{"id":127151,"date":"2021-12-24T10:45:59","date_gmt":"2021-12-24T09:45:59","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/?p=127151"},"modified":"2021-12-24T11:00:00","modified_gmt":"2021-12-24T10:00:00","slug":"ce-quil-fallait-lire-en-2021","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2021\/12\/24\/ce-quil-fallait-lire-en-2021\/","title":{"rendered":"Ce qu\u2019il fallait lire en 2021"},"content":{"rendered":"\n

Relations internationales, multilat\u00e9ralisme<\/strong><\/h2>\n\n\n\n

Glenda Sluga, The Invention of International Order. Remaking Europe after Napoleon<\/em>, Princeton University Press.<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
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\u00ab  En 1814, apr\u00e8s des d\u00e9cennies de conflit continental, une alliance d’empires europ\u00e9ens s’empare de Paris et exile Napol\u00e9on Bonaparte, mettant en \u00e9chec l’expansionnisme militaire fran\u00e7ais et \u00e9tablissant le \u201cconcert europ\u00e9en\u201d. Cette nouvelle coalition a sem\u00e9 les graines de l’ordre international actuel, mariant l’id\u00e9e d’une paix durable au multilat\u00e9ralisme, \u00e0 la diplomatie, \u00e0 la philanthropie et aux droits, et faisant de l’Europe son centre. Glenda Sluga r\u00e9v\u00e8le comment, \u00e0 la fin des guerres napol\u00e9oniennes, ces nouvelles conceptions de la politique entre les \u00c9tats ont \u00e9t\u00e9 l’\u0153uvre non seulement d’hommes d’\u00c9tat europ\u00e9ens, mais aussi d’hommes et de femmes aristocrates et bourgeois ambitieux sur le plan politique, qui ont saisi l’opportunit\u00e9 offerte par cet extraordinaire carrefour historique.<\/p>\n\n\n\n

Elle propose des portraits \u00e0 multiples facettes des principaux hommes d’\u00c9tat de l’\u00e9poque, tels que le tsar Alexandre, le comte Metternich et le vicomte Castlereagh, en montrant comment ils op\u00e9raient dans le contexte de r\u00e9seaux sociaux souvent pr\u00e9sid\u00e9s par des femmes influentes, alors m\u00eame qu’ils faisaient de la politique une entreprise masculine. Dans cette histoire, des figures telles que Madame de Sta\u00ebl et la comtesse Dorothea Lieven oeuvrent \u00e0 fa\u00e7onner les transformations politiques en cours, tandis que les banquiers influencent les d\u00e9veloppements \u00e9conomiques et que leurs familles s’agitent pour les droits des Juifs. \u00bb<\/p>\n\n\n\n

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Sandrine Kott, Organiser le monde. Une autre histoire de la guerre froide<\/em>, Seuil.<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
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\u00ab  <\/strong>Plongeant dans les archives des organisations internationales \u2013 l\u2019ONU et ses agences, en particulier mais aussi des organisations non gouvernementales et de grandes fondations priv\u00e9es \u2013, Sandrine Kott nous d\u00e9voile une autre histoire de la guerre froide. Ces organisations, o\u00f9 se rencontrent et s\u2019opposent des acteurs issus de mondes en conflit, se r\u00e9v\u00e8lent \u00eatre des lieux d\u2019\u00e9laboration en commun de savoirs et de projets. Elles rendent possible et encouragent des internationalismes structur\u00e9s autour de causes qui tout \u00e0 la fois rassemblent et divisent : droits de l\u2019homme et de la femme, paix, \u00e9cologie\u2026 Elles promeuvent l\u2019id\u00e9e qu\u2019il est possible d\u2019organiser le monde en r\u00e9gulant ses d\u00e9s\u00e9quilibres et ses contradictions. Enfin et surtout elles donnent la parole \u00e0 une multitude d\u2019acteurs n\u00e9glig\u00e9s dans les grands r\u00e9cits, en particulier ceux du \u00ab tiers monde \u00bb dont les revendications de justice ont puissamment marqu\u00e9 l\u2019agenda international de la p\u00e9riode. \u00c0 la guerre froide a succ\u00e9d\u00e9 l\u2019\u00e8re du globalisme marqu\u00e9e par la g\u00e9n\u00e9ralisation des logiques de concurrence. Leur triomphe met en danger les espace de d\u00e9bats internationaux comme les projets de r\u00e9gulation et d\u2019organisation du monde dont les soci\u00e9t\u00e9s humaines et leurs environnements naturels auraient, pourtant, plus que jamais besoin.  \u00bb<\/p>\n\n\n\n

Paru le 21 janvier<\/p>\n\n\n\n

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Sandrine Kott a d\u00e9velopp\u00e9 ses analyses dans nos colonnes<\/a>.<\/p>\n\n\n\n

Jean-Marie Gu\u00e9henno, Le premier XXIe si\u00e8cle<\/em>, Flammarion<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
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\u00ab Le \u00ab premier XXI\u1d49 si\u00e8cle \u00bb, comme la premi\u00e8re version d\u2019un logiciel insuffisamment test\u00e9, r\u00e9v\u00e8le chaque jour de nouvelles failles : nous sommes loin du triomphalisme qui saisit les d\u00e9mocraties en 1989 quand le mur de Berlin est tomb\u00e9. L\u2019individu qui croyait changer le monde est de plus en plus \u00e9cras\u00e9 par lui. Il a perdu confiance dans la politique, et l\u2019utopie identitaire remplace l\u2019utopie politique. Comment en est-on arriv\u00e9 l\u00e0 dans des soci\u00e9t\u00e9s aussi diff\u00e9rentes que l\u2019Am\u00e9rique de Trump, le Br\u00e9sil de Bolsonaro, l\u2019Inde de Modi ou le Royaume-Uni de Boris Johnson ?<\/p>\n\n\n\n

Jean-Marie Gu\u00e9henno va au-del\u00e0 des explications \u00e9conomiques : la crise des d\u00e9mocraties \u2013 \u00e0 laquelle l\u2019\u00e9lection de Biden ne met pas fin \u2013 est une crise des soci\u00e9t\u00e9s. Une soci\u00e9t\u00e9 qui n\u2019est plus d\u00e9finie que par une seule dimension \u2013 que ce soit celle de la r\u00e9ussite mat\u00e9rielle, de la nation, ou de la religion \u2013 est une soci\u00e9t\u00e9 malade. Cette crise se produit alors que le nouvel \u00ab \u00e2ge des donn\u00e9es \u00bb de l\u2019internet et de l\u2019intelligence artificielle bouscule les hi\u00e9rarchies du savoir et de la puissance ; comme l\u2019invention du livre, il peut conduire \u00e0 une Seconde Renaissance, riche de promesses, mais aussi de conflits. La Chine et les entreprises g\u00e9antes de l\u2019internet, avec des objectifs diff\u00e9rents et chacune \u00e0 leur mani\u00e8re, d\u00e9veloppent une capacit\u00e9 de contr\u00f4le des esprits qui fait secr\u00e8tement envie \u00e0 des individus auxquels leur propre libert\u00e9 fait peur, mais peut aussi d\u00e9boucher sur des confrontations violentes.<\/p>\n\n\n\n

Un autre avenir est possible : une \u00e9cologie repens\u00e9e, des institutions qui organisent une nouvelle s\u00e9paration des pouvoirs, une Europe qui ne cherche pas \u00e0 \u00eatre un super-\u00c9tat, sont quelques-unes des voies explor\u00e9es par ce livre ambitieux et novateur. \u00bb<\/p>\n\n\n\n

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Jean-Marie Gu\u00e9henno nous avait accord\u00e9 un long entretien<\/a> \u00e0 propos de son livre.<\/p>\n\n\n\n

Delphine All\u00e8s, La part des dieux. Religion et relations internationales<\/em>, CNRS \u00c9ditions<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
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\u00ab Du Discours du Caire, adress\u00e9 en 2009 par Barack Obama \u00e0 un \u00ab monde musulman \u00bb dont il pr\u00e9supposait l\u2019unit\u00e9, \u00e0 la prolif\u00e9ration des \u00ab dialogues interreligieux pour la paix \u00bb, la religion appara\u00eet aujourd\u2019hui comme centrale dans les relations internationales. Cette perception d\u00e9bouche sur des initiatives politiques pr\u00e9sent\u00e9es comme autant d\u2019antidotes face aux troubles attribu\u00e9s au \u00ab retour du religieux \u00bb dans l\u2019espace mondial.<\/p>\n\n\n\n

 Pourtant, contrairement \u00e0 ce que laisse entendre le mythe d\u2019un syst\u00e8me international s\u00e9cularis\u00e9, les dieux n\u2019ont jamais cess\u00e9 d\u2019\u00eatre m\u00eal\u00e9s aux affaires du monde. En Europe m\u00eame, o\u00f9 la souverainet\u00e9 de l\u2019\u00c9tat s\u2019est form\u00e9e contre l\u2019autorit\u00e9 de l\u2019\u00c9glise, les relations entre religion et politique sont rest\u00e9es imbriqu\u00e9es. Dans le monde postcolonial, des mobilisations \u00e0 dimension religieuse ont souvent form\u00e9 un ressort de l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance et donc une condition de l\u2019acquisition de la souverainet\u00e9. <\/p>\n\n\n\n

La longue ignorance de cette \u00ab part des dieux \u00bb a laiss\u00e9 place, \u00e0 partir des ann\u00e9es 90, \u00e0 une surinterpr\u00e9tation du retour du religieux dans l\u2019analyse des relations internationales. Le succ\u00e8s des repr\u00e9sentations confessionnalis\u00e9es du d\u00e9sordre mondial et des initiatives politiques qui s\u2019en sont inspir\u00e9es, souvent en r\u00e9ponse \u00e0 diff\u00e9rents avatars de la th\u00e8se du \u00ab choc des civilisations \u00bb, a eu un effet auto-r\u00e9alisateur : elle a incit\u00e9 des acteurs qui \u00e9chappaient jusqu\u2019alors aux labels religieux \u00e0 les mobiliser strat\u00e9giquement. <\/p>\n\n\n\n

