{"id":14228,"date":"2018-09-02T22:00:04","date_gmt":"2018-09-02T20:00:04","guid":{"rendered":"https:\/\/lldl.eu\/?p=7719"},"modified":"2019-04-07T10:39:22","modified_gmt":"2019-04-07T08:39:22","slug":"manfred-weber-tisse-sa-toile","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2018\/09\/02\/manfred-weber-tisse-sa-toile\/","title":{"rendered":"Manfred Weber tisse sa toile"},"content":{"rendered":"\n

Berlin. <\/em>Le bavarois Manfred Weber, pr\u00e9sident du groupe du Parti populaire europ\u00e9en (PPE) au Parlement de Strasbourg, pourrait bien \u00eatre le prochain pr\u00e9sident de la Commission europ\u00e9enne. \u00c0 l’issue d’un entretien \u00e0 Berlin avec Joseph Daul, pr\u00e9sident du parti, Mme Merkel a d\u00e9clar\u00e9 mardi dernier ne formuler \u201caucune objection fondamentale \u00e0 [sa] candidature\u201d pour devenir le Spitzenkandidat <\/em>du PPE aux \u00e9lections europ\u00e9ennes de mai 2019 (3<\/strong>), un avantage certain \u00e0 une semaine de l’ouverture des d\u00e9clarations. L’appui de Mme Merkel \u00e9clipse deux de ses fid\u00e8les, Peter Altmaier et Ursula von der Leyen, \u00e9galement pressentis pour le poste. D’autres candidats devraient cependant se faire conna\u00eetre en dehors d’Allemagne : l’ancien premier ministre finlandais Alexander Stubb et le n\u00e9gociateur en chef du Brexit Michel Barnier pourraient en faire partie, mais le second est lourdement p\u00e9nalis\u00e9 par l\u2019agenda charg\u00e9 que lui impose sa fonction. L’annonce officielle de M. Weber devrait avoir lieu mercredi prochain (1<\/strong>).<\/p>\n\n\n\n

\u00c0 45 ans, le vice-pr\u00e9sident de l’union chr\u00e9tienne-sociale bavaroise (CSU) cultive sa proximit\u00e9 avec le chancelier autrichien Sebastian Kurz et sa ligne dure sur les questions migratoires. Weber s’est toujours fait fort d’assurer la coh\u00e9sion du PPE, sans jamais remettre en question la pr\u00e9sence controvers\u00e9e dans ses rangs du Fidesz de Viktor Orb\u00e1n, de m\u00eame qu’il s’est toujours oppos\u00e9 \u00e0 l’adh\u00e9sion de la Turquie \u00e0 l’Union. Sa nomination couronnerait ainsi le d\u00e9placement du centre de gravit\u00e9 de son groupe vers la droite, un d\u00e9placement qui pourrait paradoxalement desservir Mme Merkel, dont la position personnelle demeure plus mod\u00e9r\u00e9e. Si l\u2019affaiblissement attendu du groupe S&D venait \u00e0 menacer la Grande coalition europ\u00e9enne (2<\/strong>), le Spitzenkandidat <\/em>Weber chercherait-il alors des alli\u00e9s \u00e0 droite ?<\/p>\n\n\n\n

Mais autant le parcours exclusivement europ\u00e9en de M. Weber, \u00e0 Strasbourg depuis 2004, pourrait affaiblir son cr\u00e9dit aupr\u00e8s des membres du Conseil, autant sa nationalit\u00e9 ne semble pas le desservir. Mais le soutien si diplomatiquement formul\u00e9 de Mme Merkel pourrait bien ne pas constituer une garantie ; plus encore, Mme Merkel, qui avait trouv\u00e9 en la personne de Jean-Claude Juncker un alli\u00e9 fid\u00e8le sur le fond, se satisferait certainement d’un autre candidat si M. Weber peinait \u00e0 s’imposer (4<\/strong>).<\/p>\n\n\n\n

\u00c0 la fin, le syst\u00e8me des Spitzenkandidaten <\/em>repose quoi qu’il en soit sur un accord tacite, la nomination du Pr\u00e9sident de la Commission restant une pr\u00e9rogative l\u00e9gale du Conseil.<\/p>\n\n\n\n

Perspectives :<\/strong><\/h4>\n\n\n\n