{"id":193641,"date":"2023-08-11T15:34:24","date_gmt":"2023-08-11T13:34:24","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=193641"},"modified":"2023-08-11T15:39:01","modified_gmt":"2023-08-11T13:39:01","slug":"limmuable-dechirure-de-la-sicile-une-conversation-avec-jean-paul-manganaro","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2023\/08\/11\/limmuable-dechirure-de-la-sicile-une-conversation-avec-jean-paul-manganaro\/","title":{"rendered":"\u00ab&#160;L&rsquo;immuable d\u00e9chirure de la Sicile&#160;\u00bb, une conversation avec Jean-Paul Manganaro"},"content":{"rendered":"\n<p><em>Apr\u00e8s l\u2019Acropole d\u2019<a href=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2023\/08\/10\/deplacer-la-lune-de-son-orbite-une-conversation-avec-andrea-marcolongo\/\">Andrea Marcolongo<\/a>, la Los Angeles d\u2019<a href=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2023\/08\/10\/los-angeles-a-ce-pouvoir-de-creer-des-images-une-conversation-avec-alain-mabanckou\/\">Alain Mabanckou<\/a>, la Provence de&nbsp;<a href=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2023\/08\/07\/la-provence-ma-offert-vingt-ans-de-tranquillite-une-conversation-avec-carlo-rovelli\/\">Carlo Rovelli<\/a>, les rives de Beyrouth dans l&rsquo;\u0153il des <a href=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2023\/08\/10\/beyrouth-est-un-laboratoire-parce-que-les-choses-y-sont-instables-une-conversation-avec-joana-hadjithomas-et-khalil-joreige\/\">artistes Joana Hadjithomas et Khalil Joreige<\/a>&nbsp;et les marches de la Villa Malaparte par <a href=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2023\/08\/11\/la-villa-malaparte-fascine-une-conversation-avec-pierre-de-gasquet\/\">Pierre de Gasquet<\/a>, ce nouvel \u00e9pisode de&nbsp;<a href=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/themes\/arts\/grand-tour\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">notre s\u00e9rie d\u2019\u00e9t\u00e9 \u00ab&#160;&nbsp;Grand Tour&nbsp;&#160;\u00bb<\/a> nous conduit dans la Sicile des \u00e9crivains et des secrets d&rsquo;enfance.<\/em><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Vous \u00eates n\u00e9 en France, \u00e0 Bordeaux, mais votre enfance fut pour une large part sicilienne. Comment se sont articul\u00e9s ces deux versants de votre trajectoire personnelle&#160;?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>J\u2019ai effectivement grandi d\u00e9chir\u00e9 entre un p\u00e8re sicilien et une m\u00e8re bordelaise.&nbsp;<span class='whitespace-nowrap'><span id='easy-footnote-1-193641' class='easy-footnote-margin-adjust'><\/span><span class='easy-footnote'><a href='https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2023\/08\/11\/limmuable-dechirure-de-la-sicile-une-conversation-avec-jean-paul-manganaro\/#easy-footnote-bottom-1-193641' title='Jean-Paul Manganaro est professeur \u00e9m\u00e9rite de litt\u00e9rature italienne contemporaine \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Lille III. Essayiste, il a publi\u00e9 aux \u00c9ditions Dramaturgie le volume collectif&amp;nbsp;&lt;em&gt;Carmelo Bene&lt;\/em&gt;&amp;nbsp;(1977) et&amp;nbsp;&lt;em&gt;Douze mois \u00e0 Naples, R\u00eaves d\u2019un masque&lt;\/em&gt;&amp;nbsp;(1983). Pour les \u00c9ditions du Seuil, il a publi\u00e9&amp;nbsp;&lt;em&gt;Le Baroque et l\u2019Ing\u00e9nieur. &lt;\/em&gt;Il a notamment traduit le &lt;em&gt;Gu\u00e9pard&lt;\/em&gt; de Giuseppe Tomasi di Lampedusa, parue chez Seuil en 2007.'><sup>1<\/sup><\/a><\/span><\/span> Mes liens \u00e0 la Sicile sont donc tr\u00e8s particuliers, parfois douloureux, dans la mesure o\u00f9 j\u2019y ai grandi dans une situation historique et g\u00e9ographique dont je sentais bien qu\u2019elle ne m\u2019appartenait pas totalement. Il y avait toujours ce d\u00e9chirement entre deux situations&#160;: la r\u00e9alit\u00e9 villageoise sicilienne du c\u00f4t\u00e9 paternel et le mirage bordelais possible, une ville par excellence du c\u00f4t\u00e9 maternel. Cette dichotomie est probablement le motif tacite et sournois qui m\u2019a pour ainsi dire oblig\u00e9 \u00e0 devenir traducteur, afin de ne jamais cesser ce dialogue entre deux p\u00f4les, paternel et maternel, qui ont souvent paru inconciliables. Durant toute mon enfance, nous retournions r\u00e9guli\u00e8rement en France par le train&#160;: c\u2019\u00e9tait un long voyage de trente-six heures qui nous faisait traverser l\u2019Italie tout enti\u00e8re jusqu\u2019\u00e0 Vintimille, puis une grande partie de la France, de Vintimille \u00e0 Bordeaux. Lorsque le train quittait Syracuse, je me souviens qu\u2019il y avait un moment, entre cette ville et Augusta, o\u00f9 l\u2019on voyait une anse de mer d\u2019une beaut\u00e9 magique, incroyable, presqu\u2019un mirage. J\u2019ai d\u00e9couvert plus tard que ce paysage que j\u2019admirais enfant de mani\u00e8re si attachante et \u00e9mue \u00e9tait celui qui a servi de cadre au <em>Professeur et la sir\u00e8ne <\/em>de Tomasi di Lampedusa, cette histoire pleine de feu et d\u2019eau. Et plus tard j\u2019ai retrouv\u00e9 la m\u00eame \u00e9motion que m\u2019avait procur\u00e9 ce paysage en lisant le texte.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-pullquote\"><blockquote><p>Lorsque le train quittait Syracuse, je me souviens qu\u2019il y avait un moment, entre cette ville et Augusta, o\u00f9 l\u2019on voyait une anse de mer d\u2019une beaut\u00e9 magique, incroyable, presqu\u2019un mirage.