{"id":315280,"date":"2026-01-30T06:00:00","date_gmt":"2026-01-30T05:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=315280"},"modified":"2026-01-29T16:27:58","modified_gmt":"2026-01-29T15:27:58","slug":"20-livres-a-lire-en-fevrier-2026","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2026\/01\/30\/20-livres-a-lire-en-fevrier-2026\/","title":{"rendered":"20 livres \u00e0 lire en f\u00e9vrier 2026"},"content":{"rendered":"\n
Vous nous lisez quotidiennement et avez envie de nous soutenir ? 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L’analyse approfondie de cas particuliers ouvre la voie \u00e0 une s\u00e9rie de g\u00e9n\u00e9ralisations, \u00e0 des r\u00e9ponses qui suscitent d’autres questions. Il semble l\u00e9gitime de parler de micro-histoire \u00e0 propos de cette strat\u00e9gie cognitive, mais les r\u00e9sultats sont plus importants que les \u00e9tiquettes. Le lecteur est invit\u00e9 \u00e0 partager la joie de la recherche et la rencontre avec l’inattendu. \u00bb<\/p>\n\n\n\n Paru le 30 janvier<\/p>\n\n\n\n Lire plus<\/a><\/p>\n\n\n\n Lire Carlo Ginzburg dans nos pages<\/a><\/p>\n\n\n\n \u00ab Certains personnages du pass\u00e9 \u2014 m\u00eame ceux qui sont aujourd’hui tomb\u00e9s dans l’oubli \u2014 semblent faits pour \u00eatre red\u00e9couverts et envahir la sc\u00e8ne de notre pr\u00e9sent. Dans le r\u00e9cit de Sergio Luzzatto, c’est un aventurier fran\u00e7ais de la fin du XIXe si\u00e8cle qui revit. R\u00e9solu et perfide, charismatique et violent, le marquis de Mor\u00e8s parcourt les chemins de la modernit\u00e9, de l’Europe \u00e0 l’Am\u00e9rique et de l’Asie \u00e0 l’Afrique, avec l’\u00e9nergie audacieuse et le bagage insidieux d’un crois\u00e9 m\u00e9di\u00e9val. Tout compte fait, sa br\u00e8ve existence s’av\u00e9rera \u00eatre celle d’un \u00e9ternel perdant : ses initiatives visionnaires d’entrepreneur capitaliste et d’explorateur colonialiste, d’agitateur antis\u00e9mite et de leader populiste seront toutes couronn\u00e9es d’\u00e9chec. <\/p>\n\n\n\n Mais mourir en perdant est souvent le sort des pionniers. Dans le cas de Mor\u00e8s, un pionnier du fascisme. Histoire troublante d’une vie agit\u00e9e, Il primo fascista <\/em>illustre les nombreuses pi\u00e8ces qui composent la mosa\u00efque des pulsions r\u00e9actionnaires qui nous entourent encore aujourd’hui. Les racines th\u00e9oriques et pratiques du fascisme plongent dans la France de la fin du XIXe si\u00e8cle. Sans attendre le XXe si\u00e8cle, ni l’Italie de Benito Mussolini, d\u00e8s la fin du si\u00e8cle \u00e0 Paris, les hommes de la \u2018droite r\u00e9volutionnaire\u2019 poursuivaient l’objectif de mener une r\u00e9volution politique, intellectuelle et morale, mais pas sociale et \u00e9conomique ; de conserver le lib\u00e9ralisme et l’\u00e9conomie de march\u00e9 tout en rejetant le lib\u00e9ralisme et les valeurs de la d\u00e9mocratie. <\/p>\n\n\n\n En remontant ces racines, Sergio Luzzatto rencontre le marquis de Mor\u00e8s et reconna\u00eet en lui \u2014 sous les habits tant\u00f4t pittoresques, tant\u00f4t grotesques d’un h\u00e9ros de cape et d’\u00e9p\u00e9e \u2014 celui qui a \u00e9t\u00e9 le premier \u00e0 tenter de manier le m\u00e9lange particulier de haine raciale, de pr\u00e9tendue solidarit\u00e9 interclassiste et de violence paramilitaire organis\u00e9e, auquel Mussolini donnera le nom de \u2018fascisme\u2019. \u00bb<\/p>\n\n\n\n Parution le 3 f\u00e9vrier<\/p>\n\n\n\n Lire plus<\/a><\/p>\n\n\n\n \u00ab Quel a \u00e9t\u00e9 l’impact du calcul informatique, diffus\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9chelle du globe, sur nos r\u00e9alit\u00e9s g\u00e9opolitiques ? Celui-ci a pris diff\u00e9rentes formes \u2014 de l’approvisionnement en \u00e9nergie et en min\u00e9raux \u00e0 l’infrastructure cloud souterraine, en passant par les logiciels urbains et les syst\u00e8mes d’adressage universel massifs ; des interfaces dessin\u00e9es par l’augmentation de la main et de l’\u0153il aux utilisateurs identifi\u00e9s par l’auto-quantification et l’arriv\u00e9e d’une multitude de capteurs, d’algorithmes et de robots. <\/p>\n\n\n\n Ensemble, comment ces \u00e9l\u00e9ments d\u00e9forment-ils et d\u00e9naturent-ils les g\u00e9ographies politiques modernes pour produire de nouveaux territoires \u00e0 leur image ? Dans un r\u00e9cit \u00e0 la fois th\u00e9orique et technique, s’appuyant sur la philosophie politique, la th\u00e9orie du design et l’informatique, Benjamin Bratton explore les six couches du Stack : Terre, Cloud, Ville, Adresse, Interface, Utilisateur. \u00bb<\/p>\n\n\n\n Parution le 3 f\u00e9vrier<\/p>\n\n\n\n Lire p<\/a>lus<\/a><\/p>\n\n\n\n \u00ab Le sport devient un ph\u00e9nom\u00e8ne universel, mais reste une \u00e9nigme. D\u2019abord, pourquoi court-on, s\u2019enr\u00f4le-t-on dans la foule d\u2019un Paris-Versailles ? S\u00fbrement pas pour le plaisir al\u00e9atoire de d\u00e9passer celui qui pr\u00e9c\u00e8de, ni pour la modeste gloriole d\u2019impressionner quelques proches. Peut-\u00eatre d\u2019abord pour s\u2019assurer qu\u2019on existe encore, qu\u2019on peut encore s\u2019extasier hors de soi, s\u2019arracher \u00e0 la quotidiennet\u00e9 et s\u2019ouvrir au vrai monde. Bref pour unifier en soi la machine et l\u2019\u00e2me en une seule chair, la mienne. Et que l\u2019on en passe par une balle, un v\u00e9lo ou une \u00e9quipe, il s\u2019agit toujours d\u2019entrer dans un autre monde, le vrai. Ici, l\u2019important c\u2019est de \u2018participer\u2019 \u00e0 cet autre monde.