{"id":128151,"date":"2022-01-14T19:17:24","date_gmt":"2022-01-14T18:17:24","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=128151"},"modified":"2022-01-17T11:00:03","modified_gmt":"2022-01-17T10:00:03","slug":"nord-stream-2-laffrontement-juridique-entre-gazprom-et-lunion-europeenne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2022\/01\/14\/nord-stream-2-laffrontement-juridique-entre-gazprom-et-lunion-europeenne\/","title":{"rendered":"L’affrontement juridique entre Nord Stream 2 AG et l’Union europ\u00e9enne"},"content":{"rendered":"\n
Le 23 mai 2019, un amendement de la directive gaz europ\u00e9enne est adopt\u00e9. Cet amendement \u00e9tend les normes europ\u00e9ennes aux gazoducs provenant de pays tiers. Les normes europ\u00e9ennes exigent une dissociation entre la gestion des r\u00e9seaux de transport, les activit\u00e9s de production et les activit\u00e9s de distribution. La l\u00e9gislation impose \u00e9galement un \u00ab acc\u00e8s aux tiers \u00bb aux infrastructures afin de les ouvrir \u00e0 la concurrence. Ces dispositions sont cens\u00e9es emp\u00eacher qu\u2019un m\u00eame op\u00e9rateur ne puisse fixer les prix en contr\u00f4lant l\u2019ensemble de la cha\u00eene de valeur. Ainsi, Gazprom qui doit exporter son gaz par le Nord Stream 2<\/a> ne pourrait plus le contr\u00f4ler via le consortium Nord Stream 2 AG dont elle est seule propri\u00e9taire. Gazprom ne pourrait donc plus jouir de l\u2019enti\u00e8ret\u00e9 des capacit\u00e9s de l\u2019infrastructure et perdrait le contr\u00f4le de la d\u00e9finition des tarifs.<\/p>\n\n\n\n Nord Stream 2 AG, s\u2019appuyant sur le fait que la d\u00e9cision finale d\u2019investissement du projet a \u00e9t\u00e9 prise en 2015, estime que l\u2019extension des normes europ\u00e9ennes d\u00e9cid\u00e9e en mai 2019 ne devrait pas s\u2019appliquer \u00e0 son gazoduc. Le 26 juillet 2019, Nord Stream 2 AG a d\u00e9pos\u00e9 une plainte aupr\u00e8s du Tribunal de l’UE afin de faire reconna\u00eetre le caract\u00e8re discriminatoire de l\u2019amendement et d\u2019obtenir l\u2019annulation de l\u2019amendement (Case T-526\/19).<\/p>\n\n\n\n Le 10 janvier 2020, le consortium a d\u00e9pos\u00e9 une demande de d\u00e9rogation aupr\u00e8s du r\u00e9gulateur allemand de l\u2019\u00e9nergie, la Bundesnetzagentur. Le 15 mai 2020, celle-ci a rejet\u00e9 la demande de l\u2019entreprise s\u2019alignant ainsi avec la volont\u00e9 de la Commission europ\u00e9enne. Cinq jours apr\u00e8s la d\u00e9cision du r\u00e9gulateur allemand, le Tribunal de l’Union a rejet\u00e9 la plainte que l\u2019entreprise avait d\u00e9pos\u00e9e l\u2019ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente.<\/p>\n\n\n\n Le 20 mai 2020, le Tribunal a d\u00e9clar\u00e9 que Nord Stream 2 n’\u00e9tait pas directement concern\u00e9 par les modifications apport\u00e9es \u00e0 la directive gaz de l’Union europ\u00e9enne car les r\u00e8gles \u00e9taient transpos\u00e9es et appliqu\u00e9es par les gouvernements nationaux : \u00ab ce n\u2019est que par l\u2019interm\u00e9diaire des mesures nationales de transposition de cette directive, que les \u00c9tats membres vont adopter ou ont adopt\u00e9es, que les op\u00e9rateurs, tels que ceux \u00e0 l\u2019origine des recours en cause <\/span>1<\/sup><\/a><\/span><\/span>, seront ou sont soumis (dans les conditions retenues par ces \u00c9tats membres) aux obligations de la directive 2009\/73 modifi\u00e9e. \u00bb <\/span>2<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n L\u2019entreprise a donc d\u00e9cid\u00e9 de contester la d\u00e9cision du Tribunal le 28 juillet 2020 et de poursuivre sa bataille juridique \u00e0 l\u2019\u00e9chelle europ\u00e9enne aupr\u00e8s de la Cour de Justice de l\u2019UE (CJUE).