{"id":14361,"date":"2018-11-25T22:00:06","date_gmt":"2018-11-25T21:00:06","guid":{"rendered":"https:\/\/lldl.eu\/?p=10281"},"modified":"2019-04-05T14:51:17","modified_gmt":"2019-04-05T12:51:17","slug":"le-budget-italien-au-centre-des-craintes-europeennes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2018\/11\/25\/le-budget-italien-au-centre-des-craintes-europeennes\/","title":{"rendered":"Le budget Italien au centre des craintes europ\u00e9ennes"},"content":{"rendered":"\n

Rome\/Bruxelles. <\/em>Le 21 novembre, la Commission Europ\u00e9enne a publi\u00e9 un rapport (1<\/strong>) sur l\u2019\u00e9tat du budget italien. Pr\u00e9vu par l\u2019article 126 du Trait\u00e9 de fonctionnement de l\u2019Union Europ\u00e9enne, ce rapport a pour objectif d\u2019\u00e9tudier la possibilit\u00e9 d\u2019une proc\u00e9dure de d\u00e9ficit excessif contre l\u2019Italie. C\u2019est donc la premi\u00e8re \u00e9tape d\u2019un chemin qui peut mener \u00e0 des sanctions : une amende allant jusqu\u2019\u00e0 0.2 pour cent du PIB Italien et le gel des aides europ\u00e9ennes.<\/p>\n\n\n\n

C\u2019est le r\u00e9sultat d\u2019une escalade progressive ces derniers mois. Le 23 mai dernier, la Commission avait publi\u00e9 un premier document, suivant l\u2019article 126, consid\u00e9rant en substance que l\u2019Italie n\u2019avait pas assez fait d\u2019effort pour respecter le crit\u00e8re de maintien de la dette en 2017. Le 13 juillet, il a \u00e9t\u00e9 suivi d\u2019une s\u00e9rie de recommandations par le Conseil Europ\u00e9en. Malgr\u00e9 cet avertissement, le budget pr\u00e9visionnel publi\u00e9 le 16 octobre par le Tr\u00e9sor Italien implique une d\u00e9t\u00e9rioration de la balance structurelle de 0,9 pour cent du PIB. Le 23 octobre, la Commission a r\u00e9pondu en adoptant un avis requ\u00e9rant de l\u2019Italie une r\u00e9vision de ce budget. Le budget pr\u00e9visionnel italien r\u00e9vis\u00e9 pour l\u2019ann\u00e9e 2019, paru le 13 novembre, n\u2019a pas convaincu la Commission, ce qui nous m\u00e8ne au pr\u00e9sent rapport.<\/p>\n\n\n\n

Il est globalement d\u00e9favorable. Le d\u00e9ficit italien ne d\u00e9passera pas la barre des 3 pour cent en 2018 ou 2019, que ce soit selon le calculs de la Commission ou du Tr\u00e9sor Italien. C\u2019est le niveau de la dette italienne qui est en cause (131,7 pour cent du PIB en 2017 soit bien au dessus des 60 pour cent fix\u00e9 par l’article 126). La Commission juge que l\u2019effort italien pour le r\u00e9duire n\u2019est pas suffisant. En particulier, elle consid\u00e8re le budget pr\u00e9visionnel pour 2019 comme une aggravation significative de la position italienne par rapport aux ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dentes. En plus de l\u2019absence de consolidation fiscale, ce sont la proposition d\u2019un \u201crevenu de citoyennet\u00e9\u201d par le gouvernement Italien et la r\u00e9forme des retraites qui sont vis\u00e9es : ils repr\u00e9sentent environ 80 pour cent de l’affaiblissement du d\u00e9ficit structurel en 2019.<\/p>\n\n\n\n

Dans le budget r\u00e9vis\u00e9 de 2019 du 13 novembre, l\u2019avis italien \u00e9tait diff\u00e9rent. Il soulignait 4 \u00e9l\u00e9ments : une politique de consolidation fiscale pourrait avoir des cons\u00e9quences r\u00e9cessives ; l\u2019Italie n\u2019a pas encore atteint sa croissance potentielle et donc sa situation pourrait s\u2019am\u00e9liorer dans le futur ; l\u2019objectif du gouvernement est de relancer la croissance par un surplus d\u2019investissement public et des r\u00e9formes structurelles, notamment dans le secteur de la justice ; et enfin la dette italienne serait fortement soutenable. Le rapport du 21 novembre balaie ces arguments : d\u2019apr\u00e8s les calculs europ\u00e9ens, l\u2019\u00e9conomie italienne est proche d\u2019\u00eatre \u00e0 capacit\u00e9 et la dette italienne doit \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 \u00e0 risque d\u2019insoutenabilit\u00e9 en cas de d\u00e9crochage en 2019.<\/p>\n\n\n\n

La rupture fiscale entre la Commission et l\u2019Italie n\u2019est pas consomm\u00e9e pour autant. Jeudi 22, Luigi Di Maio a \u00e9voqu\u00e9 des possibilit\u00e9s d\u2019accord et Moscovici s\u2019est dit \u201cconvaincu qu\u2019au final nous y arriverons car c\u2019est dans l\u2019int\u00e9r\u00eat commun\u201d (2<\/strong>). Le sc\u00e9nario le plus probable est donc la mise en place d\u2019un nouvel ultimatum de 3 \u00e0 6 mois \u00e0 partir de la r\u00e9union des ministres du budget de l\u2019Eurozone en janvier. Si l\u2019Italie ne satisfait pas la Commission \u00e0 ce moment, elle pourrait alors \u00eatre sanctionn\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n

\u00c9tant donn\u00e9 l\u2019imminence des \u00e9lections europ\u00e9ennes, cela revient \u00e0 mettre le destin italien dans les mains des \u00e9lecteurs europ\u00e9ens. C\u2019est l\u2019un des enjeux de ces prochaines \u00e9lections.<\/p>\n\n\n\n

Perspectives :<\/strong><\/h4>\n\n\n\n