouvoir. Ce nouveau pacte ou contrat politique et social est baptis\u00e9 du nom de NER (Nemzeti Egy\u00fcttm\u0171k\u00f6d\u00e9s Rendszere), c\u2019est-\u00e0-dire \u00ab Syst\u00e8me de coop\u00e9ration nationale \u00bb. Il est d\u00e9taill\u00e9 dans le programme gouvernemental adopt\u00e9 par le Parlement et dans la d\u00e9claration minist\u00e9rielle prononc\u00e9e par le nouveau Premier ministre, le 14 juin 2010.<\/p>\n\n\n\n Fort de sa majorit\u00e9 des deux tiers, le gouvernement s\u2019attaque ensuite \u00e0 une r\u00e9forme de la constitution qui n\u2019est pas sans faire \u00e9cho \u00e0 celle initi\u00e9e sans succ\u00e8s par la gauche au pouvoir de 1994 \u00e0 1998. Orb\u00e1n ayant clairement indiqu\u00e9 qu\u2019il consid\u00e9rait la Chambre des d\u00e9put\u00e9s \u00e9lue davantage comme une assembl\u00e9e constituante que comme une nouvelle l\u00e9gislature, la nouvelle loi fondamentale est rapidement adopt\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n Cependant, ce que vous avez dit dans votre introduction, \u00e0 savoir comment les Ukrainiens devraient fa\u00e7onner nos relations au-del\u00e0 de la conscription forc\u00e9e, est une question importante.<\/p>\n\n\n\n Je suis d’avis que les Ukrainiens ne devraient pas \u00eatre admis dans l’Union europ\u00e9enne. Et je dis aux Hongrois que nous ne devrions pas vouloir appartenir \u00e0 une alliance militaire ou \u00e9conomique avec eux, car cela causera deux types de probl\u00e8mes : <\/p>\n\n\n\n Le premier est qu’ils nous entra\u00eeneront dans la guerre. Et cela reste vrai m\u00eame si un accord de paix est conclu, car qui peut garantir que sur ce front de 1 200 kilom\u00e8tres, s’il y a la paix aujourd’hui, il n’y aura pas \u00e0 nouveau la guerre dans un an ou deux ?<\/p>\n\n\n\n Personne ne peut le garantir. Et si nous sommes membres, nous serons entra\u00een\u00e9s dans la guerre.<\/p>\n\n\n\n C’est ce dont parle M. Weber : il n’est pas possible qu’un \u00c9tat membre de l’Union europ\u00e9enne soit attaqu\u00e9 ou impliqu\u00e9 dans un conflit militaire sans que les autres ne r\u00e9agissent. Tout le monde y va : L’argent, les soldats et les armes.<\/p>\n\n\n\n Il ne faut donc pas laisser entrer les Ukrainiens dans l’Union europ\u00e9enne pour l\u2019instant, car ils repr\u00e9sentent une menace de guerre permanente pour nous, dans la mesure o\u00f9 un conflit russo-ukrainien peut \u00e9clater \u00e0 tout moment et o\u00f9 nous serons impliqu\u00e9s dans ce conflit, m\u00eame si cela ne nous concerne pas. <\/p>\n\n\n\n Il y a un deuxi\u00e8me probl\u00e8me si nous acceptons les Ukrainiens. Nos agriculteurs, nos producteurs primaires, sont d\u00e9j\u00e0 en col\u00e8re, car leurs produits, fabriqu\u00e9s selon des r\u00e9glementations beaucoup plus souples, d\u2019une moins bonne qualit\u00e9 mais moins chers, constituent d\u00e9j\u00e0 un d\u00e9fi pour l’agriculture hongroise.<\/p>\n\n\n\n Ce pourrait \u00eatre bient\u00f4t le cas dans presque toutes les cat\u00e9gories de produits. Si nous laissons entrer les Ukrainiens, ils ruineront les agriculteurs d’Europe centrale et l’\u00e9conomie d’Europe centrale.<\/p>\n\n\n\n Je ne parle m\u00eame pas de la libre circulation. Y a-t-il une seule personne dans cette salle qui pense que ce serait une bonne chose qu’il n’y ait pas de contr\u00f4le aux fronti\u00e8res entre l’Ukraine et la Hongrie ?<\/p>\n\n\n\n En d\u00e9cembre 2025, la Hongrie a \u00e9t\u00e9 de nouveau le seul pays europ\u00e9en \u00e0 opposer son veto \u00e0 un plan d\u2019\u00e9largissement de l\u2019Union europ\u00e9enne. Ce texte pr\u00e9voyait l\u2019ouverture des n\u00e9gociations pour l\u2019acc\u00e8s au statut d\u2019\u00c9tat-membre \u00e0 plusieurs pays, tels que la Bosnie-Herz\u00e9govine, l\u2019Albanie, mais surtout l\u2019Ukraine, qui cristallisait les tensions suscit\u00e9es par le document.