{"id":266593,"date":"2025-03-05T15:38:29","date_gmt":"2025-03-05T14:38:29","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=266593"},"modified":"2025-03-17T14:39:29","modified_gmt":"2025-03-17T13:39:29","slug":"resister-a-lempire-des-puissances-fossiles","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2025\/03\/05\/resister-a-lempire-des-puissances-fossiles\/","title":{"rendered":"R\u00e9sister \u00e0 l’Empire des puissances fossiles\u00a0"},"content":{"rendered":"\n

English version available at this link<\/a><\/em><\/p>\n\n\n\n

Vers\u00e3o em portugu\u00eas dispon\u00edvel neste link<\/a><\/em><\/p>\n\n\n\n

L’action climatique multilat\u00e9rale : un \u00e9tat des lieux<\/h2>\n\n\n\n

La COP30 qui se tiendra \u00e0 Bel\u00e9m \u00e0 la fin de l’ann\u00e9e est l’occasion de relancer la lutte mondiale contre le changement climatique et de montrer que le multilat\u00e9ralisme peut encore porter ses fruits. <\/p>\n\n\n\n

Malgr\u00e9 l’urgence croissante et l’escalade des impacts, la crise climatique a \u00e9t\u00e9 rel\u00e9gu\u00e9e au second plan de l’agenda mondial et n\u2019est aujourd\u2019hui que rarement mentionn\u00e9e par les dirigeants mondiaux lors des grands sommets tels que l’Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale des Nations unies. Sous la pr\u00e9sidence de Lula, le Br\u00e9sil s’est d\u00e9marqu\u00e9 de cette tendance en s’imposant comme l’un des principaux acteurs de l’action climatique. Aujourd’hui, en tant qu’h\u00f4te de la COP30, il a l’occasion et la possibilit\u00e9 de favoriser les conditions diplomatiques, politiques et financi\u00e8res qui permettront de remettre le monde sur la bonne voie pour la d\u00e9cennie critique qui s’annonce.<\/p>\n\n\n\n

Le Br\u00e9sil incarne \u00e0 la fois les cons\u00e9quences d\u00e9sastreuses du changement climatique et le potentiel \u00e9conomique de l’action pour le climat.<\/p>\n\n\n\n

Les inondations lui co\u00fbtent d\u00e9sormais des points entiers de PIB. Les incendies de for\u00eat exacerbent l’inflation. Les s\u00e9cheresses diminuent la productivit\u00e9 de son secteur agricole.<\/p>\n\n\n\n

Le co\u00fbt des inondations dans le Rio Grande do Sul et des incendies en Amazonie et dans le Pantanal a fait basculer le Br\u00e9sil dans une situation de d\u00e9ficit budg\u00e9taire, quoique l\u00e9ger, cette ann\u00e9e <\/span>1<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Le pays abrite la for\u00eat amazonienne, la plus grande for\u00eat tropicale restante, essentielle \u00e0 la stabilit\u00e9 du climat mondial et \u00e0 la biodiversit\u00e9. Mais l’Amazonie est proche d’un point de bascule<\/a>, dont les cons\u00e9quences seraient d\u00e9vastatrices pour le pays, le bassin amazonien et l’ensemble de la plan\u00e8te <\/span>2<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n

Nulle part ailleurs les liens profonds entre l’action climatique et la d\u00e9mocratie ne sont mieux illustr\u00e9s ou compris qu’au Br\u00e9sil, une d\u00e9mocratie extr\u00eamement plurielle et dynamique \u2014 mais aussi tr\u00e8s menac\u00e9e. <\/p>\n\n\n\n

Sa r\u00e9alit\u00e9 politique t\u00e9moigne de ce que les changements des \u00e9quilibres gouvernementaux modifient de mani\u00e8re d\u00e9cisive la trajectoire de ses \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre. Les faits ne laissent pas de place au doute : lorsque l’extr\u00eame droite est au pouvoir, comme en 2019-2023, les \u00e9missions augmentent. Lorsque les progressistes sont au pouvoir, elles diminuent. Le contraste entre le bilan du pr\u00e9sident Lula et celui de Jair Bolsonaro, son pr\u00e9d\u00e9cesseur antid\u00e9mocratique \u2014 ne pourrait \u00eatre plus frappant. <\/p>\n\n\n\n

Le Br\u00e9sil jouit de solides relations au-del\u00e0 des clivages g\u00e9opolitiques : il a la confiance de nombre de pays du Sud ; parle aussi bien avec l’Occident qu\u2019avec la Chine ; et reste un membre clef du G20, tout en \u00e9tant un pilier des BRICS en expansion \u2014 organisation qu’il pr\u00e9side d\u2019ailleurs cette ann\u00e9e). Pour le gouvernement de Lula, la COP30 est l’occasion de positionner le Br\u00e9sil en tant que leader mondial \u00e0 un moment o\u00f9 le leadership progressiste se fait rare, et de d\u00e9montrer que, malgr\u00e9 tous ses d\u00e9fauts, le multilat\u00e9ralisme reste essentiel pour r\u00e9soudre les d\u00e9fis mondiaux. En tant que d\u00e9mocratie de taille moyenne au c\u0153ur de la guerre des capitalismes politiques entre les \u00c9tats-Unis et la Chine, le Br\u00e9sil a un int\u00e9r\u00eat fondamental \u00e0 d\u00e9fendre le multilat\u00e9ralisme.<\/p>\n\n\n\n

Lorsque l’extr\u00eame droite est au pouvoir, comme en 2019-2023, les \u00e9missions augmentent. Lorsque les progressistes sont au pouvoir, elles diminuent.<\/p>Laurence Tubiana et Emmanuel Gu\u00e9rin<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n

Le retour de Donald Trump \u00e0 la Maison-Blanche rend cette t\u00e2che d\u00e9j\u00e0 difficile encore plus complexe. <\/p>\n\n\n\n

Quelques heures apr\u00e8s son entr\u00e9e en fonction, il a retir\u00e9 les \u00c9tats-Unis de l’Accord de Paris pour la deuxi\u00e8me fois \u2014 alors m\u00eame que Los Angeles continuait de se consumer dans des m\u00e9gafeux aux cons\u00e9quences \u00e9conomiques et humaines \u00e9normes. <\/p>\n\n\n\n

Le temp\u00e9rament de Trump est impr\u00e9visible, mais certaines hypoth\u00e8ses devraient \u2014 malheureusement \u2014 se v\u00e9rifier \u00e0 coup s\u00fbr. Son administration n’a aucun int\u00e9r\u00eat \u00e0 r\u00e9duire les \u00e9missions de CO2. Alors que d’autres pays s’engagent dans la transition \u00e9nerg\u00e9tique, les \u00c9tats-Unis redoubleront d’efforts en faveur des combustibles fossiles, en les promouvant de mani\u00e8re agressive \u00e0 l’int\u00e9rieur et \u00e0 l’ext\u00e9rieur du pays <\/span>3<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Le multilat\u00e9ralisme et ses principales institutions sont consid\u00e9r\u00e9s comme des escroqueries visant \u00e0 affaiblir les \u00c9tats-Unis et \u00e0 renforcer leurs rivaux. Les programmes de financement de la lutte contre le changement climatique ne seront pas seulement ignor\u00e9s mais activement sap\u00e9s. Certaines villes et certains \u00c9tats continueront \u00e0 prendre des mesures en faveur du climat, conform\u00e9ment aux souhaits de millions d’Am\u00e9ricains et d’entreprises. Mais au cours des quatre prochaines ann\u00e9es, l’administration am\u00e9ricaine se d\u00e9sengagera dans le meilleur des cas. Dans le pire des cas, elle perturbera activement les efforts mondiaux de lutte contre la crise climatique.<\/p>\n\n\n\n\n\n

\n \n \r\n \r\n \r\n \r\n \r\n <\/picture>\r\n \n
Confluence du fleuve Amazone et du fleuve Negro \u00e0 Manaus, la capitale de l’\u00c9tat d’Amazonas, au Br\u00e9sil, en mars 2024. \u00a9 Wang Tiancong<\/figcaption>\n <\/a>\n<\/figure>\n\n\n

