\u00c0 quelles conditions la Russie pourrait-elle faire partie de l’architecture de s\u00e9curit\u00e9 europ\u00e9enne ?<\/strong><\/h3>\n\n\n\nEn septembre dernier, quelqu’un a pos\u00e9 la m\u00eame question aux Ukrainiens : \u00e0 un moment donn\u00e9, vous devrez tendre la main \u00e0 Moscou. La question \u00e9tait pos\u00e9e par un Allemand. Et la r\u00e9ponse a \u00e9t\u00e9 : \u00ab nous le ferons lorsqu\u2019ils auront fait le travail de m\u00e9moire que vous avez fait en Allemagne apr\u00e8s la Seconde Guerre mondiale \u00bb.<\/p>\n\n\n\n
La Russie ne pourra \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme chang\u00e9e que si elle enseigne dans ses \u00e9coles toutes les horreurs de cette agression et tout ce qui se trouve au milieu \u2014 Staline, le Goulag, l’occupation des \u00c9tats baltes, la r\u00e9volution hongroise de 1956, le Printemps de Prague… Ce processus est le seul moyen de changer profond\u00e9ment la soci\u00e9t\u00e9, comme l’a fait la R\u00e9publique f\u00e9d\u00e9rale d’Allemagne apr\u00e8s la Seconde Guerre mondiale. C’est possible et cela ne doit pas prendre des d\u00e9cennies ou des si\u00e8cles, mais il faut une volont\u00e9 politique forte.<\/p>\n\n\n\n
Nous devons nous engager dans cette direction \u00e9galement. Apr\u00e8s l’effondrement de l’Union sovi\u00e9tique, nous aurions d\u00fb fixer des conditions pour le commerce avec la Russie. Les pays occidentaux auraient d\u00fb dire : \u00ab Nous voulons voir vos manuels scolaires. \u00bb Nous ne l’avons pas fait et nous avons laiss\u00e9 les d\u00e9mocrates russes livr\u00e9s \u00e0 eux-m\u00eames.<\/p>\n\n\n\nApr\u00e8s l’effondrement de l’Union sovi\u00e9tique, nous aurions d\u00fb fixer des conditions pour le commerce avec la Russie. Les pays occidentaux auraient d\u00fb dire : \u00ab Nous voulons voir vos manuels scolaires. \u00bb<\/p>Kersti Kaljulaid<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\nPour nous, c’\u00e9tait incompr\u00e9hensible, mais il \u00e9tait confortable de l’ignorer. L’Union sovi\u00e9tique avait disparu. Tout se passait derri\u00e8re les rideaux. D’une certaine mani\u00e8re, j’ai l’impression que l’Occident a contribu\u00e9 \u00e0 cela : vous c\u00e9l\u00e9brez le 8 mai, le jour de la Victoire en Europe. C’est douloureux : pour nous, la Seconde Guerre mondiale s’est termin\u00e9e en 1991.<\/p>\n\n\n\n
Les pays d’Europe centrale et orientale sont \u00e0 l’avant-garde des mesures de r\u00e9ponse \u00e0 la guerre en Ukraine. Le centre de gravit\u00e9 de l’Europe est-il en train de se d\u00e9placer vers l’Est ?<\/strong><\/h3>\n\n\n\nJe ne peux pas juger de la perception qu’a l’Occident des pays de l’Est. J’ai remarqu\u00e9 qu’en 2013, alors que nous \u00e9tions membres de l’Union depuis neuf ans, on nous appelait encore \u00ab nouveaux \u00c9tats membres \u00bb. Je me souviens avoir pass\u00e9 cette ann\u00e9e-l\u00e0 \u00e0 rappeler \u00e0 tout le monde de ne pas nous appeler \u00ab nouveaux \u00c9tats membres \u00bb, car lorsque nous avons adh\u00e9r\u00e9 en 2004, personne n\u2019appelait la Finlande, la Su\u00e8de et l’Autriche \u00ab nouveaux \u00c9tats membres \u00bb. De notre point de vue, nous n’avons jamais eu l’impression d’\u00eatre des membres de seconde zone, et je le dis aussi \u00e0 partir de mon exp\u00e9rience en tant que membre de la Cour des comptes europ\u00e9enne. <\/p>\n\n\n\n
