{"id":193561,"date":"2023-08-10T15:41:25","date_gmt":"2023-08-10T13:41:25","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=193561"},"modified":"2023-08-12T10:50:47","modified_gmt":"2023-08-12T08:50:47","slug":"deplacer-la-lune-de-son-orbite-une-conversation-avec-andrea-marcolongo","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2023\/08\/10\/deplacer-la-lune-de-son-orbite-une-conversation-avec-andrea-marcolongo\/","title":{"rendered":"\u00ab&#160;Ma nuit au mus\u00e9e de l&rsquo;Acropole&#160;\u00bb, une conversation avec Andrea Marcolongo"},"content":{"rendered":"\n<p><em><a href=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/themes\/arts\/grand-tour\/\">Retrouvez ici les autres \u00e9pisodes de notre s\u00e9rie d&rsquo;\u00e9t\u00e9 \u00ab&#160;Grand Tour&#160;\u00bb<\/a>.<\/em><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">D\u00e9placer la lune de son orbite<strong>&#160;: pourquoi ce titre&nbsp;&#160;?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>\u00ab&#160;<em>D\u00e9placer la lune de son orbite<\/em>&#160;\u00bb est une phrase que rapporte un arch\u00e9ologue pr\u00e9sent lors de l\u2019enl\u00e8vement des marbres du Parth\u00e9non au d\u00e9but du XIXe si\u00e8cle, et qu\u2019il aurait entendue prononcer par les Ath\u00e9niens. Je trouve cette expression fascinante. On y entend la prescience d\u2019une catastrophe, l\u2019id\u00e9e que cet arrachement n\u2019est pas seulement une erreur ou une injustice, mais un geste d\u2019une ampleur bien plus grande, par lequel se produit une brisure dans un ordre sup\u00e9rieur, presque cosmique.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Cet ouvrage s\u2019inscrit dans une collection intitul\u00e9e \u00ab&#160;Ma nuit au mus\u00e9e&#160;\u00bb (publi\u00e9e chez Stock), dont le principe consiste \u00e0 permettre \u00e0 des auteurs de passer une nuit compl\u00e8te dans le mus\u00e9e de leur choix, et d\u2019en tirer un r\u00e9cit. Vous avez choisi de passer la nuit au mus\u00e9e de l\u2019Acropole \u00e0 Ath\u00e8nes, face \u00e0 ce qui reste des frises du Parth\u00e9non, dont la majorit\u00e9 ont quitt\u00e9 la Gr\u00e8ce au d\u00e9but du XIXe si\u00e8cle pour rejoindre le British Museum, puis d\u2019autres mus\u00e9es europ\u00e9ens. Dans votre cas, la nuit au mus\u00e9e a-t-elle \u00e9t\u00e9 un pr\u00e9texte, ou bien a-t-elle d\u00e9termin\u00e9 la fa\u00e7on dont vous avez \u00e9crit ce livre&#160;?\u00a0<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>C\u2019est une bonne question. Ce type d\u2019exp\u00e9rience est toujours un pari \u00e9ditorial. Une nuit peut-\u00eatre intense, puissante, \u00e9mouvante, mais cela ne suffit \u00e9videmment pas pour faire un livre. La nuit n\u2019est \u00e9videmment pas le moment de l&rsquo;\u00e9criture lui-m\u00eame&#160;: tout ce livre a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9par\u00e9 avant et \u00e9crit apr\u00e8s. L\u2019exp\u00e9rience elle-m\u00eame peut fournir un bon reportage, mais cela ne fait pas <em>a priori<\/em> de la litt\u00e9rature. On pourrait aussi imaginer de passer une nuit dans un mus\u00e9e sans en faire un livre, bien s\u00fbr. Dans mon cas, ma chance a \u00e9t\u00e9 que le gouvernement grec et l\u2019administration du mus\u00e9e ont mis presque un an \u00e0 nous donner l\u2019autorisation. Cette ann\u00e9e de pr\u00e9paration a \u00e9t\u00e9 un moyen pour moi de me documenter, d\u2019anticiper le moment de la nuit lui-m\u00eame \u2014 et donc de commencer \u00e0 construire ce livre, en amont de ce moment, selon une dynamique qui donne finalement une sorte d\u2019impatience, d\u2019attente, de tension \u00e0 mon r\u00e9cit, du moins je l\u2019esp\u00e8re. Je dirais donc que l\u2019exp\u00e9rience de cette nuit dans le mus\u00e9e de l\u2019Acropole n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 un simple pr\u00e9texte dans la gen\u00e8se de ce livre.