La principale victime du d\u00e9ni de r\u00e9alit\u00e9 de Donald Trump sera les \u00c9tats-Unis eux-m\u00eames. Des progr\u00e8s internationaux significatifs ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s au cours de sa premi\u00e8re pr\u00e9sidence, m\u00eame sans le leadership<\/em> des \u00c9tats-Unis. Aujourd’hui, les arguments en faveur du maintien du cap par les autres pays sont encore plus forts. Les \u00c9tats reconnaissent d\u00e9sormais que leur prosp\u00e9rit\u00e9 future est \u00e9troitement li\u00e9e \u00e0 leur capacit\u00e9 \u00e0 passer \u00e0 une \u00e9nergie propre abondante et aux technologies qui la permettent. Cette prise de conscience entra\u00eene un renouveau de la strat\u00e9gie industrielle et une course intense pour s’assurer une part des industries vertes en pleine expansion. <\/p>\n\n\n\n

Les \u00e9nergies renouvelables sont en plein essor dans le monde entier, la capacit\u00e9 globale augmentant \u00e0 un rythme remarquable, d\u00e9passant r\u00e9guli\u00e8rement les pr\u00e9visions des analystes.<\/p>\n\n\n\n

Gr\u00e2ce \u00e0 la loi sur la r\u00e9duction de l’inflation (IRA) du pr\u00e9sident Biden, les \u00c9tats-Unis ont tir\u00e9 des avantages consid\u00e9rables de la croissance des technologies propres qui, selon l’Agence internationale de l’\u00e9nergie, devraient repr\u00e9senter 2 milliards de dollars d’ici \u00e0 2035 <\/span>4<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Le brusque changement de cap de Donald Trump n’arr\u00eatera pas la dynamique \u00e9conomique mondiale, mais il privera les Am\u00e9ricains de ses b\u00e9n\u00e9fices et co\u00fbtera aux \u00c9tats-Unis leur position de leader dans un domaine strat\u00e9gique clef.<\/p>\n\n\n\n

Au cours des quatre prochaines ann\u00e9es, l’administration am\u00e9ricaine se d\u00e9sengagera dans le meilleur des cas. Dans le pire des cas, elle perturbera activement les efforts mondiaux de lutte contre la crise climatique.<\/p>Laurence Tubiana et Emmanuel Gu\u00e9rin<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n

R\u00e9tablir la dynamique politique<\/h2>\n\n\n\n

Il est cependant ind\u00e9niable que nous nous trouvons dans un creux du cycle politique climatique \u2014 un chemin sinueux fait de hauts et de bas mais dont la tendance pointe plut\u00f4t dans la bonne direction. Ceux qui voudraient revenir sur la bonne voie doivent \u00eatre lucides sur la r\u00e9alit\u00e9 de la situation actuelle et sur les raisons qui l’expliquent.<\/p>\n\n\n\n

Le d\u00e9fi essentiel pour la pr\u00e9sidence br\u00e9silienne de la COP30 est de trouver un moyen d’impliquer les participants et de remettre le changement climatique au premier plan de l’agenda mondial. Lors de la pr\u00e9paration de la COP21 il y a dix ans, la pr\u00e9sidence fran\u00e7aise s’est attach\u00e9e \u00e0 identifier les forces qui poussent \u00e0 une action climatique ambitieuse et celles qui y font obstacle \u2014 la strat\u00e9gie de base \u00e9tant d’amplifier les aspects positifs et d’att\u00e9nuer les aspects n\u00e9gatifs. Il est clair que les conditions qui ont rendu possible l’accord de Paris il y a dix ans ont chang\u00e9. Mais il existe encore aujourd’hui de puissants arguments \u00e0 faire valoir, que la pr\u00e9sidence br\u00e9silienne peut exploiter pour inspirer et mobiliser les participants.<\/p>\n\n\n\n

Le fait que le mouvement mondial en faveur du climat reste fort est fondamental mais encore sous-estim\u00e9. L’id\u00e9e que les citoyens auraient cess\u00e9 de se pr\u00e9occuper du climat est fausse : une enqu\u00eate men\u00e9e aupr\u00e8s de 130 000 personnes dans 125 pays \u2014 repr\u00e9sentant 96 % des \u00e9missions mondiales \u2014 a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que 89 % d’entre elles \u00e9taient favorables \u00e0 une action climatique plus forte <\/span>5<\/sup><\/a><\/span><\/span>. De nombreux responsables politiques et \u00e9conomiques ont interpr\u00e9t\u00e9 \u00e0 tort les pr\u00e9occupations l\u00e9gitimes concernant l’\u00e9quit\u00e9 des politiques de transition comme un rejet de l’action climatique elle-m\u00eame. En France, par exemple, 79 % des personnes interrog\u00e9es estiment que \u00ab ce sont les plus pauvres qui paient pour la crise climatique et \u00e9nerg\u00e9tique, alors que ce sont les plus riches qui en sont responsables \u00bb <\/span>6<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Ils n’ont pas tort : au niveau mondial, les 1 % les plus riches \u00e9mettent autant que les 66 % les plus pauvres r\u00e9unis <\/span>7<\/sup><\/a><\/span><\/span>. M\u00eame dans les \u00e9conomies o\u00f9 les \u00e9missions historiques et par habitant sont les plus faibles, il existe un \u00e9cart important entre les \u00e9missions des plus riches et celles de l’ensemble de la population. Il ne devrait pas y avoir lieu de s’\u00e9tonner que l’introduction de mesures climatiques mal con\u00e7ues et r\u00e9gressives \u2014 qui s’ajoutent \u00e0 ces in\u00e9galit\u00e9s criantes \u2014 suscite des r\u00e9actions n\u00e9gatives.<\/p>\n\n\n\n

Le Br\u00e9sil peut profiter de sa pr\u00e9sidence pour remettre la justice et les citoyens au c\u0153ur de la r\u00e9ponse collective \u00e0 la crise climatique. <\/p>\n\n\n\n

La trag\u00e9die des r\u00e9centes COP est qu’elles ont exclu le moteur le plus puissant du progr\u00e8s climatique : la mobilisation de masse. \u00c0 Bakou et \u00e0 Duba\u00ef, la soci\u00e9t\u00e9 civile et les ONG ont \u00e9t\u00e9 mises \u00e0 l\u2019\u00e9cart, r\u00e9duisant au silence les voix qui ont toujours pouss\u00e9 les gouvernements \u00e0 agir. Le Br\u00e9sil pourrait inverser cette tendance. La ministre br\u00e9silienne du climat, Ana Toni, elle-m\u00eame issue de la soci\u00e9t\u00e9 civile, s’est engag\u00e9e \u00e0 faire de la \u00ab mobilisation \u00bb un th\u00e8me central de la COP30, avec des projets d\u00e9j\u00e0 en cours pour une Assembl\u00e9e mondiale des citoyens et pour un \u00ab bilan \u00e9thique \u00bb.<\/p>\n\n\n\n

Le Br\u00e9sil devrait nous inciter \u00e0 nous rendre compte que la crise climatique n’est plus une menace lointaine : elle est d\u00e9j\u00e0 une r\u00e9alit\u00e9. Les effets du changement climatique nous frappent aujourd’hui de plein fouet. Les vagues de chaleur, les ouragans et les inondations laissent une marque ind\u00e9l\u00e9bile et d\u00e9vastatrice de vies perdues et d’\u00e9conomies perturb\u00e9es. <\/p>\n\n\n\n

La trag\u00e9die des r\u00e9centes COP est qu’elles ont exclu le moteur le plus puissant du progr\u00e8s climatique : la mobilisation de masse.<\/p>Laurence Tubiana et Emmanuel Gu\u00e9rin<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n

Il devient impossible d’ignorer la crise, m\u00eame pour ceux qui sont d\u2019ordinaire les plus enclins \u00e0 la nier. <\/p>\n\n\n\n

