{"id":228203,"date":"2024-05-02T14:46:10","date_gmt":"2024-05-02T12:46:10","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=228203"},"modified":"2024-05-02T14:46:12","modified_gmt":"2024-05-02T12:46:12","slug":"orban-a-ete-un-moteur-de-lentree-de-la-hongrie-dans-lunion-une-conversation-avec-endre-juhasz-sur-les-coulisses-dune-adhesion","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2024\/05\/02\/orban-a-ete-un-moteur-de-lentree-de-la-hongrie-dans-lunion-une-conversation-avec-endre-juhasz-sur-les-coulisses-dune-adhesion\/","title":{"rendered":"\u00ab Orb\u00e1n a \u00e9t\u00e9 un moteur de l\u2019entr\u00e9e de la Hongrie dans l\u2019Union \u00bb, une conversation avec Endre Juh\u00e1sz sur les coulisses d\u2019une adh\u00e9sion"},"content":{"rendered":"\n
Le Grand Continent para\u00eet tous les jours en ligne et une fois par an en papier. Notre nouveau num\u00e9ro, <\/em>Portrait d’un monde cass\u00e9. L’Europe dans l’ann\u00e9e des grandes \u00e9lections<\/a>, dirig\u00e9 par Giuliano da Empoli,<\/a> vient de para\u00eetre. Notre travail est possible gr\u00e2ce \u00e0 votre soutien. Pour vous procurer le volume, c’est par ici<\/a> \u2014 et par l\u00e0 pour accompagner notre d\u00e9veloppement en vous abonnant au Grand Continent<\/a>.<\/em><\/p>\n\n\n\n Je suis juriste, j\u2019ai suivi mes \u00e9tudes \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Szeged o\u00f9 j\u2019ai obtenu mon dipl\u00f4me en 1967. J\u2019ai rejoint le minist\u00e8re du Commerce ext\u00e9rieur, d\u2019abord comme stagiaire en 1966 et 1967, puis comme fonctionnaire au sein du d\u00e9partement juridique. Entre 1969 et 1972, \u00e0 quatre reprises chaque ann\u00e9e au printemps \u2014 et pour une dur\u00e9e de quatre \u00e0 cinq semaines \u2014 j\u2019ai r\u00e9alis\u00e9 des s\u00e9jours d\u2019\u00e9tude post-universitaires \u00e0 Strasbourg, au sein de la Facult\u00e9 internationale pour l\u2019enseignement du droit compar\u00e9. L\u00e0-bas, outre l\u2019examen de sujets du droit compar\u00e9 classique, nous avons \u00e9t\u00e9 introduits \u00e0 la construction juridique de l\u2019int\u00e9gration europ\u00e9enne. Un de nos professeurs \u00e9tait alors Pierre-Henri Teitgen, consid\u00e9r\u00e9 comme l\u2019un des p\u00e8res fondateurs des Communaut\u00e9s europ\u00e9ennes.<\/p>\n\n\n\n En septembre 1974, j\u2019ai rejoint Bruxelles afin d\u2019\u00e9tudier de plus pr\u00e8s le fonctionnement de la Communaut\u00e9 \u00e9conomique europ\u00e9enne (CEE). \u00c0 cette \u00e9poque-l\u00e0, en effet, nous n\u2019avions pas de relations diplomatiques avec la CEE, j\u2019\u00e9tais donc secr\u00e9taire commercial \u00e0 l\u2019ambassade de la R\u00e9publique populaire de Hongrie aupr\u00e8s du Royaume de Belgique. Pour autant, j\u2019ai travaill\u00e9 avec les fonctionnaires de la Commission et de la CEE. En raison du contexte politique et diplomatique, nous n\u2019avons pas pu, \u00e0 cette \u00e9poque, conclure un accord bilat\u00e9ral commercial global, mais nous avons n\u00e9anmoins \u00e9tabli quelques arrangements, par exemple sur le textile, dans le cadre de l\u2019accord multifibres n\u00e9goci\u00e9 sous l\u2019\u00e9gide du GATT sign\u00e9 en d\u00e9cembre 1973. Nous avons conclu des accords sectoriels pour les produits m\u00e9tallurgiques et sur certains produits agricoles. La Hongrie \u00e9tait un pays exportateur et sa relation commerciale avec les membres de la CEE \u00e9tait importante. La politique du minist\u00e8re du Commerce ext\u00e9rieur \u00e9tait donc assez souple, davantage que celle du minist\u00e8re des Affaires \u00e9trang\u00e8res. En tout cas, il y avait la volont\u00e9 de d\u00e9velopper les \u00e9changes. Ma mission s\u2019inscrivait dans ce contexte. J\u2019ai pass\u00e9 cinq ans \u00e0 Bruxelles, jusqu\u2019en 1979.<\/p>\n\n\n Sous la direction de Giuliano da Empoli.<\/p>\n Avec les contributions d\u2019Anu Bradford, Josep Borrell, Julia Cag\u00e9, Javier Cercas, Dipesh Chakrabarty, Pierre Charbonnier, Aude Darnal, Jean-Yves Dormagen, Niall Ferguson, Timothy Garton Ash, Jean-Marc Jancovici, Paul Magnette, Hugo Micheron, Branko Milanovic, Nicholas Mulder, Vladislav Sourkov, Bruno Tertrais, Isabella Weber, Lea Ypi.<\/p>\n\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t Commandez le nouveau num\u00e9ro papier<\/a><\/span> du Grand Continent chez Gallimard qui para\u00eet cette semaine ou cliquez ici pour vous abonner et recevoir l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 de nos produits<\/a><\/span>.<\/strong><\/p>\n\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\n\t\t\t\t\t\t\t J\u2019ai ensuite \u00e9t\u00e9 rappel\u00e9 \u00e0 Budapest comme chef de division, pour quatre ans, jusqu\u2019en 1983. Puis j\u2019ai \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9 \u00e0 l\u2019ambassade de Hongrie \u00e0 Washington, o\u00f9 je suis rest\u00e9 six ans. Nos relations avec les \u00c9tats-Unis \u00e9taient, elles aussi, \u00e9conomiquement tr\u00e8s importantes. Nous y exportions des produits agricoles et industriels, par exemple des lampes \u00e0 incandescence, des roulements \u00e0 billes, des axes de transmission de camions et m\u00eame des autobus. Plusieurs sujets \u00e9taient alors discut\u00e9s et n\u00e9goci\u00e9s avec les autorit\u00e9s am\u00e9ricaines, comme la question de la \u00ab clause de la nation la plus favoris\u00e9e \u00bb. De plus, il \u00e9tait n\u00e9cessaire d\u2019assurer la d\u00e9fense des entreprises hongroises dans les proc\u00e9dures antidumping lanc\u00e9es contre les exportations de leurs produits. J\u2019avais aussi en charge des questions purement commerciales. J\u2019ai notamment ramen\u00e9 en Hongrie la technologie des t\u00e9l\u00e9communications mobiles gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019\u00e9tablissement d\u2019une coentreprise (joint-venture<\/em>) am\u00e9ricano-hongroise avec l\u2019entreprise am\u00e9ricaine de t\u00e9l\u00e9communication US West.