<\/p>\n\n\n\n Ensuite et au contraire, le sport se d\u00e9ploie comme une \u00e9conomie du combat, de la rivalit\u00e9 mim\u00e9tique, o\u00f9 gagner signifie \u00e9liminer r\u00e9ellement ou symboliquement l\u2019adversaire. Mais cette \u00e9conomie du combat \u2014 \u2018Plus fort, plus haut, plus vite !\u2019 \u2014 aboutit \u00e0 une \u00e9conomie du spectacle : il faut maintenir des spectateurs, sportifs par procuration, tous transformables en autant de consommateurs d\u2019images et de produits eux aussi suppos\u00e9s sportifs. Alors tous les moyens d\u2019expansion du march\u00e9 deviennent possibles, n\u00e9cessaires m\u00eame, dopage compris. Entre ces deux d\u00e9finitions, le sport, aujourd\u2019hui, ne sait pas choisir. O\u00f9 donc court-il ? Et pour combien de temps encore ?<\/p>\n\n\n\n Jean-Luc Marion parle de ce qu\u2019il a tr\u00e8s bien pratiqu\u00e9 et conna\u00eet toujours : la course \u00e0 pied, en comp\u00e9tition, qui fut m\u00eame, un moment, la tentation d\u2019une vraie carri\u00e8re. Il tente ici d\u2019\u00e9voquer la course dans la t\u00eate de l\u2019athl\u00e8te, de reconstituer l\u2019odyss\u00e9e de champions qu\u2019il a connus et admir\u00e9s, de percer la logique de la balle et de la passe, de d\u00e9nouer la moralit\u00e9 et l\u2019immoralit\u00e9 de la comp\u00e9tition. Il le fait avec une pr\u00e9cision technique obsessionnelle, dans une langue magnifique et pure. \u00c0 la fin, il nous pose la vraie question : quelle exp\u00e9rience spirituelle<\/em> se joue dans cet \u00e9trange double jeu ? \u00bb<\/p>\n\n\n\n Parution le 4 f\u00e9vrier<\/p>\n\n\n\n Lire plus<\/a><\/p>\n\n\n\n \u00ab Cinquante ans apr\u00e8s la mort du dictateur Francisco Franco, la nouvelle extr\u00eame droite espagnole de Vox marque l’agenda public et capte le vote des jeunes, dans un contexte mondial boulevers\u00e9 par les dirigeants agressifs de l’autoritarisme post-d\u00e9mocratique. Le franquisme dispara\u00eet de la m\u00e9moire collective comme s’il n’avait jamais exist\u00e9 et, dans le m\u00eame temps, un n\u00e9ofranquisme sans complexe, qui imite les m\u00e9thodes brouillonnes et les discours mena\u00e7ants de personnages tels que Donald Trump, gagne du terrain dans les urnes. C’est un paradoxe inqui\u00e9tant.<\/p>\n\n\n\n Les n\u00e9o-franquistes pr\u00e9sentent le pass\u00e9 le plus sombre comme une soci\u00e9t\u00e9 id\u00e9ale \u00e0 retrouver. Ils recyclent les r\u00e9sidus de la dictature et les m\u00e9langent \u00e0 des id\u00e9es copi\u00e9es de leurs partenaires internationaux pour proposer des solutions drastiques et exclusives, depuis les chambres l\u00e9gislatives, la rue et les r\u00e9seaux sociaux. Francesc-Marc \u00c1lvaro, t\u00e9moin direct du pouvoir politique de l’\u00c9tat depuis son si\u00e8ge au Congr\u00e8s, explique les cl\u00e9s de l’ascension d’une option populiste qui pr\u00e9tend conqu\u00e9rir les institutions avec l’antipolitique la plus crue. Comment en sommes-nous arriv\u00e9s l\u00e0 ? Ce livre propose quelques r\u00e9ponses pour comprendre le nouveau paysage politique. \u00bb<\/p>\n\n\n\n Parution le 4 f\u00e9vrier<\/p>\n\n\n\n Lire plus<\/a><\/p>\n\n\n\n \u00ab En 1986, le plus grand proc\u00e8s mafieux de l’histoire italienne s’est d\u00e9roul\u00e9 en Sicile. Ce maxi-processo<\/em> a vu compara\u00eetre 471 hommes et 4 femmes, accus\u00e9s d’enl\u00e8vement, d’extorsion, de trafic de drogue et de plusieurs milliers de meurtres. Dans la tribune, se trouvait Leonardo Sciascia, alors \u00e2g\u00e9 de soixante-cinq ans. L’un des plus grands \u00e9crivains europ\u00e9ens du XXe si\u00e8cle, il avait publi\u00e9 le premier roman sur la mafia, Le Jour du hibou<\/em>, en 1961, et \u00e9tait largement consid\u00e9r\u00e9 par les Italiens comme une figure morale dans un pays o\u00f9 la corruption s’\u00e9tait infiltr\u00e9e \u00e0 tous les niveaux de la vie publique et priv\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n Sciascia est n\u00e9 en 1921 et a atteint l’\u00e2ge adulte alors que la mafia prenait de l’importance en Sicile. La pauvret\u00e9 et les difficult\u00e9s g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9es qui ont suivi la Premi\u00e8re