Les secteurs de l’assurance et de la r\u00e9assurance se font de plus en plus entendre sur le co\u00fbt de l’inaction malgr\u00e9 les pressions exerc\u00e9es sur le secteur financier pour qu’il fasse profil bas. Aon estime ainsi que les catastrophes naturelles ont caus\u00e9 368 milliards de dollars de pertes \u00e9conomiques dans le monde en 2024, d\u00e9passant les 300 milliards de dollars pour la neuvi\u00e8me ann\u00e9e cons\u00e9cutive <\/span>8<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Seuls 40 % de ces pertes ont \u00e9t\u00e9 couvertes par une assurance, et le \u00ab d\u00e9ficit de protection \u00bb se creusera \u00e0 mesure que les primes augmenteront et que les assureurs se retireront des zones \u00e0 haut risque. Le d\u00e9bat qui d\u00e9chire actuellement la Californie et la Floride \u2014 sur la question de savoir qui doit payer en tant qu’assureur de dernier recours \u2014 ne fera que s’amplifier au fur et \u00e0 mesure que les effets du changement climatique s\u2019aggraveront. Le secteur de l’assurance ne peut pas se permettre de rester neutre vis-\u00e0-vis des combustibles fossiles. S’il continue \u00e0 souscrire et \u00e0 investir dans le secteur qui est \u00e0 l’origine des catastrophes pour lesquelles il paie, il se retrouvera dans une position de plus en plus intenable \u2014 pris en tenaille entre l’augmentation des demandes d’indemnisation, la hausse des primes et la pression croissante des r\u00e9gulateurs, des assur\u00e9s et du public.<\/p>\n\n\n\n\n\n

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La for\u00eat tropicale de Manaus, la capitale de l’\u00c9tat d’Amazonas, au Br\u00e9sil. \u00a9 Wang Tiancong<\/figcaption>\n <\/a>\n<\/figure>\n\n\n

De l\u2019importance de montrer l’exemple et d’avoir un plan<\/h2>\n\n\n\n

Une pr\u00e9sidence r\u00e9ussie de la COP exige plus que la capacit\u00e9 d’\u00e9couter toutes les parties et un engagement en faveur du multilat\u00e9ralisme \u2014 elle exige un leadership<\/em> fort et \u00e9nergique. <\/p>\n\n\n\n

Les pays doivent pr\u00e9senter cette ann\u00e9e leurs plans climatiques actualis\u00e9s (appel\u00e9s \u00ab contributions d\u00e9termin\u00e9es au niveau national \u00bb ou CDN). <\/p>\n\n\n\n

Attendre passivement de recevoir les engagements que les pays choisiront de prendre, \u00e0 leur propre rythme, ne suffira pas \u00e0 susciter l’augmentation collective de l’effort n\u00e9cessaire dans ce moment critique. Le Br\u00e9sil doit tirer parti de son influence et de ses relations diplomatiques pour inciter activement les pays \u00e0 pr\u00e9senter des CDN \u00e0 la fois ambitieuses et cr\u00e9dibles afin de cr\u00e9er une dynamique et une pression vertueuses, qui d\u00e9courageront les engagements trop faibles. Il sera essentiel de donner la priorit\u00e9 \u00e0 l’engagement avec les principaux \u00e9metteurs \u2014 en particulier les pays du G20, qui repr\u00e9sentent \u00e0 eux seuls 80 % des \u00e9missions mondiales. <\/p>\n\n\n\n

Le Br\u00e9sil devrait \u00e9galement s’assurer le soutien de partenaires ambitieux sur le plan climatique, tels que l’Union europ\u00e9enne et le Royaume-Uni, pour mener \u00e0 bien cet effort, tout en reconnaissant qu’il ne peut et ne doit pas assumer seul cette responsabilit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n

Aucun pays ne peut revendiquer de mani\u00e8re r\u00e9aliste un r\u00f4le de leader international s’il ne montre pas d’abord l’exemple. <\/p>\n\n\n\n

Le Br\u00e9sil a \u00e9t\u00e9 l’un des premiers \u00c9tat, avec le Royaume-Uni et les \u00c9mirats arabes unis, \u00e0 pr\u00e9senter sa contribution d\u00e9termin\u00e9e au niveau national (CDN) actualis\u00e9e, s’engageant \u00e0 r\u00e9duire les \u00e9missions nettes de gaz \u00e0 effet de serre de 59 % \u00e0 67 % d’ici 2035, par rapport aux niveaux de 2005. Si la partie sup\u00e9rieure de cet objectif est positive, la partie inf\u00e9rieure n’est pas \u00e0 la hauteur de ce qui est requis pour que le pays apporte sa juste contribution aux n\u00e9cessaires r\u00e9ductions des \u00e9missions mondiales. La priorit\u00e9 du gouvernement doit maintenant \u00eatre de mettre en \u0153uvre correctement cette CDN, en s’appuyant sur des consultations s\u00e9rieuses avec le secteur priv\u00e9, les villes et les \u00c9tats, ainsi que la soci\u00e9t\u00e9 civile. En alignant son \u00ab Plano Clima \u00bb sur le plan de transformation \u00e9cologique du minist\u00e8re des finances, le Br\u00e9sil peut attirer les investissements dont il a besoin pour r\u00e9aliser ses ambitions en mati\u00e8re d’industrialisation verte, y compris sa strat\u00e9gie de \u00ab d\u00e9localisation des pouvoirs \u00bb visant \u00e0 favoriser les p\u00f4les industriels bas\u00e9s sur l’acc\u00e8s \u00e0 des \u00e9nergies renouvelables abondantes et abordables \u2014 91 % de l’\u00e9lectricit\u00e9 br\u00e9silienne est produite \u00e0 partir de sources propres <\/span>9<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n

Le gouvernement a indiqu\u00e9 qu’il souhaitait que la COP30 se concentre sur la \u00ab mise en \u0153uvre \u00bb et le \u00ab retour aux fondamentaux \u00bb. Au lieu de faire de grandes annonces, l’accent sera mis sur des solutions pratiques pour surmonter les obstacles \u00e0 la r\u00e9alisation d’objectifs d\u00e9j\u00e0 convenus lors de n\u00e9gociations ant\u00e9rieures. Cette approche pragmatique est judicieuse. Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, la l\u00e9gitimit\u00e9 du processus de la COP a souffert de l’impression qu’il g\u00e9n\u00e8re plus de rh\u00e9torique et de promesses que de r\u00e9sultats tangibles.<\/p>\n\n\n\n

Mais la mise en \u0153uvre n’est pas qu\u2019un exercice technique. Elle est profond\u00e9ment et intrins\u00e8quement politique. Le succ\u00e8s d\u00e9pend de la capacit\u00e9 \u00e0 naviguer dans les politiques de distribution complexes de l’action climatique \u2014 qui supporte les co\u00fbts d’investissement ? Comment les b\u00e9n\u00e9fices sont partag\u00e9s et comment les dynamiques de pouvoir fa\u00e7onnent-elles la prise de d\u00e9cision ? M\u00eame une \u00ab COP de la mise en \u0153uvre \u00bb ne peut \u00e9luder ces r\u00e9alit\u00e9s. Pour y faire face, il faut une strat\u00e9gie claire qui identifie les domaines clefs dans lesquels des progr\u00e8s sont n\u00e9cessaires et politiquement r\u00e9alisables. Nous avons des suggestions sur la mani\u00e8re dont la pr\u00e9sidence br\u00e9silienne pourrait faire bouger les choses sur certaines des grandes questions \u2014 les finances, les combustibles fossiles et les for\u00eats. Nous mettons \u00e9galement l’accent sur un d\u00e9fi plus fondamental : r\u00e9former la gouvernance climatique afin de r\u00e9\u00e9quilibrer la balance en faveur des personnes les plus vuln\u00e9rables \u00e0 la crise climatique et de celles qui sont les plus d\u00e9sireuses d’agir.<\/p>\n\n\n\n

Le Br\u00e9sil peut profiter de sa pr\u00e9sidence pour remettre la justice et les citoyens au c\u0153ur de la r\u00e9ponse collective \u00e0 la crise climatique. <\/p>Laurence Tubiana et Emmanuel Gu\u00e9rin<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n

