{"id":194508,"date":"2023-08-21T13:00:00","date_gmt":"2023-08-21T11:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=194508"},"modified":"2023-08-21T10:43:21","modified_gmt":"2023-08-21T08:43:21","slug":"paris-1870-la-bataille-impossible","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2023\/08\/21\/paris-1870-la-bataille-impossible\/","title":{"rendered":"Paris, 1870&#160;: la bataille impossible"},"content":{"rendered":"\n<p><em>Apr\u00e8s\u00a0<a href=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2023\/08\/08\/la-guerre-sans-fin-de-machiavel-une-conversation-avec-jean-louis-fournel-et-jean-claude-zancarini\/\">la pens\u00e9e strat\u00e9gique de Machiavel<\/a>, l\u2019analyse de\u00a0<a href=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2023\/08\/10\/de-marignan-a-pavie-se-battre-pendant-les-guerres-ditalie-une-conversation-avec-didier-le-fur\/\">la rupture pol\u00e9mologique des guerres d\u2019Italie<\/a>,\u00a0<a href=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2023\/08\/13\/faire-la-guerre-dans-le-monde-monde-grec-antique-une-conversation-avec-francois-lefevre\/\">les pratiques de la guerre dans le monde grec<\/a>,\u00a0<a href=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2023\/08\/15\/lere-strategique-de-la-guerre-du-golfe\/\">l\u2019\u00e8re strat\u00e9gique de la guerre du Golfe<\/a>,\u00a0<a href=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2023\/08\/17\/les-mamelouks-dausterlitz-histoire-globale-de-la-grande-armee\/\">les mamelouks d\u2019Austerlitz<\/a> et <a href=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2023\/08\/19\/le-siege-de-dunkerque-un-front-oublie-1944-1945\/\">le si\u00e8ge oubli\u00e9 de Dunkerque<\/a>, notre s\u00e9rie d\u2019\u00e9t\u00e9\u00a0<a href=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/themes\/guerre\/strategies\/\">\u00ab&#160;Strat\u00e9gies&#160;: de Cannes \u00e0 Bakhmout&#160;\u00bb<\/a> nous ram\u00e8ne \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 la capitale du XIXe si\u00e8cle est une cible militaire. Plong\u00e9e dans le Paris du si\u00e8ge de 1870.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em><a href=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/themes\/guerre\/strategies\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Pour retrouver les autres \u00e9pisodes de la s\u00e9rie, c\u2019est par ici<\/a>.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\">Le 19 septembre 1870, Paris se trouve assi\u00e9g\u00e9 par les arm\u00e9es allemandes \u00e0 la suite de la s\u00e9rie de d\u00e9faites qu\u2019ont connu les forces du Second Empire. Depuis la bataille de Sedan le 2 septembre, Napol\u00e9on III est captif et d\u00e9chu de son tr\u00f4ne, son arm\u00e9e partie prisonni\u00e8re, partie retenue dans la place de Metz&#160;: le territoire est grand ouvert aux envahisseurs. Apr\u00e8s un moment de flottement, la poign\u00e9e d\u2019opposants r\u00e9publicains qui a pris le pouvoir \u00e0 Paris d\u00e9cide de continuer le combat et porte cr\u00e2nement le titre de \u00ab&#160;gouvernement de D\u00e9fense nationale&#160;\u00bb. S\u2019il est un temps question d\u2019\u00e9vacuer la capitale, l\u2019id\u00e9e est abandonn\u00e9e d\u00e8s le 7 septembre au profit de l\u2019envoi d\u2019une simple d\u00e9l\u00e9gation \u00e0 Tours. Paris doit rester le c\u0153ur battant du pouvoir. Il s\u2019agit de rassurer une population dont on conna\u00eet les sursauts r\u00e9volutionnaires, mais les nouveaux gouvernants savent aussi comme la R\u00e9publique est encore peu populaire en province. Et puis la capitale n\u2019est plus tout \u00e0 fait une ville&#160;: elle est un camp militaire, abritant pr\u00e8s de 500 000 hommes in\u00e9galement form\u00e9s et \u00e9quip\u00e9s, diversement loyaux au r\u00e9gime nouveau-n\u00e9. Hors de question donc pour le politique d\u2019abandonner une telle poudri\u00e8re. Le r\u00e9sultat est l\u00e0&#160;: Paris est une cible militaire.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce si\u00e8ge, on l\u2019a un peu oubli\u00e9&#8230; Le souvenir traumatique de la Commune comme sa force identitaire lui font \u00e9cran, mais avant celui men\u00e9 par les Versaillais au printemps 1871, Paris a bien connu un premier blocus d\u2019un peu plus de quatre mois. Ce premier si\u00e8ge ne fut pas r\u00e9gl\u00e9 par un assaut meurtrier et sa r\u00e9alit\u00e9 militaire ne fut donc pas celle de la guerre urbaine, mais celle de l\u2019isolement, des privations et d\u2019une longue attente. Elle toucha une population largement ignorante des r\u00e9alit\u00e9s de la guerre. Car qui aurait pu penser que la ville d\u2019Haussmann, capitale de la bourgeoisie triomphante de ce deuxi\u00e8me XIXe si\u00e8cle, conna\u00eetrait les affres de la guerre \u00e0 travers le quotidien anachronique d\u2019un si\u00e8ge&#160;?