{"id":13420,"date":"2019-01-22T03:49:27","date_gmt":"2019-01-22T02:49:27","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/?p=13420"},"modified":"2020-03-01T14:50:49","modified_gmt":"2020-03-01T13:50:49","slug":"europeana-la-bibliotheque-et-le-monde","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2019\/01\/22\/europeana-la-bibliotheque-et-le-monde\/","title":{"rendered":"Europeana : la biblioth\u00e8que et le monde"},"content":{"rendered":"\n

\u00c0 partir de ce regard qui en quelque sorte se porte sur moi, du fond de cet espace virtuel qui est de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la glace, je reviens vers moi et je recommence \u00e0 porter mes yeux vers moi-m\u00eame et \u00e0 me reconstituer l\u00e0 o\u00f9 je suis.<\/em><\/p>Michel Foucault <\/span>1<\/sup><\/a><\/span><\/span><\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n

Le 14 d\u00e9cembre 2004, un tsunami \u00e9branlait l’Europe culturelle : Google annon\u00e7ait, dans le cadre du projet Google Print <\/em>(qui deviendra Google Books)<\/em>, la num\u00e9risation massive de quelques 15 millions de volumes issus des collections de cinq prestigieuses biblioth\u00e8ques anglo-saxonnes <\/span>2<\/sup><\/a><\/span><\/span>. La cr\u00e9ation d’une biblioth\u00e8que num\u00e9rique priv\u00e9e de grande ampleur, qui suppl\u00e9ait \u00e0 la faiblesse des initiatives publiques de num\u00e9risation, devait susciter un vif \u00e9moi sur le Vieux Continent.
<\/p>\n\n\n\n

Le 22 janvier 2005, Jean-No\u00ebl Jeanneney, alors pr\u00e9sident de la Biblioth\u00e8que Nationale de France (BnF), publiait dans Le Monde <\/em>une tribune marquante<\/a>, appelant \u00e0 la \u00ab contre-attaque \u00bb d’une \u00ab Europe d\u00e9cid\u00e9e \u00e0 n’\u00eatre pas seulement un march\u00e9, mais un centre de culture rayonnante et d’influence politique sans pareille autour de la plan\u00e8te \u00bb<\/em>. Quelques mois plus tard, le projet d’une biblioth\u00e8que num\u00e9rique europ\u00e9enne \u00e9tait sur les rails <\/span>3<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Il n’en faut pas plus pour piquer la curiosit\u00e9 g\u00e9opolitique.
<\/p>\n\n\n\n

14 ans apr\u00e8s la publication de cette tribune consid\u00e9r\u00e9e comme la date de naissance d’Europeana<\/em><\/a> (la biblioth\u00e8que num\u00e9rique europ\u00e9enne), se pencher sur l’histoire des biblioth\u00e8ques num\u00e9riques se r\u00e9v\u00e8le un exercice particuli\u00e8rement fructueux. En mettant en \u00e9vidence l’ampleur des enjeux g\u00e9opolitiques qui sous-tendent cette histoire, on voit se d\u00e9gager avec clart\u00e9 les lignes de force contemporaines d’une g\u00e9opolitique du num\u00e9rique et de la culture.<\/p>\n\n\n\n

Ce qu’il nous faut c’est la \u00ab Somme des Sommes \u00bb \u00ab Summa Summarum \u00bb, \u00ab le Livre Universel \u00bb. Tout le savoir dans ce qu’il a d’essentiel, concentr\u00e9, expos\u00e9 une fois.<\/em><\/p>
Paul Otlet <\/span>
4<\/sup><\/a><\/span><\/span> <\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n

Les biblioth\u00e8ques num\u00e9riques \u00e0 l\u2019aube des temps nouveaux <\/h3>\n\n\n\n