Financement de la transition : sortir des sentiers battus<\/h2>\n\n\n\n

Les n\u00e9gociations sur le nouvel objectif de financement de la lutte contre le changement climatique \u2014 ou NCQG selon son acronyme anglais commun\u00e9ment utilis\u00e9 \u2014 \u00e0 Bakou ont \u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement difficiles. <\/p>\n\n\n\n

L’Inde a critiqu\u00e9 l’accord final, qui est loin d’\u00eatre \u00e0 la hauteur des besoins, et qui n’a \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9 qu’apr\u00e8s le d\u00e9brayage de nombreux \u00ab pays les moins avanc\u00e9s \u00bb et \u00ab petits \u00c9tats insulaires en d\u00e9veloppement \u00bb <\/span>10<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Le montant finalement convenu \u2014 300 milliards de dollars par an pour les pays en d\u00e9veloppement d’ici \u00e0 2035 \u2014 est de l\u2019avis g\u00e9n\u00e9ral insuffisant <\/span>11<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Reconnaissant que ce r\u00e9sultat ne serait pas durable, les n\u00e9gociateurs ont adopt\u00e9 la \u00ab feuille de route de Bakou \u00e0 Bel\u00e9m \u00bb, un nouveau processus permettant d’atteindre les 1 300 milliards de dollars par an d’ici \u00e0 2035 qui sont consid\u00e9r\u00e9s comme n\u00e9cessaires.<\/p>\n\n\n\n

La COP29 n’a sans doute pas \u00e9t\u00e9 aid\u00e9e par les facteurs externes qui ont perturb\u00e9 sa pr\u00e9paration et sa tenue \u2014 l’anticipation de la pr\u00e9sidence de Trump par exemple, ainsi qu\u2019une pr\u00e9sidence mal organis\u00e9e en interne. <\/p>\n\n\n\n

Mais ce pi\u00e8tre r\u00e9sultat refl\u00e8te des r\u00e9alit\u00e9s de fond. <\/p>\n\n\n\n

Malgr\u00e9 de solides arguments moraux et \u00e9go\u00efstes en faveur du financement de la lutte contre le changement climatique, la volont\u00e9 des pays d\u00e9velopp\u00e9s d’augmenter de mani\u00e8re significative les subventions ou les transferts vers les pays en d\u00e9veloppement est au mieux limit\u00e9e. M\u00eame l’aide publique au d\u00e9veloppement (APD) traditionnelle a \u00e9t\u00e9 r\u00e9duite ou r\u00e9orient\u00e9e dans de nombreux pays \u00e0 revenu \u00e9lev\u00e9. Nous devons continuer \u00e0 la d\u00e9fendre mais il nous faut \u00eatre lucides sur ce qui est possible \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 la marge de man\u0153uvre budg\u00e9taire est limit\u00e9e, o\u00f9 l’aust\u00e9rit\u00e9 est de mise et o\u00f9 les pr\u00e9occupations li\u00e9es au co\u00fbt de la vie sont tr\u00e8s r\u00e9pandues dans les pays d\u00e9velopp\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n

En clair, dans le contexte \u00e9conomique actuel, il n\u2019y aura pas de miracle. Le Br\u00e9sil et d’autres pays chefs de file en mati\u00e8re de financement de la lutte contre le changement climatique poussent \u00e0 juste titre \u00e0 des r\u00e9formes du syst\u00e8me financier international pour faire face au co\u00fbt beaucoup plus \u00e9lev\u00e9 du capital pour les projets verts dans les pays en d\u00e9veloppement et pour s’assurer que les mandats de la Banque mondiale et du FMI refl\u00e8tent r\u00e9ellement les r\u00e9alit\u00e9s du changement climatique. Ils tentent \u00e9galement \u2014 l\u00e0 encore \u00e0 juste titre \u2014 de trouver des solutions \u00e0 la crise de la dette et des liquidit\u00e9s qui emp\u00eache de nombreux pays en d\u00e9veloppement d’investir dans leur avenir. Ces efforts constituent une contribution clef \u00e0 l\u2019effort global. Mais ils ne suffiront pas \u00e0 combler l’\u00e9cart consid\u00e9rable entre 300 milliards de dollars et 1 300 milliards de dollars par an <\/span>12<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n

De nouvelles politiques audacieuses sont n\u00e9cessaires pour mobiliser des ressources publiques suppl\u00e9mentaires : des arguments solides plaident ainsi en faveur d’imp\u00f4ts progressifs sur les activit\u00e9s \u00e0 forte intensit\u00e9 de carbone et les richesses extr\u00eames. <\/p>\n\n\n\n

Le tabou de la coop\u00e9ration en mati\u00e8re de fiscalit\u00e9 s’\u00e9rode face aux nouvelles r\u00e9alit\u00e9s \u00e9conomiques et politiques.<\/p>Laurence Tubiana et Emmanuel Gu\u00e9rin<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n

Ces taxes pourraient g\u00e9n\u00e9rer des revenus importants tout en \u00e9tendant le principe des \u00ab responsabilit\u00e9s communes mais diff\u00e9renci\u00e9es \u00bb aux industries et aux individus. Les recettes de ces taxes pourraient aider les pays \u00e0 revenu \u00e9lev\u00e9 \u00e0 augmenter le montant du financement de la lutte contre le changement climatique accord\u00e9 aux pays plus pauvres et plus vuln\u00e9rables. Pour les pays en d\u00e9veloppement, elles constitueraient une source suppl\u00e9mentaire de revenus pr\u00e9visibles, leur permettant d’allouer des ressources aux investissements climatiques sans d\u00e9tourner des fonds destin\u00e9s \u00e0 d’autres besoins urgents. Une taxe de 5 dollars par tonne de CO2 sur l’extraction des combustibles fossiles en 2024 g\u00e9n\u00e9rerait environ 216,2 milliards de dollars par an \u2014 tandis qu’un imp\u00f4t minimum mondial sur les milliardaires \u00e9gal \u00e0 2 % de leur richesse g\u00e9n\u00e9rerait environ 200 \u00e0 250 milliards de dollars par an.<\/p>\n\n\n\n

Sous la pr\u00e9sidence de Lula et de son ministre des Finances Fernando Haddad, le Br\u00e9sil a fait progresser de mani\u00e8re significative l’agenda de la justice fiscale mondiale en en faisant une priorit\u00e9 de sa pr\u00e9sidence du G20. Il pourrait faire en sorte que les taxes de solidarit\u00e9 climatique atteignent une masse critique en les pla\u00e7ant au c\u0153ur des discussions financi\u00e8res de la COP30.<\/p>\n\n\n\n

La pr\u00e9sidence br\u00e9silienne peut \u00e9galement s’appuyer sur une dynamique politique, puisque le groupe de travail sur les contributions de solidarit\u00e9 mondiale \u2014 pr\u00e9sid\u00e9 par la Barbade, le Kenya et la France \u2014 compte d\u00e9sormais 17 membres, avec un bon \u00e9quilibre entre les pays du Nord et du Sud. Le tabou de la coop\u00e9ration en mati\u00e8re de fiscalit\u00e9 s’\u00e9rode face aux nouvelles r\u00e9alit\u00e9s \u00e9conomiques et politiques. L’importance de ces pr\u00e9l\u00e8vements a \u00e9t\u00e9 largement reconnue lors des n\u00e9gociations de Bakou, soulign\u00e9e par le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral des Nations unies dans son discours d’ouverture, et de plus en plus refl\u00e9t\u00e9e dans la couverture de la presse financi\u00e8re <\/span>13<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Dans un \u00e9ditorial, le quotidien de r\u00e9f\u00e9rence Financial Times<\/em> a soutenu les taxes sur le pollueur-payeur comme moyen de financer l’action climatique <\/span>14<\/sup><\/a><\/span><\/span>. La Feuille de route de Bakou \u00e0 Bel\u00e9m offre un moyen et une occasion de traduire cet \u00e9lan en un examen s\u00e9rieux du r\u00f4le que ces taxes pourraient jouer pour aider \u00e0 combler le foss\u00e9 des 1000 milliards de financement manquants.<\/p>\n\n\n\n\n\n

