{"id":172499,"date":"2022-12-29T07:59:20","date_gmt":"2022-12-29T06:59:20","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=172499"},"modified":"2022-12-29T08:03:18","modified_gmt":"2022-12-29T07:03:18","slug":"15-livres-a-lire-en-janvier-2023","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2022\/12\/29\/15-livres-a-lire-en-janvier-2023\/","title":{"rendered":"15 livres \u00e0 lire en janvier"},"content":{"rendered":"\n
\u00ab Le r\u00e9chauffement climatique et la transition \u00e9cologique ont plac\u00e9 la notion de \u00ab ressources \u00bb au centre de nos pr\u00e9occupations. Or son histoire, plus ancienne qu\u2019il n\u2019y para\u00eet, est une probl\u00e9matique majeure de la construction des soci\u00e9t\u00e9s. D\u00e8s le Moyen \u00c2ge, les Europ\u00e9ens eurent le souci de nourrir les affam\u00e9s, v\u00eatir les indigents, loger les sans-abris, autant de besoins concrets auxquels t\u00e2ch\u00e8rent de r\u00e9pondre l\u2019\u00c9glise et les pouvoirs politiques, en s\u2019effor\u00e7ant de construire un mode de vie durable.<\/p>\n\n\n\n\n\n Explorant les liens tiss\u00e9s au c\u0153ur de la grande croissance m\u00e9di\u00e9vale entre besoin et d\u00e9veloppement, sobri\u00e9t\u00e9 et consommation, Mathieu Arnoux souligne \u00e0 la fois les r\u00e9ussites et les impasses d\u2019un syst\u00e8me \u00e9conomique construit presque exclusivement sur l\u2019exploitation de ressources renouvelables, au risque de mettre en crise le r\u00e9gime f\u00e9odal ; ce dont t\u00e9moignent aussi bien une c\u00e9l\u00e8bre \u0153uvre de fiction, le Roman de Renart, que les statuts de grandes communaut\u00e9s monastiques, comme l\u2019ordre de C\u00eeteaux.<\/p>\n\n\n\n \u00c0 l\u2019heure o\u00f9 l\u2019\u00e9puisement des ressources pose la question de la survie des modes contemporains de d\u00e9veloppement et d\u2019existence, nous pouvons tirer profit des le\u00e7ons, \u00e9tonnamment modernes et ing\u00e9nieuses, du Moyen \u00c2ge chr\u00e9tien. \u00bb<\/p>\n\n\n\n Parution le 4 janvier<\/p>\n\n\n\n Lire plus<\/a><\/p>\n\n\n\n \u00ab La figure de Croce a domin\u00e9 la culture italienne pendant toute la premi\u00e8re moiti\u00e9 du XXe si\u00e8cle. Auteur de plus de soixante-dix ouvrages, il a jou\u00e9 un r\u00f4le crucial dans l\u2019animation de la vie culturelle de son temps, notamment par le biais de magazines et de collections de livres. Des g\u00e9n\u00e9rations de critiques litt\u00e9raires, d’historiens et de philosophes ont \u00e9t\u00e9 influenc\u00e9es par son \u0153uvre. Non moins remarquable fut son activit\u00e9 politique : attentif dans sa jeunesse au socialisme et \u00e0 Marx, il adopte des positions neutralistes au d\u00e9but de la Grande Guerre avant de devenir antifasciste.<\/p>\n\n\n\n Ce premier volume reconstruit sa biographie depuis la perte tragique de ses parents dans le tremblement de terre de Casamicciola en 1883 jusqu’\u00e0 ses voyages, ses amiti\u00e9s, ses amours, ses habitudes domestiques et les milliers de discussions et de pol\u00e9miques avec les protagonistes de la culture de l\u2019\u00e9poque, pour se terminer en 1918 : la fin de la Premi\u00e8re Guerre mondiale est un tournant non seulement dans la vie du pays mais aussi dans celle du grand savant. \u00bb<\/p>\n\n\n\n Parution le 13 janvier<\/p>\n\n\n\n Lire plus<\/a><\/p>\n\n\n\n \u00ab \u00c0 l’aube du vingti\u00e8me si\u00e8cle, les \u00c9tats-Unis \u00e9taient l’une des nations les plus riches, les plus peupl\u00e9es et les plus avanc\u00e9es sur le plan