Paul Otlet (1868-1944), un des p\u00e8res fondateurs de la biblioth\u00e9conomie moderne <\/span>5<\/sup><\/a><\/span><\/span>, figure au Panth\u00e9on des visionnaires qui ont aper\u00e7u, \u00e0 la fin du XIXe<\/sup> si\u00e8cle, l’avenir de la soci\u00e9t\u00e9 de l’information. En effet, la poursuite de la qu\u00eate eschatologique de la biblioth\u00e8que-Savoir \u2013 qui anime les amis du livre depuis Ptol\u00e9m\u00e9e 1er<\/sup> et la mythique biblioth\u00e8que d’Alexandrie et qui m\u00e8ne Umberto Eco \u00e0 la biblioth\u00e8que du monast\u00e8re b\u00e9nidictin du Nom de la Rose<\/em>, Borg\u00e8s \u00e0 La Biblioth\u00e8que de Babel<\/em> et Paul Otlet \u00e0 l\u2019Office International de la Bibliographie \u2013 devait pousser le biblioth\u00e9conomiste \u00e0 pr\u00e9dire Internet, dont le but n\u2019est finalement gu\u00e8re plus que de rassembler \u00ab tout le savoir dans ce qu’il a d’essentiel, concentr\u00e9, expos\u00e9 une fois, ordonn\u00e9 suivant les possibilit\u00e9s maximum pour la recherche analytique et synth\u00e9tique, dans ce qu’il y a d’essentiel pour l’utilisation de toute la Documentation qui contient ce savoir dispers\u00e9, r\u00e9p\u00e9t\u00e9, inordonn\u00e9 \u00bb<\/em> <\/span>6<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/em>
<\/p>\n\n\n\n

Cette continuit\u00e9 ontologique de la biblioth\u00e9conomie et d’Internet explique la proximit\u00e9 que les projets de biblioth\u00e8ques num\u00e9riques eurent avec l’histoire pr\u00e9coce du num\u00e9rique : les professionnels de la documentation ont apport\u00e9 leurs lumi\u00e8res aux chercheurs en informatique, quand, en retour, des projets de biblioth\u00e8ques num\u00e9riques ont rapidement \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n

Si c’est en Europe que l’informatique \u00e9merge, les \u00c9tats-Unis (et le Japon) prennent rapidement une avance consid\u00e9rable. Ainsi, les premiers projets de biblioth\u00e8ques num\u00e9riques \u2013 G\u00fctenberg (1971), Perseus (1985), NetLib (1985), ArXiv (1991), ainsi que quelques initiatives remarquables d’archivage priv\u00e9es <\/span>7<\/sup><\/a><\/span><\/span> \u2013 sont \u00e9tats-uniens. Ce d\u00e9veloppement rapide est port\u00e9 notamment par le d\u00e9ploiement d’ambitieuses politiques institutionnelles et gouvernementales, \u00e0 l’instar du programme f\u00e9d\u00e9ral de recherche Digital Library Initiative <\/em>(DLI), qui financera quelques 68 millions de dollars de recherches entre 1994 et 1998. Plus encore que l’importance de la somme allou\u00e9e, les institutions engag\u00e9es dans ce programme t\u00e9moignent de l’int\u00e9r\u00eat accord\u00e9 \u00e0 ces projets : sur trois institutions fondatrices <\/span>8<\/sup><\/a><\/span><\/span>, deux rel\u00e8vent de domaines r\u00e9galiens strat\u00e9giques (la National Aeronautics and Space Administration <\/em>(NASA) et la Defense Advanced Research Projects Agency<\/em> (DARPA), l\u2019agence de recherche militaire am\u00e9ricaine). La seconde phase accueille une troisi\u00e8me institution r\u00e9galienne : le puissant Federal Bureau of Investigation <\/em>(FBI). L’intervention de ces institutions souligne \u00e9galement la valeur strat\u00e9gique des technologies n\u00e9cessaires au fonctionnement d’architectures documentaires comme les biblioth\u00e8ques num\u00e9riques.
<\/p>\n\n\n\n

En effet, que ce soit en termes de bonnes pratiques \u2013 mise en place de normes et de r\u00e9seaux afin de favoriser l’interop\u00e9rabilit\u00e9 des ressources, par exemple \u2013 ou de technologies \u2013 comme les protocoles d’\u00e9changes \u2013, les biblioth\u00e8ques num\u00e9riques sont au c\u0153ur d’innovations fondamentales \u00e0 la constitution du web. Ainsi, dans le cadre de projets li\u00e9s aux biblioth\u00e8ques num\u00e9riques se d\u00e9velopperont, dans le courant des ann\u00e9es 1990, des technologies et normes comme le protocole OAI-PMH (Open Archives Initiative’s Protocol for Metadata Harvesting<\/em>), sous l’\u00e9gide du DLI-2, ou le format descriptif Dublin Core<\/em> <\/span>9<\/sup><\/a><\/span><\/span>, standard mondial pour la description des m\u00e9tadonn\u00e9es, d\u00e9velopp\u00e9 par l’Online Computer Library Center<\/em> (OCLC) et le National Center for Supercomputing Applications <\/em>(NCSA). De m\u00eame, exemple \u00e9difiant s’il en est, rappelons que la naissance de Google lui-m\u00eame est permise par un projet DLI-1, pilot\u00e9 par l’universit\u00e9 de Standford, auquel Sergey Brin et Larry Page participaient : l’argent du projet fournira les premiers serveurs<\/a> n\u00e9cessaires au d\u00e9veloppement de l\u2019algorithme PageRank<\/em>. Aux pr\u00e9misses de Google se trouve donc un projet de biblioth\u00e8que num\u00e9rique… Larry Page, dans le communiqu\u00e9 d’annonce de la campagne de num\u00e9risation de 2004, se targuera d’ailleurs de cette origine :
<\/p>\n\n\n\n