<\/p>Sami RAMDANI<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n Selon le Tribunal, toute contestation de la directive doit s\u2019op\u00e9rer au niveau national : \u00ab En ce qui concerne le droit \u00e0 un recours juridictionnel effectif dont s\u2019est pr\u00e9valu Nord Stream 2 AG, le Tribunal ajoute qu\u2019il est loisible \u00e0 cet op\u00e9rateur de solliciter, aupr\u00e8s de l\u2019autorit\u00e9 de r\u00e9gulation allemande, une d\u00e9rogation et, le cas \u00e9ch\u00e9ant, de contester la d\u00e9cision de cette autorit\u00e9 devant une juridiction allemande en invoquant l\u2019invalidit\u00e9 de la directive de modification et en amenant cette juridiction \u00e0 interroger la Cour par la voie d\u2019une question pr\u00e9judicielle sur la validit\u00e9 de la directive de modification. \u00bb <\/span>3<\/sup><\/a><\/span><\/span><\/p>\n\n\n\n Nord Stream 2 AG a retenue de la d\u00e9cision du Tribunal qu\u2019elle ne concerne que des questions de formes et non des questions de fonds \u00e0 savoir le caract\u00e8re discriminatoire de l\u2019amendement <\/span>4<\/sup><\/a><\/span><\/span>. L\u2019entreprise a donc d\u00e9cid\u00e9 de contester la d\u00e9cision du Tribunal le 28 juillet 2020 et de poursuivre sa bataille juridique \u00e0 l\u2019\u00e9chelle europ\u00e9enne aupr\u00e8s de la Cour de Justice de l\u2019UE (CJUE). A l\u2019\u00e9chelle nationale, Nord Stream 2 AG a fait appel de la d\u00e9cision du r\u00e9gulateur allemand le 15 juin 2020 devant le tribunal (Oberlandesgericht) de D\u00fcsseldorf, qui a confirm\u00e9 la d\u00e9cision du r\u00e9gulateur le 25 ao\u00fbt 2021. Le 5 octobre 2021, Nord Stream 2 AG a d\u00e9clar\u00e9 faire appel de la d\u00e9cision du tribunal de D\u00fcsseldorf aupr\u00e8s de la Cour f\u00e9d\u00e9rale (Bundesgerichtshof) allemande \u00e0 Karlsruhe <\/span>5<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n Le 6 octobre 2021, un rayon de soleil est venu traverser l\u2019orage juridique dans lequel Nord Stream 2 AG se trouve. L\u2019avocat g\u00e9n\u00e9ral de la Cour de justice, dont la Cour suit g\u00e9n\u00e9ralement les recommandations, Michal Bobek a donn\u00e9 raison \u00e0 Nord Stream 2 AG dans sa volont\u00e9 de poursuivre la bataille juridique \u00e0 l\u2019\u00e9chelle europ\u00e9enne. Aux yeux de l\u2019avocat g\u00e9n\u00e9ral, la d\u00e9cision prise par le Tribunal de l\u2019UE le 20 mai 2020 devrait \u00eatre annul\u00e9e par la CJUE.<\/p>\n\n\n\n Michal Bobek estime inexact le raisonnement du Tribunal selon lequel \u00ab la directive de modification ne saurait affecter directement Nord Stream 2 AG \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019elle n\u00e9cessite l\u2019adoption de mesures d\u2019ex\u00e9cution au niveau national \u00bb <\/span>6<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Afin de d\u00e9terminer si l\u2019amendement de la directive gaz affecte directement Nord Stream 2 AG, l\u2019avocat g\u00e9n\u00e9ral \u00ab analyse si les r\u00e8gles de la directive de modification se rapportant \u00e0 la dissociation , \u00e0 l\u2019acc\u00e8s des tiers et \u00e0 la r\u00e9gulation tarifaire, que Nord Stream 2 AG consid\u00e8re comme lui imposant des obligations nouvelles, sont de nature \u00ab auto-ex\u00e9cutoires \u00bb. <\/p>\n\n\n\n Concernant les r\u00e8gles relatives \u00e0 la dissociation, l\u2019avocat g\u00e9n\u00e9ral souligne que si Nord Stream 2 AG s\u2019y conforme, la position juridique de l\u2019entreprise sera in\u00e9vitablement modifi\u00e9e. Nord Stream 2 AG devra soit 1) vendre l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 de son gazoduc, soit 2) vendre la partie du gazoduc construite sur le territoire europ\u00e9en, soit 3) transf\u00e9rer la propri\u00e9t\u00e9 du gazoduc \u00e0 une filiale distincte. Ainsi, Michal Bobek observe que \u00ab c\u2019est la directive de modification, elle-m\u00eame, qui affecte imm\u00e9diatement la position de Nord Stream 2 AG et non pas simplement les mesures de transposition ult\u00e9rieures. \u00bb et affirme donc que la d\u00e9cision du Tribunal \u00ab est entach\u00e9e d\u2019une erreur de droit. \u00bb. <\/p>\n\n\n\n De la m\u00eame mani\u00e8re, l\u2019avocat g\u00e9n\u00e9ral observe que \u00ab le Tribunal a omis d\u2019examiner si les dispositions de la directive de modification relatives \u00e0 l\u2019acc\u00e8s des tiers et\/ou \u00e0 la r\u00e9gulation tarifaire pouvaient affecter la position juridique de Nord Stream 2 AG \u00bb et affirme \u00ab que ces dispositions impliquent, pour le consortium, de nouvelles contraintes de r\u00e9gulation qui modifient sa position juridique et qui, de ce fait, l\u2019affectent directement. \u00bb.