{"id":30593,"date":"2019-04-15T07:34:52","date_gmt":"2019-04-15T05:34:52","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=30593"},"modified":"2019-05-16T20:42:26","modified_gmt":"2019-05-16T18:42:26","slug":"paris-et-berlin-se-divisent-sur-le-report-du-brexit","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2019\/04\/15\/paris-et-berlin-se-divisent-sur-le-report-du-brexit\/","title":{"rendered":"La strat\u00e9gie de Londres sur le Brexit : diviser Paris et Berlin"},"content":{"rendered":"\n
Londres. <\/em>Au terme d\u2019un Conseil europ\u00e9en sp\u00e9cial, les Vingt-Sept ont d\u00e9cid\u00e9 le 10 avril de conc\u00e9der un sursis de six mois aux Britanniques pour organiser une sortie ordonn\u00e9e du Royaume-Uni. Selon la presse europ\u00e9enne, deux lignes s\u2019opposaient au sein du Conseil. Celle de l\u2019Allemagne, favorable \u00e0 la concession d\u2019un d\u00e9lai d\u2019un an pour \u00e9viter \u00e0 tout prix un Brexit sans accord, et celle de la France, hostile \u00e0 un long report. Le compromis a abouti \u00e0 la date du 31 octobre comme nouvelle date butoir, apr\u00e8s celles du 29 mars puis du 12 avril pr\u00e9c\u00e9demment annonc\u00e9es. Le choix de la date du 31 octobre aurait une raison bien pr\u00e9cise : la Commission devrait \u00eatre nomm\u00e9e le 1er novembre. De cette fa\u00e7on, il s’agirait d’imposer une \u00ab garantie \u00bb qu’il n’y aurait pas de Commissaire britannique, dans le cas de sortie d\u00e9finitive. Toutefois, si le 23-26 mai les Britanniques ne participent pas aux \u00e9lections europ\u00e9ennes – o\u00f9 le Royaume-Uni nomine 73 parlementaires -, et si l\u2019accord de retrait \u2013 d\u00e9j\u00e0 trois fois rejet\u00e9 par le Parlement de Westminster – n\u2019est pas adopt\u00e9, une sortie brutale adviendrait le 1er<\/sup> juin. Tous les sc\u00e9narios sont donc encore possibles, m\u00eame s\u2019ils ne sont pas tous r\u00e9alistes. Du retrait de l\u2019article 50 \u00e0 l\u2019adoption de l\u2019accord de retrait, en passant par une crise politique annon\u00e7ant des \u00e9lections l\u00e9gislatives, voire un second r\u00e9f\u00e9rendum si une majorit\u00e9 devait se d\u00e9gager \u00e0 la Chambre des Communes, ce que rien ne laisse penser. Le Conseil europ\u00e9en du 10 avril a, pour la premi\u00e8re fois depuis le d\u00e9but de la n\u00e9gociation sur le Brexit, fait ressortir des diff\u00e9rends entre Europ\u00e9ens et plus particuli\u00e8rement entre Paris et Berlin. Une fausse note amplement rapport\u00e9e par la presse britannique, \u00e9voquant un d\u00eener plut\u00f4t tendu \u00e0 ce sujet <\/span>1<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Comme l\u2019analyse R\u00e9mi Bourgeot sur le site de l\u2019IRIS <\/span>2<\/sup><\/a><\/span><\/span>, les raisons de ce diff\u00e9rend rel\u00e8vent \u00e0 la fois de causes politiques et \u00e9conomiques <\/span>3<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Le rapprochement entre Londres et Berlin apr\u00e8s la Seconde Guerre mondiale a \u00e9t\u00e9 moins mis en \u00e9vidence, mais est pourtant un facteur d\u00e9terminant dans le positionnement de la Chanceli\u00e8re, expliquant les r\u00e9ticences de Berlin \u00e0 adopter une position rigide vis-\u00e0-vis du Royaume-Uni. D\u2019autant que les raisons \u00e9conomiques, notamment industrielles puisque l\u2019Allemagne est un partenaire majeur de Londres, incitent le gouvernement allemand \u00e0 gagner du temps. La position d\u2019Emmanuel Macron \u00e9tait en revanche plus dure, le pr\u00e9sident fran\u00e7ais estimant que le processus \u00e0 rallonge du Brexit menace ses projets de relance de la construction europ\u00e9enne en mati\u00e8re \u00e9conomique et strat\u00e9gique. En plus, la sortie du Royaume-Uni garantirait \u00e0 la France un poids politique plus grand, avec 5 parlementaires en plus et une nouvelle influence au Conseil. Comme le relevait vendredi le Financial Times<\/em> <\/span>4<\/sup><\/a><\/span><\/span>, ce d\u00e9saccord intervient dans un contexte de tensions entre Paris et Berlin sur la r\u00e9forme de la zone euro, les exportations d\u2019armes et le gazoduc Nord Stream 2. Comme le dit la conclusion du FT, \u00ab l\u2019ironie est qu\u2019apr\u00e8s 40 ans de pr\u00e9sence dans l\u2019UE marqu\u00e9e par quelques \u00e9checs spectaculaires dans ses tentatives de diviser l\u2019alliance franco-allemande sur les grandes d\u00e9cisions politiques, le Royaume-Uni est en train d\u2019y parvenir alors qu\u2019il se dirige vers la sortie \u00bb. Le Brexit a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cal\u00e9 de six mois mais la condition pos\u00e9e par l\u2019Union de la tenue d\u2019\u00e9lections europ\u00e9ennes reste inchang\u00e9e. France et Allemagne adoptent deux lignes radicalement diff\u00e9rentes sur la question du report, avec pour l\u2019instant un ralliement fran\u00e7ais sur la position allemande. <\/p>\n","protected":false},"author":175,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"templates\/post-briefings.php","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_trash_the_other_posts":false,"_yoast_wpseo_estimated-reading-time-minutes":0,"footnotes":""},"categories":[1731],"tags":[],"staff":[1720],"editorial_format":[4942],"serie":[],"audience":[],"geo":[534],"class_list":["post-30593","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-politique","staff-vera-marchand","editorial_format-actu-breves","geo-bulles"],"acf":{"open_in_webview":false,"accent":false,"_thumbnail_id":"","excerpt":"Le Brexit a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cal\u00e9 de six mois mais la condition pos\u00e9e par l\u2019Union de la tenue d\u2019\u00e9lections europ\u00e9ennes reste inchang\u00e9e. 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