Hamit Bozarslan<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n3 \u2014 Est-ce le point de d\u00e9part de la fin de la guerre entre les Kurdes et les Turcs en Turquie ?<\/h2>\n\n\n\n Dans l\u2019appel d\u2019\u00d6calan, l\u2019abandon de la lutte arm\u00e9e par le PKK est expliqu\u00e9 par des raisons historiques.<\/p>\n\n\n\n
Il situe l\u2019\u00e9mergence du PKK dans les contextes id\u00e9ologiques du XXe si\u00e8cle, de la fin de la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale, de la Guerre froide, de la syntaxe politique de l’\u00e9poque, de la logique de la lutte arm\u00e9e. Il consid\u00e8re donc que le PKK, comme d’autres organisations arm\u00e9es qui se sont dissoutes ou transform\u00e9es de par le monde, n’a plus de sens et plus de raison d’\u00eatre aujourd\u2019hui.<\/p>\n\n\n\n
L\u2019abandon de la lutte arm\u00e9e en Turquie m\u00eame \u2014 qui dans la pratique a d\u00e9j\u00e0 eu lieu il y a une dizaine d\u2019ann\u00e9es \u2014 s\u2019explique aussi pour des raisons sociologiques. Le Kurdistan a connu des transformations radicales au cours des quarante derni\u00e8res ann\u00e9es : le PKK y a contribu\u00e9 m\u00eame si celles-ci le d\u00e9passent. Lors de sa fondation il y a quarante ans, il n\u2019y avait pas de classe moyenne au Kurdistan \u2014 elle a largement \u00e9merg\u00e9 depuis. Il y a quarante ans, le Kurdistan \u00e9tait un territoire rural \u00e0 75 %. Aujourd’hui, c’est l’inverse. Il y a quarante ans, la moyenne \u00e9tait de sept \u00e0 huit enfants par famille kurde, pour \u00e0 peine deux aujourd\u2019hui. De m\u00eame, il n’y avait pas de classe intellectuelle kurde. Aujourd’hui, celle-ci existe et elle est d’une tr\u00e8s grande cr\u00e9ativit\u00e9. On constate \u00e9galement une riche vie politique au sein des populations kurdes : malgr\u00e9 la r\u00e9pression et les arrestations, le principal parti l\u00e9gal kurde continue \u00e0 obtenir 10 % des voix au moins lors des \u00e9lections.<\/p>\n\n\n\n
Le troisi\u00e8me \u00e9l\u00e9ment fondamental de son discours, qui a peu plu au pouvoir turc, a consist\u00e9 \u00e0 lier la question kurde et la d\u00e9mocratisation de la Turquie. Pour Erdogan et pour ses alli\u00e9s d\u2019extr\u00eame-droite nationaliste, la question de la d\u00e9mocratisation ne se pose pas. Il semble pourtant absurde d\u2019esp\u00e9rer r\u00e9soudre la question kurde sans d\u00e9mocratiser le pays. \u00d6calan \u00e9tablit un lien entre les deux. <\/p>\n\n\n\n
La situation turque est comparable \u00e0 celle de l’Espagne entre 1975 et 1978 : la d\u00e9mocratisation du Royaume a \u00e9t\u00e9 possible parce que, d’une part, la question de la d\u00e9mocratie a \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9e comme l\u00e9gitime en tant que telle et que, d\u2019autre part, des acteurs majeurs espagnols ont reconnu la l\u00e9gitimit\u00e9 des questions catalane et basque.<\/p>\n\n\n\n
4 \u2014 Quelles ont \u00e9t\u00e9 les \u00e9volutions id\u00e9ologiques du PKK au cours des 40 derni\u00e8res ann\u00e9es pour conduire de la lutte arm\u00e9e l\u00e9niniste \u00e0 l\u2019appel \u00e0 la dissolution ? <\/h2>\n\n\n\n Le PKK a fait sa mue il y a une vingtaine d\u2019ann\u00e9es en essayant de sortir du marxisme-l\u00e9ninisme sans pour autant trahir la gauche. On peut appeler la synth\u00e8se qui en \u00e9merge un anarcho-marxisme qui insiste sur la d\u00e9mocratie directe, sur le f\u00e9minisme et sur l\u2019\u00e9cologie.<\/p>\n\n\n\n
