{"id":134957,"date":"2022-03-18T10:53:00","date_gmt":"2022-03-18T09:53:00","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=134957"},"modified":"2022-03-25T10:54:54","modified_gmt":"2022-03-25T09:54:54","slug":"sortir-de-notre-zone-de-confort-sur-le-changement-climatique-une-conversation-avec-katarina-csefalvayova-et-bostjan-videmsek","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2022\/03\/18\/sortir-de-notre-zone-de-confort-sur-le-changement-climatique-une-conversation-avec-katarina-csefalvayova-et-bostjan-videmsek\/","title":{"rendered":"Sortir de notre zone de confort sur le changement climatique, une conversation avec Katarina Csefalvayova\u00a0et Bo\u0161tjan Videm\u0161ek"},"content":{"rendered":"\n
Cet entretien est la transcription d\u2019un \u00e9change entre Katarina Csefalvayova et Bo\u0161tjan Videm\u0161ek qui s\u2019est tenu \u00e0 Ljubljana le 27 janvier 2022 dans le cadre de la Nuit des Id\u00e9es et de la pr\u00e9sidence fran\u00e7aise du Conseil de l\u2019Union europ\u00e9enne. En partenariat avec l\u2019Institut Fran\u00e7ais, le Grand Continent publie une s\u00e9rie de textes et d\u2019entretiens : ces \u00ab Grands Dialogues<\/a> \u00bb forment un dispositif r\u00e9unissant des personnalit\u00e9s intellectuelles de premier plan venues du monde des arts, des lettres, des sciences, du journalisme et de l\u2019engagement et repr\u00e9sentant l\u2019ensemble des \u00c9tats membres de l\u2019Union europ\u00e9enne.<\/em><\/p>\n\n\n\n\n\n Personnellement, je n\u2019appellerais pas cela une transition, et je ne me consid\u00e8re toujours pas comme une sp\u00e9cialiste des sujets environnementaux et climatiques. J’ai essay\u00e9, depuis le d\u00e9but de mes \u00e9tudes puis de ma carri\u00e8re, de garder \u00e0 l’esprit cette dimension \u00e9cologique, car je pense que nous devons avoir pleinement conscience du grand d\u00e9fi qui nous attend.<\/p>\n\n\n\n J’ai grandi dans une famille o\u00f9 deux de mes oncles repr\u00e9sentaient deux camps oppos\u00e9s dans le conflit entre la Hongrie et la Slovaquie \u00e0 propos du partage des eaux du Danube. Le premier \u00e9tait du c\u00f4t\u00e9 hongrois des n\u00e9gociations et l’autre \u00e9tait du c\u00f4t\u00e9 slovaque. L\u2019environnement dans lequel j’ai grandi \u00e9tait si fascinant que dans mon m\u00e9moire de master, je me suis int\u00e9ress\u00e9 \u00e0 ce sujet du barrage du Gabcikovo et, plus largement, au partage des eaux internationales. <\/p>\n\n\n\n Plus tard, au cours de mon doctorat, qui relevait plut\u00f4t de la politique internationale, j\u2019ai \u00e9tudi\u00e9 plus sp\u00e9cifiquement les probl\u00e8mes de raret\u00e9 de l’eau non pas, encore une fois, dans une perspective purement environnementale mais \u00e0 travers le prisme de la coop\u00e9ration internationale et des conflits qui pourraient en \u00e9merger. Ensuite, au cours de ma carri\u00e8re acad\u00e9mique, ces sujets sur la raret\u00e9 de l’eau m’ont amen\u00e9, quand je recherchais des partenaires, \u00e0 coop\u00e9rer, dans le cadre acad\u00e9mique, tant au niveau national, o\u00f9 ces sujets n’\u00e9taient pas vraiment \u00e9tudi\u00e9s \u00e0 l’\u00e9poque, qu’au niveau international o\u00f9 cela m’a amen\u00e9 \u00e0 des questions bien diff\u00e9rentes comme celle des migrations internationales, du changement climatique et de la s\u00e9curit\u00e9 climatique. Des questions qui s\u2019imposent avec le temps mais auxquelles je n\u2019avais pas forc\u00e9ment pens\u00e9 au d\u00e9part.<\/p>\n\n\n\n De m\u00eame, au niveau politique, je travaillais principalement avec des dirigeants s\u2019int\u00e9ressant \u00e0 des sujets internationaux, \u00e0 l\u2019instar du chef de la commission des Affaires \u00e9trang\u00e8res et du vice-pr\u00e9sident de la commission des Affaires \u00e9trang\u00e8res au Parlement. Mais j’essayais toujours de glisser certains aspects du changement climatique et des politiques et de la gouvernance climatique au sein de nos travaux car je pense que c’est une dimension qui doit \u00eatre pr\u00e9sente dans tous les aspects de notre soci\u00e9t\u00e9 en ce que c’est une question qui touche toutes les dimensions de nos vies.<\/p>\n\n\n\n Pour moi non plus, je dois dire, cela n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 une transition. 85 % des conflits arm\u00e9s qui sont en cours aujourd’hui se d\u00e9roulent dans les lieux les plus chauds et les plus secs du monde. La plupart de ces lieux sont \u00e9galement des endroits d’o\u00f9 les gens fuient, en tant que r\u00e9fugi\u00e9s climatiques. D\u00e8s 2004, alors que je couvrais la guerre du Darfour, le premier g\u00e9nocide du XXIe si\u00e8cle, dans le Soudan occidental, il est devenu \u00e9vident pour mes coll\u00e8gues et moi-m\u00eame que nous avions affaire \u00e0 un conflit caus\u00e9 par le changement climatique. C’\u00e9tait il y a dix-huit ans. Un rapport de l’ONU avait montr\u00e9 \u00e0 l’\u00e9poque que 1500 sources d’eau douce s\u2019\u00e9taient ass\u00e9ch\u00e9es en un an et que le Sahara s’\u00e9tendait au Sud d’1,5 \u00e0 7 kilom\u00e8tres par an.<\/p>\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\nVous avez tous les deux eu un parcours assez \u00e9loign\u00e9 des questions climatiques. Pourriez-vous revenir sur la mani\u00e8re dont vous avez effectu\u00e9 une transition vers les sujets environnementaux ?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
Katarina Csefalvayova<\/strong><\/h4>\n\n\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\nDans votre cas, Bo\u0161tjan Videm\u0161ek, pourrions-nous parler de transition ?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
Bo\u0161tjan Videm\u0161ek<\/strong><\/h4>\n\n\n\n\n\n
\r\n <\/picture>\r\n \n <\/a>\n<\/figure>\n\n\n