<\/p>\n\n\n\n Quand je suis revenu en Hongrie en 1989, les relations de Budapest avec la CEE ont commenc\u00e9 \u00e0 prendre de l\u2019ampleur. J\u2019avais la charge de suivre ce processus de rapprochement au minist\u00e8re du Commerce ext\u00e9rieur et au minist\u00e8re des Relations \u00e9conomiques internationales. Apr\u00e8s les premi\u00e8res \u00e9lections libres, en mars et avril 1990, le nouveau chef du gouvernement, J\u00f3zsef Antall, a annonc\u00e9 que notre objectif principal \u00e9tait l\u2019adh\u00e9sion. Dans la mesure o\u00f9 cette question \u00e9tait per\u00e7ue comme une affaire d\u2019abord \u00e9conomique, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 n\u00e9gociateur en chef de la premi\u00e8re \u00e9tape que constituait l\u2019accord d\u2019association entre la R\u00e9publique de Hongrie et les Communaut\u00e9s europ\u00e9ennes et leurs \u00c9tats membres. Cet accord a \u00e9t\u00e9 sign\u00e9 le 16 d\u00e9cembre 1991. Ses dispositions commerciales sont entr\u00e9es en vigueur le 1er<\/sup> mars 1992, l\u2019accord dans son ensemble le 1er<\/sup> f\u00e9vrier 1994. Il pr\u00e9voyait une lib\u00e9ralisation tr\u00e8s pouss\u00e9e s\u2019agissant des marchandises, moins aboutie concernant les services et le b\u00e9n\u00e9fice des autres libert\u00e9s \u00e9conomiques. Diff\u00e9rentes \u00e9tapes \u00e9taient pr\u00e9vues. Afin de garantir le bon fonctionnement de l\u2019accord, des institutions communes ont \u00e9t\u00e9 \u00e9tablies, \u00e0 savoir un conseil d\u2019association et un comit\u00e9 d\u2019association. J\u2019\u00e9tais le pr\u00e9sident de ce dernier, quand la Hongrie en assurait la pr\u00e9sidence. Divers accords sectoriels ont de plus \u00e9t\u00e9 conclus. Nous avons par exemple trouv\u00e9 un compromis int\u00e9ressant sur les vins.<\/p>\n\n\n\n Quand je suis revenu en Hongrie en 1989, les relations de Budapest avec la CEE ont commenc\u00e9 \u00e0 prendre de l\u2019ampleur.<\/p>Endre Juh\u00e1sz<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n En 1992, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du minist\u00e8re des Relations \u00e9conomiques internationales et directeur de l\u2019Office des affaires europ\u00e9ennes puis, l\u2019ann\u00e9e suivante, secr\u00e9taire d\u2019\u00c9tat de ce minist\u00e8re. Apr\u00e8s les \u00e9lections l\u00e9gislatives hongroises de mai 1994, un gouvernement socialiste-lib\u00e9ral a succ\u00e9d\u00e9 au gouvernement de centre-droit. Je suis rest\u00e9 \u00e0 mon poste. Seules la structure et les d\u00e9nominations des minist\u00e8res ont chang\u00e9. Cela \u00e9tait possible en raison de la coutume politico-administrative hongroise d\u2019op\u00e9rer une distinction entre les secr\u00e9taires d\u2019\u00c9tat \u00ab administratifs \u00bb et leurs homologues \u00ab politiques \u00bb, avec cette cons\u00e9quence que, normalement, les secr\u00e9taires d\u2019\u00c9tat administratifs demeuraient en place et assuraient la continuit\u00e9 de l\u2019action publique en cas de changement du pouvoir. J\u2019ai \u00e9t\u00e9, pour ma part, un secr\u00e9taire d\u2019\u00c9tat administratif. Par ailleurs, je n\u2019ai jamais \u00e9t\u00e9 membre d\u2019un parti politique, ni avant, ni apr\u00e8s le changement de r\u00e9gime en 1990.<\/p>\n\n\n\n Apr\u00e8s l\u2019entr\u00e9e en vigueur de l\u2019accord d\u2019association, la question de l\u2019adh\u00e9sion pure et simple \u00e0 l\u2019Union est naturellement arriv\u00e9e \u00e0 l\u2019ordre du jour. Nous nourrissions toutefois quelques inqui\u00e9tudes sur la mani\u00e8re dont cette demande allait \u00eatre re\u00e7ue. Nous voulions en effet qu\u2019apr\u00e8s la pr\u00e9sentation de la demande le processus d\u00e9bute sans d\u00e9lai. Pour nous en assurer, nous avons pr\u00e9alablement r\u00e9alis\u00e9 un tour des capitales europ\u00e9ennes avec mon homologue, secr\u00e9taire d\u2019\u00c9tat aupr\u00e8s du minist\u00e8re des Affaires \u00e9trang\u00e8res, J\u00e1nos Martonyi. Nous nous sommes r\u00e9partis les douze pays. Pour ma part, je me suis rendu au Royaume-Uni, au Danemark, en Irlande, puis en Espagne et au Portugal. Le d\u00e9placement premier et d\u00e9cisif \u00e9tait celui de Londres puisque le ministre qui m\u2019a re\u00e7u, David Heathcoat-Amory, alors Minister of State for Europe, a fait, \u00e0 l\u2019issue de ma pr\u00e9sentation, une d\u00e9claration presque solennelle annon\u00e7ant que la demande la Hongrie serait \u00ab welcome \u00bb, tr\u00e8s bien re\u00e7ue par le Royaume-Uni. Tout en le remerciant, je lui ai demand\u00e9 si cette opinion allait \u00eatre connue dans les autres capitales. Il a r\u00e9pondu que, bien entendu, une information en ce sens allait \u00eatre transmise. Cette prise de position a \u00e9t\u00e9 importante pour nous, car elle a d\u00e9termin\u00e9 l\u2019atmosph\u00e8re des entretiens ult\u00e9rieurs. Nos interlocuteurs savaient que nous avions le soutien des Britanniques. Mon coll\u00e8gue a visit\u00e9 les autres pays et nous avons conclu de nos \u00e9changes respectifs que l\u2019atmosph\u00e8re \u00e9tait propice \u00e0 l\u2019adh\u00e9sion de la Hongrie. L\u2019acte de candidature a \u00e9t\u00e9 sign\u00e9 par notre premier ministre le 31 mars 1994. Il a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9 d\u00e8s le lendemain \u00e0 Ath\u00e8nes par le ministre hongrois des Affaires \u00e9trang\u00e8res au pr\u00e9sident en exercice du Conseil de l\u2019Union, le ministre grec des Affaires \u00e9trang\u00e8res. J\u2019\u00e9tais \u00e9galement pr\u00e9sent. La Hongrie \u00e9tait ainsi le premier pays d\u2019Europe centrale et orientale \u00e0 faire cette d\u00e9marche.