{"id":12843,"date":"2019-02-24T22:00:00","date_gmt":"2019-02-24T21:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/lldl.eu\/?p=12843"},"modified":"2019-04-05T09:37:15","modified_gmt":"2019-04-05T08:37:15","slug":"a-westminster-la-naissance-dun-nouveau-parti-independant-secoue-les-negociations-sur-le-brexit","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2019\/02\/24\/a-westminster-la-naissance-dun-nouveau-parti-independant-secoue-les-negociations-sur-le-brexit\/","title":{"rendered":"\u00c0 Westminster, la naissance d\u2019un nouveau parti ind\u00e9pendant secoue les n\u00e9gociations sur le Brexit"},"content":{"rendered":"\n

Londres<\/em>. Le Brexit approche \u00e0 grand pas et Theresa May s\u2019est rendue \u00e0 Bruxelles, la semaine derni\u00e8re, pour demander une r\u00e9vision du backstop<\/em>. Pas question de ren\u00e9gocier l\u2019accord de divorce, mais plut\u00f4t d\u2019apporter des modifications \u00e0 la d\u00e9claration politique qui l\u2019accompagne. Une rencontre qualifi\u00e9e de \u201cconstructive\u201d par la Premi\u00e8re Ministre britannique, mais qui a laiss\u00e9 Michel Barnier, n\u00e9gociateur en chef du Brexit, plus pr\u00e9occup\u00e9 que jamais face \u00e0 l\u2019hypoth\u00e8se d\u2019un Brexit accidentel (1<\/strong>). Un reproche de la part de Bruxelles : afin d\u2019obtenir un consensus sur l\u2019accord sign\u00e9 en novembre, May aurait pu adopter une ligne plus dure vis-\u00e0-vis de l\u2019aile hard-Brexit<\/em> qui tient en otage le parti conservateur.<\/p>\n\n\n\n

Entretemps, la question europ\u00e9enne pourrait provoquer une recomposition politique majeure : onze d\u00e9put\u00e9s ont abandonn\u00e9 leur parti et l\u2019exode pourrait continuer. Huit d\u00e9put\u00e9s travaillistes l\u2019ont quitt\u00e9 en accusant l\u2019\u00e9quipe dirigente d\u2019antis\u00e9mitisme et d\u2019une mauvaise approche du Brexit, reprochant au Parti Travailliste de vouloir n\u00e9gocier une union douani\u00e8re avec l\u2019Union Europ\u00e9enne (UE) et un alignement garantissant l\u2019acc\u00e8s aux march\u00e9s, mais sans revenir sur la question de fond. En effet, Jeremy Corbyn, qui \u00e9tait \u00e0 Bruxelles la semaine derni\u00e8re au m\u00eame moment que Theresa May pour rencontrer Michel Barnier, m\u00e9contente une partie des travaillistes par son refus de demander un nouveau r\u00e9f\u00e9rendum. C\u00f4t\u00e9 conservateur, trois d\u00e9put\u00e9es ont d\u00e9missionn\u00e9, Anna Soubry, Sarah Wollaston et Heidi Allen, insatisfaites de la ligne du parti sur l\u2019Europe et en particulier du positionnement de Theresa May qui est personnellement contre la libert\u00e9 de mouvement des personnes et pour la libert\u00e9 commerciale, comme les Brexiters les plus durs.<\/p>\n\n\n\n

Chuka Umunna, surnomm\u00e9 le Barack Obama britannique (4<\/strong>), n\u00e9 \u00e0 Londres en 1978 d\u2019un p\u00e8re nig\u00e9rian et d\u2019une m\u00e8re anglo-irlandaise, d\u00e9put\u00e9 de la circonscription de Streatham, membre du cabinet fant\u00f4me depuis 2011, a d\u00e9clar\u00e9 esp\u00e9rer la cr\u00e9ation d\u2019une nouvelle force politique ind\u00e9pendante, fruit de cette s\u00e9cession, d\u2019ici la fin de l\u2019ann\u00e9e, \u00e0 la t\u00eate de laquelle il serait le candidat favori (3<\/strong>). Pro-immigration, en faveur d\u2019un renforcement de l\u2019\u00c9tat-providence, le groupe se pose comme pluraliste et cherche \u00e0 ramener le pouvoir du centre de l\u2019\u00e9chiquier politique (2<\/strong>). Il si\u00e8ge \u00e0 la Chambre des Repr\u00e9sentants et fait des appels de phare aux d\u00e9put\u00e9s centristes de chaque parti. Les membres de ce groupe ont travaill\u00e9 sur le dossier europ\u00e9en pendant plus de deux ans mais n\u2019ont commenc\u00e9 que tr\u00e8s r\u00e9cemment \u00e0 discuter de l\u2019id\u00e9e d\u2019une vraie force transpartisane. \u00ab La confusion du Brexit \u00e9tait encore l\u00e0 mais le brouillard qui entourait la situation des partis se dissipait et il y avait comme le sentiment que les deux partis principaux \u00e9taient contr\u00f4l\u00e9s par leurs extr\u00eames \u00bb, a expliqu\u00e9 Umunna (5<\/strong>).<\/p>\n\n\n\n

Selon The Economist<\/em>, la profonde division qui traverse le pays sur la question du Leave vs Remain, tant chez les \u00e9lecteurs que dans la classe politique, aurait d\u00e9sormais d\u00e9pass\u00e9 le clivage traditionnel entre la gauche et la droite (6<\/strong>). Certes, le syst\u00e8me \u00e9lectoral britannique, bas\u00e9 sur la r\u00e8gle du first-past-the-post – premier arriv\u00e9, premier servi – prot\u00e8ge les partis majoritaires et consolide le bipartisme. Il n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 simple pour une troisi\u00e8me force politique de s\u2019affranchir de ces r\u00e8gles du jeu pour sortir du clivage gauche-droite. Mais le Brexit a exasp\u00e9r\u00e9 ces clivages, et soumis les deux partis traditionnels de gouvernement, le Labour et les Tories, \u00e0 une extr\u00e9misation ouvrant un espace politique au centre de l\u2019\u00e9chiquier, comme l\u2019illustrait parfaitement cette semaine la Une de l\u2019hebdomadaire conservateur, The Spectator<\/em>. Absorb\u00e9 par la gestion des cons\u00e9quences du vote r\u00e9f\u00e9rendaire, Westminster a \u00e9t\u00e9 \u00e9pargn\u00e9e jusqu\u2019ici par le d\u00e9clenchement d\u2019un processus de recomposition politique qui a touch\u00e9 la France (en 2017) et l\u2019Italie (en 2018). Alors que le Brexit touche \u00e0 son point critique, un espace centriste, \u00e0 la En Marche<\/em>, s\u2019est ouvert au Parlement britannique, en opposition au radicalisme ambiant. Faut-il y voir un cri d\u2019alarme sans avenir ou un viatique pour la d\u00e9mocratie lib\u00e9rale ? Les votes qui auront lieu mercredi 27 f\u00e9vrier \u00e0 Westminster p\u00e8seront autant sur les modalit\u00e9s du Brexit que sur les \u00e9quilibres de moyen terme du paysage politique britannique.<\/p>\n\n\n\n

Perspectives : <\/strong><\/h4>\n\n\n\n