{"id":256744,"date":"2025-01-02T18:31:00","date_gmt":"2025-01-02T17:31:00","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=256744"},"modified":"2025-01-02T17:32:03","modified_gmt":"2025-01-02T16:32:03","slug":"combattre-le-totalitarisme-apres-la-guerre-albert-camus-pour-la-jeunesse-hongroise","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2025\/01\/02\/combattre-le-totalitarisme-apres-la-guerre-albert-camus-pour-la-jeunesse-hongroise\/","title":{"rendered":"Combattre la tyrannie sovi\u00e9tique apr\u00e8s le nazisme&#160;: Albert Camus pour l\u2019insurrection hongroise"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Message \u00e0 de jeunes fran\u00e7ais en faveur de la Hongrie&nbsp;<span class='whitespace-nowrap'><span id='easy-footnote-1-256744' class='easy-footnote-margin-adjust'><\/span><span class='easy-footnote'><a href='https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2025\/01\/02\/combattre-le-totalitarisme-apres-la-guerre-albert-camus-pour-la-jeunesse-hongroise\/#easy-footnote-bottom-1-256744' title='Lettre \u00e0 Mich\u00e8le Dalbret, 23 novembre 1956.\u00a0Texte retenu par Albert Camus sous le titre&amp;#160;: \u00ab&amp;#160;Mademoiselle (lettre \u00e0 Mlle Dalbret)&amp;#160;\u00bb.'><sup>1<\/sup><\/a><\/span><\/span><\/h2>\n\n\n\n<p>Mademoiselle,<\/p>\n\n\n\n<p class=\"comment\">Ce \u00ab&#160;Message en faveur de la Hongrie \u00e0 un meeting des \u00e9tudiants fran\u00e7ais&#160;\u00bb a \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9 le 23 novembre 1956 pour \u00eatre lu au meeting du 28 novembre 1956 salle Wagram, organis\u00e9 \u00e0 l\u2019initiative du Comit\u00e9 de coordination des mouvements et associations de jeunesse fran\u00e7aises (vingt-trois associations) en hommage \u00e0 la jeunesse hongroise (voir <em>Le Monde<\/em>, 29 novembre 1956). Des messages d\u2019Albert Camus et de David Rousset sont lus \u00e0 la tribune. [<em>OC III<\/em>, p. 1135-1137].\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai sinc\u00e8rement regrett\u00e9 de ne pouvoir r\u00e9pondre \u00e0 votre invitation comme vous le d\u00e9siriez<strong>.<\/strong>&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"comment\">Malgr\u00e9 les recherches entreprises en vue de retrouver trace de cette invitation, aucun courrier de Mlle Dalbret n\u2019a \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9 dans le Fonds Albert Camus \u00e0 Aix-en-Provence et \u00e0 Lourmarin.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai pourtant \u00e9t\u00e9 touch\u00e9 par vos arguments et par la sympathie que vous avez bien voulu me montrer. Mais, outre la r\u00e9pugnance personnelle que j\u2019ai \u00e0 parler en public, je ne puis r\u00e9pondre \u00e0 tout ce qui sollicite en m\u00eame temps et de toutes parts un \u00e9crivain libre. De plus, le refus que j\u2019ai d\u00e9j\u00e0 oppos\u00e9 \u00e0 d\u2019autres appels me rendait difficile de r\u00e9pondre au v\u00f4tre. Je voudrais enfin me consacrer autant que possible \u00e0 faire aboutir l\u2019appel des \u00e9crivains europ\u00e9ens \u00e0 l\u2019ONU dont j\u2019ai pris l\u2019initiative.<\/p>\n\n\n\n<p>Pourtant je voudrais ne pas \u00eatre tout \u00e0 fait absent mardi soir parmi vous. Puisque vous vous adressez \u00e0 de jeunes auditeurs, peut-\u00eatre pourriez-vous leur dire ce que, pr\u00e9sent, je leur aurais dit et que je vais essayer de r\u00e9sumer.<\/p>\n\n\n\n<p>La seule chose que je puisse aujourd\u2019hui affirmer publiquement, apr\u00e8s avoir particip\u00e9 directement ou indirectement \u00e0 vingt ann\u00e9es de notre sanglante histoire, est que la valeur supr\u00eame, le bien dernier pour lequel il vaut la peine de vivre et de combattre, reste toujours la libert\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Les hommes de ma g\u00e9n\u00e9ration ont eu vingt ans \u00e0 l\u2019\u00e9poque o\u00f9 Hitler prenait le pouvoir et o\u00f9 s\u2019organisaient les premiers proc\u00e8s de Moscou. Il nous a fallu, pendant dix ans, lutter d\u2019abord contre la tyrannie hitl\u00e9rienne et contre les hommes de droite qui la soutenaient. Et pendant dix autres ann\u00e9es, combattre la tyrannie stalinienne et les sophismes de ses d\u00e9fenseurs de gauche. Aujourd\u2019hui, malgr\u00e9 les trahisons successives et les calomnies dont les intellectuels de tous les bords l\u2019ont couverte, la libert\u00e9, et elle d\u2019abord, reste notre raison de vivre. J\u2019avoue avoir \u00e9t\u00e9 tent\u00e9 ces derni\u00e8res ann\u00e9es de d\u00e9sesp\u00e9rer du sort de la libert\u00e9. Trahie par ceux dont c\u2019\u00e9tait la vocation de la d\u00e9fendre, pi\u00e9tin\u00e9e par nos clercs devant les peuples silencieux, j\u2019ai craint sa mort d\u00e9finitive et c\u2019est pourquoi il m\u2019a sembl\u00e9 parfois que le d\u00e9shonneur de notre temps recouvrait toutes choses. Mais la jeunesse hongroise, celle d\u2019Espagne ou de France, celle de tous les pays nous prouve aujourd\u2019hui qu\u2019il n\u2019en est rien et que rien n\u2019abat, ni n\u2019abattra jamais, cette force violente et pure qui pousse les hommes et les peuples \u00e0 revendiquer l\u2019honneur de vivre debout. Vous tous qui entrez maintenant dans notre histoire, n\u2019oubliez pas cela. Ne l\u2019oubliez en aucun lieu, ni en aucun temps&nbsp;&#160;! Et si vous pouvez accepter loyalement de tout discuter, n\u2019acceptez jamais que la libert\u00e9 de l\u2019esprit, de la personne, de la nation soit jamais mise en cause, m\u00eame provisoirement, f\u00fbt-ce une seule seconde.<\/p>\n\n\n\n<p>Vous devez savoir maintenant que, lorsque l\u2019esprit est encha\u00een\u00e9, le travail est asservi, que l\u2019\u00e9crivain est musel\u00e9 quand l\u2019ouvrier est opprim\u00e9 et que, lorsque la nation n\u2019est pas libre, le socialisme ne lib\u00e8re personne et asservit tout le monde.