4 \u2014 Une logique d\u2019obligation mutuelle \u00e0 l\u2019\u00e9chelle d\u2019une soci\u00e9t\u00e9<\/strong><\/h2>\n\n\n\nDans un pays de la taille d’Isra\u00ebl, les sentiments d’unit\u00e9 et d\u2019identification sont exacerb\u00e9s en r\u00e9ponse \u00e0 la capture d’un citoyen.<\/p>\n\n\n\n
Les m\u00e9dias ont pris l\u2019habitude d\u2019offrir une grande tribune m\u00e9diatique aux proches, ce qui conduit l\u2019opinion publique \u00e0 se mobiliser r\u00e9guli\u00e8rement pour plaider la cause des otages aupr\u00e8s du pouvoir politique. Cela vaut \u00e9videmment pour les otages vivants mais aussi, plus surprenant, pour leurs corps. Pour les familles notamment, voir le corps de leur proche disparu, m\u00eame dans des conditions tragiques, est une \u00e9tape fondamentale pour concr\u00e9tiser le deuil et proc\u00e9der au rituel fun\u00e9raire \u2013 la Tehora.<\/p>\n\n\n\nChaque famille d\u2019un jeune citoyen juif r\u00e9alisant son service militaire est implicitement assur\u00e9e du soutien ind\u00e9fectible de Tsahal pour garantir le retour de leur proche en cas de capture \u2014 qu’il soit vivant ou mort.<\/p>Etienne Dignat<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n5 \u2014 De nombreux pr\u00e9c\u00e9dents historiques<\/strong><\/h2>\n\n\n\nDepuis, le d\u00e9but des ann\u00e9es 1970, Isra\u00ebl fait face \u00e0 deux ph\u00e9nom\u00e8nes li\u00e9s, quoique distincts : les prises d\u2019otages de civils, sur le territoire isra\u00e9lien ou \u00e0 l\u2019\u00e9tranger ; les enl\u00e8vements de soldats.<\/p>\n\n\n\n
Certains exemples de prises d\u2019otages de civils ont \u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement traumatisants. On pense notamment au \u00ab massacre de Ma’alot \u00bb du 15 mai 1974, perp\u00e9tr\u00e9 par le Front d\u00e9mocratique pour la lib\u00e9ration de la Palestine, du nom de la prise en otage d\u2019une centaine d\u2019\u00e9l\u00e8ves dans une \u00e9cole de Ma’alot. L\u2019\u00e9pisode dramatique se termina par la mort de 22 \u00e9l\u00e8ves et de trois enseignants. Deux ans plus tard, le 22 juin 1976, un vol Air France est d\u00e9tourn\u00e9 par des terroristes du FPLP et des complices allemands vers l\u2019a\u00e9roport d\u2019Entebbe, en Ouganda. Tr\u00e8s vite, les 103 passagers juifs sont s\u00e9par\u00e9s des autres et menac\u00e9s d\u2019\u00eatre ex\u00e9cut\u00e9s. Une op\u00e9ration de sauvetage finit par les secourir, non sans conduire \u00e0 la mort de Yonatan Netanyahou, le fr\u00e8re a\u00een\u00e9 de l\u2019actuel Premier ministre, qui commandait les forces sp\u00e9ciales isra\u00e9liennes mobilis\u00e9es pour l\u2019occasion.<\/p>\n\n\n\n
On compte aussi de nombreux enl\u00e8vements de soldats \u00e0 partir de l’intervention militaire isra\u00e9lienne au Liban de 1982. Certains cas sont rest\u00e9s tr\u00e8s embl\u00e9matiques. En 1986, Ron Arad, lieutenant de l’arm\u00e9e de l’air isra\u00e9lienne, dispara\u00eet apr\u00e8s une mission au Liban. Captur\u00e9 par la milice libanaise Amal, il fit l\u2019objet de multiples recherches, nourries par le doute entretenu sur son sort par ses ravisseurs. Le 25 juin 2006, Gilad Shalit, un sergent de l’arm\u00e9e isra\u00e9lienne, est quant \u00e0 lui captur\u00e9 pr\u00e8s de la bande de Gaza. Apr\u00e8s cinq ans de captivit\u00e9, et suite \u00e0 des pressions nationales et internationales, il est finalement lib\u00e9r\u00e9 en 2011 en \u00e9change de 1027 prisonniers palestiniens.<\/p>\n\n\n\n