J’ai toujours eu le sentiment que nous participions \u00e0 toutes les actions europ\u00e9ennes. Dans aucun domaine, les pays d’Europe de l’Est ne se sont soustraits aux politiques et aux objectifs communs de l\u2019Union.<\/p>\n\n\n\n
Y a-t-il un risque que les \u00c9tats-Unis se d\u00e9sengagent de l’Ukraine dans le contexte des \u00e9lections de 2024 et d’un pivot plus fort vers l’Asie-Pacifique ?<\/strong><\/h3>\n\n\n\nNous allons travailler avec le pr\u00e9sident \u00e9lu de chaque pays libre et d\u00e9mocratique. Je me souviens que pendant la pr\u00e9sidence Trump, malgr\u00e9 une communication erratique, une attention concr\u00e8te a \u00e9t\u00e9 consacr\u00e9e aux pays d’Europe de l’Est. L’initiative des Trois mers a fait l’objet d’une grande attention de la part de l’administration, afin de s’assurer que les pays d’Europe de l’Est recevaient les capitaux dont ils avaient besoin sans aucune condition, ni de la part de la Chine ni de la Russie. Le vice-pr\u00e9sident Pence s’est rendu \u00e0 Tallinn tr\u00e8s t\u00f4t, en juillet 2017, exactement comme l’avait fait le pr\u00e9sident Obama en 2014, avec le m\u00eame message : toutes les capitales comptent. \u00c0 cet \u00e9gard, il n’y a pas eu de rupture majeure avec l’administration pr\u00e9c\u00e9dente.<\/p>\n\n\n\nPendant la pr\u00e9sidence Trump, malgr\u00e9 une communication erratique, une attention concr\u00e8te a \u00e9t\u00e9 consacr\u00e9e aux pays d’Europe de l’Est.<\/p>Kersti Kaljulaid<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\nMais je m’interrogerais plut\u00f4t sur le r\u00f4le et l\u2019engagement de l’Union europ\u00e9enne. Notre t\u00e2che consiste \u00e0 nous occuper de notre propre voisinage. C’est ainsi que nous nous assurerons que les \u00c9tats-Unis sont libres de s’engager dans la r\u00e9gion de l\u2019Asie-Pacifique, afin que le monde libre et d\u00e9mocratique l’emporte enfin. Pour tous les pays d\u00e9mocratiques, l’ennemi commun est l’ensemble des pays autocratiques. Il nous faut l’emporter. Pour ce faire, chacun doit \u00eatre fort et capable de se d\u00e9fendre. Comme l’a dit le Haut repr\u00e9sentant Borrell lors de sa premi\u00e8re prise de parole \u00e0 la Conf\u00e9rence de Munich sur la s\u00e9curit\u00e9, si l’on veut \u00eatre entendu, il faut avoir les capacit\u00e9s n\u00e9cessaires. Une d\u00e9claration assez forte pour un fonctionnaire europ\u00e9en.<\/p>\n\n\n\n
L’agression de la Russie contre l’Ukraine nous a r\u00e9veill\u00e9s et nous a fait r\u00e9fl\u00e9chir aux moyens dont nous disposons pour nous d\u00e9fendre, et d\u00e9fendre notre vision du monde sur le continent. Nous avan\u00e7ons maintenant dans la bonne direction \u2014 esp\u00e9rons-le, assez rapidement. Les gouvernements r\u00e9fl\u00e9chissent \u00e0 la mani\u00e8re de produire davantage d’\u00e9quipements militaires et \u00e0 la mani\u00e8re de renforcer nos industries. Pourquoi avons-nous eu besoin de cette agression pour y parvenir ? Si nous avions au moins vu ce qui se passait en 2008, nous aurions probablement pu aider l’Ukraine beaucoup plus rapidement, mais au moins maintenant nous sommes pleinement conscients et nous travaillons \u00e0 devenir plus forts, ce qui permet aux \u00c9tats-Unis de travailler avec les partenaires dans le Pacifique.