Even before we started Google, we dreamed of making the incredible breadth of information that librarians so lovingly organize searchable online.<\/em><\/p>Larry Page <\/span>10<\/sup><\/a><\/span><\/span> <\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n

Si les enjeux g\u00e9opolitiques li\u00e9s \u00e0 de telles innovations technologiques sont ais\u00e9ment compr\u00e9hensibles, on mesure souvent mal le caract\u00e8re \u00e9galement sensible des normes de description et autres r\u00e8gles d\u2019indexation <\/span>11<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Actuellement majoritairement d\u2019origine am\u00e9ricaine, elles constituent \u00e0 bien des \u00e9gards un outil puissant et insidieux de soft-power. Comme le rappelait Paul Otlet : <\/p>\n\n\n\n

La forme du langage exerce une influence pr\u00e9pond\u00e9rante sur la forme de l’esprit. Le langage dirige inconsciemment notre mentalit\u00e9, car il est l’\u00e9l\u00e9ment essentiel de la pens\u00e9e. Cr\u00e9er une Classification synth\u00e9tique avec notation concise des id\u00e9es, c’est doter l’esprit d’une v\u00e9ritable langue \u00e9crite universelle capable d’agir puissamment sur la forme elle-m\u00eame de la Pens\u00e9e.<\/em><\/p>\u2013 Paul Otlet. Trait\u00e9 de documentation. Le livre sur le livre<\/a><\/em>, Bruxelles, Palais mondial, 1934.<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n

De l’autre c\u00f4t\u00e9 de l’Atlantique : la perspective culturelle <\/h3>\n\n\n\n

L’Europe est, jusqu’\u00e0 l’aube des ann\u00e9es 2000, ind\u00e9niablement en retard sur ces projets <\/span>12<\/sup><\/a><\/span><\/span>, bien que des programmes se d\u00e9veloppent dans les ann\u00e9es 1990, port\u00e9s par la Commission europ\u00e9enne dans le cadre de la nouvelle politique de recherche, le First Framework Programme <\/em>(1984-1987, FP1), o\u00f9 \u00e9merge un programme d\u00e9di\u00e9 aux technologies de l’information, l’European Strategic Program on Research in Information Technology<\/em> (ESPRIT). Les motivations de ce programme sont \u00e9minemment g\u00e9opolitiques :<\/p>\n\n\n\n

Pour les \u00e9conomies europ\u00e9ennes \u00e0 haute valeur ajout\u00e9e, les TI rev\u00eatent une importance vitale et l’Europe doit acqu\u00e9rir des comp\u00e9tences propres dans des domaines cl\u00e9s si elle veut pouvoir rivaliser avec les \u00c9tats-Unis et le Japon et coop\u00e9rer avec eux sur un pied d’\u00e9galit\u00e9. [\u2026] Cependant, l’Europe ne se trouve plus comme autrefois \u00e0 la pointe du d\u00e9veloppement technologique et de l’innovation et en raison de la situation mondiale, il lui est de plus en plus difficile de sauvegarder sa puissance \u00e9conomique et industrielle.<\/em>
<\/p>\u2013 JO n\u00b0 C 321 du 26\/11\/1983, p. 6-7,
disponible en ligne<\/a>. <\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n

Ce programme de recherche soutient notamment des projets de biblioth\u00e8ques num\u00e9riques. Ainsi, sous le FP3 est cr\u00e9\u00e9 un programme Telematics Library<\/em>, tandis que l’ERCIM, en 1996, stimule la coop\u00e9ration internationale \u00e0 travers le DELOS Working Group<\/em>, qui deviendra quelques ann\u00e9es plus tard le DELOS Network of excellence<\/em>.<\/p>\n\n\n\n