6 \u2014 Le co\u00fbt croissant des vies isra\u00e9liennes <\/strong><\/h2>\n\n\n\nEn trente ans, l’\u00c9tat d’Isra\u00ebl a lib\u00e9r\u00e9 pr\u00e8s de 7000 prisonniers pour obtenir en \u00e9change la lib\u00e9ration de 19 Isra\u00e9liens et pour r\u00e9cup\u00e9rer les corps de huit autres. Ces n\u00e9gociations ont marqu\u00e9 des pr\u00e9c\u00e9dents importants et fix\u00e9 un horizon d\u2019attente pour les ravisseurs.<\/p>\n\n\n\nEn trente ans, l’\u00c9tat d’Isra\u00ebl a lib\u00e9r\u00e9 pr\u00e8s de 7000 prisonniers pour obtenir en \u00e9change la lib\u00e9ration de 19 Isra\u00e9liens et pour r\u00e9cup\u00e9rer les corps de huit autres.<\/p>Etienne Dignat<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\nFace \u00e0 ce qui s\u2019apparente \u00e0 des concessions croissantes, l\u2019\u00c9tat h\u00e9breu a bien tent\u00e9 de changer sa doctrine, sans succ\u00e8s pour le moment. Au tournant des ann\u00e9es 2010, elle a ainsi mise en place une commission dite \u00ab Shamgar \u00bb, cens\u00e9e fixer des lignes rouges. Si elles n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 rendues publiques, certaines sources \u00e9voquent la volont\u00e9 de r\u00e9tablir des \u00e9changes plus proportionn\u00e9s et le refus de lib\u00e9rer des prisonniers vivants contre le rapatriement de corps. Enfin, Isra\u00ebl a \u00e9largi sa palette d’actions avec l’implication d’interm\u00e9diaires internationaux et le recours \u00e0 des pressions diplomatiques et \u00e9conomiques.<\/p>\n\n\n\n
7 \u2014 L\u2019\u00e9thique de la fermet\u00e9 et ses limites<\/strong><\/h2>\n\n\n\n\u00c0 rebours de cette politique de n\u00e9gociation, une partie de la soci\u00e9t\u00e9 isra\u00e9lienne d\u00e9fend une approche de fermet\u00e9. L\u2019id\u00e9e selon laquelle l\u2019\u00c9tat doit prioriser l’int\u00e9r\u00eat \u00e0 long terme de la nation pr\u00e9vaut dans leurs discours.<\/p>\n\n\n\n
Trois arguments sont principalement mis en exergue. Le premier a trait au refus de r\u00e9compenser les enl\u00e8vements et de faire des citoyens isra\u00e9liens des cibles privil\u00e9gi\u00e9es. Il s\u2019agit ici de ne surtout pas se montrer sensibles et faibles face au chantage du Hamas ou du Hezbollah. Le deuxi\u00e8me est li\u00e9 \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 de ne pas renforcer ces groupes ennemis que ce soit par des concessions politiques ou par la lib\u00e9ration de prisonniers. Il est vrai que par le pass\u00e9, plusieurs Palestiniens lib\u00e9r\u00e9s au cours d\u2019\u00e9changes de ce type ont perp\u00e9tr\u00e9 des attentats meurtriers contre des civils Isra\u00e9liens. Le troisi\u00e8me concerne les traditionnelles sc\u00e8nes de liesse au retour des prisonniers Palestiniens et qui servent souvent des logiques de propagande et de recrutement. Autrement dit, les tenants de la fermet\u00e9 soutiennent que la responsabilit\u00e9 d’Isra\u00ebl envers chaque soldat n\u2019est pas de nature \u00e0 compenser les risques strat\u00e9giques.<\/p>\n\n\n\nLes tenants de la fermet\u00e9 soutiennent que la responsabilit\u00e9 d’Isra\u00ebl envers chaque soldat n\u2019est pas de nature \u00e0 compenser les risques strat\u00e9giques.<\/p>Etienne Dignat<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\nIl est n\u00e9anmoins crucial de nuancer cet argumentaire s\u00e9curitaire. Tout d\u2019abord, bon nombre des prisonniers ne sont pas des combattants chevronn\u00e9s et sont lib\u00e9r\u00e9s sous des conditions strictes, comprenant des restrictions g\u00e9ographiques. Ensuite, les raisonnements qui \u00e9tablissent h\u00e2tivement une causalit\u00e9 directe entre la lib\u00e9ration d’un prisonnier et l\u2019attentat qu\u2019il aurait ensuite perp\u00e9tr\u00e9 oublient d\u2019interroger un sc\u00e9nario contrefactuel : qui pourrait pr\u00e9tendre que l\u2019attentat n\u2019aurait pas eu lieu, gr\u00e2ce \u00e0 un autre combattant du groupe ? Les volontaires ne manquent pas. Enfin, l’arm\u00e9e isra\u00e9lienne dispose de la capacit\u00e9, apr\u00e8s l\u2019\u00e9change, d’op\u00e9rer de nouvelles arrestations et de mener des assassinats cibl\u00e9s. Les exemples d\u2019anciens prisonniers \u00e9limin\u00e9s quelques mois ou quelques ann\u00e9es apr\u00e8s sont l\u00e9gion.<\/p>\n\n\n\n
