{"id":285987,"date":"2025-06-29T18:00:00","date_gmt":"2025-06-29T16:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=285987"},"modified":"2025-06-30T10:03:27","modified_gmt":"2025-06-30T08:03:27","slug":"la-fin-du-monde-nest-pas-si-symbolique-que-cela-une-conversation-avec-mathias-enard","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2025\/06\/29\/la-fin-du-monde-nest-pas-si-symbolique-que-cela-une-conversation-avec-mathias-enard\/","title":{"rendered":"\u00ab La fin du monde n’est pas si symbolique que cela \u00bb, une conversation avec Mathias \u00c9nard"},"content":{"rendered":"\n
Mathias Enard est le romancier des limites, des \u00ab fronti\u00e8res enfouies \u00bb \u2014 spatiales mais aussi temporelles. <\/em><\/p>\n\n\n\n Il nous parle de son dernier roman, <\/em>M\u00e9lancolie des confins, dont \u00ab Nord \u00bb est le premier volume d\u2019une s\u00e9rie en quatre saisons. Nous suivons les r\u00eaveries d\u2019un promeneur solitaire qui d\u00e9ambule dans l\u2019automne berlinois apr\u00e8s avoir rendu visite \u00e0 une amie victime d\u2019un AVC. Les rues, b\u00e2timents ou autres tr\u00e9buchements urbains sont autant de confins rencontr\u00e9s, la fin de quelque chose \u2014 mais aussi et surtout un point de d\u00e9part. <\/em><\/p>\n\n\n\n Enard nous emm\u00e8ne \u00e9galement dans ses \u00ab lieux d’expression de la litt\u00e9rature \u00bb, \u00e0 Beyrouth, au Caire, \u00e0 T\u00e9h\u00e9ran, guid\u00e9 par <\/em>Boussole, prix Goncourt 2015, et son monologue du musicologue Franz Ritter qui se souvient de l\u2019Orient, de ses voyages, de ses personnalit\u00e9s. <\/em><\/p>\n\n\n\n Dans cette promenade \u00e0 rebours, nous parlons de <\/em>Zone, publi\u00e9 en 2008, cette grande \u00e9pop\u00e9e qui prend la forme d\u2019une seule et unique phrase qui se d\u00e9ploie sur 500 pages avant de trouver inexorablement son point final dans \u00ab la fin du monde. \u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n Entretien. <\/em><\/p>\n\n\n\n Je pense qu’il y a deux aspects. D’abord, la multiplicit\u00e9 de ces espaces, c’est-\u00e0-dire les diff\u00e9rents endroits g\u00e9ographiques qui sont rarement les m\u00eames. J’avance \u00e9galement dans l’exploration de ces questions, tentant d’esquisser non pas des d\u00e9finitions, mais peut-\u00eatre des anti-d\u00e9finitions de ce que sont ces limites, ce qu’elles apportent. <\/p>\n\n\n\n Disons qu’elles ont des aspects extr\u00eamement divers qui permettent justement des approches par la litt\u00e9rature tr\u00e8s diff\u00e9rentes, comme dans le cas du roman ou d’une esp\u00e8ce de r\u00e9cit sans fiction, de r\u00e9cit de voyage \u2014 comme l\u2019est peut-\u00eatre M\u00e9lancolie des confins<\/em>.<\/p>\n\n\n\n Justement, plut\u00f4t que la fronti\u00e8re, qui est facilement franchie \u2014 puisque c’est le principe m\u00eame de la fronti\u00e8re, les confins s’y opposent parce qu’on a l’impression qu’on peut y parvenir. C’est une limite qui est peut-\u00eatre beaucoup moins d\u00e9finie, qui n’est pas n\u00e9cessairement une ligne tr\u00e8s claire \u00e0 un moment donn\u00e9. C’est pour cette raison que j’appr\u00e9cie ce mot, justement parce qu’il est peut-\u00eatre moins pr\u00e9cis que celui de \u00ab fronti\u00e8re \u00bb. <\/p>\n\n\n\n Il est d\u2019ailleurs int\u00e9ressant de remarquer