{"id":183309,"date":"2023-04-26T18:14:08","date_gmt":"2023-04-26T16:14:08","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=183309"},"modified":"2023-09-08T16:00:29","modified_gmt":"2023-09-08T14:00:29","slug":"comment-le-sud-veut-financer-le-sud","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2023\/04\/26\/comment-le-sud-veut-financer-le-sud\/","title":{"rendered":"Comment le Sud veut financer le Sud"},"content":{"rendered":"\n
Revenu locataire du Planalto le 1er janvier 2023,\u00a0 le\u00a0 Pr\u00e9sident Luiz In\u00e1cio Lula da Silva a renou\u00e9 avec son activisme diplomatique et sa volont\u00e9 de voir le Br\u00e9sil peser sur la sc\u00e8ne internationale. Apr\u00e8s un d\u00e9placement aux \u00c9tats-Unis d\u00e9but f\u00e9vrier, Lula s\u2019est rendu les 13 et 14 avril en Chine, \u00e0 P\u00e9kin et Shanghai, avant de se rendre fin avril au Portugal et en Espagne.\u00a0<\/p>\n\n\n\n
La visite en Chine fut plac\u00e9e sous le signe de la relation \u00e9conomique bilat\u00e9rale et des opportunit\u00e9s qu\u2019elle offre aux deux pays. Le Pr\u00e9sident a voyag\u00e9 accompagn\u00e9 d\u2019une large d\u00e9l\u00e9gation d\u2019officiels \u2014\u00a0notamment 9 ministres \u2014 et d\u2019industriels. De nombreux accords ont \u00e9t\u00e9 sign\u00e9s dans le domaine de la collaboration scientifique et dans celui de la coop\u00e9ration \u00e9conomique. Un groupe de travail bilat\u00e9ral entre les minist\u00e8res du commerce respectif doit notamment se pencher sur la facilitation des \u00e9changes bilat\u00e9raux. \u00c0 l\u2019occasion de la visite, le ministre des finances Haddad a \u00e9galement expliqu\u00e9 que le gouvernement br\u00e9silien entrevoit l\u2019opportunit\u00e9 de r\u00e9industrialiser le pays gr\u00e2ce aux capitaux chinois.<\/p>\n\n\n\n
Le d\u00e9placement a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 l\u2019occasion de souligner le non-alignement du Br\u00e9sil dans la comp\u00e9tition qui oppose la Chine et les \u00c9tats-Unis. Sur le conflit en Ukraine,\u00a0 Lula a r\u00e9it\u00e9r\u00e9 ses propos qui semblent renvoyer dos-\u00e0-dos les Pr\u00e9sidents Poutine et Zelensky et a critiqu\u00e9 les pays qui arment les bellig\u00e9rants \u2014 donc les soutiens occidentaux de l\u2019Ukraine.\u00a0<\/p>\n\n\n\n
La visite du Pr\u00e9sident Lula en Chine co\u00efncidait avec la prise de fonction de la nouvelle Pr\u00e9sidente de la Nouvelle Banque de D\u00e9veloppement (NDB), Dilma Rousseff, ancienne cheffe de cabinet puis successeure de Lula au Planalto. \u00c0 cette occasion, Lula a prononc\u00e9 un discours personnel en soutien \u00e0 la coop\u00e9ration financi\u00e8re sud-sud et tr\u00e8s critique vis-\u00e0-vis des institutions financi\u00e8res internationales, en particulier le FMI, et de l\u2019h\u00e9g\u00e9monie du dollars.<\/p>\n\n\n\n
Chers camarades<\/p>\n\n\n\n
C’est avec une grande joie que je reviens \u00e0 Shanghai apr\u00e8s presque 20 ans. Et pour une raison tr\u00e8s sp\u00e9ciale : j’ai la satisfaction de revoir la pr\u00e9sidente Dilma Rousseff, et le plaisir de c\u00e9l\u00e9brer son choix de diriger cette importante institution. L’arriv\u00e9e d’une femme \u00e0 la t\u00eate d’une aussi grande banque internationale est en soi un \u00e9v\u00e9nement extraordinaire dans un monde encore domin\u00e9 par les hommes.<\/p>\n\n\n\n
Mais l’importance historique de ce moment va bien au-del\u00e0. Dilma Rousseff appartient \u00e0 une g\u00e9n\u00e9ration de jeunes qui, dans les ann\u00e9es 1970, se sont battus pour concr\u00e9tiser le r\u00eave d’un monde meilleur et plus juste et l’ont pay\u00e9 cher. Beaucoup l’ont pay\u00e9 de leur vie.<\/p>\n\n\n\n
