{"id":127943,"date":"2022-01-09T09:49:00","date_gmt":"2022-01-09T08:49:00","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=127943"},"modified":"2022-01-09T19:28:03","modified_gmt":"2022-01-09T18:28:03","slug":"developpement-et-durabilite-une-nouvelle-politique-etrangere-pour-litalie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2022\/01\/09\/developpement-et-durabilite-une-nouvelle-politique-etrangere-pour-litalie\/","title":{"rendered":"D\u00e9veloppement et durabilit\u00e9 : une nouvelle politique \u00e9trang\u00e8re pour l’Italie"},"content":{"rendered":"\n
L’ann\u00e9e qui vient de s’achever a \u00e9t\u00e9 intense et difficile. La pand\u00e9mie et la crise ont mis \u00e0 l’\u00e9preuve les capacit\u00e9s de r\u00e9action et de planification des institutions nationales et multilat\u00e9rales. Beaucoup a \u00e9t\u00e9 fait, m\u00eame en tirant les le\u00e7ons des erreurs initiales, et beaucoup reste \u00e0 faire. Il est encore trop t\u00f4t pour dire si nous avons r\u00e9ussi \u00e0 \u00e9viter le pire, et il est encore plus difficile de juger si nous avons r\u00e9ussi \u00e0 jeter les bases pour r\u00e9soudre les vuln\u00e9rabilit\u00e9s que cette crise a mises en \u00e9vidence et pour faire face \u00e0 la grande urgence climatique qui est sous nos yeux. <\/p>\n\n\n\n
Avec sa pr\u00e9sidence du G20 et sa copr\u00e9sidence de la COP26, l’Italie a jou\u00e9 un r\u00f4le de premier plan dans l’ar\u00e8ne multilat\u00e9rale pour d\u00e9gager le consensus n\u00e9cessaire \u00e0 la recherche de solutions partag\u00e9es, efficaces, durables et \u00e9quitables aux d\u00e9fis sanitaires et \u00e9conomiques. Nos efforts ont \u00e9t\u00e9 guid\u00e9s par la conviction que la coop\u00e9ration multilat\u00e9rale soit la cl\u00e9 pour aborder les transitions – num\u00e9rique, \u00e9cologique, d\u00e9mographique – qui d\u00e9finissent et d\u00e9finiront de plus en plus le bien-\u00eatre de la plan\u00e8te. Plan\u00e8te, peuple et prosp\u00e9rit\u00e9 ont \u00e9t\u00e9 les mots cl\u00e9s de notre pr\u00e9sidence du G20. Ils sont \u00e9galement les \u00e9l\u00e9ments cl\u00e9s du concept de d\u00e9veloppement durable – un th\u00e8me et une pr\u00e9occupation que nous avons fortement souhait\u00e9 placer au c\u0153ur de l’agenda du G20.<\/p>\n\n\n\n
Les cons\u00e9quences de la crise actuelle sur les pays en d\u00e9veloppement sont en effet tr\u00e8s lourdes et malheureusement \u00e0 long terme. Nous pouvons d\u00e9j\u00e0 observer des signes de retard sur plusieurs fronts en ce qui concerne les indicateurs de d\u00e9veloppement humain, caus\u00e9s par la crise \u00e9conomique et les cons\u00e9quences des mesures visant \u00e0 contenir la pand\u00e9mie : l’aggravation de la pauvret\u00e9 et de l’ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire, l’in\u00e9galit\u00e9 entre les sexes et l’abandon scolaire, avec de graves implications en termes de niveaux d’\u00e9ducation, en particulier pour les femmes. De plus, ces cicatrices risquent d’accro\u00eetre le m\u00e9contentement et la frustration des citoyens – qui existaient avant le Covid-19 – et d’en faire des facteurs encore plus d\u00e9stabilisants. <\/p>\n\n\n\n