<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-pullquote\"><blockquote><p>Qui aurait pu penser que la ville d\u2019Haussmann, capitale de la bourgeoisie triomphante de ce deuxi\u00e8me XIXe si\u00e8cle, conna\u00eetrait les affres de la guerre \u00e0 travers le quotidien anachronique d\u2019un si\u00e8ge&#160;?<\/p><cite>Thibault Montbazet<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Un si\u00e8ge impossible&#160;?<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>En ce si\u00e8cle ouvert par les guerres napol\u00e9oniennes, marqu\u00e9es par le primat du mouvement et de la bataille d\u00e9cisive, le si\u00e8ge avait quelque chose d\u2019archa\u00efque. De surcro\u00eet pour une capitale dont la vocation \u00e9tait bien davantage d\u2019\u00eatre un centre rayonnant, ouvert \u00e0 tous les flux, qu\u2019une place forte enserr\u00e9e dans une gangue de pierre. Louis XIV l\u2019avait d\u00e9j\u00e0 manifest\u00e9 en faisant abattre, en 1670 les fortifications de Paris. Apr\u00e8s tout,Vauban n\u2019avait-il pas fortifi\u00e9 les fronti\u00e8res du royaume&#160;? Son c\u0153ur pouvait donc s\u2019ouvrir, et ses vieux murs pouvaient \u00eatre transform\u00e9s en promenades. Mais on oublie que ce m\u00eame Vauban, d\u00e8s 1689, \u00e9mettait des doutes sur son propre syst\u00e8me dans un m\u00e9moire intitul\u00e9 <em>De l\u2019importance dont Paris est \u00e0 la France<\/em>. Selon lui, le recours de plus en plus syst\u00e9matique au bombardement intensif risquait de rendrait caduc sa ligne de d\u00e9fense, en soumettant \u00e0 une forte pression les habitants de ces places et les poussant \u00e0 capituler trop vite. Autrement dit, les civils et leur capacit\u00e9 de r\u00e9sistance \u00e9taient d\u00e9sormais au c\u0153ur de la guerre de si\u00e8ge&#160;: la banalisation du bombardement est strictement sym\u00e9trique de son caract\u00e8re transgressif. C\u2019est parce que la violence exerc\u00e9e contre les civils devient de plus en plus intol\u00e9rable au tournant des XVIIe et XVIIIe si\u00e8cles, que son usage constitue un moyen de pression redoutable. Ainsi, en 1747, \u00e0 la suite du bombardement de Berg-op-Zoom (Pays-Bas), on consid\u00e8re que les Fran\u00e7ais ont une \u00ab&#160;m\u00e9thode inhumaine de faire la guerre&#160;\u00bb. L\u2019image de la ville martyr victime de la conduite barbare de l\u2019envahisseur \u00e9tait promise \u00e0 un bel avenir, dont Strasbourg en 1870, puis Paris en 1871, rev\u00eatiront les attributs tr\u00e8s politiques.<\/p>\n\n\n\n<p>Vauban consid\u00e9rait qu\u2019un bombardement de Paris aurait des cons\u00e9quences consid\u00e9rables, et pr\u00e9conisait donc sa remise en d\u00e9fense. Son avertissement ne fut pas entendu pendant plus d\u2019un si\u00e8cle. Les campagnes de la R\u00e9volution et de l\u2019Empire agirent comme une sorte de trompe-l\u2019\u0153il o\u00f9 le mythe de la bataille en rase campagne a occult\u00e9 l\u2019importance des si\u00e8ges de places fortes. Apr\u00e8s cette p\u00e9riode, le m\u00e9moire de Vauban fut r\u00e9\u00e9dit\u00e9, en 1821 et 1841, signe d\u2019un int\u00e9r\u00eat renouvel\u00e9. D\u2019importants d\u00e9bats eurent lieu sous la Restauration et la Monarchie de Juillet concernant la pertinence d\u2019une capitale fortifi\u00e9e. Certains, comme le g\u00e9n\u00e9ral Haxo, \u00e9taient partisan d\u2019une enceinte continue, d\u2019autres de points avanc\u00e9s et du renforcement du vieux mur des Fermiers G\u00e9n\u00e9raux, qui, sous l\u2019Ancien R\u00e9gime, constituait une barri\u00e8re fiscale et non militaire. D\u2019autres encore jugeaient absurde de faire de Paris une cible en la transformant en place forte, d\u2019autant qu\u2019elle connaissait une explosion d\u00e9mographique sans pr\u00e9c\u00e9dent. C\u2019est \u00e0 Adolphe Thiers, bri\u00e8vement chef du gouvernement, qu\u2019il reviendra de faire aboutir le projet. Convaincu qu\u2019un pouvoir contraint d\u2019abandonner Paris perdrait toute force morale, il estimait absolument n\u00e9cessaire une telle protection. \u00c0 la faveur de la crise d\u2019Orient