<\/p>\n\n\n\n Avant que le processus d\u2019adh\u00e9sion ne d\u00e9bute, nos interlocuteurs savaient que nous avions le soutien des Britanniques.<\/p>Endre Juh\u00e1sz<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n En janvier 1995, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 ambassadeur extraordinaire et pl\u00e9nipotentiaire, chef de la mission diplomatique de la R\u00e9publique de Hongrie aupr\u00e8s de l\u2019Union \u00e0 Bruxelles. Outre les t\u00e2ches traditionnelles d\u00e9volues \u00e0 un ambassadeur, j\u2019\u00e9tais responsable du processus d\u2019adh\u00e9sion. En avril 1996, on nous a d\u2019abord pr\u00e9sent\u00e9 un questionnaire avec \u00e0 peu pr\u00e8s 1 500 questions auxquelles nous avons r\u00e9pondu dans un d\u00e9lai de trois mois \u00e0 l\u2019aide d\u2019un document comptant plus de 4 000 pages. En juillet 1997, la Commission a d\u00e9livr\u00e9 son avis sur la demande d\u2019adh\u00e9sion de la Hongrie et, le 13 d\u00e9cembre de cette ann\u00e9e, le Conseil europ\u00e9en r\u00e9uni \u00e0 Luxembourg a d\u00e9sign\u00e9 les pays avec lesquels les n\u00e9gociations pouvaient commencer. Ils \u00e9taient six : la Hongrie, la Pologne, la R\u00e9publique tch\u00e8que, l\u2019Estonie, la Slov\u00e9nie et Chypre. Ils constituaient le \u00ab Groupe de Luxembourg \u00bb. L\u2019ouverture officielle des n\u00e9gociations au niveau minist\u00e9riel a eu lieu le 31 mars 1998 \u00e0 Bruxelles. C\u2019\u00e9tait une occasion de faire des d\u00e9clarations politiques et de principes. \u00c0 la suite des \u00e9lections l\u00e9gislatives hongroises du mois de mai, un nouveau gouvernement venait d\u2019\u00eatre d\u00e9sign\u00e9 \u2014 plac\u00e9 sous la direction de Viktor Orb\u00e1n. C\u2019est lui qui m\u2019a nomm\u00e9 n\u00e9gociateur en chef. Je le connaissais personnellement tr\u00e8s bien puisque, depuis 1994, il \u00e9tait le pr\u00e9sident de la commission parlementaire des affaires de l\u2019Union, commission \u00e0 laquelle je devais r\u00e9guli\u00e8rement rendre compte. Il \u00e9tait particuli\u00e8rement moteur dans cette adh\u00e9sion.<\/p>\n\n\n\n Je dois d\u2019abord dire que la charge de travail du n\u00e9gociateur en chef dans ce cas a largement d\u00e9pass\u00e9 celle d\u2019un n\u00e9gociateur habituel. Un n\u00e9gociateur, comme on le comprend normalement, a pour mission de faire valoir une position pr\u00e9d\u00e9finie par ses sup\u00e9rieurs. Dans mon cas, la division du travail a \u00e9t\u00e9 faite de telle sorte que la position de n\u00e9gociation \u2014 \u00ab position <\/em>paper<\/em> \u00bb \u2014 \u00e9tait \u00e9tablie et r\u00e9dig\u00e9e par le n\u00e9gociateur en chef puis envoy\u00e9e \u00e0 la capitale, Budapest, pour approbation et \u00e9ventuellement modification par l\u2019autorit\u00e9 politique. Ces \u00ab position papers<\/em> \u00bb devaient \u00eatre r\u00e9dig\u00e9s en d\u00e9tails et en anglais. Cette organisation du travail \u00e9tait fond\u00e9e sur la consid\u00e9ration qu\u2019un fonctionnaire install\u00e9 sur place et en contact permanent avec l\u2019autre partie \u00e9tait le mieux plac\u00e9 pour \u00e9valuer ce qui \u00e9tait raisonnablement possible et ce qui ne l\u2019\u00e9tait pas.<\/p>\n\n\n\n \u00c0 la suite des \u00e9lections l\u00e9gislatives hongroises du mois de mai 1998, un nouveau gouvernement venait d\u2019\u00eatre d\u00e9sign\u00e9 \u2014 plac\u00e9 sous la direction de Viktor Orb\u00e1n. \u00a0Il \u00e9tait particuli\u00e8rement moteur dans cette adh\u00e9sion.<\/p>Endre Juh\u00e1sz<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n J\u2019avais naturellement une petite \u00e9quipe d\u2019une vingtaine de personnes \u00e0 ma disposition \u00e0 l\u2019ambassade. Ils \u00e9taient diplomates, juristes, \u00e9conomistes, agronomes ou experts dans certains domaines. Chacun \u00e9tait responsable d\u2019un ou plusieurs chapitres de n\u00e9gociations. Mais j\u2019avais aussi toute latitude pour prendre directement contact avec chaque minist\u00e8re, pas seulement le minist\u00e8re des Affaires \u00e9trang\u00e8res, mais aussi celui des Affaires \u00e9conomiques, des Finances, de l\u2019Agriculture, de l\u2019Environnement, des Transports, etc. Dans les phases intenses de n\u00e9gociation, plusieurs centaines de personnes \u00e9taient mobilisables, mais \u00e0 distance.<\/p>\n\n\n\n Mes sup\u00e9rieurs \u00e9taient le Premier ministre et le ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res, c\u2019est-\u00e0-dire, entre 1998 et 2002, Viktor Orb\u00e1n et J\u00e1nos Martonyi. Ce dernier, apr\u00e8s avoir quitt\u00e9 le gouvernement en 1994 et poursuivi une activit\u00e9 d\u2019avocat, \u00e9tait en effet revenu au gouvernement. Les \u00e9lections d\u2019avril 2002 ont vu la victoire des socialistes et des d\u00e9mocrates libres (lib\u00e9raux). P\u00e9ter Medgyessy est devenu Premier ministre, tandis que L\u00e1szl\u00f3 Kov\u00e1cs a pris en charge le poste de ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res. Je suis une fois encore rest\u00e9 \u00e0 mon poste.<\/p>\n\n\n\n Apr\u00e8s l\u2019ouverture officielle des n\u00e9gociations, nous avons commenc\u00e9 le travail par ce que nous appelions le screening<\/em>, c\u2019est-\u00e0-dire un examen analytique, par chapitre, de l\u2019acquis communautaire. En somme 70 \u00e0 80 r\u00e9unions ont \u00e9t\u00e9 consacr\u00e9es \u00e0 cet exercice qui a dur\u00e9 plus d\u2019une ann\u00e9e. Il s\u2019agissait de regarder en d\u00e9tail plusieurs milliers de textes l\u00e9gislatifs. Bien entendu, seulement quelques centaines d\u2019entre eux \u00e9taient pertinents, mais il fallait les identifier. Pendant ces r\u00e9unions la Commission pr\u00e9sentait l\u2019\u00e9tat de la r\u00e9glementation europ\u00e9enne en vigueur dans un ou plusieurs chapitres et nous interrogeait sur notre capacit\u00e9 \u00e0 la transposer et \u00e0 l\u2019appliquer. Si c\u2019\u00e9tait possible, il n\u2019y avait rien \u00e0 faire \u00e0 ce stade, car on pr\u00e9sumait que la Hongrie allait faire le n\u00e9cessaire. En cas de probl\u00e8me nous devions le signaler et la question pouvait constituer l\u2019objet des v\u00e9ritables n\u00e9gociations.