C\u2019est au prisme du terrain indon\u00e9sien notamment que l\u2019auteure \u00e9tudie cette \u00e9volution, tout en s\u2019attachant \u00e0 montrer l\u2019autonomie d\u2019individus et de soci\u00e9t\u00e9s \u00e9chappant aux assignations d\u2019identit\u00e9s religieuses uniformisantes. \u00bb<\/p>\n\n\n\n

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\u00c9conomie<\/strong><\/h2>\n\n\n\n

Philippe Aghion, C\u00e9line Antonin et Simon Bunel, Le pouvoir de la destruction cr\u00e9atrice<\/em>, Odile Jacob<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
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\u00ab La destruction cr\u00e9atrice est le processus par lequel de nouvelles innovations viennent constamment rendre les technologies et activit\u00e9s existantes obsol\u00e8tes. C\u2019est le processus par lequel les emplois nouvellement cr\u00e9\u00e9s viennent sans cesse remplacer les emplois existants. Ce livre invite le lecteur \u00e0 repenser l\u2019histoire et les \u00e9nigmes de la croissance \u00e0 travers le prisme de la destruction cr\u00e9atrice et \u00e0 remettre en cause nombre d\u2019id\u00e9es re\u00e7ues. Pourquoi les r\u00e9volutions technologiques et l\u2019automatisation cr\u00e9ent plus d\u2019emplois qu\u2019elles n\u2019en d\u00e9truisent. Pourquoi concurrence et politique industrielle ne sont pas antinomiques. Pourquoi l\u2019imp\u00f4t n\u2019est pas le seul moyen de rendre la croissance plus juste. Pourquoi la croissance n\u2019est pas correctement mesur\u00e9e. Pourquoi la stagnation s\u00e9culaire n\u2019est pas une fatalit\u00e9. Pourquoi l\u2019industrialisation n\u2019est pas une \u00e9tape indispensable dans le processus de d\u00e9veloppement. Pourquoi la taxe carbone n\u2019est pas l\u2019unique levier d\u2019une croissance plus verte. Pourquoi, avec des politiques publiques appropri\u00e9es, la destruction cr\u00e9atrice ne nuit pas \u00e0 la sant\u00e9 et au bonheur. Pourquoi l\u2019innovation a besoin du march\u00e9, de l\u2019\u00c9tat, mais \u00e9galement d\u2019une intervention active de la soci\u00e9t\u00e9 civile. Le Pouvoir de la destruction cr\u00e9atrice est \u00e0 la fois une exploration des ressorts de la prosp\u00e9rit\u00e9 \u00e9conomique et un guide pour penser l\u2019avenir du capitalisme. \u00bb<\/p>\n\n\n\n

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Lire le compte-rendu<\/a> de cet ouvrage sur le Grand Continent.<\/p>\n\n\n\n

Eric Monnet, La Banque-providence. D\u00e9mocratiser les banques centrales et la monnaie<\/em>, Seuil<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
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\u00ab Les banques centrales sont sous le feu des critiques : trop opaques, trop technocratiques, hyperpuissantes et coup\u00e9es du peuple. Pourtant, il faut les penser comme un pilier de l\u2019\u00c9tat-providence, leur r\u00f4le \u00e9tant de nous prot\u00e9ger contre les al\u00e9as \u00e9conomiques. Dans les ann\u00e9es \u00e0 venir, elles seront une pi\u00e8ce ma\u00eetresse pour soutenir la transition \u00e9cologique, financer la dette publique et produire une monnaie \u00e9lectronique. Mais dans quel cadre, avec quelle l\u00e9gitimit\u00e9 ? Quelle forme prendra l\u2019argent demain ? Questions cruciales, qui montrent \u00e0 quel point la monnaie est une question politique. Les banques centrales doivent \u00eatre l’outil de la d\u00e9mocratie. \u00bb<\/p>\n\n\n\n

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Lire l’entretien<\/a> de Shahin Vall\u00e9e avec Eric Monnet \u00e0 propos de son ouvrage.<\/p>\n\n\n\n

Adam Tooze, Shutdown. How Covid Shook the World\u2019s Economy<\/em>, Viking<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
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\u00ab  Lorsque les premi\u00e8res informations ont commenc\u00e9 \u00e0 circuler en Chine au sujet d\u2019un nouveau virus en d\u00e9cembre 2019, les march\u00e9s financiers ont \u00e9t\u00e9 alert\u00e9s par son potentiel de perturbation. Pourtant, ils n\u2019auraient jamais pu pr\u00e9dire l\u2019effondrement \u00e9conomique total qui suivrait, alors que les march\u00e9s boursiers chutaient plus rapidement et plus durement qu\u2019\u00e0 n\u2019importe quel moment depuis 1929, que les devises du monde entier plongeaient, que les investisseurs paniquaient et que m\u00eame l\u2019or \u00e9tait vendu.<\/p>\n\n\n\n

En l\u2019espace de quelques semaines, l\u2019\u00e9conomie mondiale a \u00e9t\u00e9 stopp\u00e9e net par les gouvernements qui tentaient de contenir une catastrophe de sant\u00e9 publique en pleine expansion. Les vols ont \u00e9t\u00e9 clou\u00e9s au sol, les cha\u00eenes d\u2019approvisionnement bris\u00e9es, les industries du tourisme, du p\u00e9trole et de l\u2019h\u00f4tellerie se sont effondr\u00e9es du jour au lendemain, laissant des centaines de millions de personnes sans emploi. Les banques centrales ont r\u00e9agi par des interventions sans pr\u00e9c\u00e9dent pour maintenir leurs \u00e9conomies en vie. Pour la premi\u00e8re fois depuis la Seconde Guerre mondiale, l\u2019ensemble du syst\u00e8me \u00e9conomique mondial s\u2019est contract\u00e9.<\/p>\n\n\n\n

Ce livre raconte l\u2019histoire de cette contraction. Nous ne savons pas encore comment cette histoire se termine, ni quel nouveau monde nous trouverons de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9.  \u00bb<\/p>\n\n\n\n

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Guerre, strat\u00e9gie<\/strong><\/h2>\n\n\n\n

Marc Hecker et \u00c9lie Tenenbaum, La guerre de vingt ans. Djihadisme et contre-terrorisme au XXIe<\/sup> si\u00e8cle<\/em>, Robert Laffont<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
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\u00ab  Vingt ans, d\u00e9j\u00e0, que les tours du World Trade Center se sont effondr\u00e9es. Qui aurait cru alors que, deux d\u00e9cennies plus tard, la guerre globale contre le terrorisme se poursuivrait sans issue en vue ? Des sables du Sahara aux jungles d\u2019Asie du Sud-Est, des plaines irakiennes aux montagnes afghanes, les pays occidentaux et leurs alli\u00e9s continuent de pourchasser des djihadistes \u00e0 la d\u00e9termination sans faille. La menace n\u2019est pas cantonn\u00e9e \u00e0 ces contr\u00e9es lointaines : l\u2019Europe \u2013 et singuli\u00e8rement la France \u2013 a pay\u00e9 un lourd tribut \u00e0 ce long conflit.<\/p>\n\n\n\n

Al-Qaida a fait preuve d\u2019une r\u00e9silience remarquable et de nouveaux groupes, comme l\u2019\u00c9tat islamique, sont apparus. La chute du \u00ab califat \u00bb proclam\u00e9 par Daech n\u2019a pas sign\u00e9 la fin de cette organisation, et encore moins celle de son id\u00e9ologie mortif\u00e8re. Le monde compterait deux \u00e0 trois fois plus de combattants djihadistes aujourd\u2019hui qu\u2019au d\u00e9but du si\u00e8cle. Ce constat d\u2019une interminable guerre d\u2019usure interroge : qu\u2019avons-nous fait de ces vingt ans ? En d\u00e9pit des centaines de milliers de vies perdues et des sommes consid\u00e9rables d\u00e9pens\u00e9es, pourquoi la menace est-elle encore si \u00e9lev\u00e9e ?<\/p>\n\n\n\n

D\u00e9cryptant les dynamiques strat\u00e9giques de cet affrontement, les auteurs expliquent pourquoi il est si difficile de casser la spirale de la violence et tirent de ces deux d\u00e9cennies de lutte des le\u00e7ons essentielles pour l\u2019avenir.  \u00bb<\/p>\n\n\n\n

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Lire l’entretien<\/a> avec Marc Hecker \u00e0 propos de La guerre de vingt ans<\/em>.<\/p>\n\n\n\n

Herv\u00e9 Dr\u00e9villon, Penser et \u00e9crire la guerre. Contre Clausewitz<\/em>, Pass\u00e9s Compos\u00e9s <\/strong><\/h3>\n\n\n\n
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\u00ab Faire l\u2019histoire de la pens\u00e9e de la guerre de 1780, date de la naissance de Clausewitz, \u00e0 1837, ann\u00e9e de publication du dernier volume de ses \u0153uvres compl\u00e8tes par sa veuve, tel est le pari d\u2019Herv\u00e9 Dr\u00e9villon dans ce livre remarquable d\u2019intelligence et d\u2019originalit\u00e9. Car au-del\u00e0 du parcours du plus c\u00e9l\u00e8bre th\u00e9oricien de la guerre, la p\u00e9riode 1780-1837 se caract\u00e9rise par l\u2019\u00e9mergence de la th\u00e9orie militaire comme un v\u00e9ritable champ litt\u00e9raire.<\/p>\n\n\n\n