<\/p>\n\n\n\n Les conclusions de l\u2019avocat g\u00e9n\u00e9ral renforcent consid\u00e9rablement la position juridique de Nord Stream 2 AG qui estime avoir \u00e9t\u00e9 discrimin\u00e9 par l\u2019amendement. <\/p>Sami Ramdani<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n Au-del\u00e0 de la question de savoir si l\u2019amendement de la directive affecte directement Nord Stream 2 AG, Michal Bobek critique un autre point de la d\u00e9cision du Tribunal : \u00ab l\u2019avocat g\u00e9n\u00e9ral consid\u00e8re que le Tribunal a commis une erreur en ordonnant, d\u2019une part, le retrait du dossier de l\u2019affaire de deux documents que Nord Stream 2 AG a produits comme \u00e9l\u00e9ments de preuve et, d\u2019autre part, qu\u2019il n\u2019y avait pas lieu de tenir compte des passages de la requ\u00eate et des annexes dans lesquels avaient \u00e9t\u00e9 reproduits ces documents. Selon l\u2019avocat g\u00e9n\u00e9ral, le Tribunal a appliqu\u00e9 un cadre d\u2019analyse erron\u00e9 dans le contr\u00f4le de l\u2019admissibilit\u00e9 des documents en cause. Au lieu d\u2019appliquer les principes r\u00e9gissant la production des preuves devant les juridictions de l\u2019Union, le Tribunal a en substance appliqu\u00e9 les r\u00e8gles \u00e9tablies dans le r\u00e8glement (CE) n\u00b01049\/2001 et suivi la logique qui sous-tend celui-ci . \u00bb. <\/p>\n\n\n\n Les documents en question sont : <\/p>\n\n\n\n En mai 2020, le Tribunal avait constat\u00e9 \u00ab s\u2019agissant de ces documents auxquels le Conseil avait refus\u00e9 l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la demande d\u2019un employ\u00e9 de Nord Stream 2, que c\u2019est \u00e0 bon droit que le Conseil se pr\u00e9vaut, d\u2019une part, de la protection des avis juridiques, et, d\u2019autre part, qu\u2019il estime que leur divulgation porterait concr\u00e8tement et effectivement atteinte \u00e0 la protection de l\u2019int\u00e9r\u00eat public en ce qui concerne les relations internationales de l\u2019Union. \u00bb <\/span>7<\/sup><\/a><\/span><\/span><\/p>\n\n\n\n Les conclusions de l\u2019avocat g\u00e9n\u00e9ral renforcent consid\u00e9rablement la position juridique de Nord Stream 2 AG qui estime avoir \u00e9t\u00e9 discrimin\u00e9 par l\u2019amendement. Michal Bobek s\u2019accorde avec la vision de l\u2019entreprise selon laquelle l\u2019amendement de la directive gaz impact non seulement Nord Stream 2 directement mais surtout l\u2019impact individuellement : \u00ab En r\u00e9alit\u00e9, la directive de modification n\u2019affecte que le gazoduc \u00ab Nord Stream 2 \u00bb, dont la construction avait non seulement commenc\u00e9 mais aussi atteint un stade tr\u00e8s avanc\u00e9 au moment de l\u2019adoption de cet acte juridique. \u00c0 cet \u00e9gard, l\u2019avocat g\u00e9n\u00e9ral souligne que, \u00e0 la diff\u00e9rence de projets ant\u00e9rieurs ou futurs, \u00ab Nord Stream 2 \u00bb ne pouvait b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019aucune d\u00e9rogation ou exemption des dispositions de la directive gaz, ce qui place Nord Stream 2 AG dans une position unique tant par rapport \u00e0 de tels projets que par rapport \u00e0 la directive de modification elle-m\u00eame. \u00bb. Michal Bobek propose de renvoyer l\u2019affaire devant le Tribunal.<\/p>\n\n\n\n Le 11 juin 2021, peu avant que le tribunal de D\u00fcsseldorf confirme la d\u00e9cision du r\u00e9gulateur allemand de ne pas octroyer de d\u00e9rogation \u00e0 Nord Stream 2 AG, le consortium a pr\u00e9sent\u00e9, \u00e0 la requ\u00eate du Bundesnetzagentur, une demande de certification \u00e0 titre conservatoire en tant que gestionnaire de r\u00e9seau de transport ind\u00e9pendant <\/span>8<\/sup><\/a><\/span><\/span> (GRTI).