Guerre mondiale ont fait que de nombreux Siciliens ne reconnaissaient plus l’autorit\u00e9 de Rome, laissant un vide que les gangsters locaux ont combl\u00e9. T\u00e9moin de l’ampleur de la corruption et de la violence, Sciascia avait pr\u00e9dit qu’elles s’\u00e9tendraient bient\u00f4t au Nord, et il avait raison : dans les ann\u00e9es 1980, la mafia avait infiltr\u00e9 toute la politique italienne et \u00e9tait devenue une entreprise internationale tr\u00e8s prosp\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n Dans A Sicilian Man<\/em>, Caroline Moorehead retrace la vie de Sciascia dans le contexte de la mont\u00e9e en puissance de la mafia et d\u00e9crit la lutte passionnante et d\u00e9vastatrice qui s’ensuivit pour l’\u00e2me de l’Italie. \u00bb<\/p>\n\n\n\n Parution le 5 f\u00e9vrier<\/p>\n\n\n\n Lire plus<\/a><\/p>\n\n\n\n \u00ab L’image biblique de David et Goliath illustre bien la nature de la guerre que la Russie, le plus grand pays du monde en superficie, a d\u00e9clench\u00e9e contre son voisin ukrainien, un pays qui, bien que restant le plus grand du continent europ\u00e9en, est pr\u00e8s de trente fois plus petit et ne compte qu’un peu plus d’un quart de la population russe. <\/p>\n\n\n\n Pourtant, la r\u00e9sistance acharn\u00e9e de l’Ukraine prouve qu’il est possible de se d\u00e9fendre avec succ\u00e8s contre un ennemi beaucoup plus grand, plus peupl\u00e9 et mieux \u00e9quip\u00e9, en d\u00e9pit de ses menaces d’une apocalypse nucl\u00e9aire si l’Ukraine refuse de se soumettre ou si l’Occident ose intervenir. Cet ouvrage montre que l’histoire peut aider \u00e0 r\u00e9v\u00e9ler les raisons de la d\u00e9termination et du succ\u00e8s de l’Ukraine sur le champ de bataille et dans l’ar\u00e8ne publique. <\/p>\n\n\n\n David and Goliath<\/em> rassemble pour la premi\u00e8re fois des essais, des commentaires et des interviews donn\u00e9s par Serhii Plokhy, l\u2019un des plus \u00e9minents sp\u00e9cialistes mondiaux de l’histoire ukrainienne, \u00e0 la veille et pendant les deux premi\u00e8res ann\u00e9es de l’invasion \u00e0 grande \u00e9chelle de l’Ukraine par la Russie. Serhii Plokhy y attire notre attention sur la nature unique de ce qui n\u2019est rien moins que la plus grande guerre europ\u00e9enne depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. \u00bb<\/p>\n\n\n\n Parution le 10 f\u00e9vrier<\/p>\n\n\n\n Lire plus<\/a><\/p>\n\n\n\n \u00ab Concentr\u00e9 de technologies, l’avion de combat am\u00e9ricain F-35 Lightning II rencontre un \u00e9norme succ\u00e8s commercial. D’ici 2035, il \u00e9quipera treize forces a\u00e9riennes europ\u00e9ennes, et au moins celles de quatorze pays membres de l’OTAN. Mais le F-35 suscite aussi la controverse : programme militaire le plus cher de tous les temps, il a accumul\u00e9 les difficult\u00e9s de mise au point et les choix techniques hasardeux, sans compter la question du contr\u00f4le exerc\u00e9 par les \u00c9tats-Unis sur une s\u00e9rie de fonctions cl\u00e9s du syst\u00e8me. De facto, le Lightning II n’est pas tant un avion qu’une centrale de connectivit\u00e9 dont Washington oriente souverainement les \u00e9volutions et les niveaux de mise \u00e0 jour.<\/p>\n\n\n\n Les promesses militaires ind\u00e9niables offertes par le F-35 se doublent donc de risques strat\u00e9giques et politiques, \u00e0 l’heure o\u00f9 tout indique que le foss\u00e9 entre les deux rives de l’Atlantique va sans doute perdurer apr\u00e8s le d\u00e9part de Donald Trump. Comment, dans ces conditions, expliquer le succ\u00e8s de ce programme d’armement aupr\u00e8s d’alli\u00e9s qui cherchent pourtant officiellement \u00e0 r\u00e9duire leur d\u00e9pendance strat\u00e9gique ? Analys\u00e9es de mani\u00e8re globale pour la premi\u00e8re fois ici, les raisons de ces d\u00e9cisions sont techniques mais aussi strat\u00e9giques, diplomatiques, industrielles et budg\u00e9taires. Elles d\u00e9montrent la centralit\u00e9 des choix politiques, mais aussi, chez les pays clients, le poids des repr\u00e9sentations et parfois des croyances concernant les liens entre l’Europe et les \u00c9tats-Unis. \u00bb<\/p>\n\n\n\n Parution le 11 f\u00e9vrier<\/p>\n\n\n\n Lire p<\/a>lus<\/a><\/p>\n\n\n\n Lire Joseph Henrotin dans nos pages<\/a><\/p>\n\n\n\n \u00ab Ce livre s’ouvre sur la d\u00e9cennie du Centenaire de la R\u00e9volution. Jusqu’alors, l’histoire de la R\u00e9volution avait \u00e9t\u00e9 l’affaire de polygraphes, de romanciers ou de po\u00e8tes, soucieux de faire valoir une lecture politique de l’\u00e9v\u00e9nement. Avec la Troisi\u00e8me R\u00e9publique, des historiens de m\u00e9tier voulurent en faire une science.