<\/p>\n\n\n\n Apr\u00e8s l\u2019ouverture officielle des n\u00e9gociations, nous avons commenc\u00e9 le travail par ce que nous appelions le screening<\/em>, c\u2019est-\u00e0-dire un examen analytique, par chapitre, de l\u2019acquis communautaire.<\/p>Endre Juh\u00e1sz<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n Le processus de n\u00e9gociation \u00e0 proprement parler a, de la sorte, d\u00e9but\u00e9 le 7 septembre 1998, quand j\u2019ai remis les onze premiers \u00ab position papers<\/em> \u00bb relatifs \u00e0 des chapitres dont le \u00ab screening \u00bb<\/em> avait \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9. Les positions \u00e9taient ensuite progressivement d\u00e9finies, au fur et \u00e0 mesure de l\u2019examen de chaque chapitre, puis communiqu\u00e9es \u00e0 nos partenaires europ\u00e9ens. L\u2019Union a elle aussi \u00e9tabli ses propres positions qu\u2019elle nous a ensuite communiqu\u00e9es. Ces \u00e9changes de positions \u00e9taient r\u00e9p\u00e9t\u00e9s, au besoin plusieurs fois. Les n\u00e9gociations progressaient donc lentement mais s\u00fbrement jusqu\u2019\u00e0 leur cl\u00f4ture d\u00e9finitive en d\u00e9cembre 2002.<\/p>\n\n\n\n Il y avait deux niveaux de n\u00e9gociation : d\u2019une part les n\u00e9gociateurs en chef et d\u2019autre part les ministres. Pendant les rencontres des n\u00e9gociateurs en chef, la d\u00e9l\u00e9gation de l\u2019Union \u00e9tait pr\u00e9sid\u00e9e par le repr\u00e9sentant permanent de l\u2019\u00c9tat membre exer\u00e7ant la pr\u00e9sidence du Conseil. Le travail pratique \u00e9tait toutefois majoritairement r\u00e9alis\u00e9 en amont par la Commission. Tous les chapitres \u00e9taient d\u2019abord discut\u00e9s par les n\u00e9gociateurs en chef et, si possible, provisoirement cl\u00f4tur\u00e9s. Dans ce cas, les ministres en ont simplement pris acte. Dans certains chapitres relatifs \u00e0 des questions controvers\u00e9es, les n\u00e9gociateurs en chef \u00e9tablissaient une solution de compromis que, plus tard, les ministres approuvaient. Tout \u00e9tait fait pour \u00e9viter que naissent des conflits au niveau minist\u00e9riel. Si mes notes sont exactes, nous avons tenu vingt rencontres formelles au niveau des n\u00e9gociateurs en chef. La derni\u00e8re, qui eut lieu le 18 octobre 2002, a \u00e9t\u00e9 suivie de cinq derni\u00e8res rencontres informelles. Elles se sont en effet d\u00e9roul\u00e9es sans d\u00e9l\u00e9gation, ou avec seulement quelques personnes choisies. Il y a par ailleurs eu dix rencontres au niveau minist\u00e9riel, auxquelles il convient d\u2019ajouter le sommet de cl\u00f4ture de Copenhague, en d\u00e9cembre 2002. Les rencontres \u00e9taient toujours pr\u00e9c\u00e9d\u00e9es par d\u2019innombrables entretiens avec les fonctionnaires de la Commission et les membres des repr\u00e9sentations permanentes des \u00c9tats membres. Il y avait \u00e9galement beaucoup de rencontres \u00e0 haut niveau entre notre ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res et ses partenaires des \u00c9tats membres \u00e0 Budapest et dans les capitales europ\u00e9ennes. De m\u00eame, notre Premier ministre avait des \u00e9changes avec ses partenaires. De telles rencontres avaient une nature essentiellement politique, elles ne visaient pas \u00e0 r\u00e9soudre les probl\u00e8mes des n\u00e9gociations. Bien entendu, il y avait beaucoup de discussions internes aussi. J\u2019avais parfois des entretiens en face-\u00e0-face avec le Premier ministre et le ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res.<\/p>\n\n\n\n Tout \u00e9tait fait pour \u00e9viter que naissent des conflits au niveau minist\u00e9riel. Si mes notes sont exactes, nous avons tenu vingt rencontres formelles au niveau des n\u00e9gociateurs en chef.<\/p>Endre Juh\u00e1sz<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n Comme vous le savez, il existait 31 chapitres de l\u2019acquis communautaire. Des enjeux importants r\u00e9sidaient dans la libre circulation des personnes (chapitre 2) et la libre circulation des capitaux (chapitre 4). La premi\u00e8re demande de la Communaut\u00e9 \u2014 je m\u2019y attendais \u2014 a \u00e9t\u00e9 de solliciter des transitions avant d\u2019aboutir \u00e0 la libre circulation totale de la main-d’\u0153uvre. En revanche, pour la libre circulation des capitaux, la demande \u00e9tait inverse : c\u2019est la Hongrie qui voulait b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019une p\u00e9riode de transition concernant l\u2019acquisition des terres agricoles. S\u2019agissant de la libre circulation des biens, nous n\u2019avons pas rencontr\u00e9 beaucoup de difficult\u00e9s puisque gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019accord d\u2019association de 1991, nous \u00e9tions d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s avanc\u00e9s. Les services n\u2019ont pas pos\u00e9 de probl\u00e8mes majeurs non plus.