<\/p>\n\n\n\n En effet, les normes europ\u00e9enne pr\u00e9voient deux autres cas de figure que celui de la dissociation int\u00e9grale :<\/p>\n\n\n\n L\u2019examen de la demande de certification par le r\u00e9gulateur allemand a d\u00e9but\u00e9 le 8 septembre 2021. \u00c0 compter de cette date, le r\u00e9gulateur dispose normalement de quatre mois pour \u00e9laborer un projet de d\u00e9cision et l’envoyer \u00e0 la Commission europ\u00e9enne afin qu’elle puisse \u00ab prendre position \u00bb. La Commission dispose de deux mois pour examiner le projet de d\u00e9cision mais ce d\u00e9lai peut \u00eatre prolong\u00e9 de deux mois suppl\u00e9mentaires. La Commission ne dispose pas d’un droit de veto mais le r\u00e9gulateur \u00bb tiendra compte de la position de la Commission europ\u00e9enne autant que possible, au moment de prendre la d\u00e9cision finale \u00bb <\/span>9<\/sup><\/a><\/span><\/span>, a affirm\u00e9 un repr\u00e9sentant de la Bundesnetzagentur. Une fois que la Commission a communiqu\u00e9 son avis, la Bundesnetzagentur dispose de deux mois pour prendre une d\u00e9cision finale. La d\u00e9cision du r\u00e9gulateur doit ensuite \u00eatre approuv\u00e9e par le minist\u00e8re f\u00e9d\u00e9ral allemand de l’\u00e9nergie. Celui-ci dispose d’un d\u00e9lai de trois mois \u00e0 compter de la r\u00e9ception de tous les documents requis pour d\u00e9terminer si l’octroi de la certification compromet la s\u00e9curit\u00e9 de l’approvisionnement \u00e9nerg\u00e9tique de l’Allemagne et de l’Union europ\u00e9enne.<\/p>\n\n\n\n L’entreprise \u00e9tatique d\u2019hydrocarbures polonaise PGNiG et sa filiale allemande PGNiG Supply & Trading (PST) ont annonc\u00e9 le 22 septembre 2021 \u00eatre autoris\u00e9es par le r\u00e9gulateur allemand \u00e0 prendre part \u00e0 la proc\u00e9dure de certification de Nord Stream 2 AG. La demande d\u2019int\u00e9gration de la proc\u00e9dure avait \u00e9t\u00e9 annonc\u00e9e d\u00e9but ao\u00fbt 2021 par PGNiG qui estime que la d\u00e9cision du r\u00e9gulateur \u00ab d\u00e9terminera si le propri\u00e9taire du gazoduc obtiendra une position privil\u00e9gi\u00e9e sur le march\u00e9 europ\u00e9en du gaz. \u00bb. PGNiG et PST avaient d\u00e9j\u00e0 pris part activement, d\u00e8s mars 2020, \u00e0 la proc\u00e9dure d\u2019examen de la demande de d\u00e9rogation et s\u2019\u00e9taient f\u00e9licit\u00e9es de son rejet par le r\u00e9gulateur. PGNiG et sa filiale jugent inacceptable l\u2019application du mod\u00e8le GRTI \u00e0 Nord Stream 2 AG, ce qui lui permettrait d\u2019op\u00e9rer le gazoduc malgr\u00e9 l’absence de s\u00e9paration totale de la propri\u00e9t\u00e9 de Gazprom qui est active dans la production et la fourniture de gaz naturel.<\/p>\n\n\n\n Deux types de risques li\u00e9s \u00e0 la non-application des normes UE par Nord Stream 2 AG sont mis en avant par Pawe\u0142 Majewski, pr\u00e9sident du conseil d’administration de PGNiG SA. Premi\u00e8rement, un avantage concurrentiel par rapport aux acteurs du march\u00e9, deuxi\u00e8mement un risque pour la s\u00e9curit\u00e9 d\u2019approvisionnement : <\/strong>\u00ab Nord Stream 2 AG ne veut pas se conformer aux r\u00e8gles de base du troisi\u00e8me paquet \u00e9nergie, qui visent \u00e0 garantir la concurrence et des conditions de concurrence \u00e9quitables pour tous les acteurs du march\u00e9. En particulier, le propri\u00e9taire du gazoduc Nord Stream 2 veut \u00e9viter l’application des exigences relatives \u00e0 la dissociation de la propri\u00e9t\u00e9, \u00e0 l’acc\u00e8s des tiers et aux tarifs transparents qui devraient tenir compte du co\u00fbt de l’ensemble du gazoduc. Le facteur cl\u00e9 est \u00e9galement l’impact n\u00e9gatif du gazoduc NS2 sur la s\u00e9curit\u00e9 des approvisionnements de l’UE et de ses \u00c9tats membres. \u00bb <\/span>10<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n Le 15 octobre 2021, l\u2019entreprise \u00e9tatique d\u2019hydrocarbures ukrainienne, Naftogaz, a soumis une demande au r\u00e9gulateur allemand pour participer \u00e0 la proc\u00e9dure de certification de Nord Stream 2 AG. Le 20 octobre, le gestionnaire de r\u00e9seau de transport ukrainien, GTSOU, a fait de m\u00eame. Comme chez PGNiG, consid\u00e9rations s\u00e9curitaires et \u00e9conomiques se m\u00ealent dans la d\u00e9claration d\u2019Olga Bielkova, directrice des affaires g\u00e9n\u00e9rales de GTSOU : \u00ab notre premier devoir est d’assurer la s\u00e9curit\u00e9 de l’approvisionnement en gaz de l’Ukraine, qui d\u00e9pend du maintien des flux de transit d’Est en