<\/p>\n\n\n\n<p>Que le sacrifice hongrois, devant lequel nous avons rem\u00e2ch\u00e9 notre honte et notre impuissance, serve au moins \u00e0 nous rappeler cela. Nous serons moins tent\u00e9s d\u2019accabler notre propre nation, et elle seule, sous ses p\u00e9ch\u00e9s historiques. Nous serons plus soucieux, sans cesser d\u2019exiger d\u2019elle toute la justice dont elle est capable, de sa survie et de sa libert\u00e9. Vous n\u2019aurez pas alors \u00e0 nous imiter, nous qui, dans cette longue lutte, nous sommes us\u00e9s \u00e0 combattre pour rectifier les mots et d\u00e9noncer les mystifications, dans d\u2019interminables et st\u00e9riles luttes civiles. Vous chercherez ce qui vous r\u00e9unit plut\u00f4t que ce qui vous s\u00e9pare. Une certaine solitude, dure \u00e0 vivre, risquera ainsi de vous \u00eatre \u00e9pargn\u00e9e. Alors peut-\u00eatre vous referez \u00e0 vous tous ce pays que j\u2019aime aujourd\u2019hui comme la libert\u00e9 elle-m\u00eame et qui, malgr\u00e9 ses malheurs, ses faiblesses, ses fautes, continue de m\u00e9riter en ce monde notre fid\u00e9lit\u00e9. Mais de toute mani\u00e8re, partout et toujours, gardez la m\u00e9moire de ce que nous venons de vivre afin de rester fid\u00e8les \u00e0 la libert\u00e9, \u00e0 ses droits comme \u00e0 ses devoirs, et afin de ne jamais accepter, jamais, que quelqu\u2019un, homme, si grand soit-il, ou parti, si fort qu\u2019il soit, pense pour vous et vous dicte votre conduite. Oubliez vos ma\u00eetres, ceux qui vous ont tant menti, vous le savez maintenant, et les autres aussi, puisqu\u2019ils n\u2019ont pas su vous persuader. Oubliez tous les ma\u00eetres, oubliez les id\u00e9ologies p\u00e9rim\u00e9es, les concepts mourants, les slogans v\u00e9tustes dont on veut encore continuer de vous nourrir. Ne vous laissez intimider par aucun des chantages, de droite ou de gauche. Et pour finir, n\u2019acceptez plus de le\u00e7ons que des jeunes combattants de Budapest mourant pour la libert\u00e9. Ceux-l\u00e0 ne vous ont pas menti en vous criant que l\u2019esprit libre et le travail libre, dans une nation libre, au sein d\u2019une Europe libre, sont les seuls biens de cette terre et de notre histoire qui vaillent qu\u2019on lutte et qu\u2019on meure pour eux.<\/p>\n\n\n\n<p>Voil\u00e0, Mademoiselle, ce que j\u2019aurais souhait\u00e9 dire mardi \u00e0 votre auditoire. Et que peut-\u00eatre vous direz pour moi. Croyez, je vous prie, \u00e0 mes sentiments respectueux.<\/p>\n\n\n\n<p>Paris, le 23 novembre 1956.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">*<\/p>\n\n\n\n<p>Ch\u00e8re Mademoiselle Barna&nbsp;<span class='whitespace-nowrap'><span id='easy-footnote-2-256744' class='easy-footnote-margin-adjust'><\/span><span class='easy-footnote'><a href='https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2025\/01\/02\/combattre-le-totalitarisme-apres-la-guerre-albert-camus-pour-la-jeunesse-hongroise\/#easy-footnote-bottom-2-256744' title='Lettre du 14 mars 1957. \u00ab&amp;#160;Lettre \u00e0 Mlle Barna&amp;#160;\u00bb retenue par Albert Camus sous ce titre. [&lt;em&gt;OC IV&lt;\/em&gt;, p. 629-630].\u00a0'><sup>2<\/sup><\/a><\/span><\/span>,<\/p>\n\n\n\n<p>Peu de lettres pouvaient autant que la v\u00f4tre me toucher jusqu\u2019au c\u0153ur. J\u2019ai partag\u00e9, dans l\u2019impuissance et la rage, le malheur de votre pays. Au moment m\u00eame o\u00f9 vous perdiez votre patrie, moi qui ne puis vivre que pour et par la libert\u00e9, je me trouvais de nouveaux fr\u00e8res, mais qui mouraient pendant que j\u2019\u00e9tais \u00e0 l\u2019abri. Que dans cette Hongrie soudain si fraternelle, si d\u00e9chirante, de jeunes c\u0153urs aient pu accueillir depuis longtemps ce que j\u2019ai essay\u00e9 de dire, voil\u00e0 ce que je ne savais pas et qui m\u2019a boulevers\u00e9. J\u2019aurais honte de vous parler, \u00e0 vous qui \u00eates dans l\u2019indicible malheur de l\u2019exil et d\u00e9chir\u00e9e par ce que vous avez laiss\u00e9, des doutes et des difficult\u00e9s d\u2019un \u00e9crivain. Mais il est vrai que dans le monde d\u2019aujourd\u2019hui, si grand par ses mesures, ses sacrifices et ses courants, l\u2019\u0153uvre pour laquelle je vis malgr\u00e9 tout m\u2019a toujours paru ridiculement gauche. L\u00e0 o\u00f9 il faudrait le souffle m\u00eame de la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 et de la libert\u00e9, chacun de mes livres me paraissaient avares et d\u00e9risoires. Les quelques mots que vous m\u2019\u00e9crivez sur vous et sur vos camarades me redonnent plus de courage en m\u00eame temps qu\u2019ils me font une [<em>un mot illisible<\/em>] honte. C\u2019est vous, exil\u00e9e, d\u00e9munie, qui trouvez encore le moyen de nous venir en aide. Comment vous remercier&nbsp;&#160;?<\/p>\n\n\n\n<p>Je n\u2019ai pas de mal \u00e0 deviner ce que vous avez v\u00e9cu et ce que vous vivez. Mais je voudrais vous aider et ne sais comment. Dites-moi ce dont vous avez besoin. Voulez-vous des livres, des reproductions, de la peinture, ou ce qu\u2019on ne peut trouver qu\u2019\u00e0 Paris&nbsp;&#160;? Dites-le-moi comme \u00e0 un vieux camarade qui vous sera reconnaissant de tout ce que vous pourrez lui demander.<\/p>\n\n\n\n<p>Je voudrais bien que l\u2019Occident ne vous paraisse pas pire qu\u2019il n\u2019est. Avec ses tares, ses \u00e9go\u00efsmes, sa folie d\u2019id\u00e9es, c\u2019est encore l\u00e0 que se trouve le levain du monde et tout ce qui fait et fera la grandeur de l\u2019homme. Mais le c\u0153ur est mal partag\u00e9 chez nous.<\/p>\n\n\n\n<p>Je vais parler demain (15 mars) dans une r\u00e9union pour la Hongrie. La pens\u00e9e de votre lettre m\u2019aidera peut-\u00eatre \u00e0 trouver des mots de v\u00e9rit\u00e9. Mais les mots ne sont rien. Que puis-je faire d\u2019autre que souhaiter de toutes mes forces que votre pays vous soit rendu dans la libert\u00e9. Oui, que la libert\u00e9 nous r\u00e9unisse un jour comme le malheur vient de nous faire rencontrer&#160;!