La priorit\u00e9 reste d’arr\u00eater le virus et ses variants<\/a>, de distribuer et de rendre le vaccin accessible et acceptable pour tous (moins de 14 % de la population africaine a re\u00e7u au moins une dose de vaccin et moins de 9 % en a re\u00e7u deux <\/span>1<\/sup><\/a><\/span><\/span>), et d’att\u00e9nuer les cons\u00e9quences socio-\u00e9conomiques de la crise, notamment par des mesures exceptionnelles pour fournir des liquidit\u00e9s aux pays en d\u00e9veloppement (PED). Ceci sans perdre de vue d’autres d\u00e9fis mondiaux tels que la protection de l’environnement et la lutte contre le changement climatique. La crise que nous traversons renforce la n\u00e9cessit\u00e9 de repenser et de construire de nouveaux mod\u00e8les de d\u00e9veloppement, plus justes et plus durables.<\/p>\n\n\n\n La crise que nous traversons renforce la n\u00e9cessit\u00e9 de repenser et de construire de nouveaux mod\u00e8les de d\u00e9veloppement, plus justes et plus durables.<\/p>Marina Sereni<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n R\u00e9pondre \u00e0 ces d\u00e9fis est une t\u00e2che ardue, tant au niveau de sa mise en \u0153uvre que de sa formulation pr\u00e9alable. Que faire ? Ne pas r\u00e9pondre \u00e0 la crise et au monde \u00e0 venir par l’unilat\u00e9ralisme, mais par une coop\u00e9ration multilat\u00e9rale renouvel\u00e9e, fond\u00e9e sur le dialogue et des r\u00e8gles communes. <\/p>\n\n\n\n En tant que pr\u00e9sidence italienne du G20, nous nous sommes efforc\u00e9s de r\u00e9pondre \u00e0 la crise de la mani\u00e8re la plus efficace, inclusive et innovante possible. Un premier sc\u00e9nario inqui\u00e9tant sur lequel nous sommes tous appel\u00e9s \u00e0 collaborer et qui a \u00e9t\u00e9 s\u00e9rieusement aggrav\u00e9 par la crise est celui de l’ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire. \u00c0 l’\u00e9chelle mondiale, le nombre de personnes souffrant de la faim augmente depuis 2014, et le nombre total de personnes sous-aliment\u00e9es devrait d\u00e9passer 850 millions d’ici 2030. La pand\u00e9mie pourrait ajouter plus de 100 millions de personnes \u00e0 ce chiffre. C’est pourquoi nous avons d\u00e9cid\u00e9 de consacrer la r\u00e9union conjointe des ministres des affaires \u00e9trang\u00e8res et du d\u00e9veloppement, qui s\u2019est tenu \u00e0 Matera le 29 juin 2021, \u00e0 la question de l’ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire. \u00c0 cette occasion, nous avons fait valoir l’importance de renouveler l’\u00e9lan politique n\u00e9cessaire pour faire face aux crises alimentaires \u00e9mergentes et atteindre l’objectif \u00ab Faim z\u00e9ro \u00bb d’ici 2030. <\/p>\n\n\n\n J’ai constat\u00e9 un large consensus au sein du G20 pour parvenir \u00e0 ce r\u00e9sultat important. Les pays du G20 peuvent non seulement montrer l’exemple, mais doivent le faire en renfor\u00e7ant le syst\u00e8me commercial international, en veillant \u00e0 ce que nos politiques soient coh\u00e9rentes avec les objectifs de d\u00e9veloppement durable (ODD) et les accords de Paris sur le climat, et en valorisant les organisations internationales qui jouent un r\u00f4le central dans la question agroalimentaire, notamment celles qui ont leur si\u00e8ge \u00e0 Rome (FAO, PAM, FIDA).<\/p>\n\n\n\n \u00c0 Matera, nous avons approuv\u00e9 une d\u00e9claration sur la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire, la nutrition et les syst\u00e8mes alimentaires. Il s’agit d’une r\u00e9alisation majeure, car le G20 n’avait jamais auparavant adopt\u00e9 une position aussi forte et sp\u00e9cifique sur la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire mondiale par rapport \u00e0 la communaut\u00e9 internationale dans son ensemble. La D\u00e9claration de Matera contient \u00e9galement une invitation \u00e0 rejoindre la Coalition alimentaire, une initiative promue par l’Italie, au sein