Ouest \u00e0 travers le r\u00e9seau ukrainien. L’exploitation de Nord Stream 2 sous le contr\u00f4le de Gazprom aura \u00e9galement un impact n\u00e9gatif sur notre capacit\u00e9 \u00e0 exploiter et \u00e0 maintenir le r\u00e9seau ukrainien dans sa configuration actuelle. En outre, notre capacit\u00e9 \u00e0 faciliter l’acc\u00e8s aux stockages de gaz ukrainiens et le commerce entre les \u00c9tats membres de l’UE limitrophes de l’Ukraine sera menac\u00e9e, de m\u00eame que les perspectives de transit d’hydrog\u00e8ne vers l’Europe. La certification de NS2AG en tant que GRTI est en contradiction avec la l\u00e9gislation europ\u00e9enne et portera gravement atteinte \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique de l’Ukraine et de nos voisins de l’UE. Elle entravera \u00e9galement la concurrence sur le march\u00e9 europ\u00e9en du gaz \u00bb <\/span>11<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Le 15 novembre 2021, le r\u00e9gulateur allemand a accept\u00e9 la participation de Naftogaz et GTSOU \u00e0 la proc\u00e9dure de certification.<\/p>\n\n\n\n Il est fort probable que ces acteurs polonais et ukrainiens veilleront \u00e0 ce qu\u2019une \u00e9valuation du principe de solidarit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique soit incluse dans la proc\u00e9dure de certification du fait de l\u2019obtention par l\u2019Etat polonais, lors de l’arr\u00eat de la CJUE concernant l\u2019exploitation d\u2019OPAL, de la reconnaissance de la solidarit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique en tant que principe juridique. \u00c0 la suite de l’arr\u00eat de la CJUE en juillet 2021, Yuriy Vitrenko, pr\u00e9sident du conseil d’administration de Naftogaz, d\u00e9clarait : \u00ab Nous nous tournons vers l’Allemagne, quoi qu’il arrive dans les autres pays. La Cour europ\u00e9enne de justice a dit \u00ab Non \u00bb. Le r\u00e9gulateur allemand doit prendre en compte les int\u00e9r\u00eats des autres pays \u00bb <\/span>12<\/sup><\/a><\/span><\/span>. <\/p>\n\n\n\n Le 4 octobre 2021, Reuters a rapport\u00e9 une d\u00e9claration du r\u00e9gulateur allemand exigeant de Nord Stream 2 AG qu\u2019elle d\u00e9montre qu’elle n’enfreindrait pas les r\u00e8gles de concurrence en limitant les fournisseurs ayant acc\u00e8s au gazoduc : \u00ab Cela concerne en particulier les questions d’acc\u00e8s non discriminatoire au r\u00e9seau et l’int\u00e9gration de l’interconnexion dans la zone de march\u00e9 allemande \u00ab <\/span>13<\/sup><\/a><\/span><\/span>. <\/p>\n\n\n\n Le minist\u00e8re f\u00e9d\u00e9ral de l’\u00c9conomie a conclu que l’octroi d’une certification ne mettait pas en danger la s\u00e9curit\u00e9 de l’approvisionnement de l\u2019Allemagne et de l’Union.<\/p>Sami Ramdani<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n Dans le cadre de la proc\u00e9dure de certification de Nord Stream 2AG, le 26 octobre 2021, le minist\u00e8re f\u00e9d\u00e9ral allemand de l’\u00c9conomie a transmis \u00e0 la Bundesnetzagentur l’analyse concernant la s\u00e9curit\u00e9 d’approvisionnement <\/span>14<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Conform\u00e9ment aux dispositions de la loi r\u00e9gissant le secteur de l’\u00e9nergie, une telle analyse est n\u00e9cessaire lorsqu’il est question de la certification d’un gestionnaire de r\u00e9seau de transport venant d’un \u00c9tat non membre de l’Union europ\u00e9enne. Le minist\u00e8re f\u00e9d\u00e9ral de l’\u00c9conomie a int\u00e9gr\u00e9 au sein de son analyse des consultations avec certains \u00c9tats membres de l’UE. Une possibilit\u00e9 de consultation a \u00e9t\u00e9 accord\u00e9e \u00e0 l’Estonie, l’Italie, la Lettonie, la Lituanie, l’Autriche, la Pologne, la Slovaquie, la R\u00e9publique tch\u00e8que et la Hongrie. Le minist\u00e8re f\u00e9d\u00e9ral de l’\u00c9conomie a conclu que l’octroi d’une certification ne mettait pas en danger la s\u00e9curit\u00e9 de l’approvisionnement de l\u2019Allemagne et de l’Union.