{"id":298621,"date":"2025-09-23T17:07:23","date_gmt":"2025-09-23T15:07:23","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=298621"},"modified":"2025-09-24T10:20:09","modified_gmt":"2025-09-24T08:20:09","slug":"pax-netanyahou","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2025\/09\/23\/pax-netanyahou\/","title":{"rendered":"Apr\u00e8s la reconnaissance de la Palestine, le futur de la Pax Netanyahou"},"content":{"rendered":"\n

Une image virale a beaucoup circul\u00e9 ces derniers mois, notamment apr\u00e8s les frappes spectaculaires men\u00e9es par les \u00c9tats-Unis contre le programme nucl\u00e9aire iranien. On y voit George W. Bush et ses plus proches collaborateurs \u2014 Colin Powell, Dick Cheney, Condoleezza Rice, Donald Rumsfeld \u2014 prenant la pose au Bureau ovale.<\/p>\n\n\n\n

\u00c9l\u00e9gants, impeccables, le regard fix\u00e9 vers la cam\u00e9ra.<\/p>\n\n\n\n

Un commentaire accompagnait la photo : \u00ab Imaginez que vous remontiez dans les ann\u00e9es 2000 et que vous disiez \u00e0 ces gens que l\u2019animateur de The Apprentice<\/em> serait celui qui finirait par bombarder l\u2019Iran. \u00bb<\/p>\n\n\n\n

Cette image capture avec une ironie efficace un paradoxe profond.<\/p>\n\n\n\n

Le spectacle mis en sc\u00e8ne par Donald Trump depuis la Maison-Blanche nous sid\u00e8re. Mais malgr\u00e9 toute leur puissance de feu, les \u00c9tats-Unis ne sont pas l\u2019agent r\u00e9el de la transformation en cours \u2014 il y en a un autre : le Premier ministre d\u2019Isra\u00ebl.<\/p>\n\n\n\n

Depuis le 7 octobre 2023, Benjamin Netanyahou met en \u0153uvre le vieux mantra des n\u00e9oconservateurs am\u00e9ricains : la cr\u00e9ation d\u2019un \u00ab Nouveau Moyen-Orient \u00bb \u2014 une ambition qui avait \u00e9t\u00e9 affirm\u00e9e pour la derni\u00e8re fois par les \u00c9tats-Unis de George W. Bush.<\/p>\n\n\n\n

C\u2019est d\u2019abord l\u2019histoire d\u2019un \u00e9chec.<\/p>\n\n\n\n

Les \u00c9tats-Unis ont en effet lamentablement rat\u00e9 leur occupation de l\u2019Irak en 2003, contraire au droit international et construite sur des fondements id\u00e9ologiques plus que sur une strat\u00e9gie. L\u2019Irak a sombr\u00e9 dans une guerre civile sanglante qui a caus\u00e9 des centaines de milliers de morts. Des mouvements djihadistes ont \u00e9merg\u00e9, avec comme apog\u00e9e de l\u2019horreur la naissance de l\u2019\u00c9tat islamique (Daech), qui a fini par \u00e9tablir un pseudo-califat en Irak et en Syrie, exportant sa terreur jusqu\u2019en Europe par des attentats de masse, notamment \u00e0 Paris et \u00e0 Madrid.<\/p>\n\n\n\n

Ce n\u2019est qu\u2019avec l\u2019intervention d\u2019une coalition internationale que Daech a pu \u00eatre d\u00e9fait militairement, notamment apr\u00e8s la chute de Mossoul.<\/p>\n\n\n\n

Et ce n\u2019est que deux d\u00e9cennies apr\u00e8s le d\u00e9but de l\u2019op\u00e9ration am\u00e9ricaine Iraqi Freedom<\/em> que l\u2019Irak a commenc\u00e9 \u00e0 se stabiliser et \u00e0 disposer d\u2019un gouvernement relativement repr\u00e9sentatif.<\/p>\n\n\n\n

Pour comprendre ce qui se d\u00e9roule au Moyen-Orient aujourd\u2019hui, il faut donc partir de l\u00e0 : vingt ans plus tard, le Premier ministre isra\u00e9lien, Benjamin Netanyahou, est-il en train de r\u00e9ussir l\u00e0 o\u00f9 George W. Bush avait \u00e9chou\u00e9 \u2014 en imposant par la force sa vision d\u2019un Nouveau Moyen-Orient ?<\/p>\n\n\n\n\n\n

