{"id":244376,"date":"2024-09-09T11:37:42","date_gmt":"2024-09-09T09:37:42","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=244376"},"modified":"2025-04-17T14:46:06","modified_gmt":"2025-04-17T12:46:06","slug":"le-rapport-draghi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2024\/09\/09\/le-rapport-draghi\/","title":{"rendered":"Le rapport Draghi : la force de r\u00e9former"},"content":{"rendered":"\n
Cette pi\u00e8ce de doctrine est \u00e9galement disponible en anglais sur le site du Groupe d’\u00e9tudes g\u00e9opolitique<\/a>. Pour avoir acc\u00e8s \u00e0 toutes nos publications, abonnez-vous au Grand Continent<\/a><\/em><\/p>\n\n\n\n Cela fait d\u00e9j\u00e0 plusieurs ann\u00e9es \u2014 depuis le d\u00e9but du XXIe \u2014 que l’Europe s’inqui\u00e8te du ralentissement de sa croissance. Si plusieurs strat\u00e9gies ont \u00e9t\u00e9 mises en \u0153uvre pour esp\u00e9rer la relancer, la trajectoire reste inchang\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n Or les diff\u00e9rents indicateurs convergent tous vers une tendance : un \u00e9cart important de PIB s’est creus\u00e9 entre l’Union et les \u00c9tats-Unis, principalement en raison d’un ralentissement plus prononc\u00e9 de la croissance de la productivit\u00e9 en Europe. Les m\u00e9nages europ\u00e9ens ont pay\u00e9 le prix de la perte de niveau de vie, l\u00e0 o\u00f9 le revenu disponible r\u00e9el par habitant a augment\u00e9 presque deux fois plus aux \u00c9tats-Unis que dans l’Union depuis 2000.<\/p>\n\n\n\n Au cours de la plus grande partie de cette p\u00e9riode, le ralentissement de la croissance a \u00e9t\u00e9 per\u00e7u comme un handicap \u2014 mais jamais comme une v\u00e9ritable catastrophe. Les exportateurs europ\u00e9ens sont parvenus \u00e0 conqu\u00e9rir des parts de march\u00e9 dans des r\u00e9gions du monde o\u00f9 la croissance \u00e9tait plus rapide, notamment en Asie ; beaucoup plus de femmes sont entr\u00e9es sur le march\u00e9 du travail, augmentant ainsi la contribution de la main-d’\u0153uvre \u00e0 la croissance ; enfin, apr\u00e8s les p\u00e9riodes de crise de 2008 \u00e0 2012, le ch\u00f4mage a diminu\u00e9 de mani\u00e8re constante en Europe, contribuant \u00e0 r\u00e9duire les in\u00e9galit\u00e9s et \u00e0 maintenir le niveau de protection sociale.<\/p>\n\n\n\n Le ralentissement de la croissance a \u00e9t\u00e9 per\u00e7u comme un handicap \u2014 mais jamais comme une v\u00e9ritable catastrophe.<\/p>Mario Draghi<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n L’Union a \u00e9galement b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d’un contexte global favorable : alors que le commerce mondial se d\u00e9veloppait dans le respect des r\u00e8gles multilat\u00e9rales, le parapluie de s\u00e9curit\u00e9 des \u00c9tats-Unis permettait de d\u00e9lester les budgets de d\u00e9fense pour se consacrer \u00e0 d’autres priorit\u00e9s. Dans un monde g\u00e9opolitiquement stable, nous n’avions aucune raison de nous inqui\u00e9ter des d\u00e9pendances croissantes \u00e0 l’\u00e9gard de pays dont nous pensions qu’ils resteraient nos amis<\/a>.