<\/p>\n\n\n\n<p>Votre respectueux<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">A. C.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Discours au meeting salle Wagram sur la Hongrie&nbsp;<span class='whitespace-nowrap'><span id='easy-footnote-3-256744' class='easy-footnote-margin-adjust'><\/span><span class='easy-footnote'><a href='https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2025\/01\/02\/combattre-le-totalitarisme-apres-la-guerre-albert-camus-pour-la-jeunesse-hongroise\/#easy-footnote-bottom-3-256744' title='Texte retenu par Albert Camus pour \u00ab&amp;#160;Actuelles IV&amp;#160;\u00bb sous le titre \u00ab&amp;#160;Le ministre d\u2019\u00c9tat hongrois Marosan&amp;#160;\u00bb. '><sup>3<\/sup><\/a><\/span><\/span><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"comment\">Le meeting salle Wagram sur la Hongrie est organis\u00e9 le 15 mars 1957 par l\u2019organisation libertaire Solidarit\u00e9 internationale antifasciste le jour de la f\u00eate nationale hongroise. Albert Camus y prend la parole \u00ab&#160;aux c\u00f4t\u00e9s d\u2019anciens insurg\u00e9s et de Nicolas Lazar\u00e9vitch dans un discours, expliquent les \u00e9diteurs des <em>\u0152uvres compl\u00e8tes<\/em>, dont le souffle \u00e9pique et l\u2019ironie mordante rappellent ses plus grandes allocutions, notamment \u201cLe T\u00e9moin de la libert\u00e9\u201d ou \u201cLe Pain et la Libert\u00e9\u201d&#160;\u00bb (<em>OC IV<\/em>, p. 1482). Le texte du discours est publi\u00e9 int\u00e9gralement le 18 mars suivant dans <em>Franc-Tireur <\/em>sous le titre \u00ab&#160;Kadar a eu son jour de peur&#160;\u00bb, et repris en partie par <em>T\u00e9moins, <\/em>en association avec des extraits du \u00ab&#160;Parti de la Libert\u00e9&#160;\u00bb, sous le titre \u00ab&#160;Actuelles&#160;\u00bb (n<sup>o<\/sup> 17, \u00e9t\u00e9 1957). [<em>OC<\/em>\u00a0<em>IV<\/em>, p. 560-566].<\/p>\n\n\n\n<p>Le ministre d\u2019\u00c9tat hongrois Marosan, dont le nom sonne comme un programme, a d\u00e9clar\u00e9, il y a quelques jours, qu\u2019il n\u2019y aurait plus de contre-r\u00e9volution en Hongrie. Pour une fois, un ministre de Kadar a dit vrai. Comment pourrait-il y avoir une contre-r\u00e9volution puisqu\u2019elle a d\u00e9j\u00e0 pris le pouvoir&nbsp;&#160;? Il ne peut plus y avoir en Hongrie qu\u2019une r\u00e9volution.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"comment\">Proche de J\u00e1nos K\u00e1d\u00e1r, Georg Marosan (\u00ab&#160;mare au sang&#160;\u00bb&nbsp;&#160;? 1908-1992), ministre d\u2019\u00c9tat dans le gouvernement hongrois, multiplie les d\u00e9clarations justifiant l\u2019ordre sovi\u00e9tique \u00e0 Budapest.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Je ne suis pas de ceux qui souhaitent que le peuple hongrois prenne \u00e0 nouveau les armes dans une insurrection vou\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9crasement, sous les yeux d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 internationale qui ne lui m\u00e9nagera ni applaudissements, ni larmes vertueuses, mais qui retournera ensuite \u00e0 ses pantoufles comme font les sportifs de gradins, le dimanche soir, apr\u00e8s un match de coupe. Il y a d\u00e9j\u00e0 trop de morts dans le stade et nous ne pouvons \u00eatre g\u00e9n\u00e9reux que de notre propre sang. Le sang hongrois s\u2019est r\u00e9v\u00e9l\u00e9 trop pr\u00e9cieux \u00e0 l\u2019Europe et \u00e0 la libert\u00e9 pour que nous n\u2019en soyons pas avares jusqu\u2019\u00e0 la moindre goutte.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Mais je ne suis pas de ceux qui pensent qu\u2019il peut y avoir un accommodement, m\u00eame r\u00e9sign\u00e9, m\u00eame provisoire, avec un r\u00e9gime de terreur qui a autant de droit \u00e0 s\u2019appeler socialiste que les bourreaux de l\u2019Inquisition en avaient \u00e0 s\u2019appeler chr\u00e9tiens. Et, dans ce jour anniversaire de la libert\u00e9, je souhaite de toutes mes forces que la r\u00e9sistance muette du peuple hongrois se maintienne, se renforce et, r\u00e9percut\u00e9e par toutes les voix que nous pourrons lui donner, obtienne de l\u2019opinion internationale unanime le boycott de ses oppresseurs. Et si cette opinion est trop veule ou \u00e9go\u00efste pour rendre justice \u00e0 un peuple martyr, si nos voix aussi sont trop faibles, je souhaite que la r\u00e9sistance hongroise se maintienne encore jusqu\u2019\u00e0 ce que l\u2019\u00c9tat contre-r\u00e9volutionnaire s\u2019\u00e9croule partout \u00e0 l\u2019Est sous le poids de ses mensonges et de ses contradictions.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Les rites sanglants et monotones<\/h3>\n\n\n\n<p>Car il s\u2019agit bien d\u2019un \u00c9tat contre-r\u00e9volutionnaire. Comment appeler autrement ce r\u00e9gime qui oblige le p\u00e8re \u00e0 d\u00e9noncer le fils, le fils \u00e0 r\u00e9clamer le ch\u00e2timent supr\u00eame pour le p\u00e8re, la femme \u00e0 t\u00e9moigner contre le mari, et qui a \u00e9lev\u00e9 la d\u00e9lation \u00e0 la hauteur d\u2019une vertu&nbsp;&#160;? Les tanks \u00e9trangers, la police, les filles de vingt ans pendues, les conseils ouvriers d\u00e9capit\u00e9s et b\u00e2illonn\u00e9s, la potence encore, les \u00e9crivains d\u00e9port\u00e9s et emprisonn\u00e9s, la presse du mensonge, les camps, la censure, les juges arr\u00eat\u00e9s, le criminel qui l\u00e9gif\u00e8re et la potence encore et toujours, est-ce cela le socialisme, les grandes f\u00eates de la libert\u00e9 et de la justice&nbsp;&#160;?