de la FAO, afin de contrer les r\u00e9percussions que la pand\u00e9mie a sur la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire mondiale. Avec le soutien du G20 et de ses partenaires, la coalition alimentaire pourrait effectivement devenir une alliance mondiale pour une action coordonn\u00e9e en mati\u00e8re de s\u00e9curit\u00e9 alimentaire. L’importance d’une approche coordonn\u00e9e devient encore plus grande \u00e0 la lumi\u00e8re de la flamb\u00e9e des prix des denr\u00e9es alimentaires. L’indice FAO a atteint un niveau jamais vu depuis 2011, lorsque la crise des prix alimentaires a fait passer plus de 40 millions de personnes sous le seuil de pauvret\u00e9 extr\u00eame, selon la Banque mondiale.<\/p>\n\n\n\n La crise a encore exacerb\u00e9 le probl\u00e8me du financement du d\u00e9veloppement pour les pays en d\u00e9veloppement. Confront\u00e9s \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 de d\u00e9penser davantage, ces pays ont vu leurs ressources int\u00e9rieures diminuer, ainsi que celles li\u00e9es aux exportations, aux investissements \u00e9trangers, aux envois de fonds des migrants et \u00e0 l’aide au d\u00e9veloppement. Le r\u00e9sultat a \u00e9t\u00e9 une augmentation de la dette et un risque de d\u00e9faut de paiement. <\/p>\n\n\n\n Sur le plan du financement, le G20 s’est efforc\u00e9 de garantir des liquidit\u00e9s suffisantes pour les pays les plus vuln\u00e9rables. La prolongation de l’initiative de suspension du service de la dette jusqu’\u00e0 la fin de 2021 est une d\u00e9cision positive, bien que malheureusement insuffisante, car elle ne s’applique qu’aux pays \u00e0 faible revenu, \u00e0 l’exclusion des pays \u00e0 revenu interm\u00e9diaire vuln\u00e9rables. En outre, une grande partie de la dette n’est plus d\u00e9tenue par des pays cr\u00e9anciers membres du Club de Paris ou par des cr\u00e9anciers officiels tels que les banques multilat\u00e9rales, mais par des pays \u00e9mergents et\/ou des cr\u00e9anciers priv\u00e9s. Cet objectif est atteint gr\u00e2ce \u00e0 un traitement comparatif et \u00e0 une r\u00e9partition \u00e9quitable des charges entre les cr\u00e9anciers publics et priv\u00e9s. \u00c0 ce jour, 39 pays au total ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de la DSSI, dont 26 pays africains, bien que l’engagement du secteur priv\u00e9 dans cette initiative n’ait pas encore r\u00e9pondu aux attentes. <\/p>\n\n\n\n Dans tous les cas, il ne suffit pas de reporter le paiement des int\u00e9r\u00eats de la dette. En Afrique, par exemple, la croissance des d\u00e9penses d’int\u00e9r\u00eat sur la dette ext\u00e9rieure a absorb\u00e9 pr\u00e8s des deux tiers de l’augmentation des recettes fiscales r\u00e9alis\u00e9e au cours de la d\u00e9cennie pr\u00e9c\u00e9dant la pand\u00e9mie. La crise actuelle et la hausse probable des taux d’int\u00e9r\u00eat vont exacerber la situation. Les pays en d\u00e9veloppement ont besoin de nouvelles ressources pour investir dans leur propre d\u00e9veloppement et d’une approche syst\u00e9mique de la question de la dette.<\/p>\n\n\n\n La prolongation de l’initiative de suspension du service de la dette jusqu’\u00e0 la fin de 2021 est une d\u00e9cision positive, bien que malheureusement insuffisante, car elle ne s’applique qu’aux pays \u00e0 faible revenu, \u00e0 l’exclusion des pays \u00e0 revenu interm\u00e9diaire vuln\u00e9rables.