{"id":257814,"date":"2025-01-09T14:38:33","date_gmt":"2025-01-09T13:38:33","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=257814"},"modified":"2025-01-09T16:21:01","modified_gmt":"2025-01-09T15:21:01","slug":"negocier-avec-poutine-et-trump-trois-propositions-pour-mettre-fin-a-la-guerre-dukraine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2025\/01\/09\/negocier-avec-poutine-et-trump-trois-propositions-pour-mettre-fin-a-la-guerre-dukraine\/","title":{"rendered":"N\u00e9gocier avec Poutine et Trump : trois propositions pour mettre fin \u00e0 la guerre d\u2019Ukraine"},"content":{"rendered":"\n
Si vous nous lisez r\u00e9guli\u00e8rement et souhaitez soutenir une r\u00e9daction ind\u00e9pendante, nous vous demandons de\u00a0penser \u00e0 vous abonner au Grand Continent<\/a><\/em><\/p>\n\n\n\n Lors de sa campagne pr\u00e9sidentielle, le pr\u00e9sident \u00e9lu Donald Trump a d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises qu’il mettrait fin \u00e0 la guerre en Ukraine en vingt-quatre heures<\/a>. Mais m\u00eame s\u2019il tentait de forcer les Ukrainiens \u00e0 capituler, il ne serait de toute fa\u00e7on pas possible de mettre fin \u00e0 cette guerre aussi rapidement. Les Ukrainiens ne se laisseront pas faire si facilement et Trump ne devrait pas chercher \u00e0 obtenir leur capitulation totale : si Kiev capitulait, il sortirait perdant.<\/p>\n\n\n\n Dans la tradition de la diplomatie russe qui voit dans les relations internationales un jeu \u00e0 somme nulle, le pr\u00e9sident Vladimir Poutine tient \u00e0 infliger une d\u00e9faite d\u00e9vastatrice \u00e0 l’Ukraine et, partant, \u00e0 ses partenaires de l’OTAN \u2014 les \u00c9tats-Unis au premier chef. L\u2019objectif affich\u00e9 de Poutine est \u00ab d’\u00e9viter la d\u00e9faite strat\u00e9gique de la Russie par l’OTAN \u00bb \u2014 ce qui est per\u00e7u comme une menace existentielle le mobilisant totalement, m\u00eame si l’OTAN n\u2019a jamais d\u00e9clar\u00e9 avoir l\u2019intention d’attaquer la Russie.<\/p>\n\n\n\n Trump peut chercher \u00e0 conclure un deal<\/em>, mais il ne voudra certainement pas d’un accord qui le ferait appara\u00eetre comme un perdant. Poutine, quant \u00e0 lui, souhaiterait disposer d\u2019un partenaire permanent en la personne de Trump, \u00e0 travers qui il pourrait atteindre plusieurs objectifs \u00e0 atteindre \u2014 comme sortir des sanctions \u00e9crasantes que les \u00c9tats-Unis et leurs alli\u00e9s ont impos\u00e9es \u00e0 la Russie. En d\u2019autres termes, Poutine ne peut pas se permettre de forcer Trump \u00e0 perdre : ce qui signifie qu’il ne peut pas \u00e9craser les Ukrainiens. Eux aussi devront donc sortir de cette guerre en ayant atteint une partie de leurs objectifs.<\/p>\n\n\n\n La dynamique des n\u00e9gociations \u00e9volue, avec la t\u00e2che d\u00e9licate de trouver un \u00e9quilibre gagnant-gagnant-gagnant.<\/p>\n\n\n\n L’Ukraine, les \u00c9tats-Unis, l\u2019OTAN et la Russie devront tous sortir des n\u00e9gociations avec un r\u00e9sultat concret en mati\u00e8re de s\u00e9curit\u00e9, d’\u00e9conomie ou simplement \u2014 dimension clef sur le plan politique \u2014 pour sauver la face.<\/p>\n\n\n\n Trump peut chercher \u00e0 conclure un deal<\/em>, mais il ne voudra certainement pas d’un accord qui le ferait appara\u00eetre comme un perdant.