{"id":167350,"date":"2022-11-07T18:00:00","date_gmt":"2022-11-07T17:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=167350"},"modified":"2022-11-11T18:00:47","modified_gmt":"2022-11-11T17:00:47","slug":"deux-cent-cinquante-septieme-jour-de-guerre-etat-des-forces-et-perspectives","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2022\/11\/07\/deux-cent-cinquante-septieme-jour-de-guerre-etat-des-forces-et-perspectives\/","title":{"rendered":"Deux cent cinquante-septi\u00e8me jour de guerre : \u00e9tat des forces et perspectives"},"content":{"rendered":"\n
Il faut oublier les armes nucl\u00e9aires tactiques (ANT) \u2014 destin\u00e9es \u00e0 combattre une arm\u00e9e ennemie \u2014 qui ont exist\u00e9, mais pendant une p\u00e9riode assez br\u00e8ve.<\/p>\n\n\n\n
Dans les ann\u00e9es qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale, il n\u2019existait qu\u2019une seule force de frappe nucl\u00e9aire au monde : la flotte de bombardiers du Strategic Air Command<\/em> am\u00e9ricain. On imaginait alors en cas de guerre \u2014 et l\u2019Union sovi\u00e9tique est vite apparue comme l\u2019ennemi des \u00c9tats-Unis le plus probable \u2014 lancer une campagne de bombardement des villes \u00e0 la mani\u00e8re de celle men\u00e9e r\u00e9cemment contre l\u2019Allemagne et le Japon, mais beaucoup plus \u00ab efficace \u00bb. Le probl\u00e8me majeur pour les Am\u00e9ricains \u00e0 l\u2019\u00e9poque est que cela n\u2019emp\u00eacherait pas la puissante arm\u00e9e sovi\u00e9tique d\u2019envahir l\u2019Europe occidentale.<\/p>\n\n\n\n Au tournant des ann\u00e9es 1950, les choses changent. En premier lieu, les Sovi\u00e9tiques acc\u00e8dent \u00e0 la puissance nucl\u00e9aire et m\u00eame, comme les \u00c9tats-Unis, \u00e0 la puissance thermonucl\u00e9aire. Il se passera encore quelques ann\u00e9es avant que les Sovi\u00e9tiques soient capables de frapper le sol am\u00e9ricain, mais les principes de la dissuasion par l\u2019\u00e9quilibre de la terreur se mettent en place. En se dotant de moyens diversifi\u00e9s, abondants et inarr\u00eatables par une d\u00e9fense, chacun des deux camps dispose d\u2019une capacit\u00e9 dite de \u00ab seconde frappe \u00bb : vous pouvez toujours m\u2019attaquer m\u00eame massivement avec des armes thermonucl\u00e9aires, il m\u2019en restera toujours assez pour vous ravager en retour. C\u2019est terrifiant, mais au moins les choses \u00e0 ce niveau clairement strat\u00e9gique sont claires et plut\u00f4t stables.<\/p>\n\n\n\n C’est en-dessous que les choses sont plus compliqu\u00e9es. Concr\u00e8tement, la question qui s’y pose est : que faire si je suis attaqu\u00e9 conventionnellement et que je ne peux pas r\u00e9sister ?<\/p>\n\n\n\n C\u2019est l\u00e0 qu\u2019intervient le deuxi\u00e8me changement majeur des ann\u00e9es 1950. Les progr\u00e8s technologiques sont alors tels qu\u2019\u00e0 c\u00f4t\u00e9 des bombes H, on parvient aussi \u00e0 miniaturiser les munitions atomiques. On peut donc d\u00e8s le milieu des ann\u00e9es 1950 en fabriquer en grande quantit\u00e9, et de puissance tr\u00e8s variable. L\u2019US Army<\/em> saisit l\u2019occasion la premi\u00e8re. Cela lui permet d\u2019exister face \u00e0 ses rivales institutionnelles, et surtout de pouvoir compenser son inf\u00e9riorit\u00e9 num\u00e9rique face \u00e0 l\u2019arm\u00e9e sovi\u00e9tique. On assiste alors \u00e0 un immense engouement pour les ANT et le champ de bataille atomique. On fabrique des lance-roquettes, des mines, des obus, des missiles anti-a\u00e9riens ou des torpilles atomiques par milliers pour les lancer, apr\u00e8s autorisation pr\u00e9sidentielle, sur les Sovi\u00e9tiques.