<\/p>\n\n\n\nPour tous les pays d\u00e9mocratiques, l’ennemi commun est l’ensemble des pays autocratiques.<\/p>Kersti Kaljulaid<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\nLa position de l’Union vis-\u00e0-vis de la Chine a-t-elle chang\u00e9 dans le contexte de la guerre en Ukraine ?<\/strong><\/h3>\n\n\n\nOui, je suis certain que tout le monde a compris que tous les autocrates regardent comment nous g\u00e9rons ce conflit. Nous en avons tir\u00e9 les le\u00e7ons. C’est une autre raison pour laquelle nous ne pouvons pas nous permettre de faire des compromis sur l’Ukraine : non seulement ce serait injuste, mais cela irait aussi \u00e0 l’encontre de nos propres int\u00e9r\u00eats.<\/p>\n\n\n\n
Pensez-vous que la Chine soit r\u00e9ellement pr\u00eate \u00e0 jouer le r\u00f4le de m\u00e9diateur entre l’Ukraine et la Russie ?<\/strong><\/h3>\n\n\n\nElle pourrait le faire, mais je ne pense pas qu’elle le veuille. La situation est parfaite pour P\u00e9kin. La Russie devient de plus en plus d\u00e9pendante de la Chine, pour les technologies, les march\u00e9s, les ressources… Il n’y a pas de limites. La Russie est en train de devenir un \u00c9tat vassal de la Chine. Je pense que cette question doit \u00eatre au c\u0153ur des pr\u00e9occupations russes. Ils doivent trouver un moyen de sortir de la situation dans laquelle ils se sont enferm\u00e9s. Il n’y a pas d’issue pour Poutine, mais il y en a peut-\u00eatre une pour le reste du r\u00e9gime.<\/p>\n\n\n\n
Nous devrons suivre de tr\u00e8s pr\u00e8s les changements \u00e9ventuels.<\/p>\n\n\n\n
L’Union se concentre \u00e0 juste titre sur le flanc Est, mais un engagement plus actif avec le Sud n\u2019est il pas n\u00e9cessaire \u00e9galement ?<\/strong><\/h3>\n\n\n\nLes pays du sud de l’Union ont tr\u00e8s bien compris les enjeux du conflit en Ukraine. De m\u00eame, les pays de l’Est se tournent de plus en plus vers le Sud. En Estonie, apr\u00e8s notre campagne pour devenir membre du Conseil de s\u00e9curit\u00e9 des Nations unies en 2020, nous avons d\u00e9fini notre toute premi\u00e8re strat\u00e9gie pour l’Afrique. Nous travaillons avec l’Union africaine et Smart Africa, principalement parce que l’Estonie est un petit pays, nous repr\u00e9sentons 0,01 % de tout l’argent que les pays europ\u00e9ens fournissent ensemble sous forme d’aide au d\u00e9veloppement. C’est une goutte d’eau dans la mer. Mais si nous utilisons nos ressources \u00e0 travers Smart Africa pour aider les Africains \u00e0 comprendre les possibilit\u00e9s du d\u00e9veloppement num\u00e9rique, nous avons une valeur. C’est pour moi l’esprit europ\u00e9en : nous regardons vers le Sud, le Sud regarde vers l’Est. Plus les temps sont difficiles, plus la r\u00e9action est rapide, plus la compr\u00e9hension est imm\u00e9diate.<\/p>\n\n\n\nC’est pour moi l’esprit europ\u00e9en : nous regardons vers le Sud, le Sud regarde vers l’Est.<\/p>Kersti Kaljulaid<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\nPensez-vous que les pays d’Europe de l’Est aient un r\u00f4le plus important \u00e0 jouer dans le voisinage Sud ?