Consid\u00e9r\u00e9, \u00e0 cette \u00e9poque, comme l\u2019auteur de r\u00e9f\u00e9rence de ce domaine, Antoine de Jomini attaqua la th\u00e9orie de Clausewitz et sa mise en \u0153uvre qui s\u2019appuyait sur une \u00ab plume facile \u00bb mais \u00ab parfois un peu vagabonde \u00bb et \u00ab surtout trop pr\u00e9tentieuse \u00bb. L\u2019inconstance de la plume de Clausewitz reposa sur sa conscience aigu\u00eb des probl\u00e9matiques de la th\u00e9orie militaire. Il est donc utile de s\u2019appuyer dessus pour \u00e9tudier la construction de la pens\u00e9e militaire par de nombreux auteurs qui pens\u00e8rent et \u00e9crivirent la guerre. Contrairement \u00e0 la vision id\u00e9aliste de Clausewitz, la plupart se r\u00e9f\u00e9r\u00e8rent \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 des conflits arm\u00e9s pour tenter d\u2019offrir des principes r\u00e9pondant \u00e0 des questions essentielles : que faire en guerre et quel est le lien entre guerre et politique ? \u00bb<\/p>\n\n\n\n

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Lire le compte-rendu<\/a> de cet ouvrage sur le Grand Continent.<\/p>\n\n\n\n

Samuel Moyn, Humane. How the United States Abandoned Peace and Reinvented War<\/em>, Farrar, Straus and Giroux<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
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\u00ab Samuel Moyn pose une question troublante mais urgente : Et si les efforts d\u00e9ploy\u00e9s pour rendre la guerre plus \u00e9thique – interdire la torture et limiter les pertes civiles – n’avaient fait que renforcer l’entreprise militaire ? Pour d\u00e9fendre cette th\u00e8se, Moyn se penche sur un si\u00e8cle et demi de d\u00e9bats passionn\u00e9s sur l’\u00e9thique du recours \u00e0 la force. Au XIXe si\u00e8cle, les fondateurs de la Croix-Rouge se sont battus avec acharnement pour rendre la guerre moins meurtri\u00e8re, tout en reconnaissant son caract\u00e8re in\u00e9vitable. L\u00e9on Tolsto\u00ef s’est oppos\u00e9 \u00e0 leurs efforts, estimant que la guerre devait \u00eatre abolie et non r\u00e9form\u00e9e. Au cours du si\u00e8cle suivant, un mouvement populaire visant \u00e0 abolir la guerre s’est d\u00e9velopp\u00e9 des deux c\u00f4t\u00e9s de l’Atlantique.. Toutefois, les r\u00e9formateurs ont fini par passer de l’opposition au crime de guerre \u00e0 l’opposition aux guerre criminelles, avec des cons\u00e9quences fatales.<\/p>\n\n\n\n

Les ramifications de ce changement sont devenues \u00e9videntes apr\u00e8s le 11 septembre. \u00c0 cette \u00e9poque, l’arm\u00e9e am\u00e9ricaine avait adopt\u00e9 un programme de \u201cguerre humaine\u201d, motiv\u00e9e \u00e0 la fois par la disponibilit\u00e9 d’armes de pr\u00e9cision et par la n\u00e9cessit\u00e9 de prot\u00e9ger son image. La bataille s’est d\u00e9plac\u00e9e de la rue vers les tribunaux, o\u00f9 les tactiques de la guerre contre le terrorisme ont \u00e9t\u00e9 contest\u00e9es, mais o\u00f9 ses hypoth\u00e8ses fondamentales n’ont pas \u00e9t\u00e9 s\u00e9rieusement remises en question. Ces tendances n’ont fait que s’acc\u00e9l\u00e9rer sous les pr\u00e9sidences Obama et Trump. M\u00eame si les deux administrations ont parl\u00e9 de la puissance et de la moralit\u00e9 am\u00e9ricaines sur des tons radicalement diff\u00e9rents, elles ont inaugur\u00e9 la deuxi\u00e8me d\u00e9cennie de la guerre \u00ab \u00e9ternelle \u00bb.<\/p>\n\n\n\n

Humane est l’histoire de la fa\u00e7on dont l’Am\u00e9rique est partie se battre et n’est jamais revenue, et comment le combat arm\u00e9 s’est transform\u00e9 d’un outil imparfait de r\u00e9solution des conflits en une composante intrins\u00e8que de la condition moderne. Si les guerres am\u00e9ricaines sont devenues plus humaines, elles sont aussi devenues interminables. Ce livre provocateur soutient que cette \u00e9volution ne repr\u00e9sente peut-\u00eatre pas du tout un progr\u00e8s. \u00bb<\/p>\n\n\n\n

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Environnement, \u00e9cologie <\/strong><\/h2>\n\n\n\n

Agn\u00e8s Sina\u00ef, Politiques de l\u2019Anthropoc\u00e8ne.<\/em> Penser la d\u00e9croissance. \u00c9conomie de l\u2019apr\u00e8s-croissance. Gouverner la d\u00e9croissance,<\/em> Presses de Sciences-Po<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
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\u00ab \u00c2ge de l\u2019\u00e9puisement des ressources, du bouleversement des cycles naturels, l\u2019Anthropoc\u00e8ne s\u2019illustre par la rapidit\u00e9 des transformations thermo-industrielles du syst\u00e8me-Terre. En d\u00e9pit de cette acc\u00e9l\u00e9ration sans analogue, les soci\u00e9t\u00e9s contemporaines continuent de se nourrir de valeurs obsol\u00e8tes. La croissance est l\u2019une d\u2019elles.<\/p>\n\n\n\n

D\u2019o\u00f9 l\u2019imp\u00e9ratif de d\u00e9construire un imaginaire productiviste qui ignore la nature et les contenus de la production ; de penser des politiques de l\u2019Anthropoc\u00e8ne qui se fondent sur l\u2019acceptation de seuils et de limites. Envisag\u00e9e ici comme un projet \u00e9galitaire plut\u00f4t que comme une injonction \u00e0 diminuer le produit int\u00e9rieur brut, la soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9croissante cherche \u00e0 \u00e9viter le d\u00e9litement des liens, \u00e0 maintenir les conditions d\u2019habitabilit\u00e9 de la Terre dans une d\u00e9cence commune. \u00bb<\/p>\n\n\n\n

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Stephen Rostain, La for\u00eat vierge d’Amazonie n’existe pas<\/em>, Le Pommier<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
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\u00ab Depuis trop d\u2019ann\u00e9es, le grave \u00e9tat de sant\u00e9 de l\u2019Amazonie inqui\u00e8te. D\u00e9forestation sauvage, incendies, \u00e9l\u00e9vation de la temp\u00e9rature\u2026 Autant de sympt\u00f4mes d\u2019un fatal d\u00e9s\u00e9quilibre aux prochaines implications climatiques globales, et irr\u00e9m\u00e9diables. En cause ? Une destruction syst\u00e9matique men\u00e9e, depuis trois si\u00e8cles \u00e0 peine, par les soci\u00e9t\u00e9s occidentales. Mais celles-ci, contrairement aux id\u00e9es re\u00e7ues, ne menacent pas seulement la plus grande for\u00eat tropicale du monde, mais \u00e9galement les Am\u00e9rindiens, qui ont pourtant toujours v\u00e9cu en interaction avec leur milieu naturel.<\/p>\n\n\n\n

Dans cet essai original d\u2019\u00e9cologie historique, St\u00e9phen Rostain brosse un panorama complet de ces relations et des puissantes dynamiques \u00e0 l\u2019\u0153uvre. Il se propose, plut\u00f4t que d\u2019en rester \u00e0 un constat d\u2019\u00e9chec, de comprendre les divers usages qui ont \u00e9t\u00e9 faits de cette nature sylvicole \u2013 du plus n\u00e9faste au plus b\u00e9n\u00e9fique \u2013, ouvrant des horizons face \u00e0 la chronique habituelle d\u2019une mort annonc\u00e9e. \u00bb<\/p>\n\n\n\n

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Gernot Wagner, Geoengineering. The Gamble<\/em>, Polity<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
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\u00ab Stabiliser les climats de la plan\u00e8te n\u00e9cessite de r\u00e9duire la pollution par le dioxyde de carbone. Mais que faire si ce n’est pas suffisant ? S’il est trop difficile d’y parvenir dans le temps imparti ou, pire encore, s’il est si tard dans la partie que m\u00eame une r\u00e9duction \u00e0 z\u00e9ro des \u00e9missions de carbone, demain, ne suffirait pas ?<\/p>\n\n\n\n

C’est alors qu’intervient la g\u00e9o-ing\u00e9nierie solaire. Le principe est simple : tenter de refroidir la Terre en renvoyant davantage de lumi\u00e8re solaire dans l’espace. Le principal m\u00e9canisme, qui consiste \u00e0 envoyer des particules dans la haute atmosph\u00e8re, implique une augmentation de la pollution, et non une diminution. Si cela ne semble pas effrayant, cela devrait l’\u00eatre. Il y a beaucoup de risques, d’inconnus et d’inconnaissables.<\/p>\n\n\n\n

Fondateur et directeur ex\u00e9cutif du programme de recherche sur la g\u00e9o-ing\u00e9nierie solaire de Harvard, Gernot Wagner pr\u00e9sente les avantages possibles et les risques trop r\u00e9els, en particulier le \u00ab risque moral \u00bb selon lequel la recherche ou m\u00eame la simple discussion sur la g\u00e9o-ing\u00e9nierie (solaire) saperait la volont\u00e9 de r\u00e9duire les \u00e9missions de carbone. Malgr\u00e9 ces risques, la g\u00e9o-ing\u00e9nierie solaire n’est peut-\u00eatre qu’une question de temps. Il ne s\u2019agirait pas de savoir s\u2019il faut ou non y recourir, mais quand. \u00bb<\/p>\n\n\n\n

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Histoire<\/strong><\/h2>\n\n\n\n