<\/p><cite>Jean-paul manganaro<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n<p>En r\u00e9alit\u00e9, enfant, je suis rest\u00e9 tr\u00e8s peu dans des situations stables&#160;: d\u00e8s l\u2019\u00e2ge de treize ans j\u2019ai voyag\u00e9 pour mes \u00e9tudes dans des cadres et des institutions plus complexes que ceux que l\u2019on me proposait l\u00e0 o\u00f9 j\u2019\u00e9tais. J\u2019ai eu la chance de grandir entour\u00e9 de situations historico-culturelles tr\u00e8s singuli\u00e8res qui m\u2019ont surpris et fascin\u00e9 d\u00e8s que je les ai connues, \u00e0 l\u2019\u00e2ge de cinq, six ans, d\u00e8s que je les ai v\u00e9cues. Je parle d\u2019une ville extraordinaire comme Noto o\u00f9 le baroque le plus accompli de Sicile vous accompagne d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre de la ville r\u00e9v\u00e9lant une organisation urbanistique que l\u2019on ne retrouve pas dans d\u2019autres exemples de baroque sicilien. Mais surtout Syracuse, avec tout ce qui est rest\u00e9 aujourd\u2019hui encore de Grande-Gr\u00e8ce dans cette ville riche de pr\u00e8s de trois mille ans d\u2019histoire, et des monuments que l\u2019on ne retrouve que l\u00e0&#160;: le ch\u00e2teau d\u2019Euryale, la forteresse b\u00e2tie par Denys l\u2019Ancien, avec un modeste mus\u00e9e minuscule o\u00f9 \u00e9tait expos\u00e9e l\u2019armure d\u2019un hoplite qui me parut petite, la cath\u00e9drale r\u00e9cup\u00e9r\u00e9e par l\u2019art roman et ensuite par le baroque mais gardant la quasi totalit\u00e9 du temple consacr\u00e9 \u00e0 Ath\u00e9na, le th\u00e9\u00e2tre et quelques autres merveilles. Sans parler des paysages que la Sicile offrait \u00e0 mes sensations&#160;: les amandiers fleuris comme de neige en janvier, le mois de mai aux incroyables senteurs dans les chemins de campagne les nuits de pleine lune. Puis encore mon p\u00e8re qui cultivait le jasmin pour en faire des essences et les millions de fleurs qui, toutes ensemble, s\u2019ouvraient au m\u00eame moment, 19 heures 45, lan\u00e7ant dans l\u2019air comme un frisson, un bruissement acoustique dont je me souviens encore\u2026<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-pullquote\"><blockquote><p>Sans parler des paysages que la Sicile offrait \u00e0 mes sensations&#160;: les amandiers fleuris comme de neige en janvier, le mois de mai aux incroyables senteurs dans les chemins de campagne les nuits de pleine lune.<\/p><cite>jean-paul manganaro<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image wp-block-image-large\"\n    data-shadow=\"false\"\n    data-use-original-file=\"false\">\n    <a\n        data-pswp-src=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2023\/08\/Sellerio.png\"\n        class=\"inline-block gallery-item no-underline \"\n        data-pswp-width=\"3276\"\n        data-pswp-height=\"2160\">\n                                        <picture>\r\n                    <source\r\n                srcset=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2023\/08\/Sellerio-330x218.png\"\r\n                media=\"(max-width: 374px)\" \/>\r\n                    <source\r\n                srcset=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2023\/08\/Sellerio-690x455.png\"\r\n                media=\"(max-width: 989px)\" \/>\r\n                    <source\r\n                srcset=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2023\/08\/Sellerio-1340x884.png\"\r\n                media=\"(min-width: 990px)\" \/>\r\n                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2023\/08\/Sellerio-125x82.png\" \/>\r\n        <\/picture>\r\n                            \n                    <figcaption class=\"pswp-caption-content \">Gauche&#160;&#160;: Enzo Sellerio, <em>Cefal\u00f9<\/em>, 1958 \u00a9 Galleria Valeria Bella\r\nDroite&#160;&#160;: Enzo Sellerio, <em>Randazzo<\/em>, 1963 \u00a9 Galleria Valeria Bella<\/figcaption>\n            <\/a>\n<\/figure>\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>\u00c0 quoi ressemblait la Sicile de l\u2019apr\u00e8s-guerre dans laquelle vous avez grandi&#160;?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>\u00c0 quoi cela ressemblait je n\u2019en ai plus le souvenir, c\u2019est tr\u00e8s vague, \u00e7a m\u2019a quitt\u00e9. Je ne peux que relater ce qu\u2019en disait ma m\u00e8re qui rappelait que dans les ann\u00e9es quarante les troupeaux de ch\u00e8vres d\u00e9filaient sur le Corso pour se d\u00e9placer d\u2019un champ \u00e0 l\u2019autre, laissant leur tra\u00een\u00e9e. Je me souviens vaguement d\u2019un v\u00e9lo avec lequel l\u2019une de mes tantes me baladait pour aller chercher du lait chez les bergers. Que la Sicile f\u00fbt pauvre, c\u2019est une \u00e9vidence, mais il n\u2019y avait pas encore dans les ann\u00e9es quarante les masses d\u2019immigr\u00e9s quittant maisons et territoire, cela aura lieu dans les ann\u00e9es cinquante et au d\u00e9but des ann\u00e9es soixante. C\u2019\u00e9tait effectivement des ann\u00e9es de grande pauvret\u00e9, qui allaient pourtant d\u00e9boucher sur des ann\u00e9es de grands changements avec la mise en place progressive du consum\u00e9risme. Dans ma famille, nous avons \u00e9t\u00e9 parmi les premiers de la ville \u00e0 poss\u00e9der une t\u00e9l\u00e9vision et un r\u00e9frig\u00e9rateur, je me souviens que quand j\u2019\u00e9tais gamin, on m\u2019envoyait acheter des blocs, des morceaux de glace, jusqu\u2019en 1953-54. Mais il y avait encore tout un petit peuple qui d\u00e9pendait d\u2019une mentalit\u00e9 et d\u2019un r\u00e9gime quasiment f\u00e9odal. Les pauvres \u00e9taient vraiment pauvres, tels que les avait d\u00e9crits Giovanni Verga \u00e0 la fin du si\u00e8cle pr\u00e9c\u00e9dent ou, plus tard, le cin\u00e9ma n\u00e9or\u00e9aliste&#160;: lorsque Visconti r\u00e9alise en 1948 <em>La terre tremble<\/em>, son inspiration prend sa source dans les<em> Malavoglia<\/em> de Verga. Ce que l\u2019on a appel\u00e9 le \u00ab&#160;miracle italien&#160;\u00bb a modifi\u00e9 la texture et le d\u00e9veloppement de l\u2019\u00e9poque, et on retrouve toutes les nuances de ces transformations surtout dans quelques livres de Leonardo Sciascia&#160;: je pense aux <em>Paroisses de Regalpetra<\/em>, au <em>Jour de la Chouette<\/em>, ou \u00e0 <em>La mer couleur de vin<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-pullquote\"><blockquote><p>Dans ma famille, nous avons \u00e9t\u00e9 parmi les premiers de la ville \u00e0 poss\u00e9der une t\u00e9l\u00e9vision et un r\u00e9frig\u00e9rateur, je me souviens que quand j\u2019\u00e9tais gamin, on m\u2019envoyait acheter des blocs, des morceaux de glace, jusqu\u2019en 1953-54.<\/p><cite>jean-paul manganaro<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>La Sicile de votre enfance, c\u2019\u00e9tait donc cette \u00eele pauvre et populeuse qu\u2019un Enzo Sellerio a capt\u00e9 dans ses photographies quelques ann\u00e9es plus tard&#160;?