<\/p>\n\n\n\n Et puis surviennent quelques petits probl\u00e8mes. On s\u2019aper\u00e7oit que l\u2019on a peut-\u00eatre sous-estim\u00e9 certains effets des armes atomiques, en particulier la radioactivit\u00e9 et les impulsions \u00e9lectromagn\u00e9tiques. Et comme il est forc\u00e9ment question d\u2019employer les ANT en grande quantit\u00e9, sinon cela n\u2019aurait aucun int\u00e9r\u00eat tactique (il a fallu l\u2019\u00e9quivalent en explosif de 4 ANT de gamme \u00ab Hiroshima \u00bb pour d\u00e9bloquer la bataille de Normandie \u00e0 l\u2019\u00e9t\u00e9 1944), on s\u2019aper\u00e7oit que le champ de bataille futur sera particuli\u00e8rement compliqu\u00e9 \u00e0 g\u00e9rer en soi. Il le sera encore plus d\u00e8s lors que les Sovi\u00e9tiques se dotent aussi d\u2019armes semblables. Tous les sc\u00e9narios d\u2019une guerre en Europe, qui serait ainsi forc\u00e9ment atomique d\u2019embl\u00e9e, donnent des r\u00e9sultats catastrophiques.<\/p>\n\n\n\n On ne voit pas bien alors ce qui distinguerait le niveau tactique du niveau strat\u00e9gique, sinon que du point de vue des deux superpuissances le premier ne traiterait que de la destruction de l\u2019Europe, tandis que le second les concernerait directement. S\u00e9parer les deux niveaux est une illusion. Une arme est nucl\u00e9aire ou elle ne l’est pas, et que d\u00e8s qu’on en emploie une, quelle que soit sa puissance, on d\u00e9stabilise l\u2019\u00e9quilibre de la terreur. Les ANT sont d\u2019autant plus dangereuses que l\u2019on a d\u00e9centralis\u00e9 l\u2019emploi \u00e0 de nombreux petits d\u00e9cideurs en cas de coupure de la communication avec l\u2019ex\u00e9cutif politique. Lors de la crise de Cuba en 1962, on s\u2019est retrouv\u00e9s ainsi avec deux sous-marins sovi\u00e9tiques isol\u00e9s ayant arm\u00e9 leurs torpilles atomiques face aux navires am\u00e9ricains. Les commandants ont sagement d\u00e9cid\u00e9 de ne pas les utiliser.<\/p>\n\n\n\n Une arme est nucl\u00e9aire ou elle ne l’est pas, et que d\u00e8s qu’on en emploie une, quelle que soit sa puissance, on d\u00e9stabilise l\u2019\u00e9quilibre de la terreur.<\/p>Michel Goya<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n Et puis, l\u2019arme nucl\u00e9aire est aussi une arme maudite. Son emploi par les Am\u00e9ricains contre le Japon avait alors frapp\u00e9 les esprits, mais pas forc\u00e9ment suscit\u00e9 d\u2019\u00e9motion, les massacres provoqu\u00e9s restant dans les normes terribles de la Guerre mondiale. Le bombardement de Tokyo du 9 mars 1945, entre autres, avait par exemple provoqu\u00e9 plus de morts que celui d\u2019Hiroshima dans un immense incendie. Ce n\u2019est que quelque temps apr\u00e8s la fin de la guerre que l\u2019on prend pleinement conscience de l\u2019horreur de la destruction des villes et du caract\u00e8re particulier de l\u2019arme nucl\u00e9aire. Si son usage reste admis dans un conflit existentiel, il devient tabou hors de ce contexte. Alors que tout milite pour son emploi, sauf peut-\u00eatre la raret\u00e9 des munitions disponibles, l\u2019arme nucl\u00e9aire n\u2019est pas utilis\u00e9e par les Am\u00e9ricains en Cor\u00e9e malgr\u00e9 leurs difficult\u00e9s sur le terrain. Elle ne le sera pas non plus contre le Nord-Vietnam malgr\u00e9 l\u2019immense arsenal d\u2019ANT alors disponible. Il en est de m\u00eame dans tous les conflits engageant des puissances nucl\u00e9aires, y compris des puissances nucl\u00e9aires entre elles comme la Chine et l\u2019Union sovi\u00e9tique en 1969.