Marie Favereau, The Horde. How the Mongols Change the World<\/em>, Harvard University Press<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
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\u00ab Les Mongols sont connus pour une chose : la conqu\u00eate. Marie Favereau montre que les r\u00e9alisations des Mongols s\u2019\u00e9tendaient bien au-del\u00e0 de la guerre. Pendant trois cents ans, la Horde n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 moins importante pour le d\u00e9veloppement mondial que ne l\u2019avait \u00e9t\u00e9 Rome. Elle a laiss\u00e9 un h\u00e9ritage profond en Europe, en Russie, en Asie centrale et au Moyen-Orient, palpable jusqu\u2019\u00e0 aujourd\u2019hui. Marie Favereau nous fait p\u00e9n\u00e9trer dans l\u2019une des plus puissantes sources d\u2019int\u00e9gration transfrontali\u00e8re de l\u2019histoire mondiale. La Horde \u00e9tait le n\u0153ud central de l\u2019essor commercial eurasiatique des XIIIe<\/sup> et XIVe<\/sup> si\u00e8cles et a permis des \u00e9changes sur des milliers de kilom\u00e8tres. Son r\u00e9gime politique unique \u2013 un accord complexe de partage du pouvoir entre le khan et la noblesse \u2013 r\u00e9compensait les administrateurs et les diplomates habiles et favorisait un ordre \u00e9conomique mobile, organis\u00e9 et novateur. Depuis sa capitale de Sarai, sur le cours inf\u00e9rieur de la Volga, la Horde a fourni un mod\u00e8le de gouvernance \u00e0 la Russie, influenc\u00e9 les pratiques sociales et la structure de l\u2019\u00c9tat dans les cultures islamiques, diffus\u00e9 des th\u00e9ories sophistiqu\u00e9es sur le monde naturel et introduit de nouvelles id\u00e9es de tol\u00e9rance religieuse. Remettant en cause les conceptions des nomades comme p\u00e9riph\u00e9riques \u00e0 l\u2019histoire, Marie Favereau montre clairement que nous vivons dans un monde h\u00e9rit\u00e9 du moment mongol.  \u00bb<\/p>\n\n\n\n

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Richard Overy, Blood and Ruins. The Great Imperial War<\/em>, Allen Lane<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
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\u00ab Dans Blood and Ruins<\/em>, Richard Overy entreprend de revoir la fa\u00e7on dont nous consid\u00e9rons la Seconde Guerre mondiale, ses origines et ses cons\u00e9quences. Il affirme qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019une \u00ab  grande guerre imp\u00e9riale \u00bb, \u00e9pilogue violent de pr\u00e8s d\u2019un si\u00e8cle d\u2019expansion imp\u00e9riale mondiale qui a atteint son apog\u00e9e dans les ambitions de l\u2019Italie, de l\u2019Allemagne et du Japon dans les ann\u00e9es 1930 et au d\u00e9but des ann\u00e9es 1940, avant de se transformer en la guerre la plus importante et la plus co\u00fbteuse de l\u2019histoire de l\u2019humanit\u00e9 et la fin, apr\u00e8s 1945, de tous les empires territoriaux.<\/p>\n\n\n\n

La mani\u00e8re dont une guerre \u00e0 grande \u00e9chelle a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e, approvisionn\u00e9e, pay\u00e9e, soutenue par une mobilisation de masse et moralement justifi\u00e9e est au c\u0153ur de ce nouveau r\u00e9cit. Surtout, Overy explique le co\u00fbt amer pour ceux qui ont particip\u00e9 aux combats, ainsi que le niveau exceptionnel de criminalit\u00e9 et d\u2019atrocit\u00e9 qui a marqu\u00e9 ces projets imp\u00e9riaux, la guerre et ses suites. Cette guerre a \u00e9t\u00e9 aussi meurtri\u00e8re pour les civils que pour les militaires, une guerre \u00e0 mort pour l\u2019avenir de l\u2019ordre mondial.<\/p>\n\n\n\n

Provoquant la r\u00e9flexion, Blood and Ruins<\/em> vise \u00e0 comprendre la guerre d\u2019une mani\u00e8re nouvelle. \u00bb<\/p>\n\n\n\n

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J\u00e9r\u00e9mie Foa, Tous ceux qui tombent. Visages du massacre de la Saint-Barth\u00e9l\u00e9my<\/em>, La D\u00e9couverte, 2021<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
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\u00ab Fin ao\u00fbt 1572. \u00c0 Paris, des notaires dressent des inventaires apr\u00e8s d\u00e9c\u00e8s, enregistrent des actes, r\u00e8glent des h\u00e9ritages. Avec minutie, ils transcrivent l\u2019ordinaire des vies au milieu d\u2019une colossale h\u00e9catombe. Mais ils livrent aussi des noms, des adresses, des liens.<\/p>\n\n\n\n

Puisant dans ces archives notariales, J\u00e9r\u00e9mie Foa tisse une micro-histoire de la Saint-Barth\u00e9lemy soucieuse de nommer les anonymes, les obscurs jet\u00e9s au fleuve ou m\u00eal\u00e9s \u00e0 la fosse, \u00e0 jamais engloutis. Pour \u00e9lucider des crimes dont on ignorait jusqu\u2019\u00e0 l\u2019existence, il abandonne les palais pour les pav\u00e9s, exhumant les indices d\u2019un massacre de proximit\u00e9, commis par des voisins sur leurs voisins. Car \u00e0 descendre dans la rue, on croise ceux qui ont du sang sur les mains, on observe le savoir-faire de la poign\u00e9e d\u2019hommes responsables de la plupart des meurtres. Sans avoir \u00e9t\u00e9 pr\u00e9m\u00e9dit\u00e9, le massacre \u00e9tait pr\u00e9par\u00e9 de longue date \u2013 les assassins n\u2019ont pas surgi tout arm\u00e9s dans la folie d\u2019un soir d\u2019\u00e9t\u00e9.<\/p>\n\n\n\n

Au fil de vingt-cinq enqu\u00eates haletantes, l\u2019historien retrouve les victimes et les tueurs, simples passants ou ardents massacreurs, dans leur humaine trivialit\u00e9 : \u00e9pingliers, menuisiers, r\u00f4tisseurs de la Vall\u00e9e de Mis\u00e8re, tanneurs d\u2019Aubusson et taverniers de Maubert, vies minuscules<\/em> emport\u00e9es par l\u2019\u00e9v\u00e9nement. \u00bb<\/p>\n\n\n\n

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Lire l’entretien<\/a> que J\u00e9r\u00e9mie Foa avait accord\u00e9 au Grand Continent \u00e0 propos de son livre.<\/p>\n\n\n\n

Carlo Ginzburg, La lettera uccide<\/em>, Adelphi, 2021<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
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\u00ab \u00ab La lettre tue, l’esprit donne la vie \u00bb disait Paul de Tarse, opposant la loi juive dans laquelle il \u00e9tait n\u00e9 \u00e0 la nouvelle foi – le christianisme – dont il \u00e9tait le fondateur. \u00ab Il tue \u00bb et \u00ab il donne la vie \u00bb sont des m\u00e9taphores, qui ne doivent pas \u00eatre prises au pied de la lettre. On peut y r\u00e9pondre par une autre m\u00e9taphore : la lettre tue ceux qui l’ignorent. De l’analyse approfondie de cas sp\u00e9cifiques \u00e9merge une version de la micro-histoire pr\u00e9sent\u00e9e ici dans une nouvelle perspective. Au centre de ces affaires, des personnages c\u00e9l\u00e8bres (Machiavel, Michel-Ange, Montaigne) ou semi-inconnus (Jean-Pierre Purry, La C.***) ; un texte ou une image ; un th\u00e8me (la r\u00e9v\u00e9lation) ou une lettre de l’alphabet. Et un \u00e9l\u00e9ment r\u00e9current : la r\u00e9flexion sur la m\u00e9thode, sur l’entrelacement du  \u00bb hasard  \u00bb et de la  \u00bb chance  \u00bb – entre les \u00e9tudes de cas et les \u00e9l\u00e9ments al\u00e9atoires, souvent d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment produits. \u00ab Le livre dont vous avez besoin peut se trouver \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du livre que vous cherchez \u00bb : le lecteur d\u00e9couvrira les r\u00e9sultats souvent impr\u00e9visibles de cette d\u00e9claration d’Aby Warburg. \u00bb<\/p>\n\n\n\n

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Paulin Ismard (ed.), Les mondes de l\u2019esclavag<\/em>e, \u00c9ditions du Seuil<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
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\u00ab Cet ouvrage d\u2019une ambition exceptionnelle pr\u00e9sente sous une forme accessible \u00e0 un large public une histoire in\u00e9dite de l\u2019esclavage depuis la Pr\u00e9histoire jusqu\u2019au pr\u00e9sent. Il para\u00eet vingt ans apr\u00e8s le vote de la loi Taubira, alors que la prise de conscience du pass\u00e9 esclavagiste est chaque jour plus aiguis\u00e9e au sein de la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise. L\u2019histoire de l\u2019esclavage, trop longtemps tenue pour une forme de pass\u00e9 subalterne, est ici replac\u00e9e au coeur de l\u2019histoire mondiale. Le livre renouvelle une approche compar\u00e9e dans l\u2019\u00e9tude du ph\u00e9nom\u00e8ne esclavagiste, qui conduit le lecteur de l\u2019Inde ancienne aux Antilles du xviiie si\u00e8cle, de la Chine des Han jusqu\u2019au Br\u00e9sil colonial, de l\u2019Egypte m\u00e9di\u00e9vale \u00e0 l\u2019Ouganda contemporain. Loin de banaliser la singularit\u00e9 monstrueuse de l\u2019esclavage colonial issu de la traite transatlantique, la comparaison contribue \u00e0 l\u2019\u00e9clairer.<\/p>\n\n\n\n

