{"id":14379,"date":"2018-12-02T22:00:53","date_gmt":"2018-12-02T21:00:53","guid":{"rendered":"https:\/\/lldl.eu\/?p=10637"},"modified":"2019-04-04T21:50:08","modified_gmt":"2019-04-04T20:50:08","slug":"visite-diplomatique-a-obstacles-pour-mohammed-bin-salman","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2018\/12\/02\/visite-diplomatique-a-obstacles-pour-mohammed-bin-salman\/","title":{"rendered":"Visite diplomatique (\u00e0 obstacles) pour Mohammed bin Salman"},"content":{"rendered":"\n

Riyad<\/em>. Si les r\u00e9unions d’Abu Dhabi et de Manama ont \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9es par la plus grande cordialit\u00e9 et pleines de grands messages de proximit\u00e9 politique face aux d\u00e9fis auxquels l’Arabie saoudite et ses alli\u00e9s seront confront\u00e9s dans un avenir proche, les voyages nord-africains ne pourraient pas se montrer aussi diff\u00e9rents l’un de l’autre. Au Caire, le prince saoudien a \u00e9t\u00e9 accueilli et honor\u00e9, avec la fanfare et l’interdictions absolue faite aux journalistes d\u2019\u00e9crire n\u00e9gativement sur la pr\u00e9sence de MbS, et ce afin d\u2019\u00e9viter de cr\u00e9er des incidents diplomatiques honteux, vu le soutien \u00e9conomique apport\u00e9 par l’Arabie saoudite depuis 2013 \u00e0 la deuxi\u00e8me transition \u00e9gyptienne par des pr\u00eats, investissements et donations repr\u00e9sentant plus de 15 milliards de dollars. \u00c0 Tunis, en revanche, la chaleur des institutions locales a \u00e9t\u00e9 contrebalanc\u00e9e par la froideur de l’opinion publique, qui a accueilli l’h\u00e9ritier du tr\u00f4ne saoudien par des manifestations et des rassemblements de rue. \u00c0 la base des manifestations, men\u00e9es par des militants et des journalistes, il y avait des protestations contre la r\u00e9pression de toute forme de dissidence politique et civile de la part de la monarchie saoudienne. \u00c0 Tunis, un groupe de 50 avocats a fait appel \u00e0 la justice locale pour emp\u00eacher MbS de se rendre dans le pays. En ce sens, l’\u00e9cho de l’affaire Khashoggi a \u00e9t\u00e9 in\u00e9vitable, surtout \u00e0 la lumi\u00e8re de la condamnation ferme par les institutions locales, qui ont cependant cherch\u00e9 \u00e0 ne pas \u201cpolitiser\u201d l’affaire afin de ne pas saper les relations avec la famille al-Saoud. Les visites en Alg\u00e9rie et en Mauritanie (2<\/strong>) ont, elles, \u00e9t\u00e9 beaucoup plus sobres.<\/p>\n\n\n\n

Bien que les poign\u00e9es de main et les visites officielles puissent dissimuler certains \u00e9cueils en termes d’image, elles se sont toutes r\u00e9v\u00e9l\u00e9es extr\u00eamement n\u00e9cessaires pour que MbS recr\u00e9e un minimum de soutien politique et de cr\u00e9dibilit\u00e9. De fait, le voyage s’est organis\u00e9 autour de la d\u00e9finition d’engagements diplomatiques pr\u00e9cis, de coop\u00e9ration \u00e9conomique et de s\u00e9curit\u00e9. L’intention finale \u00e9tait double : alors qu’il s’agissait de repousser les fant\u00f4mes de l’affaire Khashoggi, le prince saoudien occupait les rangs pour les prochains d\u00e9fis du Proche-Orient. Une tourn\u00e9e importante, avant tout, pour revitaliser les alliances sur base r\u00e9gionale et pour r\u00e9soudre certaines divergences strat\u00e9giques et tactiques qui ont surgi avec les partenaires de la r\u00e9gion, \u00e0 commencer par les \u00c9mirats Arabes Unis, avec lesquels le dossier y\u00e9m\u00e9nite a \u00e9t\u00e9 trait\u00e9 depuis longtemps. Cette tourn\u00e9e diplomatique s\u2019ancre dans l\u2019objectif d\u2019\u00e9laborer un grand plan de coop\u00e9ration (de s\u00e9curit\u00e9 et de g\u00e9opolitique) visant \u00e0 cr\u00e9er un groupe solide de forces arabo-sunnites pour faire contrepoids \u00e0 l’agressivit\u00e9 iranienne au Moyen-Orient et ai cartel de l’Islam politique soutenu par le Qatar et la Turquie (3<\/strong>). Le voyage de Salman repr\u00e9sentait un pas de plus vers la cr\u00e9ation d’un axe strat\u00e9gique des r\u00e9gimes arabes dits \u201cmod\u00e9r\u00e9s\u201d, soutenu par Isra\u00ebl et les \u00c9tats-Unis, qui devrait ensuite se concr\u00e9tiser dans l’Alliance strat\u00e9gique du Moyen-Orient (4<\/strong>).<\/p>\n\n\n\n

Comme l’a soulign\u00e9 le journal Haaretz, MbS vise \u00e0 recouvrer les diff\u00e9rentes dettes politiques que certains pays arabes ont encore envers Riyad (5<\/strong>). Le cas le plus frappant est celui de l’\u00c9gypte qui, face aux milliards de dollars investis pour maintenir \u00e0 flot un pays au bord de l’effondrement social et politique apr\u00e8s la d\u00e9position de Mohammed Morsi (juillet 2013), doit activement remercier cet important soutien par un soutien aux initiatives diplomatiques de l’Arabie Saoudite au Moyen-Orient, du Y\u00e9men \u00e0 la Syrie via<\/em> la Mer Rouge. Il s’agit de la sixi\u00e8me visite de MbS en \u00c9gypte, la deuxi\u00e8me depuis son accession au titre de Prince h\u00e9ritier en juin 2017. Le dernier voyage au Caire a eu lieu en mars dernier, quelques semaines avant les \u00e9lections pr\u00e9sidentielles dans le pays nord-africain, \u00e0 l’occasion de la signature d’accords bilat\u00e9raux d’une valeur de plusieurs milliards de dollars pour des projets d’investissement en infrastructures.<\/p>\n\n\n\n

Perspectives :<\/strong><\/h4>\n\n\n\n