<\/p>\n\n\n\n Si la consolidation de la r\u00e9publique est all\u00e9e de pair avec une institutionnalisation des savoirs scientifiques sur l’\u00e9poque r\u00e9volutionnaire, certains historiens ne sont pas rest\u00e9s indiff\u00e9rents aux questions les plus br\u00fblantes de leur temps. Les d\u00e9bats sur la \u2018question sociale\u2019 et les origines du socialisme se trouv\u00e8rent ainsi projet\u00e9s au c\u0153ur de leurs recherches, en dialogue avec des historiens de l’Empire russe qui furent les premiers \u00e0 \u00e9tudier le transfert massif de propri\u00e9t\u00e9s sous la R\u00e9volution et l’av\u00e8nement de la bourgeoisie.<\/p>\n\n\n\n L’auteur r\u00e9v\u00e8le comment la Premi\u00e8re Guerre mondiale, puis les ann\u00e9es d’entre-deux-guerres donn\u00e8rent une nouvelle dimension aux luttes id\u00e9ologiques et historiographiques sur la R\u00e9volution, en lien avec l’histoire longue du pacifisme, du nationalisme et du communisme. Il propose une r\u00e9flexion plus large sur les articulations entre le travail de l’historien et les appels du temps pr\u00e9sent. \u00bb<\/p>\n\n\n\n Parution le 12 f\u00e9vrier<\/p>\n\n\n\n Lir<\/a>e plus<\/a><\/p>\n\n\n\n Retrouvez les \u00e9crits de Guillaume Lancereau dans Le Grand Continent<\/em><\/a><\/p>\n\n\n\n \u00ab L’histoire de la Chine moderne a longtemps \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9e comme celle de communistes luttant dans les collines pour la libert\u00e9, gagnant progressivement le soutien populaire en prenant les terres des riches pour les donner aux pauvres. S’appuyant sur de nombreuses archives, Red Dawn Over China<\/em> r\u00e9v\u00e8le \u00e0 quel point la victoire du Parti communiste aurait \u00e9t\u00e9 improbable sans le soutien financier et militaire de l’Union sovi\u00e9tique.<\/p>\n\n\n\n Fond\u00e9 en 1921 sous la conduite directe de Moscou, le Parti communiste chinois a sem\u00e9 la destruction pendant pr\u00e8s d’une d\u00e9cennie, assi\u00e9geant les villes et pillant les campagnes. Lorsque les communistes ont r\u00e9ussi \u00e0 conserver leur territoire, ils ont r\u00e9duit les villageois \u00e0 l’esclavage, sapant ainsi la confiance dans leur cause et l’\u00e9conomie locale. En 1936, leur popularit\u00e9 n\u2019exc\u00e9dait pas celle d\u2019une obscure secte religieuse. Une guerre d’occupation brutale men\u00e9e par le Japon leur a permis de survivre loin derri\u00e8re les lignes ennemies. Apr\u00e8s l’invasion de la Mandchourie par les troupes sovi\u00e9tiques en 1945 et l’apport de fonds et de munitions suppl\u00e9mentaires, les communistes ont finalement triomph\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 une guerre d’usure impitoyable, anim\u00e9s par une volont\u00e9 in\u00e9branlable de conqu\u00e9rir \u00e0 tout prix.<\/p>\n\n\n\n Dans ce r\u00e9cit captivant racont\u00e9 avec beaucoup de verve, Frank Dik\u00f6tter r\u00e9v\u00e8le comment treize d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s r\u00e9unis dans une salle poussi\u00e9reuse en 1921 ont fini par hisser le drapeau rouge au-dessus de la Cit\u00e9 interdite en 1949, modifiant \u00e0 jamais le cours de l’histoire pour un quart de l’humanit\u00e9 et fa\u00e7onnant le monde tel que nous le connaissons aujourd’hui. \u00bb<\/p>\n\n\n\n Parution le 12 f\u00e9vrier<\/p>\n\n\n\n Lire plus<\/a><\/p>\n\n\n\n \u00ab La d\u00e9mocratie lib\u00e9rale a-t-elle fait son temps ?<\/p>\n\n\n\n Le mod\u00e8le fran\u00e7ais n\u2019a rien d\u2019\u00e9vident : il veut concilier la d\u00e9mocratie fond\u00e9e sur l\u2019\u00e9galit\u00e9 des citoyens avec le lib\u00e9ralisme, qui justifie l\u2019in\u00e9gale condition des individus. D\u00e8s le d\u00e9but du XIXe si\u00e8cle, les lib\u00e9raux d\u00e9noncent une tyrannie de la majorit\u00e9, tandis que les d\u00e9mocrates refusent l’oligarchie des \u00e9lites.<\/p>\n\n\n\n Sp\u00e9cialiste d\u2019histoire politique, Renaud Meltz retrace les al\u00e9as de l\u2019histoire de notre d\u00e9mocratie depuis la R\u00e9volution fran\u00e7aise. Il revient sur les rares moments d\u2019\u00e9quilibre entre l\u2019\u00e9galit\u00e9 et la libert\u00e9 : Belle \u00c9poque, Front populaire, Conseil national de la r\u00e9sistance\u2026 Au contraire, lorsqu\u2019une \u00e9lite lib\u00e9rale gouverne contre l\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral, la majorit\u00e9 est tent\u00e9e par l\u2019autoritarisme : Napol\u00e9on III, le g\u00e9n\u00e9ral Boulanger, le mar\u00e9chal P\u00e9tain\u2026<\/p>\n\n\n\n Il nous appartient de renouer avec la rude ambition d\u2019unir libert\u00e9 et \u00e9galit\u00e9 pour rompre avec l\u2019oligarchie lib\u00e9rale actuelle et conjurer la tentation illib\u00e9rale. \u00bb<\/p>\n\n\n\n Parution le 12 f\u00e9vrier<\/p>\n\n\n\n Lire plus<\/a><\/p>\n\n\n\n \u00ab L’intelligence artificielle fa\u00e7onnera notre avenir de mani\u00e8re impr\u00e9visible, et il est facile de tomber dans le pi\u00e8ge de penser qu’elle pourrait un jour dicter les conditions de notre existence m\u00eame. Mais en r\u00e9alit\u00e9, plus l’IA est performante, plus elle met en \u00e9vidence les qualit\u00e9s irrempla\u00e7ables de la cr\u00e9ativit\u00e9, de l’empathie et du raisonnement moral humains. C’est l’un des huit paradoxes de l’IA que Virginia Dignum explore dans cet ouvrage. S’appuyant sur ses d\u00e9cennies d’exp\u00e9rience dans la recherche et la gouvernance de l’IA, Dignum r\u00e9v\u00e8le pourquoi les questions les plus profondes que soul\u00e8ve l\u2019IA ne concernent pas la technologie, mais nous-m\u00eames.