<\/p>\n\n\n\n<p>Non, nous avons connu, nous connaissons cela, ce sont les rites sanglants et monotones de la religion totalitaire&nbsp;&#160;! Le socialisme hongrois est aujourd\u2019hui en prison ou en exil. Dans les palais de l\u2019\u00c9tat, arm\u00e9s jusqu\u2019aux dents, errent les tyrans m\u00e9diocres de l\u2019absolutisme, affol\u00e9s par le mot m\u00eame de libert\u00e9, d\u00e9cha\u00een\u00e9s par celui de v\u00e9rit\u00e9&nbsp;&#160;! La preuve en est qu\u2019aujourd\u2019hui, 15 mars, jour de v\u00e9rit\u00e9 et de libert\u00e9 invincible pour tous les Hongrois, n\u2019a \u00e9t\u00e9 pour Kadar qu\u2019un long jour de peur.<\/p>\n\n\n\n<p>Durant de longues ann\u00e9es, pourtant, ces tyrans, aid\u00e9s en Occident par des complices que rien ni personne ne for\u00e7ait \u00e0 tant de z\u00e8le, ont r\u00e9pandu des torrents de fum\u00e9e sur leurs vraies actions. Lorsque quelque chose en transparaissait, eux ou leurs interpr\u00e8tes occidentaux nous expliquaient que tout s\u2019arrangerait dans une dizaine de g\u00e9n\u00e9rations, qu\u2019en attendant tout le monde marchait gaiement vers l\u2019avenir, que les peuples d\u00e9port\u00e9s avaient eu le tort d\u2019embouteiller un peu la circulation sur la route superbe du progr\u00e8s, que les ex\u00e9cut\u00e9s \u00e9taient tout \u00e0 fait d\u2019accord sur leur propre suppression, que les intellectuels se d\u00e9claraient ravis de leur joli b\u00e2illon parce qu\u2019il \u00e9tait dialectique et que le peuple enfin \u00e9tait enchant\u00e9 de son propre travail puisque s\u2019il faisait, pour des salaires mis\u00e9rables, des heures suppl\u00e9mentaires, c\u2019\u00e9tait dans le bon sens de l\u2019histoire.<\/p>\n\n\n\n<p>H\u00e9las&#160;! le peuple lui-m\u00eame a pris la parole. Il s\u2019est mis \u00e0 parler \u00e0 Berlin, en Tch\u00e9coslovaquie, \u00e0 Poznan et pour finir \u00e0 Budapest. L\u00e0, en m\u00eame temps que lui, les intellectuels ont arrach\u00e9 leur b\u00e2illon. Et les deux, d\u2019une seule voix, ont dit qu\u2019on ne marchait pas en avant, mais qu\u2019on reculait, qu\u2019on avait tu\u00e9 pour rien, d\u00e9porte pour rien, asservi pour rien, et que, d\u00e9sormais, pour \u00eatre s\u00fbr d\u2019avancer sur la bonne route, il fallait donner \u00e0 tous v\u00e9rit\u00e9 et libert\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, au premier cri de l\u2019insurrection dans Budapest libre, de savantes et courtes philosophies, des kilom\u00e8tres de faux raisonnements et de belles doctrines en trompe l\u2019\u0153il ont \u00e9t\u00e9 dispers\u00e9s en poussi\u00e8re. Et la v\u00e9rit\u00e9, la v\u00e9rit\u00e9 nue, si longtemps outrag\u00e9e, a \u00e9clat\u00e9 aux yeux du monde.<\/p>\n\n\n\n<p>Des ma\u00eetres m\u00e9prisants, ignorant m\u00eame qu\u2019ils insultaient alors la classe ouvri\u00e8re, nous avaient assur\u00e9 que le peuple se passait ais\u00e9ment de libert\u00e9, si seulement on lui donnait du pain. Et le peuple lui-m\u00eame leur r\u00e9pondait soudain qu\u2019il n\u2019avait m\u00eame pas de pain, mais qu\u2019\u00e0 supposer qu\u2019il en eut, il voudrait encore autre chose. Car ce n\u2019est pas un savant professeur mais un forgeron de Budapest qui \u00e9crivait ceci&nbsp;&#160;: \u00ab&#160;Je veux qu\u2019on me consid\u00e8re comme un adulte qui veut et sait penser. Je veux pouvoir dire ma pens\u00e9e sans avoir rien \u00e0 craindre et je veux qu\u2019on m\u2019\u00e9coute aussi.&#160;\u00bb&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Quant aux intellectuels \u00e0 qui on avait pr\u00each\u00e9 et hurl\u00e9 qu\u2019il n\u2019y avait pas d\u2019autre v\u00e9rit\u00e9 que celle qui servait les objectifs de la cause, voici le serment qu\u2019ils pr\u00eataient sur la tombe de leurs camarades assassin\u00e9s par ladite cause&nbsp;&#160;: \u00ab&#160;Jamais plus, m\u00eame sous la menace et la torture, ni par un amour mal compris de la cause, autre chose que la v\u00e9rit\u00e9 ne sortira de nos bouches.&#160;\u00bb (Tibor Meray sur la tombe de Rajk.)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"comment\">Militant antifasciste durant la guerre d\u2019Espagne, devenu ministre du gouvernement hongrois au lendemain de la guerre, L\u00e1slo Rajk (1909-1949) est accus\u00e9 de \u00ab&#160;titisme&#160;\u00bb, tortur\u00e9 en prison et finalement ex\u00e9cut\u00e9 le 15 octobre 1949 \u00e0 Budapest. C\u2019est l\u2019une des victimes les plus c\u00e9l\u00e8bres des purges staliniennes. Journaliste devenu \u00e9crivain, Tibor Meray (1924-2020) s\u2019enfuit au moment du putsch et se r\u00e9fugie en France.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">L\u2019\u00e9chafaud ne se lib\u00e9ralise pas<\/h3>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s cela, la cause est entendue. Ce peuple massacr\u00e9 est n\u00f4tre. Ce que fut l\u2019Espagne pour nous il y a vingt ans, la Hongrie le sera aujourd\u2019hui. Les nuances subtiles, les artifices de langage et les consid\u00e9rations savantes dont on essaie encore de maquiller la v\u00e9rit\u00e9 ne nous int\u00e9ressent pas. La concurrence dont on nous entretient entre Rakosi et Kadar est sans importance. Les deux sont de la m\u00eame race. Ils diff\u00e8rent seulement par leur tableau de chasse et, si celui de Rakosi est le plus sanglant, ce n\u2019est pas pour longtemps.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"comment\">Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du parti communiste hongrois, M\u00e1ty\u00e1s&nbsp;R\u00e1kosi (1892-1971) impose la dictature stalinienne \u00e0 son pays. Il doit quitter le pouvoir le 18 juillet 1956, emport\u00e9 par la r\u00e9volution lib\u00e9rale.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans tous les cas, que ce soit le tueur chauve<sup> <\/sup>ou le pers\u00e9cut\u00e9 pers\u00e9cuteur<sup> <\/sup>qui dirige, la Hongrie ne fait pas de diff\u00e9rence quant \u00e0 la libert\u00e9 de ce pays.