de l\u2019\u00e9t\u00e9 1840 avec l\u2019Angleterre, il lance les travaux avant m\u00eame de soumettre leur approbation \u00e0 la chambre. Le d\u00e9bat ne s\u2019engage qu\u2019en janvier, et trouve son plus fervent adversaire en Lamartine qui craint qu\u2019une enceinte soit davantage tourn\u00e9e vers la ville et la r\u00e9pression de mouvements insurrectionnels, que vers de potentiels envahisseurs. La Chambre approuve finalement le chantier, qui est men\u00e9 \u00e0 son terme en 1845&#160;: une enceinte de 34 kilom\u00e8tres de long (dont la silhouette nous est bien famili\u00e8re aujourd\u2019hui par le trac\u00e9 des boulevards des mar\u00e9chaux et son doublement p\u00e9riph\u00e9rique) et de 10 m\u00e8tres de haut, h\u00e9riss\u00e9e de 95 bastions et compl\u00e9t\u00e9e par une quinzaine de forts avanc\u00e9s, comme la forteresse du Mont-Val\u00e9rien ou les forts de Noisy, Romainville, Bic\u00eatre ou Montrouge, cens\u00e9s mettre la ville \u00e0 l\u2019abri des canons. Tra\u00e7ant un large et profond sillon dans sa banlieue, Paris se retrouvait la seule capitale europ\u00e9enne \u00e0 \u00eatre totalement enserr\u00e9e de murs&#160;: pour Thiers, la capitale \u00e9tait \u00ab&#160;d\u00e9livr\u00e9e \u00e0 jamais de tous les dangers d\u2019un si\u00e8ge&#160;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-pullquote\"><blockquote><p>En ce si\u00e8cle ouvert par les guerres napol\u00e9oniennes, marqu\u00e9es par le primat du mouvement et de la bataille d\u00e9cisive, le si\u00e8ge avait quelque chose d\u2019archa\u00efque.<\/p><cite>Thibault Montbazet<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n<p>Ce danger pouvait-il para\u00eetre encore r\u00e9el en 1870&#160;? Dans un c\u00e9l\u00e8bre <em>Appel aux Allemands<\/em> diffus\u00e9 en septembre, Victor Hugo s\u2019exclamait&#160;: \u00ab&#160;Paris ne nous appartient pas \u00e0 nous seuls. Paris est \u00e0 vous autant qu\u2019\u00e0 nous (\u2026). Paris est la ville des villes. Paris est la ville des hommes. Il y a eu Ath\u00e8nes, il y a eu Rome, et il y a Paris (\u2026). Le dix-neuvi\u00e8me si\u00e8cle verrait cet affreux prodige, une nation, de polic\u00e9e devenue sauvage, abolissant la ville des nations (\u2026)&#160;; vous donneriez au monde ce spectacle, les Allemands redevenus les vandales, et vous seriez la barbarie d\u00e9capitant la civilisation&#160;!&#160;\u00bb. Mais il n\u2019y avait pas que le po\u00e8te pour juger le proc\u00e9d\u00e9 hautement anachronique&#160;: les fortifications semblaient vite avoir perdu leur vocation premi\u00e8re pour des Parisiens habitu\u00e9s \u00e0 la paix et \u00e0 la ville bourgeoise n\u00e9e des chantiers d\u2019Haussmann. \u00ab&#160;Jamais nous n\u2019avions regard\u00e9 ce long rang de talus, couverts d\u2019herbes fra\u00eeches, que comme un lieu de promenade, destin\u00e9 \u00e0 \u00e9gayer le tour de la ville&#160;\u00bb, \u00e9crit ainsi le journaliste Francisque Sarcey. Ce syst\u00e8me de d\u00e9fense, dont on n\u00e9gligea l\u2019entretien, \u00e9tait de toute fa\u00e7on largement d\u00e9pass\u00e9 par les progr\u00e8s de la guerre&#160;: con\u00e7u \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 la port\u00e9e des canons ne d\u00e9passait pas 3 000 m\u00e8tres et que les chemins de fer \u00e9taient \u00e0 leur balbutiement, quelle protection pouvait-elle r\u00e9ellement apporter face aux engins Krupp, achemin\u00e9s en masse sur la ligne de front et pouvant tirer leurs obus jusqu\u2019\u00e0 8 kilom\u00e8tres&#160;? Ce sont du reste les m\u00eames canons que la population parisienne avait pu voir seulement trois ans plus t\u00f4t, dans le cadre autrement pacifique de l\u2019Exposition universelle.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Les Parisiens face \u00e0 la guerre<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Toujours est-il qu\u2019un si\u00e8ge en r\u00e8gle est envisag\u00e9 d\u00e8s les premi\u00e8res d\u00e9faites d\u2019ao\u00fbt 1870. De vastes pr\u00e9paratifs sont lanc\u00e9s&#160;: on remet en \u00e9tat les bastions, on mure certaines portes, en blinde d\u2019autres, tandis que canaux et points d\u2019acc\u00e8s fluviaux sont ferm\u00e9s. En famille ou entre amis, on se presse aux fortifications pour assister aux travaux de mise en d\u00e9fense, \u00e0 l\u2019installation de canons et des pont-levis. Les bois de Boulogne et de Vincennes sont en partie ras\u00e9s, les maisons de la banlieue proche d\u00e9truites&#160;: depuis les bastions, les Parisiens voient les paysages familiers remplac\u00e9s par des <em>no man\u2019s land<\/em>. Des ouvrages avanc\u00e9s sont \u00e9galement mis en chantier \u00e0 Montretout, Gennevilliers ou Ch\u00e2tillon, pour faire reculer la ligne de front et \u00e9viter que les assi\u00e9geants ne profitent de la topographie. Mais ces travaux sont n\u00e9glig\u00e9s, ce qui fut hautement dommageable pour la suite.