<\/p>\n\n\n\n The AI Paradox<\/em> est un guide qui aide \u00e0 voir la complexit\u00e9 avec clart\u00e9, \u00e0 remettre en question ce qui semble in\u00e9vitable et \u00e0 utiliser l’IA de mani\u00e8re \u00e0 donner la priorit\u00e9 \u00e0 nos valeurs collectives. Chaque paradoxe explor\u00e9 dans ce livre met en lumi\u00e8re une dimension particuli\u00e8re de ces technologies \u00e9mergentes tout en nous incitant \u00e0 r\u00e9\u00e9valuer nos pr\u00e9jug\u00e9s les plus courants \u00e0 leur sujet. Peuvent-elles vraiment reproduire la prise de d\u00e9cision humaine ou ne font-elles que magnifier nos angles morts et nos pr\u00e9jug\u00e9s ? L’IA est-elle l’outil ultime pour r\u00e9soudre les probl\u00e8mes ou introduit-elle davantage de probl\u00e8mes ? La justice pour tous est-elle r\u00e9alisable lorsqu’il s’agit d’IA ? \u00c0 qui l’IA sert-elle, aux grandes entreprises technologiques ou au bien commun ? Comment la d\u00e9finir ?<\/p>\n\n\n\n \u00c0 l’aide d’exemples qui suscitent la r\u00e9flexion et d’id\u00e9es paradoxales, ce petit livre percutant nous invite \u00e0 repenser le r\u00f4le de ces technologies dans nos vies, en pr\u00f4nant une approche collaborative, transparente et inclusive qui place l’humanit\u00e9 au c\u0153ur de l’innovation en mati\u00e8re d’IA. \u00bb<\/p>\n\n\n\n Parution le 17 f\u00e9vrier<\/p>\n\n\n\n Lire plus<\/a><\/p>\n\n\n\n \u00ab L’ordre mondial largement pacifique ou du moins clair qui a pr\u00e9valu pendant les longues ann\u00e9es 1990 appartient d\u00e9sormais au pass\u00e9 : ni les organisations internationales ni l’ancienne superpuissance unique qu’\u00e9taient les \u00c9tats-Unis ne sont aujourd’hui en mesure d’endiguer les conflits militaires tels que celui qui s\u00e9vit en Ukraine. L’Occident semble divis\u00e9. De nouvelles puissances font leur apparition, les guerres commerciales posent des probl\u00e8mes aux \u00c9tats orient\u00e9s vers l’exportation tels que l’Allemagne.<\/p>\n\n\n\n Nous vivons \u00e0 une \u00e9poque marqu\u00e9e par la multipolarisation. Apr\u00e8s la guerre froide et la pax americana<\/em>, cinq p\u00f4les puissants dominent aujourd’hui la politique mondiale : outre les \u00c9tats-Unis et la Chine, il s’agit de l’Union europ\u00e9enne, de la Russie et de l’Inde. Les puissances r\u00e9gionales moyennes, comme le montre Volker Perthes \u00e0 travers les exemples du Proche-Orient et de l’Asie du Sud-Est, peuvent monter ces grands acteurs les uns contre les autres et fa\u00e7onner leur propre environnement proche. Dans cette situation, l’Union europ\u00e9enne doit renforcer sa capacit\u00e9 d’action si elle ne veut pas \u00eatre marginalis\u00e9e entre les autres p\u00f4les. \u00bb<\/p>\n\n\n\n Parution le 18 f\u00e9vrier<\/p>\n\n\n\n Lire plus<\/a><\/p>\n\n\n\n \u00ab De l’\u00e9mergence de la Chine en tant que superpuissance technologique aux guerres aux fronti\u00e8res orientales de l\u2019Europe, en passant par la conviction que les \u00c9tats-Unis ne sont plus un alli\u00e9 fiable, la Commission europ\u00e9enne consid\u00e8re que le monde est plus instable qu’il ne l’a jamais \u00e9t\u00e9 dans l’histoire r\u00e9cente. \u00c0 ce titre, elle est devenue une Commission g\u00e9opolitique, \u0153uvrant au service des int\u00e9r\u00eats d\u2019une union g\u00e9opolitique. <\/p>\n\n\n\n La technologie est au c\u0153ur de ce d\u00e9fi : qui la produit, o\u00f9 est-elle produite et qui la contr\u00f4le ? Ces questions sont d\u2019une importance essentielle pour la qu\u00eate de souverainet\u00e9 num\u00e9rique\/technologique de la Commission, qui vise \u00e0 redonner \u00e0 l’Europe le contr\u00f4le de la r\u00e9glementation technologique. En se concentrant sur des sujets tels que la d\u00e9finition de normes, la garantie de l’acc\u00e8s aux micropuces, la ma\u00eetrise des plateformes en ligne et la s\u00e9curisation des r\u00e8gles relatives aux donn\u00e9es industrielles et \u00e0 l’IA, cet ouvrage explore la fa\u00e7on dont l’Union renforce la surveillance r\u00e9glementaire et promeut une politique industrielle tout en exportant ses r\u00e8gles \u00e0 l’\u00e9tranger. \u00bb<\/p>\n\n\n\n Parution le 19 f\u00e9vrier<\/p>\n\n\n\n Lire plus<\/a><\/p>\n\n\n\n \u00ab \u2018Si tu fais des recherches, tu ne vas pas aimer ce que tu vas d\u00e9couvrir.