Cette \u00e9volution n\u2019est bien s\u00fbr pas limit\u00e9e \u00e0 l\u2019espace kurde ni d\u2019ailleurs \u00e0 ce qu\u2019on pourrait qualifier de macrocosme de gauche dans l\u2019ancien \u00ab Tiers monde \u00bb. En France, par exemple, Pierre Rosanvallon a constat\u00e9 les limites de la d\u00e9mocratie repr\u00e9sentative, \u00e0 savoir simplement \u00e9lectorale, qu\u2019il faut consolider par d\u2019autres modes de participation citoyenne \u00e0 la cit\u00e9 politique. De m\u00eame Dominique Rousseau consid\u00e8re que la constitutionnalit\u00e9 europ\u00e9enne ne se base pas uniquement sur ce qu\u2019on pourrait qualifier d\u2019Habeas Corpus<\/em>, mais se transforme constamment par des luttes sociales et cat\u00e9gorielles qui finissent par trouver une l\u00e9gitimit\u00e9 d\u2019abord politique, puis juridique dans la cit\u00e9.<\/p>\n\n\n\nCe qui nous semble anachronique dans la d\u00e9claration d\u2019\u00d6calan est donc en fait d\u00e9j\u00e0 le r\u00e9sultat d\u2019une \u00e9volution et d\u2019une mise \u00e0 jour de la doctrine du PKK qui prend en consid\u00e9ration les d\u00e9bats qui traversent \u00e0 la fois des mouvements d\u00e9mocratiques dans le monde et les gauches.<\/p>\n\n\n\nPour Erdogan et pour ses alli\u00e9s d\u2019extr\u00eame-droite nationaliste, la question de la d\u00e9mocratisation ne se pose pas. Il semble pourtant absurde d\u2019esp\u00e9rer r\u00e9soudre la question kurde sans d\u00e9mocratiser le pays. \u00d6calan \u00e9tablit un lien entre les deux.<\/p>Hamit Bozarslan<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n5 \u2014 Comment l\u2019opposition turque \u00e0 Erdogan se positionne-t-elle sur la question du PKK ?<\/h2>\n\n\n\n C’est le leader de la droite nationaliste turque alli\u00e9e \u00e0 Erdogan, Devlet Bah\u00e7eli, tr\u00e8s anti-arm\u00e9nien et anti-kurde, qui est \u00e0 l’origine de la d\u00e9claration d\u2019\u00d6calan.<\/p>\n\n\n\n
Son parti, le MHP, peut \u00eatre qualifi\u00e9 de national-socialiste. <\/p>\n\n\n\n
L\u2019objectif de Devlet Bah\u00e7eli est d’\u00e9viter que les \u00ab puissances imp\u00e9rialistes \u00bb \u2014 les \u00c9tats-Unis et de plus en plus Isra\u00ebl \u2014 se m\u00ealent de la question kurde, ce qui, selon lui, pourrait fragiliser \u00ab le front int\u00e9rieur \u00bb de r\u00e9sistance en Turquie-m\u00eame.<\/p>\n\n\n\n
L\u2019opposition sociale-d\u00e9mocrate se contente d’un soutien verbal peu marqu\u00e9 et ne participe pas activement au processus de paix. Les mouvements islamistes soutiennent \u00e9galement le processus. Enfin, les deux autres partis de droite nationale, \u00e0 savoir le \u00ab Bon Parti \u00bb (Iyi Parti) et le \u00ab Parti de la Victoire \u00bb (Zafer Partisi) sont hostiles au processus et d\u00e9clarent publiquement qu\u2019ils vont essayer de tout faire pour saboter le mouvement de pacification.<\/p>\n\n\n\n
6 \u2014 Qu\u2019ont obtenu les Kurdes et \u00d6calan en \u00e9change de cette d\u00e9claration ?<\/h2>\n\n\n\n Pour le moment, absolument rien. Et rien ne semble indiquer qu\u2019ils obtiendront quoi que ce soit de plus. On aurait pu imaginer que le gouvernement turc mette un terme \u00e0 sa politique de destitution des maires kurdes, propose la lib\u00e9ration des milliers de prisonniers et la reconnaissance de la langue kurde en lui donnant un statut. Rien de tout cela ne se profile pour le moment \u00e0 l\u2019horizon.<\/p>\n\n\n\n