Ces d\u00e9bats traversent en tout cas la soci\u00e9t\u00e9, o\u00f9 citoyens et politiques prennent position. La famille de Ron Arad s\u2019est par exemple dite oppos\u00e9e \u00e0 toute n\u00e9gociation qui viserait \u00e0 r\u00e9cup\u00e9rer son corps contre d\u2019\u00e9ventuelles concessions. Le cas du premier ministre Benjamin Netanyahou illustre n\u00e9anmoins la difficult\u00e9 de cette position critique : partisan de la fermet\u00e9, c\u2019est pourtant lui qui a conclu l\u2019\u00e9change qui a abouti \u00e0 la lib\u00e9ration de Gilad Shalit contre 1027 prisonniers palestiniens.<\/p>\n\n\n\n
8 \u2014 Une fermet\u00e9 ponctuellement pouss\u00e9e \u00e0 l\u2019extr\u00eame : la \u00ab proc\u00e9dure Hannibal \u00bb<\/strong><\/h2>\n\n\n\nExpression exacerb\u00e9e de la fermet\u00e9, le recours ponctuel \u00e0 la \u00ab proc\u00e9dure Hannibal \u00bb t\u00e9moigne de la difficult\u00e9 d\u2019Isra\u00ebl \u00e0 adopter une politique claire en mati\u00e8re d\u2019otages et illustre certaines de ses contradictions. <\/p>\n\n\n\n
Forg\u00e9e en r\u00e9ponse aux enl\u00e8vements des soldats Yosef Finj et Rafael Alsheikh en 1986, cette directive non officiellement reconnue, mais rendue publique en 2003 par une enqu\u00eate journalistique, propose une approche radicale : dans l’\u00e9ventualit\u00e9 o\u00f9 un soldat serait captur\u00e9, l’arm\u00e9e isra\u00e9lienne pourrait attaquer le convoi ennemi.<\/p>\n\n\n\n
Deux interpr\u00e9tations sont possibles pour expliquer cette doctrine originale. <\/p>\n\n\n\n
Une premi\u00e8re interpr\u00e9tation de la proc\u00e9dure Hannibal sugg\u00e8re qu’elle est une tentative de sauver l’otage en cr\u00e9ant le chaos \u2014 m\u00eame si cela implique un risque accru pour la vie du soldat. L’objectif serait de perturber les ravisseurs, en permettant \u00e9ventuellement \u00e0 l’otage de s’\u00e9chapper ou \u00e0 l\u2019arm\u00e9e isra\u00e9lienne d\u2019intervenir. Selon cette interpr\u00e9tation, la vie de l\u2019otage prime : si le risque de lui nuire est trop \u00e9lev\u00e9, l’action ne devrait pas \u00eatre entreprise.<\/p>\n\n\n\n
Une deuxi\u00e8me interpr\u00e9tation plus dure met en avant le sacrifice possible du soldat. Ce point de vue est renforc\u00e9 par les t\u00e9moignages de militaires isra\u00e9liens qui d\u00e9clarent pr\u00e9f\u00e9rer mourir plut\u00f4t que d’\u00eatre utilis\u00e9s comme monnaie d’\u00e9change. Dans cette analyse, la perte d’un soldat est pr\u00e9f\u00e9rable \u00e0 la complexit\u00e9 d’une n\u00e9gociation pour sa lib\u00e9ration vivant.<\/p>\n\n\n\nDans l’\u00e9ventualit\u00e9 o\u00f9 un soldat serait captur\u00e9, l’arm\u00e9e isra\u00e9lienne pourrait attaquer le convoi ennemi.<\/p>Etienne Dignat<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\nLes deux interpr\u00e9tations ont pu pr\u00e9valoir selon les p\u00e9riodes. Il n\u2019en demeure pas moins que le recours le plus r\u00e9cent \u00e0 la proc\u00e9dure Hannibal t\u00e9moigne d\u2019une grande fermet\u00e9. Le 1er ao\u00fbt 2014 \u00e0 Rafah, dans le sud de Gaza, Isra\u00ebl d\u00e9cide de bombarder le convoi qui vient de capturer Hadar Goldin, un jeune militaire de Tsahal. Les frappes sont lourdes, nombreuses et conduisent au d\u00e9c\u00e8s de plusieurs dizaines de Palestiniens selon les enqu\u00eates publi\u00e9es par la suite par des ONG. Au-del\u00e0 de ces drames, on peine \u00e0 comprendre comment la vie de l\u2019otage aurait pu \u00eatre pr\u00e9serv\u00e9e\u2026 <\/p>\n\n\n\n