\u2019 C’est ainsi qu’Alexandra Garc\u00eda Tabernero a \u00e9t\u00e9 mise en garde contre le pass\u00e9 trouble d’un membre de sa famille. D’une voix ferme, son livre retrace sa formation en droit international, depuis ses \u00e9tudes sur Nuremberg jusqu’\u00e0 son travail de procureure en Espagne, en passant par Harvard et son travail \u00e0 la Cour p\u00e9nale internationale et au Tribunal p\u00e9nal international pour l’ex-Yougoslavie. Mais il s’agit aussi d’une enqu\u00eate personnelle qui la conduit de l’autre c\u00f4t\u00e9 de l’Atlantique, \u00e0 la recherche de r\u00e9ponses sur qui \u00e9tait Reynaldo Tabernero et jusqu’o\u00f9 il s’\u00e9tait sali les mains.<\/p>\n\n\n\n Carta al coronel<\/em> est l’histoire vraie du voyage entrepris par l’auteure lorsqu’elle d\u00e9couvre qu’elle est li\u00e9e par le sang et le nom de famille \u00e0 un colonel qui a fini en prison, selon les m\u00e9dias, pour des crimes commis sous la derni\u00e8re dictature argentine, tels ceux qu’elle s’est engag\u00e9e \u00e0 combattre. C’est une lettre adress\u00e9e \u00e0 un membre de sa famille et, surtout, \u00e0 la m\u00e9moire individuelle et collective. \u00bb<\/p>\n\n\n\n Parution le 19 f\u00e9vrier<\/p>\n\n\n\n Lire plus<\/a><\/p>\n\n\n\n \u00ab Dans les derniers jours de septembre 1938, la guerre \u00e9tait dans l’air. La conf\u00e9rence de Munich, capitale du mouvement nazi, fut une derni\u00e8re tentative d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e de la France et de la Grande-Bretagne pour sauver la paix en Europe et dans le monde. Depuis lors, Munich est un lieu de m\u00e9moire mondial ; pourtant, jusqu’\u00e0 pr\u00e9sent, elle a \u00e9t\u00e9 trop souvent envisag\u00e9e d’un point de vue purement europ\u00e9en, occultant le contexte mondial et les r\u00e9percussions de la conf\u00e9rence. <\/p>\n\n\n\n L’essor du fascisme avait d\u00e9j\u00e0 remis en question l’ordre mondial existant ; c’est dans ce contexte qu’Hitler a pu poursuivre son expansion. Le monde a \u00e9galement suivi de tr\u00e8s pr\u00e8s les \u00e9v\u00e9nements de Munich et en a tir\u00e9 des le\u00e7ons. Le recul face \u00e0 Hitler a affaibli les d\u00e9fenses d\u00e9mocratiques \u00e0 l’int\u00e9rieur et encourag\u00e9 les puissances agressives \u00e0 poursuivre leur expansion, tant en Europe que dans le reste du monde. C’est aussi pour cette raison que Munich 1938 est un pr\u00e9sage pour notre \u00e9poque. \u00bb<\/p>\n\n\n\n Parution le 20 f\u00e9vrier<\/p>\n\n\n\n Lire pl<\/a>us<\/a><\/p>\n\n\n\n \u00ab Victimes de harc\u00e8lement et de pers\u00e9cutions en Allemagne, de nombreux Juifs tent\u00e8rent d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment de se r\u00e9fugier \u00e0 l’\u00e9tranger. Mais les pays susceptibles de les accueillir ferm\u00e8rent leurs fronti\u00e8res toujours plus drastiquement \u00e0 chaque nouvelle expansion allemande. La Soci\u00e9t\u00e9 des nations et le gouvernement am\u00e9ricain tent\u00e8rent sans succ\u00e8s de coordonner la politique d’accueil des r\u00e9fugi\u00e9s lors de la conf\u00e9rence d’\u00c9vian en juillet 1938. Les \u00c9tats et les organisations humanitaires y ont discut\u00e9 de l’accueil des r\u00e9fugi\u00e9s, sans r\u00e9sultat. <\/p>\n\n\n\n Les nazis se moquaient du fait que personne ne voulait des Juifs. Comme les r\u00e9fugi\u00e9s se voyaient refuser l’entr\u00e9e r\u00e9guli\u00e8re sur le territoire, ils montaient \u00e0 bord de bateaux impropres \u00e0 la navigation, payaient des passeurs et empruntaient des voies ill\u00e9gales pour se mettre en s\u00e9curit\u00e9. Susanne Heim retrace l\u2019histoire de cet \u00e9chec dramatique de la politique internationale en mati\u00e8re d\u2019accueil des r\u00e9fugi\u00e9s. \u00bb<\/p>\n\n\n\n Parution le 20 f\u00e9vrier<\/p>\n\n\n\n Lire plus<\/a><\/p>\n\n\n\n \u00ab L\u2019Inde est largement reconnue pour former des talents technologiques de haut niveau et pour fournir des leaders de la Silicon Valley. Mais elle ne capte qu’une fraction des profits de l’industrie technologique mondiale, fournissant principalement une main-d’\u0153uvre qualifi\u00e9e mais bon march\u00e9 aux entreprises occidentales. Computing in the Age of Decolonization<\/em> d\u00e9voile l’histoire m\u00e9connue qui se cache derri\u00e8re ce paradoxe, retra\u00e7ant la volont\u00e9 ambitieuse mais finalement contrari\u00e9e de l’Inde de construire une industrie informatique autonome entre les ann\u00e9es 1950 et 1980.