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Il est vrai qu\u2019on a beaucoup photographi\u00e9 la Sicile \u2014 comme on a beaucoup photographi\u00e9 Naples ou la Calabre, en montrant essentiellement les pleurs, les d\u00e9chirements, les deuils, la mafia, car c\u2019\u00e9taient des r\u00e9gions \u00e0 fort d\u00e9veloppement mafieux, per\u00e7u presque comme un folklore. \u00c7a a commenc\u00e9 \u00e0 la fin des ann\u00e9es cinquante, au d\u00e9but des ann\u00e9es soixante, bien que les reportages d\u2019Enzo Sellerio aient \u00e9t\u00e9 compos\u00e9s plus tard. Une dizaine d\u2019ann\u00e9es plus t\u00f4t, une photographie de d\u00e9nonciation commence \u00e0 appara\u00eetre et \u00e0 s\u2019agiter tant dans les journaux que dans les expositions de photographes, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de photographies des habitations, des maisons, des gestes qui racontent la pauvret\u00e9. \u00c7a a fini par produire de nombreux clich\u00e9s&#160;: le mort ou les morts maladroitement recouverts d\u2019un drap-linceul, quelques taches de sang, des curieux tout autour, en g\u00e9n\u00e9ral pas de police. Certes, il y avait eu des moments cl\u00e9s devenus tr\u00e8s fameux surtout dans les milieux politiques siciliens ou dans les milieux de documentation historique, comme l\u2019\u00e9pisode de Portella della Ginestra \u00e9voqu\u00e9 dans le film <em>Il bandito Giuliano<\/em> de Francesco Rosi. Le clich\u00e9 de cette Sicile travaill\u00e9e par la douleur a d\u00e9bord\u00e9 l\u2019espace et le temps, l\u2019\u00e9poque, il a \u00e9t\u00e9 montr\u00e9 sans cesse, c\u2019est l\u00e0 une des premi\u00e8res r\u00e9flexions de Federico Fellini quand, au d\u00e9but des ann\u00e9es cinquante, il commence \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir sur les probl\u00e8mes et les possibles du cin\u00e9ma en Italie.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-pullquote\"><blockquote><p>Le clich\u00e9 de cette Sicile travaill\u00e9e par la douleur a d\u00e9bord\u00e9 l\u2019espace et le temps, l\u2019\u00e9poque, il a \u00e9t\u00e9 montr\u00e9 sans cesse.&nbsp;<\/p><cite>jean-paul manganaro<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image wp-block-image-large\"\n    data-shadow=\"false\"\n    data-use-original-file=\"false\">\n    <a\n        data-pswp-src=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2023\/08\/cover-5.jpeg\"\n        class=\"inline-block gallery-item no-underline \"\n        data-pswp-width=\"2500\"\n        data-pswp-height=\"1852\">\n                                        <picture>\r\n                    <source\r\n                srcset=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2023\/08\/cover-5-330x244.jpeg\"\r\n                media=\"(max-width: 374px)\" \/>\r\n                    <source\r\n                srcset=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2023\/08\/cover-5-690x511.jpeg\"\r\n                media=\"(max-width: 989px)\" \/>\r\n                    <source\r\n                srcset=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2023\/08\/cover-5-1340x993.jpeg\"\r\n                media=\"(min-width: 990px)\" \/>\r\n                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2023\/08\/cover-5-125x93.jpeg\" \/>\r\n        <\/picture>\r\n                            \n                    <figcaption class=\"pswp-caption-content \">Enzo Sellerio, <em>Palermo. Bambini in costume da cowboy&#8230;<\/em>, 1959 \u00a9 Galleria Valeria Bella<\/figcaption>\n            <\/a>\n<\/figure>\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Cette image tragique de la Sicile est-elle infond\u00e9e&#160;?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Il est ind\u00e9niable qu\u2019il y a une dimension tragique et un go\u00fbt certain du tragique en Sicile, c\u2019est sans doute un des rares endroits o\u00f9 l\u2019on f\u00eate le jour des morts. C\u2019est aussi li\u00e9 \u00e0 la fascination pour l\u2019exub\u00e9rance du baroque profond\u00e9ment ancr\u00e9 dans la mentalit\u00e9 et la culture siciliennes. Dans l\u2019ensemble italien, l\u2019esprit sicilien est vraiment \u00e0 l\u2019oppos\u00e9 de la spiritualit\u00e9 et de la sensualit\u00e9 de l\u2019art toscan. Par sa truculence, l\u2019incarnation de sa f\u00e9odalit\u00e9 f\u00e9roce, l\u2019histoire sicilienne ressemble en fin de comptes beaucoup plus \u00e0 l\u2019histoire de la Russie des tsars qu\u2019\u00e0 celle de l\u2019Italie.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-pullquote\"><blockquote><p>Par sa truculence, l\u2019incarnation de sa f\u00e9odalit\u00e9 f\u00e9roce, l\u2019histoire sicilienne ressemble en fin de comptes beaucoup plus \u00e0 l\u2019histoire de la Russie des tsars qu\u2019\u00e0 celle de l\u2019Italie.<\/p><cite>jean-paul manganaro<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Vous souvenez-vous des circonstances dans lesquelles vous avez lu <strong><em>Le<\/em> <em>Gu\u00e9pard<\/em> pour la premi\u00e8re fois&#160;?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>C\u2019\u00e9tait, un peu par hasard, lors d\u2019un de ces longs voyages entre la Sicile et Bordeaux que j\u2019\u00e9voquais tout \u00e0 l\u2019heure. Je devais avoir quatorze ou quinze ans et le livre venait de para\u00eetre. Je lisais debout dans le couloir du train. J\u2019\u00e9tais trop jeune et beaucoup de choses m\u2019\u00e9chappaient, mais je me souviens que j\u2019avais appr\u00e9ci\u00e9 le travail du romancier, impressionn\u00e9 par son phras\u00e9 particulier fait de tr\u00e8s longues r\u00e9flexions, comme de profonds soupirs. Il a pourtant fallu attendre de vieillir pour appr\u00e9cier vraiment le livre et comprendre qu\u2019avant d\u2019\u00eatre un r\u00e9cit fond\u00e9 autour de quelque chose de commun \u00e0 une soci\u00e9t\u00e9 ou \u00e0 un groupe social, c\u2019est d\u2019abord l\u2019histoire d\u2019un homme qui prend pleinement conscience de ce qu\u2019il vieillit et qu\u2019il va mourir. Il n\u2019en est pas boulevers\u00e9, mais cela va le travailler durant la p\u00e9riode relativement longue qu\u2019il lui reste encore \u00e0 vivre, comme s\u2019il devait subir un examen non pas de sa conscience personnelle, mais de cette f\u00e9odalit\u00e9 qu\u2019il a repr\u00e9sent\u00e9e et dont il perd l\u2019ensemble des avantages. D\u2019ailleurs, Tomasi di Lampedusa n\u2019en fait pas un vrai Sicilien, en lui attribuant des ascendances fortement m\u00e9tiss\u00e9es de germanit\u00e9.