{"id":13666,"date":"2019-03-31T22:00:27","date_gmt":"2019-03-31T20:00:27","guid":{"rendered":"https:\/\/lldl.eu\/?p=13666"},"modified":"2019-04-06T10:14:26","modified_gmt":"2019-04-06T08:14:26","slug":"les-difficultes-du-gouvernement-tunisien-en-termes-de-sante-publique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2019\/03\/31\/les-difficultes-du-gouvernement-tunisien-en-termes-de-sante-publique\/","title":{"rendered":"Les difficult\u00e9s du gouvernement tunisien en termes de sant\u00e9 publique"},"content":{"rendered":"\n

Tunis<\/em>. Douze nourrissons sont morts aux alentours du 10 mars dans un grand centre de maternit\u00e9 publique de la Rabta \u00e0 Tunis, l\u2019h\u00f4pital Wassila Bourguiba. Suite \u00e0 cet \u00e9v\u00e8nement dramatique, le premier ministre Youssef Chahed a demand\u00e9 au ministre de la sant\u00e9 Ch\u00e9rif de se pr\u00e9senter face au conseil de s\u00e9curit\u00e9 nationale. La d\u00e9mission d\u2019Abderraouf Ch\u00e9rif le samedi suivant a plong\u00e9 le gouvernement tunisien dans la crise.<\/p>\n\n\n\n

Ces 12 nourrissons \u00e9taient des pr\u00e9matur\u00e9s, morts des suites d\u2019un \u00ab choc septique \u00bb <\/span>1<\/sup><\/a><\/span><\/span> . Ils avaient contract\u00e9 une infection nosocomiale lors de leur hospitalisation, durant laquelle a \u00e9t\u00e9 prescrite une alimentation parent\u00e9rale administr\u00e9e \u00e0 l\u2019aide d\u2019une sonde gastrique intraveineuse dans le corps des nouveau-n\u00e9s. Chaque composant de cette prescription est a priori<\/em> sain et la date de p\u00e9remption n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 d\u00e9pass\u00e9e : il s\u2019agit d\u2019une mati\u00e8re premi\u00e8re utilis\u00e9e dans tous les services de r\u00e9animation n\u00e9onatale. N\u00e9anmoins, il est possible qu\u2019un germe ait contamin\u00e9 la parent\u00e9rale lors de la pr\u00e9paration de la solution ou bien durant la p\u00e9riode de conservation, ce qui serait significatif d\u2019importants probl\u00e8mes sanitaires.<\/p>\n\n\n\n

Ce drame relance les critiques concernant la gestion des locaux hospitaliers. Le premier ministre Youssef Chahed a ainsi mis en place une enqu\u00eate sanitaire et judiciaire. Cette situation est aussi un moyen de raviver les rumeurs sur la campagne pr\u00e9sidentielle, car le chef du gouvernement est jug\u00e9 sur sa capacit\u00e9 \u00e0 \u00e0 surmonter une crise majeure. L\u2019opinion publique s\u2019est tr\u00e8s vite alarm\u00e9e : le 20 mars s\u2019est tenue une manifestation qui appelait les gouvernants \u00e0 sauver les services publics notamment celui de la sant\u00e9. La soci\u00e9t\u00e9 civile accuse l\u2019\u00c9tat de laisser \u00e0 l\u2019abandon les h\u00f4pitaux, que le personnel hospitalier juge hors normes et d\u00e9faillants <\/span>2<\/sup><\/a><\/span><\/span> .<\/p>\n\n\n\n

En effet, les m\u00e9decins ont tout de suite r\u00e9agi \u00e0 l\u2019\u00e9v\u00e9nement de la Rabta en expliquant qu\u2019ils travaillent deux fois plus dans le secteur public pour combler les d\u00e9faillances de l\u2019\u00c9tat. Le secteur priv\u00e9 s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9 au d\u00e9triment du secteur public, utilis\u00e9 par une majorit\u00e9 de Tunisiens qui n\u2019ont pas les moyens d\u2019\u00eatre pris en charge dans les cliniques priv\u00e9es. La soci\u00e9t\u00e9 civile remet en cause la part du budget que l\u2019\u00c9tat accorde \u00e0 la sant\u00e9 publique. Bien qu\u2019il soit \u00e0 la hausse de 9,6 % en 2019 par rapport \u00e0 2018 <\/span>3<\/sup><\/a><\/span><\/span> , il demeure inadapt\u00e9 aux besoins du secteur. En terme g\u00e9n\u00e9ral, la r\u00e9duction du budget de l\u2019\u00c9tat a des cons\u00e9quences sur les dispositifs m\u00e9dicaux. Une rallonge budg\u00e9taire \u00e0 hauteur de 150 millions de dinars sur l\u2019ensemble du budget de l\u2019\u00c9tat a \u00e9t\u00e9 propos\u00e9e pour freiner la p\u00e9nurie de m\u00e9dicaments dans les h\u00f4pitaux.<\/p>\n\n\n\n

Mais le manque d\u2019implication de l\u2019\u00c9tat est per\u00e7u comme une lente agonie des services de sant\u00e9 publique, ce qui pousse les trois quarts des m\u00e9decins tunisiens \u00e0 se tourner vers la France et l\u2019Europe. Ils ne trouvent pas en Tunisie d\u2019environnement pour la recherche scientifique. La \u00ab fuite \u00bb des m\u00e9decins, pour la plupart jeunes, est devenu un fl\u00e9au puisque les chiffres ont quadrupl\u00e9 depuis 2014. Bien qu\u2019en Tunisie les \u00e9tudes en m\u00e9decine soient reconnues, l\u2019\u00e9tranger semble \u00eatre un tremplin d\u2019opportunit\u00e9s face \u00e0 la d\u00e9t\u00e9rioration des h\u00f4pitaux. Ils sont \u00e0 la recherche de meilleures conditions de travail et \u00e9galement un salaire plus \u00e9lev\u00e9. Certains avouent \u00eatre pay\u00e9s 3500 euros en Allemagne, alors que le salaire d\u2019un m\u00e9decin moyen est de 700 euros en Tunisie. D\u00e9sormais ils se tournent \u00e9galement vers les pays du Golfe. Autrefois c\u2019\u00e9tait Ben Ali qui se r\u00e9jouissait du secteur de la sant\u00e9 publique et faisait la promotion sa gestion des h\u00f4pitaux \u00e0 ses voisins europ\u00e9ens.<\/p>\n\n\n\n

Perspectives :<\/strong><\/h4>\n\n\n\n