Un demi-si\u00e8cle plus tard, la nouvelle banque de d\u00e9veloppement s’est impos\u00e9e comme un outil de r\u00e9duction des in\u00e9galit\u00e9s entre pays riches et pays \u00e9mergents, qui se traduisent par l’exclusion sociale, la faim, l’extr\u00eame pauvret\u00e9 et l’immigration forc\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n
Mes amis, le changement climatique, la pand\u00e9mie de Covid-19 et les conflits arm\u00e9s ont un impact n\u00e9gatif sur les populations les plus vuln\u00e9rables. Les objectifs de d\u00e9veloppement durable connaissent de s\u00e9rieux revers et de nombreux pays en d\u00e9veloppement accumulent des dettes impayables.<\/p>\n\n\n\n
C’est dans ce contexte d\u00e9favorable que la nouvelle banque de d\u00e9veloppement est n\u00e9cessaire. La d\u00e9cision de cr\u00e9er cette banque a \u00e9t\u00e9 une \u00e9tape importante dans l’action commune des pays \u00e9mergents, en raison de leur taille, de l’importance de leur population, du poids de leur \u00e9conomie et de l’influence qu’ils exercent dans leur r\u00e9gion du monde. Le Br\u00e9sil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud ne pouvaient rester \u00e0 l’\u00e9cart des grands enjeux internationaux. Les besoins de financement non satisfaits des pays en d\u00e9veloppement \u00e9taient et sont toujours \u00e9normes. L’absence de r\u00e9formes efficaces des institutions financi\u00e8res traditionnelles a limit\u00e9 le volume et les modalit\u00e9s des pr\u00eats accord\u00e9s par les banques existantes.<\/p>\n\n\n\n
Pour la premi\u00e8re fois, une banque de d\u00e9veloppement d’envergure mondiale est cr\u00e9\u00e9e sans la participation des pays d\u00e9velopp\u00e9s […]. Elle est donc lib\u00e9r\u00e9e des cha\u00eenes et des conditionnalit\u00e9s impos\u00e9es par les institutions traditionnelles et plus encore : elle a la possibilit\u00e9 de financer des projets dans les monnaies locales. La cr\u00e9ation de cette banque montre que l’union des pays \u00e9mergents est capable de g\u00e9n\u00e9rer des changements sociaux et \u00e9conomiques pertinents pour le monde. Nous ne voulons pas \u00eatre meilleurs que les autres. Nous voulons des opportunit\u00e9s pour d\u00e9velopper notre potentiel et garantir \u00e0 nos populations la dignit\u00e9, la citoyennet\u00e9 et la qualit\u00e9 de vie.<\/p>\n\n\n\n
L\u2019id\u00e9e de cr\u00e9er une banque commune de d\u00e9veloppement r\u00e9unissant les pays-membre du groupe des BRICS (Br\u00e9sil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) est sugg\u00e9r\u00e9e par l\u2019Inde en 2012. Elle fait l\u2019objet d\u2019un accord \u00e0 l\u2019occasion du sixi\u00e8me sommet des BRICS de 2014. Cette Banque entend \u00ab mobiliser des ressources pour les projets d\u2019infrastructure et de d\u00e9veloppement durable dans les BRICS et d\u2019autres \u00e9conomies \u00e9mergentes […] en faveur de la croissance globale et du d\u00e9veloppement \u00bb. Le si\u00e8ge de la Banque est \u00e9tabli \u00e0 Shanghai.\u00a0<\/p>\n\n\n\n
La Banque se distingue d\u2019autres banques multilat\u00e9rales de d\u00e9veloppement par l’absence compl\u00e8te des pays occidentaux dans son actionnariat. M\u00eame la Banque Asiatique d\u2019Investissement pour les Infrastructures, cr\u00e9\u00e9e en 2014 \u00e0 l’initiative de la Chine<\/a> et dont le si\u00e8ge est situ\u00e9 \u00e0 Beijing, comprend 86 \u00c9tats-membres, dont la France, l\u2019Allemagne ou encore le Canada. Au contraire, seuls les BRICS et 4 autres \u00c9tats \u2014 Bangladesh, \u00c9mirats Arabes Unis, Uruguay et \u00e9gypte \u2014 sont aujourd\u2019hui membres de la Nouvelle Banque de D\u00e9veloppement.