{"id":314719,"date":"2026-01-26T06:00:00","date_gmt":"2026-01-26T05:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=314719"},"modified":"2026-01-25T20:57:14","modified_gmt":"2026-01-25T19:57:14","slug":"demographie-etat-providence-retraites","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2026\/01\/26\/demographie-etat-providence-retraites\/","title":{"rendered":"D\u00e9mographie : l’\u00c9tat-providence va-t-il devenir un \u00c9tat-hospice ?"},"content":{"rendered":"\n

Pour la premi\u00e8re fois depuis 1945 en France, il meurt plus de personnes qu\u2019il n\u2019en na\u00eet <\/span>1<\/sup><\/a><\/span><\/span>. <\/em><\/p>\n\n\n\n

Apr\u00e8s plusieurs mois de d\u00e9bats tendus au sujet de la r\u00e9forme des retraites, les pouvoirs publics fran\u00e7ais doivent aujourd\u2019hui choisir entre deux approches \u2014 le r\u00e9alisme d\u2019une politique incr\u00e9mentale ou une r\u00e9volution radicale du pacte redistributif g\u00e9n\u00e9rationnel.<\/p>\n\n\n\n

Dans un cas comme dans l\u2019autre, les d\u00e9\u00e7us seront l\u00e9gion ; pourtant, le maintien du statu quo serait tout aussi d\u00e9sastreux : les conditions dans lesquelles a \u00e9t\u00e9 construit le mod\u00e8le fran\u00e7ais d\u2019\u00c9tat-providence ne sont plus celles que nous connaissons d\u00e9sormais.<\/p>\n\n\n\n

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, un logiciel intellectuel largement implicite a structur\u00e9 le compromis social fran\u00e7ais : un contrat fond\u00e9 sur l\u2019abondance du travail, la certitude de la croissance et la continuit\u00e9 d\u00e9mographique. Formalis\u00e9e \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1950 par Paul Samuelson <\/span>2<\/sup><\/a><\/span><\/span>, la th\u00e9orie des g\u00e9n\u00e9rations imbriqu\u00e9es \u00e0 l\u2019origine de ce mod\u00e8le tire sa puissance de sa capacit\u00e9 \u00e0 penser l\u2019\u00c9tat social dans un monde en expansion.<\/p>\n\n\n\n

Dans l\u2019univers d\u00e9mographique et productif de l\u2019apr\u00e8s-guerre, caract\u00e9ris\u00e9 par une population jeune et une croissance rapide, un tel syst\u00e8me a fourni une grammaire macro\u00e9conomique simple : chaque g\u00e9n\u00e9ration pouvait financer la retraite de la pr\u00e9c\u00e9dente sans conflit, parce qu\u2019elle \u00e9tait \u00e0 la fois plus nombreuse et plus productive. Dans une telle perspective, financer les pensions n\u2019\u00e9tait alors pas un acte de charit\u00e9, mais un contrat avantageux pour l\u2019actif d\u2019aujourd\u2019hui qui anticipait une base contributive plus large demain.<\/p>\n\n\n\n

Depuis les ann\u00e9es 2000, la dynamique s\u2019est pourtant invers\u00e9e<\/a>.<\/p>\n\n\n\n

Comme l\u2019expose Pauline Rossi <\/span>3<\/sup><\/a><\/span><\/span>, face au triomphe des libert\u00e9s individuelles, la f\u00e9condit\u00e9 s\u2019\u00e9rode, la part des actifs dans la population se contracte, l\u2019entr\u00e9e dans l\u2019emploi est retard\u00e9e par des \u00e9tudes plus longues, tandis que la croissance tendancielle s\u2019affaisse. En cons\u00e9quence de ces changements, ce qui apparaissait jusqu\u2019ici comme un contrat naturel entre les \u00e2ges devient une source de tension politique<\/a>, le rendement d\u00e9mographique et \u00e9conomique du transfert interg\u00e9n\u00e9rationnel s\u2019\u00e9tant effondr\u00e9.<\/p>\n\n\n\n

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