technologique. C’\u00e9tait aussi une nation divis\u00e9e le long de nombreuses lignes de faille, avec des aspirations et des pr\u00e9occupations contradictoires qui la tiraient dans diff\u00e9rentes directions. Enfin, c’\u00e9tait une nation incertaine quant au r\u00f4le qu’elle voulait jouer dans le monde, si tant est qu’elle devait en jouer un. Les Am\u00e9ricains \u00e9taient les b\u00e9n\u00e9ficiaires d’un ordre mondial qu’ils n’avaientpas la responsabilit\u00e9 de maintenir. Beaucoup pr\u00e9f\u00e8raient \u00e9viter d’\u00eatre entra\u00een\u00e9s dans un environnement international qui semblait de plus en plus comp\u00e9titif, conflictuel et militaris\u00e9. Cependant, beaucoup \u00e9taient \u00e9galement impatients de voir les \u00c9tats-Unis assumer une part de la responsabilit\u00e9 internationale, en travaillant avec d’autres pour pr\u00e9server la paix et faire progresser la civilisation. L’histoire de la politique \u00e9trang\u00e8re am\u00e9ricaine au cours des quatre premi\u00e8res d\u00e9cennies du vingti\u00e8me si\u00e8cle est celle d’un effort pour faire les deux – \u00ab ajuster la nation \u00e0 sa nouvelle position sans sacrifier les principes d\u00e9velopp\u00e9s dans le pass\u00e9 \u00bb, comme l’a dit un contemporain.<\/p>\n\n\n\n Cette t\u00e2che s’av\u00e9rera difficile. L’effondrement de la puissance navale britannique, conjugu\u00e9 \u00e0 la mont\u00e9e en puissance de l’Allemagne et du Japon, plac\u00e8rent soudainement les \u00c9tats-Unis dans une position charni\u00e8re. La puissance militaire am\u00e9ricaine a permis de vaincre l’Allemagne lors de la Premi\u00e8re Guerre mondiale, et la paix qui a suivi a \u00e9t\u00e9 fa\u00e7onn\u00e9e de mani\u00e8re significative par un pr\u00e9sident am\u00e9ricain. Mais les Am\u00e9ricains ont recul\u00e9 devant leur profonde implication dans les affaires mondiales et, pendant les deux d\u00e9cennies suivantes, ils ont assist\u00e9 sans rien faire \u00e0 la propagation incontr\u00f4l\u00e9e du fascisme et de la tyrannie, provoquant finalement l’effondrement de l’ordre mondial lib\u00e9ral. L’intervention am\u00e9ricaine dans la Seconde Guerre mondiale qui en a r\u00e9sult\u00e9 a marqu\u00e9 le d\u00e9but d’une nouvelle \u00e8re, pour les \u00c9tats-Unis et pour le monde. \u00bb<\/p>\n\n\n\n Parution le 10 janvier<\/p>\n\n\n\n Lire plus<\/a><\/p>\n\n\n\n \u00ab Jamais sans doute autant d’\u00e9crivains et de reporters c\u00e9l\u00e8bres du monde entier n’ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9unis sous le m\u00eame toit qu’\u00e0 Nuremberg en 1946. Ils sont venus l\u00e0 pour raconter les horreurs de la guerre et de l’Holocauste qui y ont \u00e9t\u00e9 jug\u00e9es. Ils ont v\u00e9cu et \u00e9crit au ch\u00e2teau Faber-Castell, ont discut\u00e9, dans\u00e9, d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9, bu. Erich K\u00e4stner \u00e9tait \u00e0 Nuremberg, tout comme Erika Mann, John Dos Passos et Martha Gellhorn, Willy Brandt et Markus Wolf. Augusto Roa Bastos venait du Paraguay, Xiao Qian de Chine. Dans la salle d’audience, ils ont regard\u00e9 les criminels en face, dans le Press Camp du ch\u00e2teau, ils ont essay\u00e9 de mettre des mots sur l’inconcevable. Dans le microcosme du ch\u00e2teau Faber, des exil\u00e9s de retour au pays ont rencontr\u00e9 des survivants de l’Holocauste, des communistes ont rencontr\u00e9 des repr\u00e9sentants de groupes de m\u00e9dias occidentaux, des journalistes de guerre rompus au terrain ont rencontr\u00e9 des reporters vedettes