<\/p>Marina Sereni<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n Sur le premier aspect, le soutien du G20 \u00e0 la cr\u00e9ation de 650 milliards de dollars de droits de tirage sp\u00e9ciaux (DTS) par le Fonds mon\u00e9taire international (FMI) a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cisif, et leur \u00e9ventuelle r\u00e9affectation partielle sur une base volontaire au profit des pays en difficult\u00e9 constitue une nouvelle avanc\u00e9e. <\/p>\n\n\n\n Bien s\u00fbr, il y a encore beaucoup \u00e0 faire. Il est urgent de trouver des solutions et des instruments novateurs pour aider \u00e0 \u00e9largir la marge de man\u0153uvre budg\u00e9taire des pays partenaires. Le G20 s’est engag\u00e9 \u00e0 acc\u00e9l\u00e9rer le refinancement de l’Association internationale de d\u00e9veloppement \u2013 (AID) et \u00e0 travailler \u00e0 une reconstitution ambitieuse du Fonds africain de d\u00e9veloppement en 2022. L’accord conclu en d\u00e9cembre a permis \u00e0 la Banque mondiale de r\u00e9unir un montant record pour l’AID, afin d’aider les 74 pays les plus pauvres. Dans le m\u00eame temps, les d\u00e9fis sont d’une telle ampleur – m\u00eame dans les pays \u00e0 revenu interm\u00e9diaire – qu’ils n\u00e9cessitent des solutions innovantes pour catalyser d’autres sources de financement. Nous devons \u00e9tendre l’utilisation des garanties et des financements mixtes, en encourageant nos banques de d\u00e9veloppement \u00e0 travailler avec les banques de d\u00e9veloppement publiques des pays en d\u00e9veloppement, en investissant dans le renforcement des march\u00e9s de capitaux locaux et de la capacit\u00e9 \u00e0 am\u00e9liorer la collecte et la gestion des imp\u00f4ts. <\/p>\n\n\n\n \u00c0 cet \u00e9gard, le groupe de travail du G20 sur le d\u00e9veloppement (Development Working Group<\/em>) s’est concentr\u00e9 sur trois questions cl\u00e9s afin d’accro\u00eetre la mobilisation et l’utilisation des ressources pour le financement du d\u00e9veloppement durable. La pr\u00e9sidence italienne a travaill\u00e9 de mani\u00e8re ouverte et inclusive, en impliquant dans le d\u00e9bat la soci\u00e9t\u00e9 civile, les repr\u00e9sentants des institutions internationales et les pays en d\u00e9veloppement, afin de fournir une image plus compl\u00e8te aux ministres du d\u00e9veloppement et aux dirigeants du G20 sur ces trois questions.<\/p>\n\n\n\n Tout d’abord, nous avons consid\u00e9r\u00e9 la n\u00e9cessit\u00e9 de soutenir les strat\u00e9gies de financement nationales qui permettent aux gouvernements des pays en d\u00e9veloppement de maximiser les synergies entre les ressources nationales et internationales afin qu’elles puissent \u00eatre utilis\u00e9es de la mani\u00e8re la plus efficace. \u00c0 cet \u00e9gard, nous avons d\u00e9cid\u00e9 de soutenir les cadres nationaux de financement int\u00e9gr\u00e9s (CNFI), un outil que plus de 70 pays pilotent et qui constitue un m\u00e9canisme pr\u00e9cieux pour am\u00e9liorer la coordination entre les donateurs, les banques multilat\u00e9rales de d\u00e9veloppement et les gouvernements nationaux en aidant \u00e0 aligner les ressources financi\u00e8res sur les d\u00e9penses publiques. <\/p>\n\n\n\n Deuxi\u00e8mement, nous nous sommes efforc\u00e9s de promouvoir l’utilisation par les pays en d\u00e9veloppement d’instruments financiers li\u00e9s \u00e0 la durabilit\u00e9, tels que les obligations \u00ab vertes \u00bb ou \u00ab sociales \u00bb. Ces instruments qui sont de plus en plus populaires dans les pays avanc\u00e9s, pr\u00e9sentent n\u00e9anmoins un certain nombre de probl\u00e8mes : non seulement en ce qui concerne leur plus grande diffusion au niveau mondial, mais aussi pour \u00e9viter le \u00ab greenwashing \u00bb, en veillant \u00e0 ce que les fonds collect\u00e9s soient r\u00e9ellement utilis\u00e9s pour financer des projets de d\u00e9veloppement durable.