Ce livre fait donc le pari de la connaissance et de la r\u00e9flexion, convaincu que le savoir historique offre des ressources critiques qui ont le pouvoir d\u2019\u00e9manciper. Le parti pris du monde et la perspective comparatiste qui sont la sienne souhaitent enrichir les sc\u00e8nes et les figures depuis lesquelles relire notre histoire, mais aussi, esp\u00e9rons-le, tracer des chemins vers d\u2019autres futurs possibles. \u00bb<\/p>\n\n\n\n

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Biographie<\/strong>s<\/h2>\n\n\n\n

Berna Gonz\u00e1lez Harbour, Goya en el pa\u00eds de los garrotazos. Una biograf\u00eda<\/em>, Arpa.<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
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\u00ab Si Goya a peint son pr\u00e9sent, il a aussi d\u00e9peint le n\u00f4tre. C’est pourquoi il est consid\u00e9r\u00e9 comme le p\u00e8re de la modernit\u00e9. Pr\u00e9curseur et visionnaire, le peintre aragonais s’est hiss\u00e9 au plus haut sommet de l’art pour refl\u00e9ter les aspects les plus grandioses et les plus abjects de son \u00e9poque : la d\u00e9t\u00e9rioration de la monarchie, le r\u00eave rat\u00e9 de la raison, l’in\u00e9galit\u00e9 et la mis\u00e8re, la violence et l’horreur de la guerre, mais aussi notre fa\u00e7on de comprendre la beaut\u00e9, la f\u00eate et la joie de vivre, le travail et la combativit\u00e9 des gens du peuple… S’il renaissait aujourd’hui, Goya nous reconna\u00eetrait imm\u00e9diatement. Parce que son travail est le miroir de notre idiosyncrasie. De notre capacit\u00e9 \u00e0 cr\u00e9er, mais aussi \u00e0 d\u00e9truire. \u00bb<\/p>\n\n\n\n

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Timothy Brennan, Places of Mind. A Life of Edward Said<\/em>, Bloomsbury<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
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\u00ab  S\u2019appuyant sur de nombreuses archives et des centaines d\u2019entretiens, Places of Mind de Timothy Brennan est la premi\u00e8re biographie compl\u00e8te de Said, l\u2019un des intellectuels les plus controvers\u00e9s et les plus c\u00e9l\u00e8bres du XXe si\u00e8cle. Said, pionnier des \u00e9tudes postcoloniales, d\u00e9fenseur infatigable de sa Palestine natale et critique litt\u00e9raire \u00e9rudit, y appara\u00eet comme un d\u00e9fenseur plein de doutes, tendre et \u00e9loquent, des effets dramatiques de la litt\u00e9rature sur la politique et la vie civique.<\/p>\n\n\n\n

Places of the Mind retrace les itin\u00e9raires entrelac\u00e9s du d\u00e9veloppement intellectuel de Sa\u00efd : cajoleur et strat\u00e8ge, intellectuel new-yorkais avec un pied \u00e0 Beyrouth, impr\u00e9sario d\u2019orchestre \u00e0 Weimar et \u00e0 Ramallah, raconteur \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision nationale, n\u00e9gociateur palestinien au D\u00e9partement d\u2019\u00c9tat et acteur dans des films o\u00f9 il jouait son propre r\u00f4le. Brennan retrace les influences arabes de la pens\u00e9e de Said, ainsi que sa formation aupr\u00e8s d\u2019hommes d\u2019\u00c9tat libanais, d\u2019auteurs modernistes d\u00e9cal\u00e9s et d\u2019\u00e9crivains new-yorkais, alors que Said devenait un \u00e9rudit dont les \u00e9crits influents ont chang\u00e9 \u00e0 jamais le visage de la vie universitaire. Avec une brio et un charme intimidants, Said a transform\u00e9 ces ressources en une contre-tradition r\u00e9volutionnaire d\u2019humanisme radical, sur fond de domination techno-scientifique et de guerre de religion.  \u00bb<\/p>\n\n\n\n

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Robert Zaretsky, The Subversive Simone Weil. A Life in Five Ideas<\/em>, University of Chicago Press<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
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\u00ab Surnomm\u00e9e la \u00ab sainte patronne de tous les marginaux \u00bb, Simone Weil (1909-43) est l’une des penseuses les plus remarquables du XXe si\u00e8cle, une philosophe qui a v\u00e9ritablement v\u00e9cu selon ses id\u00e9aux politiques et \u00e9thiques. Au cours de sa courte vie, marqu\u00e9e par les deux guerres mondiales, Simone Weil a enseign\u00e9 la philosophie \u00e0 des lyc\u00e9ens et organis\u00e9 des syndicats, combattu aux c\u00f4t\u00e9s des anarchistes pendant la guerre civile espagnole et travaill\u00e9 aux c\u00f4t\u00e9s des ouvriers sur les cha\u00eenes de montage, rejoint le mouvement de la France libre \u00e0 Londres et est morte de d\u00e9sespoir parce qu’elle n’a pas \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9e en France pour aider la R\u00e9sistance.<\/p>\n\n\n\n

Bien que Weil ait peu publi\u00e9 durant sa vie, apr\u00e8s sa mort, en grande partie gr\u00e2ce aux efforts d’Albert Camus, des centaines de pages de ses manuscrits ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9es et acclam\u00e9es par la critique et le public. Alors que de nombreux chercheurs ont \u00e9t\u00e9 attir\u00e9s par la pens\u00e9e religieuse de Weil, Robert Zaretsky nous pr\u00e9sente une Weil diff\u00e9rente, explorant ses id\u00e9es sur la politique et l’\u00e9thique, et nous montrant une nouvelle facette de Weil qui \u00e9quilibre ses contradictions – la rationaliste rigoureuse qui avait aussi sa propre marque de mysticisme catholique ; la r\u00e9volutionnaire avec un faible pour l’anarchisme mais qui croyait en la hi\u00e9rarchie du travail ; et l’humanitaire qui mettait l’accent sur les besoins et les obligations de l’homme plut\u00f4t que sur ses droits. R\u00e9fl\u00e9chissant \u00e0 la relation entre la pens\u00e9e et l’action dans la vie de Weil, The Subversive Simone Weil <\/em>rend hommage \u00e0 la complexit\u00e9 de la pens\u00e9e de Weil et explique pourquoi elle est importante et continue de fasciner les lecteurs aujourd’hui. \u00bb<\/p>\n\n\n\n

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Europe<\/strong><\/h2>\n\n\n\n

C\u00e9line Spector, No d\u00e9mos ? Souverainet\u00e9 et d\u00e9mocratie \u00e0 l’\u00e9preuve de l’Europe<\/em>, \u00c9ditions du Seuil<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
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\u00ab L\u2019Union europ\u00e9enne engendre-t-elle un d\u00e9ni de d\u00e9mocratie ? En pr\u00f4nant le retour \u00e0 l\u2019Europe des nations, les adversaires de la technocratie bruxelloise d\u00e9noncent la confiscation du pouvoir populaire. Leur argumentaire est r\u00f4d\u00e9 : dans le huis-clos des r\u00e9unions entre dirigeants, dans l\u2019opacit\u00e9 feutr\u00e9e de c\u00e9nacles qui semblent n\u2019avoir de comptes \u00e0 rendre \u00e0 personne sinon aux lobbies et aux thinks tanks<\/em>, la l\u00e9gitimit\u00e9 d\u00e9mocratique s\u2019ext\u00e9nue.<\/p>\n\n\n\n

Ce livre montre pourtant que le souverainisme, qui confine la politique \u00e0 l\u2019\u00c9tat-nation, est une illusion philosophique et une erreur pratique. Les principes de la d\u00e9mocratie moderne (peuple, citoyennet\u00e9, volont\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale) ne sont pas ni\u00e9s par le projet europ\u00e9en, ils peuvent y trouver l\u2019occasion d\u2019un approfondissement. Pour combattre l\u2019impasse souverainiste, l\u2019Union europ\u00e9enne doit faire de la solidarit\u00e9 sa nouvelle finalit\u00e9 et mettre en \u0153uvre un f\u00e9d\u00e9ralisme social, fiscal et environnemental. Ancr\u00e9 dans la th\u00e9orie de la r\u00e9publique f\u00e9d\u00e9rative issue de Montesquieu et des f\u00e9d\u00e9ralistes am\u00e9ricains, son r\u00e9gime pourra alors conjuguer f\u00e9d\u00e9ration d\u00e9mocratique et souverainet\u00e9 du peuple. \u00bb<\/p>\n\n\n\n

Ce livre explore et d\u00e9veloppe les grandes questions expos\u00e9es dans cette pi\u00e8ce de doctrine<\/a> de C\u00e9line Spector.<\/p>\n\n\n\n

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Klaus Larres, Uncertain Allies. Nixon, Kissinger and the Threat of a United Europe<\/em>, Yale University Press<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
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\u00ab Les \u00c9tats-Unis ont longtemps \u00e9t\u00e9 tiraill\u00e9s entre la promotion d\u2019une Europe occidentale unie pour renforcer leur d\u00e9fense de l\u2019Occident et la crainte qu\u2019une Europe occidentale plus unie ne se soumette pas \u00e0 leur leadership politique et \u00e9conomique. L\u2019\u00e9poque du soutien inconditionnel \u00e0 l\u2019unit\u00e9 europ\u00e9enne s\u2019est limit\u00e9e \u00e0 l\u2019imm\u00e9diat apr\u00e8s-guerre. Les positions des trois derniers pr\u00e9sidents am\u00e9ricains \u2013 l\u2019unilat\u00e9ralisme de Bush, l\u2019insistance d\u2019Obama sur le \u00ab leading from behind<\/em>  \u00bb et l\u2019hostilit\u00e9 ouverte de Trump envers l\u2019Union europ\u00e9enne \u2013 ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9figur\u00e9es par les strat\u00e9gies \u00e9conomiques et g\u00e9opolitiques de Washington dans les ann\u00e9es 1960 et 1970. En se concentrant sur les politiques de Richard Nixon et d\u2019Henry Kissinger, Klaus Larres soutient que leurs ann\u00e9es de mandat ont constitu\u00e9 un tournant majeur lorsque l’ \u00bbh\u00e9g\u00e9monie bienveillante \u00bb a fait place \u00e0 une attitude envers l\u2019Europe qui \u00e9tait rarement plus que ti\u00e8de, souvent m\u00eame carr\u00e9ment hostile. \u00bb<\/p>\n\n\n\n