Deux ph\u00e9nom\u00e8nes favorisent le d\u00e9veloppement de projets de biblioth\u00e8ques num\u00e9riques. D’une part, la voie de la modernisation est encourag\u00e9e par les Etats-Unis, par l’interm\u00e9diaire du Royaume-Uni, o\u00f9 la British National Library <\/em>est tr\u00e8s en avance, et de la Commission europ\u00e9enne <\/span>13<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Ce soutien passe notamment par la coop\u00e9ration internationale dans le cadre de projets et de groupes de travail transatlantiques. La cr\u00e9ation de normes et de standards n’a de sens que s\u2019ils sont largement partag\u00e9s… D’autre part, les biblioth\u00e8ques b\u00e9n\u00e9ficient de l’accent nouveau mis sur la citoyennet\u00e9 europ\u00e9enne, \u00e0 partir de 1992 (Maastricht) et de 1997 (Amsterdam), citoyennet\u00e9 pour laquelle la culture devait jouer un r\u00f4le de premier plan. Dans ce contexte, l’avenir num\u00e9rique, donc potentiellement transnational, des biblioth\u00e8ques europ\u00e9ennes appara\u00eet plein de promesses <\/span>14<\/sup><\/a><\/span><\/span>.
<\/p>\n\n\n\n

Les principaux ingr\u00e9dients d’une g\u00e9opolitique des biblioth\u00e8ques num\u00e9riques sont d’ores et d\u00e9j\u00e0 rassembl\u00e9s. D’un c\u00f4t\u00e9, les recherches n\u00e9cessaires au d\u00e9veloppement de biblioth\u00e8ques num\u00e9riques participent aux innovations technologiques et \u00e0 la normalisation internationale des formats, au plus pr\u00e8s des enjeux strat\u00e9giques de la soci\u00e9t\u00e9 de l’information en plein d\u00e9veloppement. De l’autre se forme l’espoir que la biblioth\u00e8que, h\u00e9t\u00e9rotopie consensuelle, puisse, en se d\u00e9mat\u00e9rialisant, fournir le liant culturel dont le projet europ\u00e9en manque cruellement. Il n’y a plus qu’\u00e0 attendre l’\u00e9tincelle.<\/p>\n\n\n\n

Europeana <\/em> : la biblioth\u00e8que g\u00e9opolitique <\/h3>\n\n\n\n

Le d\u00e9veloppement de projets de biblioth\u00e8ques num\u00e9riques s\u2019acc\u00e9l\u00e8re en Europe \u00e0 partir de la seconde moiti\u00e9 des ann\u00e9es 1990 : la naissance d’Europeana<\/em> s’inscrit dans la continuit\u00e9 de cette dynamique. La France occupe durant cette p\u00e9riode une place remarquable. Il faut dire que la biblioth\u00e8que num\u00e9rique fait partie de l’ADN de la nouvelle Biblioth\u00e8que nationale de France <\/em>(BnF) <\/span>15<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n

D\u00e8s sa r\u00e9\u00e9lection, en 1988, Fran\u00e7ois Mitterrand, dont le pr\u00e9c\u00e9dent mandat avait \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9 par les grandes r\u00e9alisations culturelles que sont le Grand Louvre et l’op\u00e9ra Bastille, annonce un nouveau projet d’envergure : une \u00ab tr\u00e8s grande biblioth\u00e8que d’un genre enti\u00e8rement nouveau \u00bb. Dans l’esprit de Jacques Attali qui souffle l’id\u00e9e \u00e0 l’oreille du Pr\u00e9sident, il s’agit d’une nouvelle biblioth\u00e8que de recherche de haut niveau accessible \u00e0 distance et \u00e0 la t\u00eate d’un r\u00e9seau informatis\u00e9 de biblioth\u00e8ques : en somme, une tr\u00e8s grande biblioth\u00e8que num\u00e9rique, avant m\u00eame que les technologies qui pourraient la rendre possible n’existent \u2013 le web ne sera invent\u00e9 qu’en 1989.<\/p>\n\n\n\n\n\n

\n \n \r\n \r\n \r\n \r\n \r\n \r\n \"Europeana\r\n <\/picture>\r\n \n
Page d\u2019accueil de Gallica en f\u00e9vrier 1998. Encore \u00ab  exp\u00e9rimental  \u00bb, Gallica offre ces ressources dans le cadre d\u2019une politique documentaire raisonn\u00e9e, dont la premi\u00e8re th\u00e9matique fut \u00ab  Le XIXe<\/sup> si\u00e8cle francophone  \u00bb. Source  : Internet Archive<\/a>, 29 d\u00e9cembre 2018.<\/figcaption>\n <\/a>\n<\/figure>\n\n\n