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-pullquote\"><blockquote><p>Les bois de Boulogne et de Vincennes sont en partie ras\u00e9s, les maisons de la banlieue proche d\u00e9truites&#160;: depuis les bastions, les Parisiens voient les paysages familiers remplac\u00e9s par des <em>no man\u2019s land<\/em>.<\/p><cite>Thibault Montbazet<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n<p>Trochu, nomm\u00e9 gouverneur militaire de Paris, s\u2019occupe aussi de reconstituer des forces arm\u00e9es&#160;: p\u00e9niblement, de bric et de broc, il parvient \u00e0 concentrer \u00e0 Paris pr\u00e8s de 500 000 hommes. Il s\u2019agit d\u2019abord des restes de l\u2019arm\u00e9e de ligne, 50 \u00e0 80 000 soldats, s\u00fbrs et entra\u00een\u00e9s, auxquels s\u2019ajoutaient de multiples corps-francs lev\u00e9s spontan\u00e9ment. La garde mobile, ensuite, 115 000 \u00ab&#160;moblots&#160;\u00bb venus des d\u00e9partements ou de Paris. Elle est issue d\u2019une tentative inachev\u00e9e de r\u00e9forme du service militaire trois ans plus t\u00f4t, offre un visage tr\u00e8s in\u00e9gal en termes de formation, de discipline et d\u2019\u00e9quipement. Enfin la Garde nationale s\u00e9dentaire, dont le recrutement se fait par quartiers et qui incarne pour la gauche l\u2019id\u00e9al de la Nation en armes. Fortement polaris\u00e9e politiquement, \u00e9lisant ses propres officiers et oscillant entre pusillanimit\u00e9 et engagement outrancier, cette \u00ab&#160;foule en armes&#160;\u00bb atteignait 350 000 hommes. La solde de 1,5 francs par jour fut, pour une grande partie de la population parisienne, la seule ressource financi\u00e8re disponible pendant la dur\u00e9e du si\u00e8ge. Voil\u00e0 donc les Parisiens quasiment tous enr\u00e9giment\u00e9s, sans compter les femmes, qui se font cantini\u00e8res ou travaillent \u00e0 la fabrication d\u2019uniformes, largement invisibilis\u00e9es dans les sources. \u00ab&#160;On ne se voit plus qu\u2019en k\u00e9pi et avec le pantalon \u00e0 bande rouge. C\u2019est l\u2019uniforme de tous, depuis le gar\u00e7on de bureau jusqu\u2019au Directeur&#160;\u00bb, \u00e9crit alors un Parisien \u00e0 son \u00e9pouse. On organise une grande revue le 13 septembre sur les Boulevards pour rassurer la population. Le nombre impressionne tous les t\u00e9moins, dont certains se laissent aller \u00e0 l\u2019enthousiasme&#160;: \u00ab&#160;trois cent mille ba\u00efonnettes fr\u00e9missantes, trois cent mille c\u0153urs d\u00e9termin\u00e9s&#160;\u00bb. Comme l\u2019\u00e9crit St\u00e9phane Rials&#160;: \u00ab&#160;Est-ce la guerre que l\u2019on pr\u00e9pare&#160;? Ou bien r\u00e9p\u00e8te-t-on \u00e0 grand renfort de figurants, une \u00e9norme pi\u00e8ce costum\u00e9e&#160;?&#160;\u00bb. Car aligner les forces ne fait pas une arm\u00e9e, Trochu le sait. Il ne semble d\u2019ailleurs jamais avoir cru r\u00e9ellement \u00e0 la victoire, estimant avant tout qu\u2019une belle r\u00e9sistance pourrait \u00eatre un utile levier diplomatique. Cette arm\u00e9e de Paris formait un ensemble assez carnavalesque, une troupe d\u2019autant plus bigarr\u00e9e et bricol\u00e9e que l\u2019urgence n\u2019avait laiss\u00e9 que peu de temps \u00e0 la fabrication d\u2019uniformes&#160;: une grande vari\u00e9t\u00e9 de d\u00e9coupes et de couleurs existait entre les bataillons, tandis que certains portaient l\u2019ancien shako de la garde imp\u00e9riale, d\u2019autres le k\u00e9pi. Il ne restait que 200 000 des fusils chassepot qui faisaient la fiert\u00e9 de l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise&#160;; le reste consistait en fusils dits \u00e0 tabati\u00e8res, recyclant de vieilles armes \u00e0 chargement par la bouche.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-pullquote\"><blockquote><p>Cette arm\u00e9e de Paris formait un ensemble assez carnavalesque, une troupe d\u2019autant plus bigarr\u00e9e et bricol\u00e9e que l\u2019urgence n\u2019avait laiss\u00e9 que peu de temps \u00e0 la fabrication d\u2019uniformes.