\r\n \r\n \r\n \r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\nIl y a des raisons de rester positif. Certes, et comme cela a \u00e9t\u00e9 mentionn\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment, l’Europe accuse un retard significatif en mati\u00e8re de d\u00e9penses de d\u00e9fense par rapport aux \u00c9tats-Unis et \u00e0 la Chine. La disparit\u00e9 entre l’Europe et les \u00c9tats-Unis est estim\u00e9e \u00e0 environ un \u00e0 quatre en termes de d\u00e9penses. En outre, alors que les \u00c9tats-Unis unifient les conditions pour un syst\u00e8me ou une application, l’Europe pr\u00e9sente deux, trois, voire 27 syst\u00e8mes diff\u00e9rents. Cette fragmentation signifie que les ressources financi\u00e8res sont divis\u00e9es en petites tranches pour des projets \u00e0 petite \u00e9chelle par rapport \u00e0 d’autres acteurs mondiaux, entra\u00eenant des s\u00e9ries plus restreintes, l’absence de partage de s\u00e9ries, et une multiplication des investissements non r\u00e9currents.<\/p>\n\n\n\n
Dans notre industrie ax\u00e9e sur des syst\u00e8mes haut de gamme n\u00e9cessitant une \u00e9chelle significative, cette fragmentation est pr\u00e9judiciable. Pour rem\u00e9dier \u00e0 cela, nous pourrions commencer par consacrer davantage de fonds aux entreprises europ\u00e9ennes, contribuant ainsi \u00e0 cr\u00e9er une logique d\u2019\u00e9chelle. <\/p>\n\n\n\nDans une industrie de d\u00e9fense ax\u00e9e sur des syst\u00e8mes haut de gamme n\u00e9cessitant une \u00e9chelle significative, la fragmentation europ\u00e9enne est pr\u00e9judiciable.\u00a0<\/p>Guillaume Faury<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\nLa question fondamentale est de savoir comment augmenter nos march\u00e9s dans notre domaine. La coop\u00e9ration est la clef, et c’est ce que je pr\u00e9conise fortement. C’est l\u00e0 que nous rencontrons le plus de difficult\u00e9s. Nous pouvons g\u00e9n\u00e9rer une \u00e9chelle en adoptant des syst\u00e8mes doubles, investissant \u00e0 la fois dans des produits civils et militaires. En Europe, nous sommes d\u00e9j\u00e0 assez comp\u00e9tents dans cette approche, qui offre un moyen d\u2019augmenter les revenus. Cependant, cela implique des investissements dans des plates-formes et des technologies avec des applications civiles, n\u00e9cessitant une strat\u00e9gie d’acc\u00e8s au march\u00e9 flexible.<\/p>\n\n\n\n
La coop\u00e9ration, la dualit\u00e9 et l’exportation sont donc des composants cruciaux. Les exportations sont particuli\u00e8rement importantes pour passer \u00e0 l’\u00e9chelle, m\u00eame si les produits sont diff\u00e9rents. N\u00e9anmoins, l’exportation n\u2019offre pas une libert\u00e9 totale. Actuellement, dans le cadre de programmes de coop\u00e9ration, il est imp\u00e9ratif d’obtenir le soutien de tous les \u00c9tats participants pour exporter, ce qui n’est pas toujours garanti. Ces restrictions peuvent entraver la coop\u00e9ration lorsque certains partenaires ne permettent pas l’exportation des biens d\u00e9velopp\u00e9s conjointement.<\/p>\n\n\n\nLa coop\u00e9ration est la clef.\u00a0<\/p>Guillaume Faury<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\nPendant plusieurs ann\u00e9es, l’Allemagne a limit\u00e9 l’exportation de biens d\u00e9velopp\u00e9s en coop\u00e9ration avec d’autres partenaires europ\u00e9ens, cr\u00e9ant ainsi des obstacles \u00e0 la coop\u00e9ration. D\u2019autres coop\u00e9rations fonctionnent mieux, comme avec l\u2019Espagne. <\/p>\n\n\n\n
L\u2019obsession des pays europ\u00e9ens est de rester comp\u00e9titifs tout en coop\u00e9rant. Cela peut n\u00e9anmoins conduire \u00e0 une comp\u00e9tition intense en Europe pour maintenir une position dans la deuxi\u00e8me division. Pour \u00eatre comp\u00e9titif dans cette division, une coop\u00e9ration sinc\u00e8re, la cession de capacit\u00e9s \u00e0 d’autres pays et la renonciation \u00e0 une partie de la souverainet\u00e9 nationale au profit de la souverainet\u00e9 europ\u00e9enne sont n\u00e9cessaires. Le v\u00e9ritable engagement envers la souverainet\u00e9 europ\u00e9enne doit encore \u00eatre pleinement assum\u00e9 par les nations europ\u00e9ennes. Airbus, en tant qu’entreprise europ\u00e9enne, repr\u00e9sente un exemple concret de cette coop\u00e9ration avec des actionnaires de diff\u00e9rents pays europ\u00e9ens.<\/p>\n\n\n\n