<\/p>\n\n\n\n La libre circulation des personnes a en revanche donn\u00e9 lieu \u00e0 de nombreuses discussions. Je souhaitais obtenir un calendrier. La situation s\u2019est d\u00e9bloqu\u00e9e en d\u00e9cembre 2000 quand le chancelier allemand Gerhard Schr\u00f6der a annonc\u00e9 qu\u2019il d\u00e9fendrait un d\u00e9lai transitoire de sept ans. Bien que cette id\u00e9e n\u2019ait pas \u00e9t\u00e9 reprise comme position officielle de l\u2019Union, elle constituait la base des d\u00e9bats. Les pays candidats ont protest\u00e9, mais au moins cela fixait un cadre clair et surtout des am\u00e9nagements et une r\u00e9duction du d\u00e9lai qui restaient possibles. Nous avons ainsi obtenu une att\u00e9nuation de ce d\u00e9lai en fixant une transition en faveur de chaque \u00c9tat membre ancien, sous le format \u00ab 2-3-2 \u00bb. C\u2019est-\u00e0-dire un d\u00e9lai de deux ans de transition pouvant \u00eatre prolong\u00e9 \u00e0 cinq ans ou sept ans, cette deuxi\u00e8me prolongation n\u2019\u00e9tant applicable qu\u2019en cas de perturbation grave du march\u00e9 de travail de l\u2019\u00c9tat membre concern\u00e9. Nous avons \u00e9galement obtenu de l\u2019Union que chaque pays membre puisse aller plus vite et ouvrir son march\u00e9 au moment qui lui conviendrait le mieux. Le Royaume-Uni a ainsi presque imm\u00e9diatement ouvert son march\u00e9 du travail, ce qui explique que de tr\u00e8s nombreux Hongrois s\u2019y sont install\u00e9s. De notre c\u00f4t\u00e9, nous avons mis en \u0153uvre un syst\u00e8me de r\u00e9ciprocit\u00e9 : nos partenaires europ\u00e9ens pouvaient obtenir de nous ce qu\u2019ils nous accordaient.<\/p>\n\n\n\n Cette n\u00e9gociation sur la libre circulation des personnes \u00e9tait li\u00e9e \u00e0 celle sur la libre circulation des capitaux. Une de nos principales pr\u00e9occupations concernait les terres agricoles. Nous ne voulions pas en effet ouvrir compl\u00e8tement le march\u00e9, ce qui aurait permis aux acheteurs de l\u2019Union de prendre possession du foncier. Nous avons demand\u00e9 une p\u00e9riode de transition assez longue \u2014 de dix ans. Nous en avons finalement obtenu sept avec la possibilit\u00e9 de la prolonger pendant trois ans, avec l\u2019accord de la Commission. Ce prolongement a d\u2019ailleurs \u00e9t\u00e9 obtenu.<\/p>\n\n\n\n Nous avons obtenu de l\u2019Union que chaque pays membre puisse ouvrir son march\u00e9 au moment qui lui conviendrait le mieux. Le Royaume-Uni l\u2019a fait imm\u00e9diatement, ce qui explique que de tr\u00e8s nombreux Hongrois s\u2019y sont install\u00e9s.<\/p>Endre Juh\u00e1sz<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n \u00c0 ce moment-l\u00e0, en juin 2001, \u00e0 l\u2019issue de la pr\u00e9sidence su\u00e9doise de l\u2019Union, j\u2019ai vraiment senti que le processus \u00e9tait irr\u00e9versible et irait \u00e0 son terme. Nous avions en effet trouv\u00e9 un accord sur les quatre libert\u00e9s du march\u00e9 unique europ\u00e9en : la libre circulation des personnes, des biens, des services et des capitaux.<\/p>\n\n\n\n Pour autant, tout n\u2019\u00e9tait pas r\u00e9gl\u00e9 et loin de l\u00e0. La seconde grande difficult\u00e9 pour nous r\u00e9sidait dans le chapitre \u00ab concurrence \u00bb. Avant l\u2019adh\u00e9sion, la Hongrie voulait attirer les capitaux \u00e9trangers. Elle avait donc mis en \u0153uvre une l\u00e9gislation attrayante et octroy\u00e9 d\u2019importantes exon\u00e9rations fiscales pour des investissements dont la valeur d\u00e9passait un certain niveau et qui remplissaient des conditions d\u00e9termin\u00e9es. De nombreuses entreprises internationales s\u2019\u00e9taient en cons\u00e9quence install\u00e9es en Hongrie. La Commission voulait la suppression imm\u00e9diate de ce r\u00e9gime fiscal. Nous avons discut\u00e9 le sujet pendant presque trois ans. J\u2019ai r\u00e9sist\u00e9 fortement \u00e0 ces exigences, car nous risquions le d\u00e9part de ces entreprises. J\u2019ai demand\u00e9 des am\u00e9nagements et une p\u00e9riode transitoire raisonnable. Et nous avons fini par trouver un compromis assez complexe : le r\u00e9gime d\u2019exon\u00e9ration \u00e9tait partiellement maintenu, avec des plafonds. Pour s\u2019assurer du respect de ces limites, l\u2019avantage produit par cette exon\u00e9ration devait \u00eatre calcul\u00e9 chaque ann\u00e9e. Au-del\u00e0 de la pression exerc\u00e9e par la Commission, les entreprises faisaient \u00e9galement pression sur nous pour maintenir ce r\u00e9gime et mena\u00e7aient de quitter le pays. Nous avons d\u00fb les convaincre de rester et enfin, \u00e0 ma connaissance, toutes sont rest\u00e9es. Ce chapitre de n\u00e9gociation a \u00e9t\u00e9 achev\u00e9 seulement quelques jours avant le sommet de Copenhague de d\u00e9cembre 2002 qui a act\u00e9 l\u2019\u00e9largissement.<\/p>\n\n\n\n Dans le domaine de l\u2019environnement (chapitre 22), la Hongrie avait besoin d\u2019un grand nombre de p\u00e9riodes de transition. Si l\u2019Union s\u2019effor\u00e7ait de les limiter, \u00e0 l\u2019issue des d\u00e9bats elle a fini par comprendre leur n\u00e9cessit\u00e9. Nous nous sommes donc mis d\u2019accord dans certains cas sur des p\u00e9riodes assez longues. Par exemple, pour le traitement des eaux us\u00e9es, le terme a \u00e9t\u00e9 fix\u00e9, avec des exceptions, au 31 d\u00e9cembre 2015 dans le texte du trait\u00e9 d\u2019adh\u00e9sion.<\/p>\n\n\n\n Des probl\u00e8mes relatifs \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9 industrielle et intellectuelle (chapitre 5) ont \u00e9galement surgi. Il existait une divergence profonde de l\u00e9gislation sur les brevets dans le secteur pharmacologique entre la Hongrie et l\u2019Union. Les cons\u00e9quences de la modification de la l\u00e9gislation hongroise sur le secteur industriel et sur la s\u00e9curit\u00e9 sociale ont n\u00e9cessit\u00e9 l\u00e0 aussi de longs d\u00e9bats. Un compromis a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9.<\/p>\n\n\n\n La libert\u00e9 accord\u00e9e par Schengen constituait pour la population hongroise, un des plus grands b\u00e9n\u00e9fices de l\u2019adh\u00e9sion \u00e0 l\u2019Union.