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"comment\">Le \u00ab&#160;tueur chauve&#160;\u00bb d\u00e9signe M\u00e1ty\u00e1s&nbsp;R\u00e1kosi&#160;; le \u00ab&#160;pers\u00e9cut\u00e9 pers\u00e9cuteur&#160;\u00bb J\u00e1nos K\u00e1d\u00e1r, en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 son sort sous le pouvoir de R\u00e1kosi.<\/p>\n\n\n\n<p>Je regrette \u00e0 cet \u00e9gard de devoir encore jouer les Cassandre, et de d\u00e9cevoir les nouveaux espoirs de certains confr\u00e8res infatigables, mais il n\u2019y a pas d\u2019\u00e9volution possible dans une soci\u00e9t\u00e9 totalitaire. La terreur n\u2019\u00e9volue pas, sinon vers le pire, l\u2019\u00e9chafaud ne se lib\u00e9ralise pas, la potence n\u2019est pas tol\u00e9rante. Nulle part au monde on n\u2019a pu voir un parti ou un homme disposant du pouvoir absolu ne pas en user absolument.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce qui d\u00e9finit la soci\u00e9t\u00e9 totalitaire, de droite ou de gauche, c\u2019est d\u2019abord le parti unique et le parti unique n\u2019a aucune raison de se d\u00e9truire lui-m\u00eame. C\u2019est pourquoi la seule soci\u00e9t\u00e9 capable d\u2019\u00e9volution et de lib\u00e9ralisation, la seule qui doive garder notre sympathie \u00e0 la fois critique et agissante, est celle o\u00f9 la pluralit\u00e9 des partis est d\u2019institution. Elle seule permet de d\u00e9noncer l\u2019injustice et le crime, donc de les corriger. Elle seule aujourd\u2019hui permet de d\u00e9noncer la torture, l\u2019ignoble torture, aussi m\u00e9prisable \u00e0 Alger qu\u2019\u00e0 Budapest.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Ce que Budapest d\u00e9fendait<\/h3>\n\n\n\n<p>L\u2019id\u00e9e, encore soutenue chez nous, qu\u2019un parti, parce qu\u2019il se dit prol\u00e9tarien, puisse disposer de privil\u00e8ges sp\u00e9ciaux au regard de l\u2019histoire est une id\u00e9e d\u2019intellectuels fatigu\u00e9s de leurs avantages et de leur libert\u00e9. L\u2019histoire ne conf\u00e8re pas de privil\u00e8ges, elle se les laisse prendre.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Et ce n\u2019est pas le m\u00e9tier des intellectuels, ni des travailleurs, d\u2019exalter si peu que ce soit le droit du plus fort et le fait accompli. La v\u00e9rit\u00e9 est que personne, ni homme ni parti, n\u2019a droit au pouvoir absolu ni \u00e0 des privil\u00e8ges d\u00e9finitifs dans une histoire elle-m\u00eame changeante. Et aucun privil\u00e8ge, aucune raison supr\u00eame ne peuvent justifier la torture ou la terreur.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur ce point, Budapest encore nous a montr\u00e9 la voie. Cette Hongrie vaincue et encha\u00een\u00e9e que nos faux r\u00e9alistes comparent avec apitoiement \u00e0 la Pologne, encore sur le point d\u2019\u00e9quilibre, a plus fait pour la libert\u00e9 et la justice qu\u2019aucun peuple depuis vingt ans. Mais, pour que cette le\u00e7on atteigne et persuade en Occident ceux qui se bouchaient les oreilles et les yeux, il a fallu, et nous ne pourrons nous en consoler, que le peuple hongrois vers\u00e2t \u00e0 flots un sang qui s\u00e8che d\u00e9j\u00e0 dans les m\u00e9moires.<\/p>\n\n\n\n<p>Du moins, t\u00e2cherons-nous d\u2019\u00eatre fid\u00e8les \u00e0 la Hongrie comme nous l\u2019avons \u00e9t\u00e9 \u00e0 l\u2019Espagne. Dans la solitude o\u00f9 se trouve aujourd\u2019hui l\u2019Europe, nous n\u2019avons qu\u2019un moyen de l\u2019\u00eatre, et qui est de ne jamais trahir, chez nous et ailleurs, ce pour quoi les combattants hongrois sont morts, de ne jamais justifier, chez nous et ailleurs, f\u00fbt-ce indirectement, ce qui les a tu\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019exigence inlassable de libert\u00e9 et de v\u00e9rit\u00e9, la communaut\u00e9 du travailleur et de l\u2019intellectuel (et qu\u2019on continue d\u2019opposer encore stupidement parmi nous, au grand b\u00e9n\u00e9fice de la tyrannie), la d\u00e9mocratie politique enfin, comme condition, non suffisante certes, mais n\u00e9cessaire et indispensable de la d\u00e9mocratie \u00e9conomique, voil\u00e0 ce que Budapest d\u00e9fendait. Et, ce faisant, la grande ville insurg\u00e9e rappelait \u00e0 l\u2019Europe d\u2019Occident sa v\u00e9rit\u00e9 et sa grandeur oubli\u00e9es. Elle faisait justice de cet \u00e9trange sentiment d\u2019inf\u00e9riorit\u00e9 qui d\u00e9bilite la plupart de nos intellectuels et que je me refuse pour ma part \u00e0 \u00e9prouver.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9ponse \u00e0 Ch\u00e9pilov<\/h3>\n\n\n\n<p>Les tares de l\u2019Occident sont innombrables, ses crimes et ses fautes r\u00e9els. Mais, finalement, n\u2019oublions pas que nous sommes les seuls \u00e0 d\u00e9tenir ce pouvoir de perfectionnement et d\u2019\u00e9mancipation qui r\u00e9side dans le libre g\u00e9nie. N\u2019oublions pas que, lorsque la soci\u00e9t\u00e9 totalitaire, par ses principes m\u00eames, oblige l\u2019ami \u00e0 livrer l\u2019ami, la soci\u00e9t\u00e9 d\u2019Occident, malgr\u00e9 tous ses \u00e9garements, produit toujours cette race d\u2019hommes qui maintiennent l\u2019honneur de vivre, je veux dire la race de ceux qui tendent la main \u00e0 l\u2019ennemi lui-m\u00eame pour le sauver du malheur ou de la mort.<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque le ministre Ch\u00e9pilov, revenant de Paris, ose \u00e9crire que \u00ab&#160;l\u2019art occidental est destin\u00e9 \u00e0 \u00e9carteler l\u2019\u00e2me humaine et \u00e0 former des massacreurs de toute esp\u00e8ce&#160;\u00bb, il est temps de lui r\u00e9pondre que nos \u00e9crivains et nos artistes, eux du moins, n\u2019ont jamais massacr\u00e9 personne et qu\u2019ils ont cependant assez de g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 pour ne pas accuser la th\u00e9orie du r\u00e9alisme socialiste des massacres couverts ou ordonn\u00e9s par Ch\u00e9pilov et ceux qui lui ressemblent.