<\/p>Rose Gottemoeller<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n Avant m\u00eame d\u2019aborder la question, il faut \u00eatre clair sur qui seront les principaux acteurs \u00e0 la table des n\u00e9gociations et en coulisses. De nombreux pays et acteurs ont propos\u00e9 leurs id\u00e9es \u2014 depuis le pr\u00e9sident chinois Xi Jinping<\/a> jusqu’au grand rassemblement de pays r\u00e9unis pour un sommet en Suisse l\u2019\u00e9t\u00e9 dernier qui s’est concentr\u00e9 sur la paix en Ukraine. Bien que de nombreux dirigeants et groupes d\u2019acteurs au plan mondial puissent jouer marginalement un r\u00f4le, cinq seront de facto <\/em>au c\u0153ur des n\u00e9gociations : l’Ukraine, la Russie, l’OTAN, l’Union europ\u00e9enne et les \u00c9tats-Unis de Donald Trump.<\/p>\n\n\n\n Nous examinerons successivement leurs positions.<\/p>\n\n\n\n M\u00eame s\u2019il s\u2019est courageusement d\u00e9fendu, le pays se trouve aujourd’hui militairement en position de faiblesse<\/a>. Au cours des premi\u00e8res semaines de la guerre, les Ukrainiens ont emp\u00each\u00e9 Poutine d’atteindre son principal objectif strat\u00e9gique : d\u00e9truire l’Ukraine en tant qu’\u00c9tat ind\u00e9pendant et la transformer en vassal de la Russie. Au cours des presque trois ann\u00e9es de conflit, l’Ukraine a tenu t\u00eate \u00e0 Moscou et est parvenue \u00e0 d\u00e9s\u00e9quilibrer l\u2019adversaire. Elle a notamment maintenu son acc\u00e8s \u00e0 l’ouest de la mer Noire pour les c\u00e9r\u00e9ales et les exp\u00e9ditions commerciales et a largement chass\u00e9 la Russie de S\u00e9bastopol, quartier g\u00e9n\u00e9ral de la flotte de la mer Noire et principale base navale en Crim\u00e9e. Ironiquement, l’une des principales raisons invoqu\u00e9es par le Kremlin pour s’emparer de la Crim\u00e9e en 2014 \u00e9tait de garantir l’acc\u00e8s de la Russie \u00e0 la base navale de S\u00e9bastopol.<\/p>\n\n\n\n L’Ukraine s’est \u00e9galement empar\u00e9e d\u2019une petite partie territoire russe dans l’oblast de Koursk dans une tentative audacieuse d’obtenir un levier de n\u00e9gociation avec Moscou l\u2019\u00e9t\u00e9 dernier. Cette action a port\u00e9 ses fruits, facilitant les \u00e9changes de prisonniers avec la Russie. Les prouesses technologiques de l’Ukraine, notamment en mati\u00e8re d’innovation dans le domaine des missiles<\/a>, ont suscit\u00e9 l’admiration de ses partenaires au sein de l’OTAN et au-del\u00e0, et servent de base \u00e0 un vaste exercice de \u00ab retex \u00bb dans les arm\u00e9es de l’OTAN. Les Ukrainiens sont d’excellents missiliers et ont port\u00e9 le combat sur le territoire russe avec leurs propres missiles, bien avant d’avoir re\u00e7u l’autorisation d’utiliser des missiles fournis par l’OTAN<\/a> contre des cibles \u00e0 longue port\u00e9e sur le territoire russe. Depuis le d\u00e9but, le pr\u00e9sident ukrainien Volodymyr Zelensky a adopt\u00e9 une position de n\u00e9gociation ferme, insistant sur le fait que pas une seule botte russe ne pourrait rester sur le territoire souverain de l’Ukraine, y compris la Crim\u00e9e et les provinces du Donbass occup\u00e9es par la Russie.<\/p>\n\n\n\n La position appuy\u00e9e par l\u2019agresseur est \u00e0 l\u2019oppos\u00e9 : la Russie doit conserver tout le Donbass \u2014 y compris des territoires qu’elle n’a pas encore occup\u00e9s \u2014 ainsi que la Crim\u00e9e. Pour le Kremlin, l’Ukraine devrait renoncer \u00e0 ses aspirations \u00e0 l’adh\u00e9sion \u00e0 l’OTAN. <\/p>\n\n\n\n La Russie est aujourd’hui dans une position militaire dominante<\/a> : elle poursuit son offensive sur le front oriental et gagne des villages jour apr\u00e8s jour. N\u00e9anmoins, elle perd beaucoup de jeunes hommes : d\u00e9but novembre, les pertes russes au combat s’\u00e9levaient \u00e0 696 410 hommes <\/span>1<\/sup><\/a><\/span><\/span>, dans un pays o\u00f9 les perspectives d\u00e9mographiques sont tr\u00e8s mauvaises. Moscou cherche d\u00e9sormais ailleurs des combattants et des Nord-Cor\u00e9ens sont envoy\u00e9s sur le front ukrainien.