Federico Fubini<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\nC\u2019est l\u00e0 que les promesses de la campagne entrent en jeu ?<\/h3>\n\n\n\n
En effet, et il faut comprendre ce que cela signifie. Ces 2 000 milliards de dollars suppl\u00e9mentaires que le Tr\u00e9sor am\u00e9ricain doit attirer chaque ann\u00e9e aupr\u00e8s de nouveaux investisseurs viennent s\u2019ajouter \u00e0 la dette des agences semi-publiques et aux plans de r\u00e9ductions fiscales, qui co\u00fbteront encore des centaines de milliards de dollars par an. En somme, le gouvernement am\u00e9ricain doit pr\u00e9lever pr\u00e8s de 3 000 milliards de dollars suppl\u00e9mentaires chaque ann\u00e9e sur le march\u00e9 mondial et aupr\u00e8s des banques centrales des autres pays. Et il doit le faire sans que les taux d\u2019int\u00e9r\u00eat augmentent. Si les taux venaient \u00e0 grimper, le co\u00fbt de la dette publique et priv\u00e9e aux \u00c9tats-Unis deviendrait insoutenable, exposant le pays \u00e0 une grave r\u00e9cession, avec des cons\u00e9quences potentiellement catastrophiques pour le dollar, son statut de monnaie de r\u00e9serve mondiale, ainsi que pour un march\u00e9 boursier de Wall Street d\u00e9j\u00e0 fragile et d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9. <\/p>\n\n\n\n
Mais \u00e9mettre chaque ann\u00e9e 3 000 milliards de dollars en titres publics et semi-publics n\u2019est pas anodin. Ce montant est quasiment \u00e9quivalent \u00e0 la croissance \u00e9conomique nette mondiale annuelle, estim\u00e9e \u00e0 environ 3 %. Cela signifie que presque tous les nouveaux flux d\u2019\u00e9pargne des pays du monde entier devraient \u00eatre d\u00e9tourn\u00e9s vers le financement du d\u00e9ficit am\u00e9ricain. <\/p>\n\n\n\n
Est-ce la condition pour financer la r\u00e9duction des imp\u00f4ts ?<\/h3>\n\n\n\n
C\u2019est en effet une condition n\u00e9cessaire : Trump ne peut r\u00e9duire davantage les imp\u00f4ts des multinationales am\u00e9ricaines et des grandes fortunes sans parvenir \u00e0 rediriger ces flux vers les \u00c9tats-Unis. Comme on le sait, les personnes les plus riches du monde \u2014 Elon Musk, Mark Zuckerberg (Meta-Facebook), Jeff Bezos (Amazon) \u2014 ne paient pratiquement pas d\u2019imp\u00f4ts sur leurs revenus personnels, et leurs entreprises en paient relativement peu. Pire encore, Trump exerce d\u00e9j\u00e0 des pressions sur les pays europ\u00e9ens pour qu\u2019ils renoncent aux accords internationaux n\u00e9goci\u00e9s au sein de l\u2019OCDE visant \u00e0 augmenter la taxation des grandes entreprises technologiques am\u00e9ricaines.<\/p>\n\n\n\n
Une question purement g\u00e9opolitique se pose \u00e0 ce stade : la Chine ne peut-elle pas faire d\u00e9railler ce processus ?<\/h3>\n\n\n\n
Absolument. On peut d\u2019ailleurs se poser la question : est-il cr\u00e9dible que la Chine continue \u00e0 financer le nouveau et croissant d\u00e9ficit public de son grand rival \u2014 alors que P\u00e9kin d\u00e9tient d\u00e9j\u00e0 pr\u00e8s de 800 milliards de dollars en titres am\u00e9ricains \u2014 lui permettant ainsi de vivre au-dessus de ses moyens tout en renfor\u00e7ant sa propre d\u00e9fense ?<\/p>\n\n\n\n
Mais cette question ne concerne pas uniquement la Chine. Elle se pose \u00e9galement aux grands d\u00e9tenteurs de dette am\u00e9ricaine, comme le Japon \u2014 qui d\u00e9tient d\u00e9j\u00e0 au moins 1 100 milliards de dollars de dette am\u00e9ricaine \u2014 ou l\u2019Union europ\u00e9enne.<\/p>\n\n\n\n