extravagants. Et tandis qu’ils contemplaient l’ab\u00eeme de l’histoire, qu’ils r\u00e9fl\u00e9chissaient \u00e0 la culpabilit\u00e9, \u00e0 l’expiation et \u00e0 la justice, ce ne sont pas seulement eux qui ont chang\u00e9, mais aussi la mani\u00e8re dont ils \u00e9crivaient. \u00bb<\/p>\n\n\n\n Parution le 26 janvier<\/p>\n\n\n\n Lire plus<\/a><\/p>\n\n\n\n \u00ab Quel est l’enjeu de ce que la tradition de la philosophie occidentale a appel\u00e9 la philosophie premi\u00e8re, ou m\u00e9taphysique ? S’agit-il d’une sp\u00e9culation abstraite aujourd’hui obsol\u00e8te, ou bien un probl\u00e8me qui nous concerne de pr\u00e8s dont d\u00e9pend l’unit\u00e9 du savoir en Occident ? La m\u00e9taphysique n\u2019est en effet \u00ab premi\u00e8re \u00bb que par rapport aux deux autres sciences qu’Aristote appelle th\u00e9oriques, \u00e0 savoir la physique et les math\u00e9matiques. C’est le sens strat\u00e9gique de cette \u00ab primaut\u00e9 \u00bb qui est alors \u00e0 interroger, puisqu’il ne s’agit rien moins que de la relation de domination ou de subordination, de conflit ou d’harmonie entre la philosophie et les sciences.<\/p>\n\n\n\n L’hypoth\u00e8se du livre est que la tentative de la philosophie de s’assurer une primaut\u00e9 sur les sciences par le biais de la m\u00e9taphysique s’est finalement r\u00e9solue en un assujettissement de la philosophie, qui est devenue plus ou moins consciemment ancilla scientiarum, comme elle avait \u00e9t\u00e9 ancilla theologiae dans le pass\u00e9. Il est d’autant plus urgent d’\u00e9tudier, comme le fait ce livre \u00e0 travers une enqu\u00eate arch\u00e9ologique de la m\u00e9taphysique, la nature et les limites de cette primaut\u00e9 et de cette subordination. \u00bb<\/p>\n\n\n\n Parution le 10 janvier<\/p>\n\n\n\n Lire plus<\/a><\/p>\n\n\n\n \u00ab Au XIXe si\u00e8cle, la France s\u2019est lanc\u00e9e dans la colonisation de pays entiers en Afrique et en Asie. Quelles ont \u00e9t\u00e9 les motivations et les m\u00e9thodes de cette politique ? Comment les soci\u00e9t\u00e9s domin\u00e9es ont-elles \u00e9t\u00e9 boulevers\u00e9es, et quel d\u00e9veloppement \u00e9conomique et social ont-elles connu ? La d\u00e9colonisation est-elle achev\u00e9e aujourd\u2019hui ? Un Empire bon march\u00e9 propose de nouvelles r\u00e9ponses \u00e0 ces questions controvers\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n Gr\u00e2ce \u00e0 un long travail d\u2019archives et d\u2019analyse statistique, l\u2019ouvrage d\u00e9crit ainsi avec une grande pr\u00e9cision les \u00c9tats coloniaux et leur fonctionnement \u2013 \u00e0 travers notamment la fiscalit\u00e9, le recrutement militaire, les flux de capitaux et les in\u00e9galit\u00e9s. Il montre que l\u2019empire a peu co\u00fbt\u00e9 \u00e0 la m\u00e9tropole jusqu\u2019aux guerres d\u2019ind\u00e9pendance, et que les capitaux fran\u00e7ais n\u2019ont pas ruissel\u00e9 vers les colonies. La \u00ab mission civilisatrice \u00bb que la R\u00e9publique fran\u00e7aise s\u2019\u00e9tait assign\u00e9e n\u2019a donc pas d\u00e9bouch\u00e9 sur le d\u00e9veloppement des pays occup\u00e9s, et c\u2019est plut\u00f4t un r\u00e9gime \u00e0 la fois violent et ambigu qui s\u2019y est \u00e9tabli. De fait, le r\u00e9gime colonial a surtout b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 \u00e0 une petite minorit\u00e9 de colons et de capitalistes fran\u00e7ais. Quant aux \u00e9lites nationalistes, elles ont le plus souvent reconduit un \u00c9tat autoritaire et in\u00e9galitaire apr\u00e8s les