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est en cela que consiste la plus grande partie du tissu narratif du <em>Gu\u00e9pard <\/em>&#160;: la confrontation ultime du prince avec ce qui a constitu\u00e9 sa vie. La prise de conscience qu\u2019il n\u2019est pas immortel, mais qu\u2019il est dans une \u00e9ternit\u00e9 qui n\u2019appartient qu\u2019\u00e0 lui. Une preuve&#160;: il parle avec les astres, il ne parle pas aux humains, il s\u2019amuse avec son neveu Tancredi, avec ses enfants, avec son chien Bendic\u00f2, il agace sa femme, il peut se mettre en col\u00e8re, perdre son calme olympien, mais il demeure fondamentalement distant. La constitution d\u2019un monde subalterne qui grouille est tr\u00e8s marqu\u00e9e dans le roman, mais le prince n\u2019a que des rapports presque paternalistes avec l\u2019ensemble des gens qui l\u2019entourent et il ne parle qu\u2019avec l\u2019organiste don Ciccio Tumeo&#160;: il semble distant vis-\u00e0-vis du peuple, sans doute parce qu\u2019il n\u2019y a pas encore un peuple, il a quelques affections pour les gens et les personnes qui l\u2019entourent et qui deviendront ce peuple. Et ce devenir peuple se d\u00e9veloppe en m\u00eame temps qu\u2019il se rend compte que s\u2019\u00e9tiolent les puissances de sa classe sociale. En revanche, il est tr\u00e8s proche des \u00e9toiles, V\u00e9nus, par exemple, qu\u2019il aime beaucoup&#160;; \u00e0 chaque fin de chapitre, il y a ce rapport avec le ciel \u00e9toil\u00e9, avec les astres auxquels il confie peines, secrets et admiration amoureuse.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-pullquote\"><blockquote><p>Dans le <em>Gu\u00e9pard<\/em> de Tomasi di Lampedusa, le prince prend conscience qu\u2019il n\u2019est pas immortel, mais qu\u2019il est dans une \u00e9ternit\u00e9 qui n\u2019appartient qu\u2019\u00e0 lui.&nbsp;<\/p><cite>jean-paul manganaro<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image wp-block-image-large\"\n    data-shadow=\"false\"\n    data-use-original-file=\"false\">\n    <a\n        data-pswp-src=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2023\/08\/Tomasi_di_Lampedusa_foto-scaled.jpg\"\n        class=\"inline-block gallery-item no-underline \"\n        data-pswp-width=\"2560\"\n        data-pswp-height=\"1764\">\n                                        <picture>\r\n                    <source\r\n                srcset=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2023\/08\/Tomasi_di_Lampedusa_foto-330x227.jpg\"\r\n                media=\"(max-width: 374px)\" \/>\r\n                    <source\r\n                srcset=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2023\/08\/Tomasi_di_Lampedusa_foto-690x475.jpg\"\r\n                media=\"(max-width: 989px)\" \/>\r\n                    <source\r\n                srcset=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2023\/08\/Tomasi_di_Lampedusa_foto-1340x923.jpg\"\r\n                media=\"(min-width: 990px)\" \/>\r\n                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2023\/08\/Tomasi_di_Lampedusa_foto-125x86.jpg\" \/>\r\n        <\/picture>\r\n                            \n                    <figcaption class=\"pswp-caption-content \">Giuseppe Tomasi di Lampedusa, l&rsquo;auteur du <em>Gu\u00e9pard<\/em>.<\/figcaption>\n            <\/a>\n<\/figure>\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Comment se situe <em>Le Gu\u00e9pard<\/em> par rapport aux autres grands classiques de la litt\u00e9rature sicilienne de Verga ou plus pr\u00e8s de nous de Sciascia&#160;?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>La r\u00e9ception du <em>Gu\u00e9pard<\/em> eut un d\u00e9part difficile et compliqu\u00e9. On commen\u00e7a par lui refuser la publication \u2013 c\u2019est un Sicilien, Elio Vittorini, qui ne voulut pas l\u2019\u00e9diter chez Einaudi \u2013 et le manuscrit finit par aboutir chez Feltrinelli gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019intervention de Giorgio Bassani qui avait d\u00e9j\u00e0 fait publier chez ce m\u00eame \u00e9diteur le <em>Docteur Jivago<\/em> de Boris Pasternak. La publication eut donc lieu apr\u00e8s le d\u00e9c\u00e8s de Tomasi di Lampedusa. On le consid\u00e9ra d\u2019abord comme un livre \u00e9trange, inclassable politiquement et historiquement et il fut refus\u00e9 par l\u2019ensemble de l\u2019intelligentsia de gauche. L\u2019\u00e9tranget\u00e9 suppos\u00e9e du <em>Gu\u00e9pard<\/em> tient au fait qu\u2019on lui reproche de ne pas parler du peuple \u2013 ce qui est loin d\u2019\u00eatre vrai \u2013 et de ne pas \u00eatre \u00e9crit dans un style r\u00e9aliste, mais de se complaire dans le nihilisme \u00e9gotique d\u2019un prince&#160;: il suffit de lire ce que Tomasi di Lampedusa \u00e9crit \u00e0 propos de D. H. Laurence pour comprendre les lignes politico-sociales du <em>Gu\u00e9pard<\/em>. \u00c0 une \u00e9poque o\u00f9 Georges Lucaks occupait toute la place autour de la th\u00e9orie du roman, on \u00e9tait incapable de saisir la puissance de cette \u00e9criture. Grand admirateur de Stendhal, Tomasi di Lampedusa donne le pr\u00e9nom de Fabrizio au prince et b\u00e2ti une structure antih\u00e9ro\u00efque pour son \u00ab&#160;h\u00e9ros&#160;\u00bb, entour\u00e9 pourtant d\u2019une s\u00e9rie de personnages mineurs qui, eux, aspirent \u00e0 une forme d\u2019h\u00e9ro\u00efsme.