<\/p>\n\n\n\n<p>La v\u00e9rit\u00e9 est qu\u2019il y a place pour tout parmi nous, m\u00eame pour le mal, et m\u00eame pour les \u00e9crivains de Ch\u00e9pilov, mais aussi pour l\u2019honneur, pour la vie libre du d\u00e9sir, pour l\u2019aventure de l\u2019intelligence. Tandis qu\u2019il n\u2019y a place pour rien dans la culture stalinienne, sinon pour les sermons de patronage, la vie grise et le cat\u00e9chisme de la propagande. \u00c0 ceux qui pouvaient encore en douter, les \u00e9crivains hongrois viennent de le crier, avant de manifester leur choix d\u00e9finitif puisqu\u2019ils pr\u00e9f\u00e8rent se taire aujourd\u2019hui plut\u00f4t que de mentir sur ordre.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous aurons bien du mal \u00e0 \u00eatre dignes de tant de sacrifices. Mais nous devons l\u2019essayer, dans une Europe enfin unie, en oubliant nos querelles, en faisant justice de nos propres fautes, en multipliant nos cr\u00e9ations et notre solidarit\u00e9. \u00c0 ceux enfin qui ont voulu nous abaisser et nous faire croire que l\u2019histoire pouvait justifier la terreur, nous r\u00e9pondrons par notre vraie foi, celle que nous partageons, nous le savons maintenant, avec les \u00e9crivains hongrois, polonais et m\u00eame, oui, avec les \u00e9crivains russes, b\u00e2illonn\u00e9s eux aussi.<\/p>\n\n\n\n<p>Notre foi est qu\u2019il y a en marche dans le monde, parall\u00e8lement \u00e0 la force de contrainte et de mort qui obscurcit l\u2019histoire, une force de persuasion et de vie, un immense mouvement d\u2019\u00e9mancipation qui s\u2019appelle la culture et qui se fait en m\u00eame temps par la cr\u00e9ation libre et le travail libre.<\/p>\n\n\n\n<p>Notre t\u00e2che quotidienne, notre longue vocation est d\u2019ajouter par nos travaux \u00e0 cette culture, et non d\u2019y retrancher quoi que ce soit, m\u00eame provisoirement. Mais notre devoir le plus fier est de d\u00e9fendre personnellement, et jusqu\u2019au bout, contre la force de contrainte et de mort, d\u2019o\u00f9 qu\u2019elle vienne, la libert\u00e9 de cette culture, c\u2019est-\u00e0-dire la libert\u00e9 du travail et de la cr\u00e9ation.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces ouvriers et ces intellectuels hongrois, aupr\u00e8s desquels nous nous tenons aujourd\u2019hui avec tant de chagrin impuissant, ont compris cela et nous l\u2019ont fait mieux comprendre. C\u2019est pourquoi si leur malheur est le n\u00f4tre, leur espoir nous appartient aussi. Malgr\u00e9 leur mis\u00e8re, leur exil, leurs cha\u00eenes, ils nous ont laiss\u00e9 un royal h\u00e9ritage que nous avons \u00e0 m\u00e9riter&nbsp;&#160;: la libert\u00e9, qu\u2019ils n\u2019ont pas choisie mais qu\u2019en un seul jour ils nous ont rendue&nbsp;&#160;!<\/p>\n\n\n\n<p class=\"comment\">Une allusion au livre de Victor Kravchenko, <em>J\u2019ai choisi la libert\u00e9. La vie publique et priv\u00e9e d\u2019un haut fonctionnaire sovi\u00e9tique<\/em> (trad. fran\u00e7aise, Self, 1947). Voir le jugement d\u2019Albert Camus sur ce t\u00e9moignage dans \u00ab&#160;Le temps de l\u2019espoir&#160;\u00bb pour <em>Actuelles II <\/em>(\u00ab&#160;Cr\u00e9ation et libert\u00e9&#160;\u00bb, dans <em>OC III<\/em>, p. 441-442).&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">Albert Camus<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab&#160;&#160;Il nous a fallu, pendant dix ans, lutter d\u2019abord contre la tyrannie hitl\u00e9rienne et contre les hommes de droite qui la soutenaient. Et pendant dix autres ann\u00e9es, combattre la tyrannie stalinienne et les sophismes de ses d\u00e9fenseurs de gauche.&#160;&#160;\u00bb<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019automne 1956, la gauche europ\u00e9enne assiste \u00e0 la r\u00e9pression sanglante par le r\u00e9gime sovi\u00e9tique de l\u2019insurrection de Budapest. Depuis la salle Wagram, Albert Camus prononce un discours qui fera date sur sa responsabilit\u00e9 d\u2019intellectuel aux c\u00f4t\u00e9s des insurg\u00e9s de Hongrie \u00e9cras\u00e9 par les chars de Moscou. Nous le publions, ainsi que deux lettres pr\u00e9paratoires, avec les annotations de l\u2019historien Vincent Duclert.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/themes\/politique\/leurope-face-au-fascisme\/\">L&rsquo;Europe face au fascisme \u2014\u00a07\/9<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":10,"featured_media":256746,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"templates\/post-speeches.php","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_trash_the_other_posts":false,"footnotes":""},"categories":[4187],"tags":[],"staff":[3786],"editorial_format":[],"serie":[],"audience":[],"geo":[1917],"class_list":["post-256744","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-leurope-face-au-fascisme","staff-vincent-duclert","geo-europe"],"acf":{"open_in_webview":false,"accent":false},"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v26.1.1 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>Combattre la tyrannie sovi\u00e9tique apr\u00e8s le nazisme: Albert Camus pour l\u2019insurrection hongroise | Le Grand Continent<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2025\/01\/02\/combattre-le-totalitarisme-apres-la-guerre-albert-camus-pour-la-jeunesse-hongroise\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Combattre la tyrannie sovi\u00e9tique apr\u00e8s le nazisme: Albert Camus pour l\u2019insurrection hongroise | Le Grand Continent\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"\u00ab&#160;Il nous a fallu, pendant dix ans, lutter d\u2019abord contre la tyrannie hitl\u00e9rienne et contre les hommes de droite qui la soutenaient. Et pendant dix autres ann\u00e9es, combattre la tyrannie stalinienne et les sophismes de ses d\u00e9fenseurs de gauche.