qu’en fran\u00e7ais on l’emploie au pluriel \u2014 m\u00eame si l’usage latin et italien actuel permet tout \u00e0 fait le singulier. En fran\u00e7ais, les confins sont pluriels, deviennent multiples, beaucoup plus divers et moins g\u00e9ographiques que la fronti\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n Oui, c’est un peu la derni\u00e8re limite. C’est vrai que cette fronti\u00e8re infranchissable entre la vie et la mort est \u00e9galement pr\u00e9sente dans cet ensemble \u00e0 travers l’id\u00e9e de la m\u00e9lancolie. <\/p>\n\n\n\n La m\u00e9lancolie a un rapport tr\u00e8s clair avec le deuil \u2014 et donc avec la mort. C\u2019est peut-\u00eatre une fa\u00e7on de fr\u00f4ler ces confins, en tout cas de les envisager. Cette id\u00e9e tr\u00e8s m\u00e9lancolique du deuil, d’un deuil impossible parce qu’on ne sait pas exactement ce dont il est question, me semble tr\u00e8s vraie quand on s’approche de ces confins entre la vie et la mort. <\/p>\n\n\n\n Mais vous l’avez bien dit, il y a aussi une question de limites, de fronti\u00e8res entre soi et l’autre, entre le souvenir et l’oubli. Avec la question de la m\u00e9moire, qu’est-ce qui fait en nous que nous nous souvenons, que nous oublions, que nous rappelons \u00e0 travers cet exemple assez fascinant de Gerlach et de son r\u00e9cit sur la bataille de Stalingrad ? Mais aussi \u00e0 travers l’accident c\u00e9r\u00e9bral de E., cette amie qui se trouve \u00e0 ce moment-l\u00e0 dans cette clinique \u00e0 Beelitz, qui m’am\u00e8ne \u00e0 me poser cette question : jusqu’o\u00f9 suis-je exactement quand je n’existe plus, o\u00f9 se trouve la fronti\u00e8re de mon identit\u00e9 avec celle de quelqu’un d’autre qui devient tout \u00e0 coup diff\u00e9rent ? <\/p>\n\n\n\n Ce sont des fronti\u00e8res que j’explore les unes apr\u00e8s les autres dans ce cycle.<\/p>\n\n\n\n Bien s\u00fbr, la litt\u00e9rature na\u00eet l\u00e0 o\u00f9 tout s’ach\u00e8ve. <\/p>\n\n\n\n La litt\u00e9rature a ce pouvoir. Le roman et la po\u00e9sie sont en quelque sorte le seul moyen qu’on ait, avec peut-\u00eatre l’art en g\u00e9n\u00e9ral, de p\u00e9n\u00e9trer et d\u2019explorer ces confins. C’est vraiment le lieu de la litt\u00e9rature, de l’entre-deux. <\/p>\n\n\n\n Tous les grands romans essayent justement de franchir des limites et s’int\u00e9ressent aux confins, pour aller jusqu’au bout de quelque chose \u2014 m\u00eame s’il faut pour cela traverser d’\u00e9normes obstacles. <\/p>\n\n\n\n Absolument, dans ce cas c’est assez ironique. Ce complexe dont il est question a \u00e9t\u00e9 transform\u00e9 en grande partie en des demeures tr\u00e8s bobos, extr\u00eamement ch\u00e8res ; j’imagine, amus\u00e9, que tout d’un coup, on doit forc\u00e9ment r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 l’endroit o\u00f9 on se trouve quand on \u00e9crit. Cet endroit est quand m\u00eame un ancien sanatorium et h\u00f4pital militaire sovi\u00e9tique. <\/p>\n\n\n\n Si l’on croit en l’esprit du lieu, on ne doit pas faire n’importe quoi\u2026 J’imagine que cela doit induire des cr\u00e9ations assez sp\u00e9ciales.<\/p>\n\n\n\n La litt\u00e9rature na\u00eet l\u00e0 o\u00f9 tout s’ach\u00e8ve.