&nbsp;<br>Le r\u00e9sultat, si l\u2019on consid\u00e8re l\u2019histoire litt\u00e9raire italienne entre le XIX<sup>e<\/sup> et le XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, est d\u2019avoir combl\u00e9 un vide, car il a manqu\u00e9 \u00e0 cette p\u00e9riode le grand roman historico-romantique que ni Alessandro Manzoni (<em>Les fianc\u00e9s<\/em>) ni Ippolito Nievo (<em>Les confession d\u2019un Italien<\/em>) ne sont parvenus \u00e0 \u00e9crire. Je ne sais pas si l\u2019auteur a eu conscience de cette qualit\u00e9 intrins\u00e8que de son \u0153uvre, mais je pense qu\u2019elle est souterrainement agissante dans la conscience \u00ab&#160;historique&#160;\u00bb des lecteurs, confront\u00e9s \u00e0 une parole romanesque qui ne l\u00e9sine pas \u00e0 dire ses v\u00e9rit\u00e9s. C\u2019est le sens des conversations avec l\u2019organiste Tumeo, ou du long dialogue avec le commis pi\u00e9montais, Aimone Chevalley, qui cherche \u00e0 convaincre le prince pour qu\u2019il s\u2019engage en qualit\u00e9 de s\u00e9nateur dans les projets du nouvel \u00c9tat&#160;: don Fabrizio refuse en proposant pour cette charge le nom de don Calogero Sedara.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-pullquote\"><blockquote><p>L\u2019\u00e9tranget\u00e9 suppos\u00e9e du Gu\u00e9pard tient au fait qu\u2019on lui reproche de ne pas parler du peuple \u2013 ce qui est loin d\u2019\u00eatre vrai \u2013 et de ne pas \u00eatre \u00e9crit dans un style r\u00e9aliste, mais de se complaire dans le nihilisme \u00e9gotique d\u2019un prince.<\/p><cite>jean-paul manganaro<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n<p>Tout cela est tr\u00e8s construit et ressemble plus \u00e0 quelque chose qui aurait \u00e0 voir avec l\u2019art du roman stendhalien qu\u2019avec la tradition v\u00e9riste instaur\u00e9e par l\u2019\u0153uvre de Verga et qui d\u00e9bouchera plus tard dans les repr\u00e9sentations du n\u00e9o-r\u00e9alisme&#160;: j\u2019ai d\u00e9j\u00e0 cit\u00e9 Visconti, mais on ne peut oublier la puissance de Roberto Rossellini et de son <em>Stromboli<\/em>. Tomasi di Lampedusa est loin de cette recherche, m\u00eame si le chapitre du p\u00e8re Pirrone rendant visite aux siens \u2013 la cinqui\u00e8me partie du roman \u2013 est plus proche d\u2019une tentative n\u00e9o-r\u00e9aliste que le restant de l\u2019\u0153uvre&#160;; on retrouve la m\u00eame situation artistique dans la nouvelle inachev\u00e9e <em>La joie et la loi <\/em>et on peut dire que le r\u00e9sultat est assez d\u00e9cevant. La puret\u00e9 de l\u2019\u00e9vocation historique tr\u00e8s forte du <em>Gu\u00e9pard<\/em> emp\u00eache en quelque sorte une approche avec le pr\u00e9sent imm\u00e9diat et les contingences qui travaillent les diff\u00e9rents personnages. Il y a certes la Sicile qui est l\u2019\u00e9l\u00e9ment de forte confrontation avec d\u2019autres exp\u00e9riences litt\u00e9raires siciliennes et je pense plus particuli\u00e8rement \u00e0 Luigi Pirandello \u2013 dont la structure spirituelle est sicilienne \u2013 et principalement \u00e0 ses <em>Nouvelles pour une ann\u00e9e<\/em>, o\u00f9 le sentiment et les pulsions de la sicilianit\u00e9 sont tr\u00e8s forts et on les retrouve en profondeur dans l\u2019ensemble du <em>Gu\u00e9pard<\/em>. Quelque chose d\u2019aussi puissant constitue l\u2019essentiel de l\u2019\u0153uvre romanesque de Leonardo Sciascia, mais il serait l\u00e0 aussi difficile d\u2019attribuer quelques relations fortes avec l\u2019\u0153uvre de Lampedusa&#160;; Sciascia est surtout un grand admirateur de Pirandello et on peut rep\u00e9rer entre l\u2019un et l\u2019autre des complicit\u00e9s involontaires dues sans doute \u00e0 l\u2019appartenance au territoire sicilien. Peut-\u00eatre Vincenzo Consolo est artistiquement le plus proche de Lampedusa.<\/p>\n\n\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image wp-block-image-medium\"\n    data-shadow=\"false\"\n    data-use-original-file=\"false\">\n    <a\n        data-pswp-src=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2023\/08\/leonardo-sciascia-scaled.jpg\"\n        class=\"inline-block gallery-item no-underline \"\n        data-pswp-width=\"2560\"\n        data-pswp-height=\"1697\">\n                                        <picture>\r\n                    <source\r\n                srcset=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2023\/08\/leonardo-sciascia-330x219.jpg\"\r\n                media=\"(max-width:  374px)\" \/>\r\n                    <source\r\n                srcset=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2023\/08\/leonardo-sciascia-690x457.jpg\"\r\n                media=\"(max-width:  989px)\" \/>\r\n                    <source\r\n                srcset=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2023\/08\/leonardo-sciascia-990x656.jpg\"\r\n                media=\"(max-width: 1319px)\" \/>\r\n                    <source\r\n                srcset=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2023\/08\/leonardo-sciascia-690x457.jpg\"\r\n                media=\"(max-width: 1599px)\" \/>\r\n                    <source\r\n                srcset=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2023\/08\/leonardo-sciascia-990x656.jpg\"\r\n                media=\"(min-width: 1600px)\" \/>\r\n                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2023\/08\/leonardo-sciascia-125x83.jpg\" \/>\r\n        <\/picture>\r\n                            \n                    <figcaption class=\"pswp-caption-content \">Leonardo Sciascia<\/figcaption>\n            <\/a>\n<\/figure>\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Vous \u00e9voquiez tout \u00e0 l\u2019heure la dimension maritime qui imbibe pour ainsi dire tout <em>Le professeur et la sir\u00e8ne<\/em>. Dans<em> Le Gu\u00e9pard<\/em> en revanche, c\u2019est une Sicile beaucoup plus tellurique que Lampedusa donne \u00e0 voir. La mer y est lointaine et semble r\u00e9duite \u00e0 un p\u00f4le mena\u00e7ant par lequel arrivent les garibaldiens et le changement.