{"id":29435,"date":"2019-04-07T13:58:59","date_gmt":"2019-04-07T11:58:59","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=29435"},"modified":"2020-07-23T16:23:41","modified_gmt":"2020-07-23T14:23:41","slug":"elections-locales-2019-en-turquie-premier-coup-de-semonce","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2019\/04\/07\/elections-locales-2019-en-turquie-premier-coup-de-semonce\/","title":{"rendered":"Elections locales 2019 en Turquie : premier coup de semonce ?"},"content":{"rendered":"\n
Istanbul<\/em>. Dimanche 31 mars, l\u2019AKP, le parti au pouvoir, qui s\u2019\u00e9tait alli\u00e9 pour la circonstance avec les ultras nationalistes du MHP, a remport\u00e9s les \u00e9lections locales turques par 51,64 % des voix. En face, l\u2019\u00ab alliance de la nation \u00bb (CHP et \u0130yi Parti) collecte 37.57 % des suffrages <\/span>1<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Si le taux de participation est en baisse par rapport aux derni\u00e8res \u00e9lections de 2014, il reste tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9 : 84,67 % pour 89,19 % en 2014. Quels enseignements peut-on tirer des r\u00e9sultats de ces \u00e9lections locale, les premi\u00e8res sous le nouveau syst\u00e8me pr\u00e9sidentialiste ? La premi\u00e8re remarque que l\u2019on puisse faire est que l\u2019AKP a gagn\u00e9.<\/strong> Pour la 10e<\/sup> \u00e9lection d\u2019affil\u00e9e <\/span>2<\/sup><\/a><\/span><\/span>, le parti de la justice et du d\u00e9veloppement s\u2019est arrog\u00e9 la victoire avec plus de 44 % des voix, d\u00e9passant la majorit\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 son alli\u00e9 du MHP (7,31 %). Derri\u00e8re, le CHP de centre-gauche gagne pr\u00e8s de trois points par rapport \u00e0 2014, le \u0130yi Parti arrivant au niveau des 7 % du MHP. Pourtant, ce CHP semble sortir de sa torpeur. Moribond depuis des ann\u00e9es sous la pr\u00e9sidence d\u2019un Kemal Kili\u00e7daro\u011flu peu charismatique et incapable de rassembler, il s\u2019est adjug\u00e9 des victoires de prestiges \u00e0 Antalya, Adana, Ankara et Istanbul, villes sous contr\u00f4le de l\u2019AKP depuis les ann\u00e9es 1990. En tout, l\u2019AKP vient de perdre neuf villes.<\/p>\n\n\n\n La prise d\u2019Istanbul est cependant un coup de semonce pour le pr\u00e9sident Erdo\u011fan.<\/strong> D’autant plus qu’elle s’est d\u00e9roul\u00e9e dans des conditions rocambolesques : 21 000 voix d\u2019avance sur huit millions, des revendications de victoires de part et d\u2019autre, l\u2019Agence Anadolu publiant des r\u00e9sultats erron\u00e9s, un r\u00e9sultat d\u00e9finitif annonc\u00e9 le lendemain, etc… R.T. Erdo\u011fan y est n\u00e9, y a fait ses armes politiques, y a \u00e9t\u00e9 maire et a model\u00e9 la ville \u00e0 l\u2019image de la Turquie moderne qu\u2019il voulait voir na\u00eetre. Qui plus est, c\u2019est un petit \u00ab maire d\u2019arrondissement inconnu \u00bb <\/span>3<\/sup><\/a><\/span><\/span> jusqu\u2019alors qui vole le pion \u00e0 l\u2019un des hommes forts de l\u2019AKP, l\u2019ancien Premier ministre Binali Y\u0131ld\u0131r\u0131m. Avec ces victoires, le CHP l\u2019emporte sur un plan symbolique. Il contr\u00f4le deux fois plus de villes qu\u2019en 2014, des villes qui concentrent 70 % du PNB de la Turquie <\/span>4<\/sup><\/a><\/span><\/span>, des r\u00e9seaux qui ont largement contribu\u00e9 \u00e0 fa\u00e7onner le syst\u00e8me AKP et la capitale administrative du controvers\u00e9 Melih G\u00f6k\u00e7ek.<\/p>\n\n\n\n Alors oui, \u00ab le pouvoir [est] \u00e9branl\u00e9 \u00bb, comme le titrait Cumhurriyet<\/em> le 1er<\/sup> avril, mais l\u2019AKP est loin d\u2019avoir subi la \u00ab cinglante d\u00e9faite \u00bb mise en avant par France Culture<\/em><\/strong> <\/em> <\/span>5<\/sup><\/a><\/span><\/span>. La base de l\u2019AKP est toujours solide, surtout dans ses fiefs \u00ab ruraux \u00bb d\u2019Anatolie centrale et de la mer Noire (malgr\u00e9 un avertissement \u00e0 Giresun). Il poss\u00e8de encore plus de districts que n\u2019importe quel parti (535 sur 960, l\u00e0 o\u00f9 le CHP n\u2019en a gagn\u00e9 que 191), y compris \u00e0 Istanbul, o\u00f9 il est majoritaire. C\u2019est une centaine de plus qu\u2019en 2009. Il est normal qu\u2019apr\u00e8s 17 ans de pouvoir, une \u00e9rosion naturelle voie le jour, mais l\u2019AKP est encore bien loin devant ses opposants.
<\/p>\n\n\n\nL\u2019AKP vainqueur mais \u00ab \u00e9branl\u00e9 \u00bb.<\/h4>\n\n\n\n
<\/p>\n\n\n\nDes enseignements mineurs sans grandes \u00e9volutions politiques.<\/h4>\n\n\n\n