<\/p>\n\n\n\n Le veto oppos\u00e9 au plan n\u2019\u00e9tait pas le premier blocage de la Hongrie \u00e0 l\u2019apport d\u2019aides concr\u00e8tes \u00e0 l\u2019Ukraine, blocage pouvant \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme une tentative de d\u00e9stabilisation de l\u2019unit\u00e9 europ\u00e9enne. L\u2019usage r\u00e9p\u00e9t\u00e9 que fait la Hongrie de son droit de veto pousse l\u2019Union europ\u00e9enne \u00e0 consid\u00e9rer un syst\u00e8me de \u00ab majorit\u00e9 qualifi\u00e9e \u00bb, par exemple dans le cas de l\u2019adoption de la feuille de route RePowerEU pr\u00e9voyant une diminution des importations de gaz russe, diminution \u00e0 laquelle la Hongrie et la Slovaquie ont \u00e9chapp\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent. En faisant de cette importation une affaire de commerce relevant du Conseil europ\u00e9en, le texte peut d\u00e9sormais \u00eatre adopt\u00e9 sans majorit\u00e9. Face \u00e0 cette requalification, la Hongrie a marqu\u00e9 un profond d\u00e9saccord et s\u2019est engag\u00e9e \u00e0 saisir l\u2019Union europ\u00e9enne sur cette question.<\/p>\n\n\n\n […]<\/p>\n\n\n\n Je ne parle donc pas de la libre circulation, de la criminalit\u00e9 et de bien d’autres choses encore que je pourrais citer, qui viennent de l\u00e0-bas, et que nous devons freiner, filtrer, arr\u00eater, etc. avec beaucoup de force. Il ne faut donc pas laisser les Ukrainiens entrer dans l’Union europ\u00e9enne, ni dans l’OTAN. <\/p>\n\n\n\n Mais est-il acceptable de les rejeter ? D’une part, je pense que non, d’autre part, cela n’aurait pas de sens, car ils resteraient quand m\u00eame nos voisins.<\/p>\n\n\n\n Il faut donc \u00e9tablir une certaine forme de coop\u00e9ration avec les Ukrainiens. Une coop\u00e9ration qui soit bonne pour eux et pour nous. Pas une coop\u00e9ration qui soit bonne pour eux et qui nous ruine, mais une coop\u00e9ration qui soit bonne pour tout le monde. <\/p>\n\n\n\n C’est ce que j’appelle un partenariat strat\u00e9gique. Nous nous mettrons d’accord sur cela : pas sur l’adh\u00e9sion, mais sur la mani\u00e8re dont nous commercerons, dont les investissements se feront, tranquillement, un par un et sans cr\u00e9er d’obligation qui nous entra\u00eenerait avec eux dans une guerre contre la Russie.<\/p>\n\n\n\n Il faut coop\u00e9rer avec les Ukrainiens, mais il ne peut \u00eatre question d’adh\u00e9sion. C’est la premi\u00e8re chose. <\/p>\n\n\n\n La deuxi\u00e8me chose, c’est que les Ukrainiens doivent comprendre qu’ils leur faut renoncer \u00e0 s’en prendre \u00e0 la Hongrie pour la s\u00e9parer de l’\u00e9nergie russe bon march\u00e9. Tant que l’Ukraine agira ainsi, elle sera notre ennemie. Je le dis sans d\u00e9tours. <\/p>\n\n\n\n L’Ukraine porte atteinte \u00e0 nos int\u00e9r\u00eats fondamentaux en exigeant sans cesse que la Hongrie soit coup\u00e9e de l’\u00e9nergie russe bon march\u00e9, et en for\u00e7ant la main \u00e0 Bruxelles. Quiconque agit ainsi n’est pas un ami de la Hongrie, mais son ennemi. <\/p>\n\n\n\n Je vais vous donner les chiffres ! S’il n’y a pas de p\u00e9trole et de gaz russes, nous devrons payer les prix suivants : aujourd’hui, une facture moyenne de services publics s’\u00e9l\u00e8ve, en moyenne, \u00e0 250 000 forints par an [environ 650 euros], mais chez les Polonais et les Tch\u00e8ques, elle s’\u00e9l\u00e8ve \u00e0 800 000, voire 1 million.<\/p>\n\n\n\n Quiconque pr\u00e9tend qu’il est possible de s\u00e9parer la Hongrie de l’\u00e9nergie russe bon march\u00e9 tout en prot\u00e9geant l\u2019augmentation des factures est stupide ou un menteur. C’est tout simplement impossible. <\/p>\n\n\n\n J’ai d\u00e9j\u00e0 men\u00e9 ce combat une fois, mais il n’y avait pas alors de lien aussi \u00e9vident. C\u2019\u00e9tait en 2002, vous vous souvenez ? Nous avons dit aux \u00e9lecteurs que s’il y avait un changement de gouvernement, ils augmenteraient le prix du gaz. Ce que P\u00e9ter dit aujourd’hui, Illdik\u00f3 Lendva [cheffe de file du groupe socialiste au Parlement hongrois entre 2002 et 2009] l’avait dit \u00e0 l’\u00e9poque. <\/p>\n\n\n\n Quelle a \u00e9t\u00e9 leur premi\u00e8re d\u00e9cision apr\u00e8s les \u00e9lections de 2002 ? Ils ont augment\u00e9 les prix. <\/p>\n\n\n\n Ne croyez donc pas ce qu’ils disent : nous avons d\u00e9j\u00e0 v\u00e9cu tout cela.