{"id":14150,"date":"2018-07-22T22:00:08","date_gmt":"2018-07-22T20:00:08","guid":{"rendered":"https:\/\/lldl.eu\/?p=6035"},"modified":"2019-05-18T17:28:08","modified_gmt":"2019-05-18T15:28:08","slug":"du-brexit-soft-a-la-sortie-sans-parachute","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2018\/07\/22\/du-brexit-soft-a-la-sortie-sans-parachute\/","title":{"rendered":"Du Brexit \u201csoft\u201d \u00e0 la sortie sans parachute"},"content":{"rendered":"\n

Londres. <\/em>Theresa May est encore \u00e0 Downing Street. Cependant, le Livre blanc publi\u00e9 par son gouvernement, destin\u00e9 \u00e0 calmer le jeu avant les vacances, a suscit\u00e9 les critiques de la frange \u201chard-Brexit\u201d du Parti conservateur et fini par s\u00e9rieusement inqui\u00e9ter la Commission europ\u00e9enne. Avec son id\u00e9e de maintenir des liens \u00e9troits avec l\u2019Union, le nouveau plan a d\u00e9plu \u00e0 tout le monde, mais en particulier aux \u201cbrexiters\u201d au point que, lors d\u2019un vote \u00e0 la Chambre des communes lundi dernier, la Premi\u00e8re Ministre s\u2019est vue contrainte de leur accorder des concessions sur la question de l\u2019union douani\u00e8re (5<\/strong>).<\/p>\n\n\n\n

Il n\u2019a pas plu davantage \u00e0 Bruxelles, car sa proposition d\u2019une solution \u00e0 la question cruciale de la fronti\u00e8re nord-irlandaise \u2013 condition sine qua non<\/em> d\u2019un accord \u2013 demeure insatisfaisante. Le Royaume-Uni se retrouve ainsi pris dans une double impasse sur ce fameux \u201cBrexit bill\u201d qui doit \u00eatre sign\u00e9 \u00e0 l\u2019automne. En regardant sa montre, Theresa May a annonc\u00e9, mercredi dernier, que le pays pourrait bien sortir sans accord (3<\/strong>). C\u2019est l\u2019hypoth\u00e8se la plus redout\u00e9e par l\u2019ex\u00e9cutif europ\u00e9en qui a publi\u00e9 jeudi 19 juillet un texte invitant les \u00c9tats membres et les acteurs priv\u00e9s \u00e0 se pr\u00e9parer au pire (2<\/strong>), lorsque, le 30 mars, le droit europ\u00e9en cessera de s\u2019appliquer au Royaume-Uni.<\/p>\n\n\n\n

Les propositions de sc\u00e9narios alternatifs se multiplient. Les deux grands partis se re-polarisent entre l\u2019hypoth\u00e8se d\u2019un second r\u00e9f\u00e9rendum, que le nouveau ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res, Jeremy Hunt estime envisageable (4<\/strong>), et le retour en force du parti UKIP. La base militante et jeune du parti travailliste exerce une pression grandissante sur son leader, Jeremy Corbyn, afin qu\u2019il modifie sa position sur le Brexit et soutienne un second r\u00e9f\u00e9rendum, apr\u00e8s la manifestation qui, au mois de juin, a rassembl\u00e9 100 000 personnes dans les rues de Londres. Selon de r\u00e9cents sondages, le Parti travailliste est remont\u00e9 dans les intentions de vote, d\u00e9passant d\u2019environ un point le Parti conservateur (1<\/strong>).<\/p>\n\n\n\n

De l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de l\u2019\u00e9chiquier politique, le parti Ukip, qui avait presque disparu depuis janvier, revient sur le devant de la sc\u00e8ne avec un nouveau leader, Gerard Batte, et remonte dans les sondages au m\u00eame niveau que les Lib\u00e9raux D\u00e9mocrates. Le parti semble avoir chang\u00e9 de tactique et trouv\u00e9 une nouvelle m\u00e9thode pour rassembler des soutiens, notamment \u00e0 travers des youtubers d\u2019extr\u00eame droite actifs dans la d\u00e9fense du cas Robinson (8<\/strong>).<\/p>\n\n\n\n

L\u2019hypoth\u00e8se d\u2019un gouvernement d\u2019unit\u00e9 nationale, invoqu\u00e9e mercredi par Anna Soubry (7<\/strong>), d\u00e9put\u00e9e conservatrice pro-europ\u00e9enne, semble pour l\u2019instant peu probable. Il pourrait toutefois aider \u00e0 d\u00e9passer les profondes divisions autour du Brexit, si celles-ci devenaient irr\u00e9conciliables. La derni\u00e8re fois qu\u2019un tel gouvernement a \u00e9t\u00e9 mis sur pied en temps de paix remonte \u00e0 1931 (6<\/strong>), lorsqu\u2019un cabinet d\u2019union nationale fut compos\u00e9 pour sortir le pays de la Grande D\u00e9pression. Cette hypoth\u00e8se est peu probable, selon Vernon Bogdanor, professeur au King\u2019s College de Londres, interrog\u00e9 par The Times<\/em>. \u201cHistoriquement, ces gouvernements sont apparus dans des situations o\u00f9 il y avait un large consensus sur la ligne \u00e0 suivre, comme en p\u00e9riode de guerre ou de grave crise \u00e9conomique. Dans la situation actuelle, c\u2019est l\u2019inverse. Personne n\u2019est d\u2019accord\u201d.<\/p>\n\n\n\n

Perspectives :<\/strong><\/h4>\n\n\n\n