{"id":285879,"date":"2025-06-28T16:00:00","date_gmt":"2025-06-28T14:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=285879"},"modified":"2025-06-28T10:39:28","modified_gmt":"2025-06-28T08:39:28","slug":"mohsen-emadi-conversation","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2025\/06\/28\/mohsen-emadi-conversation\/","title":{"rendered":"\u00ab En Iran, la r\u00e9volution est possible et elle va se produire \u00bb, une conversation avec le po\u00e8te iranien en exil Mohsen Emadi"},"content":{"rendered":"\n
Mohsen Emadi est le disciple de l\u2019un des plus grands po\u00e8tes iraniens du XXe si\u00e8cle, Ahmad Chamlou. <\/em><\/p>\n\n\n\n Po\u00e8te, traducteur et cin\u00e9aste, il vit en exil depuis 2009 \u2014 moment o\u00f9 il d\u00e9cide de quitter son Iran natal apr\u00e8s avoir particip\u00e9 aux manifestations \u00e9tudiantes en 1999 puis \u00e0 celles, dix ans plus tard, contre la fraude aux \u00e9lections pr\u00e9sidentielles. <\/em><\/p>\n\n\n\n Apr\u00e8s la Finlande, la Tch\u00e9quie, l\u2019Espagne, c\u2019est au Mexique qu\u2019il a trouv\u00e9 refuge et o\u00f9 nous le rencontrons. <\/em><\/p>\n\n\n\n Dans un espagnol parfait, il nous raconte son exil, l\u2019influence des nouveaux espaces qu\u2019il doit apprivoiser et comment il est maintenant \u00ab de nulle part \u00bb. <\/em><\/p>\n\n\n\n Tout en livrant quelques \u00e9l\u00e9ments d\u2019analyse sur la guerre qu\u2019il a suivi \u00e0 distance, il nous confie : \u00ab il n’y a aucun pays \u2014 sauf celui de la po\u00e9sie \u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n Dans mon cas, je peux parler d\u2019un certain plaisir de l’exil \u2014 qui n\u2019est pas seulement de la tristesse. <\/p>\n\n\n\n Quelque chose me manque, mais cette perte n’est pas toujours triste, parfois elle ouvre la voie \u00e0 l’aventure, au plaisir. <\/p>\n\n\n\n \u00c0 un certain moment de l’exil, on cesse de penser qu’il y aura un retour. \u00c0 ce moment-l\u00e0, la nostalgie dispara\u00eet. <\/p>\n\n\n\n En r\u00e9alit\u00e9, non.<\/p>\n\n\n\n La nostalgie s’en va, mais parce qu’elle se transforme en autre chose. Elle devient quelque chose de plus existentiel.<\/p>\n\n\n\n Je pr\u00e9f\u00e8re utiliser un terme portugais plut\u00f4t que le mot nostalgie. <\/p>\n\n\n\n J’aime mieux dire saudade<\/em><\/a>.<\/p>\n\n\n\n Le jour o\u00f9 je suis parti en exil en sachant que je ne pourrais jamais revenir, c’\u00e9tait le jour o\u00f9 le Parlement iranien a annonc\u00e9 la nomination de Mahmoud Ahmadinejad \u00e0 la pr\u00e9sidence de l’Iran en 2009.<\/p>\n\n\n\n Cette nuit-l\u00e0, j’avais tr\u00e8s peur d’\u00eatre arr\u00eat\u00e9 pour avoir activement particip\u00e9 aux manifestations la m\u00eame ann\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n J’ai alors d\u00e9cid\u00e9 de partir. <\/p>\n\n\n\n Beaucoup de mes amis m’ont accompagn\u00e9 \u00e0 l’a\u00e9roport. Mon p\u00e8re \u00e9tait \u00e9galement pr\u00e9sent. <\/p>\n\n\n\n Oui, mon p\u00e8re est un ayatollah, un religieux islamique. <\/p>\n\n\n\n Son aide a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9cieuse.<\/p>\n\n\n\n Il est venu avec moi \u00e0 l’a\u00e9roport ce jour-l\u00e0 et a r\u00e9ussi \u00e0 m\u2019accompagner le plus loin possible dans les contr\u00f4les. Il m’a quitt\u00e9 avant l\u2019embarquement, au contr\u00f4le des passeports.