J’aimerais raconter une anecdote sur l’aviation commerciale. Dans ce domaine, personne ne conteste notre succ\u00e8s. Nous sommes maintenant le leader mondial depuis cinq ann\u00e9es cons\u00e9cutives. Mais s’il y avait quatre constructeurs diff\u00e9rents \u2014 mettons fran\u00e7ais, allemand, espagnol et britannique \u2014, il n’y aurait pas de constructeur d’avions europ\u00e9en parce que nous serions sous dimensionn\u00e9s : ce serait notre mort. Dans ce domaine, les nations europ\u00e9ennes se sont engag\u00e9es \u00e0 mettre leurs actifs en commun et \u00e0 les partager. Nous avons donc accept\u00e9 d’abandonner une partie de notre souverainet\u00e9 nationale en mati\u00e8re d’avions commerciaux au profit de la souverainet\u00e9 europ\u00e9enne.<\/p>\n\n\n\nL\u2019obsession des pays europ\u00e9ens est de rester comp\u00e9titifs tout en coop\u00e9rant.<\/p>Guillaume Faury<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\nEn mati\u00e8re de d\u00e9fense, cette approche n’est pas largement adopt\u00e9e, \u00e0 quelques exceptions pr\u00e8s, comme MBDA. C\u2019est une entreprise qui a \u00e9merg\u00e9 pour sauver les fabricants nationaux de missiles en perte de comp\u00e9titivit\u00e9. Cependant, sa gouvernance, bien que correspondant aux attentes des gouvernements, t\u00e9moigne d’une certaine r\u00e9ticence \u00e0 abandonner compl\u00e8tement la souverainet\u00e9 nationale.<\/p>\n\n\n\n
Nous nous trouvons \u00e0 un tournant critique. Si nous persistons \u00e0 rivaliser entre les nations europ\u00e9ennes pour rester dans la deuxi\u00e8me division, la distance entre cette division et la premi\u00e8re ligue continuera de s’agrandir alors m\u00eame que, dans le domaine de la puissance a\u00e9rienne, notamment avec des programmes tels que le FCAS et le GCAP, nous avons une opportunit\u00e9 unique de revenir au premier plan. Ces programmes, cruciaux pour la sup\u00e9riorit\u00e9 a\u00e9rienne, n\u00e9cessitent d’\u00e9normes investissements en termes de comp\u00e9tences, de talents, d’argent et de capacit\u00e9s industrielles. Ils exigent une coop\u00e9ration totale, car l’\u00e9chec n’est pas une option. <\/p>\n\n\n\n
C’est un moment d\u00e9cisif o\u00f9 les Europ\u00e9ens doivent choisir s’ils sont pr\u00eats \u00e0 coop\u00e9rer pleinement en mati\u00e8re de d\u00e9fense, en renon\u00e7ant ainsi \u00e0 une partie de leur souverainet\u00e9 nationale au nom de la souverainet\u00e9 europ\u00e9enne. Pour l\u2019instant, bien que l’Union tente de cr\u00e9er des incitations \u00e0 la coop\u00e9ration, la question de la cr\u00e9ation d’une base industrielle et technologique de d\u00e9fense europ\u00e9enne reste en suspens, soulignant le besoin d’un engagement plus s\u00e9rieux de la part des nations europ\u00e9ennes.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"
Nous sommes tous en premi\u00e8re ligne. Alors que la guerre d\u2019Ukraine dure depuis 700 jours, c\u2019est un constat partag\u00e9. Face \u00e0 un conflit qui affecte toute l\u2019Union, comment pr\u00e9parer nos industries de d\u00e9fense aux bouleversements qui viennent ? Comment faire peser cette base \u00e0 l\u2019\u00e9chelle globale ? Pour Margarita Robles, Guillaume Faury, Stefano Pontecorvo, Stefano Sannino, Jonatan Vseviov et Martin Briens, r\u00e9unis au Sommet Grand Continent 2023, elle doit \u00eatre r\u00e9form\u00e9e \u2014 mais sommes-nous vraiment pr\u00eats \u00e0 coop\u00e9rer ? <\/p>\n","protected":false},"author":8153,"featured_media":216112,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"templates\/post-interviews.php","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_trash_the_other_posts":false,"_yoast_wpseo_estimated-reading-time-minutes":31,"footnotes":""},"categories":[3687],"tags":[],"staff":[3696,3699,3695,3700,3355,3697,3698],"editorial_format":[4854],"serie":[],"audience":[],"geo":[1917],"class_list":["post-216068","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-sommet-grand-continent","staff-guillaume-faury","staff-jonatan-vseviov","staff-margarita-robles","staff-martin-briens","staff-olivier-schmitt","staff-stefano-pontecorvo","staff-stefano-sannino","editorial_format-entretiens","geo-europe"],"acf":{"open_in_webview":false,"accent":false,"_thumbnail_id":216112,"excerpt":"Nous sommes tous en premi\u00e8re ligne. Alors que la guerre d\u2019Ukraine dure depuis 700 jours, c\u2019est un constat partag\u00e9. Face \u00e0 un conflit qui affecte toute l\u2019Union, comment pr\u00e9parer nos industries de d\u00e9fense aux bouleversements qui viennent ? Comment faire peser cette base \u00e0 l\u2019\u00e9chelle globale ? Pour Margarita Robles, Guillaume Faury, Stefano Pontecorvo, Stefano Sannino, Jonatan Vseviov et Martin Briens, r\u00e9unis au Sommet Grand Continent 2023, elle doit \u00eatre r\u00e9form\u00e9e \u2014 mais sommes-nous vraiment pr\u00eats \u00e0 coop\u00e9rer ? ","display_date":"","new_abstract":true},"yoast_head":"\n
Construire une base industrielle de d\u00e9fense dans la guerre \u00e9tendue | Le Grand Continent<\/title>\n \n \n \n \n \n \n \n \n \n \n \n\t \n\t \n\t \n \n \n \n \n\t \n\t \n\t \n