ind\u00e9pendances. \u00bb<\/p>\n\n\n\n Parution le 13 janvier<\/p>\n\n\n\n Lire plus<\/a><\/p>\n\n\n\n \u00ab Il y avait eu la guerre de Cent Ans et la guerre de Trente Ans et la guerre de Sept Ans. Il y avait eu les guerres de Religion, celles de Louis XIV et celles de la R\u00e9volution. Mais, apr\u00e8s 1815, un moment insolite avait commenc\u00e9 pour l\u2019Europe : une paix de cent ans. Des guerres de la R\u00e9volution et de l\u2019Empire \u00e0 la Premi\u00e8re Guerre mondiale, il y eut bien quelques batailles \u2014 S\u00e9bastopol, Solferino, Sadowa, Sedan \u2014, mais rien qui n\u2019\u00e9gal\u00e2t ce qui se passait en d\u2019autres lieux du monde, de la guerre de S\u00e9cession aux \u00c9tats-Unis \u00e0 cette r\u00e9volte des Taiping qui fit en Chine peut-\u00eatre vingt millions de morts. Pendant un si\u00e8cle, la plupart des hommes et des femmes qui v\u00e9curent sur le sol de l\u2019Europe ne connurent pas la guerre. Le XIXe si\u00e8cle \u00e0 leurs yeux passait pour un si\u00e8cle de paix.<\/p>\n\n\n\n Pour les historiens, il est devenu pourtant difficile de le consid\u00e9rer comme tel. Les guerres \u00e9taient lointaines, mais elles \u00e9taient bien l\u00e0. Les Espagnols en Am\u00e9rique du Sud, au Maroc, \u00e0 Cuba, aux Philippines ; les Hollandais en Indon\u00e9sie ; les Britanniques aux Indes, en Afghanistan, en Birmanie, en Afrique du Sud, en Chine, en Nouvelle-Z\u00e9lande, sur les c\u00f4tes occidentales de l\u2019Afrique, dans le golfe Arabo-Persique, en Abyssinie, en \u00c9gypte, au Soudan ; les Fran\u00e7ais en Alg\u00e9rie, en Afrique de l\u2019Ouest, au Mexique, en Indochine, en Tunisie, \u00e0 Madagascar, au Maroc ; les Portugais en Angola et au Mozambique ; les Allemands au Togo, au Cameroun, dans le Sud-Ouest africain, au Tanganyika ; les Italiens dans la corne de l\u2019Afrique et en Tripolitaine.<\/p>\n\n\n\n Ces guerres lointaines d\u2019une Europe en paix donn\u00e8rent lieu, d\u00e8s leur \u00e9poque, \u00e0 de tr\u00e8s vifs d\u00e9bats. L\u2019av\u00e8nement des journaux quotidiens, l\u2019apparition des correspondants de guerre, la mise en place du r\u00e9seau t\u00e9l\u00e9graphique, l\u2019invention de l\u2019illustration et de la photographie, le triomphe du roman, l\u2019immense succ\u00e8s du th\u00e9\u00e2tre et des expositions universelles boulevers\u00e8rent leurs repr\u00e9sentations. Elles ont fait de nous, bien avant les guerres mondiales du XXe si\u00e8cle, les spectateurs fascin\u00e9s et vell\u00e9itaires des souffrances des autres. \u00bb<\/p>\n\n\n\n Parution le 19 janvier<\/p>\n\n\n\n Lire plus<\/a><\/p>\n\n\n\n \u00ab Au milieu des ann\u00e9es de la Grande D\u00e9pression, le mouvement antifasciste est devenu une force politique mondiale, unissant des personnes par-del\u00e0 les divisions id\u00e9ologiques, g\u00e9ographiques, raciales, linguistiques et nationales. Joseph Fronczak montre comment les socialistes, lib\u00e9raux, communistes, anarchistes et autres sont parvenus \u00e0 un semblant d’unit\u00e9 dans la lutte contre le fascisme. Les antifascistes de l’\u00e9poque de la d\u00e9pression \u00e9taient populistes, militants et internationalistes. Ils comprenaient le fascisme en termes globaux et \u00e9taient d\u00e9termin\u00e9s \u00e0 le combattre en termes locaux. Aux \u00c9tats-Unis, les antifascistes ont combattu le fascisme dans les rues de villes telles que Chicago et New York et ils ont reli\u00e9 leurs propres combats \u00e0 ceux qui faisaient rage en Allemagne, en Italie et en Espagne. En