<\/p>\n\n\n\n L’analyse sur la s\u00e9curit\u00e9 d’approvisionnement du minist\u00e8re ne couvre pas la question du degr\u00e9 d’ind\u00e9pendance de l’exploitation du r\u00e9seau qui doit \u00eatre examin\u00e9e ult\u00e9rieurement par le r\u00e9gulateur. Le 16 novembre 2021, la Bundesnetzagentur a suspendu la proc\u00e9dure de certification de Nord Stream 2 AG en tant que GRTI. La Bundesnetzagentur a jug\u00e9 qu’il ne serait possible de certifier un op\u00e9rateur de Nord Stream 2 que si cet op\u00e9rateur \u00e9tait organis\u00e9 sous une forme juridique de droit allemand.<\/p>\n\n\n\n Nord Stream 2 AG, entreprise suisse bas\u00e9e \u00e0 Zug, a d\u00e9cid\u00e9 de ne pas transformer sa forme juridique existante mais de cr\u00e9er une filiale de droit allemand qui g\u00e8rerait uniquement la partie allemande du gazoduc. Cette filiale doit devenir le propri\u00e9taire et l’exploitant de la partie allemande du gazoduc.<\/p>\n\n\n\n Pour \u00eatre certifi\u00e9e, la filiale devra satisfaire aux exigences qui incombent au GRTI, telles que d\u00e9finies dans la loi allemande sur le secteur de l’\u00e9nergie. La proc\u00e9dure de certification restera suspendue jusqu’\u00e0 ce que les principaux actifs et ressources humaines aient \u00e9t\u00e9 transf\u00e9r\u00e9s \u00e0 la filiale et que le r\u00e9gulateur soit en mesure de v\u00e9rifier si la documentation soumise \u00e0 nouveau par la filiale, en tant que nouveau demandeur, est compl\u00e8te. Lorsque ces conditions seront remplies, le r\u00e9gulateur pourra reprendre son examen dans le reste du d\u00e9lai de quatre mois pr\u00e9vu l\u00e9galement.<\/p>\n\n\n\n Pawe\u0142 Majewski, pr\u00e9sident du conseil d’administration de PGNiG SA, a salu\u00e9 la suspension de la proc\u00e9dure par le r\u00e9gulateur mais s\u2019oppose d\u00e9j\u00e0 \u00e0 une \u00e9ventuelle certification d\u2019une filiale allemande de Nord Stream 2 AG : \u00ab De notre avis, d’un point de vue juridique, il n’est pas possible de certifier une filiale de Nord Stream 2 AG en tant qu’op\u00e9rateur de gazoduc ind\u00e9pendant. Il n’est pas non plus possible d’\u00e9tablir un op\u00e9rateur qui applique le droit de l’Union europ\u00e9enne uniquement dans les eaux territoriales de la R\u00e9publique f\u00e9d\u00e9rale d’Allemagne. Nous consid\u00e9rons la d\u00e9cision d’aujourd’hui comme la premi\u00e8re \u00e9tape pour assurer l’application du droit de l’Union europ\u00e9enne en ce qui concerne le projet Nord Stream 2. Dans les \u00e9tapes suivantes de la proc\u00e9dure, nous nous efforcerons de faire en sorte que les autorit\u00e9s de r\u00e9gulation tiennent compte du principe de solidarit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique et des exigences du droit communautaire. \u00bb <\/span>15<\/sup><\/a><\/span><\/span>. <\/p>\n\n\n\n Outre la question de l\u2019organisation juridique de Nord Stream 2 AG, la question de la date d\u2019ach\u00e8vement du Nord Stream 2 est \u00e9galement capitale. L’octroi du statut de GRTI n’est possible que pour les infrastructures qui existaient avant le 23 mai 2019. L\u2019octroi d\u2019une d\u00e9rogation aux normes europ\u00e9ennes est soumis \u00e0 la m\u00eame exigence. C\u2019est \u00e0 ce titre que le r\u00e9gulateur allemand avait refus\u00e9 la d\u00e9rogation \u00e0 Nord Stream 2 AG puisque le gazoduc \u00e9tait encore en construction au moment de la proc\u00e9dure de d\u00e9rogation (le chantier s\u2019est achev\u00e9 en septembre 2021). Ainsi, il est difficilement concevable que ce m\u00eame r\u00e9gulateur ne fasse pas le m\u00eame constat lors la proc\u00e9dure de certification. <\/p>\n\n\n\n Pourquoi alors le r\u00e9gulateur allemand a-t-il demand\u00e9 la mise en place de cette proc\u00e9dure comme l\u2019indique Nord Stream 2 AG sur son site internet ? Quel int\u00e9r\u00eat Nord Stream 2 AG peut-elle avoir \u00e0 s\u2019engager dans une telle proc\u00e9dure ? Le syst\u00e8me de d\u00e9rogation comme le mod\u00e8le de GRTI ont \u00e9t\u00e9 pens\u00e9s comme des r\u00e9gimes visant \u00e0 prot\u00e9ger les \u00ab legitimate expectations \u00bb des investisseurs engag\u00e9s sur le march\u00e9 europ\u00e9en. Nord Stream 2 AG veut-elle exposer le caract\u00e8re discriminatoire de la directive gaz, en d\u00e9montrant qu\u2019elle n\u2019a acc\u00e8s \u00e0 aucun des r\u00e9gimes visant \u00e0 prot\u00e9ger ses \u00ab legitimate expectations \u00bb ?