La r\u00e9pression des Kurdes en Turquie se caract\u00e9rise par un arbitraire total. Mercredi 5 mars, quatre auteurs ont \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9s pour avoir publi\u00e9 une Introduction au Kurde<\/em>, parue en 2008 et qui n\u2019avait rien de politique. Certains journalistes sont arr\u00eat\u00e9s, d’autres non. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, on arr\u00eate un maire kurde du parti d\u2019opposition non kurde, Ahmet \u00d6zer, parce qu\u2019il aurait tenu des propos favorables au PKK. Cela fait six mois qu\u2019il est en prison. D\u2019un autre c\u00f4t\u00e9, des n\u00e9gociations officielles ont eu lieu avec \u00d6calan. Par ailleurs, un \u00e9diteur de r\u00e9f\u00e9rence explique qu\u2019un ouvrage intitul\u00e9 Contributions sur le Kurdistan<\/em> n\u2019est pas interdit, alors qu\u2019un autre livre qui contient une note de bas de page avec le mot \u00ab Kurdistan \u00bb est interdit pour cette raison. Pour \u00eatre efficace, toute r\u00e9pression doit \u00eatre \u00e0 la fois syst\u00e9mique et arbitraire afin de rendre les individus ontologiquement incertains.<\/p>\n\n\n\nToutefois, l\u2019objectif d\u2019\u00d6calan et du mouvement l\u00e9gal kurde de Turquie est avant tout de prot\u00e9ger le Rojava en emp\u00eachant Erdogan d\u2019utiliser l\u2019argument consistant \u00e0 assimiler le Rojava au PKK et \u00e0 les taxer pour cette raison de terroristes.<\/p>\n\n\n\nLa r\u00e9pression des Kurdes en Turquie se caract\u00e9rise par un arbitraire total.<\/p>Hamit Bozarslan<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n7 \u2014 Comment les Kurdes d\u2019Irak et de Syrie ont-ils re\u00e7u l\u2019annonce ? <\/h2>\n\n\n\n La d\u00e9claration est le r\u00e9sultat d\u2019\u00e9changes entre le PKK et les forces irakiennes, ce qui est nouveau car les deux groupes se regardaient en chiens de fa\u00efence depuis quelque temps. <\/p>\n\n\n\n
Il y a eu des n\u00e9gociations entre les Kurdes syriens et les Kurdes irakiens. Le commandant militaire des Kurdes syriens s’est par ailleurs rendu en Irak avec un h\u00e9licopt\u00e8re am\u00e9ricain pour rencontrer Massoud Barzani.<\/p>\n\n\n\n
De nombreux \u00e9changes et d\u00e9bats se mettent en place \u00e0 l\u2019\u00e9chelle des quatre Kurdistans. Si la dissolution du PKK r\u00e9duit la pression militaire de la Turquie sur le Kurdistan syrien et le Kurdistan irakien, cela pourrait avoir des cons\u00e9quences positives sur la structuration du mouvement kurde. Ce n\u2019est donc pas la fin de la lutte, mais le d\u00e9but d\u2019une nouvelle \u2014 aux param\u00e8tres inconnus.<\/p>\n\n\n\n
Pour la premi\u00e8re fois depuis une dizaine d\u2019ann\u00e9es, les Kurdes ont d\u00e9cid\u00e9 de devenir les acteurs de leur histoire, et non plus seulement de la subir. Les rencontres entre les Kurdes syriens et les Kurdes irakiens \u00e9taient, de ce point de vue, tr\u00e8s importantes.<\/p>\n\n\n\n
Le rapprochement inter-kurde \u00e9tait soutenu et demand\u00e9 par les Am\u00e9ricains et les Fran\u00e7ais, qui sont pr\u00e9sents sur le terrain. La France a adopt\u00e9 une position tr\u00e8s claire depuis la pr\u00e9sidence de Mitterrand et la fondation de l\u2019Institut kurde de Paris en 1983. La Conf\u00e9rence internationale sur les Kurdes de 1989 \u00e0 Paris avait jou\u00e9 un r\u00f4le fondamental dans la cr\u00e9ation d\u2019un parti kurde en Turquie. Elle a \u00e9galement suscit\u00e9 l\u2019engagement des \u00c9tats-Unis, notamment celui de George Bush p\u00e8re \u00e0 la faveur des Kurdes irakiens.<\/p>\n\n\n\n