<\/p>Mathias \u00c9nard<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n Cela est particuli\u00e8rement vrai dans cet ensemble de quatre livres dont M\u00e9lancolie des confins<\/em> est le premier volume. <\/p>\n\n\n\n Mais c’est aussi quelque chose qui habite tous mes textes. Il s’agit d’un rapport situ\u00e9 \u00e0 un lieu, un croisement entre un r\u00e9cit, une histoire et une g\u00e9ographie \u2014 et ce d\u00e8s mes d\u00e9buts, avec la ville de Beyrouth. Il y a des endroits qui, pour moi, sont le lieu d’expression de la litt\u00e9rature. <\/p>\n\n\n\n Je me rends compte que c’est peut-\u00eatre parce que j’y ai v\u00e9cu et que j’aime \u00e9crire sur les endroits que je connais. Scorsese disait toujours \u00ab filme ce que tu connais \u00bb. Peut-\u00eatre faut-il aussi \u00e9crire ce que l’on conna\u00eet. <\/p>\n\n\n\n Je ne suis d’ailleurs pas \u00e0 l’aise quand je parle d’un endroit que je ne connais pas, o\u00f9 je ne suis jamais all\u00e9. Je n’aime pas \u00e9crire sur des endroits auxquels je n’ai pas de rapport physique. Ou alors, je suis oblig\u00e9 de les d\u00e9crire de mani\u00e8re totalement imaginaire \u2014 et on perd un peu cette relation \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9. Pour moi, le roman, en tout cas ma litt\u00e9rature telle que je la pratique, est tr\u00e8s li\u00e9 \u00e0 des endroits pr\u00e9cis.<\/p>\n\n\n\n Je suis moi-m\u00eame un passionn\u00e9 de Sebald.<\/p>\n\n\n\n Je n’y pense pas quand je me mets \u00e0 \u00e9crire, bien s\u00fbr, mais je l\u2019ai beaucoup lu, il fait un peu partie de moi. Il est donc possible que ce soit l\u00e0, sans m\u00eame que je m’en rende compte.<\/p>\n\n\n\n Je ne pense pas qu’il s’agisse de lieux diff\u00e9rents. Ce qui est en jeu, c\u2019est mon int\u00e9r\u00eat personnel. Certains auteurs ont des mondes tr\u00e8s diff\u00e9rents. En ce qui me concerne, le Moyen-Orient et les Balkans sont mon univers. Peut-\u00eatre parce que c’est l\u00e0-bas qu’il y a le plus de croisements, de confins, de fronti\u00e8res enfouies.<\/p>\n\n\n\n Lorsqu’on a une conversation \u00e0 b\u00e2tons rompus, on se rend compte de tout ce qui nous s\u00e9pare et de tout ce qui nous rapproche \u2014 que ce soit en termes de langue, de religion ou d’habitudes culturelles. Ces terres ont encore aujourd’hui une grande diversit\u00e9, m\u00eame si celle-ci est malheureusement en danger pour toutes les raisons qu’on sait. <\/p>\n\n\n\n Mais oui, je pense que c’est pour ces raisons que ce sont mes territoires. Ils sont fragment\u00e9s et marqu\u00e9s par la violence de la guerre ; cette diversit\u00e9 a malheureusement aussi de tristes cons\u00e9quences. <\/p>\n\n\n\n C’est un peu le d\u00e9fi : s’int\u00e9resser \u00e0 cette multiplicit\u00e9, c’est-\u00e0-dire passer d’un sujet \u00e0 l’autre, essayer d’\u00eatre attentif \u00e0 ces diff\u00e9rences, \u00e0 ce qui nous \u00e9loigne, s’int\u00e9resser aux langues, \u00e0 la fa\u00e7on par laquelle on communique, aux traces du pass\u00e9, \u00e0 la vie d’aujourd’hui \u2014 dans sa diversit\u00e9 et sa profondeur historique. <\/p>\n\n\n\n On vient ainsi \u00e0 la question : comment en est-on arriv\u00e9 l\u00e0 ? <\/p>\n\n\n\n Finalement, parler de Beyrouth telle qu’on la conna\u00eet \u00e0 l’int\u00e9rieur de l’\u00c9tat libanais, c’est quelque chose de relativement r\u00e9cent, qui n’a m\u00eame pas un si\u00e8cle. Et c\u2019est une histoire qui est travers\u00e9e par d’autres r\u00e9cits, \u00e9videmment