<\/p>\n\n\n\n Autre sp\u00e9cificit\u00e9, la NDB conduit une partie de ses op\u00e9rations en devises \u00ab locales \u00bb. Elle a \u00e9mis des obligations en roupie, en rand, en rouble et en renminbi pour se financer. R\u00e9ciproquement, une part des cr\u00e9dits qu\u2019elle accorde le sont en devises autres que le dollars. Toutefois, pr\u00e8s des deux tiers des cr\u00e9dits accord\u00e9s par la NDB depuis sa cr\u00e9ation ont \u00e9t\u00e9 libell\u00e9s en dollars.<\/p>\n\n\n\n Par cons\u00e9quent, en plus de continuer \u00e0 travailler pour une r\u00e9forme efficace des Nations unies, du FMI et de la Banque mondiale et pour des changements dans les r\u00e8gles commerciales, nous devons faire un usage cr\u00e9atif du G20, que le Br\u00e9sil pr\u00e9sidera en 2024, et des BRICS, que nous dirigerons en 2025, afin de renforcer la place accord\u00e9e dans l’ordre du jour international aux questions prioritaires pour un monde en d\u00e9veloppement.<\/p>\n\n\n\n Mesdames et Messieurs, la nouvelle banque de d\u00e9veloppement a un grand potentiel de transformation en ce sens qu’elle \u00e9vite aux pays \u00e9mergents de se soumettre aux institutions financi\u00e8res traditionnelles qui veulent nous gouverner sans en avoir le mandat. La banque Brics a d\u00e9j\u00e0 attir\u00e9 quatre nouveaux membres : Le Bangladesh, l’\u00c9gypte, les \u00c9mirats arabes unis et l’Uruguay. Plusieurs autres sont en cours d’adh\u00e9sion et je suis s\u00fbr que l’arriv\u00e9e de la pr\u00e9sidente Dilma contribuera \u00e0 ce processus.<\/p>\n\n\n\n Au Br\u00e9sil, les ressources de la nouvelle banque financeront des projets d’infrastructure, des programmes d’aide au revenu, la mobilit\u00e9 durable, l’adaptation au changement climatique, l’assainissement de base et les \u00e9nergies renouvelables. Ensemble, les membres des BRICS augmenteront leur capacit\u00e9 \u00e0 agir positivement sur la sc\u00e8ne internationale, en contribuant \u00e0 \u00e9viter ou \u00e0 att\u00e9nuer les crises et en favorisant les perspectives de croissance et de d\u00e9veloppement de nos \u00e9conomies. Pour toutes ces raisons, la nouvelle banque de d\u00e9veloppement r\u00e9unit toutes les conditions pour devenir la grande banque du Sud.<\/p>\n\n\n\n Malgr\u00e9 les grandes ambitions assign\u00e9es \u00e0 la Nouvelle Banque de D\u00e9veloppement, ses ressources restent tr\u00e8s inf\u00e9rieures \u00e0 celles des grandes banques multilat\u00e9rales de d\u00e9veloppement. Sa taille de bilan ne s\u2019\u00e9l\u00e8ve ainsi qu\u2019\u00e0 25 milliards de dollars \u2014\u00a0contre plus de 500 milliards de dollars pour le Groupe Banque Mondiale par exemple.<\/p>\n\n\n\n Chers amis, l’\u00e9poque o\u00f9 le Br\u00e9sil \u00e9tait absent des grandes d\u00e9cisions mondiales est d\u00e9sormais r\u00e9volue. Nous sommes de retour sur la sc\u00e8ne internationale apr\u00e8s une absence inexplicable. Nous avons beaucoup \u00e0 apporter aux questions centrales de notre \u00e9poque, telles que l’att\u00e9nuation de la crise climatique, la lutte contre la faim et l’in\u00e9galit\u00e9. Il est intol\u00e9rable que, sur une plan\u00e8te qui produit suffisamment de nourriture pour r\u00e9pondre aux besoins de toute l’humanit\u00e9, des centaines de millions d’hommes, de femmes et d’enfants n’aient rien \u00e0 manger. Il est inadmissible que l’irresponsabilit\u00e9 et la cupidit\u00e9 d’une petite minorit\u00e9 mettent en p\u00e9ril la survie de la plan\u00e8te et de l’humanit\u00e9 tout enti\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n Le Br\u00e9sil est de retour avec la volont\u00e9 de contribuer une fois de plus \u00e0 la construction d’un monde plus d\u00e9velopp\u00e9, plus juste et plus respectueux de l’environnement. Nous voulons partager avec tous les pays int\u00e9ress\u00e9s l’exp\u00e9rience de la croissance \u00e9conomique et de l’inclusion sociale que le Br\u00e9sil a connue sous mon gouvernement et celui de la pr\u00e9sidente Dilma Rousseff. Les politiques publiques de nos gouvernements ont permis de sortir des millions de Br\u00e9siliens de l’extr\u00eame pauvret\u00e9 et de faire dispara\u00eetre le Br\u00e9sil de la carte de la faim des Nations unies pour la premi\u00e8re fois de notre histoire.