\n \n \r\n \r\n \r\n \r\n \r\n <\/picture>\r\n \n
La for\u00eat tropicale de Manaus, la capitale de l’\u00c9tat d’Amazonas, au Br\u00e9sil, en mars 2024. \u00a9 Wang Tiancong<\/figcaption>\n <\/a>\n<\/figure>\n\n\n

Une COP en Amazonie : les for\u00eats au c\u0153ur des n\u00e9gociations climatiques<\/h2>\n\n\n\n

Sous la pr\u00e9sidence de Lula, le Br\u00e9sil a fait de grands progr\u00e8s dans la r\u00e9duction de la d\u00e9forestation en inversant les politiques n\u00e9fastes de son pr\u00e9d\u00e9cesseur, Jair Bolsonaro <\/span>15<\/sup><\/a><\/span><\/span>. <\/p>\n\n\n\n

Le choix de Bel\u00e9m comme ville h\u00f4te souligne la volont\u00e9 du Br\u00e9sil d’utiliser la COP30 pour r\u00e9aliser des progr\u00e8s au niveau international et \u00e9laborer de nouvelles solutions en mati\u00e8re de protection des for\u00eats, d’utilisation durable des terres et d’\u00e9missions li\u00e9es au syst\u00e8me alimentaire. <\/p>\n\n\n\n

Certes, le choix de Bel\u00e9m a suscit\u00e9 des inqui\u00e9tudes et des critiques. Il pr\u00e9sente en effet de v\u00e9ritables d\u00e9fis logistiques. Mais l\u00e0 n\u2019\u00e9tait pas la question : le pr\u00e9sident Lula veut montrer au monde que l’Amazonie n’est pas seulement un bien public mondial, le \u00ab poumon de la plan\u00e8te \u00bb ou une vaste collection d’arbres. C’est aussi un foyer pour les gens : ceux qui vivent dans les for\u00eats, en particulier les communaut\u00e9s indig\u00e8nes dont le mode de vie est profond\u00e9ment affect\u00e9 par la d\u00e9forestation. Mais aussi les millions de personnes qui vivent dans de grandes villes relativement pauvres comme Bel\u00e9m et Manaus. Accueillir la COP30 au c\u0153ur de l’Amazonie obligera le monde \u00e0 la voir pour ce qu’elle est vraiment : c’est une d\u00e9cision courageuse.<\/p>\n\n\n\n

L’organisation d’une COP dans un pays tr\u00e8s bois\u00e9 et tr\u00e8s agricole changera la dynamique du d\u00e9bat. Elle mettra en doute le bluff de nombreux acteurs du march\u00e9 volontaire de compensation des \u00e9missions de carbone qui pr\u00e9tendent faire partie de la solution tout en offrant \u00e0 ceux qui luttent contre la d\u00e9forestation des prix d\u00e9risoires pour les cr\u00e9dits de carbone. Les march\u00e9s du carbone peuvent avoir un r\u00f4le \u00e0 jouer, mais leurs ant\u00e9c\u00e9dents montrent qu’ils ne peuvent que compl\u00e9ter les investissements r\u00e9els \u2014 non les remplacer. Nous n\u2019avons pas besoin d’un syst\u00e8me qui permette aux pollueurs d’acheter leur libert\u00e9 d’action \u2014 quatre cr\u00e9dits carbone sur dix sont utilis\u00e9s par des entreprises de combustibles fossiles <\/span>16<\/sup><\/a><\/span><\/span> \u2014 mais d’un financement s\u00e9rieux des efforts \u00e0 grande \u00e9chelle pour lutter contre la d\u00e9forestation et la perte de biodiversit\u00e9 \u2014 des efforts qui respectent v\u00e9ritablement les droits et les moyens de subsistance de ceux qui vivent dans les for\u00eats et \u00e0 proximit\u00e9 de celles-ci.<\/p>\n\n\n\n

Accueillir la COP30 au c\u0153ur de l’Amazonie obligera le monde \u00e0 la voir pour ce qu’elle est vraiment : c’est une d\u00e9cision courageuse.<\/p>Laurence Tubiana et Emmanuel Gu\u00e9rin<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n

Le Fonds pour les for\u00eats tropicales \u00e9ternelles (ou \u00ab TFFF \u00bb), lanc\u00e9 en 2023 \u00e0 l’initiative du Br\u00e9sil, offre un mod\u00e8le alternatif prometteur pour pr\u00e9server les for\u00eats tropicales encore debout \u2014 ce qui est une priorit\u00e9 \u00e0 la fois d’un point de vue \u00e9conomique, climatique et en termes de biodiversit\u00e9 <\/span>17<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Il vise \u00e0 r\u00e9mun\u00e9rer \u00e9quitablement les pays pour leur gestion des for\u00eats tropicales en mettant l’accent sur l’implication \u00e9troite des populations autochtones et locales. Contrairement \u00e0 de nombreuses solutions fond\u00e9es sur la nature qui reposent sur des subventions ou des financements \u00e0 plus petite \u00e9chelle, elle utilise des m\u00e9canismes de financement novateurs pour mobiliser des capitaux priv\u00e9s importants pour chaque dollar vers\u00e9 par les pays donateurs.<\/p>\n\n\n\n

Le TFFF a l’intelligence de distinguer clairement la \u00ab d\u00e9forestation \u00e9vit\u00e9e \u00bb, le reboisement \u2014 la plantation de nouveaux arbres \u2014 et la gestion durable des for\u00eats, que les march\u00e9s du carbone consid\u00e8rent trop souvent comme interchangeables en d\u00e9pit de leurs implications environnementales tr\u00e8s diff\u00e9rentes. Bien mis en \u0153uvre, ce Fonds pourrait changer la donne. Des questions subsistent quant \u00e0 la mani\u00e8re dont les m\u00e9canismes environnementaux et le mod\u00e8le \u00e9conomique qu’il finance fonctionneront dans la pratique. La COP30 est l’occasion pour le Br\u00e9sil de collaborer avec ses partenaires, en particulier avec d’autres pays poss\u00e9dant des for\u00eats tropicales, afin de d\u00e9terminer avec pr\u00e9cision comment l’argent sera achemin\u00e9 vers ceux qui en ont besoin sur le terrain, en garantissant une bonne gouvernance et un partage \u00e9quitable des b\u00e9n\u00e9fices.<\/p>\n\n\n\n

Enfin, les syst\u00e8mes alimentaires se sont r\u00e9v\u00e9l\u00e9s \u00eatre l’un des secteurs les plus difficiles \u00e0 d\u00e9carboner, bien qu’ils soient particuli\u00e8rement vuln\u00e9rables au changement climatique. Une puissance agricole comme le Br\u00e9sil ne le sait que trop bien, il s’agit d’un sujet vaste et complexe qui comporte de nombreuses sensibilit\u00e9s \u00e9conomiques et politiques. La pr\u00e9sidence br\u00e9silienne serait bien avis\u00e9e de choisir ses batailles. L’un des domaines pratiques \u00e0 am\u00e9liorer lors de la COP30 concernera le d\u00e9veloppement de r\u00e9gimes de certification plus solides, qui permettent de v\u00e9rifier si les pratiques agricoles respectent les normes de durabilit\u00e9 et fournissent un signal de march\u00e9 pour encourager des m\u00e9thodes de production plus respectueuses du climat. La certification des cultures \u2014 telles que le soja et le caf\u00e9 \u2014 est relativement avanc\u00e9e. Mais les normes pour le b\u00e9tail \u2014 en particulier les bovins \u2014 sont beaucoup moins d\u00e9velopp\u00e9es. Un accord visant \u00e0 \u00e9lever les normes de certification du b\u00e9tail au m\u00eame niveau que celles des cultures n’est pas irr\u00e9aliste et pourrait r\u00e9ellement faire la diff\u00e9rence. L’\u00e9tablissement d’un niveau de r\u00e9f\u00e9rence international plus \u00e9lev\u00e9 constituerait \u00e9galement une base solide pour des accords de reconnaissance mutuelle dans le cadre de partenariats de commerce et d’investissement propres entre les pays \u2014 tels que le nouveau mod\u00e8le promis par la Commission europ\u00e9enne.<\/p>\n\n\n\n