<\/p>\n\n\n\n Mais ces fondations sur lesquelles nous avions construit notre mod\u00e8le sont aujourd’hui \u00e9branl\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n Le paradigme mondial ancien est en train de dispara\u00eetre. Les entreprises de l’Union sont confront\u00e9es \u00e0 la fois \u00e0 une concurrence accrue de l’\u00e9tranger et \u00e0 un acc\u00e8s plus restreint aux march\u00e9s internationaux : l’\u00e8re de la croissance rapide du commerce mondial semble bel et bien r\u00e9volue. L’Europe a brusquement perdu son principal fournisseur d’\u00e9nergie \u2014 la Russie. Dans le m\u00eame temps, la stabilit\u00e9 g\u00e9opolitique s’affaiblit et nos d\u00e9pendances deviennent des vuln\u00e9rabilit\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n Le changement technologique s’acc\u00e9l\u00e8re rapidement. L\u2019Europe a en grande partie manqu\u00e9 la r\u00e9volution num\u00e9rique de l\u2019Internet et n’a pas b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 des gains de productivit\u00e9 qu\u2019elle aurait pu entra\u00eener : l’\u00e9cart de productivit\u00e9 entre l’Union et les \u00c9tats-Unis s’explique d\u2019ailleurs en grande partie par l’importance de ce secteur. L’Union est faible dans les technologies \u00e9mergentes qui seront pourtant le moteur de la croissance future \u2014 seules quatre des cinquante premi\u00e8res entreprises technologiques mondiales sont europ\u00e9ennes.<\/p>\n\n\n\n Pourtant, l’Europe a de plus en plus besoin de croissance.<\/p>\n\n\n\n Pour la premi\u00e8re fois dans son histoire r\u00e9cente, la croissance de l’Union ne sera pas soutenue par l’augmentation de la population. D’ici \u00e0 2040, la population active devrait diminuer de pr\u00e8s de 2 millions de travailleurs par an. Autrement dit : nous devrons nous appuyer davantage sur la productivit\u00e9 pour stimuler la croissance. Si l’Union devait pr\u00e9server son taux de croissance moyen de la productivit\u00e9 depuis 2015, cela ne suffirait qu’\u00e0 maintenir le PIB constant jusqu’en 2050 \u2014 alors m\u00eame qu\u2019elle est confront\u00e9e \u00e0 une s\u00e9rie de nouveaux besoins d’investissement qui devront \u00eatre financ\u00e9s par une croissance beaucoup plus forte.<\/p>\n\n\n\n Pour digitaliser et d\u00e9carboniser l’\u00e9conomie tout en accroissant notre capacit\u00e9 de d\u00e9fense, la part des investissements en Europe devra augmenter d’environ 5 points de pourcentage du PIB pour atteindre des niveaux observ\u00e9s pour la derni\u00e8re fois dans les ann\u00e9es 1960 et 1970. Cette situation est sans pr\u00e9c\u00e9dent : \u00e0 titre de comparaison, les investissements fournis par le plan Marshall<\/a> entre 1948 et 1951 repr\u00e9sentaient environ 1 \u00e0 2 % du PIB par an.<\/p>\n\n\n\n Pour la premi\u00e8re fois dans son histoire r\u00e9cente, la croissance de l’Union ne sera pas soutenue par l’augmentation de la population.<\/p>Mario Draghi<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n Si l’Europe ne parvient pas \u00e0 devenir plus productive, nous serons contraints de choisir : nous ne pourrons pas \u00eatre \u00e0 la fois un leader des nouvelles technologies, un phare de la responsabilit\u00e9 climatique et un acteur ind\u00e9pendant sur la sc\u00e8ne mondiale ; nous ne pourrons pas non plus financer notre mod\u00e8le social ; et nous devrons revoir \u00e0 la baisse certaines de nos ambitions \u2014 si ce n’est toutes. C’est un d\u00e9fi existentiel.<\/p>\n\n\n\n Les valeurs fondamentales de l’Europe sont la prosp\u00e9rit\u00e9, l’\u00e9quit\u00e9, la libert\u00e9, la paix et la d\u00e9mocratie, dans un environnement durable. Le sens de l’Union est de veiller \u00e0 ce que les Europ\u00e9ens puissent toujours b\u00e9n\u00e9ficier de l\u2019ensemble de ces droits fondamentaux : si l’Europe n’\u00e9tait plus en mesure de les garantir \u00e0 ses citoyens \u2014 ou si elle se voyait contrainte d\u2019avoir \u00e0 choisir entre seulement certains d\u2019entre eux \u2014 elle perdrait sa raison d’\u00eatre.