<\/p>\n\n\n\n Le 2 septembre, le ministre russe de l’\u00e9nergie, Aleksandr Novak, a annonc\u00e9 que Rosneft, entreprise \u00e9tatique qui est le plus grand producteur de p\u00e9trole russe, avait demand\u00e9 au gouvernement l\u2019autorisation d\u2019exporter du gaz par Nord Stream 2. Le PDG de Rosneft, Igor Sechin, avait auparavant envoy\u00e9 une lettre \u00e0 Vladimir Poutine pour demander le droit d’exporter 10 milliards de m\u00e8tres cubes de gaz par Nord Stream 2 <\/span>16<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n Rosneft poss\u00e8de des actifs gaziers, dont des r\u00e9serves estim\u00e9es \u00e0 994 milliards de m3 dans la r\u00e9gion de Yamal-Nenets. Ces gisements sont exploit\u00e9s par Rospan, filiale de Rosneft, et Kharampurneftegaz, sa coentreprise avec le grand groupe britannique BP. \u00ab L’actif Rospan est g\u00e9n\u00e9ralement consid\u00e9r\u00e9 comme le plus grand actif gazier de Rosneft dans la r\u00e9gion de Yamal. Rosneft est en train d’augmenter la production de cet actif, qui pourrait produire environ 14 milliards de m3 en 2021 et, \u00e0 terme, 20 milliards de m3 par an \u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 une source industrielle \u00e0 ICIS <\/span>17<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Un m\u00e9morandum sign\u00e9 en 2017 entre Rosneft et son actionnaire minoritaire, BP, pr\u00e9voit que le producteur russe livre entre 7 Bcm et 20 Bcm de gaz par an \u00e0 sa partenaire britannique en Europe une fois l\u2019autorisation acquise <\/span>18<\/sup><\/a><\/span><\/span>.<\/p>\n\n\n\n Le cas du Nord Stream et la situation r\u00e9glementaire caus\u00e9e par l\u2019amendement de la directive gaz semblent \u00eatre la source d\u2019une \u00e9volution majeure pour le secteur gazier russe.<\/p>Sami ramdani<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n Les responsables gouvernementaux russes semblent avoir pris le parti de Rosneft dans sa tentative d\u2019acc\u00e9der aux capacit\u00e9s du Nord Stream 2. Le quotidien \u00e9conomique moscovite Kommersant cite une lettre d\u2019Aleksandr Novak \u00e0 Vladimir Poutine, selon laquelle Rosneft pourrait \u00eatre autoris\u00e9e \u00e0 commencer des \u00ab exp\u00e9ditions exp\u00e9rimentales par gazoduc \u00bb vers l’Europe. <\/p>\n\n\n\n Pour se faire, Aleksandr Novak, privil\u00e9gie une option ne rompant pas le monopole de Gazprom sur les exportations par gazoducs et qui consiste \u00e0 ce que cette derni\u00e8re soit engag\u00e9e \u00ab en tant qu’agent commercial \u00bb pour commercialiser le gaz de Rosneft en Europe. Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, Rosneft a tent\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises d’obtenir l’acc\u00e8s au r\u00e9seau d’exportation de gaz d\u00e9tenu et exploit\u00e9 par Gazprom, en ciblant ses gazoducs d’exportation en Sib\u00e9rie orientale et \u00e0 Sakhaline. Historiquement, les autorit\u00e9s n’ont jamais soutenu le producteur de p\u00e9trole. Le cas du Nord Stream et la situation r\u00e9glementaire caus\u00e9e par l\u2019amendement de la directive gaz semblent \u00eatre la source d\u2019une \u00e9volution majeure pour le secteur gazier russe.<\/p>\n\n\n\n L\u2019un des arguments qui aurait convaincu Aleksandr Novak ainsi que le minist\u00e8re des finances serait la proposition de Rosneft de payer trois fois plus d’imp\u00f4ts russes que Gazprom gr\u00e2ce \u00e0 ses exportations de gaz vers l’Europe. Cet engagement se base sur la strat\u00e9gie de l\u2019entreprise qui compte vendre son gaz au march\u00e9 spot, o\u00f9 les prix ont atteint des niveaux records r\u00e9cemment. Aleksandr Novak a sugg\u00e9r\u00e9 que les minist\u00e8res de l’\u00e9nergie et des finances proposent des amendements aux lois fiscales afin de cr\u00e9er un cadre juridique permettant de mettre en \u0153uvre l’offre fiscale g\u00e9n\u00e9reuse de Rosneft. Quoi qu\u2019il en soit, Gazprom reste fermement oppos\u00e9 \u00e0 l’octroi d’un acc\u00e8s aux exportations par gazoducs \u00e0 Rosneft et pr\u00e9vient que les prix spot europ\u00e9ens pourraient baisser rapidement l’ann\u00e9e prochaine.