{"id":168584,"date":"2022-11-22T06:44:00","date_gmt":"2022-11-22T05:44:00","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=168584"},"modified":"2022-11-21T19:59:20","modified_gmt":"2022-11-21T18:59:20","slug":"le-siecle-de-lingerence","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2022\/11\/22\/le-siecle-de-lingerence\/","title":{"rendered":"Le si\u00e8cle de l’ing\u00e9rence"},"content":{"rendered":"\n
\u00c0 la fin du XXe si\u00e8cle, un petit nombre d’institutions internationales en sont venues \u00e0 exercer une influence consid\u00e9rable sur les politiques \u00e9conomiques nationales de nombreux \u00c9tats dans le monde. Le Fonds mon\u00e9taire international (FMI) et la Banque mondiale, en particulier, ont conditionn\u00e9 l’aide aux \u00c9tats membres \u00e0 un large \u00e9ventail de r\u00e9formes, aux cons\u00e9quences politiques et sociales souvent profondes. De l’Afrique \u00e0 l’Am\u00e9rique latine en passant par l’Asie, les pr\u00eats \u00e9taient li\u00e9s \u00e0 l’\u00e9quilibre des budgets publics, \u00e0 la privatisation des industries d’\u00c9tat, \u00e0 la suppression des r\u00e9glementations et \u00e0 la r\u00e9duction des droits de douane. <\/p>\n\n\n\n
Le FMI a d\u00e9velopp\u00e9 ces capacit\u00e9s au cours de deux d\u00e9cennies d’agitation mondiale, avec la crise de la dette du tiers monde dans les ann\u00e9es 1980 et 1990, l’effondrement de l’Union sovi\u00e9tique et la crise financi\u00e8re asiatique de 1997-1998. Dans le m\u00eame temps, il a \u00e9t\u00e9 confront\u00e9 \u00e0 une crise de l\u00e9gitimit\u00e9. Dans le monde entier, le FMI a \u00e9t\u00e9 critiqu\u00e9 pour son ing\u00e9rence dans la politique int\u00e9rieure et sa volont\u00e9 d’imposer des politiques n\u00e9olib\u00e9rales aux \u00c9tats du Sud et de l’ancien bloc communiste. Dans les ann\u00e9es 2000, conscients de la mauvaise r\u00e9putation de l’institution, certains responsables du Fonds ont affirm\u00e9 que son aide serait d\u00e9sormais assortie de moins de conditions. Mais lorsque les conditions sont devenues plus souples, c’est g\u00e9n\u00e9ralement parce que le pays b\u00e9n\u00e9ficiaire des pr\u00eats avait d\u00e9j\u00e0 entrepris tellement de r\u00e9formes de lib\u00e9ralisation que seules quelques mesures restaient \u00e0 mettre en \u0153uvre. Et alors que certains membres du FMI insistent de plus en plus sur le fait que l’institution a abandonn\u00e9 son n\u00e9olib\u00e9ralisme doctrinaire, elle continue \u00e0 exiger les m\u00eames mesures d’aust\u00e9rit\u00e9 de grande envergure lorsque les \u00c9tats lui demandent de l’aide, m\u00eame au plus fort de la pand\u00e9mie de Covid-19.<\/p>\n\n\n\n
Aujourd’hui, si le FMI reste la seule institution financi\u00e8re internationale disposant des ressources n\u00e9cessaires pour faire face \u00e0 des crises financi\u00e8res graves, seuls les \u00c9tats les plus d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9s font g\u00e9n\u00e9ralement appel \u00e0 lui. Il est probable que d’autres le feront dans les mois \u00e0 venir, alors que les banques centrales, au premier rang desquelles la R\u00e9serve f\u00e9d\u00e9rale am\u00e9ricaine, augmentent les taux d’int\u00e9r\u00eat, rendant le service de la dette souveraine beaucoup plus cher. Du Sri Lanka au Pakistan en passant par le Ghana, de nombreux pays connaissent aujourd’hui une situation de surendettement extr\u00eame, ce qui