<\/p>\n\n\n\n Enfin, nous avons travaill\u00e9 \u00e0 l’\u00e9laboration d’une vision commune du G20 sur la mani\u00e8re de collaborer avec les pays en d\u00e9veloppement afin de garantir que les ressources fiscales soient align\u00e9es de mani\u00e8re appropri\u00e9e sur les ODD, pour que le financement fourni par les pays du G20 aux pays en d\u00e9veloppement ait un impact maximal sur la reprise et la r\u00e9alisation. Il s’agit d’un objectif ambitieux et sans doute complexe, mais qui a trouv\u00e9 une r\u00e9ponse tr\u00e8s positive dans les pays en d\u00e9veloppement, notamment en Afrique, o\u00f9 la Commission \u00e9conomique des Nations unies a indiqu\u00e9 sa volont\u00e9 de lancer des projets pilotes. <\/p>\n\n\n\n Dans ce contexte, une coop\u00e9ration multilat\u00e9rale renouvel\u00e9e devient de plus en plus n\u00e9cessaire. Par exemple, dans le domaine de la coop\u00e9ration au d\u00e9veloppement, la communaut\u00e9 des donateurs ne peut esp\u00e9rer pouvoir r\u00e9soudre la crise mondiale \u00e0 elle seule. Il est n\u00e9cessaire d’\u00e9couter pleinement et d’engager un dialogue constructif et \u00e9galitaire avec les autres, en renfor\u00e7ant la coop\u00e9ration avec les pays en d\u00e9veloppement et, plus g\u00e9n\u00e9ralement, avec les \u00e9conomies \u00e9mergentes. Par exemple, les progr\u00e8s r\u00e9alis\u00e9s en mati\u00e8re de fiscalit\u00e9 des entreprises multinationales ont \u00e9t\u00e9 possibles gr\u00e2ce \u00e0 la cr\u00e9ation d\u2019un cadre inclusif, qui a \u00e9t\u00e9 construit au sein de l’OCDE (Organisation de coop\u00e9ration et de d\u00e9veloppement \u00e9conomiques), avec pr\u00e8s de 140 pays pour d\u00e9finir ensemble les nouvelles r\u00e8gles. <\/p>\n\n\n\n Parmi les priorit\u00e9s du G20 sous la pr\u00e9sidence italienne, nous avons voulu mettre en avant le r\u00f4le fondamental des villes – avant tout des villes interm\u00e9diaires – et l’urbanisation durable dans les pays en d\u00e9veloppement. Si nous parlons de l’Agenda 2030 et de la r\u00e9alisation des ODD, nous ne pouvons pas nous permettre de n\u00e9gliger la dimension locale et le r\u00f4le transformateur des villes interm\u00e9diaires. Ces derniers n’ont jusqu’\u00e0 pr\u00e9sent – \u00e9tonnamment – pas re\u00e7u suffisamment d’attention au niveau mondial. Au contraire, les villes, en particulier les petites et moyennes, ont \u00e9t\u00e9 en premi\u00e8re ligne pour r\u00e9pondre aux besoins et aux urgences, jouant un r\u00f4le cl\u00e9 dans la r\u00e9ponse \u00e0 la pand\u00e9mie et s’av\u00e9rant de plus en plus \u00eatre des acteurs indispensables pour une reprise inclusive, r\u00e9siliente et durable. Dans le communiqu\u00e9 de cl\u00f4ture de la r\u00e9union des ministres du d\u00e9veloppement du G20 en juin dernier, nous avons reconnu que \u00ab les villes interm\u00e9diaires offrent un potentiel important, mais souvent inexploit\u00e9 et sous-utilis\u00e9, pour atteindre les ODD au niveau local et […] peuvent jouer un r\u00f4le crucial, de concert avec les gouvernements nationaux, pour faire progresser un mod\u00e8le de d\u00e9veloppement plus inclusif, r\u00e9silient et durable \u00bb. <\/p>\n\n\n\n Une coop\u00e9ration multilat\u00e9rale renouvel\u00e9e devient de plus en plus n\u00e9cessaire. Par exemple, dans le domaine de la coop\u00e9ration