Un chariot de supermarch\u00e9 en feu sur la place de la Bourse \u00e0 la fin de la onzi\u00e8me journ\u00e9e de manifestations apr\u00e8s que le gouvernement a fait passer une r\u00e9forme des retraites au parlement sans vote, en utilisant l’article 49 alin\u00e9a 3 de la constitution. \u00c0 Bordeaux, le 6 avril 2023. \u00a9 Ugo Amez\/SIPA<\/figcaption>\n <\/a>\n<\/figure>\n\n\nEn Occident, nous croyons \u00eatre \u00e0 l’abri de ces ph\u00e9nom\u00e8nes. Les p\u00e9nuries alimentaires ne se produiraient pas chez nous. Elles n\u2019arriveraient que dans les pays en d\u00e9veloppement, qui sont \u00e0 la fois pauvres et dysfonctionnels. Jusqu\u2019\u00e0 r\u00e9cemment, tout cela \u00e9tait vrai. Mais alors que les conflits mondiaux sont revenus \u00e0 l’ordre du jour, ces risques augmentent et, comme nous le voyons en France, ils mettent \u00e0 l’\u00e9preuve l\u2019\u00e9quilibre de soci\u00e9t\u00e9s qui sont sans doute moins stables que nous le pensions. Il existe des tensions raciales en Europe. Il serait stupide de les ignorer et si le multiculturalisme peut fonctionner, ce n\u2019est possible que dans un environnement prosp\u00e8re o\u00f9 les besoins fondamentaux des personnes sont satisfaits. Sans cela, nos soci\u00e9t\u00e9s pourraient devenir incontr\u00f4lables.<\/p>\n\n\n\n
Mais ces \u00e9meutes posent aussi la question de la guerre \u00e9conomique. Depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie, les dirigeants occidentaux ont montr\u00e9 beaucoup d\u2019enthousiasme pour la guerre \u00e9conomique. Lorsque la guerre a commenc\u00e9, le pr\u00e9sident Biden a promis que les sanctions r\u00e9duiraient de moiti\u00e9 l’\u00e9conomie russe et provoqueraient une grave crise dans le pays. Cela ne s’est pas produit, ce que toute personne connaissant l\u2019ampleur des liens commerciaux entre la Russie et l’Europe aurait pu pr\u00e9dire. En r\u00e9alit\u00e9, l’Europe \u00e9change des biens substituables avec la Russie, tandis que la Russie \u00e9change des biens non substituables avec l’Europe. Avant la guerre, par exemple, la Russie achetait beaucoup de voitures \u00e0 l’Europe ; depuis la guerre, la Russie s’est tourn\u00e9e vers la Chine pour remplacer ces importations dans le secteur automobile. \u00c0 l\u2019inverse, l’Europe a eu beaucoup de mal \u00e0 remplacer le gaz naturel, le p\u00e9trole et les engrais qu’elle importe de Russie. Les prix de ces produits ont grimp\u00e9 en fl\u00e8che. Ces biens non substituables sont \u00e9galement plus fondamentaux que les biens substituables retenus de la Russie. Il est beaucoup plus douloureux de conna\u00eetre des p\u00e9nuries alimentaires et \u00e9nerg\u00e9tiques qu’une p\u00e9nurie de voitures neuves. Nombreux sont ceux qui sont tent\u00e9s d\u2019adopter une posture morale pour d\u00e9fendre les sanctions, mais la morale ne sert \u00e0 rien si les sanctions sont contre-productives.<\/p>\n\n\n