N\u00e9anmoins, alors que la Biblioth\u00e8que Nationale<\/em> (Bn) souffre d’insolubles probl\u00e8mes d’espace, engonc\u00e9e dans le quadrilat\u00e8re Richelieu, le projet se d\u00e9tourne de sa vocation initiale pour devenir un projet architectural d’envergure \u2013 men\u00e9 par Dominique Perrault \u2013 qui accueillera la future Biblioth\u00e8que nationale de France.<\/em> Si le revers est consid\u00e9rable, l’ambition num\u00e9rique, bien que largement rel\u00e9gu\u00e9e, demeure, et un projet de biblioth\u00e8que num\u00e9rique se d\u00e9veloppe. Int\u00e9grant progressivement les possibilit\u00e9s ouvertes par la d\u00e9mocratisation du web <\/span>16<\/sup><\/a><\/span><\/span>, Gallica <\/em>voit le jour \u00e0 la fin l’ann\u00e9e 1997. Comptant quelques milliers de documents \u00e0 son ouverture, elle s’\u00e9toffe progressivement pour devenir en 2004, \u00e0 la veille de l’annonce de Google, une des plus importantes biblioth\u00e8ques num\u00e9riques mondiales, comptabilisant plus d’une centaine de milliers de documents <\/span>17<\/sup><\/a><\/span><\/span>. D’autres initiatives sont \u00e9galement remarquables sur le continent, notamment au Royaume-Uni et en Allemagne. Au niveau europ\u00e9en, la Conference of European National Librarians<\/em> (CENL) <\/a>s’appr\u00eate \u00e0 lancer, en 2005, The European Library<\/em><\/a>, un catalogue fusionn\u00e9 de plusieurs biblioth\u00e8ques europ\u00e9ennes qui succ\u00e8de au projet Bibliotheca Universalis<\/em> (1994) <\/span>18<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Le projet Michael<\/em> <\/a>(Multicultural Inventory of Cultural Heritage in Europe<\/em>) de recensement des \u0153uvres mus\u00e9ales europ\u00e9ennes num\u00e9ris\u00e9es est \u00e9galement d\u00e9velopp\u00e9 durant cette p\u00e9riode. <\/p>\n\n\n\n

Pourtant, l’\u00e9l\u00e9ment d\u00e9clencheur d’Europeana<\/em> sera exog\u00e8ne : bien malgr\u00e9 lui, c’est Google qui provoque l\u2019\u00e9tincelle \u00e0 l\u2019origine de la cr\u00e9ation d’une biblioth\u00e8que num\u00e9rique europ\u00e9enne. En d\u00e9cembre 2004, quelques mois apr\u00e8s son lancement, Google annonce l’acc\u00e9l\u00e9ration de son programme de num\u00e9risation : 15 millions de documents <\/span>19<\/sup><\/a><\/span><\/span>, issus de cinq prestigieuses biblioth\u00e8ques anglo-saxonnes <\/span>20<\/sup><\/a><\/span><\/span>, seront num\u00e9ris\u00e9s, \u00e0 court terme, pour quelques 150 \u00e0 200 millions de dollars. L’annonce suscite un toll\u00e9 : une telle campagne laisse sur le carreau toutes les initiatives publiques <\/span>21<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Google, le g\u00e9ant du web, vient de faire irruption dans le monde du livre imprim\u00e9 et de la culture europ\u00e9enne.
<\/p>\n\n\n\n

La r\u00e9action ne tarde pas, et le 22 janvier 2005, Jean-No\u00ebl Jeanneney, alors directeur de la Biblioth\u00e8que nationale de France, r\u00e9agit dans Le Monde <\/em>en publiant Quand Google d\u00e9fie l’Europe<\/em><\/a>. <\/em>Cette tribune a un \u00e9cho consid\u00e9rable : Jacques Chirac, alors pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, porte d\u00e8s le mois d’avril le projet aupr\u00e8s des autorit\u00e9s europ\u00e9ennes, avec succ\u00e8s <\/span>22<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Le projet tombe d’ailleurs tr\u00e8s bien dans l’agenda politique : Jacques Chirac d\u00e9fend le d\u00e9veloppement d’une politique europ\u00e9enne ambitieuse de recherche et d\u00e9veloppement, avec notamment le lancement, la m\u00eame ann\u00e9e <\/span>23<\/sup><\/a><\/span><\/span>, du projet de moteur de recherche europ\u00e9en Quaero, auquel Europeana participera d’ailleurs un temps.
<\/p>\n\n\n\n