retra\u00e7ant la trajectoire mondiale du mouvement antifasciste, Joseph Fronczak affirme que son h\u00e9ritage le plus significatif est la cr\u00e9ation de la \u00ab gauche \u00bb telle que nous la connaissons aujourd’hui : un conglom\u00e9rat international de personnes engag\u00e9es dans une politique commune de solidarit\u00e9. \u00bb<\/p>\n\n\n\n Parution le 24 janvier<\/p>\n\n\n\n Lire plus<\/a><\/p>\n\n\n\n \u00ab \u0141\u00f3d\u017a, printemps 1947. Dans le box des accus\u00e9s du tribunal de district, est assis Hans Biebow, n\u00e9 \u00e0 Br\u00eame en 1902 et qui fut l\u2019administrateur (Amtsleiter) du ghetto de \u0141\u00f3d\u017a pendant la guerre. L’\u00c9tat polonais consid\u00e8re ce grand homme blond aux yeux bleus comme l’un des dix pires criminels nazis encore en circulation, au m\u00eame titre que Rudolf H\u00f6\u00df (le chef d’Auschwitz), Arthur Greiser (Gauleiterdel Warthegau) ou Hans Frank (chef du gouvernorat g\u00e9n\u00e9ral). Mais Biebow n’est ni un militaire ni un membre haut plac\u00e9 du parti national-socialiste. Pourquoi alors accorder une telle attention \u00e0 quelqu’un qui, sur le papier, n’a jamais \u00e9t\u00e9 autre chose qu’un administrateur civil ? La r\u00e9ponse se trouve dans l’enchev\u00eatrement des politiques de gestion nazies des territoires occup\u00e9s. Gr\u00e2ce \u00e0 la masse de documents disponibles aujourd’hui, il est possible de reconstituer ce qui \u00e9tait \u00e0 toutes fins utiles une grande mise en sc\u00e8ne. Une trag\u00e9die chorale de mythes et de luttes de pouvoir. Une enqu\u00eate choquante sur la banalit\u00e9 du mal, la mesquinerie et la l\u00e2chet\u00e9 de ceux qui \u00ab n’ont fait qu’ob\u00e9ir aux ordres \u00ab \u00bb.<\/p>\n\n\n\n Parution le 18 janvier<\/p>\n\n\n\n Lire plus<\/a><\/p>\n\n\n\n \u00ab Que savons-nous des plans \u00e9chafaud\u00e9s par nos partenaires et adversaires ? La guerre en Ukraine nous a brutalement rappel\u00e9 qu\u2019une d\u00e9cision prise par un chef d\u2019\u00c9tat a un impact sur le sort de millions de personnes. Pour rompre avec une vision du monde souvent nombriliste, la France doit mieux comprendre les ambitions des autres grandes puissances. C\u2019est l\u2019objectif de cet essai in\u00e9dit et stimulant. Quelle importance accorder \u00e0 la foi religieuse dans les strat\u00e9gies conduites par la Turquie d\u2019Erdogan, l\u2019Iran de Khamenei et l\u2019Arabie saoudite de MBS ? De quelle mani\u00e8re les orientations prises par l\u2019Allemagne de Scholz, la Russie de Poutine et la Chine de Xi Jinping reconfigurent-elles l\u2019Eurasie ? Le Royaume-Uni et les \u00c9tats-Unis se d\u00e9finissent d\u00e9sormais comme des \u00ab d\u00e9mocraties maritimes \u00bb. Qu\u2019en est-il de l\u2019Inde ? Combinant temps long et ruptures r\u00e9centes, Thomas Gomart nous invite \u00e0 regarder \u00ab d\u2019en haut \u00bb neuf grandes strat\u00e9gies. Pour concevoir sa propre vision, Paris doit int\u00e9grer celle des pays avec lesquels elle entretient des relations cruciales tout en consid\u00e9rant le contexte global : r\u00e9chauffement climatique, crise \u00e9nerg\u00e9tique, conflits, innovations technologiques ou encore flux \u00e9conomiques et num\u00e9riques. Au regard des transformations \u00e0 l\u2019oeuvre, il y a urgence pour la France \u00e0 repenser sa strat\u00e9gie pour les d\u00e9cennies \u00e0 venir si elle veut encore compter dans le monde. \u00bb<\/p>\n\n\n\n Parution le 19 janvier<\/p>\n\n\n\n Lire plus<\/a><\/p>\n\n\n\n \u00ab S’il