8 \u2014 Comment cette d\u00e9cision pourrait-elle affecter les relations avec les Kurdes de Syrie, apr\u00e8s la nomination d\u2019Al-Sharaa comme pr\u00e9sident de transition ?<\/h2>\n\n\n\n En Syrie, tout d\u00e9pendra de la volont\u00e9 des nouveaux dirigeants de devenir ou non un \u00e9mirat islamique, \u00e0 l’image de l’Afghanistan. Actuellement, le pouvoir est aux mains de 19 milices. Ahmad al Sharaa a d\u00e9clar\u00e9 vouloir quitter la logique r\u00e9volutionnaire pour mettre en place une mentalit\u00e9 d\u2019\u00c9tat<\/a>, mais concr\u00e8tement, les milices vont-elles accepter de se fondre dans un \u00c9tat ? Par ailleurs, l\u2019\u00c9tat va-t-il renoncer au nationalisme arabe de masse et reconna\u00eetre la pluralit\u00e9 ethnique et religieuse de la Syrie ? La Syrie est aujourd\u2019hui dans un \u00e9tat d\u2019an\u00e9antissement. On estime \u00e0 500 milliards le co\u00fbt de la reconstruction du pays.<\/p>\n\n\n\nCe n\u2019est pas HTC qui a gagn\u00e9 la guerre, mais Bachar qui l\u2019a perdu. Al-Sharaa est aujourd\u2019hui tr\u00e8s faible et a \u00e0 plusieurs reprises reconnu qu\u2019un conflit avec les Kurdes serait un bain de sang. Aujourd\u2019hui, il n\u2019y a aucune reconnaissance mutuelle du nouveau pr\u00e9sident et de l\u2019autonomie du Kurdistan syrien. Pourtant, un accord a \u00e9t\u00e9 sign\u00e9 par le gouvernement syrien avec les Kurdes pour commander du p\u00e9trole \u00e0 Damas, chacun reconnaissant de facto <\/em>l\u2019existence de l\u2019autre. HTC sait parfaitement que la priorit\u00e9 est de stabiliser la Syrie, car celle-ci ne peut pas se permettre une nouvelle phase de guerre civile, avec les Kurdes dont l\u2019arm\u00e9e est estim\u00e9e entre 60 000 et 100 000 combattants aguerris.<\/p>\n\n\n\nPar ailleurs, la question des relations entre Kurdes et gouvernement syrien est li\u00e9e \u00e0 celle des Druzes, qui cherchent ouvertement \u00e0 b\u00e9n\u00e9ficier du protectorat isra\u00e9lien dans le cas o\u00f9 aucune d\u00e9centralisation n’est mise en place en Syrie.<\/p>\n\n\n\n
En fin de compte, la d\u00e9cision am\u00e9ricaine d\u00e9terminera l\u2019issue du sort des Kurdes, et celle-ci d\u00e9pend de deux facteurs.<\/p>\n\n\n\n
Premi\u00e8rement, plusieurs hauts responsables de l’administration Trump sont tr\u00e8s pro-kurdes. C’est le cas de Marco Rubio, de Michael Waltz et de Lindsay Graham. Ces gens-l\u00e0 ont \u00e9vit\u00e9 l’effondrement du Kurdistan syrien en 2019. Dans quelle mesure ces personnes vont-elles avoir un poids sur l\u2019egocratie <\/em>\u2014 pour reprendre le terme de Claude Lefort \u2014 mise en place par Donald Trump ? <\/p>\n\n\n\nDeuxi\u00e8mement, la pression d’Isra\u00ebl, qui ne veut absolument pas de pr\u00e9sence turque en Syrie, pourrait \u00eatre d\u00e9terminante. Certains consid\u00e8rent m\u00eame qu’Isra\u00ebl aimerait avoir une certaine influence sur un territoire continu qui traverserait le territoire syrien du sud au nord en s\u2019appuyant sur les Druzes et les Kurdes.<\/p>\n\n\n\n
Du c\u00f4t\u00e9 des Europ\u00e9ens, la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni sont pr\u00e9sents sur le terrain. Une d\u00e9l\u00e9gation officielle britannique s’est r\u00e9cemment rendue au Rojava. La question fondamentale est de savoir si les Europ\u00e9ens peuvent \u00eatre unis pour mener une politique r\u00e9gionale commune vis-\u00e0-vis des Kurdes, des Palestiniens et de la Syrie. Dans ce cas, l\u2019Union pourrait consid\u00e9rablement contribuer \u00e0 apaiser la situation.<\/p>\n\n\n\nEn Syrie, tout d\u00e9pendra de la volont\u00e9 des nouveaux dirigeants de devenir ou non un \u00e9mirat islamique, \u00e0 l’image de l’Afghanistan.<\/p>Hamit Bozarslan<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n9 \u2014 Comment les exactions des milices islamistes en Syrie sont-elles interpr\u00e9t\u00e9es par les Kurdes ?<\/h2>\n\n\n\n Les acteurs kurdes ont fermement condamn\u00e9 ces massacres \u00e0 grande \u00e9chelle, demandant que leurs auteurs soient traduits en justice. <\/p>\n\n\n\n