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Votre r\u00e9cit est construit, \u00e0 la fa\u00e7on d\u2019une \u00e9pop\u00e9e grecque, autour d\u2019un anti-h\u00e9ros, Lord Elgin, l\u2019homme qui a commandit\u00e9 le vol des frises du Parth\u00e9non, et de son envers h\u00e9ro\u00efque, Lord Byron, qui a transform\u00e9 notre regard sur la Gr\u00e8ce seulement quelques ann\u00e9es plus tard.\u00a0<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>En effet, cette histoire est tellement romanesque, plus que cela, tellement puissamment tragique, qu\u2019elle para\u00eet invraisemblable. Lord Elgin, ambassadeur \u00e0 Constantinople, a tout eu, puis tout perdu. Il a \u00e9t\u00e9 touch\u00e9 par ce que Byron lui-m\u00eame a appel\u00e9 \u00ab&#160;&nbsp;la mal\u00e9diction de Minerve&nbsp;&#160;\u00bb, perdant finalement une partie de \u00ab&#160;ses&#160;\u00bb marbres (dans des naufrages), sa fortune, sa r\u00e9putation, sa femme, ses fonctions, et jusqu\u2019\u00e0 son apparence physique, puisqu\u2019il fut atteint d\u2019une esp\u00e8ce de gangr\u00e8ne qui a mang\u00e9 son visage, comme les statues qu\u2019il a mutil\u00e9es et enlev\u00e9es du Parth\u00e9non.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Mais cette trag\u00e9die est aussi g\u00e9opolitique de part en part. Le r\u00f4le d\u2019Elgin aurait pu \u00eatre tenu par n\u2019importe quel autre ambassadeur anglais, profitant comme lui de la nouvelle alliance entre la Couronne et l\u2019Empire ottoman \u00e0 la suite du recul des arm\u00e9es fran\u00e7aises en \u00c9gypte sous le Consulat. Lord Elgin n\u2019est pas un h\u00e9ros (ou un anti-h\u00e9ros) de trag\u00e9die \u00e0 lui tout seul. \u00c0 mes yeux, il incarne plut\u00f4t la synth\u00e8se du regard de l\u2019Europe sur la Gr\u00e8ce au tournant du XIXe si\u00e8cle. <a href=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2022\/07\/31\/la-grece-est-dabord-un-pays-des-balkans-une-conversation-avec-andrea-marcolongo\/\">La Gr\u00e8ce est alors une sorte de banlieue de l\u2019Europe, une r\u00e9gion pauvre de l\u2019Empire ottoman<\/a>. Personne n\u2019avait l\u2019id\u00e9e de prot\u00e9ger ou de d\u00e9fendre la Gr\u00e8ce.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-pullquote\"><blockquote><p>Au tournant du XIXe si\u00e8cle, la Gr\u00e8ce est alors une sorte de banlieue de l\u2019Europe, une r\u00e9gion pauvre de l\u2019Empire ottoman. Personne n\u2019avait l\u2019id\u00e9e de prot\u00e9ger ou de d\u00e9fendre la Gr\u00e8ce.<\/p><cite>Andrea marcolongo<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>D\u2019o\u00f9 vient l\u2019<em>hubris<\/em> de lord Elgin et sa passion d\u00e9vorante pour les frises du Parth\u00e9non, qu\u2019il ne conna\u00eet pas au d\u00e9part et qu\u2019il a fait enlever sans m\u00eame les avoir vues&#160;?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Ath\u00e8nes \u00e9tait alors une petite ville, sale et inculte, o\u00f9 l\u2019on raconte qu\u2019il n\u2019y avait plus qu\u2019un vieillard qui ma\u00eetrisait le grec ancien. Lord Elgin, comme beaucoup d\u2019aristocrates europ\u00e9ens de la fin du XVIIIe si\u00e8cle, ignore presque tout de la Gr\u00e8ce. Il voit seulement une pure opportunit\u00e9 d\u2019assouvir son ambition, un moyen de se faire valoir aupr\u00e8s de la Couronne britannique.