n’a pas invent\u00e9 les \u00ab S\u00e9mites \u00bb, Ernest Renan en est sans doute le majeur th\u00e9oricien au XIXe si\u00e8cle. Dans sa vision, les S\u00e9mites fondent la civilisation occidentale avec les \u00ab Aryens \u00bb, mais ils y apportent uniquement le monoth\u00e9isme car ils ne poss\u00e8dent ni mythologie, ni art, ni philosophie, ni raison, ni science. Fond\u00e9 sur des manuscrits in\u00e9dits, le livre suit l’\u00e9volution sinueuse et contradictoire de cette cat\u00e9gorie capitale de la pens\u00e9e renanienne, de l’\u00ab atelier des langues \u00bb, o\u00f9 elle se cristallise dans une vision essentialiste, \u00e0 l’\u00ab atelier des religions \u00bb, d’o\u00f9 elle sort enrichie, en s’ouvrant sur de multiples perspectives philosophiques, religieuses et politiques. Montrant par quelles voies la cat\u00e9gorie rentre dans la construction des pr\u00e9jug\u00e9s raciaux et comment elle arrive \u00e0 se lib\u00e9rer, en partie, des contraintes d\u00e9terministes, l’ouvrage avance une nouvelle interpr\u00e9tation du paradoxe des \u00ab deux Renan \u00bb – l’\u00ab antis\u00e9mite \u00bb et le \u00ab philos\u00e9mite \u00bb – que la critique a toujours cherch\u00e9 \u00e0 comprendre et composer. \u00bb<\/p>\n\n\n\n Parution le 18 janvier<\/p>\n\n\n\n Lire plus<\/a><\/p>\n\n\n\n \u00ab Comment expliquer l\u2019attraction persistante de Roe v. Wade ? Mary Ziegler, sp\u00e9cialiste du droit de l’avortement, soutient que la d\u00e9cision de la Cour supr\u00eame des \u00c9tats-Unis, qui a d\u00e9p\u00e9nalis\u00e9 l’avortement en 1973 et a \u00e9t\u00e9 annul\u00e9e en 2022, a exerc\u00e9 sur la soci\u00e9t\u00e9 am\u00e9ricaine une emprise qui n’\u00e9tait pas simplement le r\u00e9sultat d’une politique polaris\u00e9e sur l’avortement. L’arr\u00eat Roe a pris une signification qui va bien au-del\u00e0 de son objectif initial, \u00e0 savoir la protection de la confidentialit\u00e9 de la relation m\u00e9decin-patient. Il a oblig\u00e9 les Am\u00e9ricains \u00e0 se confronter \u00e0 des questions sur la violence sexuelle, l’activisme et la retenue judiciaires, la justice raciale, la libert\u00e9 religieuse, le r\u00f4le de la science dans la politique, et bien plus encore. Dans cette histoire de la signification de la d\u00e9cision la plus connue de la Cour supr\u00eame, Mary Ziegler identifie les incoh\u00e9rences et les questions non r\u00e9solues de la politique am\u00e9ricaine en mati\u00e8re d’avortement. Elle incite \u00e0 red\u00e9couvrir la nuance qui r\u00e9side depuis longtemps l\u00e0 o\u00f9 l’on s’attend le moins \u00e0 la trouver : dans le sens m\u00eame de Roe. \u00bb<\/p>\n\n\n\n Parution le 24 janvier<\/p>\n\n\n\n Lire plus<\/a><\/p>\n\n\n\n \u00ab Le 22 juin 1941, les troupes nazies p\u00e9n\u00e9traient en Union sovi\u00e9tique. Imm\u00e9diatement les Juifs furent pris pour cibles lors d\u2019ex\u00e9cutions qui se d\u00e9roul\u00e8rent des Pays baltes \u00e0 la mer Noire. En Galicie orientale, dans l\u2019ouest de l\u2019Ukraine, du jour au lendemain, des soldats de la Wehrmacht, des hommes des Einsatzgruppen et d\u2019autres formations de police massacr\u00e8rent des civils juifs. Du jour au lendemain, des paysans locaux d\u00e9ferl\u00e8rent sur les villes, menant la chasse aux Juifs. Du jour au lendemain, des voisins assassin\u00e8rent leurs voisins.