Les massacres montrent que les milices islamistes, dont certaines sont arm\u00e9es par Ankara, refusent de sortir d\u2019une logique milicienne et de vengeance confessionnelle. Tout indique qu\u2019au sein de HTC \u00e9galement nombre de miliciens s\u2019inscrivent dans cette logique.<\/p>\n\n\n\n
Il s\u2019agit l\u00e0 non seulement d\u2019un crime de masse, mais aussi d\u2019une \u00e9volution dangereuse : la premi\u00e8re guerre civile irakienne de 2004-2007 avait \u00e9t\u00e9 en partie caus\u00e9e par la violence confessionnelle \u00e0 l\u2019encontre de la communaut\u00e9 sunnite assimil\u00e9e au r\u00e9gime du tyran d\u00e9chu, Saddam Hussein.<\/p>\n\n\n\n
Cette fois-ci, ce sont les milices sunnites qui associent la communaut\u00e9 alaouite dans sa totalit\u00e9 au pouvoir d’al-Assad.<\/p>\n\n\n\n
10 \u2014 Quelle interpr\u00e9tation tirer de l’accord entre Mazlum Abdi, chef militaire kurde et de la r\u00e9gion autonome, et le pouvoir en place \u00e0 Damas ?<\/h2>\n\n\n\n Les Am\u00e9ricains \u2014 et dans une moindre mesure les Britanniques et les Fran\u00e7ais \u2014 sont \u00e0 l\u2019origine de cet accord provisoire qui d\u00e9finit les Kurdes comme une composante fondatrice de la future Syrie et pr\u00e9voit l\u2019int\u00e9gration des institutions de la r\u00e9gion autonome \u00e0 l\u2019\u00c9tat.<\/p>\n\n\n\n
Les contacts entre les SDF et le nouveau r\u00e9gime sont officialis\u00e9s, et la r\u00e9gion autonome, dont l\u2019avenir n\u2019est pas encore garanti, a acquis une certaine l\u00e9gitimit\u00e9 de jure<\/em>.<\/p>\n\n\n\nS\u2019il se poursuit, ce rapprochement aboutirait \u00e0 l’int\u00e9gration des forces arm\u00e9es kurdes dans l\u2019arm\u00e9e syrienne et \u00ab syrianiserait \u00bb ainsi la communaut\u00e9 kurde \u2014 coupant l\u2019herbe sous les pieds d\u2019Ankara qui demandait son an\u00e9antissement pur et simple.<\/p>\n\n\n\n
L\u2019accord pr\u00e9voit aussi le retour des Kurdes victimes du nettoyage ethnique des milices pro-turques \u00e0 Afrin \u2014 o\u00f9 plusieurs milliers de familles se sont d\u00e9j\u00e0 r\u00e9install\u00e9es dans leurs anciens foyers. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"
Dans la recomposition en cours au Moyen-Orient, le Kurdistan redevient un sujet structurant.<\/p>\n
Apr\u00e8s l\u2019appel \u00e0 la dissolution du PKK, entre l\u2019ambition n\u00e9o-ottomane d\u2019Erdogan en Turquie et le nationalisme islamique d\u2019Al-Sharaa en Syrie, les autonomies kurdes entrent dans une lutte aux param\u00e8tres inconnus.<\/p>\n
Nous avons pos\u00e9 10 questions \u00e0 Hamit Bozarslan pour faire le point.<\/p>\n","protected":false},"author":10,"featured_media":267814,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"templates\/post-studies.php","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_trash_the_other_posts":false,"footnotes":""},"categories":[4177],"tags":[],"geo":[530],"class_list":["post-267813","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-htc-al-joulani-la-syrie-apres-assad","staff-hamit-bozarslan","geo-asie-intermediaire"],"acf":{"open_in_webview":false,"accent":false},"yoast_head":"\n
La Syrie et la Turquie apr\u00e8s la dissolution du PKK : 10 points sur le futur des Kurdes | Le Grand Continent<\/title>\n \n \n \n \n \n \n \n \n \n \n \n\t \n\t \n\t \n \n \n \n\t \n\t \n\t \n