laisse pr\u00e9sager une nouvelle vague mondiale de d\u00e9faut de paiement des dettes souveraines. Apr\u00e8s les derni\u00e8res crises mondiales de la dette des ann\u00e9es 1980 et 1990, qui ont vu le FMI s’immiscer dans les politiques internes les plus sensibles de certains de ses \u00c9tats membres, une r\u00e9action g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e s’est manifest\u00e9e contre ce qui \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 comme une ing\u00e9rence de sa part. Afin d’\u00e9viter les renflouements du FMI, plusieurs \u00c9tats ont cherch\u00e9 d’autres moyens de se pr\u00e9munir contre l’instabilit\u00e9 financi\u00e8re, notamment en accumulant de grandes quantit\u00e9s de r\u00e9serves de change. Ce fut le cas non seulement pour les rivaux des \u00c9tats-Unis comme la Chine et la Russie, mais aussi pour de nombreux march\u00e9s \u00e9mergents et pays en d\u00e9veloppement \u00e0 faible revenu, dont la Cor\u00e9e du Sud et le Br\u00e9sil.<\/p>\n\n\n\n Alors que certains membres du FMI insistent de plus en plus sur le fait que l’institution a abandonn\u00e9 son n\u00e9olib\u00e9ralisme doctrinaire, elle continue \u00e0 exiger les m\u00eames mesures d’aust\u00e9rit\u00e9 de grande envergure lorsque les \u00c9tats lui demandent de l’aide, m\u00eame au plus fort de la pand\u00e9mie de Covid-19.<\/p>Jamie Martin<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n Cette strat\u00e9gie fut loin d’\u00eatre indolore : elle a d\u00e9tourn\u00e9 l’argent des investissements publics et des programmes de r\u00e9duction de la pauvret\u00e9 dans les pays \u00e0 faible revenu et a canalis\u00e9 les capitaux du Sud vers des investissements dans la dette publique du Nord. Mais pour certains \u00c9tats, l’alternative \u2014 accepter un pr\u00eat conditionnel d’une institution domin\u00e9e par le Tr\u00e9sor am\u00e9ricain \u2014 pouvait para\u00eetre encore pire. <\/p>\n\n\n\n Alors que l’ampleur des d\u00e9fis mondiaux du XXIe si\u00e8cle ne fait que cro\u00eetre, l’id\u00e9al d’une coop\u00e9ration financi\u00e8re internationale qui n’implique pas ces exigences interventionnistes et impopulaires sur les politiques nationales ne para\u00eet gu\u00e8re plus proche de la r\u00e9alisation qu’auparavant. Jusqu’\u00e0 pr\u00e9sent, aucune forme stable et l\u00e9gitime de gouvernance \u00e9conomique mondiale pour naviguer dans une \u00e9conomie mondiale instable n’a \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9e. <\/p>\n\n\n\n Que faut-il faire ? La r\u00e9ponse d\u00e9pend en partie de la fa\u00e7on dont nous racontons l’histoire de la crise de la gouvernance \u00e9conomique mondiale. Une version populaire de l’histoire envisage la crise sous l’angle de la mont\u00e9e du n\u00e9olib\u00e9ralisme. Selon ce point de vue, les institutions de Bretton Woods, cr\u00e9\u00e9es en 1944 \u00e0 l’apog\u00e9e du consensus keyn\u00e9sien du milieu du vingti\u00e8me si\u00e8cle \u2014 y compris le FMI et la Banque mondiale \u2014 ne se sont transform\u00e9es en v\u00e9hicules d\u2019ing\u00e9rence qu’\u00e0 partir des ann\u00e9es 1970. Apr\u00e8s que Nixon eut mis fin \u00e0 la convertibilit\u00e9 du dollar en or en 1971, le FMI et la Banque mondiale perdirent leurs mandats d’origine et l’\u00c9tat am\u00e9ricain les utilisa pour superviser une r\u00e9volution du march\u00e9 mondial. Auparavant, ces institutions avaient repr\u00e9sent\u00e9 