{"id":226842,"date":"2024-04-19T06:30:00","date_gmt":"2024-04-19T04:30:00","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=226842"},"modified":"2024-04-19T12:31:46","modified_gmt":"2024-04-19T10:31:46","slug":"en-inde-modi-a-t-il-deja-gagne-10-points-10-cartes-et-graphiques-sur-ce-qui-determinera-le-choix-dune-grande-election","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2024\/04\/19\/en-inde-modi-a-t-il-deja-gagne-10-points-10-cartes-et-graphiques-sur-ce-qui-determinera-le-choix-dune-grande-election\/","title":{"rendered":"En Inde, Modi a-t-il d\u00e9j\u00e0 gagn\u00e9 ? 10 points, 10 cartes et graphiques sur ce qui d\u00e9terminera le choix d\u2019une grande \u00e9lection"},"content":{"rendered":"\n
D’aujourd’hui au 1er juin, la d\u00e9mocratie la plus peupl\u00e9e au monde va voter. Comment le pouvoir autoritaire de Modi compte-t-il rester en place \u00e0 la t\u00eate d\u2019une puissance qui devient l\u2019une des plus disput\u00e9es au monde ? Pour suivre ce scrutin et ses implications, nous avons fait appel au sp\u00e9cialiste Christophe Jaffrelot<\/a> pour nous aider \u00e0 coordonner une s\u00e9rie de publications ce printemps. Pour les suivre, pensez \u00e0\u00a0vous abonner au Grand Continent<\/a><\/em><\/p>\n\n\n\n En Inde, le scrutin se d\u00e9roule sur une p\u00e9riode aussi longue pour des raisons logistiques et s\u00e9curitaires. La loi \u00e9lectorale indienne dispose qu’aucun citoyen ne doit habiter \u00e0 plus de deux kilom\u00e8tres d’un bureau de vote. Des immenses agglom\u00e9rations, des plaines du Gange jusqu\u2019aux zones montagneuses de l\u2019Himalaya en passant par les \u00eelots de l\u2019oc\u00e9an Indien et les d\u00e9serts du Rajasthan, la pr\u00e9paration d\u20191,1 million de bureaux et de 5,5 millions de machines de vote \u00e9lectroniques exige le travail d\u2019un nombre colossal d\u2019assesseurs et de techniciens. Ce s\u00e9quen\u00e7age s\u2019explique \u00e9galement par la mobilisation de forces de s\u00e9curit\u00e9 d\u00e9ploy\u00e9es dans les r\u00e9gions encore concern\u00e9es par la r\u00e9bellion naxalite <\/span>1<\/sup><\/a><\/span><\/span> et dans les \u00c9tats o\u00f9 la violence politique est end\u00e9mique. Au total, pas moins de 15 millions de personnes seront mobilis\u00e9es au cours de ce mois et demi de scrutin pour assurer le bon d\u00e9roulement des op\u00e9rations \u00e9lectorales.<\/p>\n\n\n\n Au-del\u00e0 du volet organisationnel, l\u2019enjeu politique est \u00e9videmment majeur. Pour le Premier ministre sortant, le nationaliste hindou Narendra Modi, il s\u2019agit de renforcer l\u2019emprise de son parti, le BJP (Bharatiya Janata Party)<\/em> <\/span>2<\/sup><\/a><\/span><\/span>, et de son id\u00e9ologie, l\u2019Hindutva<\/em>, sur le pays. De fait, apr\u00e8s ses succ\u00e8s \u00e9lectoraux de 2014 et de 2019, Narendra Modi s\u2019est publiquement fix\u00e9 comme objectif d\u2019obtenir 370 \u00e9lus pour le BJP et 400 pour sa coalition sur les 543 si\u00e8ges de la Lok Sabha<\/em>, la chambre basse du Parlement <\/span>3<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Face \u00e0 lui, l\u2019opposition form\u00e9e du vieux parti du Congr\u00e8s (Indian National Congress<\/em>, INC) de la dynastie Nehru-Gandhi et d\u2019une multitude de partis r\u00e9gionaux a b\u00e2ti une vaste coalition destin\u00e9e \u00e0 freiner la dynamique du BJP. Opportun\u00e9ment d\u00e9nomm\u00e9e INDIA (Indian National Developmental Inclusive Alliance<\/em>), elle esp\u00e8re limiter l\u2019avance du BJP mais souffre d\u2019une absence de coh\u00e9sion interne et d\u2019un d\u00e9ficit d\u2019incarnation.<\/p>\n\n\n\n\n\n Si en 2019 le bilan \u00e9conomique d\u00e9cevant de Narendra Modi avait donn\u00e9 \u00e0 de nombreux observateurs le sentiment que le scrutin \u00e9tait r\u00e9ellement ind\u00e9cis, l\u2019atmosph\u00e8re est cette ann\u00e9e tr\u00e8s diff\u00e9rente. La plupart des analystes anticipent une reconduction ais\u00e9e de la coalition gouvernementale, l\u2019incertitude r\u00e9sidant essentiellement dans le fait de savoir si elle progressera encore davantage. Toutefois, les \u00e9lections indiennes peuvent \u00eatre l\u2019occasion de surprises majeures, et l\u2019ombre du scrutin de 2004 plane sur le BJP. Sollicitant un troisi\u00e8me mandat, dans la foul\u00e9e d\u2019\u00e9lections r\u00e9gionales facilement remport\u00e9es, le Premier ministre BJP sortant d\u2019alors, Atal Bihari Vajpayee<\/a>, semblait destin\u00e9 \u00e0 remporter la victoire sans grande difficult\u00e9. Les indicateurs \u00e9conomiques favorables \u00e0 l\u2019origine de cet enthousiasme se refl\u00e9taient dans le slogan de la campagne du BJP, India Shining<\/em>. Mais c\u2019\u00e9tait sans compter le m\u00e9contentement de centaines de millions d\u2019Indiens ruraux se sentant exclus de la croissance et oubli\u00e9s par le pouvoir en place. Le jour du d\u00e9pouillement le BJP ne s\u2019\u00e9tait pas maintenu au pouvoir, et il a finalement laiss\u00e9 la place pour huit ans au parti du Congr\u00e8s.<\/p>\n\n\n\n
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