<\/p>\n\n\n\n \u00c0 un certain moment de l’exil, on cesse de penser qu’il y aura un retour. \u00c0 ce moment-l\u00e0, la nostalgie dispara\u00eet. <\/p>Mohsen Emadi<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n \u00c0 partir de ce moment-l\u00e0, pendant tout le temps que j’ai pass\u00e9 dans la salle d’embarquement, je me souviens avoir mis mes \u00e9couteurs et avoir \u00e9cout\u00e9 la musique d’un chanteur turc qui s’appelle Kaz\u0131m Koyuncu.<\/p>\n\n\n\n Je l’ai \u00e9cout\u00e9 pendant tout le voyage, jusqu’\u00e0 mon arriv\u00e9e en Finlande. J’avais d\u00e9cid\u00e9 de trouver un refuge. <\/p>\n\n\n\n Oui, mais Helsinki n’\u00e9tait pas ma destination finale. Au contraire, c’\u00e9tait plut\u00f4t un point de d\u00e9part. <\/p>\n\n\n\n De l\u00e0, j’ai pris un bus pour me rendre \u00e0 Jyv\u00e4skyl\u00e4, la ville o\u00f9 je pouvais rester.<\/p>\n\n\n\n La Finlande a \u00e9t\u00e9 pour moi synonyme de solitude. Beaucoup de solitude, beaucoup d’obscurit\u00e9. <\/p>\n\n\n\n C’\u00e9tait aussi une p\u00e9riode de silence immense, un silence qui me manque parfois. Parce que je vivais en Finlande sur une \u00eele, en pleine nature. Et la pr\u00e9sence de la nature \u00e9tait presque in\u00e9vitable. C\u2019est une exp\u00e9rience inoubliable pour moi. <\/p>\n\n\n\n Ma vie et la ville elle-m\u00eame faisaient partie de la nature.<\/p>\n\n\n\n Je suis ensuite arriv\u00e9 \u00e0 Prague, qui repr\u00e9sente dans ma m\u00e9moire une femme belle, mais infid\u00e8le, tr\u00e8s infid\u00e8le.<\/p>\n\n\n\n J’adorais cette ville\u2026 <\/p>\n\n\n\n Et puis, je suis parti en Espagne, que je consid\u00e8re en quelque sorte comme mon deuxi\u00e8me pays, apr\u00e8s l’Iran, car l\u00e0-bas, je ne me suis jamais senti en exil.<\/p>\n\n\n\n Je suis maintenant au Mexique, qui est en train de devenir ma nouvelle patrie. Je d\u00e9couvre un autre moi au Mexique, un moi que je ne connaissais pas auparavant.<\/p>\n\n\n\n La Finlande a \u00e9t\u00e9 pour moi synonyme de solitude. Beaucoup de solitude, beaucoup d’obscurit\u00e9. <\/p>Mohsen Emadi<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n Le Mexique est pour moi une aventure. Il implique une intensit\u00e9 qui m’effraie parfois.<\/p>\n\n\n\n C’est comme vivre entre deux limites, dans l’intensit\u00e9 des fronti\u00e8res. C’est cela, pour moi, \u00eatre au Mexique. Et cela me pla\u00eet car je suis un homme aventureux. J’aime donc le Mexique pour cette intensit\u00e9. <\/p>\n\n\n\n L’Iran est d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s loin. J’ai une relation faite d\u2019amour et de haine avec mon pays natal.<\/p>\n\n\n\n Avant d’arriver au Mexique, j’en avais une image assez caricaturale : je pensais par exemple \u00e0 la moustache \u2014 que je porte aujourd’hui. Et aussi au chapeau mexicain, bien s\u00fbr, que nous portions \u00e0 l’\u00e9poque o\u00f9 j’\u00e9tais \u00e9tudiant et o\u00f9 je luttais politiquement contre le gouvernement.<\/p>\n\n\n\n Je me souviens avoir lu Pedro P\u00e1ramo<\/em> quand j’avais 16 ans.<\/p>\n\n\n\n En r\u00e9alit\u00e9, je pense qu’une grande partie de mon imaginaire mexicain venait de cet immense roman ainsi que des \u0153uvres de Carlos Fuentes, en particulier Los a\u00f1os con Laura D\u00edaz<\/em>, qui raconte l’histoire des exil\u00e9s espagnols apr\u00e8s Franco et des Am\u00e9ricains apr\u00e8s McCarthy.