<\/strong><\/h3>\n\n\n\nLa question est de savoir ce que signifie un r\u00f4le plus important. Si nous regardons Frontex, par habitant, l’Estonie a \u00e9t\u00e9 soit le plus grand, soit l’un des plus grands contributeurs. Nous n\u2019avons qu’un seul avion de surveillance, et pendant la crise migratoire, il \u00e9tait en M\u00e9diterran\u00e9e. Nous sommes investis \u00e0 100 % dans Frontex. La police estonienne et les garde-c\u00f4tes se relaient constamment dans la r\u00e9gion. Tr\u00e8s souvent, nous allons m\u00eame au-del\u00e0 de ce que nous pouvons faire sur le papier. Nous nous soucions de ce qui se passe aux fronti\u00e8res sud et nous sommes parmi ceux qui croient que le travail commun en mati\u00e8re de contr\u00f4le des fronti\u00e8res est extr\u00eamement important pour s’assurer que nous sommes en mesure de d\u00e9fendre collectivement les fronti\u00e8res ext\u00e9rieures, ce qui est la seule garantie que la fronti\u00e8re int\u00e9rieure de l’espace Schengen puisse rester invisible, et c’est ce que nous voulons tous.<\/p>\n\n\n\n
Les pays de la fronti\u00e8re sud ont-ils leur place dans la Communaut\u00e9 politique europ\u00e9enne ?<\/strong><\/h3>\n\n\n\nCela d\u00e9pend de ce que cette Communaut\u00e9 souhaite accomplir. S’il s’agit d’une rencontre de pays qui ont des aspirations europ\u00e9ennes ou qui sont invit\u00e9s \u00e0 se pr\u00e9parer \u00e0 l’adh\u00e9sion, nous ne pouvons pas tout mettre dans le m\u00eame panier. M\u00eame dans le cadre du Partenariat oriental, le champ d’application est beaucoup trop large : nous avons des pays qui font actuellement partie de l’Union \u00e9conomique eurasienne et des pays qui aspirent \u00e0 rejoindre l’Union et l’OTAN. Je serais plus sp\u00e9cifique en ce qui concerne les diff\u00e9rents pays.<\/p>\n\n\n\n
\u00c0 cet \u00e9gard, j’appr\u00e9cie la nouvelle strat\u00e9gie fran\u00e7aise pour l’Afrique, qui dit que nous ne parlons pas de l’Afrique, mais de nations individuelles ayant des aspirations, des attentes et des rapports diff\u00e9rents avec l’Europe.<\/p>\n\n\n\n
En m\u00eame temps, si vous regardez ce que l’Union europ\u00e9enne fait depuis que Federica Mogherini a \u00e9t\u00e9 Haute Repr\u00e9sentante, nous avons canalis\u00e9 notre approche commune \u00e0 travers l’Union africaine. Cela a peut-\u00eatre eu une influence sur une m\u00e9thode plus ax\u00e9e sur l’\u00c9tat de droit sur le continent. Nous voyons \u00e0 quel point le supranational a un impact sur le national, alors qu’en Europe, c’est l’inverse. Nous voulons que les pays respectent l’\u00c9tat de droit selon nos normes, puis nous les acceptons dans le club. Il est important de comprendre toutes ces diff\u00e9rences et je pense que notre strat\u00e9gie est plus claire aujourd’hui : les \u00c9tats traitent avec les \u00c9tats, l’Union europ\u00e9enne se concentre sur l’Union africaine. C’est une tr\u00e8s bonne approche.<\/p>\n\n\n\nNotre strat\u00e9gie avec l\u2019Afrique est plus claire aujourd’hui : les \u00c9tats traitent avec les \u00c9tats, l’Union europ\u00e9enne se concentre sur l’Union africaine.<\/p>Kersti Kaljulaid<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\nLes dirigeants europ\u00e9ens sont en train de d\u00e9finir un nouvel agenda strat\u00e9gique pour les cinq prochaines ann\u00e9es. Quelles devraient \u00eatre les principales priorit\u00e9s ?