ottomans, mais aussi tr\u00e8s li\u00e9s \u00e0 l’interventionnisme du Vatican et des catholiques \u00e0 partir du XVIe si\u00e8cle dans ces r\u00e9gions. <\/p>\n\n\n\n \u00c9norm\u00e9ment de r\u00e9cits s’imbriquent les uns aux autres et fabriquent toute une couche de populations diff\u00e9rentes, de fa\u00e7ons de parler diff\u00e9rentes \u2014 le tout dans un espace extr\u00eamement restreint. Il y a encore aujourd’hui, par exemple, des accents, des dialectes dans l’arabe libanais qui ne sont pas les m\u00eames selon qu’on soit un druze ou un maronite de la montagne, ou un sunnite de la c\u00f4te : on ne parle pas du tout de la m\u00eame fa\u00e7on. <\/p>\n\n\n\n Tout cela constitue des traces passionnantes pour l’\u00e9crivain ou le romancier, car elles sont autant de morceaux du quotidien du pass\u00e9 qu’il est possible de d\u00e9crire, r\u00e9\u00e9crire et s’approprier. J\u2019adore ces endroits pour leur immense richesse et diversit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n On retrouve, en effet, cette richesse \u00e0 Berlin aussi. <\/p>\n\n\n\n Je pense que c’est vraiment une question de go\u00fbt personnel. J\u2019ai pass\u00e9 du temps \u00e0 \u00e9tudier l’histoire, je connais la langue. Si j’avais appris plut\u00f4t le chinois \u2014 ce qui me fascinerait \u2014 je me pencherais plut\u00f4t sur la diff\u00e9rence entre les provinces de la Chine. <\/p>\n\n\n\n Mais on ne peut pas nier qu\u2019il y ait une part de hasard l\u00e0-dedans.<\/p>\n\n\n\n Oui, je pense qu’il y a une sorte de hasard. N\u00e9anmoins, on peut retrouver certaines causes \u00e0 ce hasard. \u00c9videmment, a posteriori<\/em>, il est assez simple de retracer des \u00e9l\u00e9ments qui peuvent expliquer certaines d\u00e9cisions. <\/p>\n\n\n\n J’avais envie de voyager, j’avais envie de partir. J’avais envie de quitter Niort et les Deux-S\u00e8vres. <\/p>\n\n\n\n \u00c0 l’\u00e9poque, il y avait une carte universitaire qui disait que si j’\u00e9tudiais les math\u00e9matiques, le fran\u00e7ais ou la philosophie, j’allais \u00e0 l’universit\u00e9 de Poitiers. Ce n’\u00e9tait pas vraiment un grand voyage, il n’y avait que 50 km depuis chez moi\u2026 <\/p>\n\n\n\n En revanche, il y avait une universit\u00e9 qui me fascinait absolument : l’Inalco. Rien que sa brochure \u00e9tait un voyage incroyable avec des destinations aussi diverses que les langues de Yougoslavie, de l’Australie, du Pacifique ou encore les langues d’Am\u00e9rique du Sud comme le quechua. J\u2019ai tout de suite su que c\u2019\u00e9tait pour moi. Et c’\u00e9tait accessible : il \u00e9tait possible de s’inscrire tr\u00e8s facilement. Il suffisait d’y aller, de pr\u00e9senter son bac et une pi\u00e8ce d’identit\u00e9 pour \u00eatre imm\u00e9diatement inscrit. C’\u00e9tait assez g\u00e9nial. Voil\u00e0 comment j’ai commenc\u00e9. <\/p>\n\n\n\nOn conna\u00eet l\u2019importance de l\u2019espace, du rapport \u00e0 l\u2019espace qui est pr\u00e9sent dans toute votre \u0153uvre, notamment le rapport aux limites, aux fronti\u00e8res, aux confins. Votre dernier roman M\u00e9lancolie des confins<\/em> n\u2019y \u00e9chappe donc pas. Sentez-vous que ces questionnements se r\u00e9solvent ou au contraire, s’affinent, s\u2019accentuent et se d\u00e9multiplient au fur et \u00e0 mesure de vos romans ?<\/h3>\n\n\n\n