&nbsp;<\/p><cite>Thibault Montbazet<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n<p>La population parisienne se trouve donc aux prises avec une guerre qui s\u2019\u00e9tait trouv\u00e9e, depuis cinquante-cinq ans, \u00e0 bonne distance de son quotidien&#160;: Sylvain Venayre a r\u00e9cemment parl\u00e9 des \u00ab&#160;guerres lointaines de la paix&#160;\u00bb pour ce XIXe si\u00e8cle europ\u00e9en pris entre les guerres napol\u00e9oniennes et le premier conflit mondial. Le service militaire m\u00eame, par le nombre d\u2019exemptions et les remplacements qu\u2019il permettait, \u00e9tait loin d\u2019\u00eatre une r\u00e9alit\u00e9 commune \u00e0 tous les citoyens. Les habitants de la capitale ne sont donc pas toujours bien au fait de la chose militaire. Ainsi, un fonctionnaire de l\u2019Instruction publique, L\u00e9on Lesc\u0153ur regarde avec \u00e9tonnement les munitions de l\u2019artillerie moderne&#160;: \u00ab&#160;trois \u00e0 quatre cents pi\u00e8ces d\u2019artillerie et d\u2019\u00e9normes boulets, qui ne sont pas comme ceux que nous voyions autrefois dans les arsenaux, ronds et empil\u00e9s r\u00e9guli\u00e8rement. Ce sont des amas de pi\u00e8ces de fonte avec des trous \u00e0 leur partie pointue, et \u00e0 peu pr\u00e8s de la forme et de la dimension d\u2019une bouteille&#160;\u00bb. Le son du canon sera souvent pour ces Parisiennes et Parisiens quelque chose d\u2019inaugural dans leur exp\u00e9rience de la guerre. Dans ce front en quelque sorte domestique, le conflit est finalement l\u2019affaire de tous, et les civils se m\u00ealent ais\u00e9ment des affaires martiales. Ainsi, Ferdinand Fouqu\u00e9, vulcanologue, fait partie d\u2019un \u00ab&#160;Comit\u00e9 scientifique de d\u00e9fense&#160;\u00bb organis\u00e9 dans le XIVe arrondissement, qui doit examiner les propositions d\u2019armes nouvelles pour les faire remonter aux \u00e9chelons sup\u00e9rieurs. L\u2019occasion de voir que le conflit am\u00e8ne son lot de passionn\u00e9s et d\u2019inventeurs farfelus, dont la presse d\u00e9borde autant que la correspondance. On a ainsi un peu oubli\u00e9 aujourd\u2019hui Eug\u00e8ne Disderi, connu alors pour \u00eatre le premier \u00e0 breveter la photographie carte postale et devenu, pendant le si\u00e8ge, l\u2019inventeur d\u2019un gilet pare-balles qui ne fut gu\u00e8re efficace\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>La quinzaine de jours qui s\u00e9pare la d\u00e9faite de Sedan de l\u2019arriv\u00e9e des Allemands est un moment d\u2019h\u00e9sitation pour bon nombre de Parisiennes et Parisiens&#160;: faut-il partir ou rester&#160;? On fait ses calculs, on envoie femmes et enfants en province quand on le peut. D\u2019autres suivent, on les surnomme les \u00ab&#160;francs-fileurs&#160;\u00bb&#160;: les comportements sont scrut\u00e9s en ce temps de guerre o\u00f9 l\u2019on fait la chasse au planqu\u00e9 de tout poil, et o\u00f9 l\u2019on est prompt \u00e0 peser l\u2019engagement du voisin. Ils sont peut-\u00eatre 100 000 \u00e0 quitter la capitale&#160;; par ailleurs, on expulse tout individu d\u00e9pourvu de moyen d\u2019existence, de m\u00eame que tout ressortissant d\u2019une nation ennemie. Ils \u00e9taient 70 000 Badois, Bavarois et Rh\u00e9nans r\u00e9sidant \u00e0 Paris, souvent ouvriers, domestiques et balayeurs. Parall\u00e8lement, plus de 200 000 habitants de la banlieue s\u2019y r\u00e9fugient dans un chass\u00e9-crois\u00e9 chaotique. Finalement, ce sont 2 200 000 personnes qui se trouvent enferm\u00e9s dans Paris.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-pullquote\"><blockquote><p>Le son du canon sera souvent pour ces Parisiennes et Parisiens quelque chose d\u2019inaugural dans leur exp\u00e9rience de la guerre.&nbsp;<\/p><cite>Thibault Montbazet<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n<p>En face, l\u2019arm\u00e9e allemande constitue son blocus&#160;: 122 000 fantassins&#160;; 24 000 cavaliers&#160;; plusieurs centaines de canons \u00e9tendus sur une ligne de 80 km autour de Paris. A partir du 19 septembre, l\u2019investissement est complet, l\u2019isolement total. Le dernier c\u00e2ble t\u00e9l\u00e9graphique est coup\u00e9 le 27. La d\u00e9fense est molle, car Trochu p\u00e8che par un exc\u00e8s de prudence qui lui sera longtemps reproch\u00e9. Les premiers engagements \u00e9chouent \u00e0 d\u00e9ranger l\u2019investissement prussien par manque de conviction comme par la d\u00e9bandade de troupes mal aguerries. On laisse ainsi notamment les hauteurs de Ch\u00e2tillon \u00e0 l\u2019ennemi qui pourra tranquillement y disposer ses batteries. Ne suivront que quelques sorties timides le long des mois suivants, que Trochu nomme pudiquement des \u00ab&#160;reconnaissances offensives&#160;\u00bb&#160;: le 30 septembre \u00e0 Chevilly, le 13 octobre \u00e0 Bagneux et Clamart, le 21 \u00e0 la Malmaison, le 28 au Bourget. Le gouverneur militaire de Paris se refuse \u00e0 une attaque g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e. Il le conc\u00e8da apr\u00e8s le si\u00e8ge&#160;: il pr\u00e9parait et attendait l\u2019assaut des Allemands, qui ne vint jamais. Ces derniers comprirent en effet tr\u00e8s vite le peu d\u2019int\u00e9r\u00eat qu\u2019ils avaient \u00e0 risquer une attaque de vive force contre une telle place forte, pour se confronter ensuite aux difficult\u00e9s de la guerre urbaine. Comme le pr\u00e9voyait Victor Hugo dans son <em>Appel<\/em>&#160;: \u00ab&#160;Vous prendrez la forteresse, vous trouverez l\u2019enceinte&#160;; vous prendrez l\u2019enceinte, vous trouverez la barricade&#160;; vous prendrez la barricade, et peut-\u00eatre alors, qui sait ce que peut conseiller le patriotisme en d\u00e9tresse&#160;? Vous trouverez l\u2019\u00e9gout min\u00e9 faisant sauter des rues enti\u00e8res&#160;\u00bb. Les Allemands se content\u00e8rent donc d\u2019affermir progressivement leur blocus, renfor\u00e7ant leurs troupes \u00e0 mesure que les combats sur le reste du territoire s\u2019amenuisaient. C\u2019est ainsi qu\u2019apr\u00e8s le 31 octobre et la reddition de Metz, les forces assi\u00e9geantes re\u00e7urent le renfort de 200 000 hommes. Ne leur restait donc plus qu\u2019\u00e0 prendre la ville par la faim et le d\u00e9sespoir.<\/p>\n\n\n\n<p>La seule offensive majeure eut lieu au tournant de novembre et d\u00e9cembre&#160;: 60 000 hommes sortirent par l\u2019Est pour tenter la perc\u00e9e tant attendue, et permettre peut-\u00eatre une jonction avec les arm\u00e9es lev\u00e9es en province. Mais les difficult\u00e9s de communication emp\u00eachaient de se coordonner avec elles, tandis qu\u2019un froid rude et la pression ennemie ne permirent pas de maintenir les positions obtenues sur la Marne, \u00e0 Champigny et Villiers. Le 3 d\u00e9cembre, on repassait la rivi\u00e8re en sens inverse. Toute sortie paraissait d\u00e9sormais vaine, tandis que les \u00e9checs sur le reste du territoire enterraient \u00e9galement tout espoir de ce c\u00f4t\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-pullquote\"><blockquote><p>Les Allemands se content\u00e8rent d\u2019affermir progressivement leur blocus, renfor\u00e7ant leurs troupes \u00e0 mesure que les combats sur le reste du territoire s\u2019amenuisaient.<\/p><cite>Thibault Montbazet<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Vers la Commune&#160;: le si\u00e8ge, une sc\u00e8ne sociale \u00e0 observer<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>La capitale r\u00e9sista encore cependant pr\u00e8s de deux mois, dans des conditions qui s\u2019aggravaient nettement. C\u2019\u00e9tait d\u2019abord l\u2019isolement qui pesait lourdement sur le moral d\u2019habitants coup\u00e9s du monde. Comme l\u2019\u00e9crivait mi-d\u00e9cembre le m\u00e9decin Victor Desplats dans une de ses lettres demeur\u00e9es sans r\u00e9ponse&#160;: \u00ab&#160;Cette privation constante d\u2019informations est une v\u00e9ritable torture (\u2026) d\u2019autant plus grande que nous \u00e9tions plus accoutum\u00e9s \u00e0 communiquer si facilement et si librement. Il y a quelques mois, en quelques lieux que tu eusses \u00e9t\u00e9, dans quelques minutes, si j\u2019avais besoin d\u2019avoir de tes nouvelles, je pouvais pour une modique somme \u00eatre satisfait&#160;\u00bb. On eut quand m\u00eame recours aux fameux ballons comme aux pigeons voyageurs qui permirent l\u2019acheminement de centaines de milliers de lettres et d\u00e9p\u00eaches par-dessus les lignes prussiennes. La faim pesait aussi de plus en plus. Les pr\u00e9paratifs du si\u00e8ge avaient permis un large approvisionnement en amont&#160;: 447 000 quintaux de farine, 100 000 quintaux de bl\u00e9 et, plus spectaculaires, 24 000 b\u0153ufs, 150 000 moutons et 6 000 porcs qui peuplaient d\u00e9sormais le bois de Boulogne comme le jardin du Luxembourg. Mais les vivres n\u2019\u00e9taient pas pour autant in\u00e9puisables. On eut recours \u00e0 la taxation du prix du pain et de la viande d\u00e8s le mois d\u2019octobre, puis le rationnement de la