<\/strong><\/h3>\n\n\n\nPour moi, une premi\u00e8re question est de savoir si nous voulons poursuivre cette coh\u00e9sion militaire pour aider l’Ukraine. Dans ce cas, nous devons lib\u00e9rer des ressources si nous souhaitons \u00eatre en mesure d’en faire plus. Si je pense \u00e0 la mani\u00e8re dont nous g\u00e9rons notre politique de coh\u00e9sion \u2014 le Fonds europ\u00e9en de d\u00e9veloppement r\u00e9gional, le Fonds social europ\u00e9en \u2014 le fait que l’on puisse en rester b\u00e9n\u00e9ficiaire pendant un nombre infini de p\u00e9riodes pose probl\u00e8me. De fait, on est r\u00e9compens\u00e9s si on ne converge pas assez rapidement.<\/p>\n\n\n\n
Nous devrions fixer une limite pour les enveloppes de coh\u00e9sion. Peut-\u00eatre deux ou trois p\u00e9riodes avant d\u2019abandonner ces enveloppes individuelles et se concentrer davantage sur ce que l’on appelait autrefois les Grands projets<\/em>, essentiellement supranationaux, o\u00f9 l’Union apporte une r\u00e9elle valeur ajout\u00e9e. L’action europ\u00e9enne n’a pas beaucoup de valeur ajout\u00e9e dans les projets individuels des diff\u00e9rents \u00c9tats membres par rapport \u00e0 ce qu’elle peut faire si elle se concentre sur des infrastructures supranationales de grande envergure, par exemple les parcs \u00e9oliens, les projets environnementaux qui, par d\u00e9finition, n’ont pas de fronti\u00e8res… Les meilleures parties du budget sont les d\u00e9penses supranationales. Par exemple, la recherche et le d\u00e9veloppement, une partie fantastique du budget europ\u00e9en qui n’a vraiment aucun caract\u00e8re g\u00e9ographique. Mais lorsque le cadre financier pluriannuel arrive au Conseil pour approbation, o\u00f9 sont les coupes les plus importantes ? Chacun veut pr\u00e9server sa propre enveloppe. Nous devrions \u00eatre en mesure de surmonter cette difficult\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Dans la lign\u00e9e des \u00ab n\u00e9o-id\u00e9alistes \u00bb, l’ancienne pr\u00e9sidente estonienne revient dans cet entretien sur la n\u00e9cessit\u00e9 de poursuivre l’effort de coh\u00e9sion autour du soutien militaire \u00e0 l’Ukraine. Selon elle, les transformations n\u00e9es au milieu de l’\u00e9preuve de la guerre doivent permettre \u00e0 l’Union d’approfondir en interne mais aussi de tisser des relations plus solides avec son voisinage au Sud.<\/p>\n","protected":false},"author":10,"featured_media":181381,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"templates\/post-interviews.php","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_trash_the_other_posts":false,"footnotes":""},"categories":[3775],"tags":[],"geo":[1917],"class_list":["post-181361","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-le-tournant-geopolitique-de-la-cohesion","staff-ramona-bloj","geo-europe"],"acf":{"open_in_webview":false,"accent":false},"yoast_head":"\n
\u00abLa meilleure autonomie strat\u00e9gique, c'est la coh\u00e9sion\u00bb, une conversation avec l'ancienne pr\u00e9sidente estonienne Kersti Kaljulaid | Le Grand Continent<\/title>\n \n \n \n \n \n \n \n \n \n \n \n\t \n\t \n\t \n \n \n \n \n\t \n\t \n\t \n