<\/p>Endre Juh\u00e1sz<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n Dans les discussions relatives \u00e0 l\u2019agriculture (chapitre 7), il ne s\u2019agissait pas d\u2019\u00e9tablir des p\u00e9riodes de transition, mais d\u2019introduire dans la l\u00e9gislation communautaire les \u00e9l\u00e9ments que n\u00e9cessitait l\u2019apparition d\u2019un nouvel \u00c9tat membre. Dans plusieurs cas, c\u2019\u00e9tait simple : il fallait introduire un chiffre ou une d\u00e9nomination. Mais s\u2019agissant de la politique agricole commune (PAC), les quantit\u00e9s indiqu\u00e9es d\u00e9terminent aussi les limites des subventions accord\u00e9es ou m\u00eame la possibilit\u00e9 de produire des quantit\u00e9s exc\u00e9dentaires, par exemple : la d\u00e9termination du territoire agricole du pays, la pr\u00e9cision de la production moyenne par hectare, la fixation de quotas pour la viande bovine, pour le lait, pour le sucre, etc. L\u2019objet de la n\u00e9gociation \u00e9tait donc vraiment des chiffres. Ces donn\u00e9es d\u00e9terminent largement les possibilit\u00e9s de d\u00e9veloppement du secteur agricole du pays. Ainsi, il n\u2019est pas surprenant que des discussions acharn\u00e9es aient eu lieu sur ces questions. Je suis parvenu \u00e0 finaliser les derniers chiffres, \u00e0 l\u2019extr\u00eame limite des n\u00e9gociations, lors d\u2019une rencontre en face-\u00e0-face avec l\u2019ambassadeur danois juste avant la derni\u00e8re r\u00e9union, \u00e0 Copenhague, en d\u00e9cembre 2002.<\/p>\n\n\n Sous la direction de Giuliano da Empoli.<\/p>\n Avec les contributions d\u2019Anu Bradford, Josep Borrell, Julia Cag\u00e9, Javier Cercas, Dipesh Chakrabarty, Pierre Charbonnier, Aude Darnal, Jean-Yves Dormagen, Niall Ferguson, Timothy Garton Ash, Jean-Marc Jancovici, Paul Magnette, Hugo Micheron, Branko Milanovic, Nicholas Mulder, Vladislav Sourkov, Bruno Tertrais, Isabella Weber, Lea Ypi.<\/p>\n\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t Commandez le nouveau num\u00e9ro papier<\/a><\/span> du Grand Continent chez Gallimard qui para\u00eet cette semaine ou cliquez ici pour vous abonner et recevoir l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 de nos produits<\/a><\/span>.<\/strong><\/p>\n\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\n\t\t\t\t\t\t\t L\u2019adh\u00e9sion \u00e0 la convention d\u2019application de l\u2019accord de Schengen a enfin constitu\u00e9 un dernier point d\u00e9licat de n\u00e9gociation. La Commission nous demandait en effet de renforcer nos fronti\u00e8res ext\u00e9rieures. J\u2019ai demand\u00e9 quelles \u00e9taient, pour la Hongrie, les fronti\u00e8res ext\u00e9rieures en application de l\u2019accord de Schengen. L\u2019Union n\u2019a r\u00e9pondu ni de mani\u00e8re officielle, ni de fa\u00e7on informelle. N\u00e9anmoins, en novembre 1999 je devais pr\u00e9parer notre position, et l\u2019envoyer \u00e0 Budapest pour validation puis la remettre \u00e0 l\u2019Union. Il ne faisait pas de doute que nos fronti\u00e8res avec la Croatie, la Serbie et l\u2019Ukraine seraient des fronti\u00e8res ext\u00e9rieures dans la mesure o\u00f9 ces pays n\u2019\u00e9taient m\u00eame pas candidats \u00e0 l\u2019adh\u00e9sion. En ce qui concerne la Slovaquie et la Slov\u00e9nie, pays candidats \u00e0 l\u2019adh\u00e9sion, je pouvais pronostiquer que ces pays seraient en mesure de remplir dans un avenir pr\u00e9visible les exigences de Schengen, et qu\u2019en cons\u00e9quence les fronti\u00e8res de ces pays avec la Hongrie ne seraient pas des fronti\u00e8res ext\u00e9rieures de la zone Schengen. \u00c9videmment, nous aurions \u00e9galement une fronti\u00e8re interne avec l\u2019Autriche. Plus d\u00e9licate \u00e9tait la question roumaine. La Roumanie \u00e9tait certes candidate \u00e0 l\u2019adh\u00e9sion \u00e0 l\u2019Union, mais \u00e0 ce moment il \u00e9tait impossible de pronostiquer que ce pays serait en mesure de remplir, dans un avenir pr\u00e9visible, les exigences impos\u00e9es pour rejoindre l\u2019espace Schengen. Il existait et existe toujours une tr\u00e8s forte communaut\u00e9 hongroise en Roumanie. Celle-ci souhaitait b\u00e9n\u00e9ficier des voies de circulation et de communication les plus ouvertes possible avec la Hongrie. Les Hongrois vivant en Hongrie avaient le m\u00eame souhait. Mais acc\u00e9der \u00e0 ce d\u00e9sir aurait conduit \u00e0 reculer l\u2019entr\u00e9e de la Hongrie dans l\u2019espace Schengen jusqu\u2019au moment o\u00f9 la Roumanie aurait \u00e9t\u00e9 elle-m\u00eame en capacit\u00e9 d’y acc\u00e9der. Or, la libert\u00e9 accord\u00e9e par Schengen constituait pour la population hongroise, un des plus grands b\u00e9n\u00e9fices de l\u2019adh\u00e9sion \u00e0 l\u2019Union. Il a donc fallu faire un choix difficile. J\u2019ai en cons\u00e9quence pr\u00e9par\u00e9 le position paper<\/em> en consid\u00e9rant notre fronti\u00e8re avec la Roumanie comme une fronti\u00e8re ext\u00e9rieure et cela afin de garantir notre propre accession \u00e0 l\u2019espace Schengen. Cette position n\u2019a pas suscit\u00e9 de r\u00e9action \u00e0 Budapest et l\u2019Union en a pris acte. L\u2019histoire a confirm\u00e9 notre position. La Hongrie fait partie depuis le 21 d\u00e9cembre 2007 de l\u2019espace Schengen ce qui, encore aujourd\u2019hui, n\u2019est pas le cas de la Roumanie \u2014 hormis pour les fronti\u00e8res maritimes et a\u00e9riennes depuis seulement un mois.