boucherie. Le pain, qui n\u2019\u00e9tait plus alors qu\u2019un agr\u00e9gat de farine noire et de son, ne le fut qu\u2019aux derni\u00e8res extr\u00e9mit\u00e9s, le 19 janvier 1871. Les certitudes lib\u00e9rales du gouvernement, la peur d\u2019effrayer les classes poss\u00e9dantes, comme les effets d\u00e9l\u00e9t\u00e8res parfois entra\u00een\u00e9s par les r\u00e9quisitions limit\u00e8rent largement les interventions \u00e9tatiques sur le commerce des denr\u00e9es. Les prix s\u2019envol\u00e8rent donc&#160;: \u0153ufs, lard, beurre, lait ou l\u00e9gumes devinrent des produits hors de port\u00e9e de la majorit\u00e9 des habitants, dont la subsistance \u00e9tait souvent r\u00e9duite \u00e0 la solde de Garde national. Le recours \u00e0 des ersatz comme la graisse animale ou la viande de cheval devint habituel. On a aussi beaucoup d\u00e9crit les fac\u00e9ties culinaires des assi\u00e9g\u00e9s&#160;: chiens, chats, rats, jusqu\u2019aux animaux exotiques de la m\u00e9nagerie du Jardin des Plantes et d\u2019Acclimatation comme les fameux \u00e9l\u00e9phants Castor et Pollux. Si ces animaux furent incontestablement mang\u00e9s pendant le si\u00e8ge, ils constituent surtout un miroir d\u00e9formant port\u00e9 par un r\u00e9cit bourgeois et convenu, une histoire \u00ab&#160;anecdotique&#160;\u00bb du si\u00e8ge, dont le journal de Goncourt, par exemple, fut un des relais. Il est certain que ces mets, surtout pour les plus insolites, atteignirent des prix inaccessibles \u00e0 l\u2019immense majorit\u00e9 de la population qui se contenta de d\u00e9brouille et des cartes de rationnement. Ces derni\u00e8res r\u00e9sultaient des efforts port\u00e9s surtout par les mairies d\u2019arrondissement. Fruit d\u2019une d\u00e9centralisation d\u00e9j\u00e0 d\u00e9velopp\u00e9e par Haussmann, ces derni\u00e8res furent les principaux acteurs sociaux du si\u00e8ge, organisant la Garde nationale et son \u00e9quipement, r\u00e9quisitionnant les logements vacants pour les r\u00e9fugi\u00e9s ou distribuant la nourriture dans le cadre de boucheries ou cantines municipales financ\u00e9es par souscription.<\/p>\n\n\n\n<p>Les mairies d\u2019arrondissement contribu\u00e8rent ainsi grandement \u00e0 limiter l\u2019impact social du blocus. On sait que pr\u00e8s de 500 000 Parisiennes et Parisiens demandaient des secours \u00e0 la fin du si\u00e8ge, soit \u00bc des assi\u00e9g\u00e9s. Parmi eux, beaucoup de femmes qui n\u2019eurent pas la possibilit\u00e9 de trouver refuge en dehors de la capitale avant son investissement. Aux premi\u00e8res loges de la question des subsistances, il faut imaginer leurs longues heures d\u2019attente \u00e0 la porte des boucheries, dans la nuit et le froid, ou le soin des enfants malades fortement touch\u00e9s par la raret\u00e9 du lait et les maux saisonniers aggrav\u00e9s par la situation (typhus, variole, infections pulmonaires). La mortalit\u00e9 infantile est importante. Il n\u2019y a qu\u2019\u00e0 consulter l\u2019\u00e9tat-civil dans un arrondissement populaire comme le XIIIe arrondissement&#160;: le 13 janvier 1871 y sont ainsi morts Nicolas, 2 mois et demi, Marguerite, 3 ans, Pierrette, 11 mois, Louis, 1 an, Paul, 11 mois, Henri, Baptiste, Jean\u2026 Sur l\u2019ensemble du si\u00e8ge, Paris compte ainsi trois fois plus de d\u00e9c\u00e8s que l\u2019ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente, avec un pic de pr\u00e8s de 4 500 morts dans la semaine du 16 au 22 janvier 1871. N\u00e9anmoins, cette dimension sociale de l\u2019\u00e9v\u00e8nement nous \u00e9chappe encore largement du fait d\u2019une monopolisation de l\u2019\u00e9crit par les hommes de la petite et grande bourgeoisie, dont les biais sont nombreux et ind\u00e9niables (peur de l\u2019\u00e9meute&#160;; jugement des comportements alimentaires&#160;; m\u00e9pris de l\u2019assistanat&#160;; silence aussi, tout simplement). Pour faire l\u2019histoire des classes populaires, nous restons tributaires de t\u00e9moignages souvent \u00e9crits apr\u00e8s coup, notamment dans un retour m\u00e9moriel sur la Commune, comme les <em>Souvenirs d\u2019une morte vivante <\/em>de Victorine Brocher publi\u00e9s en 1909.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-pullquote\"><blockquote><p>Aux premi\u00e8res loges de la question des subsistances, il faut imaginer leurs longues heures d\u2019attente \u00e0 la porte des boucheries, dans la nuit et le froid, ou le soin des enfants malades fortement touch\u00e9s par la raret\u00e9 du lait et les maux saisonniers aggrav\u00e9s par la situation.