<\/p>\n\n\n\n Les deux pays en guerre se trouvent de part et d’autre du spectre des n\u00e9gociations et n’ont, jusqu’\u00e0 pr\u00e9sent, montr\u00e9 aucun signe d\u2019une volont\u00e9 de compromis.<\/p>Rose Gottemoeller<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n La Russie ne pourra pas \u00eatre vaincue facilement sur le champ de bataille. De fait, les responsables russes insistent sur le fait qu’ils ne peuvent pas<\/em> \u00eatre vaincus. Les sanctions \u00e9conomiques s\u00e9v\u00e8res n’ont pas provoqu\u00e9 l’effondrement de l’\u00e9conomie russe<\/a>, bien qu’elles aient entrav\u00e9 la croissance et stimul\u00e9 l’inflation. Poutine continue de vouloir infliger une d\u00e9faite cuisante \u00e0 l’Ukraine, \u00e0 l’OTAN et aux \u00c9tats-Unis qui, selon lui, ont pour objectif d\u00e9clar\u00e9 la \u00ab d\u00e9faite strat\u00e9gique de la Russie \u00bb, c’est-\u00e0-dire le d\u00e9membrement du pays et le changement de r\u00e9gime. Le pr\u00e9sident Joe Biden a plusieurs fois d\u00e9clar\u00e9 que la destruction de la Russie n’\u00e9tait pas l’objectif des \u00c9tats-Unis, mais Poutine ne cesse de r\u00e9p\u00e9ter l\u2019inverse, comme r\u00e9cemment lors de son discours au Club de discussion Valdai le 7 novembre <\/span>2<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n Le principal \u00e9l\u00e9ment \u00e0 retenir est donc que les deux pays en guerre se trouvent de part et d’autre du spectre des n\u00e9gociations et n’ont, jusqu’\u00e0 pr\u00e9sent, montr\u00e9 aucun signe d\u2019une volont\u00e9 de compromis.<\/p>\n\n\n\n L’alliance militaire soutient l’Ukraine dans sa lutte contre l’agression russe depuis le tout d\u00e9but de la guerre sous l\u2019impulsion et le leadership des \u00c9tats-Unis de Joe Biden. Si Donald Trump, qui prend ses fonctions le 20 janvier, tient sa promesse de r\u00e9duire voire d’interrompre l’aide militaire am\u00e9ricaine \u00e0 l’Ukraine, l’OTAN a d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 pris des mesures pour poursuivre son assistance. \u00c0 terme, cela sera difficile car les \u00c9tats-Unis ont \u00e9t\u00e9 le plus grand donateur d’aide militaire jusqu’\u00e0 pr\u00e9sent<\/a> : \u00e0 la fin du mois d’octobre 2024, les \u00c9tats-Unis avaient fourni plus de 64,1 milliards de dollars d’aide militaire \u00e0 l’Ukraine.<\/p>\n\n\n\n Sur le plan institutionnel, l\u2019OTAN est \u00e9quip\u00e9e pour continuer \u00e0 soutenir l’Ukraine sans les \u00c9tats-Unis.<\/p>\n\n\n\n Elle a transform\u00e9 le \u00ab processus Ramstein \u00bb d’organisation de l’aide, dirig\u00e9 par les \u00c9tats-Unis, en un processus centr\u00e9 sur un nouveau commandement de l’OTAN \u00e0 Wiesbaden, en Allemagne. Les membres de l’Alliance se sont \u00e9galement engag\u00e9s \u00e0 d\u00e9penser davantage pour leur propre d\u00e9fense<\/a> \u2014 23 des 32 alli\u00e9s consacrent d\u00e9sormais 2 % de leur PIB aux d\u00e9penses de d\u00e9fense \u2014 et les \u00c9tats membres de l\u2019Union europ\u00e9enne transforment leurs industries de d\u00e9fense afin de pouvoir produire davantage d’armes et d’\u00e9quipements militaires <\/span>3<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Aussi longtemps qu’ils resteront unis autour de cette t\u00e2che, les membres europ\u00e9ens de l’OTAN seront en mesure de continuer \u00e0 soutenir l’Ukraine dans sa lutte contre la Russie.