<\/p>\n\n\n\n En r\u00e9sum\u00e9, les ANT se sont av\u00e9r\u00e9es une illusion. Elles se sont r\u00e9v\u00e9l\u00e9es finalement de peu d\u2019int\u00e9r\u00eat tactique et tr\u00e8s dangereuses, en faisant franchir tr\u00e8s rapidement et massivement un seuil nucl\u00e9aire au-del\u00e0 duquel on ne voit pas tr\u00e8s bien comment arr\u00eater la progression vers l\u2019apocalypse. Elles ont donc \u00e9t\u00e9 bannies des plans d\u2019emploi de l\u2019OTAN comme de l\u2019Union sovi\u00e9tique dans les ann\u00e9es 1970 et progressivement retir\u00e9es des forces. Il n\u2019y a plus d\u00e9sormais qu\u2019un \u00e9chelon conventionnel et un \u00e9chelon nucl\u00e9aire, forc\u00e9ment strat\u00e9gique.<\/p>\n\n\n\n Mais tout cela ne r\u00e9solvait pas la question \u00e9voqu\u00e9e plus haut de l\u2019inf\u00e9riorit\u00e9 conventionnelle. Le probl\u00e8me est sensiblement le m\u00eame que celui de la notion de l\u00e9gitime d\u00e9fense. Deux individus arm\u00e9s se faisant face et ayant toujours la possibilit\u00e9 de riposter si l\u2019autre tire sont dans la m\u00eame situation que deux puissances nucl\u00e9aires hostiles \u2014 et disposant d\u2019une capacit\u00e9 de seconde frappe. Cela fait peur, mais c\u2019est dissuasif, et c\u2019est dissuasif parce que cela fait peur. Les choses sont un peu plus compliqu\u00e9es si l\u2019un des deux individus ne brandit pas son arme, mais s\u2019avance vers lui avec l\u2019intention de le frapper. Ajoutons qu\u2019il y a autour des protagonistes un public qui jugera tr\u00e8s n\u00e9gativement celui qui utilisera son arme en premier, sauf pour d\u00e9fendre sa vie.<\/p>\n\n\n\n C\u2019est sensiblement le probl\u00e8me pos\u00e9 aux nations de l\u2019OTAN jusqu\u2019\u00e0 la fin des ann\u00e9es 1980, angoiss\u00e9es d’\u00eatre subjugu\u00e9es par les forces du Pacte de Varsovie. Une fois l\u2019emploi des ANT oubli\u00e9 pour compenser cette inf\u00e9riorit\u00e9, on a pu \u00eatre tent\u00e9s de franchir le seuil nucl\u00e9aire en premier de mani\u00e8re limit\u00e9e afin de calmer les ardeurs de l\u2019autre, comme un tir de semonce ou un tir dans la jambe pour reprendre la probl\u00e9matique de la l\u00e9gitime d\u00e9fense. C’est le premier \u00e9tage nucl\u00e9aire de la doctrine de riposte gradu\u00e9e am\u00e9ricaine \u00e9labor\u00e9e au d\u00e9but des ann\u00e9es 1960, ou l\u2019id\u00e9e fran\u00e7aise d\u2019\u00ab ultime avertissement \u00bb, destin\u00e9 \u00e0 montrer sa d\u00e9termination et \u00e0 placer l\u2019adversaire devant le choix du \u00ab stop ou encore \u00bb. On parle alors d\u2019un niveau \u00ab pr\u00e9strat\u00e9gique \u00bb ou \u00ab substrat\u00e9gique \u00bb pour montrer que l\u2019on n\u2019est pas encore aux choses tr\u00e8s s\u00e9rieuses, qui seules apparemment m\u00e9ritent le qualificatif pur de \u00ab strat\u00e9gique \u00bb. Admettons.