&nbsp;<\/p><cite>Thibault Montbazet<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n<p>Il reste que cette dimension sociale fut parfois accapar\u00e9e par le discours politique, dans le cadre d\u2019une concurrence accrue de pouvoirs t\u00e9lescop\u00e9s. La fin de l\u2019Empire avait ouvert les possibles, permis le retour d\u2019exil\u00e9s comme la lib\u00e9ration de r\u00e9volutionnaires. Le gouvernement r\u00e9publicain du 4-Septembre est dans l\u2019ensemble mod\u00e9r\u00e9, bien que des personnalit\u00e9s comme Gambetta et Rochefort le tirent vers sa gauche. Les maires d\u2019arrondissement constituaient, on l\u2019a vu, un autre pouvoir sur lequel il fallait compter, renforc\u00e9 par les \u00e9lections de novembre 1870&#160;: dans certains arrondissements, ils all\u00e8rent plus loin que le gouvernement dans les mesures sociales comme politiques (la\u00efcisation des \u00e9coles, cr\u00e9ations de coop\u00e9ratives\u2026). Enfin, des comit\u00e9s de vigilance form\u00e9s dans chaque arrondissement par les blanquistes et membres de l\u2019Internationale (Varlin, Longuet, Flourens\u2026) entretinrent tout au long du si\u00e8ge un climat insurrectionnel. D\u00e8s le 15 septembre, une \u00ab&#160;affiche rouge&#160;\u00bb scandait leur programme qui associait r\u00e9forme politique et sociale et un patriotisme \u00e0 outrance qui faisait explicitement r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 1792&#160;: expropriation des denr\u00e9es, distributions d\u2019armes, lev\u00e9e en masse et, bien s\u00fbr, formation d\u2019une Commune. Se satisfaisant un temps d\u2019une coop\u00e9ration avec les autorit\u00e9s en place, fusionnant parfois avec les mairies dans certains arrondissements les plus \u00e0 gauche, leur agitation se renfor\u00e7a au fil des mois. S\u2019ils ne furent que peu suivis dans leurs premi\u00e8res tentatives, la journ\u00e9e r\u00e9volutionnaire du 31 octobre qui les virent forcer les portes de l\u2019H\u00f4tel-de-Ville manqua de peu de renverser le gouvernement. En janvier, une seconde \u00ab&#160;affiche rouge&#160;\u00bb appelait \u00e0 la \u00ab&#160;r\u00e9quisition g\u00e9n\u00e9rale&#160;\u00bb et \u00e0 une \u00ab&#160;attaque en masse&#160;\u00bb, alors que Paris \u00e9tait \u00e0 bout de souffle&#160;: soumis \u00e0 un bombardement syst\u00e9matique de sa rive gauche, parvenu \u00e0 la fin de ses vivres, la pression r\u00e9volutionnaire se faisait plus intense. Trochu conc\u00e9da une derni\u00e8re sortie le 19 pour satisfaire \u00e0 la fois ces demandes et occuper des Gardes nationaux de plus en plus remuants. Le fiasco fut terrible, et les Fran\u00e7ais perdirent 4 000 hommes en une journ\u00e9e. Une derni\u00e8re manifestation le 22 janvier fut, pour la premi\u00e8re fois, marqu\u00e9e par une forte r\u00e9pression&#160;: on se raidissait de part et d\u2019autre. Lentement mais s\u00fbrement, la sc\u00e8ne du drame de la Commune se mettait en place.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La capitulation \u00e9tait d\u00e9sormais in\u00e9vitable&#160;: apr\u00e8s des pourparlers entre Jules Favre et Bismarck \u00e0 Versailles, un armistice entre en vigueur le 28 janvier pour 21 jours. Durant ce d\u00e9lai, le gouvernement devait organiser des \u00e9lections g\u00e9n\u00e9rales pour permettre de l\u00e9gitimer un r\u00e9gime avec lequel on signerait la paix. Les forts avanc\u00e9s \u00e9taient occup\u00e9s en garantie, et Paris pourrait enfin \u00eatre approvisionn\u00e9e. Le 4 f\u00e9vrier, les premiers trains de vivres p\u00e9n\u00e9traient dans la capitale. Un calvaire de 133 jours prenait fin et, tandis que la guerre franco-allemande avan\u00e7ait vers sa r\u00e9solution, Paris s\u2019acheminait vers <a href=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2021\/03\/18\/la-commune-de-paris-1871\/\">un second si\u00e8ge et la guerre civile<\/a>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Strat\u00e9gies |\u00a0\u00c9pisode 7<\/p>\n<p>Paris, 19 septembre 1870. Le si\u00e8ge de la ville d\u00e9bute \u00e0 la suite de la s\u00e9rie de d\u00e9faites qu\u2019ont connues les forces du Second Empire. Comment imaginer la ville d\u2019Haussmann, capitale de la bourgeoisie triomphante du deuxi\u00e8me XIXe si\u00e8cle, prise dans les affres de la guerre et le quotidien anachronique d\u2019un si\u00e8ge&#160;&#160;? 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