La riposte des combustibles fossiles<\/h2>\n\n\n\n

Lors de la COP28 \u00e0 Duba\u00ef, les pays se sont enfin attaqu\u00e9s \u00e0 la principale cause des \u00e9missions de carbone et du changement climatique : la combustion des \u00e9nergies fossiles. <\/p>\n\n\n\n

Ils ont convenu, dans le \u00ab Consensus des \u00c9mirats arabes unis \u00bb, d’abandonner les combustibles fossiles tout en s’engageant \u00e0 tripler la capacit\u00e9 mondiale en mati\u00e8re d’\u00e9nergies renouvelables et \u00e0 doubler l’efficacit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique d’ici 2030 <\/span>18<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n

Ce consensus a \u00e9t\u00e9 salu\u00e9 par beaucoup comme une avanc\u00e9e \u2014 et comment\u00e9 comme un triomphe diplomatique pour les \u00c9mirats arabes unis. <\/p>\n\n\n\n

Pour l’instant, son impact est toutefois surtout rh\u00e9torique.<\/p>\n\n\n\n

Bien que la capacit\u00e9 des \u00e9nergies renouvelables augmente rapidement dans le monde entier, elle compl\u00e8te jusqu’\u00e0 pr\u00e9sent les sources d’\u00e9nergie \u00e0 forte intensit\u00e9 de carbone, au lieu de les remplacer. Des donn\u00e9es r\u00e9centes de l’AIE montrent que les combustibles fossiles r\u00e9pondront aux deux tiers de la nouvelle demande d’\u00e9nergie en 2023 <\/span>19<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Apr\u00e8s une br\u00e8ve p\u00e9riode d’alignement suppos\u00e9 sur la transition \u00e9nerg\u00e9tique, les entreprises de combustibles fossiles reviennent sur leurs engagements de r\u00e9duire l’expansion future du p\u00e9trole et du gaz et de r\u00e9orienter leurs investissements vers les \u00e9nergies propres. Elles revoient \u00e0 la hausse leurs pr\u00e9visions de demande \u2014 en contradiction directe avec les pr\u00e9visions de l’AIE qui pr\u00e9voit un pic p\u00e9trolier avant 2030 <\/span>20<\/sup><\/a><\/span><\/span> \u2014 et augmentent leurs budgets d’exploration et d’investissement pour les d\u00e9cennies \u00e0 venir. Il s’agit d’un pari selon lequel, malgr\u00e9 le risque croissant d’actifs fossiles \u00e9chou\u00e9s, la transition \u00e9nerg\u00e9tique sera plus lente ou plus in\u00e9gale qu’on ne le pensait auparavant.<\/p>\n\n\n\n

Le regain de confiance des \u00e9metteurs est d\u00fb \u00e0 plusieurs facteurs. Les profits records r\u00e9alis\u00e9s \u00e0 la suite de la flamb\u00e9e des prix de l’\u00e9nergie provoqu\u00e9e par la guerre de la Russie de Poutine en Ukraine lui ont donn\u00e9 une assise financi\u00e8re, une influence politique et lui ont permis de retrouver une certaine respectabilit\u00e9. La coalition carbone s’est pr\u00e9sent\u00e9e comme faisant partie int\u00e9grante de la s\u00e9curit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique \u2014 une affirmation absurde, \u00e9tant donn\u00e9 que la d\u00e9pendance aux combustibles fossiles a \u00e9t\u00e9 la cause premi\u00e8re de la crise \u00e9nerg\u00e9tique de l’Europe. Aux \u00c9tats-Unis, le pr\u00e9sident Trump s\u2019est fait le chantre inconditionnel du \u00ab drill, baby, drill<\/em> \u00bb tandis que le secteur de l’IA et de la technologie, avide d’\u00e9nergie \u2014 avec lequel il a forg\u00e9 une alliance improbable<\/a> \u2014, pr\u00f4ne une strat\u00e9gie \u00ab d’abondance \u00e9nerg\u00e9tique \u00bb dans laquelle l’\u00e9lectricit\u00e9 produite \u00e0 partir du gaz est appel\u00e9e \u00e0 jouer un r\u00f4le clef <\/span>21<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n

L’industrie des combustibles fossiles pr\u00e9conise depuis longtemps un r\u00f4le important pour le captage et le stockage du carbone. Mais il s\u2019agit davantage d\u2019une tactique de retardement que d\u2019une proposition s\u00e9rieuse \u00e9tant donn\u00e9 que l’AIE estime que pour parvenir \u00e0 des \u00e9missions nettes nulles par le captage direct du carbone, il faudrait utiliser plus d’\u00e9lectricit\u00e9 que la demande totale d’\u00e9lectricit\u00e9 aujourd’hui <\/span>22<\/sup><\/a><\/span><\/span>. D\u00e9sormais, l’industrie ne se contente plus de promouvoir des solutions inapplicables : elle s’oppose \u00e0 nouveau activement \u00e0 l’id\u00e9e m\u00eame que ses \u00e9missions constituent un probl\u00e8me.<\/p>\n\n\n\n

Lors de la COP29 \u00e0 Bakou, de nombreuses voix puissantes n’ont pas cherch\u00e9 \u00e0 cacher leur m\u00e9pris pour le Consensus des \u00c9mirats arabes unis adopt\u00e9 seulement un an plus t\u00f4t. Le pr\u00e9sident de l’Azerba\u00efdjan, Ilham Aliyev, a qualifi\u00e9 le p\u00e9trole et le gaz de \u00ab don des dieux \u00bb <\/span>23<\/sup><\/a><\/span><\/span> et le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de l’OPEP a eu des mots similaires <\/span>24<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Une minorit\u00e9 de pays \u2014 manifestement en proie au syndrome du \u00ab regret de l’acheteur \u00bb \u2014 a tent\u00e9 d’\u00e9dulcorer le langage depuis Duba\u00ef, notamment lors de la COP29 et du Sommet de l’avenir de l’ONU.<\/p>\n\n\n\n

D\u00e9sormais, l’industrie ne se contente plus de promouvoir des solutions inapplicables : elle s’oppose \u00e0 nouveau activement \u00e0 l’id\u00e9e m\u00eame que ses \u00e9missions constituent un probl\u00e8me.<\/p>Laurence Tubiana et Emmanuel Gu\u00e9rin<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n

Un dialogue structur\u00e9 sur les obstacles \u00e0 la transition \u00e9nerg\u00e9tique<\/h2>\n\n\n\n

Cette r\u00e9sistance s’explique en grande partie par le lobbying cynique habituel de ceux qui profitent de l’\u00e9conomie des combustibles fossiles. Mais la r\u00e9alit\u00e9 est que, pour de nombreux pays en d\u00e9veloppement, les revenus tir\u00e9s des combustibles fossiles restent une bou\u00e9e de sauvetage et que les implications budg\u00e9taires de la transition vers l’abandon de ces combustibles sont s\u00e9rieuses. Elles ne peuvent \u00eatre ni \u00e9cart\u00e9es ni prises \u00e0 la l\u00e9g\u00e8re et doivent \u00eatre trait\u00e9es avec prudence et de mani\u00e8re progressive.<\/p>\n\n\n\n