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Ce \u00ab&#160;vol&#160;\u00bb a d\u2019ailleurs lieu \u00e0 titre purement priv\u00e9. Elgin, ambassadeur d\u2019Angleterre \u00e0 Constantinople, use de son pouvoir pour se faire d\u00e9livrer un <em>firman<\/em>, un document officiel du sultan qui l\u2019autorise \u00e0 faire d\u00e9crocher des frises du Parth\u00e9non pour les ramener chez lui, en Angleterre. C\u2019est seulement dans un second temps que ce rapt individuel, priv\u00e9, est devenu le probl\u00e8me g\u00e9opolitique qu\u2019on conna\u00eet aujourd\u2019hui. C\u2019est un autre versant de cette histoire tr\u00e8s romanesque. Tout ce qu\u2019a fait Lord Elgin, il l\u2019a fait \u00e0 titre priv\u00e9, prot\u00e9g\u00e9 par l\u2019autorit\u00e9 que lui donnait son titre d\u2019ambassadeur. S\u2019il a finalement vendu les marbres \u2013 bien en dessous de leur valeur \u2013 au British Museum, c\u2019est pour tenter d\u2019\u00e9ponger les dettes colossales que cette aventure lui avait co\u00fbt\u00e9es. Mais le British Museum a tout de suite compris l\u2019importance de cette acquisition.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Dans les ann\u00e9es 1800, Elgin emporte en son nom des marbres qui appartiennent \u00e0 une ville de l\u2019Empire ottoman&#160;; aujourd\u2019hui, l\u2019\u00c9tat grec en demande la restitution au Royaume-Uni. Tous les acteurs de cette histoire ont chang\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Entrer dans cette histoire m\u2019a profond\u00e9ment fait r\u00e9fl\u00e9chir sur notre rapport au patrimoine historique, sur le sens des mus\u00e9es, la conception m\u00eame du mus\u00e9e, sa dimension universelle. Lorsque j\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 \u00e9crire ce livre, aucune restitution n\u2019avait eu lieu. Entre-temps, le Vatican, l\u2019Italie et l\u2019Autriche tout r\u00e9cemment ont rendu \u00e0 la Gr\u00e8ce les marbres du Parth\u00e9non qu\u2019ils poss\u00e9daient.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-pullquote\"><blockquote><p>Entrer dans l&rsquo;histoire de Lord Elgin m\u2019a profond\u00e9ment fait r\u00e9fl\u00e9chir sur notre rapport au patrimoine historique, sur le sens des mus\u00e9es, la conception m\u00eame du mus\u00e9e, sa dimension universelle.<\/p><cite>andrea marcolongo <\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Y a-t-il des similitudes entre le cas grec et le cas des \u0153uvres d\u2019arts africaines, dont 90&#160;% se trouvent aujourd\u2019hui dans des mus\u00e9es occidentaux&#160;?&nbsp;<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Il y a deux cents ans, la Gr\u00e8ce \u00e9tait l\u2019Afrique de l\u2019Europe. Les reproches et les pr\u00e9textes qu\u2019on a oppos\u00e9s \u00e0 la Gr\u00e8ce pour ne pas rendre les frises du Parth\u00e9non pendant des d\u00e9cennies \u2013 <em>vous ne sauriez pas les conserver, vos mus\u00e9es ne sont pas assez grands, assez modernes ou assez s\u00fbrs, etc.<\/em>\u00a0\u2013, c\u2019est exactement ce qu\u2019on dit\u00a0 \u00e0 l\u2019Afrique aujourd\u2019hui.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est un sujet passionnant, et en m\u00eame temps infiniment d\u00e9licat. Les deux \u00e9cueils sont l\u2019hyper-\u00e9motivit\u00e9 et le nationalisme brutal. Toutes les \u0153uvres \u00e9trang\u00e8res des mus\u00e9es ne sont \u00e9videmment pas le r\u00e9sultat d\u2019un vol. Il serait absurde d\u2019assigner \u00e0 chaque \u0153uvre la \u00ab&#160;nationalit\u00e9&#160;\u00bb du pays <em>actuel<\/em> qui correspond au <em>lieu<\/em> o\u00f9 elle a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e. Mais, de m\u00eame que l\u2019Europe a invent\u00e9 l\u2019id\u00e9e m\u00eame du mus\u00e9e universel, je crois que c\u2019est \u00e0 l\u2019Europe qu\u2019il revient d\u2019inventer la nouvelle \u00e9tape de l\u2019histoire du mus\u00e9e. On doit bien s\u00fbr associer les pays qui demandent des restitutions \u00e0 la r\u00e9flexion, mais on ne peut pas leur demander de mener ce travail de critique interne de notre conception du mus\u00e9e <em>\u00e0 notre place<\/em>.