<\/p>\n\n\n\n Ceux qui disent qu’il faut que la Hongrie se passe du p\u00e9trole et du gaz russes disent que le co\u00fbt moyen des charges en Hongrie sera compris entre 800 000 et 1 million de forints l’ann\u00e9e prochaine, ce qui revient \u00e0 vous retirer un mois de salaire. <\/p>\n\n\n\n Jen\u0151 Fitos<\/span> Je m’appelle Jen\u0151 Fitos, je vis ici \u00e0 Szombathely, je suis originaire du comitat<\/em> de Zala. Permettez-moi de vous dire \u2014 nous avons \u00e9t\u00e9 soldats ensemble \u2014, que ce pays a de la chance de vous avoir comme Premier ministre.<\/p>\n\n\n\n Voici pour le compliment. Ma question est celle-ci : l’Ukraine est un pays assez impr\u00e9visible et nous ne savons pas comment la situation va \u00e9voluer. Si un conflit militaire ukrainien pourrait s’\u00e9tendre \u00e0 notre pays, pouvons-nous compter sur la protection du pr\u00e9sident Poutine et de Donald Trump ?<\/p>\n\n\n\n Viktor Orb\u00e1n<\/span> Je pense que c’est une question importante, car les \u00e9v\u00e9nements internationaux qui nous entourent sont impr\u00e9visibles.<\/p>\n\n\n\n Merci beaucoup de m’avoir permis de poser cette question. Je suis heureux de voir un ancien combattant en si bonne forme. <\/p>\n\n\n\n Reprenons encore une fois cette histoire de compliment. Ces derniers jours, les \u00c9tats-Unis ont \u00e9galement envoy\u00e9 un compliment \u2014 ils appellent cela un soutien.<\/p>\n\n\n\n Je pr\u00e9cise entre parenth\u00e8ses que j’ai re\u00e7u hier soir une invitation \u00e0 me rendre \u00e0 Washington dans deux semaines, car le Conseil de paix cr\u00e9\u00e9, qui sera l’organe de paix, se r\u00e9unira \u00e0 Washington.<\/p>\n\n\n\n Les Am\u00e9ricains ne savent parler qu’en superlatifs : tout est dor\u00e9, tout est g\u00e9nial. Ils ont invent\u00e9 une formule pour g\u00e9rer les \u00e9loges directs. Je vais vous la r\u00e9v\u00e9ler, vous en aurez besoin. Les Am\u00e9ricains disent donc : \u00ab Merci beaucoup pour vos compliments, si mes parents \u00e9taient l\u00e0, mon p\u00e8re serait fier de moi et ma m\u00e8re croirait tout ce que vous dites. \u00bb<\/p>\n\n\n\n C’est la formule am\u00e9ricaine. Mais revenons aux choses s\u00e9rieuses.<\/p>\n\n\n\n Votre question porte finalement sur la stabilit\u00e9, la solidit\u00e9 et l’ordre en Ukraine, ainsi que sur l’avenir de l’\u00c9tat ukrainien et de l’arm\u00e9e ukrainienne.<\/p>\n\n\n\n Nous devons garder \u00e0 l\u2019esprit que la situation ukrainienne est en train d\u2019\u00e9chapper \u00e0 notre contr\u00f4le. La Hongrie est maintenant menac\u00e9e par une sorte d\u2019arm\u00e9e bosniaque, lev\u00e9e par les fonds europ\u00e9ens.<\/p>\n\n\n\n Certains re\u00e7oivent des menaces d\u2019amis ukrainiens \u2014 qui sollicitent notre vote.<\/p>\n\n\n\n La r\u00e9ponse est que l’avenir de l’Ukraine n’est pas r\u00e9gl\u00e9. Que les Russes occupent l’Ukraine dans son int\u00e9gralit\u00e9 ou bien \u2014 ce que je ne parierais pas, mais c\u2019est le pari de l\u2019Union \u2014 que l’Ukraine et l’Union vaincront ensemble les Russes sur la ligne de front et les repousseront jusqu’\u00e0 Moscou \u2014 ou bien qu\u2019un nouveau territoire sera cr\u00e9\u00e9, un nouvel Afghanistan ou quelque chose de similaire \u2014 personne ne peut le dire avec certitude aujourd’hui.<\/p>\n\n\n\n Tout ce que je peux vous dire, c’est que nous courons le moins de risques si nous restons en dehors de tous les conflits qui se d\u00e9roulent sur le territoire ukrainien et si nous nous occupons entre-temps de notre propre renforcement, par exemple sur le plan financier.