{"id":14256,"date":"2018-09-16T22:00:49","date_gmt":"2018-09-16T20:00:49","guid":{"rendered":"https:\/\/lldl.eu\/?p=8118"},"modified":"2019-04-06T20:08:34","modified_gmt":"2019-04-06T18:08:34","slug":"les-presidentielles-camerounaises-entre-separatistes-et-boko-haram","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2018\/09\/16\/les-presidentielles-camerounaises-entre-separatistes-et-boko-haram\/","title":{"rendered":"La pr\u00e9sidentielle camerounaise, entre s\u00e9paratistes et Boko Haram"},"content":{"rendered":"\n

Yaound\u00e9.<\/em> La pr\u00e9sence de l’\u00c9tat camerounais dans les r\u00e9gions anglophones (Nord-Ouest et Sud-Ouest) est attaqu\u00e9e depuis plusieurs mois. Les manifestations de janvier 2017, appelant \u00e0 l’int\u00e9gration de la langue anglaise dans les institutions et l’administration, ont progressivement laiss\u00e9 place \u00e0 une escalade qui a enflamm\u00e9 les r\u00e9gions depuis fin 2017 : le plus long embargo sur Internet de l’histoire du continent, a \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9, dans les deux r\u00e9gions anglophones, par une situation de gu\u00e9rilla constante. Le front tr\u00e8s composite (1<\/strong>) des s\u00e9paratistes d’Ambazonia a en effet progressivement \u00e9largi le th\u00e9\u00e2tre de ses op\u00e9rations, multipliant les attaques contre les forces de l’ordre, mais aussi contre les \u00e9coles et les repr\u00e9sentants des institutions, for\u00e7ant l’\u00ab \u00c9tat \u00bb \u00e0 lutter pour chaque garnison institutionnelle en dehors des capitales et \u00e0 les militariser.<\/p>\n\n\n\n

Contrairement aux r\u00e9cits dominants, qui mettent l’accent sur la menace \u00ab transnationale \u00bb de Boko Haram, le deuxi\u00e8me trimestre 2018 a vu l’\u00e9tablissement du conflit anglophone comme principale source de pr\u00e9occupation militaire et politique du gouvernement camerounais : selon Acled, les \u00e9pisodes de violence dans les r\u00e9gions anglophones ont caus\u00e9 239 victimes, contre 86 dans le conflit avec Boko Haram dans la r\u00e9gion du Grand Nord (3<\/strong>). Rien que le 4 septembre, une attaque des forces camerounaises a fait 27 morts parmi les s\u00e9paratistes \u00e0 Yemngeh, dans le Menchum (Nord-ouest).<\/p>\n\n\n\n

La date de l’\u00e9lection pr\u00e9sidentielle d’octobre, au cours de laquelle Paul Biya, qui est au pouvoir depuis 1982, sera \u00e0 nouveau \u00e0 la t\u00eate d’une coalition du changement, est probablement l’une des raisons conjoncturelles de cette escalade (2<\/strong>). Si, du point de vue des s\u00e9paratistes, l’augmentation de l’intensit\u00e9 du conflit peut sembler efficace pour contester le pouvoir de Biya, la situation de violence g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e pourrait constituer un obstacle plus ou moins l\u00e9gitime \u00e0 l’ouverture de bureaux de vote dans les r\u00e9gions anglophones, permettant effectivement aux dirigeants gouvernementaux d’emp\u00eacher les camerounais anglophones de participer au processus \u00e9lectoral.<\/p>\n\n\n\n

Perspectives : <\/strong><\/h4>\n\n\n\n