\n \n \r\n \r\n \r\n \r\n \r\n \r\n \r\n <\/picture>\r\n \n
La \u00ab  double  \u00bb du magazine Vanity Fair consacr\u00e9e \u00e0 la Maison-Banche de George W. Bush et sa photo iconique.<\/figcaption>\n <\/a>\n<\/figure>\n\n\n

Changement de r\u00e9gime : le Nouveau Moyen-Orient de Benjamin Netanyahou<\/h2>\n\n\n\n

Depuis l\u2019attaque terroriste du 7 octobre 2023, Isra\u00ebl s\u2019est engag\u00e9 sur plusieurs fronts en accumulant les succ\u00e8s strat\u00e9giques.<\/p>\n\n\n\n

Au Liban, sa victoire contre le Hezbollah, obtenue par la ruse et par la force, a d\u00e9j\u00e0 en quelque sorte contribu\u00e9 \u00e0 une transformation de la gouvernance du pays.<\/p>\n\n\n\n

La dislocation du \u00ab Parti de Dieu \u00bb et la d\u00e9capitation de son leadership l\u2019emp\u00eachent d\u00e9sormais de d\u00e9terminer l\u2019action gouvernementale, ou de contr\u00f4ler r\u00e9ellement le sud du pays.<\/p>\n\n\n\n

Un gouvernement de transition pragmatique, dirig\u00e9 par le g\u00e9n\u00e9ral Joseph Aoun \u2014 jouissant du respect de la majorit\u00e9 de la population \u2014 et Nawaf Salam, un Premier ministre consid\u00e9r\u00e9 comme efficace, notamment en Occident, pourraient r\u00e9ussir \u00e0 reprendre le contr\u00f4le de l\u2019ensemble du territoire \u2014 y compris l\u2019ancien fief du Hezbollah \u2014 et \u00e0 sortir le Liban de sa crise \u00e9conomique chronique.<\/p>\n\n\n\n

Le basculement de la Syrie n\u2019a probablement \u00e9t\u00e9 possible que parce que le Hezbollah et l\u2019Iran \u2014 principaux soutiens de la dictature d\u2019Assad \u2014 avaient \u00e9t\u00e9 affaiblis au pr\u00e9alable par Isra\u00ebl. En marge de l\u2019Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale des Nations unies, \u00e0 New York, le nouvel homme fort de Damas Ahmed al-Charaa s\u2019est entretenu publiquement avec David Petraeus \u2014 l\u2019un des architectes de la strat\u00e9gie am\u00e9ricaine de contre-insurrection au Moyen-Orient. Si elle n\u2019\u00e9tait pas forc\u00e9ment du go\u00fbt d\u2019Isra\u00ebl, la mise en sc\u00e8ne de cette rencontre entre un ancien chef djihadiste et le militaire qui a le plus combattu Al-Qa\u00efda sur le terrain marque un tournant.<\/p>\n\n\n\n

Enfin, en lan\u00e7ant l\u2019op\u00e9ration Am Kalavi, le Premier ministre isra\u00e9lien avait pour la premi\u00e8re fois clairement appel\u00e9 au changement de r\u00e9gime \u00e0 T\u00e9h\u00e9ran<\/a>. Malgr\u00e9 son succ\u00e8s tactique et la cr\u00e9ation d\u2019un pr\u00e9c\u00e9dent avec l\u2019op\u00e9ration am\u00e9ricaine \u00ab Midnight Hammer \u00bb \u2014 qui montre qu\u2019Isra\u00ebl est d\u00e9sormais capable de pousser les \u00c9tats-Unis \u00e0 agir \u00e0 sa demande \u2014 il n\u2019est pas encore parvenu \u00e0 cette \u00e9tape ultime.<\/p>\n\n\n\n

Avec la chute de l\u2019ayatollah, toutes les menaces directes d\u2019Isra\u00ebl seraient \u00e9limin\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n

Au-del\u00e0 des fantasmes : de la Pax Israeliana<\/em> au Bellum \u00c6ternum <\/em><\/h2>\n\n\n\n

Pourtant, une Pax Israeliana<\/em> \u2014 pour reprendre l\u2019expression du politologue libanais, diplomate et ministre Ghassan Salam\u00e9 <\/span>1<\/sup><\/a><\/span><\/span> \u2014 dans laquelle Isra\u00ebl stabiliserait la r\u00e9gion selon sa volont\u00e9 et l\u2019expression de sa puissance, para\u00eet de plus en plus lointaine.<\/p>\n\n\n\n