Prenons l’exemple de la Colombie, pour laquelle les combustibles fossiles repr\u00e9sentent environ la moiti\u00e9 de ses exportations, deux tiers de sa consommation finale d’\u00e9nergie et 3 \u00e0 6 % de son PIB <\/span>25<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Son gouvernement reconna\u00eet qu’il ne s’agit pas seulement d’un probl\u00e8me environnemental mais aussi d’une d\u00e9pendance excessive et risqu\u00e9e \u00e0 l’\u00e9gard d’une seule mati\u00e8re premi\u00e8re, et il s’est efforc\u00e9 de r\u00e9duire progressivement sa production, notamment en interrompant l’octroi de nouveaux permis de prospection et de forage p\u00e9troliers. Mais ces efforts ont jusqu’\u00e0 pr\u00e9sent d\u00e9clench\u00e9 des r\u00e9actions nerveuses de la part des march\u00e9s de devises et de la dette ainsi que des agences de notation \u2014 ce qui ajoute aux pressions \u00e9conomiques auxquelles le pays est confront\u00e9.<\/p>\n\n\n\n

Il s’agit l\u00e0 d’un arbitrage exceptionnellement difficile : trouver un \u00e9quilibre entre l’imp\u00e9ratif de l’action climatique et la n\u00e9cessit\u00e9 d’assurer l’avenir \u00e0 long terme du pays d’une part, et maintenir une stabilit\u00e9 fiscale et macro\u00e9conomique imm\u00e9diate de l\u2019autre.<\/p>\n\n\n\n

L’Indon\u00e9sie, qui a de mani\u00e8re courageuse annonc\u00e9 lors de la COP29 son ambition d’\u00e9liminer progressivement le charbon dans un d\u00e9lai de quinze ans seulement <\/span>26<\/sup><\/a><\/span><\/span>, sera confront\u00e9e \u00e0 bon nombre des m\u00eames obstacles fiscaux, ainsi qu’\u00e0 un ensemble plus large de d\u00e9fis sociaux et d’\u00e9conomie politique que m\u00eame les pays tr\u00e8s d\u00e9velopp\u00e9s o\u00f9 les capacit\u00e9s de l\u2019\u00c9tat sont avanc\u00e9es ont du mal \u00e0 g\u00e9rer.<\/p>\n\n\n\n\n\n

\n \n \r\n \r\n \r\n \r\n \r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\n

La COP30 est l’occasion de s’attaquer \u00e0 ces obstacles structurels de mani\u00e8re syst\u00e9matique, en organisant un dialogue entre les importateurs et les exportateurs de combustibles fossiles et les industries \u2014 tant du c\u00f4t\u00e9 de la production que de celui de la consommation. Un tel dialogue pourrait s’attaquer aux politiques enracin\u00e9es et \u00e0 la d\u00e9pendance fiscale que les opposants \u00e0 la transition exploitent pour retarder l’action. Il pourrait permettre de sortir du dilemme perp\u00e9tuel de la \u00ab poule et de l’\u0153uf \u00bb entre l’offre et la demande et de faire face aux risques suppl\u00e9mentaires li\u00e9s au fait d’\u00eatre le \u00ab premier \u00e0 agir \u00bb.<\/p>\n\n\n\n

Concr\u00e8tement, le dialogue pourrait d\u00e9boucher sur un accord visant \u00e0 g\u00e9n\u00e9raliser l’approche adopt\u00e9e par certains \u00c9tats br\u00e9siliens comme celui d’Esp\u00edrito Santo, qui consiste \u00e0 hypoth\u00e9quer les redevances p\u00e9troli\u00e8res pour contribuer au financement de l’adaptation au climat et de la transition \u00e9nerg\u00e9tique. Il pourrait \u00e9galement favoriser un consensus sur un ensemble plus large de politiques visant \u00e0 diversifier progressivement l’\u00e9conomie et \u00e0 \u00e9largir l’assiette fiscale des pays, afin de les aider \u00e0 r\u00e9duire leur d\u00e9pendance \u00e0 l’\u00e9gard des recettes tir\u00e9es des combustibles fossiles d’une mani\u00e8re durable et \u00e9quitable.<\/p>\n\n\n\n

La COP30 est l’occasion de s’attaquer \u00e0 ces obstacles structurels de mani\u00e8re syst\u00e9matique, en organisant un dialogue entre les importateurs et les exportateurs de combustibles fossiles et les industries \u2014 tant du c\u00f4t\u00e9 de la production que de celui de la consommation. <\/p>Laurence Tubiana et Emmanuel Gu\u00e9rin<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n

Les trois derni\u00e8res COP \u2014 toutes accueillies par des producteurs de combustibles fossiles \u2014 ont \u00e9t\u00e9 des occasions manqu\u00e9es d’organiser un d\u00e9bat plus approfondi de ce type. <\/p>\n\n\n\n

Le Br\u00e9sil \u2014 qui est lui-m\u00eame le cinqui\u00e8me exportateur mondial de p\u00e9trole brut <\/span>27<\/sup><\/a><\/span><\/span> \u2014 est id\u00e9alement plac\u00e9 pour enclencher ce que ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs n’ont pas pu faire : pour l’instant, il n’est ni un pr\u00e9curseur dans la transition vers l’abandon des combustibles fossiles, ni un frein. En tout \u00e9tat de cause, il ne sera pas le producteur du dernier baril de p\u00e9trole. Si la transition se fait dans une logique purement \u00e9conomique, ce sera l’Arabie Saoudite \u2014 qui b\u00e9n\u00e9ficie des co\u00fbts de production les plus bas. Si la transition est organis\u00e9e de mani\u00e8re \u00e9quitable, ce sera un pays d’Afrique. Le choix du Br\u00e9sil est donc : soit de suivre passivement une transition plus lente \u2014 dont il ne b\u00e9n\u00e9ficiera pas particuli\u00e8rement \u2014, soit de participer activement \u00e0 l’acc\u00e9l\u00e9ration de la sortie des fossiles. Les indications de la pr\u00e9sidence br\u00e9silienne montrent que le pays souhaite s\u2019inscrire dans la deuxi\u00e8me voie et que la COP30 a un r\u00f4le clef \u00e0 jouer pour y parvenir. Pour cela, le Br\u00e9sil m\u00e9rite d’\u00eatre f\u00e9licit\u00e9 : dans ces circonstances, personne ne l’aurait bl\u00e2m\u00e9 s’il avait choisi de concentrer ses \u00e9nergies ailleurs.<\/p>\n\n\n\n

Belem+10 : r\u00e9former un syst\u00e8me sous tension<\/h2>\n\n\n\n

\u00c0 tort ou \u00e0 raison, la pr\u00e9sidence br\u00e9silienne devra tenir compte du fait que de nombreux progressistes perdent confiance dans le syst\u00e8me international de gouvernance climatique. Certaines voix \u00e9minentes, frustr\u00e9es par la lenteur des progr\u00e8s et la capacit\u00e9 d’une minorit\u00e9 \u00e0 bloquer l’action, se demandent si ce format consensuel et hautement proc\u00e9dural est adapt\u00e9 \u00e0 l’urgence de la crise <\/span>28<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n

Ces frustrations sont compr\u00e9hensibles, mais les critiques bien intentionn\u00e9s ne doivent pas oublier que la nature multilat\u00e9rale du syst\u00e8me est pr\u00e9cis\u00e9ment ce qui fonde sa l\u00e9gitimit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n

L’accord de Paris n’a \u00e9t\u00e9 conclu que parce que tous les pays, y compris les plus vuln\u00e9rables au changement climatique \u2014 comme les petits \u00c9tats insulaires en d\u00e9veloppement \u2014 ont eu leur mot \u00e0 dire sur leur propre destin, ce qui n’aurait jamais \u00e9t\u00e9 le cas si les n\u00e9gociations sur le climat avaient \u00e9t\u00e9 pond\u00e9r\u00e9es par la puissance \u00e9conomique ou les \u00e9missions. N\u00e9anmoins, une certaine r\u00e9forme est n\u00e9cessaire, et la secousse provoqu\u00e9e par le retrait des \u00c9tats-Unis peut donner l’impulsion requise pour renforcer et restaurer la voix de ceux qui sont les plus touch\u00e9s par la crise climatique.<\/p>\n\n\n\n

Un changement important consisterait \u00e0 donner un r\u00f4le formel aux villes et aux r\u00e9gions dans le processus de gouvernance climatique. Les acteurs \u00ab infranationaux \u00bb sont en premi\u00e8re ligne de la lutte contre le changement climatique et constituent souvent un filet de s\u00e9curit\u00e9 essentiel lorsque les gouvernements nationaux n’agissent pas. <\/p>\n\n\n\n