<\/p>\n\n\n\n La seule fa\u00e7on de relever ce d\u00e9fi est de cro\u00eetre et de devenir plus productif, tout en pr\u00e9servant nos valeurs d’\u00e9quit\u00e9 et d’inclusion sociale. Or pour ce faire, un changement radical est n\u00e9cessaire<\/a>.<\/p>\n\n\n\n Notre rapport<\/a> identifie trois grands domaines d’action pour relancer une croissance durable.<\/p>\n\n\n\n Dans chacun de ces domaines, nous ne partons pas de rien. L’Union peut s’appuyer sur une s\u00e9rie de qualit\u00e9s solides et de points forts : des syst\u00e8mes d’\u00e9ducation et de sant\u00e9 performants et des \u00c9tats-providence robustes. Mais nous \u00e9chouons collectivement \u00e0 convertir ces forces en industries productives et comp\u00e9titives sur la sc\u00e8ne mondiale.<\/p>\n\n\n\n Tout d’abord \u2014 et c’est le plus important \u2014 l’Europe doit profond\u00e9ment recentrer ses efforts collectifs sur la r\u00e9sorption du foss\u00e9 qui la s\u00e9pare des \u00c9tats-Unis et de la Chine en mati\u00e8re d’innovation, en particulier dans le domaine des technologies de pointe.<\/p>\n\n\n\n Notre continent est fig\u00e9 dans une structure industrielle statique o\u00f9 peu de nouvelles entreprises voient le jour pour perturber les industries existantes ou d\u00e9velopper de nouveaux moteurs de croissance. De fait, aucune entreprise europ\u00e9enne dont la capitalisation boursi\u00e8re d\u00e9passe les 100 milliards d’euros n’a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e de toutes pi\u00e8ces au cours des cinquante derni\u00e8res ann\u00e9es, alors que les six entreprises am\u00e9ricaines dont l’\u00e9valuation d\u00e9passe 1 000 milliards d’euros sont toutes n\u00e9es au cours de cette p\u00e9riode.<\/p>\n\n\n\n Ce manque de dynamisme s’auto-alimente : les entreprises europ\u00e9ennes \u00e9tant sp\u00e9cialis\u00e9es dans des technologies matures, o\u00f9 le potentiel de perc\u00e9e technologique est limit\u00e9, elles d\u00e9pensent moins pour la recherche et l’innovation (R&I) \u2014 \u00e0 raison de 270 milliards d’euros de moins que leurs homologues am\u00e9ricaines en 2021. Les trois premiers investisseurs dans la R&I en Europe ont \u00e9t\u00e9 domin\u00e9s par les entreprises du secteur automobile au cours des vingt derni\u00e8res ann\u00e9es. S\u2019il en \u00e9tait de m\u00eame aux \u00c9tats-Unis au d\u00e9but des ann\u00e9es 2000 \u2014 les industries automobile et pharmaceutique faisant la course en t\u00eate \u2014 aujourd\u2019hui, les trois premiers investisseurs en R&I sont tous dans le secteur des nouvelles technologies.<\/p>\n\n\n\n L’Europe ne manque pas d’id\u00e9es ou d’ambition \u2014 l\u00e0 n’est pas le probl\u00e8me. De nombreux chercheurs et entrepreneurs talentueux d\u00e9posent des brevets sur notre continent. Mais c\u2019est \u00e0 l\u2019\u00e9tape suivante que l’innovation est bloqu\u00e9e : nous ne parvenons pas \u00e0 la traduire en commercialisation. Les entreprises innovantes qui souhaitent se d\u00e9velopper en Europe se retrouvent entrav\u00e9es \u00e0 chaque \u00e9tape par des r\u00e9glementations incoh\u00e9rentes et restrictives. Nombreux sont les entrepreneurs europ\u00e9ens qui pr\u00e9f\u00e8rent alors rechercher des financements aupr\u00e8s de soci\u00e9t\u00e9s de capital-risque aux \u00c9tats-Unis et d\u00e9velopper leurs activit\u00e9s sur le march\u00e9 am\u00e9ricain. Entre 2008 et 2021, pr\u00e8s de 30 % des \u00ab licornes \u00bb fond\u00e9es en Europe \u2014 des entreprises dont la valeur a d\u00e9pass\u00e9 le milliard de dollars \u2014 ont transf\u00e9r\u00e9 leur si\u00e8ge social \u00e0 l’\u00e9tranger, la grande majorit\u00e9 d’entre elles s’installant aux \u00c9tats-Unis.