Certes, Tel Aviv est aujourd\u2019hui l\u2019h\u00e9g\u00e9mon r\u00e9gional incontest\u00e9 \u2014 sauf peut-\u00eatre en Syrie, o\u00f9 la Turquie continue de faire contrepoids. L\u2019Arabie saoudite et l\u2019\u00c9gypte, jadis poids lourds r\u00e9gionaux, ne p\u00e8sent plus grand-chose, paralys\u00e9s par la crainte de la puissance militaire isra\u00e9lienne et l\u2019impr\u00e9visibilit\u00e9 de Donald Trump.<\/p>\n\n\n\n

Mais malgr\u00e9 cette domination, nous sommes tr\u00e8s loin d\u2019un climat propice au r\u00e8glement des conflits. <\/p>\n\n\n\n

Le spectre qui se dessine est plut\u00f4t celui d\u2019un bellum aeternum<\/em> \u2014 une guerre sans fin.<\/p>\n\n\n\n

La menace de la r\u00e9occupation totale de Gaza et les actions tr\u00e8s violentes de colons d\u2019extr\u00eame droite en Cisjordanie marquent une ligne claire : dans son imm\u00e9diat voisinage, le gouvernement isra\u00e9lien cherche \u00e0 s\u2019\u00e9tendre<\/a>.<\/p>\n\n\n\n

La Syrie, que le gouvernement Netanyahou voudrait \u2014 comme autrefois le pouvoir colonial fran\u00e7ais \u2014 diviser en mini-\u00c9tats autonomes selon des lignes ethniques et confessionnelles, illustre cette vision. <\/p>\n\n\n\n

Le cas druze, o\u00f9 Isra\u00ebl se pose en protecteur de la minorit\u00e9 avec une pr\u00e9sence militaire au Golan, un territoire d\u00e9j\u00e0 en partie occup\u00e9 par Isra\u00ebl, en est un autre exemple.<\/p>\n\n\n\n

Un effondrement du r\u00e9gime iranien pourrait lib\u00e9rer des forces centrifuges dangereuses. On oublie trop souvent que seuls 60 % de la population iranienne sont d\u2019origine perse. Les minorit\u00e9s kurde, baloutche, arabe et az\u00e9rie y sont nombreuses. Certaines, notamment les groupes kurdes et baloutches, sont d\u00e9j\u00e0 en conflit ouvert avec T\u00e9h\u00e9ran.<\/p>\n\n\n\n

\u00c0 cela s\u2019ajoute le danger d\u2019un soul\u00e8vement interne violemment r\u00e9prim\u00e9 par les Gardiens de la r\u00e9volution, qui pourrait pr\u00e9cipiter le pays dans le chaos. Les ultraconservateurs au pouvoir pourraient alors chercher \u00e0 d\u00e9stabiliser l\u2019Irak \u2014 o\u00f9 ils disposent encore de puissantes milices loyales \u2014 et n\u2019auraient aucun int\u00e9r\u00eat \u00e0 voir \u00e9merger une Syrie stable. <\/p>\n\n\n\n

Ils pourraient ainsi activement soutenir les adversaires du gouvernement fragile d\u2019Ahmed Al-Charaa, qui peine d\u00e9j\u00e0 \u00e0 contr\u00f4ler le pays et sa mosa\u00efque ethnique et religieuse.<\/p>\n\n\n\n

Car les tensions restent vives : l\u2019EI a commis en juin son premier attentat majeur dans une \u00e9glise de Damas, causant la mort de 22 personnes. D\u2019autres menaces persistent, provenant par exemple de fractions radicalis\u00e9es de la minorit\u00e9 chiite ou des Fulul<\/em> \u2014 soutiens de l\u2019ancien r\u00e9gime.<\/p>\n\n\n\n

Une nouvelle descente dans le chaos syrien aurait des cons\u00e9quences dramatiques pour toute la r\u00e9gion \u2014 en particulier pour le Liban voisin, dont la stabilit\u00e9 reste extr\u00eamement pr\u00e9caire.<\/p>\n\n\n\n

Mais les \u00c9tats fragiles ne sont pas les seuls menac\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n