L’argumentaire d\u00e9ploy\u00e9 par Jean-No\u00ebl Jeanneney dans cette tribune exprime clairement les enjeux g\u00e9opolitiques d\u2019une biblioth\u00e8que num\u00e9rique europ\u00e9enne (BNUE). En appelant \u00e0 la \u00ab contre-attaque \u00bb europ\u00e9enne, Jeanneney alerte l’opinion sur le risque d’une \u00ab domination \u00e9crasante de l’Am\u00e9rique dans la d\u00e9finition de l’id\u00e9e que les prochaines g\u00e9n\u00e9rations se feront du monde. \u00bb. <\/em>Il ne s’agit rien de moins que d’assurer, \u00ab face aux diverses concurrences plan\u00e9taires dont le dynamisme s’affirme si fort, un avenir \u00e0 l’originalit\u00e9 de l’Europe \u00bb. <\/em>Dans un contexte informationnel en mutation, o\u00f9 le bouleversement des autorit\u00e9s traditionnelles inqui\u00e8te <\/span>24<\/sup><\/a><\/span><\/span>, deux consid\u00e9rations d\u2019ordre g\u00e9opolitique sont mises en avant dans la critique du projet de l\u2019entreprise am\u00e9ricaine : d\u2019une part, face \u00e0 l\u2019impossible exhaustivit\u00e9 de la num\u00e9risation, les in\u00e9vitables choix seraient conditionn\u00e9s par une repr\u00e9sentation am\u00e9ricaine de la soci\u00e9t\u00e9, participant, m\u00eame inconsciemment, d\u2019une politique d\u2019influence ; d\u2019autre part, la production intellectuelle anglophone, notamment contemporaine, s’en trouverait survaloris\u00e9e, conf\u00e9rant au passage \u00ab un avantage \u00e9crasant \u00e0 l’anglais par rapport aux autres langues de culture \u00bb<\/em>. Si des auteurs, \u00e0 l’instar de Bruno Racine <\/span>25<\/sup><\/a><\/span><\/span>, critiqueront les remarques de Jean-No\u00ebl Jeanneney, arguant notamment que les millions de volumes promis \u00e0 la num\u00e9risation dans les grandes biblioth\u00e8ques anglo-saxonnes demeurent largement europ\u00e9ens du fait de la diffusion de la culture du Vieux Continent, les inqui\u00e9tudes soulev\u00e9es sont l\u00e9gitimes et la domination am\u00e9ricaine attest\u00e9e, m\u00eame si des \u00e9volutions r\u00e9centes tendent \u00e0 se dessiner <\/span>26<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Quoiqu\u2019il soit difficile de mesurer concr\u00e8tement la port\u00e9e r\u00e9elle de la domination am\u00e9ricaine ou anglo-saxonne en terme de contenus, de langues ou d\u2019influence <\/span>27<\/sup><\/a><\/span><\/span>, la tribune a le m\u00e9rite de mettre en lumi\u00e8re des \u00e9l\u00e9ments essentiels d\u2019une g\u00e9opolitique num\u00e9rique de la culture. Ces inqui\u00e9tudes seront suffisamment prises au s\u00e9rieux pour presser au d\u00e9veloppement d\u2019une biblioth\u00e8que num\u00e9rique europ\u00e9enne ambitieuse, ancr\u00e9e dans une logique concurrentielle vis-\u00e0-vis de la num\u00e9risation du patrimoine op\u00e9r\u00e9e par le g\u00e9ant am\u00e9ricain d\u2019Internet.
<\/p>\n\n\n\n

En outre, sur le plan de la g\u00e9opolitique europ\u00e9enne, l\u2019appel dans la tribune de Jean-No\u00ebl Jeanneney \u00e0 l\u2019\u00e9chelon europ\u00e9en n\u2019est pas anecdotique. Dans un pays o\u00f9 la fiert\u00e9 culturelle reste marqu\u00e9e par la d\u00e9confiture inflig\u00e9e par Hollywood au cin\u00e9ma national, et alors que l\u2019id\u00e9e d\u2019une int\u00e9gration europ\u00e9enne renforc\u00e9e fait son chemin, la prise de conscience de la faiblesse de la France et de l\u2019in\u00e9galit\u00e9 du combat avec Google participe \u00e0 la prise en consid\u00e9ration de l\u2019Europe comme \u00e9chelle pertinente. <\/p>\n\n\n\n\n\n

\n \n \r\n \r\n \r\n \r\n \r\n \r\n \r\n <\/picture>\r\n \n
Capture d’\u00e9cran de la page d’accueil d’Europeana, r\u00e9alis\u00e9e le 28 d\u00e9cembre 2018.<\/figcaption>\n <\/a>\n<\/figure>\n\n\n