Cela a \u00e9t\u00e9 mis en \u00e9vidence pendant la premi\u00e8re pr\u00e9sidence de Trump, lorsque les villes et les \u00c9tats \u00e0 travers les \u00c9tats-Unis se sont engag\u00e9s \u00e0 continuer \u00e0 r\u00e9duire les \u00e9missions malgr\u00e9 l’inaction f\u00e9d\u00e9rale, et de la m\u00eame mani\u00e8re au Br\u00e9sil sous le gouvernement anti-climat de Bolsonaro. Une fa\u00e7on de formaliser leur r\u00f4le serait de les inclure dans le bilan mondial, qui a lieu tous les cinq ans \u2014 le premier a \u00e9t\u00e9 conclu lors de la COP28 \u2014, ce qui permettrait de reconna\u00eetre leurs efforts et leurs progr\u00e8s et de relever les d\u00e9fis auxquels ils sont confront\u00e9s. Cette d\u00e9marche doit s’accompagner d’un changement culturel visant \u00e0 inclure syst\u00e9matiquement les collectivit\u00e9s territoriales dans l’\u00e9laboration des politiques nationales en mati\u00e8re de climat, y compris les CDN. Bien que des progr\u00e8s aient \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s \u00e0 cet \u00e9gard, les villes, les r\u00e9gions et les gouvernements d\u00e9centralis\u00e9s sont encore trop souvent laiss\u00e9s pour compte et doivent mettre en \u0153uvre des plans sur lesquels ils n’ont pas \u00e9t\u00e9 suffisamment consult\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n

Il est \u00e9galement urgent de renforcer la responsabilit\u00e9 des engagements volontaires pris par le secteur priv\u00e9 lors des COP. <\/p>\n\n\n\n

La COP30 pourrait laisser un h\u00e9ritage transformateur.<\/p>Laurence Tubiana et Emmanuel Gu\u00e9rin<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n

Trop souvent, cette plateforme est utilis\u00e9e pour faire des promesses ambitieuses sans que l’on sache vraiment si elles seront tenues \u2014 l\u2019occasion de se racheter une r\u00e9putation verte sans cons\u00e9quences r\u00e9elles en cas de manquement. Ces engagements sont souvent vagues, difficiles \u00e0 mesurer et d\u00e9connect\u00e9s des plans nationaux de lutte contre le changement climatique. Les r\u00e8gles r\u00e9gissant ces engagements doivent \u00eatre renforc\u00e9es. L’octroi d’une tribune \u00e0 la COP devrait par exemple \u00eatre subordonn\u00e9 \u00e0 la pr\u00e9sentation de rapports r\u00e9guliers et transparents sur les progr\u00e8s accomplis, avec des crit\u00e8res clairs pour l’\u00e9valuation des r\u00e9sultats. Le cas \u00e9ch\u00e9ant, ces initiatives volontaires devraient \u00eatre directement li\u00e9es ou int\u00e9gr\u00e9es aux CDN des pays, afin de garantir qu’elles soient soumises au m\u00eame examen et \u00e0 la m\u00eame responsabilit\u00e9 que les engagements gouvernementaux. En outre, l’exp\u00e9rience et les connaissances du secteur priv\u00e9 devraient \u00eatre rationalis\u00e9es dans les diff\u00e9rents processus de mise en \u0153uvre de l’Accord de Paris.<\/p>\n\n\n\n

Parall\u00e8lement, de nouveaux m\u00e9canismes sont n\u00e9cessaires pour renforcer l’interaction entre les COP et l’Accord de Paris avec les institutions financi\u00e8res internationales.<\/p>\n\n\n\n

Alors que des institutions telles que le FMI et la Banque mondiale ont fait de r\u00e9els efforts pour aligner leurs op\u00e9rations sur les objectifs de l’Accord de Paris, ils pourraient \u00eatre rendus beaucoup plus efficaces si les COP \u00e9taient habilit\u00e9es \u00e0 leur demander de rendre compte officiellement de leurs actions pour s’aligner sur les objectifs de l’Accord de Paris. Tout comme le G20 donne des mandats \u00e0 des institutions telles que le Conseil de stabilit\u00e9 financi\u00e8re, le processus de la COP devrait \u00eatre en mesure de demander aux institutions financi\u00e8res internationales d’augmenter le financement climatique, d’ajuster les cadres de pr\u00eat et de veiller \u00e0 ce que leurs op\u00e9rations respectent les engagements pris dans le cadre de l’Accord de Paris.<\/p>\n\n\n\n

La proposition du Br\u00e9sil d’\u00e9tablir un Conseil du changement climatique (CCC) sous l’\u00e9gide des Nations unies pourrait jouer un r\u00f4le important pour relever le d\u00e9fi plus large de la coordination et de la mise en \u0153uvre. Comme l’a soulign\u00e9 le pr\u00e9sident Lula lors du sommet du G20 \u00e0 Rio de Janeiro, le CCC contribuerait \u00e0 rassembler le paysage fragment\u00e9 des diff\u00e9rents acteurs et processus pour s’aligner plus efficacement sur les objectifs de l’accord de Paris <\/span>29<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Sur le mod\u00e8le du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, le Br\u00e9sil envisage la cr\u00e9ation du CCC \u00e0 travers une r\u00e9solution de l’Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale des Nations unies en 2026.<\/p>\n\n\n\n

Bien entendu, toute r\u00e9forme qui donne la priorit\u00e9 \u00e0 l’ambition et \u00e0 la responsabilit\u00e9 sur la capacit\u00e9 des retardataires \u00e0 entraver le progr\u00e8s se heurtera \u00e0 une r\u00e9sistance farouche. <\/p>\n\n\n\n

Il est peu probable que ceux qui profitent de l’inertie du syst\u00e8me actuel abandonnent leur capacit\u00e9 \u00e0 bloquer l’action sans se battre. Mais si le Br\u00e9sil, en collaboration avec des partenaires clefs tels que d’autres pays \u00e9mergents et l’Europe, est pr\u00eat \u00e0 mener cette charge, la COP30 pourrait laisser un h\u00e9ritage transformateur.<\/p>\n\n\n\n

Au-del\u00e0 du souvenir de Paris+10, elle pourrait marquer le d\u00e9but d’une \u00e8re \u00ab Bel\u00e9m+10 \u00bb \u2014 une \u00e8re qui, dans dix ans, sera consid\u00e9r\u00e9e comme le moment o\u00f9 le syst\u00e8me a \u00e9volu\u00e9 pour r\u00e9pondre \u00e0 l’urgence et \u00e0 l’ampleur de la crise climatique. Et le d\u00e9but d’une remontada<\/em> environnementale <\/em>\u2014 un retour \u00e0 l’unit\u00e9, \u00e0 l’\u00e9quit\u00e9 et \u00e0 une mission men\u00e9e par les gens pour mettre le monde sur la bonne voie.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"

Dix ans apr\u00e8s les Accords de Paris, une strat\u00e9gie pour la COP30 dans le Br\u00e9sil de Lula.<\/p>\n

Par Laurence Tubiana et Emmanuel Gu\u00e9rin.<\/p>\n","protected":false},"author":10,"featured_media":266587,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"templates\/post-editorials.php","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_trash_the_other_posts":false,"footnotes":""},"categories":[1730],"tags":[],"geo":[525],"class_list":["post-266593","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-energie-et-environnement","staff-emmanuel-guerin","staff-laurence-tubiana","geo-ameriques"],"acf":[],"yoast_head":"\nR\u00e9sister \u00e0 l'Empire des puissances fossiles\u00a0 | Le Grand Continent<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2025\/03\/05\/resister-a-lempire-des-puissances-fossiles\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"R\u00e9sister \u00e0 l'Empire des puissances fossiles\u00a0 | Le Grand Continent\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Dix ans apr\u00e8s les Accords de Paris, une strat\u00e9gie pour la COP30 dans le Br\u00e9sil de Lula. 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