Les syst\u00e8mes bismarckiens de deuxi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration, dont la Su\u00e8de a fait partie depuis longtemps, sont caract\u00e9ris\u00e9s par un d\u00e9sir d’\u00e9galit\u00e9 entre les retrait\u00e9s.<\/p><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n
Avant la r\u00e9forme de 1998, le syst\u00e8me de retraite en Su\u00e8de comportait trois niveaux : le premier \u00e9tait universel et offrait une retraite de base fixe apr\u00e8s 30 ans de cotisations. Il s’agit d\u00e9sormais d’un minimum vieillesse sous condition de ressource. Le deuxi\u00e8me \u00e9tait un syst\u00e8me contributif financ\u00e9 par r\u00e9partition, avec le montant de la pension calcul\u00e9 sur les 15 meilleures ann\u00e9es de revenus qui est devenu un r\u00e9gime de compte notionnel individuel. Le troisi\u00e8me est form\u00e9 de retraites d’entreprise financ\u00e9es par capitalisation et peut inclure des compl\u00e9ments individuels bas\u00e9s sur l’\u00e9pargne personnelle. Ce dernier pilier, non touch\u00e9 par la r\u00e9forme de 1998, concerne actuellement 90 % des employ\u00e9s et les cotisations s’\u00e9l\u00e8vent entre 2 % et 5 % du salaire.<\/p>\n\n\n\n
Les syst\u00e8mes multipiliers : le cas du Royaume-Uni<\/h3>\n\n\n\n Ces syst\u00e8mes de retraites ont compl\u00e9t\u00e9 leur premier pilier beveridgien financ\u00e9 par r\u00e9partition par des r\u00e9gimes de retraite professionnels ou personnels obligatoires financ\u00e9s par capitalisation, g\u00e9n\u00e9ralement organis\u00e9s par branche ou entreprise. Suite aux r\u00e9formes impos\u00e9es par les institutions financi\u00e8res internationales dans de nombreux pays d’Europe centrale et orientale au cours des ann\u00e9es 1990, la plupart des syst\u00e8mes de retraite de ces pays peuvent \u00eatre class\u00e9s dans cette cat\u00e9gorie \u2014 notamment la Hongrie, la Pologne, la Slovaquie, la Lettonie, la Bulgarie et la Croatie, \u00e0 l’exception de la R\u00e9publique tch\u00e8que et de la Slov\u00e9nie qui ont renforc\u00e9 un syst\u00e8me bismarckien. Cependant, la Hongrie et la Pologne ont r\u00e9-nationalis\u00e9 une partie de leur syst\u00e8me de retraite \u00e0 la fin des ann\u00e9es 2010.<\/p>\n\n\n\n
Au Royaume-Uni, il existe un deuxi\u00e8me pilier de retraite tr\u00e8s diversifi\u00e9, comprenant des retraites d’entreprise, individuelles et publiques. Pour faire face \u00e0 l’augmentation de l’esp\u00e9rance de vie et au ph\u00e9nom\u00e8ne du vieillissement de la population, les gouvernements Brown et Cameron ont pris des mesures pour augmenter l’\u00e2ge de d\u00e9part \u00e0 la retraite. Ainsi, l’\u00e2ge l\u00e9gal de d\u00e9part \u00e0 la retraite a \u00e9t\u00e9 progressivement augment\u00e9 \u00e0 68 ans pour tous les Britanniques en 2046. En 2011, ce processus a \u00e9t\u00e9 acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 pour faire passer l’\u00e2ge l\u00e9gal de d\u00e9part \u00e0 la retraite \u00e0 65 ans pour les femmes en 2018 et \u00e0 66 ans pour tous en 2020. Enfin, un lien automatique entre l’allongement de l’esp\u00e9rance de vie et l’\u00e2ge de d\u00e9part \u00e0 la retraite a \u00e9t\u00e9 mis en place, ce qui devrait conduire \u00e0 un \u00e2ge l\u00e9gal de 67 ans en 2028 et 68 ans en 2039.<\/p>\n\n\n\nAu Royaume-Uni, il existe un lien automatique entre l’allongement de l’esp\u00e9rance de vie et l’\u00e2ge de d\u00e9part \u00e0 la retraite a \u00e9t\u00e9 mis en place, ce qui devrait conduire \u00e0 un \u00e2ge l\u00e9gal de 67 ans en 2028 et 68 ans en 2039.<\/p><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n
Le syst\u00e8me de retraite du Royaume-Uni a \u00e9t\u00e9 r\u00e9form\u00e9 pour s’inspirer du mod\u00e8le de la Banque mondiale. Il consiste maintenant en une retraite publique fond\u00e9e sur un revenu de base garanti pour tous, compl\u00e9t\u00e9 par des syst\u00e8mes de retraite suppl\u00e9mentaires g\u00e9r\u00e9s par des fonds de pension personnels ou professionnels. Les retraites publiques sont d\u00e9sormais soumises aux m\u00eames r\u00e8gles que les retraites du secteur priv\u00e9.<\/p>\n\n\n\n
Les syst\u00e8mes r\u00e9siduels anglo-saxons : le cas de l\u2019Irlande<\/h3>\n\n\n\n Ce syst\u00e8me de retraite, uniquement appliqu\u00e9 en Irlande au sein de l\u2019Union, est bas\u00e9 sur un seul pilier obligatoire et uniforme. Les r\u00e9gimes suppl\u00e9mentaires financ\u00e9s par la capitalisation, que ce soit professionnels ou personnels, ne sont que facultatifs et ne concernent qu’une partie des individus.<\/p>\n\n\n\n