ce que le politologue John Ruggie<\/a> a appel\u00e9 \u00ab le compromis du lib\u00e9ralisme int\u00e9gr\u00e9 \u00bb au c\u0153ur de l’ordre \u00e9conomique d’apr\u00e8s-guerre \u2014 un syst\u00e8me \u00e0 la fois multilat\u00e9ral et r\u00e9volutionnaire, car il accordait aux \u00c9tats une plus grande autonomie pour mener des politiques \u00e9conomiques et sociales ambitieuses qu\u2019avant les ann\u00e9es 1930, lorsque l’\u00e9talon-or avait consid\u00e9rablement limit\u00e9 la gestion de leurs \u00e9conomies nationales.<\/p>\n\n\n\n La morale de cette histoire est essentiellement nostalgique : si nous abandonnions le n\u00e9olib\u00e9ralisme actuel, ces institutions pourraient fonctionner \u00e0 nouveau comme les v\u00e9hicules l\u00e9gitimes de la coop\u00e9ration internationale qu’elles \u00e9taient autrefois. L’objectif, en bref, devrait \u00eatre de retrouver un \u00e2ge d’or perdu de la gouvernance \u00e9conomique mondiale. <\/p>\n\n\n\n Mais se concentrer sur le tournant n\u00e9olib\u00e9ral de l’apr\u00e8s-guerre, aussi important qu’il ait \u00e9t\u00e9, masque les d\u00e9fauts des institutions lib\u00e9rales du milieu du XXe si\u00e8cle, d\u00e9fauts qui apparaissent plus clairement lorsque l’on remonte plus loin dans le temps. Les premiers efforts internationaux pour gouverner l’\u00e9conomie mondiale remontent en fait \u00e0 des d\u00e9cennies avant la Seconde Guerre mondiale, lorsque les empires du XIXe si\u00e8cle se sont adapt\u00e9s \u00e0 un ordre mondial transform\u00e9 par la Premi\u00e8re Guerre mondiale. Bien qu’elle ait \u00e9t\u00e9 exacerb\u00e9e par la r\u00e9volution n\u00e9olib\u00e9rale, l’\u00e9mergence d’un FMI interventionniste est ancr\u00e9e dans ce processus \u00e0 plus long terme d’adaptation imp\u00e9riale aux nouvelles formes de politique de masse et \u00e0 la mont\u00e9e de l’autod\u00e9termination au d\u00e9but du XXe si\u00e8cle.<\/p>\n\n\n\n Les premiers efforts internationaux pour gouverner l’\u00e9conomie mondiale remontent en fait \u00e0 des d\u00e9cennies avant la Seconde Guerre mondiale, lorsque les empires du XIXe si\u00e8cle se sont adapt\u00e9s \u00e0 un ordre mondial transform\u00e9 par la Premi\u00e8re Guerre mondiale.<\/p>Jamie Martin<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n En d’autres termes, l’id\u00e9e d’une \u00e8re stable de la coop\u00e9ration internationale au milieu du XXe si\u00e8cle qu’il s’agirait seulement de r\u00e9activer aujourd’hui est un mythe. Depuis leur apparition en 1918, les institutions \u00e9conomiques internationales ont toujours \u00e9t\u00e9 tax\u00e9es d’ing\u00e9rence, et elles ont toujours \u00e9t\u00e9 \u00e9troitement li\u00e9es aux pr\u00e9rogatives des empires. Contrairement aux organismes internationaux charg\u00e9s d’emp\u00eacher les minist\u00e8res des affaires \u00e9trang\u00e8res qui se chamaillent de d\u00e9clarer la guerre, leur travail consistait \u00e0 s’immiscer dans des questions nationales litigieuses. M\u00eame lorsque des limites ont \u00e9t\u00e9 impos\u00e9es \u00e0 leur pouvoir, ces institutions ont eu tendance, avec le temps, \u00e0 devenir plus interventionnistes, car leurs d\u00e9cisions se r\u00e9percutaient \u00e0 de nombreux niveaux de la vie politique, sociale et \u00e9conomique des \u00c9tats et des empires. Si l’on veut construire aujourd’hui des institutions v\u00e9ritablement coop\u00e9ratives pour la gouvernance \u00e9conomique mondiale, il est essentiel de comprendre et de prendre en compte cet h\u00e9ritage.