<\/p>\n\n\n\n Premier probl\u00e8me : on ne sait pas tr\u00e8s bien \u00e0 quoi ressemblerait cet ultime avertissement. On imagine que l\u2019on emploierait plut\u00f4t des armes nucl\u00e9aires de faible puissance, en petit nombre et si possible sur des cibles militaires. Oui, mais ces armes sont g\u00e9n\u00e9ralement \u00e0 courte port\u00e9e, et lorsque vous \u00eates m\u00eal\u00e9s \u00e0 l’ennemi et plut\u00f4t en retrait, vous risquez de toucher un territoire ami. C\u2019\u00e9tait sensiblement ce que pr\u00e9voyait la France en lan\u00e7ant d\u2019un coup ses 25 missiles Pluton, anciennement \u00ab tactiques \u00bb et devenus \u00ab pr\u00e9strat\u00e9giques \u00bb, sur les forces sovi\u00e9tiques qui auraient p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 en R\u00e9publique f\u00e9d\u00e9rale allemande. Outre qu\u2019il \u00e9tait impossible de frapper 25 objectifs militaires mobiles en m\u00eame temps, cela \u00e9quivalait \u00e0 provoquer 25 Hiroshima sur le territoire allemand (les Allemands adh\u00e9raient mod\u00e9r\u00e9ment \u00e0 ce concept). \u00c0 ce niveau de puissance, autant envoyer un missile intercontinental en Union sovi\u00e9tique. C\u2019est ce qu\u2019imaginait en 1978 le g\u00e9n\u00e9ral britannique John Hackett dans The Third World War<\/em>, \u00e0 cette diff\u00e9rence que c\u2019\u00e9taient les Sovi\u00e9tiques bloqu\u00e9s en RFA qui frappaient les premiers en d\u00e9truisant la ville de Birmingham. Les Britanniques ripostaient en d\u00e9truisant Minsk. Dans le livre de Hackett, cette escalade permettait effectivement de d\u00e9sescalader, mais d\u2019une mani\u00e8re impr\u00e9vue. L\u2019emploi de l\u2019arme nucl\u00e9aire provoquait des troubles profonds en Union sovi\u00e9tique, et en premier lieu en Ukraine, qui aboutissaient \u00e0 l\u2019\u00e9clatement du pays et \u00e0 un changement de r\u00e9gime \u00e0 Moscou, qui par la suite signait la paix.<\/p>\n\n\n\n Ce sc\u00e9nario est int\u00e9ressant \u00e0 plus d\u2019un titre dans les temps qui courent<\/a>, mais peut-\u00eatre surtout pour montrer qu\u2019en r\u00e9alit\u00e9 on ne sait pas du tout ce qui se passerait apr\u00e8s l\u2019ultime avertissement. L’exercice Proud Prophet<\/em>, r\u00e9alis\u00e9 aux \u00c9tats-Unis en 1983 afin notamment de tester plusieurs sc\u00e9narios de guerre mondiale<\/a>, a abouti \u00e0 des conclusions beaucoup plus pessimistes que celui de John Hackett. En clair, l\u2019ultime avertissement y a toujours d\u00e9bouch\u00e9 sur une escalade vers l\u2019\u00e9change de frappes thermonucl\u00e9aires. On concluait d\u2019une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale qu\u2019il valait mieux \u00e9viter tout cela en repoussant autant que possible le seuil nucl\u00e9aire en \u00e9tant plus fort conventionnellement. Face \u00e0 quelqu\u2019un qui veut vous frapper et sur lequel vous n\u2019osez pas tirer, le plus simple \u2014 \u00e0 condition d\u2019avoir le temps \u2014 est d\u2019\u00eatre plus costaud que lui. C\u2019est ce que les Am\u00e9ricains ont r\u00e9ussi \u00e0 faire dans les ann\u00e9es 1980 avec une impressionnante d\u00e9monstration de forces en \u00e9crasant l\u2019arm\u00e9e irakienne en 1991. Ainsi, on a un peu oubli\u00e9 toutes ces consid\u00e9rations dans les pays occidentaux.