{"id":1377,"date":"2018-04-16T07:45:18","date_gmt":"2018-04-16T05:45:18","guid":{"rendered":"http:\/\/lldl.eu\/?p=1377"},"modified":"2019-05-31T19:12:55","modified_gmt":"2019-05-31T17:12:55","slug":"le-nouvel-axe-du-containement-russe-passera-t-il-par-berlin","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2018\/04\/16\/le-nouvel-axe-du-containement-russe-passera-t-il-par-berlin\/","title":{"rendered":"Le nouvel axe du containement russe passera-t-il par Berlin ?"},"content":{"rendered":"\n

Berlin.<\/em> Une transformation de taille de la relation bilat\u00e9rale entre l\u2019Allemagne et la Russie pourrait avoir eu lieu mardi 10 avril. En visite dans la capitale allemande afin de rencontrer la chanceli\u00e8re Angela Merkel, le pr\u00e9sident ukrainien Petro Poroshenko a enfin obtenu gain de cause dans le bras de fer qui oppose son pays \u00e0 la Russie \u00e0 propos du transit gazier.<\/p>\n\n\n\n

Si les autorit\u00e9s allemandes s\u2019\u00e9taient prononc\u00e9es jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent en faveur du projet de gazoduc North Stream 2 qui devait approvisionner l\u2019Europe en contournant l\u2019Ukraine, la chanceli\u00e8re semble pourtant vouloir faire machine arri\u00e8re : \u201cOn ne peut pas traiter le sujet comme simplement \u00e9conomique, il existe des consid\u00e9rations politiques \u00e0 faire aussi\u201d, un positionnement tr\u00e8s diff\u00e9rent de celui qu\u2019avait exprim\u00e9 son ancien ministre de l\u2019\u00c9nergie, Sygmar Gabriel, en 2014 : \u201cIl n\u2019y a pas d\u2019alternative au gaz russe\u201d .<\/p>\n\n\n\n

La chanceli\u00e8re a ensuite estim\u00e9 que le North Stream 2 ne pourrait se faire sans clarifier le r\u00f4le futur de l\u2019Ukraine en tant que pays de transit. Elle affirme : \u201cIl n’est pas possible que l’Ukraine n\u2019ait aucune importance dans le transit du gaz \u00e0 cause de North Stream 2\u201d. La valeur de ces d\u00e9clarations peut cependant l\u00e9gitimement \u00eatre questionn\u00e9e puisque le consortium North Stream 2 AG a annonc\u00e9 le 27 mars avoir re\u00e7u toutes les autorisations allemandes pour la construction et l\u2019exploitation du gazoduc. De mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, le ciel semble se d\u00e9gager pour le projet depuis que, d\u00e9but mars, les services juridiques du Conseil europ\u00e9en se sont oppos\u00e9s \u00e0 l\u2019extension des r\u00e8gles europ\u00e9ennes (troisi\u00e8me paquet \u00e9nergie) aux gazoducs offshores estimant que l\u2019UE pourrait ainsi enfreindre la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer. Dans la soir\u00e9e du 10 avril, Gazprom a d\u00e9clar\u00e9 dans un communiqu\u00e9 qu\u2019un maintien du transit ukrainien \u00e9tait possible dans des volumes largement inf\u00e9rieurs \u00e0 ceux pratiqu\u00e9s auparavant : \u201cUn certain transit peut \u00eatre conserv\u00e9, d’un volume de 10-15 milliards de m\u00e8tres cubes par an, mais la partie ukrainienne doit justifier l’int\u00e9r\u00eat \u00e9conomique d’un nouveau contrat de transit\u201d. Proposition imm\u00e9diatement rejet\u00e9e par le ministre ukrainien de l’Energie Igor Nassalyk qui souhaite 40 milliards de m\u00e8tres cubes par an.<\/p>\n\n\n\n

Il nous semble que, mettant en exergue le caract\u00e8re hautement politique de ce projet \u00e9nerg\u00e9tique, la chanceli\u00e8re allemande a souhait\u00e9 se tenir aux c\u00f4t\u00e9s de son partenaire ukrainien en lui assurant qu\u2019une partie du gaz russe continuerait de transiter par son territoire. Point de rupture d\u00e9finitif d\u2019une relation germano-russe fragilis\u00e9e depuis l\u2019affaire Skripal ? La d\u00e9cision divise en interne et en externe : \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de l\u2019Europe les membres de Visegrad, formellement oppos\u00e9s au projet Russe, se trouvent dor\u00e9navant oppos\u00e9s aux pays nordiques comme la Finlande et le Danemark, s\u00e9duits par les retomb\u00e9es \u00e9conomiques d\u2019un transit par leurs eaux territoriales et par une nouvelle source d\u2019approvisionnement compensant la baisse de production gazi\u00e8re en Norv\u00e8ge. Le North Stream 2 a des soutiens de poids en Allemagne aussi : \u00ab C’\u00e9tait le gazoduc de la Russie qui couvrait le besoin accru des journ\u00e9es glaciales en Europe ! \u00bb, a communiqu\u00e9 la soci\u00e9t\u00e9 allemande Wintershall \u00e0 la presse danoise en rappelant la vague de froid au Danemark en f\u00e9vrier.<\/p>\n\n\n\n

Perspectives : <\/strong><\/h4>\n\n\n\n