<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Verga c\u2019\u00e9tait les p\u00eacheurs, Tomasi di Lampedusa c\u2019est les chasseurs, l\u2019eau et la terre. L\u2019\u00e9l\u00e9ment terrien, je dirais m\u00eame poussi\u00e9reux, de la Sicile, est effectivement pr\u00e9sent de mani\u00e8re obs\u00e9dante dans <em>Le Gu\u00e9pard<\/em>. Il suffit de relire le r\u00e9cit de l\u2019arriv\u00e9e empoussi\u00e9r\u00e9e, en carrosse, \u00e0 Donnafugata, au deuxi\u00e8me chapitre, pour s\u2019en convaincre. Le prince \u00e9voque dans son dialogue avec don Ciccio Tumeo ou avec Chevalley cette Sicile br\u00fblante, martyris\u00e9e par un soleil implacable qui emp\u00eache les gens de travailler, qui a forg\u00e9 ce temp\u00e9rament et ce caract\u00e8re se complaisant dans l\u2019ataraxie et le pessimisme, dans ce peuple et cette culture qui croient \u00e0 l\u2019immuabilit\u00e9 des destins. Lampedusa reprendra ce discours lorsqu\u2019il parlera de l\u2019a\u00efeul mystique et de l\u2019a\u00efeul \u00e9rotomane, comme si l\u2019un et l\u2019autre subissaient identiquement les menaces des chaleurs de l\u2019\u00eele, tout un enfer, avec l\u2019intime conviction que rien n\u2019a chang\u00e9 dans les faits et les \u00e9v\u00e9nements immuables depuis le temps o\u00f9 \u00ab&#160;un Platon rustique&#160;\u00bb a foul\u00e9 cette terre&#160;! Il peut aussi pleuvoir beaucoup, et vous avez raison&#160;: on ne voit l\u2019eau dans le <em>Gu\u00e9pard<\/em> que dans les puits pour cacher les cadavres ou du haut des terrasses pour que les Anglais qui occupent Palerme puissent guetter les bateaux ennemis.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le statut de l\u2019eau devient tout \u00e0 fait diff\u00e9rent au moment o\u00f9 le prince meurt en face de la mer, dans un h\u00f4tel qui s\u2019appelle \u00ab&#160;Trinacria&#160;\u00bb, un des noms de la Sicile, englouti par ce qui est appel\u00e9 le \u00ab&#160;fracas&#160;\u00bb de l\u2019eau. Cette sc\u00e8ne rappelle la mort du professeur suppos\u00e9 se jeter dans la mer depuis un bateau pour rejoindre la sir\u00e8ne. Dans les deux cas, l\u2019eau est \u00e9voqu\u00e9e comme l\u2019\u00e9l\u00e9ment qui d\u00e9cha\u00eene les cataractes et engloutit le prince et le professeur. Le prince ne fait pas le saut fatal, mais l\u2019image de d\u00e9luge aquatique qui avale est en accord avec l\u2019eau du d\u00e9lire amoureux final et en contraste avec l\u2019eau placide, calme, lacustre presque, qui dessine le cadre de la tension \u00e9rotique et passionnelle entre le professeur et cette d\u00e9esse animale qu\u2019est la sir\u00e8ne.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Le prince de Salina donne de la Sicile l\u2019image d\u2019une terre immobile et immuable, sur laquelle l\u2019histoire glisse sans gu\u00e8re provoquer de changement. L\u2019arriv\u00e9e des Pi\u00e9montais y est pr\u00e9sent\u00e9e comme une \u00e9cume superficielle et passag\u00e8re plus que comme une vague susceptible de tout emporter sur son passage. La Sicile ne s\u2019est-elle jamais vraiment italianis\u00e9e&#160;?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Aujourd\u2019hui encore, du point de vue historique, l\u2019italianit\u00e9 de la Sicile est un \u00e9v\u00e9nement trop r\u00e9cent, cent soixante-deux ans \u00e0 peine&#160;! Contrairement aux garibaldiens dont la victoire n\u2019a pourtant profit\u00e9 \u00e0 personne, les Pi\u00e9montais n\u2019ont pas repr\u00e9sent\u00e9 la vague qui emportait tout, ils ont profond\u00e9ment d\u00e9\u00e7u la bourgeoisie locale, napolitaine et palermitaine, qui souhaitait recouvrer un pouvoir politique plus affranchi et ind\u00e9pendant. Il est n\u00e9cessaire de rappeler que, avant l\u2019arriv\u00e9e de Garibaldi, la Sicile avait \u00e9t\u00e9 le th\u00e9\u00e2tre de tr\u00e8s fortes r\u00e9voltes populaires en 1848. L\u2019annexion du Royaume des Deux-Siciles au Royaume de Sardaigne d\u2019abord puis au Royaume d\u2019Italie ensuite finit par \u00eatre per\u00e7ue et v\u00e9cue comme l\u2019\u00e9ni\u00e8me invasion \u00e9trang\u00e8re des territoires siciliens&#160;: cela dure depuis trois mille ans et les modalit\u00e9s sont celles de v\u00e9ritables colonisations \u2013 mises \u00e0 part peut-\u00eatre les dominations arabe et normande qui ont su d\u00e9velopper des situations historiques plus proches des regroupements ethniques et sociaux.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-pullquote\"><blockquote><p>Aujourd\u2019hui encore, du point de vue historique, l\u2019italianit\u00e9 de la Sicile est un \u00e9v\u00e9nement trop r\u00e9cent, cent soixante-deux ans \u00e0 peine&#160;!<\/p><cite>jean-paul manganaro<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n<p>Consciemment ou inconsciemment les Italiens sont donc per\u00e7us comme les derniers colonisateurs dont il faudrait se m\u00e9fier et d\u00e9fendre. L\u2019entreprise garibaldienne a certainement \u00e9t\u00e9 fascinante et admirable dans son \u00e9l\u00e9ment \u00e9v\u00e9nementiel&#160;: le prince a la sensibilit\u00e9 et l\u2019intuition d\u2019adh\u00e9rer spirituellement \u00e0 cette entreprise de lib\u00e9ration, et cela contrairement aux craintes exprim\u00e9es par toute sa classe sociale. Mais il n\u2019aborde pas vraiment la probl\u00e9matique historique de la f\u00e9odalit\u00e9 qui emp\u00eache l\u2019\u00eele de faire ses r\u00e9volutions, et la sienne finit par n\u2019\u00eatre qu\u2019une position d\u2019artiste&#160;: le r\u00e9cit du <em>Gu\u00e9pard<\/em> contient et relate aussi la nostalgie vive pour un monde qui dispara\u00eet. Or, ce \u00ab&#160;dispara\u00eetre&#160;\u00bb est l\u2019\u00e2me palpitante du roman.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image wp-block-image-large\"\n    data-shadow=\"false\"\n    data-use-original-file=\"false\">\n    <a\n        data-pswp-src=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2023\/08\/cover-2-1.jpeg\"\n        class=\"inline-block gallery-item no-underline \"\n        data-pswp-width=\"2500\"\n        data-pswp-height=\"2500\">\n                                        <picture>\r\n                    <source\r\n                srcset=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2023\/08\/cover-2-1-330x330.jpeg\"\r\n                media=\"(max-width: 374px)\" \/>\r\n                    <source\r\n                srcset=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2023\/08\/cover-2-1-690x690.jpeg\"\r\n                media=\"(max-width: 989px)\" \/>\r\n                    <source\r\n                srcset=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2023\/08\/cover-2-1-1340x1340.jpeg\"\r\n                media=\"(min-width: 990px)\" \/>\r\n                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2023\/08\/cover-2-1-125x125.jpeg\" \/>\r\n        <\/picture>\r\n                            \n                    <figcaption class=\"pswp-caption-content \">Enzo Sellerio, <em>Palermo. Via Giovanni Verga dalla cupola del Carmine<\/em>, 1952 \u00a9 Galleria Valeria Bella<\/figcaption>\n            <\/a>\n<\/figure>\n\n\n<p>\u00c0 c\u00f4t\u00e9 de cela, il est vrai que le Sicilien a une propension, un penchant pour l\u2019ataraxie&#160;: elle fait partie de sa condition culturelle pr\u00e9socratique. Lorsque Gorgias de Leontinoi formule ses th\u00e9ories sur l\u2019\u00eatre et le non-\u00eatre, on sent d\u00e9j\u00e0 la puissance de ce nihilisme \u00e0 l\u2019\u0153uvre. La Sicile entretient donc avec l\u2019Italie un rapport difficile, et c\u2019est tr\u00e8s ancien. Par ailleurs, depuis longtemps d\u00e9j\u00e0 la mafia a r\u00e9ussi \u00e0 coloniser un bon nombre de situations \u00e9conomiques et politiques en Italie, en corrompant l\u2019ensemble des instances historiques qui n\u2019ont pas offert de grandes r\u00e9sistances. Et l\u2019un des exemples sans doute fondateurs de cette duplicit\u00e9 compliqu\u00e9e est offert par le personnage et la \u00ab&#160;mentalit\u00e9&#160;\u00bb de don Calogero Sedara dans le <em>Gu\u00e9pard<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-pullquote\"><blockquote><p>\u00c0 c\u00f4t\u00e9 de cela, il est vrai que le Sicilien a une propension, un penchant pour l\u2019ataraxie&#160;: elle fait partie de sa condition culturelle pr\u00e9socratique.<\/p><cite>jean-paul manganaro<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>La religion offre un bon exemple de cette immuabilit\u00e9 sicilienne&#160;?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Il y avait toujours dans les familles de la noblesse un pr\u00eatre qui assurait l\u2019\u00e9ducation religieuse des enfants et d\u2019autres fonctions presque paternelles. Le p\u00e8re Pirrone joue ce r\u00f4le dans <em>Le Gu\u00e9pard<\/em>, m\u00eame s\u2019il lui arrive d\u2019accompagner le prince dans ses escapades. Encore une fois, c\u2019est un aspect tr\u00e8s particulier de la Sicile et des Siciliens, il ne s\u2019agit pas de \u00ab&#160;religion&#160;\u00bb au sens strict du mot mais de l\u2019expression d\u2019une religiosit\u00e9 pa\u00efenne et idol\u00e2tre nourrie par une multiplicit\u00e9 de saints qui patronnent les villes, grandes et petites, et une tr\u00e8s vaste statuaire d\u2019\u00e9glise, parfois complexe, dont s\u2019ennoblissent les autels ainsi que la repr\u00e9sentation et l\u2019art religieux. Par la nature de leurs figurations on peut dire que les saints sont infiniment plus importants que Dieu, lequel se r\u00e9v\u00e8le \u00eatre une entit\u00e9 abstraite qui \u00e9chappe au champ visuel et mental des Siciliens&#160;; ils peuvent tout au plus concevoir J\u00e9sus qu\u2019ils honorent beaucoup \u00e0 P\u00e2ques, apr\u00e8s la crucifixion et la r\u00e9surrection, mais Dieu est vraiment une abstraction difficile \u00e0 fr\u00e9quenter. Les saints sont plus humains, plus accessibles, aussi il y a beaucoup de f\u00eates religieuses qui sont encore tr\u00e8s suivies. Sciascia a consacr\u00e9 une tr\u00e8s belle \u00e9tude \u00e0 ce th\u00e8me qui est loin d\u2019\u00eatre \u00ab&#160;mineur&#160;\u00bb en Sicile. <em>Le Gu\u00e9pard<\/em> n\u2019\u00e9chappe pas \u00e0 la r\u00e8gle et inaugure son r\u00e9cit par la fonction du rosaire parall\u00e8lement \u00e0 la description des divinit\u00e9s de l\u2019Olympe dans une s\u00e9quence tr\u00e8s humoristique.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Pour immuable qu\u2019elle soit, la Sicile n\u2019est pas unique et homog\u00e8ne, comme en t\u00e9moignent dans <em>Le Gu\u00e9pard<\/em> les deux p\u00f4les que sont Palerme et Donnafugata.<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>La Sicile est fondamentalement plurielle, mais secr\u00e8te. Elle est le r\u00e9ceptacle de tant d\u2019influences&#160;: ph\u00e9niciennes, grecques, carthaginoises, romaines, arabes, normandes, fran\u00e7aises, espagnoles, italiennes. Il y a surtout une d\u00e9chirure historique et m\u00eame pr\u00e9historique fondamentale en Sicile, que l\u2019on retrouve bien exprim\u00e9e dans les <em>Vicer\u00e8 <\/em>de Federico de Roberto. Les peuplades qui habitaient originellement l\u2019\u00eele \u00e9taient fondamentalement deux&#160;: les Sicanes du c\u00f4t\u00e9 de Palerme et les Sicules du c\u00f4t\u00e9 de Catane et Syracuse. Il n\u2019y a jamais eu d\u2019ententes entre eux, mais des luttes de possession. Les Sicanes \u00e0 la suite des Ph\u00e9niciens finirent par \u00eatre les alli\u00e9s de Carthage et les Sicules de Rome. Cette dualit\u00e9, sous d\u2019autres formes, existe encore aujourd\u2019hui&#160;: la partie palermitaine de l\u2019\u00eele, d\u2019ascendance sicane, a invent\u00e9 et nourri la mafia tandis que l\u2019autre \u00e9tait, jusqu\u2019\u00e0 il y a environ trente ans, beaucoup plus sage et tranquille. Les po\u00e8tes de la partie sicane ne ressemblent pas \u00e0 ceux de la partie sicule. Th\u00e9ocrite \u00e9tait sicule, Lampedusa du c\u00f4t\u00e9 sicane, palermitain, mais il \u00e9tait prince, donc au-dessus de \u00e7a.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-pullquote\"><blockquote><p>La Sicile est fondamentalement plurielle, mais secr\u00e8te.<\/p><cite>jean-paul manganaro <\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n<p>Vous parlez de Donnafugata et de Palerme&#160;: je pense que ce sont les extr\u00eames d\u2019un m\u00eame univers, quelque chose finit par les unir, secr\u00e8tement, ce sont les personnes du prince et de l\u2019auteur qui parviennent \u00e0 rassembler ces formes disparates&#160;: <a href=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2019\/05\/13\/le-futur-du-monde-a-deux-noms-ahmed-le-migrant-et-google-conversation-avec-le-maire-de-palerme-leoluca-orlando\/\">Palerme est l\u2019exc\u00e8s de la ville qui aspire \u00e0 \u00eatre \u00ab&#160;monde&#160;\u00bb<\/a>, une forme de r\u00e9alit\u00e9 en quelque sorte, Donnafugata est la recherche d\u2019une tranquillit\u00e9 qui devient peu \u00e0 peu impossible ou difficile, comme une r\u00eaverie&#160;: seule les \u00e9toiles immuables peuvent en rendre possible la contemplation. Au milieu de ces deux tensions, en \u00e9quilibre, le prince.