4 \u2014 Au niveau europ\u00e9en, la r\u00e9duction du co\u00fbt du travail comme \u00e9l\u00e9ment d\u00e9terminant des r\u00e9formes<\/h2>\n\n\n\n La mise en place du March\u00e9 unique a pour effet de renforcer la comp\u00e9tition \u00e9conomique entre les entreprises europ\u00e9ennes. Le co\u00fbt du travail est devenu un \u00e9l\u00e9ment d\u00e9terminant de cette comp\u00e9tition.<\/p>\n\n\n\n
La mise en place de la monnaie unique dans l’Union europ\u00e9enne implique la restriction des d\u00e9ficits budg\u00e9taires et la r\u00e9duction des d\u00e9penses publiques, ce qui p\u00e8se sur les r\u00e9formes. Les crit\u00e8res \u00e9conomiques d\u00e9finis par le Trait\u00e9 de Maastricht, tels que la r\u00e9duction de l’inflation et le contr\u00f4le des d\u00e9ficits publics sous la barre des 3 %, doivent \u00eatre respect\u00e9s pour \u00eatre admissibles \u00e0 la monnaie unique. Le Pacte de stabilit\u00e9 et de croissance, adopt\u00e9 avec la formation de l’Union \u00e9conomique et mon\u00e9taire, n\u00e9cessite \u00e9galement le contr\u00f4le des d\u00e9ficits et de la dette publique ainsi que la surveillance des d\u00e9penses publiques, ce qui fait aussi que les r\u00e9formes visant \u00e0 r\u00e9duire les co\u00fbts de retraite deviennent de plus en plus fr\u00e9quentes.<\/p>\n\n\n\nLa mise en place de la monnaie unique dans l’Union europ\u00e9enne implique la restriction des d\u00e9ficits budg\u00e9taires et la r\u00e9duction des d\u00e9penses publiques, ce qui a un impact sur les r\u00e9formes.<\/p><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n
Au cours des ann\u00e9es 2010, \u00e0 la suite de la crise financi\u00e8re de 2008 et \u00e0 la crise de l’euro, les instances europ\u00e9ennes exercent une forte pression sur de nombreux gouvernements pour qu’ils adoptent des plans d’aust\u00e9rit\u00e9 incluant des r\u00e9formes des syst\u00e8mes de retraite. Cela \u00e9tait justifi\u00e9 par la n\u00e9cessit\u00e9 de \u00ab rassurer \u00bb les march\u00e9s financiers et les agences de notation. Des mesures ont \u00e9t\u00e9 prises pour reporter l’\u00e2ge de la retraite au-del\u00e0 de 65 ans en Irlande, en Espagne, en R\u00e9publique tch\u00e8que et en Allemagne, ou pour acc\u00e9l\u00e9rer le calendrier d’une augmentation d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9vue.<\/p>\n\n\n\n
L’Union europ\u00e9enne recommande quant \u00e0 elle une r\u00e9forme du syst\u00e8me de retraite bas\u00e9e sur un mod\u00e8le \u00e0 trois piliers : la capitalisation, le r\u00e9gime public et l’\u00e9pargne individuelle. Ce mod\u00e8le vise \u00e0 garantir un minimum de retraite, \u00e0 maintenir le syst\u00e8me de cotisations, et \u00e0 offrir de l’espace pour l’\u00e9pargne individuelle, qui est soutenue par des exon\u00e9rations fiscales. L’Union n’a cependant pas beaucoup de pouvoir pour imposer des r\u00e9formes, m\u00eame si elle peut faire des recommandations. Elle n’a impos\u00e9 des r\u00e9formes que dans tr\u00e8s peu de cas, comme en Gr\u00e8ce, Portugal et Hongrie, par le biais de Memorandums of understanding.<\/p>\n\n\n\n
5 \u2014 Pilotage r\u00e9gulier et pilotage automatique<\/h2>\n\n\n\n Du point de vue des gouvernements, les r\u00e9formes des retraites sont motiv\u00e9es par les d\u00e9fis d\u00e9mographiques, la gestion des recettes et des d\u00e9penses, et la financiarisation de l’\u00e9conomie. Les pays plus jeunes au plan d\u00e9mographique, comme les \u00c9tats-Unis et le Royaume-Uni ont men\u00e9 les premi\u00e8res r\u00e9formes.<\/p>\n\n\n\n
La r\u00e9forme des retraites en France, tout comme dans de nombreux autres pays europ\u00e9ens, est motiv\u00e9e par des consid\u00e9rations politiques qui sont relativement uniformes entre les gouvernements. Premi\u00e8rement, il y a un d\u00e9ficit budg\u00e9taire que les gouvernements cherchent \u00e0 \u00e9quilibrer en faisant des r\u00e9formes structurelles, notamment la r\u00e9forme des retraites. Deuxi\u00e8mement, le syst\u00e8me de retraite, notamment en France, n\u00e9cessite un pilotage r\u00e9gulier en raison de l’\u00e9volution des variables \u00e9conomiques, d\u00e9mographiques et autres. Certains pays \u00e9trangers utilisent cependant un syst\u00e8me de pilotage automatique. Troisi\u00e8mement, la r\u00e9forme des retraites peut \u00eatre vue comme un moyen pour le gouvernement de montrer sa capacit\u00e9 \u00e0 r\u00e9former et prouver sa l\u00e9gitimit\u00e9, c’est le cas en France.<\/p>\n\n\n\n