<\/p>\n\n\n\n Dans la mesure o\u00f9 nous avons adh\u00e9r\u00e9 lors de la programmation pluriannuelle 2000-2006, nous avons accept\u00e9 de b\u00e9n\u00e9ficier des fonds disponibles au moment de notre entr\u00e9e dans l\u2019Union. Le budget-cadre de sept ans avait \u00e9t\u00e9 \u00e9tabli \u00e0 Berlin en mars 1999 alors que les perspectives d\u2019adh\u00e9sion de plusieurs pays \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 prises en compte, mais \u00e0 un moment o\u00f9 on ne pensait pas qu\u2019elles seraient aussi nombreuses. Il y avait donc des contraintes budg\u00e9taires \u00e9videntes. L\u2019accord tacite \u00e9tait que nous serions convenablement trait\u00e9s dans la prochaine programmation pluriannuelle. C\u2019\u00e9tait une promesse informelle. En tout \u00e9tat de cause, nous avons affirm\u00e9 que la Hongrie remplissait les crit\u00e8res pour \u00eatre b\u00e9n\u00e9ficiaire des fonds structurels et de coh\u00e9sion, ce que d\u2019ailleurs l\u2019Union ne contestait pas. Plus sp\u00e9cifiquement j\u2019ai demand\u00e9 \u00e0 ce que nous soyons trait\u00e9s de la m\u00eame fa\u00e7on que les autres pays membres qui se trouvaient alors au m\u00eame niveau de d\u00e9veloppement que nous, c\u2019est-\u00e0-dire la Gr\u00e8ce et le Portugal. Je voulais que l\u2019on nous applique les m\u00eames crit\u00e8res.<\/p>\n\n\n\n Afin de garantir notre propre accession \u00e0 l\u2019espace Schengen, nous avons consid\u00e9r\u00e9 la Roumanie \u2014 elle aussi candidate \u2014 comme une fronti\u00e8re ext\u00e9rieure.\u00a0<\/p>Endre Juh\u00e1sz<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n En mati\u00e8re agricole, la Commission ne voulait toutefois pas nous permettre de b\u00e9n\u00e9ficier des paiements directs. Nous avons protest\u00e9, car cela revenait \u00e0 une distorsion de concurrence avec les autres pays europ\u00e9ens. Au commissaire europ\u00e9en \u00e0 l\u2019Agriculture, l\u2019Autrichien Franz Fischler, j\u2019ai \u00e9galement indiqu\u00e9, lors d\u2019un d\u00e9jeuner de travail, qu\u2019il risquait de voir certains pays europ\u00e9ens d\u00e9j\u00e0 r\u00e9ticents \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la politique agricole commune \u2014 Royaume-Uni, Danemark, Su\u00e8de \u2014 la remettre tout simplement en cause lors de la prochaine programmation si la Commission ouvrait un pr\u00e9c\u00e9dent en privant de ce type de financements des pays nouvellement adh\u00e9rents \u00e0 l\u2019Union. En effet, les \u00c9tats membres r\u00e9ticents pourraient ainsi arguer que si certains pays \u00e9taient en mesure de faire vivre leur agriculture sans les paiements directs, les autres en \u00e9taient \u00e9galement capables. <\/p>\n\n\n\n Je lui ai dit qu\u2019il jouait avec le sort de la PAC, car faire une autre PAC c\u2019\u00e9tait prendre le risque de la voir dispara\u00eetre. Je ne sais pas si ce raisonnement a contribu\u00e9 \u00e0 faire \u00e9voluer l\u2019attitude de la Commission, mais en tout \u00e9tat de cause l\u2019Union a accept\u00e9 l\u2019id\u00e9e de l\u2019application des paiements directs et a fait une proposition pour les introduire graduellement, en partant de 25 % pour atteindre 100 % \u00e0 l\u2019issue d\u2019une p\u00e9riode de neuf ans. Il incombait au nouveau gouvernement form\u00e9 apr\u00e8s les \u00e9lections d\u2019avril 2002 de finaliser les n\u00e9gociations sur cette question. \u00c0 l\u2019exception de certaines questions budg\u00e9taires, c\u2019est le seul sujet sur lequel le Premier ministre, P\u00e9ter Medgyessy, a accept\u00e9 de n\u00e9gocier personnellement pour obtenir une am\u00e9lioration lors du sommet de Copenhague de d\u00e9cembre 2002. Le Premier ministre danois, qui agissait au nom de l\u2019Union, s\u2019est av\u00e9r\u00e9 intraitable. L\u2019am\u00e9lioration que nous avons obtenue revenait \u00e0 une permission d\u2019augmenter le suppl\u00e9ment national dont le plafond \u00e9tait fix\u00e9 \u00e0 30 %. Ainsi, la premi\u00e8re ann\u00e9e, la subvention maximum a pu atteindre 55 %. C\u2019\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 un r\u00e9sultat appr\u00e9ciable pour r\u00e9duire la distorsion de concurrence.<\/p>\n\n\n\n Nous disposions d\u2019un cadre commun de rencontres qui \u00e9tait le groupe de Visegr\u00e1d, \u00e9tabli le 15 f\u00e9vrier 1991, en souvenir de la rencontre entre les trois rois, hongrois polonais et tch\u00e8que, qui avait eu lieu dans ce ch\u00e2teau en 1335. En principe nous aurions pu mettre en marche une coordination pour discuter l\u2019opportunit\u00e9 de pr\u00e9senter la demande d\u2019admission, mais nous ne l\u2019avons pas fait. En effet, une fois que nous avions d\u00e9cid\u00e9 de pr\u00e9senter la demande, nous voulions agir vite et \u00e9viter que, par la n\u00e9cessit\u00e9 de trouver une solution commune, nous soyons retard\u00e9s ou en soyons dissuad\u00e9s. Les \u00e9v\u00e9nements survenus apr\u00e8s la pr\u00e9sentation de notre demande d\u2019admission ont confirm\u00e9 notre crainte. Tandis que la Pologne a suivi la Hongrie tr\u00e8s rapidement, le Premier ministre tch\u00e8que a parl\u00e9 sur le ton de la d\u00e9sapprobation de cette initiative de la Hongrie. La R\u00e9publique tch\u00e8que n\u2019a ainsi d\u00e9pos\u00e9 sa candidature que le 27 juin 1995.<\/p>\n\n\n\n Pour se coordonner entre candidats d\u2019Europe centrale, nous disposions d\u2019un cadre commun de rencontres qui \u00e9tait le groupe de Visegr\u00e1d, \u00e9tabli le 15 f\u00e9vrier 1991, en souvenir de la rencontre entre les trois rois, hongrois polonais et tch\u00e8que, qui avait eu lieu dans ce ch\u00e2teau en 1335.