<\/p>\n\n\n\n Selon Lula, sous la pr\u00e9sidence Bolsonaro, et avant elle pendant l\u2019interm\u00e8de Temer, le Br\u00e9sil est sorti de la sc\u00e8ne internationale<\/a>. Le Gouvernement affirme sa volont\u00e9 de rupture en la mati\u00e8re : le nouveau ministre des relations ext\u00e9rieures, Mauro Vieira a d\u00e9clar\u00e9 que la politique \u00e9trang\u00e8re serait \u00ab vigoureuse \u00bb afin \u00ab de r\u00e9ins\u00e9rer le Br\u00e9sil dans sa r\u00e9gion et dans le monde \u00bb. C\u2019est dans ce contexte qu\u2019il faut comprendre l\u2019activisme diplomatique des d\u00e9buts du troisi\u00e8me mandat Lula.\u00a0<\/p>\n\n\n\n Comme il l\u2019expliquait dans nos pages en 2021<\/a>, le Pr\u00e9sident Lula souhaite inscrire cette politique internationale dans une ligne progressiste, humaniste, et favorable \u00e0 l\u2019av\u00e8nement d\u2019un monde multipolaire.\u00a0\u00a0<\/p>\n\n\n\n Dans le m\u00eame temps, le Br\u00e9sil est devenu la sixi\u00e8me \u00e9conomie du monde. Je suis certain que l’exp\u00e9rience de la pr\u00e9sidente Dilma dans la gouvernance du Br\u00e9sil sera mise \u00e0 profit \u00e0 la t\u00eate de cet instrument important pour le d\u00e9veloppement de nos pays. Sa pr\u00e9sidence repr\u00e9sente l’engagement renouvel\u00e9 du Br\u00e9sil envers les BRICS et constitue \u00e9galement une nouvelle d\u00e9monstration de la volont\u00e9 du Br\u00e9sil de soutenir le renforcement de cette nouvelle banque de d\u00e9veloppement face aux d\u00e9fis et \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 d’une am\u00e9lioration institutionnelle et op\u00e9rationnelle continue. Je suis heureux d’avoir une femme \u00e0 la t\u00eate de cette banque. Une femme forte et tr\u00e8s exp\u00e9riment\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n Avant de terminer, je voudrais dire deux mots qui n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 pr\u00e9par\u00e9s par mon conseiller.<\/p>\n\n\n\n Tous les pays en d\u00e9veloppement r\u00eavent de disposer d’un instrument pour investir dans leur d\u00e9veloppement. Pendant les huit ann\u00e9es o\u00f9 j’ai \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sident du Br\u00e9sil, nous avons essay\u00e9 de cr\u00e9er la Banque du Sud en vue d’unifier toute l’Am\u00e9rique du Sud autour d’un projet qui nous permettrait de financer des investissements dont notre pays a besoin sans devoir nous soumettre aux r\u00e8gles \u00e9tablies par le Fonds mon\u00e9taire international, lorsqu’il pr\u00eate de l’argent \u00e0 un pays du tiers-monde, ou toute autre banque, lorsqu’elle pr\u00eate \u00e0 un pays du tiers-monde, ils se sentent autoris\u00e9s \u00e0 exercer les responsabilit\u00e9s, \u00e0 g\u00e9rer les compte du pays, \u00e0 visiter le pays pour en faire le bilan.<\/p>\n\n\n\n La Banque du Sud est un exemple des difficult\u00e9s de l\u2019int\u00e9gration r\u00e9gionale en Am\u00e9rique latine. En 2006, le Pr\u00e9sident du V\u00e9n\u00e9zuela Hugo Chavez propose la cr\u00e9ation d\u2019une banque de d\u00e9veloppement r\u00e9gionale afin de fournir une alternative aux institutions domin\u00e9es par les pays occidentaux.