<\/p>\n\n\n\n Le 16 septembre 2021, dans une lettre adress\u00e9e \u00e0 la Commission, une quarantaine de parlementaires europ\u00e9ens ont d\u00e9clar\u00e9 soup\u00e7onner Gazprom d’avoir volontairement fait monter les prix du gaz : \u00ab Nous demandons \u00e0 la Commission europ\u00e9enne d’ouvrir d’urgence une enqu\u00eate sur une \u00e9ventuelle manipulation d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e du march\u00e9 par Gazprom et une violation potentielle des r\u00e8gles de concurrence de l’UE \u00bb, indique la lettre. D\u2019apr\u00e8s les l\u00e9gislateurs, Gazprom en alimentant la crise des prix de l\u2019\u00e9nergie en Europe ferait pression pour acc\u00e9l\u00e9rer le processus de certification du Nord Stream 2.<\/p>\n\n\n\n Ces accusations sont partag\u00e9s par les industriels ukrainiens et polonais. D\u2019ailleurs Pawe\u0142 Majewski, pr\u00e9sident du conseil d’administration de PGNiG SA, les a relay\u00e9 lors de la pr\u00e9sentation de la position de son entreprise au cours de la proc\u00e9dure de certification de Nord Stream 2 AG : \u00ab La situation actuelle sur le march\u00e9 du gaz de l’Union europ\u00e9enne prouve l’ampleur des risques pour la s\u00e9curit\u00e9 des approvisionnements cr\u00e9\u00e9s par le projet Nord Stream 2. Les suggestions [des autorit\u00e9s russes] selon lesquelles des approvisionnements suppl\u00e9mentaires en gaz ne sont possibles que par le biais de Nord Stream 2 sont la manifestation de pressions sur la proc\u00e9dure de certification et prouvent que le projet vise \u00e0 contourner les voies de transit traditionnelles. \u00c9tant donn\u00e9 que les capacit\u00e9s des gazoducs existants sont inutilis\u00e9es, il n’est pas n\u00e9cessaire que Nord Stream 2 augmente l’approvisionnement en gaz des \u00c9tats membres de l’UE. \u00bb <\/span>19<\/sup><\/a><\/span><\/span>. <\/em><\/p>\n\n\n\n Vladimir Poutine a d\u00e9fendu Gazprom en affirmant que les Europ\u00e9ens \u00e9taient seuls responsables de la crise des prix de l\u2019\u00e9nergie qu\u2019ils connaissent du fait de la volont\u00e9 des dirigeants europ\u00e9ens de se d\u00e9tourner toujours plus des contrats long-termes.<\/p>sami ramdani <\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n En effet, Gazprom n\u2019a pas r\u00e9serv\u00e9 de capacit\u00e9s de transport suppl\u00e9mentaires par les voies ukrainienne et polonaise et se contente de r\u00e9pondre \u00e0 ses obligations contractuelles en puisant dans les stockages qu\u2019elle poss\u00e8de en Europe. L\u2019entreprise a notamment justifi\u00e9 ce comportement par son obligation de remplir prioritairement les capacit\u00e9s de stockage russes. \u00c0 la mi-a\u00f4ut 2021, GTSOU pointait la singularit\u00e9 des agissements de Gazprom en diffusant sur ses r\u00e9seaux sociaux les donn\u00e9es des capacit\u00e9s de stockage en Allemagne qui montrent que toutes ces capacit\u00e9s sont en train de se remplir en pr\u00e9vision de l\u2019hiver, tandis que seules les capacit\u00e9s contr\u00f4l\u00e9es par Gazprom se vident.<\/p>\n\n\n\nNord Stream 2 AG demande l\u2019annulation aupr\u00e8s du Tribunal de l\u2019UE et une d\u00e9rogation aupr\u00e8s du r\u00e9gulateur allemand<\/strong><\/h2>\n\n\n\n
Des demandes rejet\u00e9es pour l\u2019instant<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
Une opinion juridique favorable \u00e0 Nord Stream 2 AG<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
Nord Stream 2 AG demande \u00e0 se faire certifier en tant que gestionnaire de r\u00e9seau de transport ind\u00e9pendan<\/strong>t<\/h2>\n\n\n\n
Cadre de la proc\u00e9dure<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
Les industriels polonais et ukrainiens sont int\u00e9gr\u00e9s \u00e0 la proc\u00e9dure<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
L\u2019examen des autorit\u00e9s allemandes<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
Le gouvernement russe ouvre la r\u00e9flexion sur l\u2019acc\u00e8s des tiers \u00e0 l\u2019infrastructure<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
Gazprom accus\u00e9e d\u2019alimenter la crise des prix de l\u2019\u00e9nergie en Europe<\/strong><\/h3>\n\n\n\n