<\/p>\n\n\n\n Apr\u00e8s l’ind\u00e9pendance en 1947, les scientifiques et les d\u00e9cideurs politiques indiens, issus d’institutions telles que le Tata Institute of Fundamental Research, consid\u00e9raient l’informatique comme un \u00e9l\u00e9ment central de la souverainet\u00e9 nationale, de la croissance \u00e9conomique et du progr\u00e8s scientifique. \u00c0 travers des projets tels que l’ordinateur r\u00e9volutionnaire TIFRAC et l’expulsion d\u00e9cisive d’IBM, ils visaient l’ind\u00e9pendance technologique ; mais, presque imm\u00e9diatement, ces initiatives se sont heurt\u00e9es \u00e0 de puissants obstacles politiques et \u00e9conomiques. Les informaticiens indiens ont d\u00fb faire face \u00e0 la politique de la guerre froide, aux d\u00e9s\u00e9quilibres commerciaux internationaux, aux monopoles des entreprises am\u00e9ricaines et aux d\u00e9cisions strat\u00e9giques de l’\u00e9lite technocratique indienne, qui privil\u00e9giait les services techniques rentables plut\u00f4t que les investissements co\u00fbteux dans la recherche et la fabrication.<\/p>\n\n\n\n En racontant cet avenir perdu, Computing in the Age of Decolonization<\/em> montre que la v\u00e9ritable ind\u00e9pendance technologique n\u00e9cessite plus que des comp\u00e9tences techniques : elle exige de s’attaquer aux structures politiques et sociales enracin\u00e9es dans l’h\u00e9ritage colonial. Alors que les luttes mondiales autour de la technologie s’intensifient, cet ouvrage r\u00e9v\u00e8le comment les h\u00e9ritages historiques continuent de fa\u00e7onner les combats contemporains pour la souverainet\u00e9 technologique et \u00e9conomique. \u00bb<\/p>\n\n\n\n Parution le 24 f\u00e9vrier<\/p>\n\n\n\n Lire plus<\/a><\/p>\n\n\n\n \u00ab Le Bengale, conquis dans la seconde moiti\u00e9 du XVIIIe si\u00e8cle par l\u2019East India Company, a \u00e9t\u00e9 la t\u00eate de pont de l\u2019expansion britannique en Asie. Il a marqu\u00e9 le coup d\u2019envoi d\u2019une nouvelle forme de colonisation, diff\u00e9rente de celle de peuplement qui avait pr\u00e9valu aux Am\u00e9riques : la colonisation de gouvernement. Pour d\u00e9finir un mode d\u2019exploitation durable des richesses de ce qui \u00e9tait alors un centre de l\u2019industrie et du commerce mondiaux, l\u2019administration coloniale a \u00e9t\u00e9 contrainte d\u2019enqu\u00eater sur une soci\u00e9t\u00e9 dont elle entendait tirer le meilleur profit mais qu\u2019elle ne cherchait pas \u00e0 transformer. La disproportion entre les quelques centaines d\u2019Europ\u00e9ens install\u00e9s au Bengale et les dizaines de millions d\u2019autochtones a impos\u00e9 \u00e0 l\u2019East India Company d\u2019adapter les lois de l\u2019empire aux coutumes locales. C\u2019est cet imp\u00e9ratif qui a d\u00e9termin\u00e9 le programme de recherche de l\u2019orientalisme britannique. <\/p>\n\n\n\n La complicit\u00e9 des savoirs orientalistes avec la domination coloniale a \u00e9t\u00e9 \u00e9tablie depuis plusieurs d\u00e9cennies par la critique postcoloniale. Mais, \u00e0 l\u2019inverse du mod\u00e8le de \u2018l\u2019invention de l\u2019Orient par l\u2019Occident\u2019 privil\u00e9gi\u00e9 par Edward Sa\u00efd, ce livre entend d\u00e9montrer qu\u2019en mati\u00e8re scientifique comme en mati\u00e8re politique et commerciale, le colonialisme a d\u2019abord repos\u00e9 sur la capture de techniques et de ressources que les colonisateurs \u00e9taient incapables de produire par eux-m\u00eames. \u00c0 partir d\u2019une immersion dans les archives de l\u2019East India Company, cette enqu\u00eate vise \u00e0 montrer que le gouvernement des empires coloniaux n\u2019a ob\u00e9i ni \u00e0 la logique de la souverainet\u00e9, qui a servi de pivot \u00e0 la construction des \u00c9tats-nations, ni \u00e0 la logique du dressage disciplinaire identifi\u00e9e par Michel Foucault dans les \u00e9coles, les manufactures, les arm\u00e9es et les prisons de l\u2019Europe moderne. Il a ob\u00e9i \u00e0 la logique de la supervision, une technologie de contr\u00f4le \u00e0 distance plus \u00e9conome et plus souple, destin\u00e9e \u00e0 capter au profit de l\u2019autorit\u00e9 imp\u00e9riale les comp\u00e9tences d\u2019agents hautement qualifi\u00e9s, charg\u00e9s d\u2019administrer un empire situ\u00e9 \u00e0 l\u2019autre bout du monde. \u00bb<\/p>\n\n\n\n Parution le 26 f\u00e9vrier<\/p>\n\n\n\n Lire plus<\/a><\/p>\n\n\n\n \u00ab Dernier volet de la trilogie Histoire environnementale de la France<\/em>, ce livre montre comment le \u2018regard environnemental\u2019 d\u00e9place notre mani\u00e8re de penser l\u2019histoire nationale depuis la Seconde Guerre mondiale. Il \u00e9claire l\u2019entr\u00e9e dans une soci\u00e9t\u00e9 moderniste, productiviste et consum\u00e9riste, travers\u00e9e d\u00e8s l\u2019origine par des alertes, des contestations et des in\u00e9galit\u00e9s socio-\u00e9cologiques.