<\/p>\n\n\n\n Lors de la r\u00e9union du 75e anniversaire de l’Alliance \u00e0 Washington<\/a>, en juillet, les chefs d’\u00c9tat et de gouvernement de l’OTAN ont d\u00e9clar\u00e9 que l’Ukraine \u00e9tait sur la voie irr\u00e9versible de l’adh\u00e9sion l\u2019Organisation. Son nouveau Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral, Mark Rutte, l’a r\u00e9affirm\u00e9 lors de sa premi\u00e8re visite en fonction en Ukraine. Ces d\u00e9clarations n’ont toutefois pas suffi \u00e0 Volodymyr Zelensky, qui insiste sur le fait que l’Ukraine a besoin d\u00e8s aujourd\u2019hui d’une invitation directe \u00e0 adh\u00e9rer \u00e0 l’OTAN.<\/p>\n\n\n\n Le bloc europ\u00e9en a \u00e9galement pris au s\u00e9rieux sa responsabilit\u00e9 d’aider l’Ukraine.<\/p>\n\n\n\n Les pays europ\u00e9ens ont concentr\u00e9 leurs efforts sur le soutien \u00e0 l’\u00e9conomie et aux fonctions gouvernementales d\u00e9vast\u00e9es par la guerre et sur le lancement des pr\u00e9paratifs de la reconstruction, qui promet d’\u00eatre une t\u00e2che monumentale et de longue haleine. <\/p>\n\n\n\n L’Union a \u00e9galement pris des mesures pour s’assurer que l’aide fournie r\u00e9siste \u00e0 l\u2019\u00e9preuve de Trump, c’est-\u00e0-dire que ses membres puissent continuer \u00e0 la fournir en d\u00e9pit des mesures que Washington pourrait prendre. Cela s’est traduit par un pr\u00eat de 35 milliards d’euros (36,7 milliards de dollars) financ\u00e9 par les int\u00e9r\u00eats g\u00e9n\u00e9r\u00e9s par les avoirs russes gel\u00e9s et destin\u00e9 \u00e0 soutenir le gouvernement et les fonctions \u00e9conomiques de l’Ukraine \u00e0 l’avenir \u2014 et non \u00e0 acheter du mat\u00e9riel militaire. Ce pr\u00eat de l’Union fait partie d’un pr\u00eat total de 50 milliards d’euros (52,4 milliards de dollars) accord\u00e9 par le G7.<\/p>\n\n\n\n Poutine n’a que tr\u00e8s peu \u00e9voqu\u00e9 publiquement l’\u00e9ventuelle adh\u00e9sion de l’Ukraine \u00e0 l’Union. <\/p>Rose Gottemoeller<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n L’Union europ\u00e9enne a entam\u00e9 les n\u00e9gociations d’adh\u00e9sion avec l’Ukraine en juin dernier. Il s’agit d’un processus long et complexe dans le cadre duquel l’Ukraine doit passer par de nombreux \u00ab chapitres \u00bb pour s’assurer de sa conformit\u00e9 aux standards de l’Union. Cette \u00e9valuation touche tous les aspects du gouvernement ukrainien, du soutien \u00e0 la d\u00e9mocratie et \u00e0 l’\u00c9tat de droit \u00e0 la lutte contre la corruption. L’un des chapitres les plus difficiles et les plus importants pour l’Ukraine et l’Union europ\u00e9enne sera celui de la politique agricole : l’Ukraine est un producteur massif de c\u00e9r\u00e9ales<\/a>, d’huile comestible, de viande et de produits laitiers. Les \u00c9tats membres de l’Union, importants producteurs agricoles eux aussi, voudront s’assurer que l’adh\u00e9sion de l’Ukraine ne submergera pas la politique agricole commune de l’Union et les subventions qui l’accompagnent. Pour cette seule raison, le processus d’adh\u00e9sion \u00e0 l’Union promet d’\u00eatre long et ardu.