\u00a0 En 2009, les pr\u00e9sidents br\u00e9silien (Lula \u00e0 l\u2019\u00e9poque), argentin, \u00e9quatorien, venezu\u00e9lien, bolivien, paraguayen et uruguayen signent un accord relatif \u00e0 la cr\u00e9ation de la Banque du Sud. Depuis, les \u00c9tats signataires n\u2019ont jamais r\u00e9ussi \u00e0 s\u2019accorder sur les modalit\u00e9s de mise en \u0153uvre de l\u2019accord et la Banque n\u2019a jamais pu voir le jour.\u00a0\u00a0<\/p>\n\n\n\n Chez Lula, le soutien envers la cr\u00e9ation d\u2019institutions financi\u00e8res d\u00e9di\u00e9es \u00e0 la coop\u00e9ration sud-sud et ind\u00e9pendantes des puissances occidentales est ancien et bien ancr\u00e9. En janvier 2023, il a ainsi propos\u00e9, avec le pr\u00e9sident argentin Alberto Fernandez, la cr\u00e9ation d\u2019une monnaie commune, le Sur entre leurs deux pays. Cette id\u00e9e, qui n\u2019est pas nouvelle \u2014\u00a0le projet de Gaucho avait \u00e9t\u00e9 avanc\u00e9 d\u00e8s 1987 \u2014 a soulev\u00e9 de vives critiques, les deux pays \u00e9tant jug\u00e9s comme tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9s des crit\u00e8res permettant de d\u00e9finir une zone mon\u00e9taire optimale<\/a> \u2014\u00a0notamment en raison du diff\u00e9rentiel d\u2019inflation entre les deux pays.<\/p>\n\n\n\n En d’autres termes, c’est comme si les pays devenaient les otages de celui qui leur a pr\u00eat\u00e9 de l’argent. Vous souvenez-vous quand chaque ann\u00e9e un homme et une femme du FMI descendaient \u00e0 l’a\u00e9roport de Rio de Janeiro ou de Brasilia pour inspecter les comptes de notre pays ? Depuis nous avons chang\u00e9 les r\u00e8gles.<\/p>\n\n\n\n Si quelqu’un doute de la capacit\u00e9 de gestion de nos gouvernements, il est important de rappeler […] que lorsque nous avons remport\u00e9 les \u00e9lections en 2003, l’inflation \u00e9tait de 12 %. Nous avons fix\u00e9 un objectif de 4,5 % (avec une fourchette de plus et moins 2 %) et nous avons ramen\u00e9 l’inflation dans les limites de l’objectif. Le taux de ch\u00f4mage \u00e9tait de 12 % et, \u00e0 la fin de notre mandat, il n’\u00e9tait plus que de 4,3 %, soit le taux de ch\u00f4mage le plus bas jamais enregistr\u00e9 dans l’histoire du Br\u00e9sil, alors que nous avions cr\u00e9\u00e9 22 millions d’emplois formels dans ce pays. Nous avions une dette ext\u00e9rieure, une dette int\u00e9rieure brute de 60,7 % du PIB. A la fin du mandat, elle n\u2019\u00e9tait plus que de 37 % du PIB.<\/p>\n\n\n\n En outre, le Br\u00e9sil avait une dette de 30 milliards de dollars envers le FMI. Nous avons non seulement pay\u00e9 la dette, mais nous avons aussi pr\u00eat\u00e9 15 milliards de dollars au FMI et nous avions encore une r\u00e9serve de 370 milliards de dollars lorsque la pr\u00e9sidente Dilma est partie, c’est-\u00e0-dire l’argent qui fait vivre le Br\u00e9sil jusqu’\u00e0 aujourd’hui et qui n’a pas permis au Br\u00e9sil de faire faillite, malgr\u00e9 l’irresponsabilit\u00e9 du dernier gouvernement br\u00e9silien.<\/p>\n\n\n\n La Banque des BRICS repr\u00e9sente beaucoup pour ceux qui sont conscients que les pays ont besoin de se d\u00e9velopper et qu’ils ont donc besoin d’argent pour investir. Aucun gouvernement ne peut travailler avec un couteau sous la gorge parce qu’il doit de l’argent. Les banques doivent avoir la patience, si n\u00e9cessaire, de renouveler les accords […]. Car ce n’est pas \u00e0 une banque d’\u00e9touffer l’\u00e9conomie d’un pays, comme le fait aujourd’hui le Fonds mon\u00e9taire international avec l’Argentine. Et comme ils l’ont fait avec le Br\u00e9sil pendant si longtemps et avec tous les pays du tiers monde qui avaient besoin d’argent.<\/p>\n\n\n\n La critique du Fond Mon\u00e9taire International est profond\u00e9ment ancr\u00e9e dans l\u2019id\u00e9ologie du parti des travailleurs.\u00a0<\/p>\n\n\n\n