<\/p>\n\n\n\n\n\n Le tournant de cette histoire n’est pas la Seconde Guerre mondiale, mais la Premi\u00e8re. C’est \u00e0 ce moment-l\u00e0 que les institutions \u00e9conomiques internationales \u2014 pour la premi\u00e8re fois dans l’histoire \u2014 commencent \u00e0 intervenir dans les d\u00e9cisions \u00e9conomiques nationales les plus importantes de certains de leurs \u00c9tats membres. Ce faisant, ces institutions ont supervis\u00e9 une transformation majeure de la souverainet\u00e9 et de l’ordre international, remodelant les anciens outils de l’imp\u00e9rialisme financier pour une nouvelle \u00e8re d’autod\u00e9termination. Cette \u00e8re d’ing\u00e9rence internationale dans l’\u00e9laboration des politiques \u00e9conomiques nationales a longtemps \u00e9t\u00e9 minimis\u00e9e, en grande partie parce que les institutions internationales de l’entre-deux-guerres \u00e9taient consid\u00e9r\u00e9es comme des \u00e9checs. Si on les compare \u00e0 leurs objectifs, qui \u00e9taient de sauver le monde de la d\u00e9pression et d’emp\u00eacher le d\u00e9clenchement d’une guerre, on ne peut tirer aucune autre conclusion. Mais les historiens ont r\u00e9cemment montr\u00e9 comment les exp\u00e9riences internationalistes de ces ann\u00e9es ont jet\u00e9 les bases de l’ordre international de l’apr\u00e8s-1945<\/a>. Parall\u00e8lement aux d\u00e9veloppements de la r\u00e9glementation internationale en mati\u00e8re de sant\u00e9 publique, de migration, de gestion des r\u00e9fugi\u00e9s et de lutte contre la contrebande, les efforts visant \u00e0 encadrer le capitalisme mondial ont \u00e9t\u00e9 inaugur\u00e9s au cours des ann\u00e9es tumultueuses qui s\u00e9parent les deux guerres mondiales \u2014 et non dans les ann\u00e9es 1940.<\/p>\n\n\n\n Ces premi\u00e8res institutions \u00e9conomiques internationales ont \u00e9t\u00e9 con\u00e7ues pour d\u00e9fendre le capitalisme et stabiliser un ordre international domin\u00e9 par les Europ\u00e9ens que la Premi\u00e8re Guerre mondiale avait plong\u00e9 dans la tourmente. Leurs pouvoirs ont \u00e9t\u00e9 fa\u00e7onn\u00e9s en fonction des pr\u00e9rogatives de quelques gouvernements europ\u00e9ens et de banques centrales \u2014 principalement celles des puissances alli\u00e9es victorieuses, bien que des int\u00e9r\u00eats priv\u00e9s am\u00e9ricains et parfois des autorit\u00e9s publiques aient \u00e9galement jou\u00e9 un r\u00f4le dans leur gen\u00e8se. La plus importante de ces institutions a \u00e9t\u00e9 la Soci\u00e9t\u00e9 des Nations, con\u00e7ue en partie par le pr\u00e9sident am\u00e9ricain Woodrow Wilson, et fond\u00e9e en 1920, mais \u00e0 laquelle les \u00c9tats-Unis n’ont jamais adh\u00e9r\u00e9. Les quarante-deux membres fondateurs de la Soci\u00e9t\u00e9 s’\u00e9tendaient de l’Empire britannique et d’une grande partie de l’Europe \u00e0 l’Argentine, Cuba, la Chine et le Japon. La premi\u00e8re banque internationale du monde, la Banque des r\u00e8glements internationaux, a adh\u00e9r\u00e9 \u00e0 la SDN en 1930, et divers organismes intergouvernementaux ont rapidement vu le jour pour faciliter la production et l’\u00e9change de mati\u00e8res premi\u00e8res et de produits agricoles tels que l’\u00e9tain, le caoutchouc et le bl\u00e9. Dans le sillage de ces \u00e9volutions, l’intervention internationale est devenue une routine, les march\u00e9s mondiaux s’inscrivant dans de nouveaux cadres juridiques et institutionnels, soutenus par une poign\u00e9e d’\u00c9tats, d’empires et de grandes banques.