&#160;\u00bb  \u00c0 l\u2019automne 1956, la gauche europ\u00e9enne assiste \u00e0 la r\u00e9pression sanglante par le r\u00e9gime sovi\u00e9tique de l\u2019insurrection de Budapest. Depuis la salle Wagram, Albert Camus prononce un discours qui fera date sur sa responsabilit\u00e9 d\u2019intellectuel aux c\u00f4t\u00e9s des insurg\u00e9s de Hongrie \u00e9cras\u00e9 par les chars de Moscou. Nous le publions, ainsi que deux lettres pr\u00e9paratoires, avec les annotations de l\u2019historien Vincent Duclert.  L&#039;Europe face au fascisme \u2014\u00a07\/9\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2025\/01\/02\/combattre-le-totalitarisme-apres-la-guerre-albert-camus-pour-la-jeunesse-hongroise\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"Le Grand Continent\" \/>\n<meta property=\"article:published_time\" content=\"2025-01-02T17:31:00+00:00\" \/>\n<meta property=\"og:image\" content=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2025\/01\/gc-camus-scaled.jpg\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:width\" content=\"2560\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:height\" content=\"1440\" \/>\n\t<meta property=\"og:image:type\" content=\"image\/jpeg\" \/>\n<meta name=\"author\" content=\"Matheo Malik\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:image\" content=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2025\/01\/gc-camus-scaled.jpg\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"\u00c9crit par\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"Matheo Malik\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:label2\" content=\"Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data2\" content=\"20 minutes\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\/\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2025\/01\/02\/combattre-le-totalitarisme-apres-la-guerre-albert-camus-pour-la-jeunesse-hongroise\/\",\"url\":\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2025\/01\/02\/combattre-le-totalitarisme-apres-la-guerre-albert-camus-pour-la-jeunesse-hongroise\/\",\"name\":\"Combattre la tyrannie sovi\u00e9tique apr\u00e8s le nazisme: Albert Camus pour l\u2019insurrection hongroise | Le Grand Continent\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/#website\"},\"primaryImageOfPage\":{\"@id\":\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2025\/01\/02\/combattre-le-totalitarisme-apres-la-guerre-albert-camus-pour-la-jeunesse-hongroise\/#primaryimage\"},\"image\":{\"@id\":\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2025\/01\/02\/combattre-le-totalitarisme-apres-la-guerre-albert-camus-pour-la-jeunesse-hongroise\/#primaryimage\"},\"thumbnailUrl\":\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2025\/01\/SIPA_00246125_000001.jpg\",\"datePublished\":\"2025-01-02T17:31:00+00:00\",\"author\":{\"@id\":\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/#\/schema\/person\/a1c2123a1ef5abd663fcde8f63063d45\"},\"breadcrumb\":{\"@id\":\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2025\/01\/02\/combattre-le-totalitarisme-apres-la-guerre-albert-camus-pour-la-jeunesse-hongroise\/#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2025\/01\/02\/combattre-le-totalitarisme-apres-la-guerre-albert-camus-pour-la-jeunesse-hongroise\/\"]}]},{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2025\/01\/02\/combattre-le-totalitarisme-apres-la-guerre-albert-camus-pour-la-jeunesse-hongroise\/#primaryimage\",\"url\":\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2025\/01\/SIPA_00246125_000001.jpg\",\"contentUrl\":\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2025\/01\/SIPA_00246125_000001.jpg\",\"width\":1687,\"height\":1685,\"caption\":\"Portrait d'Albert Camus en 1944 \u00a9 SIPA\"},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2025\/01\/02\/combattre-le-totalitarisme-apres-la-guerre-albert-camus-pour-la-jeunesse-hongroise\/#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Accueil\",\"item\":\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"Combattre la tyrannie sovi\u00e9tique apr\u00e8s le nazisme&#160;: Albert Camus pour l\u2019insurrection hongroise\"}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/#website\",\"url\":\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/\",\"name\":\"Le Grand Continent\",\"description\":\"L&#039;\u00e9chelle pertinente\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":{\"@type\":\"PropertyValueSpecification\",\"valueRequired\":true,\"valueName\":\"search_term_string\"}}],\"inLanguage\":\"fr-FR\"},{\"@type\":\"Person\",\"@id\":\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/#\/schema\/person\/a1c2123a1ef5abd663fcde8f63063d45\",\"name\":\"Matheo Malik\",\"image\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/#\/schema\/person\/image\/\",\"url\":\"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/62cbadb9f7f0804282928747d8d2051d?s=96&d=mm&r=g\",\"contentUrl\":\"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/62cbadb9f7f0804282928747d8d2051d?s=96&d=mm&r=g\",\"caption\":\"Matheo Malik\"}}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"Combattre la tyrannie sovi\u00e9tique apr\u00e8s le nazisme: Albert Camus pour l\u2019insurrection hongroise | Le Grand Continent","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2025\/01\/02\/combattre-le-totalitarisme-apres-la-guerre-albert-camus-pour-la-jeunesse-hongroise\/","og_locale":"fr_FR","og_type":"article","og_title":"Combattre la tyrannie sovi\u00e9tique apr\u00e8s le nazisme: Albert Camus pour l\u2019insurrection hongroise | Le Grand Continent","og_description":"\u00ab&#160;Il nous a fallu, pendant dix ans, lutter d\u2019abord contre la tyrannie hitl\u00e9rienne et contre les hommes de droite qui la soutenaient. Et pendant dix autres ann\u00e9es, combattre la tyrannie stalinienne et les sophismes de ses d\u00e9fenseurs de gauche.