<\/p>\n\n\n\n Le r\u00e9gime de Vichy n\u2019\u00e9tait-il pas aussi productiviste dans ses logiques d\u2019intervention que traditionaliste dans ses discours ? La France aurait-elle pu se moderniser sans les ressources des empires coloniaux et les \u00e9changes in\u00e9gaux avec le reste du monde ? Qui \u00e9taient les actrices et les acteurs des premi\u00e8res contestations de la \u00ab grande acc\u00e9l\u00e9ration \u00bb productiviste, bien avant 1968 ? Comment l\u2019environnement, puis le d\u00e9veloppement durable et la transition \u00e9cologique ont-ils \u00e9t\u00e9 construits comme objets d\u2019action publique, et avec quels effets r\u00e9els sur les conditions de vie en France et sur l\u2019\u00e9tat de la plan\u00e8te ? Quels ont \u00e9t\u00e9 les verrous institutionnels, \u00e9conomiques ou culturels qui ont retard\u00e9 ou emp\u00each\u00e9 l\u2019\u00e9cologisation de la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise ? Quand et comment les pens\u00e9es et luttes \u00e9cologistes ont-elles rencontr\u00e9 (ou non) les questions sociales, les enjeux de genre et les combats anticoloniaux ?<\/p>\n\n\n\n C\u2019est \u00e0 ces questions, et \u00e0 bien d\u2019autres encore, que ce livre apporte des r\u00e9ponses \u00e9clairantes, renouvelant notre compr\u00e9hension des derni\u00e8res d\u00e9cennies. Cette r\u00e9flexion montre combien le \u2018regard environnemental\u2019 enrichit et transforme les r\u00e9cits classiques de l\u2019histoire contemporaine fran\u00e7aise. \u00bb<\/p>\n\n\n\n Parution le 26 f\u00e9vrier<\/p>\n\n\n\nCarlo Ginzburg, Il vincolo della vergogna. Letture oblique<\/em>, Milan, Adelphi<\/h3>\n\n\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\nSergio Luzzatto, Il primo fascista. Storia e leggenda di un precursore<\/em>, Turin, Einaudi<\/h3>\n\n\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\nBenjamin H. Bratton, The Stack. On Software and Sovereignty<\/em>, 10th anniversary edition with new preface by the author, Cambridge, Massachusetts, MIT Press<\/h3>\n\n\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\nJean-Luc Marion, La Raison du sport<\/em>, Paris, Grasset<\/h3>\n\n\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\nFrancesc-Marc \u00c1lvaro, El franquismo en tiempos de Trump<\/em>, Barcelone, Galaxia Gutenberg<\/h3>\n\n\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\nCaroline Moorehead, A Sicilian Man. Leonardo Sciascia, the Rise of the Mafia and the Struggle for Italy\u2019s Soul<\/em>, Londres, Chatto & Windus<\/h3>\n\n\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\nSerhii Plokhy, David and Goliath : Commentaries on the Russo-Ukrainian War<\/em>, Cambridge, Massachusetts, Harvard University Press<\/h3>\n\n\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\nJoseph Henrotin, Un avion pour les gouverner tous. Le F-35, prisme de la d\u00e9pendance strat\u00e9gique europ\u00e9enne<\/em>, Paris, \u00c9ditions du Rocher<\/h3>\n\n\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\nGuillaume Lancereau, Le Culte de l’Histoire. \u00c9crire la R\u00e9volution, 1889-1940<\/em>, Paris, CNRS \u00c9ditions<\/h3>\n\n\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\nFrank Dik\u00f6tter, Red Dawn Over China ; How Communism Conquered a Quarter of Humanity<\/em>, Londres, Bloomsbury<\/h3>\n\n\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\nRenaud Meltz, \u00c9gaux ou libres. Histoire de la d\u00e9mocratie fran\u00e7aise<\/em>, Paris, Tallandier.<\/h3>\n\n\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\nVirginia Dignum, The AI Paradox : How to Make Sense of a Complex Future<\/em>, Princeton, Princeton University Press.<\/h3>\n\n\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\nVolker Perthes, Die Multipolarisierung der Welt. Ein geopolitischer Wegweiser<\/em>, Berlin, Suhrkamp.<\/h3>\n\n\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\nBenjamin Farrand, Geopolitical Union Europe’s : Attempt to Take Back Control of Technology Regulation<\/em>, Cambridge, Cambridge University Press.<\/h3>\n\n\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\nAlexandra Garc\u00eda Tabernero, Carta al coronel<\/em>, New York, Debate.<\/h3>\n\n\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\nChristian Goeschel et Daniel Hedinger, M\u00fcnchen 38. Die Welt am Scheideweg<\/em>, Munich, C.H. Beck.<\/h3>\n\n\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\nSusanne Heim, Die Abschottung der Welt. Als Juden vor verschlossenen Grenzen standen. 1933\u20131945<\/em>, Munich, C.H. Beck.<\/h3>\n\n\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\nDwaipayan Banerjee, Computing in the Age of Decolonization : India\u2019s Lost Technological Revolution<\/em>, Princeton, Princeton University Press.<\/h3>\n\n\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\nGildas Salmon, L’empire de la supervision. Capture des savoirs et gouvernement colonial dans l’Inde britannique<\/em>, Paris, La D\u00e9couverte.<\/h3>\n\n\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\nRenaud B\u00e9cot, Christophe Bonneuil et Gabrielle Bouleau, Les Natures du productivisme (Une histoire environnementale de la France, de 1940 \u00e0 nos jours, vol. 3)<\/em>, Paris, La D\u00e9couverte.<\/h3>\n\n\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\n