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Eric Min, Gare du Nord. Belgische en Nederlandse kunstenaars in Parijs<\/em>, Pelckmans Uitgevers.<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
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\u00ab Gare du Nord est un livre sur le d\u00e9sir. Vers 1900, de nouvelles g\u00e9n\u00e9rations d’artistes des Pays-Bas se rendent \u00e0 Paris, la capitale culturelle incontest\u00e9e du monde. Dans la Ville Lumi\u00e8re, ils ont cherch\u00e9 l’inspiration et le succ\u00e8s. Leur carburant : l’ambition, l’orgueil de la jeunesse, la passion et la faim de la nouveaut\u00e9, de l’in\u00e9dit et de l’inou\u00ef. Dans les studios et les salons, mais aussi dans les caf\u00e9s des boulevards ou dans la douce odeur des stations de m\u00e9tro, ils ont appris la vie. Et dans le processus, ils ont contribu\u00e9 \u00e0 inventer la modernit\u00e9. Eric Min brosse un portrait de groupe de peintres, d’\u00e9crivains et de photographes dans lequel des figures telles que Van Gogh et Rops, Wiertz et Verhaeren, Mondrian et Masereel, Simenon et Claus sont rejoints par des contemporains pour lesquels l’histoire a \u00e9t\u00e9 moins cl\u00e9mente. Qui se souvient de Marthe Donas, ou de Th\u00e9o Reeder ? Camille Platteel ? Andr\u00e9 Baillon ? Ed van der Elsken ? Elly Overzier ? Le d\u00e9cor : une m\u00e9tropole comme un diorama. Une lanterne magique. Une ville o\u00f9 la lumi\u00e8re ne s’\u00e9teint jamais. \u00bb<\/p>\n\n\n\n

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Russie<\/strong><\/h2>\n\n\n\n

Luca Gori, La Russia eterna. Origini e costruzione dell\u2019ideologia post sovietica<\/em>, Luiss University Press<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
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\u00ab La Russie est devenue le foyer de la pens\u00e9e conservatrice. Apr\u00e8s la chute du mur de Berlin et l’\u00e9chec de l’exp\u00e9rience lib\u00e9rale d’Eltsine, Moscou a choisi de poursuivre son propre chemin, distinct de celui emprunt\u00e9 par l’Occident, en s’engageant sur la voie d’un d\u00e9veloppement inspir\u00e9 par son unicit\u00e9 historique et culturelle et lib\u00e9r\u00e9 de la n\u00e9cessit\u00e9 d’imiter les mod\u00e8les ext\u00e9rieurs de modernisation. Le discours politique de Vladimir Poutine a promu les valeurs de la \u00ab Russie \u00e9ternelle \u00bb, pr\u00e9sent\u00e9e comme un \u00c9tat-civilisation dot\u00e9 d’une dimension g\u00e9opolitique autonome. En analysant les concepts fondateurs du nouveau conservatisme russe et la pens\u00e9e des intellectuels qui l’ont inspir\u00e9, ce livre reconstruit la parabole par laquelle la nouvelle id\u00e9ologie est devenue la culture politique dominante. L’auteur trace \u00e9galement les sc\u00e9narios futurs que le conservatisme pourrait g\u00e9n\u00e9rer au niveau international : si l’Occident veut avoir une relation stable et pr\u00e9visible avec la \u00ab Russie \u00e9ternelle \u00bb, il devra faire preuve de r\u00e9alisme et de pragmatisme, en identifiant des domaines sp\u00e9cifiques de coop\u00e9ration avec Moscou, malgr\u00e9 les divergences de valeurs et d’int\u00e9r\u00eats qui continueront d’exister. \u00bb<\/p>\n\n\n\n

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Sabine Dullin, L\u2019ironie du destin, Une histoire des Russes et de leur empire (1853-1991)<\/em>, Payot<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
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\u00ab  Les dirigeants de l\u2019Empire russe puis sovi\u00e9tique n\u2019ont cess\u00e9 de lancer des politiques aboutissant \u00e0 des r\u00e9sultats contraires. Les tsars voulurent agrandir, consolider et moderniser l\u2019Empire en le russifiant et en lui donnant les contours d\u2019un \u00c9tat-nation \u00e0 l\u2019europ\u00e9enne assorti d\u2019un Empire colonial ; le r\u00e9sultat, ce furent des d\u00e9faites, d\u2019amples r\u00e9voltes et l\u2019\u00e9clatement de l\u2019Empire en 1917. Les bolcheviks voulurent supprimer l\u2019Empire et abolir l\u2019\u00c9tat et les fronti\u00e8res ; le r\u00e9sultat, ce fut la constitution d\u2019un vaste Empire autoritaire et bureaucratique derri\u00e8re une fronti\u00e8re \u00e9paisse. En Union sovi\u00e9tique, une soci\u00e9t\u00e9 socialiste devait \u00eatre fond\u00e9e, homog\u00e8ne et \u00e9galitaire, d\u00e9barrass\u00e9e du nationalisme et de la domination des Russes ; mais lorsque l\u2019URSS s\u2019effondra en 1991, la principale \u00ab r\u00e9ussite \u00bb du communisme avait \u00e9t\u00e9 la consolidation de nations qui prirent alors leur ind\u00e9pendance et la restauration d\u2019une Russie dominant son \u00e9tranger proche. En sept dates cl\u00e9s, Sabine Dullin explique cette ironie du destin et nous aide \u00e0 comprendre ce qui motive depuis plus de 150 ans notre plus puissant voisin. \u00bb<\/p>\n\n\n\n

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Asie<\/strong><\/h2>\n\n\n\n

Rana Mitter, China\u2019s Good War. How World War II Is Shaping a New Nationalism<\/em>, Harvard University Press<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
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\u00ab Pendant la majeure partie de son histoire, la R\u00e9publique populaire de Chine a limit\u00e9 le d\u00e9bat public sur la guerre contre le Japon. C’\u00e9tait une exp\u00e9rience de victimisation qui avait vu Mao Zedong et Chiang Kai-shek se battre pour les m\u00eames objectifs. Mais aujourd’hui, alors que la Chine devient plus puissante, la signification de cette guerre change. Dans ce livre, Rana Mitter affirme que la r\u00e9\u00e9valuation par la Chine de sa participation \u00e0 la Seconde Guerre mondiale est au c\u0153ur de son regain de confiance \u00e0 l’\u00e9tranger et de la mont\u00e9e du nationalisme dans le pays. Les lieux de m\u00e9moire – mus\u00e9es, films, \u00e9missions de t\u00e9l\u00e9vision, art de rue, litt\u00e9rature populaire et m\u00e9dias sociaux – d\u00e9finissent la guerre comme un mythe fondateur d’une Chine ascendante. La Chine est d\u00e9sormais pr\u00e9sent\u00e9e comme victorieuse plut\u00f4t que victime de la Seconde Guerre mondiale. \u00bb<\/p>\n\n\n\n

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Michael Schuman, Die ewige Supermacht<\/em>, Propylaen<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
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\u00ab Pourquoi la Chine ignore-t-elle les valeurs occidentales telles que la libert\u00e9, la d\u00e9mocratie et les droits de l’homme ? Pourquoi, \u00e0 mesure que son \u00e9conomie se renforce, se comporte-t-elle de mani\u00e8re de plus en plus agressive envers les autres pays ? La r\u00e9ponse \u00e0 ces questions se trouve dans la grande histoire de la Chine et dans sa pr\u00e9tention \u00e0 \u00eatre la seule superpuissance. Pendant des mill\u00e9naires, l’Empire du Milieu a dispos\u00e9 de l’arm\u00e9e la plus puissante, de l’\u00e9conomie la plus florissante et de la plus grande influence scientifique et culturelle dans sa r\u00e9gion. Du point de vue de la Chine, l’histoire mondiale se pr\u00e9sente donc de mani\u00e8re totalement diff\u00e9rente de celle qui d\u00e9termine les canons occidentaux – et c’est de l\u00e0 que se nourrit la conception chinoise de la mani\u00e8re dont on traite les hommes et les autres \u00c9tats en tant que superpuissance. C’est \u00e0 cette position de force qu’elle veut revenir, apr\u00e8s des d\u00e9cennies au cours desquelles le pays a \u00e9t\u00e9 temporairement remis \u00e0 sa place par la politique coloniale occidentale et le communisme import\u00e9. \u00bb<\/p>\n\n\n\n

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Sumantra Bose, Kashmir at the Crossroads. Inside a 21st-Century Conflict<\/em>, Yale University Press<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
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\u00ab Le conflit entre l’Inde et le Pakistan au sujet du Cachemire est l’un des plus br\u00fbant au monde. Depuis 1990, au moins 60 000 personnes ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9es – insurg\u00e9s, civils, militaires et policiers. En 2019, le conflit est entr\u00e9 dans une nouvelle phase dangereuse. Le gouvernement nationaliste hindou de l’Inde, dirig\u00e9 par Narendra Modi, a abrog\u00e9 le statut d’autonomie du Jammu-et-Cachemire administr\u00e9 par l’Inde et l’a divis\u00e9 en deux territoires soumis \u00e0 la domination directe de New Delhi. Cette mesure radicale s’est accompagn\u00e9e d’arrestations massives et d’une longue suspension des services de t\u00e9l\u00e9phonie mobile et d’Internet.<\/p>\n\n\n\n