Un succ\u00e8s \u00e0 venir ? <\/h3>\n\n\n\n

Les d\u00e9buts de la BNUE, entre-temps renomm\u00e9e Europeana, <\/em>sont moins rapides que la volont\u00e9 politique semblait l’annoncer, notamment en terme de volume d\u2019oeuvres num\u00e9ris\u00e9es, fortement d\u00e9pendant des initiatives nationales. Le projet conna\u00eet m\u00eame un tragique revers de fortune : le site doit fermer, satur\u00e9 par un trop grand nombre de visites, quelques heures apr\u00e8s son lancement officiel en 2008 <\/span>28<\/sup><\/a><\/span><\/span>. En outre, les premiers r\u00e9sultats suscitent des critiques structurelles, notamment contre la politique documentaire choisie ou face \u00e0 l’absence d’environnement web unifi\u00e9 (les contenus \u00e9taient, et sont encore tr\u00e8s largement, seulement signal\u00e9s<\/em> dans Europeana, la consultation demeurant sur le site du fournisseur du document) <\/span>29<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Au demeurant, l’engouement m\u00e9diatique de 2004 n’est plus \u00e0 l’ordre du jour et l\u2019existence m\u00eame de cette importante initiative europ\u00e9enne semble rester largement ignor\u00e9e par bien des Europ\u00e9ens. Sans conteste, les espoirs de relever le gant<\/em> se sont rapidement effondr\u00e9s, alors que le projet Quaero prenait lui aussi l’eau… <\/span>30<\/sup><\/a><\/span><\/span>
<\/p>\n\n\n\n

N\u00e9anmoins, Europeana<\/em> semble aujourd’hui en bonne sant\u00e9. Elle rassemble plus de 58 millions de documents, ayant all\u00e8grement d\u00e9pass\u00e9 les objectifs de sa feuille de route ; plus d’une cinquantaine d’institutions y participent ; les projets de valorisation culturelle se multiplient, tandis que l’interface offre un haut niveau de service… Reste encore l’effort de communication autour du projet, qui n’enregistre que quelques 374,000 visites par mois <\/span>31<\/sup><\/a><\/span><\/span>, alors que Gallica, par exemple, d\u00e9passe la barre des 1,3 millions <\/span>32<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n

Des tendances actuelles, on notera \u00e9galement que le pilier culturel de la biblioth\u00e8que num\u00e9rique a pris le pas sur les aspects d\u2019innovation technologique. Si cette derni\u00e8re dimension persiste <\/span>33<\/sup><\/a><\/span><\/span>, notamment sur les probl\u00e9matiques li\u00e9es aux standards et au multilinguisme, dont l\u2019Europe peut tirer une grande force, et si l’institution conserve une intense activit\u00e9 d’animation d’un r\u00e9seau international, les \u00e9l\u00e9ments de langage d\u00e9ploy\u00e9s aujourd’hui attestent de la pr\u00e9valence du volet culturel du projet. D\u2019ailleurs, le rare \u00e9cho qu\u2019Europeana<\/em> a eu ces derniers temps dans la presse fran\u00e7aise <\/span>34<\/sup><\/a><\/span><\/span> \u00e9tait li\u00e9 au projet Europeana 1914-1918<\/em><\/a>, consacr\u00e9 \u00e0 la valorisation du patrimoine europ\u00e9en li\u00e9 \u00e0 la Premi\u00e8re Guerre mondiale. D\u00e9finitivement, le succ\u00e8s des biblioth\u00e8ques num\u00e9riques en Europe s\u2019appuie sur le potentiel culturel f\u00e9d\u00e9rateur, bien plus que sur le volet \u00ab innovation technologique \u00bb. <\/p>\n\n\n\n

Europeana :<\/em> pilier d\u2019une politique culturelle du num\u00e9rique ? <\/h3>\n\n\n\n

Ce rapide retour sur l’histoire des biblioth\u00e8ques num\u00e9riques en Europe rappelle que, malgr\u00e9 l\u2019aura symbolique qui en dissimule la port\u00e9e, les biblioth\u00e8ques se trouvent au c\u0153ur d’enjeux politiques et g\u00e9opolitiques de premier plan. Combinant les volets num\u00e9riques et culturels, les biblioth\u00e8ques num\u00e9riques sont symptomatiques des tendances de fonds des g\u00e9opolitiques du num\u00e9rique \u2013 enjeu de la d\u00e9finition des normes et standards, d\u00e9s\u00e9quilibre des d\u00e9veloppements technologiques, diversit\u00e9 linguistique du web \u2013 et de la culture \u2013 int\u00e9gration europ\u00e9enne par la culture, soft-power et diversit\u00e9 culturelle\u2026 Situ\u00e9es \u00e0 un point de confluence de ces enjeux, les biblioth\u00e8ques num\u00e9riques, et, donc, Europeana<\/em> <\/span>35<\/sup><\/a><\/span><\/span>, peuvent constituer un pilier d\u2019une politique culturelle europ\u00e9enne du num\u00e9rique, au sein de laquelle les enjeux de puissance sont essentiels. Si la Chine lutte contre la domination<\/a> de l\u2019Internet par la censure, l\u2019Europe pourrait, elle, opposer la richesse de son patrimoine, de son histoire, de sa culture dont les biblioth\u00e8ques, les archives et les mus\u00e9es europ\u00e9ens sont d\u00e9positaires. <\/p>\n\n\n\n