&#160;\u00bb  \u00c0 l\u2019automne 1956, la gauche europ\u00e9enne assiste \u00e0 la r\u00e9pression sanglante par le r\u00e9gime sovi\u00e9tique de l\u2019insurrection de Budapest. Depuis la salle Wagram, Albert Camus prononce un discours qui fera date sur sa responsabilit\u00e9 d\u2019intellectuel aux c\u00f4t\u00e9s des insurg\u00e9s de Hongrie \u00e9cras\u00e9 par les chars de Moscou. Nous le publions, ainsi que deux lettres pr\u00e9paratoires, avec les annotations de l\u2019historien Vincent Duclert.  L'Europe face au fascisme \u2014\u00a07\/9","og_url":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2025\/01\/02\/combattre-le-totalitarisme-apres-la-guerre-albert-camus-pour-la-jeunesse-hongroise\/","og_site_name":"Le Grand Continent","article_published_time":"2025-01-02T17:31:00+00:00","og_image":[{"width":2560,"height":1440,"url":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2025\/01\/gc-camus-scaled.jpg","type":"image\/jpeg"}],"author":"Matheo Malik","twitter_card":"summary_large_image","twitter_image":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2025\/01\/gc-camus-scaled.jpg","twitter_misc":{"\u00c9crit par":"Matheo Malik","Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e":"20 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2025\/01\/02\/combattre-le-totalitarisme-apres-la-guerre-albert-camus-pour-la-jeunesse-hongroise\/","url":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2025\/01\/02\/combattre-le-totalitarisme-apres-la-guerre-albert-camus-pour-la-jeunesse-hongroise\/","name":"Combattre la tyrannie sovi\u00e9tique apr\u00e8s le nazisme: Albert Camus pour l\u2019insurrection hongroise | Le Grand Continent","isPartOf":{"@id":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/#website"},"primaryImageOfPage":{"@id":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2025\/01\/02\/combattre-le-totalitarisme-apres-la-guerre-albert-camus-pour-la-jeunesse-hongroise\/#primaryimage"},"image":{"@id":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2025\/01\/02\/combattre-le-totalitarisme-apres-la-guerre-albert-camus-pour-la-jeunesse-hongroise\/#primaryimage"},"thumbnailUrl":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2025\/01\/SIPA_00246125_000001.jpg","datePublished":"2025-01-02T17:31:00+00:00","author":{"@id":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/#\/schema\/person\/a1c2123a1ef5abd663fcde8f63063d45"},"breadcrumb":{"@id":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2025\/01\/02\/combattre-le-totalitarisme-apres-la-guerre-albert-camus-pour-la-jeunesse-hongroise\/#breadcrumb"},"inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2025\/01\/02\/combattre-le-totalitarisme-apres-la-guerre-albert-camus-pour-la-jeunesse-hongroise\/"]}]},{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2025\/01\/02\/combattre-le-totalitarisme-apres-la-guerre-albert-camus-pour-la-jeunesse-hongroise\/#primaryimage","url":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2025\/01\/SIPA_00246125_000001.jpg","contentUrl":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2025\/01\/SIPA_00246125_000001.jpg","width":1687,"height":1685,"caption":"Portrait d'Albert Camus en 1944 \u00a9 SIPA"},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2025\/01\/02\/combattre-le-totalitarisme-apres-la-guerre-albert-camus-pour-la-jeunesse-hongroise\/#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Accueil","item":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"Combattre la tyrannie sovi\u00e9tique apr\u00e8s le nazisme&#160;: Albert Camus pour l\u2019insurrection hongroise"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/#website","url":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/","name":"Le Grand Continent","description":"L&#039;\u00e9chelle pertinente","potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"fr-FR"},{"@type":"Person","@id":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/#\/schema\/person\/a1c2123a1ef5abd663fcde8f63063d45","name":"Matheo Malik","image":{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/#\/schema\/person\/image\/","url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/62cbadb9f7f0804282928747d8d2051d?s=96&d=mm&r=g","contentUrl":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/62cbadb9f7f0804282928747d8d2051d?s=96&d=mm&r=g","caption":"Matheo Malik"}}]}},"term_position_data":null,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/256744","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/10"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=256744"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/256744\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/256746"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=256744"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=256744"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=256744"},{"taxonomy":"staff","embeddable":true,"href":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/staff?post=256744"},{"taxonomy":"editorial_format","embeddable":true,"href":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/editorial_format?post=256744"},{"taxonomy":"serie","embeddable":true,"href":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/serie?post=256744"},{"taxonomy":"audience","embeddable":true,"href":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/audience?post=256744"},{"taxonomy":"geo","embeddable":true,"href":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/geo?post=256744"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}