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Le livre de Lampedusa est aujourd\u2019hui indissociablement li\u00e9 dans notre imaginaire \u00e0 l\u2019adaptation cin\u00e9matographique qu\u2019en a donn\u00e9 Luchino Visconti.<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Je suis fellinien et pas viscontien, mais il faut reconna\u00eetre que ce film a beaucoup contribu\u00e9 \u00e0 la renomm\u00e9e du roman. Il me semble pourtant qu\u2019il ne raconte pas la m\u00eame histoire que le livre. L\u2019histoire \u00e9crite par Lampedusa est celle de ce sexag\u00e9naire particulier qui prend conscience de sa mortalit\u00e9 et qui r\u00e9fl\u00e9chit, le temps du roman, \u00e0 sa condition humaine. Cette r\u00e9flexion le conduit \u00e0 analyser les \u00e9v\u00e9nements personnels parall\u00e8lement \u00e0 ceux de sa classe sociale et des individus qui l\u2019ont accompagn\u00e9 tout au long de sa vie&#160;: il y aurait comme un geste pour ainsi dire d\u00e9mocratique de la part d\u2019un prince de la fin du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Il pense non seulement \u00e0 sa propre fin, mais aussi \u00e0 la fin du monde dans lequel il a v\u00e9cu, c\u2019est la fin d\u2019une \u00e9poque. Dans le film, l\u2019axe est totalement d\u00e9plac\u00e9&#160;: ce n\u2019est plus le prince mais le couple de jeunes qui est important et qui s\u2019impose. La grandeur et la perfection de Burt Lancaster sauvent la mise, et le film n\u2019appartient pas au prince mais \u00e0 ce couple en train de se constituer comme d\u00e9j\u00e0 bourgeois et pour lequel ne comptent que renomm\u00e9e et richesse.<\/p>\n\n\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image wp-block-image-medium\"\n    data-shadow=\"false\"\n    data-use-original-file=\"false\">\n    <a\n        data-pswp-src=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2023\/08\/cover-7.jpeg\"\n        class=\"inline-block gallery-item no-underline \"\n        data-pswp-width=\"1660\"\n        data-pswp-height=\"2500\">\n                                        <picture>\r\n                    <source\r\n                srcset=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2023\/08\/cover-7-330x497.jpeg\"\r\n                media=\"(max-width:  374px)\" \/>\r\n                    <source\r\n                srcset=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2023\/08\/cover-7-690x1039.jpeg\"\r\n                media=\"(max-width:  989px)\" \/>\r\n                    <source\r\n                srcset=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2023\/08\/cover-7-990x1491.jpeg\"\r\n                media=\"(max-width: 1319px)\" \/>\r\n                    <source\r\n                srcset=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2023\/08\/cover-7-690x1039.jpeg\"\r\n                media=\"(max-width: 1599px)\" \/>\r\n                    <source\r\n                srcset=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2023\/08\/cover-7-990x1491.jpeg\"\r\n                media=\"(min-width: 1600px)\" \/>\r\n                <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2023\/08\/cover-7-125x188.jpeg\" \/>\r\n        <\/picture>\r\n                            \n                    <figcaption class=\"pswp-caption-content \">Enzo Sellerio, <em> Sperlinga <\/em>, 1967 \u00a9 Galleria Valeria Bella<\/figcaption>\n            <\/a>\n<\/figure>\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Quels livres autres que <em>Le Gu\u00e9pard<\/em> conseilleriez-vous de lire pour appr\u00e9hender la Sicile&#160;?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Il faudrait lire les <em>Paroisses de Regalpetra<\/em> de Leonardo Sciascia&#160;: c\u2019est une description m\u00e9ticuleuse du tissu social et des ambigu\u00eft\u00e9s siciliennes \u00e0 partir de la fin des ann\u00e9es 1940&#160;; ainsi que <em>Le jour de la chouette<\/em>, o\u00f9 il invente une nouvelle tension du policier dont le mod\u00e8le serait Dosto\u00efevski, et en g\u00e9n\u00e9ral tout son \u0153uvre romanesque. Et lire aussi les magnifiques <em>Nouvelles pour une ann\u00e9e <\/em>de Pirandello qui savent transmettre la pluralit\u00e9 des motifs constituant l\u2019\u00e2me profonde de la Sicile, ses volupt\u00e9s, ses magies et ses cruaut\u00e9s, tr\u00e8s diff\u00e9rentes de ses \u0153uvres th\u00e9\u00e2trales. Et bien entendu Verga avec les <em>Malavoglia<\/em> et <em>Mastro don Gesualdo<\/em>. Et enfin se laisser emporter par l\u2019\u00e9lan po\u00e9tique tr\u00e8s fort de Vincenzo Consolo dans quelques-unes de ses \u0153uvres&#160;: <em>Le sourire du marin inconnu<\/em>, <em>Les pierres de Pantalica<\/em>, et surtout <em>Lunaria<\/em> et <em>R\u00e9table<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Pour terminer, pourriez-vous \u00e9voquer pour nous un lieu sicilien qui vous est particuli\u00e8rement cher&#160;?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Ce n\u2019est pas un lieu mais un style, une modalit\u00e9&#160;: le baroque. Plusieurs lieux palermitains en sont impr\u00e9gn\u00e9s, et la splendeur fastueuse de la cath\u00e9drale normande de Monreale, bien que n\u2019\u00e9tant pas pr\u00e9cis\u00e9ment baroque, y participe. Mais c\u2019est surtout \u00e0 Noto qu\u2019on peut le saisir le mieux o\u00f9 son unit\u00e9 frise la perfection des d\u00e9tails et des ensembles. Et enfin, j\u2019aime beaucoup la cath\u00e9drale de Syracuse, sa fa\u00e7ade baroque ins\u00e9r\u00e9e ou inscrite litt\u00e9ralement dans un ancien temple dorique. C\u2019est un condens\u00e9 tr\u00e8s beau et \u00e9mouvant de l\u2019histoire sicilienne. Dans la majest\u00e9 scandaleuse d\u2019un soleil f\u00e9roce et d\u00e9vorateur, cette \u00e9glise offre une paix faite d\u2019ombres et de fra\u00eecheur qui se mue en tranquillit\u00e9 imm\u00e9diatement heureuse.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans ce nouvel \u00e9pisode de notre s\u00e9rie \u00ab&#160;&#160;Grand Tour&#160;&#160;\u00bb, le traducteur Jean-Paul Manganaro \u00e9voque son enfance entre la Sicile et la France. 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