{"id":173798,"date":"2023-01-10T17:02:57","date_gmt":"2023-01-10T16:02:57","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=173798"},"modified":"2023-11-29T11:43:30","modified_gmt":"2023-11-29T10:43:30","slug":"apres-la-cop27-geopolitique-du-pacte-vert","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2023\/01\/10\/apres-la-cop27-geopolitique-du-pacte-vert\/","title":{"rendered":"Apr\u00e8s la COP27 : g\u00e9opolitique du Pacte vert"},"content":{"rendered":"\n

Hiver 2022 : \u00ab l’interr\u00e8gne \u00bb <\/span>1<\/sup><\/a><\/span><\/span> g\u00e9opolitique que nous traversons ouvre des r\u00e9ajustements jug\u00e9s autrefois impossibles. Deux parties importantes de l\u2019Accord de Paris qui \u00e9taient rest\u00e9es sans modalit\u00e9s d\u2019application depuis 2015 ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9nou\u00e9es \u00e0 la COP 27 en \u00c9gypte, qui pourtant s\u2019ouvrait sous les pires auspices.<\/p>\n\n\n\n

Cela fait plus de trente ans en effet que les pays vuln\u00e9rables r\u00e9clament la reconnaissance des \u00ab pertes et pr\u00e9judices \u00bb \u2013 les co\u00fbts de l\u2019impact du changement climatique dans le jargon de la convention climat \u2013 qu\u2019ils subissent. Trente ans que les pays les plus \u00e9metteurs r\u00e9sistent \u00e0 reconna\u00eetre leur responsabilit\u00e9 individuelle. C\u2019est \u00e0 Charm el-Cheikh qu\u2019un alignement diplomatique qui semblait toujours improbable est soudainement intervenu, sous l’impulsion europ\u00e9enne et un ralliement des \u00c9tats-Unis impensable pour les juristes am\u00e9ricains jusqu’\u00e0 tr\u00e8s r\u00e9cemment.<\/p>\n\n\n\n

C’est un point de bascule : l\u00e0 o\u00f9 la gouvernance multilat\u00e9rale peine \u00e0 structurer nos r\u00e9ponses \u00e0 la \u00ab polycrise \u00bb d\u00e9crite par Adam Tooze, membre du comit\u00e9 scientifique de cette revue \u2013 dont la r\u00e9alit\u00e9 catastrophique du d\u00e9g\u00e2t climatique \u2013 de nouveaux noeux et connections apparaissent, laissant entrevoir un r\u00e9alignement bien plus profond \u00e0 venir, avec comme enjeu l’int\u00e9gration de la justice climatique au sein des institutions. Cette justice climatique dont la mention a \u00e9t\u00e9 arrach\u00e9e dans les derni\u00e8res heures de l\u2019Accord de Paris est enfin entr\u00e9e dans une phase de mise en \u0153uvre. <\/p>\n\n\n\n

L’autre r\u00e9sultat improbable de cette COP est la mise en \u0153uvre de l\u2019article 2 de l\u2019Accord de Paris qui implique une refonte compl\u00e8te du syst\u00e8me financier international. Une r\u00e9forme maintes fois \u00e9voqu\u00e9e qui a fait l\u2019objet de tr\u00e8s nombreux rapports et r\u00e9unions du G20, et toujours repouss\u00e9e \u00e0 plus tard. C\u2019est \u00e0 Charm el-Cheikh, sous l\u2019impulsion de Mia Mottley, premi\u00e8re ministre de la Barbade, et devant les impasses du financement pour la r\u00e9duction des \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre et pour l\u2019adaptation indispensable aux changements d\u00e9j\u00e0 en cours, que les pays se sont accord\u00e9s pour mettre cette r\u00e9forme en chantier. Cet \u00ab agenda de Bridgetown \u00bb \u2014 dont une version actualis\u00e9e \u00e0 \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e dans les pages de cette revue en amont de la COP 27<\/a> \u2014 lanc\u00e9 \u00e0 la Barbade et auquel s’est ralli\u00e9 le pr\u00e9sident Macron, met en \u00e9vidence une gouvernance \u2014 un r\u00e9gime \u2014 climatique complexe qui, depuis l’Accord de Paris, r\u00e9organise les institutions bien au-del\u00e0 des COP. Les r\u00e9ponses n\u00e9cessaires sont d\u2019une telle ampleur que les diff\u00e9rents cadres de n\u00e9gociation et de r\u00e9gulation communiquent entre eux et s\u2019enchev\u00eatrent, brouillant les mandats traditionnels des institutions : des banquiers centraux qui, par contagion, voient leur mandat de stabilit\u00e9 financi\u00e8re s\u2019\u00e9tendre aux risques climatiques, aux gouvernements locaux, villes ou \u00c9tats, qui s\u2019affranchissent de la d\u00e9l\u00e9gation de pouvoir \u00e0 l\u2019\u00e9chelon sup\u00e9rieur pour appliquer les r\u00e8gles d\u2019un accord dont ils ne sont pas signataires.<\/p>\n\n\n\n

Le paradoxe de la polycrise est que nous semblons \u00e0 la fois paralys\u00e9s et en m\u00eame temps tir\u00e9s vers de nouveaux possibles : ces chocs d\u00e9stabilisent et, en m\u00eame temps, permettent de d\u00e9passer les inerties et de comprendre l\u2019extr\u00eame danger de l\u2019immobilit\u00e9, son irr\u00e9alisme.<\/p>\n\n\n

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Apr\u00e8s l’invasion de l’Ukraine, l’Europe a besoin d’un nouveau contrat social \u2014 le Pacte vert lanc\u00e9 par l’Union pourrait jouer ce r\u00f4le. Quelle est sa g\u00e9n\u00e9alogie, quelles sont ses priorit\u00e9s, comment se transforme-t-il  ? Ce nouveau num\u00e9ro de la GREEN, dirig\u00e9 par Laurence Tubiana, croise les \u00e9chelles et les approches et pose une question clef, au lendemain de la COP27 de Charm el-Cheikh  : comment construire la transition \u00e9cologique dans l’asym\u00e9trie.<\/p>\n\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t

\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\u2192<\/span> Recevoir le nouveau num\u00e9ro papier de la GREEN<\/a>\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\u2192<\/span> D\u00e9couvrez les autres num\u00e9ros de la revue<\/a>\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\u2192<\/span> Explorez les productions du Groupe d’\u00e9tudes g\u00e9opolitiques<\/a>\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t\t