<\/p>\n\n\n\n Jusqu’\u00e0 pr\u00e9sent, Poutine n’a que tr\u00e8s peu \u00e9voqu\u00e9 publiquement l’\u00e9ventuelle adh\u00e9sion de l’Ukraine \u00e0 l’Union. <\/p>\n\n\n\n Ce quasi-silence est surprenant \u00e0 plusieurs \u00e9gards. D’abord parce que ce sont les efforts de l’Ukraine pour signer un accord d’association avec l’Union qui ont suscit\u00e9 l’ire de Poutine et conduit \u00e0 la saisie de la Crim\u00e9e et \u00e0 la d\u00e9stabilisation du Donbass en 2014 \u2014 la premi\u00e8re partie de l\u2019invasion territoriale de l’Ukraine. Ensuite parce que les trait\u00e9s de l\u2019Union contiennent une garantie de s\u00e9curit\u00e9 qui, si elle n’est pas consid\u00e9r\u00e9e comme aussi contraignante que l’article 5 de l’OTAN, appelle tout de m\u00eame les \u00c9tats de l’Union \u00e0 venir en aide \u00e0 un membre attaqu\u00e9. Or curieusement, Poutine semble allergique \u00e0 l’article 5 du trait\u00e9 de Washington mais pas \u00e0 l’article 42(7) du trait\u00e9 sur l’Union europ\u00e9enne. Tout se passe comme s\u2019il avait en quelque sorte accept\u00e9 l’avenir de l’Ukraine dans l’Union.<\/p>\n\n\n\n Compte tenu de l’exp\u00e9rience acquise au cours de son premier mandat, il est probable que Donald Trump mettra \u00e0 ex\u00e9cution sa promesse de n\u00e9gocier rapidement la fin de la guerre<\/a>.<\/p>\n\n\n\n Il aime se fixer de grands objectifs afin de pouvoir se targuer d’\u00eatre le genre d’homme d’affaires capable de les r\u00e9aliser \u2014 et vite. Tel \u00e9tait son objectif lorsqu\u2019il a entam\u00e9, en 2018, des n\u00e9gociations avec Kim Jong-un pour mettre fin au programme nucl\u00e9aire et de missiles de la Cor\u00e9e du Nord. Trump s\u2019\u00e9tait alors lanc\u00e9 avec une offre importante qui disait en substance \u00ab d\u00e9barrassez-vous de vos armes nucl\u00e9aires et je vous construirai des stations baln\u00e9aires et des h\u00f4tels \u00bb. Mais l’administration Trump n’a pas tenu compte de la fragilit\u00e9 du r\u00e9gime de Kim et a exig\u00e9 une r\u00e9ponse rapide. Comme Kim n’a pas pu tenir ses promesses, les n\u00e9gociations se sont brusquement termin\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n La seconde administration de Trump devra anticiper la dynamique d’une n\u00e9gociation sur l’Ukraine.<\/p>\n\n\n\n Il est probable que Donald Trump mettra \u00e0 ex\u00e9cution sa promesse de n\u00e9gocier rapidement la fin de la guerre.<\/p>Rose Gottemoeller<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n Poutine a jur\u00e9 d’imposer une d\u00e9faite \u00e9crasante \u00e0 l’Ukraine, \u00e0 l’OTAN et aux \u00c9tats-Unis. Mais Trump ne voudra pas appara\u00eetre comme le grand perdant de cette guerre. Il a donc toutes les chances de modifier la dynamique car Poutine a de fortes motivations pour entretenir la relation : il veut revenir sur la sc\u00e8ne internationale \u2014 si possible bras dessus bras dessous avec le pr\u00e9sident am\u00e9ricain \u2014 car cela am\u00e9liorerait sa position tant au niveau national qu’international. Il veut \u00e9galement \u00eatre lib\u00e9r\u00e9 des sanctions \u00e9crasantes qui nuisent \u00e0 l’\u00e9conomie russe<\/a>.<\/p>\n\n\n\n Trump pourrait \u2014 et devrait \u2014 exiger des concessions de la part du ma\u00eetre du Kremlin. Si elles sont intelligemment con\u00e7ues, elles ne seront pas impossibles \u00e0 accepter pour le pr\u00e9sident russe. <\/p>\n\n\n\n Je mentionnerai trois possibilit\u00e9s concr\u00e8tes <\/span>4<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n Premi\u00e8rement, m\u00eame si la r\u00e9alit\u00e9 territoriale de l’Ukraine change, les \u00c9tats-Unis devraient proposer la formule d\u2019un accord de cessez-le-feu<\/a> similaire \u00e0 celle utilis\u00e9e pour d\u00e9crire