Une fermeture du d\u00e9troit d\u2019Ormuz \u2014 d\u00e9j\u00e0 brandie comme menace par le Parlement iranien \u2014 pourrait mettre en grande difficult\u00e9 un g\u00e9ant relativement discret : les \u00c9mirats arabes unis. Malgr\u00e9 ses vastes r\u00e9serves financi\u00e8res, un conflit prolong\u00e9 entravant l\u2019exportation de p\u00e9trole et de gaz pourrait de fait exercer une pression consid\u00e9rable sur Abou Dabi, dans un contexte de croissance d\u00e9mographique rapide. Qui pourrait continuer d\u2019investir aux \u00c9mirats si la guerre s\u2019installe \u00e0 ses portes ?<\/p>\n\n\n\n

Les Accords d\u2019Abraham, un temps c\u00e9l\u00e9br\u00e9s comme un tournant diplomatique, apparaissent aujourd\u2019hui comme un reliquat d\u2019une \u00e9poque r\u00e9volue. <\/p>\n\n\n\n

En particulier apr\u00e8s l\u2019attaque isra\u00e9lienne contre la d\u00e9l\u00e9gation de n\u00e9gociations du Hamas au Qatar. Tr\u00e8s longtemps pouss\u00e9 par Isra\u00ebl \u00e0 jouer le r\u00f4le d\u2019interm\u00e9diaire, ce pays abrite la plus grande base militaire am\u00e9ricaine au Moyen-Orient et le US Central Command pour la r\u00e9gion. <\/p>\n\n\n\n

Cette attaque a envoy\u00e9 une onde de choc dans les autres pays du Golfe \u2014 y compris ceux qui ont sign\u00e9 les Accords d\u2019Abraham et qui craignent maintenant pour leur stabilit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n

Pourtant, ces blocages ne sont donc pas de nature \u00e0 arr\u00eater Netanyahou \u2014 ni aux fronti\u00e8res d\u2019Isra\u00ebl, ni au-del\u00e0.<\/p>\n\n\n\n

Et c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment l\u00e0 que se situe le principal risque.<\/p>\n\n\n\n

De Napol\u00e9on \u00e0 Netanyahou : le paradigme de la \u00ab guerre de trop \u00bb<\/h2>\n\n\n\n

Sous couvert d\u2019anonymat, un haut diplomate europ\u00e9en sp\u00e9cialiste du Moyen-Orient pointe les \u00e9cueils de cette paix par les armes  : \u00ab Netanyahou est un excellent tacticien, mais pas un strat\u00e8ge capable de penser \u00e0 long terme au-del\u00e0 de sa propre survie politique \u00bb. <\/p>\n\n\n\n

Que se passe-t-il apr\u00e8s les victoires tactiques ?<\/p>\n\n\n\n

Comme Napol\u00e9on, Netanyahou s\u2019appuie sur la ressource politique ultime de tout dirigeant fragilis\u00e9 en interne mais qui encha\u00eene les succ\u00e8s \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur : le charisme militaire.<\/p>\n\n\n\n

Dans la d\u00e9mocratie isra\u00e9lienne, chaque nouvelle s\u00e9quence de la s\u00e9rie de victoires qui a culmin\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 l\u2019op\u00e9ration Am Kalavi a ainsi permis de repousser sine die<\/em> la question du co\u00fbt r\u00e9el de la guerre.<\/p>\n\n\n\n

Comme Napol\u00e9on, Netanyahou a pu instrumentaliser la menace ext\u00e9rieure pour consolider son autorit\u00e9 interne. Dans les deux cas, la force charismatique repose sur la conviction que le chef militaire incarne la survie m\u00eame de la Nation.<\/p>\n\n\n\n

Mais cette strat\u00e9gie a un prix et cr\u00e9e une d\u00e9pendance : s\u2019appuyer sur le prestige militaire impose de devoir en faire constamment la d\u00e9monstration.<\/p>\n\n\n\n

Il existe un paradoxe napol\u00e9onien que pourrait \u00eatre en train de reproduire Netanyahou : pour rester cr\u00e9dible, il faut s\u2019enfermer dans une spirale.<\/p>\n\n\n\n

Dans La R\u00e9volution<\/em>, Fran\u00e7ois Furet d\u00e9crivait l\u2019Empire de Napol\u00e9on comme un r\u00e9gime qui ne pouvait pas s\u2019arr\u00eater pour survivre.<\/p>\n\n\n\n

La guerre de trop de Napol\u00e9on fut peut-\u00eatre celle d\u2019Espagne lanc\u00e9e en 1808. La campagne de Russie de 1812, \u00e9puisant ses ressources, viendrait amorcer un d\u00e9clin dont la d\u00e9faite de Leipzig en 1813 fut le sympt\u00f4me et Waterloo l\u2019aboutissement.<\/p>\n\n\n\n