L’intention \u2014 qu’elle soit humanitaire, pour sauver un otage, ou strat\u00e9gique, pour priver le Hamas d’un potentiel outil de n\u00e9gociation \u2014 ne saurait en tout cas excuser le lourd tribut pay\u00e9 par les soldats isra\u00e9liens et les civils palestiniens. Si les exigences de lib\u00e9ration pos\u00e9es par l’ennemi s’av\u00e8rent d\u00e9mesur\u00e9es, la responsabilit\u00e9 revient \u00e0 l’\u00c9tat d’Isra\u00ebl de trouver une alternative raisonnable \u00e0 la n\u00e9gociation ou de s’y refuser purement et simplement. Ce 1er ao\u00fbt 2014, la r\u00e9action de Tsahal a surtout contribu\u00e9 \u00e0 saper le contrat moral entre l\u2019arm\u00e9e et ses soldats et \u00e0 renforcer le r\u00e9cit promu par le Hamas, exacerbant le sentiment d\u2019injustice de nombreux Palestiniens. <\/p>\n\n\n\n
9 \u2014 Quel est l\u2019objectif de la prise d\u2019otages du 7 octobre ?<\/strong><\/h2>\n\n\n\nL\u2019intention du Hamas est claire : pourrir le conflit. \u00c0 la diff\u00e9rence d\u2019autres attaques terroristes d\u2019ampleur, comme le 11 septembre 2001 aux \u00c9tats-Unis ou le 13 novembre 2015 en France, le fait d\u2019enlever pr\u00e8s de cent cinquante citoyens isra\u00e9liens donne une temporalit\u00e9 nouvelle \u00e0 l\u2019attaque du 7 octobre 2023. Il \u00e9tire, potentiellement ind\u00e9finiment, le drame v\u00e9cu par Isra\u00ebl, emp\u00eachant le deuil et la reconstruction tant que tous les otages n\u2019auront pas \u00e9t\u00e9 rapatri\u00e9s. <\/p>\n\n\n\n
D\u2019un point de vue de la n\u00e9gociation ensuite, ces enl\u00e8vements placent l\u2019\u00c9tat h\u00e9breu dans une position in\u00e9dite et particuli\u00e8rement complexe : le nombre des otages rend difficiles des concessions similaires \u00e0 celles octroy\u00e9es par le pass\u00e9, \u00e0 savoir l\u2019\u00e9change de plusieurs centaines d\u2019individus pour un citoyen isra\u00e9lien, sous peine de lib\u00e9rer la quasi int\u00e9gralit\u00e9 des prisonniers palestiniens. Le Hamas devrait toutefois jouer pleinement sa carte, conscient qu\u2019une op\u00e9ration de secours par la force, alternative principale \u00e0 la n\u00e9gociation, reste tr\u00e8s complexe \u00e0 mettre en \u0153uvre : comment r\u00e9cup\u00e9rer des otages enferm\u00e9s dans des lieux diff\u00e9rents, au sein d\u2019une zone hostile, la plus dens\u00e9ment peupl\u00e9e au monde, sans risquer la vie de nombreux soldats ?<\/p>\n\n\n\nLe fait d\u2019enlever pr\u00e8s de cent cinquante citoyens isra\u00e9liens donne une temporalit\u00e9 nouvelle \u00e0 l\u2019attaque du 7 octobre 2023. Il \u00e9tire, potentiellement ind\u00e9finiment, le drame v\u00e9cu par Isra\u00ebl, emp\u00eachant le deuil et la reconstruction tant que tous les otages n\u2019auront pas \u00e9t\u00e9 rapatri\u00e9s.<\/p>Etienne Dignat<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\nD\u2019un point de vue tactique enfin, cet enl\u00e8vement de masse complique consid\u00e9rablement la r\u00e9plique de l\u2019arm\u00e9e isra\u00e9lienne. Il est tr\u00e8s probable que les citoyens enlev\u00e9s soient utilis\u00e9s comme boucliers humains, ce qui permettrait au Hamas de se pr\u00e9munir d\u2019attaques a\u00e9riennes ou terrestres isra\u00e9liennes et de faire porter les morts \u00e9ventuelles d\u2019otages \u00e0 l\u2019action de Tsahal. Les dirigeants du Hamas ont par ailleurs menac\u00e9 d\u2019ex\u00e9cuter un otage \u00e0 chaque fois qu\u2019un civil gazaoui serait tu\u00e9 par une frappe isra\u00e9lienne. <\/p>\n\n\n\n