<\/p>\n\n\n\n C’\u00e9tait un imaginaire tr\u00e8s fort, compos\u00e9 de Diego Rivera, Frida Kahlo, mais aussi de la musique mexicaine. Je ressentais tout cela. J’admirais le chanteur mexicain Agust\u00edn Lara depuis l’\u00e9poque o\u00f9 je vivais en Iran. L\u00e0-bas, j’\u00e9coutais des bol\u00e9ros. C’est pourquoi j’ai le sentiment d’avoir toujours eu un lien int\u00e9rieur avec le Mexique.<\/p>\n\n\n\n Tout d’abord, bien s\u00fbr, j’ai pris conscience qu’une partie de cet imaginaire \u00e9tait aussi un peu fantaisiste. Il y avait beaucoup de clich\u00e9s, surtout du nord du Mexique. <\/p>\n\n\n\n Je connais d\u00e9sormais le Mexique et j\u2019ai d\u00e9couvert un pays tr\u00e8s divers, avec de nombreuses cultures diff\u00e9rentes. Les images que j’avais auparavant \u00e9taient plut\u00f4t celles de d\u00e9serts, du nord du Mexique et de Mexico.<\/p>\n\n\n\n Le premier jour o\u00f9 je suis arriv\u00e9 ici, je me souviens que j’\u00e9tais dans la voiture sur le chemin de l’a\u00e9roport et la premi\u00e8re chose que j’ai pens\u00e9e, c’est que Mexico ressemble beaucoup \u00e0 T\u00e9h\u00e9ran, \u00e0 cause de la circulation, des couleurs, des routes. Tout me rappelait T\u00e9h\u00e9ran. <\/p>\n\n\n\n Oui, d’une certaine mani\u00e8re, c’\u00e9tait comme revenir \u00e0 T\u00e9h\u00e9ran, une ville un peu sale, m\u00e9tropolitaine et bruyante. <\/p>\n\n\n\n En arrivant ici, j’ai \u00e9galement remarqu\u00e9 autre chose qui m’\u00e9tait familier et int\u00e9ressant : je ne ressentais aucun probl\u00e8me li\u00e9 \u00e0 la couleur de ma peau. En Finlande, j’avais quotidiennement l’impression de devoir lutter contre ma peau, \u00e0 cause de sa couleur. Il y avait une forme de racisme. Ici, en revanche, je ne ressens pas cela. <\/p>\n\n\n\n Non, j’avais une relation tr\u00e8s forte avec l’Espagne, mais je ne voulais pas apprendre l’espagnol. Je pensais que l’anglais suffisait. Mais en 2010, lorsque j’\u00e9tais \u00e0 Grenade, j’ai rencontr\u00e9 le po\u00e8te Antonio Gamoneda et j’ai ressenti le besoin d’apprendre l’espagnol. Je voulais entrer en relation avec lui et lui parler dans sa langue.<\/p>\n\n\n\n Quand je suis arriv\u00e9 au Mexique, je pouvais communiquer un peu en espagnol, mais ce n’\u00e9tait pas suffisant pour mener une vie normale, disons. Mais le Mexique a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s accueillant et g\u00e9n\u00e9reux avec moi \u00e0 cet \u00e9gard. Gr\u00e2ce \u00e0 la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 des gens et \u00e0 cette culture, je me sens maintenant plus \u00e0 l’aise en espagnol qu’en anglais.<\/p>\n\n\n\n Mexico ressemble beaucoup \u00e0 T\u00e9h\u00e9ran, \u00e0 cause de la circulation, des couleurs, des routes.<\/p>Mohsen Emadi<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n Dans la situation actuelle du monde, un lieu n’accueille pas toujours volontiers les exil\u00e9s qui arrivent. Dans mon cas, en arrivant dans un pays qui m’accueille bien, j’ai toujours eu le d\u00e9sir et le besoin de voir certaines de mes \u0153uvres traduites dans la langue du pays d’accueil. <\/p>\n\n\n\n Un exil\u00e9 n’impose jamais son identit\u00e9 au lieu o\u00f9 il se rend. Il cr\u00e9e plut\u00f4t une sorte de rencontre.