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-pullquote\"><blockquote><p>De m\u00eame que l\u2019Europe a invent\u00e9 l\u2019id\u00e9e m\u00eame du mus\u00e9e universel, je crois que c\u2019est \u00e0 l\u2019Europe qu\u2019il revient d\u2019inventer la nouvelle \u00e9tape de l\u2019histoire du mus\u00e9e.<\/p><cite>andrea marcolongo<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n<p>La r\u00e9flexion engag\u00e9e par le rapport Savoy-Sarr me semble un bon d\u00e9but. Ses conclusions ne s\u2019en tiennent pas \u00e0 des remarques logistiques sur les restitutions. Elles invitent aussi \u00e0 l\u2019invention de nouvelles mani\u00e8res de faire circuler le patrimoine artistique. Aujourd\u2019hui, nos mus\u00e9es sont tellement bond\u00e9s qu\u2019ils sont devenus des attractions touristiques qui n\u2019ont presque plus rien \u00e0 voir avec l\u2019art. Les gens font des milliers de kilom\u00e8tres pour voir des \u0153uvres d\u2019art. Pourquoi ne pas imaginer le contraire, et penser des mus\u00e9es itin\u00e9rants, o\u00f9 des \u0153uvres d\u2019art qui sont un patrimoine mondial v\u00e9ritablement universel iraient \u00e0 la rencontre de publics \u00e0 travers le monde&#160;?<\/p>\n\n\n\n<p>En 1812, la r\u00e9volution des regards de l\u2019\u00e9lite europ\u00e9enne sur la Gr\u00e8ce s\u2019est produite gr\u00e2ce \u00e0 Lord Byron&#160;: la publication et la tr\u00e8s large diffusion de <em>Childe Harold<\/em> a v\u00e9ritablement produit un miracle g\u00e9opolitique. On observe un cercle vertueux entre les mondes intellectuel, public et politique. Une telle circularit\u00e9 serait \u00e9videmment souhaitable aujourd\u2019hui. Je ne pr\u00e9tends pas qu\u2019il puisse y avoir un Lord Byron dans chaque pays. Mais je crois que les intellectuels doivent s\u2019emparer \u2013 sinc\u00e8rement \u2013 de ces questions, et prendre leur part \u00e0 ce d\u00e9bat, engager un dialogue avec le monde de la d\u00e9cision politique.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-pullquote\"><blockquote><p>Pourquoi ne pas imaginer le contraire, et penser des mus\u00e9es itin\u00e9rants, o\u00f9 des \u0153uvres d\u2019art qui sont un patrimoine mondial v\u00e9ritablement universel iraient \u00e0 la rencontre de publics \u00e0 travers le monde&#160;?<\/p><cite>andrea marcolongo<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Vous \u00e9crivez, p.&nbsp;185&#160;: \u00ab&#160;Les racines culturelles dont nous pr\u00e9tendons \u00eatre le fruit, tout comme le monde tordu que nous habitons, ne sont pas les n\u00f4tres, mais nous avons d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment besoin de le croire.&#160;\u00bb Que voulez-vous dire par-l\u00e0&#160;?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>On aime \u00e0 placer l\u2019origine de notre \u00ab&#160;identit\u00e9&#160;\u00bb en Gr\u00e8ce. Mais de quelle Gr\u00e8ce parle-t-on&nbsp;&#160;? La Gr\u00e8ce du Ve si\u00e8cle avant notre \u00e8re, celle de P\u00e9ricl\u00e8s ou celle d\u2019Aristote cent ans plus tard&#160;? Le P\u00e9loponn\u00e8se, Ath\u00e8nes, Sparte&nbsp;&#160;? \u00c0 l\u2019horizon de ces distinctions, je crois plut\u00f4t qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une Gr\u00e8ce imaginaire que nous ont l\u00e9gu\u00e9e les Latins. C\u2019est une Gr\u00e8ce que nous continuons d\u2019inventer. Mais on a besoin de placer quelque part cette id\u00e9e de racine. Ce sont d\u2019ailleurs des racines tr\u00e8s tangibles, quoique imaginaires&#160;: on peut les projeter dans des textes, des marbres, des paysages m\u00e9diterran\u00e9ens.