<\/p>\n\n\n\n La Russie, au contraire, qui subissait de son c\u00f4t\u00e9 une humiliante d\u00e9faite \u00e0 Grozny en 1994, d\u00e9couvrait son inf\u00e9riorit\u00e9 militaire face aux \u00c9tats-Unis. Les Russes ont alors int\u00e9gr\u00e9 \u00e0 leur tour dans la doctrine de 2000 l’id\u00e9e d’un \u00e9chelon substrat\u00e9gique o\u00f9 l\u2019on s\u2019efforcerait de refroidir les ardeurs de l\u2019autre par l\u2019emploi du nucl\u00e9aire. C\u2019est quelque chose qui est alors jou\u00e9 dans presque tous les exercices Zapad, tout en admettant sans trop le dire comme en Occident que c\u2019est boiteux et incertain. Tout en conservant une force nucl\u00e9aire pl\u00e9thorique, les Russes ont conclu eux aussi qu’il fallait se renforcer conventionnellement pour \u00e9viter de se retrouver devant le dilemme de l’emploi du nucl\u00e9aire en premier, d’o\u00f9 l’investissement massif dans des moyens destin\u00e9s \u00e0 contrer ceux des \u00c9tats-Unis<\/a> avec une force de frappe \u00e0 distance, a\u00e9ronefs et surtout missiles balistiques ou de croisi\u00e8re, une d\u00e9fense antia\u00e9rienne de grande densit\u00e9, etc.<\/p>\n\n\n\n Tout en conservant une force nucl\u00e9aire pl\u00e9thorique, les Russes ont conclu eux aussi qu’il fallait se renforcer conventionnellement pour \u00e9viter de se retrouver devant le dilemme de l’emploi du nucl\u00e9aire en premier.<\/p>Michel Goya<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n Les Russes sont ainsi redevenus capables de r\u00e9sister conventionnellement \u00e0 l\u2019OTAN (les forces russes et pr\u00e9c\u00e9demment sovi\u00e9tiques se pr\u00e9sentent toujours dans la d\u00e9fensive contre l\u2019OTAN, m\u00eame lorsqu\u2019elles envahissent des pays). Redevenus forts, ils sont revenus en 2020 \u00e0 une doctrine<\/a> proche de celle de la France : le \u00ab nucl\u00e9aire \u00bb (il n\u2019est plus question de tactique nulle part) ne sera utilis\u00e9 que contre une menace sur l\u2019existence m\u00eame de l\u2019\u00c9tat. Si l\u2019on retient beaucoup les d\u00e9clarations fr\u00e9quentes des officiels russes quant \u00e0 la possession de l\u2019arme nucl\u00e9aire, il faut constater que ce sont des rappels et non des menaces. Ces d\u00e9clarations sont d\u2019ailleurs presque toujours en deux temps : \u00ab Nous rappelons que nous disposons de l\u2019arme nucl\u00e9aire \u00bb puis le lendemain \u00ab mais qu\u2019elle ne sera utilis\u00e9e que pour d\u00e9fendre l\u2019existence de l\u2019\u00c9tat russe \u00bb.<\/p>\n\n\n\n Libre \u00e0 quelques trublions de la t\u00e9l\u00e9 ou \u00e0 l\u2019ex-pr\u00e9sident Dmitri Medvedev de jouer les \u00ab bad cops<\/em> \u00bb et de faire peur, l’existence de l’\u00c9tat russe n\u2019est pas menac\u00e9e : ni nucl\u00e9airement, ni conventionnellement, que ce soit par les \u00c9tats-Unis ou par l\u2019arm\u00e9e ukrainienne. Cette derni\u00e8re peut grignoter le territoire ukrainien conquis par les Russes tout en restant sous le seuil nucl\u00e9aire, dont on rappellera que son franchissement, quelle que soit la puissance utilis\u00e9e, aurait un co\u00fbt \u00e9norme \u2014 mise au ban des nations, fin du soutien de la Chine<\/a>, probables attaques conventionnelles am\u00e9ricaines de r\u00e9torsion, peut-\u00eatre d\u00e9stabilisation interne \u2014 pour des gains tr\u00e8s incertains.<\/p>\n\n\n\nStop ou encore ?<\/h2>\n\n\n\n
Twist again <\/em>\u00e0 Moscou<\/h2>\n\n\n\n