<\/p>\n\n\n\n Depuis mon enfance, j’ai une relation tr\u00e8s forte et centrale avec la traduction. <\/p>\n\n\n\n J’ai toujours grandi et v\u00e9cu entre deux langues. J’ai donc toujours d\u00fb traduire. Je parlais persan avec mes s\u0153urs et quand je me tournais vers mes parents, je leur parlais en mazandarani.<\/p>\n\n\n\n Mon identit\u00e9 \u00e9tait tr\u00e8s diff\u00e9rente lorsqu’elle se d\u00e9finissait en persan et lorsqu’elle le faisait en mazandarani. D’un c\u00f4t\u00e9, le mazandarani est la culture des paysans. Son odeur, son go\u00fbt et la musique de sa langue sont totalement diff\u00e9rents. D’un autre c\u00f4t\u00e9, le persan est une langue ancienne, plus formelle, litt\u00e9raire, etc. <\/p>\n\n\n\n Je devais traduire ma propre identit\u00e9 entre les deux.<\/p>\n\n\n\n Oui, c’est maintenant l\u2019histoire de toute ma vie. C’est pourquoi la traduction devient un espace d’existence pour moi. <\/p>\n\n\n\n Elle m’aide \u00e0 construire cette identit\u00e9 hybride que je souhaite mettre en place. Je dois construire cet hybride \u00e0 travers la traduction, qui est aussi l’espace de mon exil.<\/p>\n\n\n\n Je me souviens de la premi\u00e8re fois o\u00f9 j’ai touch\u00e9 une arme, un fusil.<\/p>\n\n\n\n J’avais environ cinq ans. C’\u00e9tait dans un endroit important pour mon p\u00e8re qui, \u00e0 l’\u00e9poque, faisait partie de la gu\u00e9rilla qui luttait contre le gouvernement islamique. Ils se cachaient et combattaient dans les for\u00eats de mon village.<\/p>\n\n\n\n C’est \u00e0 cette \u00e9poque que j’ai pris pour la premi\u00e8re fois dans mes mains une kalachnikov charg\u00e9e et pr\u00eate \u00e0 tirer. Je ne le savais pas, bien s\u00fbr : je jouais comme un enfant de mon \u00e2ge. Jusqu’\u00e0 ce qu’un homme arrive en criant de l\u00e2cher l’arme, ce que j’ai fait. Ce fut un moment tr\u00e8s dangereux.<\/p>\n\n\n\n Ce moment fait partie de ma r\u00e9alit\u00e9 en Iran. Mais ce que je voulais raconter avec cette histoire, c’est quelque chose de tr\u00e8s curieux : il y a des visages de gu\u00e9rilleros dont je pense me souvenir alors que je n’ai jamais vu leur visage\u2026 <\/p>\n\n\n\n Mais ce souvenir est si r\u00e9el dans ma vie actuelle qu’il fait partie de mon exp\u00e9rience personnelle de cette \u00e9poque.<\/p>\n\n\n\n Un exil\u00e9 n’impose jamais son identit\u00e9 au lieu o\u00f9 il se rend. Il cr\u00e9e plut\u00f4t une sorte de rencontre.<\/p>Mohsen Emadi<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n Il existe diff\u00e9rentes r\u00e9alit\u00e9s. D’un c\u00f4t\u00e9, il y a la r\u00e9alit\u00e9 o\u00f9 l’\u00e9criture se produit. De l’autre, la r\u00e9alit\u00e9 o\u00f9 vit l’\u00e9crivain. Ce ne sont pas n\u00e9cessairement des r\u00e9alit\u00e9s physiques, ni d\u00e9termin\u00e9es. <\/p>\n\n\n\n En fait, l’\u00e9criture est une r\u00e9alit\u00e9 en soi : c’est un espace d’exil, un espace d’existence \u2014 d’une mani\u00e8re hybride. C’est un monde qui m\u00e9lange beaucoup de choses.<\/p>\n\n\n\n Je les ai v\u00e9cus pendant la guerre en Iran.<\/p>\n\n\n\n Je me souviens d’un jour o\u00f9 les avions de Saddam Hussein volaient au-dessus de ma ville pour la bombarder. L’alarme a retenti et nous avons tous couru dans la rue. Le probl\u00e8me, c’est qu’il n’y avait aucun abri dans mon quartier. Nous ne pouvions que courir dans la rue.