<\/p>\n\n\n\n Les m\u00e9canismes de ces violences repos\u00e8rent sur deux \u00e9l\u00e9ments. D\u2019abord un cadre l\u00e9gal pos\u00e9 par les Allemands, v\u00e9ritable permis de tuer relay\u00e9 sur le terrain par des figures d\u2019autorit\u00e9 locales ; ensuite un puissant ressentiment de la population non juive \u00e0 l\u2019\u00e9gard de ses voisins. Envahisseurs et locaux scell\u00e8rent ainsi un terrible pacte antis\u00e9mite. C\u2019est ce que d\u00e9montre Marie Moutier-Bitan dans cet ouvrage s\u2019appuyant sur de nombreuses archives et enqu\u00eates de terrain. L\u2019auteure relate ainsi la fin d\u2019un monde multis\u00e9culaire, lorsque transformant les voisins en meurtriers et les villages en lieux de massacre, les hommes d\u2019Hitler d\u00e9clench\u00e8rent une spirale meurtri\u00e8re d\u2019une brutalit\u00e9 inou\u00efe. \u00bb<\/p>\n\n\n\n Parution le 18 janvier<\/p>\n\n\n\n Lire plus<\/a><\/p>\n\n\n\n \u00ab Alphonse XIII (Madrid 1886-Rome 1941) est l’un des personnages les plus puissants et les plus controvers\u00e9s de l’Espagne du XXe si\u00e8cle. Son r\u00e8gne a chang\u00e9 le pays. Lorsqu’il atteint sa majorit\u00e9 en 1902, il est pr\u00e9sent\u00e9 comme le sauveur de l’Espagne. Mais trois d\u00e9cennies plus tard, en 1931, il doit s’exiler, balay\u00e9 par les r\u00e9publicains et accus\u00e9 de corruption. Ce livre \u00e9tudie sa figure d’un point de vue in\u00e9dit : celui de la relation entre monarchie et identit\u00e9 nationale. Comme d’autres monarques, il a adopt\u00e9 le langage du nationalisme et le go\u00fbt des spectacles dynastiques. Voyages, f\u00eates de cour et c\u00e9r\u00e9monies de masse pars\u00e8ment son image publique. Charmant et insouciant, il a jou\u00e9 de multiples r\u00f4les : soldat valeureux, aristocrate moderne, sportif et dandy cosmopolite, diplomate et prince humanitaire, il ne laissait personne indiff\u00e9rent.<\/p>\n\n\n\n Cependant, Alphonse XIII n’a jamais accept\u00e9 un simple r\u00f4le symbolique et repr\u00e9sentatif, mais a voulu \u00eatre un roi patriote, actif et engag\u00e9 dans la vie politique de son temps. Encourag\u00e9 par la majorit\u00e9 des forces politiques et convaincu d’\u00eatre personnellement en phase avec le peuple, il a exerc\u00e9 ses pouvoirs constitutionnels jusqu’\u00e0 la limite. Il \u00e9volue d’un espagnolisme r\u00e9g\u00e9n\u00e9rateur, compatible avec les projets lib\u00e9raux, \u00e0 des positions contre-r\u00e9volutionnaires qui se m\u00e9fient du Parlement et fusionnent l’Espagne avec la foi catholique. Ainsi, il ne s’est pas \u00e9rig\u00e9 en embl\u00e8me national incontest\u00e9, \u00e0 l’abri des luttes partisanes, mais a fini par soutenir une dictature militaire qui n’a convaincu qu’une partie de l’opinion. Sa trajectoire, aussi riche que passionnante, nous parle de conflits graves, sur la nation et la monarchie, qui r\u00e9sonnent encore aujourd\u2019hui. \u00bb<\/p>\n\n\n\n Parution le 18 janvier<\/p>\n\n\n\n Lire plus<\/a><\/p>\n\n\n\n \u00ab Rien ne semble plus incongru que de prendre appui sur la soci\u00e9t\u00e9 d\u2019Ancien R\u00e9gime pour penser le refus f\u00e9minin. Assign\u00e9es au devoir de \u00ab r\u00e9serve \u00bb par les trait\u00e9s de civilit\u00e9 et au silence ou \u00e0 la \u00ab feinte r\u00e9sistance \u00bb par les codes de s\u00e9duction, les h\u00e9ro\u00efnes de la litt\u00e9rature classique n\u2019auraient rien \u00e0 nous transmettre, surtout pas le pouvoir de dire \u00ab non \u00bb. On aurait pu croire l\u2019affaire pli\u00e9e sans la sagacit\u00e9 de Jennifer Tamas. Car, \u00e0 leur mani\u00e8re, les femmes du Grand Si\u00e8cle ont r\u00e9sist\u00e9, elles ont d\u00e9sob\u00e9i, et de ces combats \u00e0 bas bruit il demeure des traces. Sous les images de princesses endormies c\u00e9l\u00e9br\u00e9es par l\u2019industrie du divertissement se cachent de puissants refus, occult\u00e9s par des si\u00e8cles d\u2019interpr\u00e9tations patriarcales. Jennifer Tamas les exhume. Elle traque l\u2019expression du f\u00e9minin sous le regard masculin et tend savamment l\u2019oreille vers le bruissement des voix r\u00e9calcitrantes. Conviant les figures dissidentes des si\u00e8cles anciens, du Petit Chaperon rouge \u00e0 B\u00e9r\u00e9nice, elle vivifie le discours f\u00e9ministe et trouve chez Marilyn Monroe le secret d\u2019H\u00e9l\u00e8ne de Troie. Elle r\u00e9v\u00e8le ainsi, non sans un brin d\u2019irr\u00e9v\u00e9rence, un magnifique matrimoine, trop longtemps s\u00e9questr\u00e9 dans les forteresses universitaires. \u00bb<\/p>\n\n\n\n Parution le 6 janvier<\/p>\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\nPaolo D\u2019Angello, Benedetto Croce. La biografia I. Gli anni 1866-1918<\/em>, Il Mulino<\/strong><\/h2>\n\n\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\nRobert Kagan, The Ghost at the Feast. America and the Collapse of World Order, 1900-1941<\/em>, Knopf<\/strong><\/h2>\n\n\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\nUwe Neumahr, Das Schloss der Schriftsteller. N\u00fcrnberg \u201946<\/em>, C. H. Beck<\/strong><\/h2>\n\n\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\nGiorgio Agamben, Filosofia prima filosofia ultima. Il sapere dell’Occidente fra metafisica e scienze<\/em>, Einaudi<\/strong><\/h2>\n\n\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\nDenis Cogneau, Un empire bon march\u00e9. Histoire et \u00e9conomie politique de la colonisation fran\u00e7aise, XIXe-XXIe si\u00e8cle<\/em>, \u00c9ditions du Seuil<\/strong><\/h2>\n\n\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\nSylvain Venayre,\u00a0 Les guerres lointaines de la paix. Civilisation et barbarie depuis le XIX\u1d49 si\u00e8cle<\/em>, Gallimard<\/strong><\/h2>\n\n\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\nJoseph Fronczak, Everything Is Possible. Antifascism and the Left in the Age of Fascism<\/em>, Yale University Press<\/strong><\/h2>\n\n\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\nAnna Veronica Pobbe, Un manager del Terzo Reich. Il caso Hans Biebow<\/em>, Laterza<\/strong><\/h2>\n\n\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\nThomas Gomart, Les Ambitions inavou\u00e9es. Ce que pr\u00e9parent les grandes puissances<\/em>, Tallandier<\/strong><\/h2>\n\n\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\nDomenico Paone, La fabrique des s\u00e9mites. Ernest Renan entre langues et religions<\/em>, Puf<\/strong><\/h2>\n\n\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\nMary Ziegler, Roe. The History of a National Obsession<\/em>, Yale University Press<\/strong><\/h2>\n\n\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\nMarie Moutier-Bitan, Le pacte antis\u00e9mite. Le d\u00e9but de la Shoah en Galicie orientale (juin-juillet 1941)<\/em>, Pass\u00e9s Compos\u00e9s<\/strong><\/h2>\n\n\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\nJavier Moreno Luz\u00f3n, El rey patriota. Alfonso XIII y la naci\u00f3n<\/em>, Galaxia Gutenberg<\/strong><\/h2>\n\n\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\nJennifer Tamas, Au NON des femmes. Lib\u00e9rer nos classiques du regard masculin<\/em>, \u00c9ditions du Seuil<\/strong><\/h2>\n\n\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\n