au d\u00e9veloppement, la communaut\u00e9 des donateurs ne peut esp\u00e9rer pouvoir r\u00e9soudre la crise mondiale \u00e0 elle seule. <\/p>Marina Sereni<\/cite><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n Les villes interm\u00e9diaires abritent actuellement 20 % de la population mondiale et un tiers de la population urbaine totale. L’OCDE et CGLU (Union des villes et gouvernements locaux) ont estim\u00e9 que les investissements r\u00e9alis\u00e9s au niveau des autorit\u00e9s infranationales – c’est-\u00e0-dire des administrations publiques de taille moyenne – repr\u00e9sentaient pr\u00e8s de 60 % du total des investissements publics dans les pays \u00e0 haut revenu \u00e0 l’\u00e9poque pr\u00e9-pand\u00e9mique. Ces chiffres montrent l’importance cruciale des autorit\u00e9s locales dans la mise en \u0153uvre des politiques publiques. En revanche, dans les pays en d\u00e9veloppement, bien que les donn\u00e9es disponibles soient moins d\u00e9taill\u00e9es, les investissements des collectivit\u00e9s locales ne repr\u00e9sentent que 7 % des investissements publics. Le cas des villes interm\u00e9diaires peut donc constituer un exemple de bonne pratique, un mod\u00e8le de d\u00e9veloppement qui peut \u00e9videmment \u00eatre adapt\u00e9 aux diff\u00e9rentes r\u00e9alit\u00e9s dans lesquelles il serait appliqu\u00e9. <\/p>\n\n\n\n Alors, o\u00f9 en sont les villes interm\u00e9diaires dans les pays \u00e0 revenu moyen et faible ? Tout simplement : leur croissance d\u00e9mographique est parmi les plus rapides. En Afrique, en particulier, la croissance urbaine la plus rapide de la plan\u00e8te se produit et continuera de se produire. Le rapport du Club du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest intitul\u00e9 \u00ab Dynamiques de l\u2019urbanisation africaine 2020<\/em>\u00ab <\/span>2<\/sup><\/a><\/span><\/span> pr\u00e9voit un doublement de la population africaine d’ici 2050, dont les deux tiers seront absorb\u00e9s par les zones urbaines. Il faut noter la particularit\u00e9 du processus d’urbanisation en cours sur le continent africain : contrairement aux id\u00e9es re\u00e7ues, une grande partie de la population urbaine tr\u00e8s jeune ne sera pas concentr\u00e9e dans les grandes m\u00e9tropoles – par un exode rural massif – mais dans des petites et moyennes agglom\u00e9rations – les villes interm\u00e9diaires (ce qui ne signifie pas que la croissance d\u00e9mographique des grandes m\u00e9tropoles ne conna\u00eetra pas une croissance exponentielle). <\/p>\n\n\n\n En outre, ces villes doivent encore construire une grande partie de leurs propres infrastructures : leurs choix d’investissement dans les r\u00e9seaux d’\u00e9nergie et de transport auront un impact important en termes de durabilit\u00e9, de protection des terres et de la biodiversit\u00e9, de transformation num\u00e9rique et de r\u00e9ponse au changement climatique. Malgr\u00e9 leurs fonctions essentielles, les villes interm\u00e9diaires des pays en d\u00e9veloppement sont confront\u00e9es \u00e0 une situation encore plus grave dans la perspective de la reprise post-Covid-19. Ils sont souvent n\u00e9glig\u00e9s dans les strat\u00e9gies nationales et les programmes de coop\u00e9ration internationale et sont confront\u00e9s \u00e0 d’\u00e9normes contraintes pour r\u00e9aliser leur potentiel de d\u00e9veloppement. Par exemple, le rapport \u201cDynamiques du d\u00e9veloppement en Afrique 2021<\/em>\u201d <\/span>3<\/sup><\/a><\/span><\/span>,<\/em> r\u00e9alis\u00e9 par le Centre de