<\/p>\n\n\n\n Cette nuit-l\u00e0, tout se m\u00e9langeait. D’un c\u00f4t\u00e9, nous, les enfants, \u00e9tions terrifi\u00e9s par ces avions de Saddam Hussein qui passaient au-dessus de nos t\u00eates. De l’autre c\u00f4t\u00e9, et en m\u00eame temps, nous parlions, nous partagions d’autres types de peurs. Nous parlions des cimeti\u00e8res, des morts, des esprits et des fant\u00f4mes.<\/p>\n\n\n\n Je me souviens qu’il y avait une sorte de plaisir dans ce moment de peur, dans le fait d’\u00e9chapper \u00e0 une peur imm\u00e9diate qui plane au-dessus de votre t\u00eate et, en m\u00eame temps, dans le fait d’\u00eatre avec d’autres enfants dans la rue d’un quartier populaire, partageant la peur du cimeti\u00e8re voisin avec ses fant\u00f4mes. Cet espace a exactement cette intensit\u00e9 entre diff\u00e9rents types de peurs. <\/p>\n\n\n\n Oui, il y a une intensit\u00e9 entre les espaces. On utilise une peur pour parler d’une autre peur, un r\u00eave pour parler d’un autre r\u00eave, une r\u00e9alit\u00e9 pour parler d’une autre r\u00e9alit\u00e9. <\/p>\n\n\n\n Cela fait partie de la formation de l’\u00e9criture, comme l’exil.<\/p>\n\n\n\nPo\u00e8te iranien en exil, vous avez d’abord fui votre pays pour la Finlande, et vous vous trouvez aujourd’hui au Mexique. Vous vivez maintenant dans un pays qui est historiquement une terre d’exil pour les artistes et les intellectuels, quelle influence l’exil a-t-il eu sur votre vie et votre travail ?<\/h3>\n\n\n\n
Dispara\u00eet-elle compl\u00e8tement ?<\/h3>\n\n\n\n
Le mot \u00ab nostalgie \u00bb lui-m\u00eame change-t-il ou un autre terme fonctionne-t-il mieux pour caract\u00e9riser cet \u00e9tat ou ce sentiment ?<\/h3>\n\n\n\n
Pourriez-vous nous raconter comment vous avez quitt\u00e9 l’Iran ?<\/h3>\n\n\n\n
Mais il est rest\u00e9 en Iran ?<\/h3>\n\n\n\n
Que s’est-il pass\u00e9 ensuite ?<\/h3>\n\n\n\n
Vous arrivez alors \u00e0 Helsinki.<\/h3>\n\n\n\n
Comment d\u00e9cririez-vous votre exil l\u00e0-bas ?<\/h3>\n\n\n\n
O\u00f9 \u00eates-vous all\u00e9 apr\u00e8s la Finlande ?<\/h3>\n\n\n\n
En quel sens ? <\/h3>\n\n\n\n
Une intensit\u00e9 comme celle que vous pouviez trouver en Iran ?<\/h3>\n\n\n\n
Avez-vous choisi de vous r\u00e9fugier au Mexique parce que c’est justement la terre des \u00e9crivains exil\u00e9s ?<\/h3>\n\n\n\n
Ce lien s’est-il accentu\u00e9 depuis votre arriv\u00e9e ?<\/h3>\n\n\n\n
C’\u00e9tait un peu comme revenir \u00e0 T\u00e9h\u00e9ran ?<\/h3>\n\n\n\n
Votre premier livre traduit en espagnol est votre recueil de po\u00e8mes La flor en los renglones<\/em> (Lola Editorial), publi\u00e9 en 2003. Parliez-vous d\u00e9j\u00e0 espagnol \u00e0 l’\u00e9poque ?<\/h3>\n\n\n\n
Votre exil a-t-il donn\u00e9 une nouvelle importance \u00e0 la traduction dans votre travail ?<\/h3>\n\n\n\n
J’imagine que cette ambivalence a chang\u00e9 mais qu\u2019elle s’est accentu\u00e9e avec l’exil. <\/h3>\n\n\n\n
Avez-vous un souvenir particulier de votre enfance en Iran ?<\/h3>\n\n\n\n
Cette r\u00e9alit\u00e9 ou ces r\u00e9alit\u00e9s que vous avez v\u00e9cues deviennent-elles presque automatiquement mati\u00e8re litt\u00e9raire, mati\u00e8re d’\u00e9criture ?<\/h3>\n\n\n\n
Avez-vous v\u00e9cu des moments o\u00f9 ces r\u00e9alit\u00e9s se sont m\u00e9lang\u00e9es ?<\/h3>\n\n\n\n
Une synesth\u00e9sie po\u00e9tique des peurs\u2026 <\/h3>\n\n\n\n