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Mais o\u00f9 cela m\u00e8ne-t-il&nbsp;&#160;? On sait \u00e0 quel point les notions de <em>racine<\/em> ou d\u2019<em>identit\u00e9<\/em> peuvent \u00eatre utilis\u00e9es \u00e0 des fins n\u00e9fastes. Je crois qu\u2019il faut savoir assumer ces concepts en sachant les nuancer, les d\u00e9lester de leur part n\u00e9gative. On ne peut pas vivre comme des rhizomes, qui flottent sans racine. Si l\u2019on file la m\u00e9taphore, je m\u2019\u00e9tonne d\u2019entendre aussi souvent parler des pr\u00e9tendues <em>racines<\/em> \u2013 grecques, romaines, jud\u00e9o-chr\u00e9tiennes, <em>etc<\/em>.&nbsp;\u2013, qui sans doute existent dans une certaine mesure et comptent dans l\u2019<em>arbre<\/em> que sont nos soci\u00e9t\u00e9s&#160;; mais qu\u2019on parle beaucoup plus rarement des <em>fruits<\/em>, qui sont la v\u00e9ritable chose qui compte, ce qui se passe dans le pr\u00e9sent. Nos racines ne d\u00e9terminent pas ce qu\u2019on choisit de faire aujourd\u2019hui, elles sont simplement une donn\u00e9e historique.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-pullquote\"><blockquote><p>Nos racines ne d\u00e9terminent pas ce qu\u2019on choisit de faire aujourd\u2019hui, elles sont simplement une donn\u00e9e historique.<\/p><cite>andrea marcolongo<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Doit-on alors accepter les termes de l\u2019accusation d\u2019<em>appropriation culturelle<\/em>, qui taxe d\u2019imposture le fait de s\u2019emparer d\u2019un sujet qui ressortit \u00e0 une aire culturelle \u00e0 laquelle on n\u2019appartient pas par naissance&nbsp;&#160;?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Je ne crois pas. Le mot <em>racines<\/em> s\u2019accompagne de positions tr\u00e8s conservatrices&#160;: on vient de l\u00e0, il ne faut rien changer, et ce qui s\u2019\u00e9carte de l\u00e0 d\u2019o\u00f9 l\u2019on vient n\u2019a pas le droit d\u2019acc\u00e9der \u00e0 l\u2019arbre. Et en fait, cette position rejoint finalement, quoique par un bout politique apparemment oppos\u00e9, celle de l\u2019appropriation culturelle, qui taxe d\u2019imposture, voire de forfaiture le fait de se saisir d\u2019une quelconque fa\u00e7on cr\u00e9ative ou r\u00e9cr\u00e9ative d\u2019une culture \u00e0 laquelle on n\u2019\u00ab&#160;appartient&#160;\u00bb pas. Dans ce cas, sans \u00ab&#160;appropriation culturelle&#160;\u00bb, l\u2019id\u00e9e m\u00eame de la Gr\u00e8ce aurait disparu il y a 2&nbsp;000 ans.&nbsp; En \u00e9crivant ce livre, j\u2019ai souvent connu ce syndrome d\u2019imposture, j\u2019en parle \u00e0 plusieurs reprises. Je crois qu\u2019il faut vivre avec cette pr\u00e9caution, mais savoir la surmonter.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Quel est le plus grand sacril\u00e8ge, le vol ou l\u2019amn\u00e9sie&nbsp;&#160;?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>L\u2019amn\u00e9sie, l\u2019amn\u00e9sie collective sans aucun doute. Dans notre rapport \u00e0 la Gr\u00e8ce, il y a toujours eu une part de vol et une part d\u2019amn\u00e9sie. Mais quelque part, c\u2019est peut-\u00eatre moins grave encore lorsque c\u2019est le vol qui prend le dessus, car c\u2019est le signe d\u2019une curiosit\u00e9, d\u2019un int\u00e9r\u00eat, d\u2019une fascination, d\u2019une activit\u00e9 imaginaire \u2013 plut\u00f4t que lorsqu\u2019on laisse cette id\u00e9e m\u00eame sombrer dans un oubli tranquille.