<\/p>\n\n\n\n Alors que notre monde est \u00e0 l’aube d’une r\u00e9volution de l’IA, l’Europe ne peut pas se permettre de rester bloqu\u00e9e dans les \u00ab technologies et industries interm\u00e9diaires \u00bb du si\u00e8cle dernier \u2014 nous devons lib\u00e9rer notre potentiel d’innovation. Cette avanc\u00e9e sera essentielle non seulement pour se placer \u00e0 la pointe des nouvelles technologies, mais aussi pour int\u00e9grer l’IA dans nos industries existantes afin qu’elles puissent rester au premier plan.<\/p>\n\n\n\n Un \u00e9l\u00e9ment central de ce programme consistera \u00e0 donner aux Europ\u00e9ens les comp\u00e9tences dont ils ont besoin pour tirer parti des nouvelles technologies, afin que cette r\u00e9volution aille de pair avec plus d’inclusion sociale. Si l’Europe doit s’efforcer d’\u00e9galer les \u00c9tats-Unis en termes d’innovation, elle doit aussi les d\u00e9passer en offrant des possibilit\u00e9s d’\u00e9ducation et de formation des adultes, ainsi que de bons emplois pour tous, tout au long de la vie.<\/p>\n\n\n\n Le deuxi\u00e8me domaine d’o\u00f9 nous devons agir est un plan commun pour la d\u00e9carbonation et la comp\u00e9titivit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n Si les objectifs climatiques ambitieux de l’Europe s’accompagnent d’un plan coh\u00e9rent pour les atteindre, la d\u00e9carbonation sera une opportunit\u00e9. Mais si nous ne parvenons pas \u00e0 coordonner nos politiques, elle risque de freiner la comp\u00e9titivit\u00e9 et la croissance.<\/p>\n\n\n\n Notre continent est fig\u00e9 dans une structure industrielle statique<\/p>Mario Draghi<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n M\u00eame si les prix de l’\u00e9nergie ont consid\u00e9rablement baiss\u00e9 par rapport \u00e0 leurs pics, les entreprises de l’Union restent confront\u00e9es \u00e0 des prix de l’\u00e9lectricit\u00e9 qui sont 2 \u00e0 3 fois sup\u00e9rieurs \u00e0 ceux des \u00c9tats-Unis et des prix du gaz naturel 4 \u00e0 5 fois plus \u00e9lev\u00e9s. Ces \u00e9carts s’expliquent principalement par le manque de ressources naturelles sur notre continent mais aussi par des probl\u00e8mes fondamentaux li\u00e9s \u00e0 notre march\u00e9 commun de l’\u00e9nergie. Les r\u00e8gles du march\u00e9 emp\u00eachent les industries et les m\u00e9nages de r\u00e9percuter sur leurs factures tous les avantages des \u00e9nergies propres. Les taxes \u00e9lev\u00e9es et les rentes capt\u00e9es par les op\u00e9rateurs financiers augmentent les co\u00fbts de l’\u00e9nergie pour notre \u00e9conomie.<\/p>\n\n\n\n \u00c0 moyen terme, la d\u00e9carbonation contribuera \u00e0 orienter la production d’\u00e9lectricit\u00e9 vers des sources d’\u00e9nergie propres, s\u00fbres et peu co\u00fbteuses. Mais pour le reste de la d\u00e9cennie, les combustibles fossiles continueront \u00e0 jouer un r\u00f4le central dans la fixation des prix de l’\u00e9nergie. Faute d’un plan visant \u00e0 transf\u00e9rer les b\u00e9n\u00e9fices de la d\u00e9carbonation aux utilisateurs finaux, les prix de l’\u00e9nergie continueront \u00e0 peser sur la croissance.