<\/p>\n\n\n\n L’intervention internationale est devenue une routine, les march\u00e9s mondiaux s’inscrivant dans de nouveaux cadres juridiques et institutionnels, soutenus par une poign\u00e9e d’\u00c9tats, d’empires et de grandes banques.<\/p>Jamie Martin<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n Ces institutions ont \u00e9t\u00e9 \u00e0 l’origine de pouvoirs interventionnistes similaires \u00e0 ceux des actuels FMI, Banque mondiale et autres organisations. \u00c0 titre d’exemple, la premi\u00e8re fois qu’une institution internationale a subordonn\u00e9 l’octroi de pr\u00eats \u00e0 l’engagement d’un gouvernement \u00e0 mettre en \u0153uvre un programme d’aust\u00e9rit\u00e9 int\u00e9rieure et d’ind\u00e9pendance de la banque centrale remonte au d\u00e9but des ann\u00e9es 1920, lorsque la Soci\u00e9t\u00e9 des Nations a supervis\u00e9 des programmes de reconstruction financi\u00e8re dans les anciens territoires des Ottomans et des Habsbourg, notamment en Autriche et en Hongrie. Les banquiers et les fonctionnaires impliqu\u00e9s dans ces programmes les consid\u00e9raient comme essentiels pour \u00e9viter le chaos financier dans les r\u00e9gions instables d’Europe, la marche vers l’ouest du bolchevisme, le d\u00e9clenchement d’une nouvelle guerre ou des changements territoriaux majeurs qui auraient compromis le fragile \u00e9quilibre d’apr\u00e8s-guerre. <\/p>\n\n\n\n De la m\u00eame mani\u00e8re, la premi\u00e8re fois que des investissements priv\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 dirig\u00e9s vers un programme de d\u00e9veloppement international remonte aux ann\u00e9es 1923-24, \u00e0 la suite de la crise des r\u00e9fugi\u00e9s en Gr\u00e8ce apr\u00e8s la guerre avec la Turquie, lorsque la SDN a supervis\u00e9 la d\u00e9pense d’un important pr\u00eat \u00e9tranger pour un projet de d\u00e9veloppement agricole, infrastructurel et de logement. Ce projet impliquait une commission dirig\u00e9e par des \u00e9trangers, d\u00e9tach\u00e9e du gouvernement grec, qui contr\u00f4lait essentiellement les moyens de subsistance \u00e9conomiques d’une importante et toute nouvelle partie de la population grecque. Quant \u00e0 la premi\u00e8re grande organisation intergouvernementale visant \u00e0 contr\u00f4ler la production et les prix des produits de base, comme le fait aujourd’hui l’Organisation des pays exportateurs de p\u00e9trole (OPEP) avec le p\u00e9trole, elle fut cr\u00e9\u00e9e au d\u00e9but des ann\u00e9es 1930 avec deux autres produits \u2014 l’\u00e9tain et le caoutchouc \u2014 alors que les responsables coloniaux britanniques et n\u00e9erlandais cherchaient \u00e0 contenir les soul\u00e8vements des travailleurs dans les colonies d’Asie du Sud-Est et \u00e0 r\u00e9pondre aux demandes des lobbies commerciaux. Le point commun de ces efforts tient aux demandes substantielles qu’ils formulaient \u00e0 l’\u00e9gard des politiques \u00e9conomiques, des ressources et des informations des puissances souveraines, dans le but de stabiliser un syst\u00e8me capitaliste mondial qui avait \u00e9t\u00e9 boulevers\u00e9 par la Premi\u00e8re Guerre mondiale et ses r\u00e9percussions. <\/p>\n\n\n\n
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