Dans les premi\u00e8res pages de M\u00e9lancolie des confins<\/em> on peut lire : \u00ab toute la science m\u00e9dicale et architecturale allemande du d\u00e9but du XXe si\u00e8cle nous y apparaissait comme dans un tableau de Schinkel, un paysage imaginaire tristement r\u00e9el, d’une beaut\u00e9 romantique qui, \u00e9tant donn\u00e9 la fonction originelle du complexe, accueillir les tubards, avait doublement l’aspect de la Mort. \u00bb Diriez-vous que le rapport aux limites, aux confins dans votre \u0153uvre n\u2019est pas que spatial, mais est aussi temporel avec la mort comme fil conducteur pour ainsi dire, dans une dimension eschatologique \u2014 cela peut \u00eatre par la guerre, mais aussi la maladie ou l\u2019accident ?<\/h3>\n\n\n\n
La litt\u00e9rature s’inscrit-elle dans cet espace, dans une sorte de no man\u2019s land<\/em> ou d\u2019orni\u00e8re entre la vie et la mort ? Toujours dans M\u00e9lancolie des confins<\/em>, le narrateur dit pr\u00e9cis\u00e9ment : \u00ab La mort est une semeuse, plus qu\u2019une faucheuse. La fronti\u00e8re est f\u00e9conde en disparitions ; fertile en violences ; la litt\u00e9rature pousse dans l\u2019orni\u00e8re mortelle, sort du charnier tel un coquelicot, un pavot du pauvre qui donnerait cette forme magnifique d\u2019oubli, cette forme sublime d\u2019oubli qu\u2019est la m\u00e9moire, qu\u2019est un livre. \u00bb (p. 34)<\/h3>\n\n\n\n
Il est question dans ces pages du rapport un peu particulier qui s\u2019installe entre des artistes et les lieux dans lesquels ils travaillent. Dans un passage assez dr\u00f4le, il est dit : \u00ab L\u2019art des confins, des limites. Ils [les artistes en question] ne pouvaient, dans un tel endroit, que s\u2019interroger sur leur propre effacement. Ou le contempler, s\u2019y enfouir pour mieux le d\u00e9crire \u00bb. <\/h3>\n\n\n\n
Dans votre cas, quel rapport entretenez-vous avec les lieux ? Dans vos textes, g\u00e9n\u00e9ralement une harmonie se cr\u00e9e entre les narrateurs et leur environnement, par des descriptions pr\u00e9cises notamment. <\/h3>\n\n\n\n
Certaines descriptions notamment dans le premier chapitre de M\u00e9lancolie des confins<\/em> m\u2019ont fait penser au magnifique Austerlitz<\/em> de Sebald dans les descriptions architecturales tr\u00e8s minutieuses, tr\u00e8s pr\u00e9cises au niveau des structures\u2026 <\/h3>\n\n\n\n
Vous avez parl\u00e9 il y a un instant de Beyrouth et des \u00ab lieux d’expression de la litt\u00e9rature \u00bb. Vous connaissez tr\u00e8s bien l’Asie interm\u00e9diaire qui est au c\u0153ur de l’actualit\u00e9 ces derniers jours. Certains endroits sont-ils plus des lieux d’expression de la litt\u00e9rature que d’autres ? Le rapport aux lieux est-il diff\u00e9rent selon la r\u00e9gion dans votre rapport \u00e0 l’\u00e9criture ?<\/h3>\n\n\n\n
Comment parvenir \u00e0 rendre dans la litt\u00e9rature cette diversit\u00e9, souvent synonyme de richesse mais aussi de complexit\u00e9 ?<\/h3>\n\n\n\n
Ce qui est int\u00e9ressant c\u2019est que vous ne limitez pas, cependant, \u00e0 ces endroits. Votre dernier roman se d\u00e9roule en Allemagne. <\/h3>\n\n\n\n
Est-ce vraiment le fruit du hasard ? <\/h3>\n\n\n\n
Qu’est-ce qui vous attire au d\u00e9part au Moyen-Orient ?<\/h3>\n\n\n\n
Des lectures avaient-elles au pr\u00e9alable pu influencer cette envie de voyage ?<\/h3>\n\n\n\n