<\/p>\n\n\n\n<p>Je pourrais passer ma vie \u00e0 militer pour le retour des marbres du Parth\u00e9non. Mais si l\u2019on se focalise sur des pierres, des belles pierres \u2013\u00a0les plus belles du monde sans doute \u2013 on perd peut-\u00eatre de vue la d\u00e9fense de la culture humaniste, qui est en train de dispara\u00eetre exactement comme les frises sont parties d\u2019Ath\u00e8nes il y a plus de 200 ans&#160;: dans l\u2019indiff\u00e9rence g\u00e9n\u00e9rale. Pour moi, le Parth\u00e9non est un symbole de la culture qu\u2019on laisse dispara\u00eetre passivement, en songeant peut-\u00eatre \u00e0 certains moments, qu\u2019on est en train de voir d\u00e9placer la lune de son orbite.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-pullquote\"><blockquote><p>Pour moi, le Parth\u00e9non est un symbole de la culture qu\u2019on laisse dispara\u00eetre passivement, en songeant peut-\u00eatre \u00e0 certains moments, qu\u2019on est en train de voir d\u00e9placer la lune de son orbite.<\/p><cite>andrea marcolongo<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Votre regard sur la Gr\u00e8ce semble \u00e9voluer d\u2019un apprentissage scolaire et acad\u00e9mique vers une connaissance plus intime de la Gr\u00e8ce contemporaine. Que percevez-vous diff\u00e9remment&#160;?<\/h3>\n\n\n\n<p>Notre rapport \u00e0 la Gr\u00e8ce est en effet captif du pass\u00e9. Si vous cherchez des auteurs grecs dans une librairie, vous trouverez toujours plus d\u2019auteurs morts il y a plus de 2000 ans que d\u2019auteurs vivants. La Gr\u00e8ce elle-m\u00eame est pi\u00e9g\u00e9e dans cet imaginaire touristique, dont elle souffre. Le discours sur l\u2019\u00e2ge d\u2019or de la Gr\u00e8ce classique et l\u2019\u00e9clipse qu\u2019aurait constitu\u00e9 l\u2019\u00e9poque ottomane cr\u00e9e une sorte de schizophr\u00e9nie historique. Pourtant, les Grecs qui disent cela aujourd\u2019hui n\u2019ont plus rien \u00e0 voir avec les Grecs de la Ligue de D\u00e9los. Il est aussi absurde d\u2019essentialiser cette filiation que de parler, en France, de \u00ab&#160;nos anc\u00eatres les Gaulois&#160;\u00bb. C\u2019est aussi \u00e0 cela que sert le fait d\u2019assumer la part d\u2019imaginaire que contient cet h\u00e9ritage, et de savoir qu\u2019une f\u00e9condit\u00e9 imaginaire a du sens si elle nous lib\u00e8re, pas si elle nous enferme.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Il est important de savoir d\u00e9centrer notre regard sur la Gr\u00e8ce&#160;: ne pas seulement la regarder depuis Rome, mais aussi depuis la Turquie ou les Balkans. La Gr\u00e8ce est aussi un pays d\u2019Asie mineure.&nbsp; Les textes d\u2019Orhan Pamuk sont peut-\u00eatre ceux qui ont le mieux saisi cela. Son dernier livre traduit en fran\u00e7ais, <em>Les Nuits de la peste<\/em> (Gallimard, \u00ab&#160;Du monde entier&#160;\u00bb, 2022), d\u00e9crit une \u00eele imaginaire, o\u00f9 la population est moiti\u00e9 grecque, moiti\u00e9 turque \u2013 c\u2019est peut-\u00eatre une version fictionnelle d\u2019Izmir. La revisitation la plus belle que j\u2019aie jamais lue d\u2019un mythe grec, c\u2019est toujours Pamuk, qui a su m\u00ealer le mythe de M\u00e9d\u00e9e avec un mythe ottoman. On peut, on doit aussi s\u2019efforcer de lire et de regarder la Gr\u00e8ce depuis la Turquie, pour rendre notre regard plus nuanc\u00e9 et plus complexe.&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans ce deuxi\u00e8me \u00e9pisode de l\u2019\u00e9t\u00e9 de notre s\u00e9rie \u00ab&#160;&#160;Grand Tour&#160;&#160;\u00bb, Andrea Marcolongo partage avec nous une exp\u00e9rience in\u00e9dite au mus\u00e9e de l\u2019Acropole d\u2019Ath\u00e8nes. Face aux frises du Parth\u00e9non, elle s\u2019interroge&#160;&#160;: nous aimons \u00e0 placer l\u2019origine de notre \u00ab&#160;&#160;identit\u00e9&#160;&#160;\u00bb en Gr\u00e8ce. Mais de quelle Gr\u00e8ce parle-t-on&#160;&#160;? 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