En outre, les dimensions technologiques et \u00e9conomique ne sauraient \u00eatre n\u00e9glig\u00e9es au profit d\u2019une vision uniquement culturelle. S\u2019il semble bien que l\u2019objectif de Google Books<\/em> ait \u00e9t\u00e9 aussi d\u2019\u00ab \u00e9larg[ir] [sa] base de recherche et l\u2019efficacit\u00e9 et la pertinence de [ses] r\u00e9sultats \u00bb <\/span>36<\/sup><\/a><\/span><\/span>, le d\u00e9veloppement depuis 2011 du projet de num\u00e9risation d\u2019oeuvres d\u2019art, Google Art Project<\/em>, \u00e0 l\u2019heure o\u00f9 la description des images est un nouvel enjeu d\u2019innovation, laisse supposer des retomb\u00e9es technologiques. En effet, dans le domaine de l\u2019intelligence artificielle, o\u00f9 l\u2019acc\u00e8s \u00e0 des volumes importants de donn\u00e9es structur\u00e9es est un enjeu capital, la constitution de bases d\u2019images, de sons, de textes semble pouvoir rev\u00eatir une dimension strat\u00e9gique. Encore une fois, il faut bien mesurer que les biblioth\u00e8ques ne sont pas seulement un monde miniature et utopique, repli\u00e9 sur lui-m\u00eame dans le calme du savoir, mais bien un espace au c\u0153ur du monde, o\u00f9 l’avenir peut se jouer. <\/p>\n\n\n\n

Prologue <\/h3>\n\n\n\n

Un contre-point, fond\u00e9 sur l\u2019actualit\u00e9 r\u00e9cente, permet de mesurer concr\u00e8tement la pertinence des probl\u00e9matiques soulev\u00e9es en 2004 par Jean-No\u00ebl Jeanneney. R\u00e9guli\u00e8rement maintenant, les m\u00e9dias fran\u00e7ais s\u2019\u00e9meuvent de la censure sur Facebook d’une Libert\u00e9 guidant le peuple<\/em> \u00e0 la poitrine trop d\u00e9nud\u00e9e, \u00e0 l’instar du Figaro<\/a> ou du Huffington Post<\/a>. Face au scandale, l\u2019entreprise de Palo Alto se confond en excuses et plaide l’\u00ab erreur \u00bb. En fait d’erreur, on pourrait tout aussi bien saluer la puissance d’algorithmes capables de reconna\u00eetre la luxure d’une si petite t\u00e2che de peinture ! Mais ce serait alors braquer les projecteurs vers les valeurs culturelles et morales qu’ils mettent en \u0153uvre, et, dans le bleu consensuel d’une entreprise-monde, d’une communaut\u00e9 mondiale sans patrie, appara\u00eetraient en filigrane les stars and stripes <\/em>de cette Am\u00e9rique puritaine, o\u00f9 la sexualit\u00e9 demeure largement bannie de la sph\u00e8re publique. Plaider l’erreur, c’est finalement sans doute \u00e9viter une v\u00e9ritable crise de l’entreprise universelle qui r\u00e9v\u00e8lerait alors son attachement \u00e0 un territoire somme toute particulier.
<\/p>\n\n\n\n

Au c\u0153ur du syst\u00e8me r\u00e9side donc l’impens\u00e9 culturel fondamental, reflet d’une soci\u00e9t\u00e9 donn\u00e9e \u00e0 une \u00e9poque donn\u00e9e. Un impens\u00e9 qui ne peut qu\u2019influencer fondamentalement les d\u00e9cisions prises dans ce syst\u00e8me. A l’heure o\u00f9 les puissances publiques appellent les m\u00e9dias sociaux \u00e0 l’auto-r\u00e9gulation, une telle r\u00e9alit\u00e9 n’est pas sans laisser l’Europ\u00e9en m\u00e9ditatif\u2026<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"

On ne mesure souvent que mal que la culture et les biblioth\u00e8ques constituent des objets politiques et g\u00e9opolitiques sensibles. 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