10 \u2014 Quelles sont les issues possibles ?<\/strong><\/h2>\n\n\n\nIl est encore trop t\u00f4t pour avancer avec certitude sur ce sujet, mais le blocus isra\u00e9lien sur Gaza a clairement pour but d\u2019\u00e9puiser moralement la population gazaouie et de la pousser \u00e0 faire pression sur le Hamas, pour le contraindre \u00e0 chercher une solution.<\/p>\n\n\n\nLe blocus isra\u00e9lien sur Gaza a clairement pour but d\u2019\u00e9puiser moralement le Hamas et la population gazaouie, pour les contraindre \u00e0 chercher une solution.<\/p>Etienne Dignat<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\nDans l\u2019attente que cette tactique fasse \u00e9ventuellement ses preuves, le plus probable reste pour l\u2019instant l\u2019adoption par l\u2019\u00c9tat h\u00e9breu d\u2019une approche qui m\u00e9lange un recours ponctuel \u00e0 la force et des tentatives de n\u00e9gociations. Selon leurs identit\u00e9s, leurs \u00e9tats physiques et moraux et leurs localisations au sein de la bande, les otages pourraient \u00eatre lib\u00e9r\u00e9s progressivement, par groupes.<\/p>\n\n\n\n
Enfin, il n\u2019est pas \u00e0 exclure que l\u2019on perde la trace de certains autres otages, comme ce fut le cas par le pass\u00e9. S’ensuit alors un long chemin d\u2019angoisse et de doutes pour les familles, qui peut durer des ann\u00e9es.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"
Au moins 150 personnes ont \u00e9t\u00e9 enlev\u00e9es depuis le d\u00e9clenchement de l\u2019attaque terroriste du Hamas le 7 octobre. Pourquoi ce chiffre colossal ? Il faut comprendre que l\u2019organisation exploite et arsenalise la doctrine de l\u2019\u00c9tat h\u00e9breu en mati\u00e8re d\u2019otages et de disparus. En dix points synth\u00e9tiques, \u00c9tienne Dignat, auteur de La Ran\u00e7on de la terreur<\/em> (PUF, 2023), contextualise : il explique ce que signifie cet enl\u00e8vement de masse et pourquoi il pose un dilemme politique et militaire majeur \u00e0 Isra\u00ebl.<\/p>\n","protected":false},"author":10,"featured_media":202831,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"templates\/post-studies.php","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_trash_the_other_posts":false,"_yoast_wpseo_estimated-reading-time-minutes":13,"footnotes":""},"categories":[3611],"tags":[],"staff":[2134],"editorial_format":[4849],"serie":[],"audience":[],"geo":[543],"class_list":["post-202815","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-la-guerre-de-soukkot","staff-etienne-dignat","editorial_format-etudes","geo-mediterranee"],"acf":{"open_in_webview":false,"accent":false,"_thumbnail_id":202831,"excerpt":"Au moins 150 personnes ont \u00e9t\u00e9 enlev\u00e9es depuis le d\u00e9clenchement de l\u2019attaque terroriste du Hamas le 7 octobre. Pourquoi ce chiffre colossal ? Il faut comprendre que l\u2019organisation exploite et arsenalise la doctrine de l\u2019\u00c9tat h\u00e9breu en mati\u00e8re d\u2019otages et de disparus. En dix points synth\u00e9tiques, \u00c9tienne Dignat, auteur de La Ran\u00e7on de la terreur<\/em> (PUF, 2023), contextualise : il explique ce que signifie cet enl\u00e8vement de masse et pourquoi il pose un dilemme politique et militaire majeur \u00e0 Isra\u00ebl.","display_date":"","new_abstract":true},"yoast_head":"\nIsra\u00ebl : la guerre des otages. 10 points sur la tactique du Hamas | Le Grand Continent<\/title>\n \n \n \n \n \n \n \n \n \n \n \n\t \n\t \n\t \n \n \n \n \n\t \n\t \n\t \n