le statut de l’Allemagne de l’Ouest apr\u00e8s la Seconde Guerre mondiale. L’int\u00e9grit\u00e9 territoriale de l’Allemagne a \u00e9t\u00e9 maintenue et la s\u00e9paration de la R\u00e9publique f\u00e9d\u00e9rale d’Allemagne de ses provinces orientales n’a pas \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9e comme permanente <\/span>5<\/sup><\/a><\/span><\/span> \u2014 un pr\u00e9c\u00e9dent qu’il est bon de rappeler alors que l’Allemagne comm\u00e9morait le 35e anniversaire de sa r\u00e9unification. Si la partition peut s\u2019\u00e9taler dans le temps, elle ne devrait jamais \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e d\u2019embl\u00e9e comme permanente, l\u2019int\u00e9grit\u00e9 territoriale et la souverainet\u00e9, inscrites dans la Charte des Nations unies, \u00e9tant des principes directeurs.<\/p>\n\n\n\n Deuxi\u00e8mement, plut\u00f4t que d’accepter que l’adh\u00e9sion \u00ab irr\u00e9versible \u00bb de l’Ukraine \u00e0 l’OTAN soit report\u00e9e ind\u00e9finiment, les \u00c9tats-Unis devraient proposer qu\u2019elle se fasse sur une p\u00e9riode ind\u00e9termin\u00e9e. Dans le m\u00eame temps, Washington et ses alli\u00e9s devraient inviter l’Ukraine \u00e0 entamer des n\u00e9gociations d’adh\u00e9sion, en les menant parall\u00e8lement \u00e0 celles avec l’Union europ\u00e9enne. Personne ne peut pr\u00e9dire quand elles prendront fin \u2014 car les exigences de l’Union europ\u00e9enne et de l’OTAN seront compliqu\u00e9es \u00e0 satisfaire pour l’Ukraine \u2014 mais Kiev sera effectivement sur la voie de l’adh\u00e9sion \u00e0 l’Union et \u00e0 l’OTAN, comme les deux institutions s’y sont engag\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n Si la partition territoriale peut s\u2019\u00e9taler dans le temps, elle ne devrait jamais \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e d\u2019embl\u00e9e comme permanente.<\/p>Rose Gottemoeller<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n Si l’Ukraine a besoin d’une garantie contre le report \u00e0 l\u2019infini de ces objectifs, une date cible pourrait \u00eatre fix\u00e9e pour la finalisation de son adh\u00e9sion \u2014 vingt ans par exemple <\/span>6<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Une telle cible devrait \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e non pas comme \u00e9ch\u00e9ance ferme ou une deadline<\/em> mais comme la limite au-del\u00e0 de laquelle prendrait fin la p\u00e9riode de n\u00e9gociation, l\u2019adh\u00e9sion compl\u00e8te de l’Ukraine \u00e0 l’OTAN et \u00e0 l’Union europ\u00e9enne devant \u00eatre r\u00e9alis\u00e9e le plus rapidement possible.<\/p>\n\n\n\n Lancer les n\u00e9gociations d’adh\u00e9sion \u00e0 l’OTAN parall\u00e8lement au processus d’adh\u00e9sion \u00e0 l’Union placerait chaque n\u00e9gociation dans l’ombre de l’autre. Ces processus \u00e9tant toujours lents et n\u00e9cessitant de nombreuses et fr\u00e9quentes consultations et d\u00e9lib\u00e9rations, Poutine pourra ainsi \u00eatre assur\u00e9 qu’il n’y aura pas de surprises soudaines.<\/p>\n\n\n\n Des garanties sur la stabilit\u00e9 strat\u00e9gique et le contr\u00f4le des armes nucl\u00e9aires<\/p>\n\n\n\n1 \u2014 L’Ukraine<\/h2>\n\n\n\n
2 \u2014 La Russie<\/h2>\n\n\n\n
3 \u2014 L’OTAN<\/h2>\n\n\n\n
4 \u2014 L’Union europ\u00e9enne<\/h2>\n\n\n\n
5 \u2014 Les \u00c9tats-Unis de Donald Trump<\/h2>\n\n\n\n
Aucun partage territorial \u00e9ternel<\/h4>\n\n\n\n
La perspective r\u00e9elle mais non imm\u00e9diate d\u2019une adh\u00e9sion<\/h4>\n\n\n\n