<\/p>\n\n\n\n Ce n’est pas un hasard si la Hongrie n’a jamais eu autant de r\u00e9serves de devises et d’or qu’aujourd’hui. Il y a une raison \u00e0 cela.<\/p>\n\n\n\n Jamais la Hongrie n’a d\u00e9pens\u00e9 autant d’argent pour acqu\u00e9rir des armes modernes et renforcer la capacit\u00e9 de son arm\u00e9e \u00e0 arr\u00eater quiconque s’opposerait \u00e0 elle. Je veux donc dire que nous devons nous pr\u00e9parer au pire sc\u00e9nario. Et un gouvernement qui ne garde pas cela \u00e0 l’esprit et qui ne travaille pas en cons\u00e9quence est irresponsable.<\/p>\n\n\n\n Il en va de m\u00eame pour la structure de l’\u00e9conomie. Je n’ai pas expuls\u00e9 les entreprises \u00e9nerg\u00e9tiques occidentales d’ici uniquement parce que mon programme pr\u00e9voyait que la propri\u00e9t\u00e9 nationale devait d\u00e9passer 50 % dans le secteur de l’\u00e9nergie, mais aussi parce que c’est une question de s\u00e9curit\u00e9 nationale.<\/p>\n\n\n\n Et je tenais \u00e0 ce que les banques \u00e9trang\u00e8res se retirent du pays et que la majorit\u00e9 des banques soient entre des mains hongroises simplement pour des questions d\u2019image de la nation, mais parce qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019une question de s\u00e9curit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n Lorsque la crise \u00e9conomique mondiale a \u00e9clat\u00e9 en 2007-2008, les banques \u00e9trang\u00e8res ont alors cess\u00e9 d’accorder des cr\u00e9dits en Hongrie. Elles avaient des probl\u00e8mes financiers, elles ont rapatri\u00e9 leur argent.<\/p>\n\n\n\n C’est donc une question de s\u00e9curit\u00e9 nationale que certaines choses restent entre nos mains. Et c’est ce que je fais en permanence, je construis, car c’est une question de s\u00e9curit\u00e9, et on ne sait jamais quand cela pourra avoir une grande importance.<\/p>\n\n\n\n Nous vivons dans un monde o\u00f9 les dangers sont omnipr\u00e9sents, o\u00f9 cela peut avoir une grande importance \u00e0 tout moment.<\/p>\n\n\n\n Je peux donc dire que rien n’est certain quant \u00e0 l’avenir de l\u2019Ukraine.<\/p>\n\n\n\n Pour nous, il est important d’entretenir de bonnes relations avec les Am\u00e9ricains et les Russes. Et de g\u00e9rer nos relations avec Bruxelles du mieux possible.<\/p>\n\n\n\n Mais d’un point de vue militaire, il est important pour nous de ne pas avoir d’ennemis militaires et d’avoir des alli\u00e9s militaires en m\u00eame temps. C’est ce \u00e0 quoi je travaille. C’est en grande partie d\u00e9j\u00e0 fait.<\/p>\n\n\n\n Je peux donc dire que la Hongrie est aujourd’hui en s\u00e9curit\u00e9. Mais j’ose aussi affirmer que cela restera ainsi tant que le Fidesz sera au pouvoir en Hongrie.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":" D\u00e9stabilis\u00e9es par Trump, il manquait aux extr\u00eames droites europ\u00e9ennes un contre-r\u00e9cit.<\/p>\n Viktor Orb\u00e1n pourrait bien l\u2019avoir trouv\u00e9. Pour disqualifier l\u2019opposition politique, il la pr\u00e9sente en pantin d\u2019un complot europ\u00e9en \u2014 visant au changement de r\u00e9gime en Hongrie.<\/p>\n Retournant l\u2019accusation d\u2019oligarchie, le leader du Fidesz se retrouve ainsi du c\u00f4t\u00e9 d\u2019un \u00ab peuple \u00bb qu\u2019il sauvegarde \u2014 et rejoint tant le discours trumpiste que poutinien.<\/p>\n","protected":false},"author":5931,"featured_media":316500,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"templates\/post-speeches.php","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_trash_the_other_posts":false,"footnotes":""},"categories":[2980],"tags":[],"geo":[],"class_list":["post-316496","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-elections","staff-le-grand-continent"],"acf":[],"yoast_head":"\n