<\/p>\n\n\n\n Le processus mondial de d\u00e9carbonation<\/a> est \u00e9galement une opportunit\u00e9 de croissance pour l’industrie de l’Union, qui est un leader mondial dans le domaine des technologies propres telles que les \u00e9oliennes, les \u00e9lectrolyseurs et les carburants \u00e0 faible teneur en carbone : plus d’un cinqui\u00e8me des technologies propres et durables dans le monde sont d\u00e9velopp\u00e9es dans l’Union.<\/p>\n\n\n\n Rien ne garantit cependant que l’Europe saisira cette opportunit\u00e9. La concurrence chinoise s’intensifie dans les secteurs des technologies propres et des v\u00e9hicules \u00e9lectriques<\/a>, gr\u00e2ce \u00e0 une puissante combinaison de politiques industrielles et de subventions massives, d’innovation rapide, de contr\u00f4le des mati\u00e8res premi\u00e8res et de capacit\u00e9 \u00e0 produire \u00e0 l’\u00e9chelle continentale.<\/p>\n\n\n\n L’Union fait face \u00e0 un dilemme. Une d\u00e9pendance accrue \u00e0 l’\u00e9gard de la Chine peut certes constituer le moyen le moins co\u00fbteux et le plus efficace d’atteindre nos objectifs en mati\u00e8re de d\u00e9carbonation. Mais la concurrence chinoise soutenue par l’\u00c9tat repr\u00e9sente \u00e9galement une menace pour nos secteurs productifs des technologies propres et de l’automobile.<\/p>\n\n\n\n C’est pour le bien de notre plan\u00e8te que la d\u00e9carbonation est indispensable. Mais pour qu’elle devienne \u00e9galement une source de croissance pour l’Europe, nous aurons besoin d’un plan commun couvrant les industries qui produisent de l’\u00e9nergie et celles qui permettent la d\u00e9carbonation, telles que les technologies propres et l’automobile.<\/p>\n\n\n\n Le troisi\u00e8me domaine d’action est le renforcement de la s\u00e9curit\u00e9 et la r\u00e9duction des d\u00e9pendances.<\/p>\n\n\n\n La s\u00e9curit\u00e9 est une condition pr\u00e9alable \u00e0 une croissance durable. L’augmentation des risques g\u00e9opolitiques peut accro\u00eetre l’incertitude et freiner les investissements, tandis que les chocs g\u00e9opolitiques majeurs ou les arr\u00eats soudains des \u00e9changes peuvent \u00eatre extr\u00eamement n\u00e9fastes. \u00c0 mesure que nous sortons de l’\u00e8re de la stabilit\u00e9 g\u00e9opolitique, le risque que l’ins\u00e9curit\u00e9 grandissante devienne une menace pour la croissance et la libert\u00e9 s’accro\u00eet.<\/p>\n\n\n\n L’Europe est particuli\u00e8rement expos\u00e9e. Nous d\u00e9pendons d’une poign\u00e9e de fournisseurs de mati\u00e8res premi\u00e8res essentielles, en particulier la Chine, alors m\u00eame que la demande mondiale de ces mati\u00e8res explose en raison de la transition \u00e9nerg\u00e9tique. Nous sommes \u00e9galement tr\u00e8s d\u00e9pendants des importations de technologies num\u00e9riques. En ce qui concerne la production de puces, 75 \u00e0 90 % de la capacit\u00e9 mondiale de fabrication de plaquettes se trouve en Asie.<\/p>\n\n\n\n Ces d\u00e9pendances sont souvent \u00e0 double sens \u2014 la Chine, par exemple compte sur l’Union pour absorber sa surcapacit\u00e9 industrielle \u2014 mais d’autres grandes \u00e9conomies, comme les \u00c9tats-Unis, tentent activement de s’en d\u00e9faire. Si nous n’agissons pas, nous nous exposons \u00e0 la coercition.<\/p>\n\n\n\nTrois domaines d’action pour relancer la croissance<\/strong><\/h2>\n\n\n\n
<\/a>T\u00e9l\u00e9charger la partie 1<\/a><\/div>\n\n\n\n
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