Sumantra Bose examine le conflit au Cachemire depuis ses origines jusqu’\u00e0 la situation explosive actuelle. Il en explore le contexte global, y compris le r\u00f4le croissant de la Chine, ainsi que la trag\u00e9die humaine des personnes prises dans cet \u00e2pre conflit. S’appuyant sur trois d\u00e9cennies d’exp\u00e9rience de terrain au Cachemire, il se demande si un r\u00e8glement de compromis est encore possible compte tenu de la mont\u00e9e du nationalisme hindou en Inde et du contexte g\u00e9opolitique complexe. \u00bb<\/p>\n\n\n\n

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Marco Lupis, Hong Kong. Racconto di una citt\u00e0 sospesa<\/em>, Il Mulino<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
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\u00ab Terre de fronti\u00e8re \u00e0 la jonction entre diff\u00e9rents mondes et cultures, Hong Kong est un r\u00eave, n\u00e9 d’une histoire d’amour entre l’Est et l’Ouest. Une ville agit\u00e9e, souvent brutale et impitoyable, mais capable de nous s\u00e9duire par son charme cach\u00e9, toujours envelopp\u00e9e d’une aura de magie orientale. Ce r\u00e9cit non conventionnel trace le portrait de ses rues et de son histoire, d\u00e9couvrant les personnages et les \u00e9v\u00e9nements du pass\u00e9, mais aussi le pr\u00e9sent dramatique marqu\u00e9 par la relation difficile et controvers\u00e9e avec la m\u00e8re patrie chinoise et le choc de deux visions diff\u00e9rentes du capitalisme. Il en ressort l\u2019image d\u2019une cit\u00e9-\u00e9tat inachev\u00e9e et son destin d’avant-poste suspendu entre la Chine et l’Europe. \u00bb<\/p>\n\n\n\n

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Afrique<\/strong><\/h2>\n\n\n\n

Patrick de Saint-Exup\u00e9ry, La travers\u00e9e<\/em>, Les Ar\u00e8nes<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
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\u00ab La travers\u00e9e : un p\u00e9riple \u00e0 travers l\u2019immense for\u00eat congolaise, de Kigali au Rwanda \u00e0 Kinshasa en R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo. Un invraisemblable voyage, en moto, en camion, en barge, malgr\u00e9 les trafiquants, la fi\u00e8vre \u00c9bola, les groupes arm\u00e9s. Une travers\u00e9e dans une nature dantesque o\u00f9 les hommes et les femmes vivent coup\u00e9s du monde.<\/p>\n\n\n\n

L\u2019enjeu ? V\u00e9rifier les accusations des autorit\u00e9s fran\u00e7aises, r\u00e9p\u00e9t\u00e9es inlassablement depuis plus de vingt ans : un g\u00e9nocide se serait d\u00e9roul\u00e9 au c\u0153ur de la for\u00eat \u00e9quatoriale congolaise, des centaines de milliers d\u2019hommes et de femmes auraient \u00e9t\u00e9 massacr\u00e9s dans l\u2019indiff\u00e9rence.<\/p>\n\n\n\n

Au fil des \u00e9tapes, \u00e9mouvantes, savoureuses ou romanesques, les t\u00e9moins parlent. La v\u00e9rit\u00e9 \u00e9merge, et avec elle le r\u00f4le de la France au Rwanda puis au Congo. Un engrenage qui a conduit Paris \u00e0 s\u2019enfoncer toujours plus avant dans la compromission. \u00bb<\/p>\n\n\n\n

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Abdelmajid Hannoum, The Invention of the Maghreb. Between Africa and the Middle East<\/em>, Cambridge University Press<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
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\u00ab Sous la domination coloniale fran\u00e7aise, le Maghreb est apparu comme distinct de deux autres entit\u00e9s g\u00e9ographiques qui, elles aussi, sont des inventions coloniales : le Moyen-Orient et l’Afrique. Dans ce livre, Abdelmajid Hannoum d\u00e9montre comment l’invention du Maghreb a commenc\u00e9 bien avant la conqu\u00eate d’Alger et a dur\u00e9 jusqu’\u00e0 l’ind\u00e9pendance et m\u00eame au-del\u00e0. \u00c0 travers une \u00e9tude interdisciplinaire de la modernit\u00e9 coloniale fran\u00e7aise, Hannoum examine comment le colonialisme a fait un usage intensif de traductions de textes grecs, romains et arabes et a exploit\u00e9 les technologies du pouvoir pour reconfigurer la r\u00e9gion et l’inventer. Dans ce processus, il analyse une vari\u00e9t\u00e9 de formes de connaissances coloniales, notamment l’historiographie, l’anthropologie, la cartographie, la litt\u00e9rature, l’arch\u00e9ologie, la linguistique et les th\u00e9ories raciales. Il montre comment l’engagement local dans la politique coloniale et ses modes de connaissance ont contribu\u00e9 \u00e0 faire de la r\u00e9gion, y compris \u00e0 l’\u00e8re postcoloniale, une unit\u00e9 s\u00e9par\u00e9e de l’Afrique et du Moyen-Orient. \u00bb<\/p>\n\n\n\n

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Jean-Michel Deveau, L\u2019Afrique atlantique. Des origines aux si\u00e8cles d\u2019or (XVIIe si\u00e8cle)<\/em>, Karthala<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
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\u00ab Depuis quelques d\u00e9cennies, historiens, arch\u00e9ologues et anthropologues mettent au jour l\u2018existance de brillantes civilisations sur l\u2018ensemble de l\u2018Afrique subsaharienne. Si l\u2018histoire de ce continent, berceau de l\u2018humanit\u00e9, a longtemps \u00e9t\u00e9 sous estim\u00e9e voire ni\u00e9e, il est temps d\u2018en reconna\u00eetre aujourd\u2019hui toutes les richesses. Dans cet ouvrage, l\u2018auteur pr\u00e9sente la sp\u00e9cificit\u00e9 de la partie occidentale, born\u00e9e par l\u2018Atlantique. Face \u00e0 cet oc\u00e9an hostile, c\u2018est donc plut\u00f4t le long des fleuves que se sont constitu\u00e9s les puissants empires du Niger et du Congo, suzerains de royaumes vassaux dont l\u2018histoire int\u00e9rieure comme celle de la g\u00e9opolitique suit une logique d\u2018adaptation aux milieux naturels de la savane ou de la for\u00eat dense.<\/p>\n\n\n\n

Les hommes y ont r\u00e9pondu en d\u00e9veloppant des syst\u00e8mes agricoles et artisanaux qui permettaient des \u00e9changes interr\u00e9gionaux prolong\u00e9s jusqu\u2018en M\u00e9diterran\u00e9e gr\u00e2ce aux caravanes transsahariennes. Cet ensemble \u00e9conomique tr\u00e8s \u00e9labor\u00e9 \u00e9tait sous-tendu par une organisation politique et sociale qui reposait sur des monarchies second\u00e9es par des administrations et des aristocraties tout \u00e0 fait comparables aux syst\u00e8mes europ\u00e9ens. Devant la puissance de la nature, les religions et les philosophies d\u00e9velopp\u00e8rent des syst\u00e8mes d\u2018explication sous formes de mythes qui font toute la richesse d\u2018une litt\u00e9rature orale qui s\u2019est transmise par les griots.<\/p>\n\n\n\n

L\u2018auteur conteste l\u2018image classique et totalement erron\u00e9e d\u2018une Afrique monolitique, privil\u00e9giant le concept des Afriques. M\u00eame si l\u2018on peut d\u00e9gager des traits communs, la diversit\u00e9 des cultures et des histoires oblige \u00e0 une pr\u00e9sentation r\u00e9gionale mettant en exergue toute la complexit\u00e9 et l\u2019ing\u00e9niosit\u00e9 de ces soci\u00e9t\u00e9s en marche dans l\u2019histoire depuis toujours. \u00bb<\/p>\n\n\n\n

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Moyen-Orient<\/strong><\/h2>\n\n\n\n

Philippe P\u00e9triat, Aux pays de l\u2019or noir. Une histoire arabe du p\u00e9trole<\/em>, Gallimard<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
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\u00ab L\u2019apr\u00e8s-p\u00e9trole est d\u00e9sormais un mot d\u2019ordre dans les pays arabes. Dans le nouvel orientalisme que les pays du Golfe offrent \u00e0 leurs touristes, l\u2019or noir est rel\u00e9gu\u00e9 \u00e0 l\u2019arri\u00e8re-plan. Au d\u00e9but du XXIe<\/sup> si\u00e8cle, la transition \u00e9conomique est pourtant particuli\u00e8rement difficile pour les pays arabes tant elle implique un changement radical de leur mod\u00e8le de soci\u00e9t\u00e9. En un peu plus de deux g\u00e9n\u00e9rations, ces tard-venus du p\u00e9trole ont v\u00e9cu au cours de la seconde moiti\u00e9 du XXe<\/sup> si\u00e8cle une transformation sans \u00e9quivalent dans le reste du monde, passant de l\u2019opulence \u00e0 l\u2019aust\u00e9rit\u00e9 et de l\u2019enthousiasme au d\u00e9senchantement. Fondement d\u2019un panarabisme volontiers r\u00e9volutionnaire avant d\u2019\u00eatre le pilier d\u2019\u00c9tats autoritaires, moteur de l\u2019industrialisation des \u00e9conomies, exploit\u00e9 sans scrupules par l\u2019\u00c9tat islamique, le p\u00e9trole a fa\u00e7onn\u00e9 le monde arabe et conditionn\u00e9 les rapports que nous entretenons avec lui.Cet ouvrage d\u00e9crit l\u2019exp\u00e9rience que les pays arabes ont faite de l\u2019\u00e8re du p\u00e9trole depuis les premiers for\u00e7ats de l\u2019industrie jusqu\u2019aux h\u00e9rauts de la modernit\u00e9 post-p\u00e9troli\u00e8re. En donnant la priorit\u00e9 aux sources arabes, il d\u00e9voile un versant surprenant de l\u2019histoire de l\u2019\u00e9nergie du monde contemporain. \u00bb<\/p>\n\n\n\n