Au-del\u00e0 des aspects militaires et logistiques, la logique de la conqu\u00eate condamnait Napol\u00e9on \u00e0 toujours plus de victoires militaires, sans capacit\u00e9 \u00e0 stabiliser un \u00e9quilibre \u2014 la chute serait arriv\u00e9e t\u00f4t ou tard.<\/p>\n\n\n\n

Netanyahou est confront\u00e9 \u00e0 ce dilemme : m\u00eame s\u2019il accumule les succ\u00e8s militaires, la disproportion entre d\u2019une part l\u2019entretien de la puissance charismatique et de l\u2019autre le co\u00fbt politique \u00e0 refuser toute diplomatie pourrait cr\u00e9er un d\u00e9s\u00e9quilibre et faire craquer son positionnement \u2014 jusqu\u2019\u00e0 un point de rupture.<\/p>\n\n\n\n\n\n

\n \n \r\n \r\n \r\n \r\n \r\n \r\n \r\n <\/picture>\r\n \n
Benjamin Netanyahou avec sa femme Sara et son fils Yair, sur la plage de C\u00e9sar\u00e9e en Isra\u00ebl \u2014 entour\u00e9s de gardes du corps.<\/figcaption>\n <\/a>\n<\/figure>\n\n\n

La Palestine et le probl\u00e8me de Clausewitz<\/h2>\n\n\n\n

Dans ce contexte, la reconnaissance par le Royaume-Uni de l\u2019\u00c9tat de Palestine le 21 septembre, suivie le m\u00eame jour par le Canada, l\u2019Australie et le Portugal, ainsi que par la France, la Belgique, le Luxembourg, Malte, Saint-Marin et l\u2019Andorre hier, introduit un \u00e9l\u00e9ment perturbateur. <\/p>\n\n\n\n

Dans la spirale de victoires vient se loger une tension entre interventionnisme arm\u00e9 et diplomatie.<\/p>\n\n\n\n

Car m\u00eame si certains \u00c9tats continueront de se ranger derri\u00e8re Netanyahou, dont les attaques contre ses alli\u00e9s occidentaux se font de plus en plus virulentes, la possibilit\u00e9 d\u2019une position europ\u00e9enne plus unifi\u00e9e est d\u00e9sormais bien r\u00e9elle.<\/p>\n\n\n\n

Malgr\u00e9 ses victoires militaires au Proche-Orient, cette dynamique pourrait contraindre Netanyahou \u00e0 renouer avec la diplomatie \u2014 mais au risque de perdre le cr\u00e9dit militaire.<\/p>\n\n\n\n

Le pi\u00e8ge dans lequel pourrait \u00eatre tomb\u00e9 Netanyahou est celui de voir la c\u00e9l\u00e8bre maxime de Clausewitz \u2014 \u00ab la guerre n\u2019est rien d\u2019autre que la continuation de la politique par d\u2019autres moyens \u00bb \u2014 r\u00e9troagir brutalement et \u00e0 front renvers\u00e9.<\/p>\n\n\n\n

Apr\u00e8s plusieurs mois de victoires, Benjamin Netanyahou pourrait \u00eatre confront\u00e9 \u00e0 une nouvelle r\u00e9alit\u00e9 : la politique et la diplomatie deviendraient pour lui la continuation de la guerre par d\u2019autres moyens.<\/p>\n\n\n\n

On peut lire comme un \u00e9cho \u00e0 cette matrice strat\u00e9gique le discours prononc\u00e9 \u00e0 la tribune de l\u2019Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale des Nations unies par Emmanuel Macron le 22 septembre : \u00ab la paix est beaucoup plus exigeante, beaucoup plus difficile que toutes les guerres. \u00bb<\/p>\n\n\n\n

Les succ\u00e8s militaires sur le terrain ne suffisent pas \u00e0 garantir la s\u00e9curit\u00e9 ou la l\u00e9gitimit\u00e9 internationale d\u2019Isra\u00ebl.<\/p>\n\n\n\n

\u00c0 mesure que s\u2019accumulent la pression diplomatique, les reconnaissances de l\u2019\u00c9tat palestinien par des alli\u00e9s clefs de l\u2019Occident, et l\u2019isolement croissant d\u2019Isra\u00ebl sur la sc\u00e8ne mondiale, la bataille se d\u00e9place. <\/p>\n\n\n\n

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