<\/p>Endre Juh\u00e1sz<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n La d\u00e9cision du Conseil europ\u00e9en d\u2019engager des n\u00e9gociations d\u2019admission a permis l\u2019\u00e9tablissement d\u2019un groupe \u00e0 six, appel\u00e9 plus tard le \u00ab Groupe de Luxembourg \u00bb. Les n\u00e9gociateurs en chef de ces pays se sont r\u00e9guli\u00e8rement rencontr\u00e9s, faisant le tour de ces six pays. Moi-m\u00eame je me suis rendu au moins deux fois dans chacun d\u2019eux. \u00c0 cet \u00e9gard, j\u2019ai une petite anecdote : le n\u00e9gociateur chypriote, un ancien pr\u00e9sident de la r\u00e9publique de Chypre, avait fait ses \u00e9tudes et avait longtemps v\u00e9cu en Hongrie, parlait parfaitement hongrois et connaissait tr\u00e8s bien mon pays, ce qui facilitait la compr\u00e9hension mutuelle. Pendant ces r\u00e9unions, nous avons proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 des \u00e9changes de vues et d\u2019exp\u00e9riences. Nous n\u2019avons n\u00e9anmoins jamais \u00e9tabli de positions communes. Dans les n\u00e9gociations, consid\u00e9rant la substance des probl\u00e8mes \u2014 et non n\u00e9cessairement le nombre des chapitres provisoirement cl\u00f4tur\u00e9s \u2014 la Hongrie a toujours march\u00e9 en t\u00eate. Je ne voulais pas perdre la latitude et la souplesse n\u00e9cessaires pour continuer de progresser au rythme rapide qui \u00e9tait le n\u00f4tre.<\/p>\n\n\n\n Apr\u00e8s le sommet de Copenhague, il a fallu r\u00e9diger le trait\u00e9 sur la base de ce qui avait \u00e9t\u00e9 n\u00e9goci\u00e9 et ce ne fut pas un travail facile. D\u2019autant plus que sur certains points nous avions un accord de principe oral. Il ne fallait rien oublier, nous devions traduire de mani\u00e8re pr\u00e9cise et compl\u00e8te tout ce sur quoi nous nous \u00e9tions entendus.<\/p>\n\n\n\n Le 16 avril 2003, \u00e0 Ath\u00e8nes, nous avons sign\u00e9 le trait\u00e9 d\u2019adh\u00e9sion des dix nouveaux \u00c9tats. En tant que n\u00e9gociateur en chef de la Hongrie, je l\u2019ai sign\u00e9 \u00e9galement, mais dans une autre salle que celle o\u00f9 se d\u00e9roulait une c\u00e9r\u00e9monie solennelle devant les cam\u00e9ras de t\u00e9l\u00e9vision et o\u00f9, conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019organisation technique et au protocole, seules deux personnes \u2014 dans notre cas le Premier ministre et le ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res \u2014 pouvaient appara\u00eetre. La plupart des pays adh\u00e9rents \u00e9taient d\u2019ailleurs dans la m\u00eame situation.<\/p>\n\n\n\n Le Premier ministre m\u2019a invit\u00e9 \u00e0 entrer dans le gouvernement m\u00eame si je n\u2019\u00e9tais attach\u00e9 \u00e0 aucun parti politique. J\u2019ai accept\u00e9 et, de mai 2003 jusqu\u2019au 1er<\/sup> mai 2004, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 ministre en charge de la coordination des affaires de l\u2019Union. C\u2019\u00e9tait l\u2019\u00e9poque des derniers pr\u00e9paratifs et ajustements avant l\u2019entr\u00e9e effective dans l\u2019Union. \u00c0 partir du 1er<\/sup> mai 2004, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 par le Conseil de l\u2019Union juge de la Cour de Justice de l\u2019Union dans des fonctions que j\u2019ai exerc\u00e9es jusqu\u2019au 6 octobre 2021.<\/p>\n\n\n\n Je mentionne ces \u00e9v\u00e9nements pour indiquer que je ne me suis occup\u00e9 professionnellement des relations de mon pays avec l\u2019Union que jusqu\u2019au 1er<\/sup> mai 2004. Mes fonctions de juge m\u2019ont ensuite totalement accapar\u00e9 et, de surcro\u00eet, je vivais \u00e0 Luxembourg. Les r\u00e9ponses que je peux apporter \u00e0 votre question ne sont donc pas celles d\u2019un professionnel, mais bien plut\u00f4t celles d\u2019un citoyen hongrois ordinaire.<\/p>\n\n\n\n Tout d\u2019abord, techniquement parlant, il faut constater que l\u2019entr\u00e9e dans l\u2019Union, et donc la transition du pays \u00e0 un tout nouveau r\u00e9gime l\u00e9gal et r\u00e9glementaire, s\u2019est effectu\u00e9e sans choc, sans perturbation, sans crise de l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique et sociale. C\u2019\u00e9tait un signe que le trait\u00e9 d\u2019adh\u00e9sion et l\u2019\u00e9tablissement de ses r\u00e8gles connexes avaient \u00e9t\u00e9 bien pr\u00e9par\u00e9s.<\/p>\n\n\n\nEn quelques mots, pourriez-vous expliquer quelle a \u00e9t\u00e9 votre formation puis votre trajectoire professionnelle et surtout les missions qui ont \u00e9t\u00e9 les v\u00f4tres comme haut-fonctionnaire dans la Hongrie d\u2019avant puis d\u2019apr\u00e8s 1990 ?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
\n\t\t\t\t\t\t\t\t<\/a> \n\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\n\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/div>\n\t<\/div>\n<\/section>\n\n\n\nPar qui et dans quelles conditions avez-vous \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 n\u00e9gociateur en chef de l\u2019adh\u00e9sion \u00e0 l\u2019Union europ\u00e9enne ?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
Comment avez-vous organis\u00e9 votre travail ? Quelle \u00e9quipe aviez-vous \u00e0 votre disposition ?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
Comment se sont concr\u00e8tement d\u00e9roul\u00e9es les n\u00e9gociations avec vos interlocuteurs europ\u00e9ens ?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
Quels probl\u00e8mes majeurs avez-vous rencontr\u00e9s ?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
\n\t\t\t\t\t\t\t\t<\/a> \n\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\n\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/div>\n\t<\/div>\n<\/section>\n\n\n\nEt concernant <\/strong>les fonds structurels, de coh\u00e9sion<\/strong><\/a> et les subventions agricoles ?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
Aviez-vous des \u00e9changes avec les autres pays candidats d\u2019Europe centrale afin de peser sur les n\u00e9gociations ? Y avait-il une coordination \u00e0 ce niveau ?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
Vingt ans apr\u00e8s, quel bilan faites-vous de ce processus ?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n