d\u00e9veloppement de l’OCDE et l’Union africaine, montre le potentiel mais aussi les difficult\u00e9s auxquelles ces villes sont confront\u00e9es dans le cadre de la transformation num\u00e9rique et de la cr\u00e9ation d’emplois. Ces \u00e9l\u00e9ments nous ont fait prendre conscience de l’urgence d’accorder plus d’attention aux autorit\u00e9s locales et aux villes interm\u00e9diaires et c’est pourquoi nous avons inclus, pour la premi\u00e8re fois, ce que l’on appelle dans le jargon technique la \u00ab localisation et la territorialisation \u00bb des ODD dans l’agenda du G20. <\/p>\n\n\n\n Gr\u00e2ce aux travaux du groupe de travail sur le d\u00e9veloppement, le G20 a mis en place une plateforme sur la localisation des ODD et les villes interm\u00e9diaires, un espace ouvert et inclusif pour le dialogue politique afin d’aider \u00e0 maximiser les synergies entre les initiatives existantes et \u00e0 combler certaines des principales lacunes auxquelles ces villes sont confront\u00e9es dans la r\u00e9alisation de leur potentiel de d\u00e9veloppement. Nous avons \u00e9galement approuv\u00e9 les 10 principes de haut niveau du G20 \u00e0 Rome pour les partenariats de ville \u00e0 ville visant \u00e0 atteindre les ODD, en soulignant certains domaines cl\u00e9s pour progresser dans leur localisation. Sur la base de ces principes, qui tiennent compte de l’h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 des villes interm\u00e9diaires du G20 et des pays en d\u00e9veloppement, la plateforme du G20 vise \u00e0 pr\u00e9parer un recueil de bonnes pratiques sur les partenariats entre villes pour la localisation des ODD, gr\u00e2ce auquel le G20 pourra favoriser la cr\u00e9ation de projets pilotes ou de nouveaux partenariats entre les villes interm\u00e9diaires et les territoires du G20 et des pays partenaires.<\/p>\n\n\n\n Dans ce contexte, l’Italie, pays de villes petites et moyennes dans lesquelles des liens forts existent et ont \u00e9t\u00e9 construits entre les entreprises et le territoire, entre le troisi\u00e8me secteur et les institutions, a l’opportunit\u00e9 de jouer un r\u00f4le de premier plan dans cette initiative, en contribuant de mani\u00e8re substantielle \u00e0 un nouvel agenda international pour le d\u00e9veloppement local. En effet, notre pays a traditionnellement jou\u00e9 un r\u00f4le de premier plan dans le d\u00e9bat sur les politiques de d\u00e9veloppement territorial au niveau international, notamment au sein de l’OCDE, et la contribution de nos autorit\u00e9s locales \u00e0 la mise en \u0153uvre de projets de coop\u00e9ration internationale au d\u00e9veloppement est largement reconnue. Ce dernier constitue un patrimoine original d’exp\u00e9riences, r\u00e9sultat de la capacit\u00e9 des R\u00e9gions et des Municipalit\u00e9s \u00e0 mobiliser les diff\u00e9rents acteurs et ressources des territoires, afin de construire des relations et des partenariats pour le d\u00e9veloppement durable. <\/p>\n\n\n\nCrise alimentaire<\/strong><\/h2>\n\n\n\n
Financement du d\u00e9veloppement durable<\/strong><\/h2>\n\n\n\n
Les villes interm\u00e9diaires : une priorit\u00e9 du G20<\/strong><\/h2>\n\n\n\n
Villes interm\u00e9diaires dans les pays en d\u00e9veloppement<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
La plateforme sur la localisation des ODD et les villes interm\u00e9diaires<\/h3>\n\n\n\n
L’Italie : un mod\u00e8le \u00e0 suivre ?<\/h3>\n\n\n\n
L’Italie et l’Afrique : prol\u00e9gom\u00e8nes pour un multilat\u00e9ralisme renouvel\u00e9<\/h2>\n\n\n\n