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Stephanie Cronin, Social Histories of Iran. Modernism and Marginality in the Middle East<\/em>, Cambridge University Press<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
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\u00ab L’histoire de l’Iran, comme celle du Moyen-Orient au sens large, a \u00e9t\u00e9 domin\u00e9e par deux r\u00e9cits : celui de la modernisation impos\u00e9e d’en haut et celui du nationalisme m\u00e9thodologique. Dans ce livre, Stephanie Cronin probl\u00e9matise ces deux r\u00e9cits. Son attention est fermement fix\u00e9e sur les groupes sociaux subalternes : les \u00ab classes dangereuses \u00bb et leur contraste construit avec la nouvelle \u00e9lite bourgeoise, ouvertement moderne, cr\u00e9\u00e9e par le jeune \u00c9tat pahlavi ; les pauvres affam\u00e9s confront\u00e9s \u00e0 la d\u00e9r\u00e9glementation et \u00e0 la mondialisation de l’\u00e9conomie iranienne de la fin du XIXe si\u00e8cle ; les criminels ruraux de toutes sortes, bandits, contrebandiers et pirates, et les attitudes profond\u00e9ment ambigu\u00ebs des communaut\u00e9s dont ils sont issus \u00e0 leur \u00e9gard. En mettant en avant ces groupes, le livre cherche \u00e9galement \u00e0 d\u00e9passer le contexte national \u00e9troit, en d\u00e9montrant, par une s\u00e9rie d’\u00e9tudes de cas, le pouvoir explicatif des approches globales, transnationales et comparatives pour l’\u00e9tude de l’histoire sociale du Moyen-Orient. \u00bb<\/p>\n\n\n\n

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Vincent Capdepuy, Chroniques du bord du monde. Histoire d’un d\u00e9sert entre Syrie, Irak et Arabie<\/em>, Payot<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
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\u00ab Au creux du berceau de la civilisation, de cet arc de cercle qu\u2019on appelait autrefois le Croissant fertile, entre Proche et Moyen-Orient, s\u2019\u00e9tend le d\u00e9sert dit de Syrie. Longtemps per\u00e7u comme un \u00ab blanc de la carte \u00bb, une \u00ab terra incognita \u00bb, cet espace ponctu\u00e9 de tentes noires de B\u00e9douins, de capitales \u00e9ph\u00e9m\u00e8res et de ch\u00e2teaux forts, hant\u00e9 au d\u00e9but du XXe si\u00e8cle par la grande r\u00e9volte arabe et la figure de Lawrence d\u2019Arabie, interpelle le g\u00e9ographe et l\u2019historien. Quelle est la place, dans l\u2019histoire globale, de cette r\u00e9gion aux fronti\u00e8res mouvantes, terre de passage des caravanes et des voyageurs entre Orient et Occident, entre golfe Persique et mer M\u00e9diterran\u00e9e ? \u00c0 sa marge, des empires \u2013 ottoman, byzantin, ach\u00e9m\u00e9nide, assyrien, etc. \u2013 se sont fa\u00e7onn\u00e9s et ont tent\u00e9 de s\u2019allier ou de soumettre les farouches tribus du d\u00e9sert. L\u00e0, commence l\u2019Arabie, la terre des Arabes, des descendants d\u2019Isma\u00ebl. L\u00e0, des \u00ab Sapiens \u00bb ont march\u00e9 pour la premi\u00e8re fois, laissant leurs empreintes de pas dans le lit de lacs ass\u00e9ch\u00e9s. En tra\u00e7ant les contours de ce d\u00e9sert, sur les routes de Damas \u00e0 Bagdad, Vincent Capdepuy en arpente le r\u00e9cit plurimill\u00e9naire \u00e0 rebours et en interroge les lieux et les moments, des temps pr\u00e9sents aux confins pr\u00e9historiques. \u00bb<\/p>\n\n\n\n

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Am\u00e9riques<\/strong><\/h2>\n\n\n\n

Ada Ferrer, Cuba. An American History<\/em>, Simon & Schuster<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
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\u00ab En 1961, au plus fort de la guerre froide, les \u00c9tats-Unis ont rompu leurs relations diplomatiques avec Cuba, o\u00f9 une r\u00e9volution avait pris le pouvoir trois ans plus t\u00f4t. Pendant plus d\u2019un demi-si\u00e8cle, le bras de fer s\u2019est poursuivi \u2013 sous le mandat de dix pr\u00e9sidents am\u00e9ricains et les cinquante ans de r\u00e8gne de Fidel Castro. Sa mort en 2016, et le d\u00e9part \u00e0 la retraite de son fr\u00e8re et successeur Ra\u00fal Castro en 2021, ont suscit\u00e9 des questions sur l\u2019avenir du pays. Pendant ce temps, la politique \u00e0 Washington \u2013 l\u2019ouverture par Barack Obama, le revirement de cette politique par Donald Trump et l\u2019\u00e9lection de Joe Biden \u2013 a fait de la relation entre les deux nations un nouveau sujet de d\u00e9bat.<\/p>\n\n\n\n

Aujourd\u2019hui, l\u2019historienne Ada Ferrer nous livre une chronique ambitieuse et \u00e9mouvante \u00e9crite pour un moment qui exige une nouvelle prise en compte du pass\u00e9 de l\u2019\u00eele et de sa relation avec les \u00c9tats-Unis. Couvrant plus de cinq si\u00e8cles, Cuba : An American History<\/em> nous permet d\u2019assister aux premi\u00e8res loges \u00e0 l\u2019\u00e9volution de la nation moderne, avec son histoire dramatique de conqu\u00eate et de colonisation, d\u2019esclavage et de libert\u00e9, d\u2019ind\u00e9pendance et de r\u00e9volutions faites et d\u00e9faites.<\/p>\n\n\n\n

En cours de route, Ferrer explore l\u2019intimit\u00e9 parfois surprenante, souvent troubl\u00e9e, entre les deux pays, documentant non seulement l\u2019influence des \u00c9tats-Unis sur Cuba, mais aussi les nombreuses fa\u00e7ons dont l\u2019\u00eele a \u00e9t\u00e9 une pr\u00e9sence r\u00e9currente dans les affaires am\u00e9ricaines. Il s\u2019agit donc d\u2019un r\u00e9cit qui donnera aux lecteurs am\u00e9ricains un aper\u00e7u inattendu de l\u2019histoire de leur propre nation et, ce faisant, les aidera \u00e0 imaginer une nouvelle relation avec Cuba.  \u00bb<\/p>\n\n\n\n

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Stephen Wertheim, Tomorrow, the World. The Birth of U.S. Global Supremacy<\/em>, Harvard University Press, 2021<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
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\u00ab Pendant la plus grande partie de leur histoire, les \u00c9tats-Unis ont \u00e9vit\u00e9 de prendre des engagements politiques et militaires qui les entra\u00eeneraient dans une politique de puissance \u00e0 l\u2019europ\u00e9enne. Puis, soudainement, ils se sont imagin\u00e9 un nouveau r\u00f4le en tant que superpuissance arm\u00e9e du monde \u2013 et n\u2019ont jamais regard\u00e9 en arri\u00e8re. Dans Tomorrow, the World<\/em>, Stephen Wertheim retrace la transformation de l\u2019Am\u00e9rique au creuset de la Seconde Guerre mondiale, en particulier dans les mois qui ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 l\u2019attaque de Pearl Harbor. Lorsque les nazis ont conquis la France, les architectes de la nouvelle politique \u00e9trang\u00e8re de la nation en sont venus \u00e0 croire que les \u00c9tats-Unis devaient obtenir la primaut\u00e9 dans les affaires internationales pour toujours. \u00bb<\/p>\n\n\n\n

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Lire l’entretien<\/a> avec Stephen Wertheim publi\u00e9 sur le Grand Continent \u00e0 propos de son ouvrage.<\/p>\n\n\n\n

C\u00e9cile Vidal (dir.), Une histoire sociale du Nouveau Monde<\/em>, \u00c9ditions de l\u2019EHESS<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
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\u00ab En 1503 appara\u00eet pour la premi\u00e8re fois l\u2019expression \u00ab Nouveau Monde \u00bb dans une lettre attribu\u00e9e au navigateur florentin Amerigo Vespucci. Elle d\u00e9signe les Am\u00e9riques que les Espagnols puis les Portugais ont entrepris d\u2019explorer et coloniser depuis 1492. D\u00e9sormais, ces territoires constituent bien des mondes \u00ab nouveaux \u00bb, tant pour les Europ\u00e9ens qui choisirent de s\u2019\u00e9tablir outre-Atlantique que pour les Africains transport\u00e9s de force et les Am\u00e9rindiens confront\u00e9s \u00e0 ces migrations. C\u2019est \u00e0 la construction de soci\u00e9t\u00e9s multiethniques d\u2019un type in\u00e9dit que la situation coloniale donna naissance, souvent dans la violence.<\/p>\n\n\n\n

En articulant les points de vue des trois populations en contact, l\u2019approche comparatiste de cet essai collectif pose un regard neuf sur l\u2019histoire sociale de l\u2019ensemble des Am\u00e9riques \u00e0 la p\u00e9riode moderne. Le dialogue entre des historiographies nationales qui d\u2019ordinaire s\u2019ignorent permet de d\u00e9passer l\u2019opposition sociopolitique entre Am\u00e9rique du Nord et Am\u00e9rique latine, tout en r\u00e9v\u00e9lant la centralit\u00e9 de la Grande Cara\u00efbe.<\/p>\n\n\n\n

Trois perspectives sont mobilis\u00e9es \u2013 h\u00e9misph\u00e9rique, atlantique et imp\u00e9riale \u2013 qui mettent au jour autant de facettes des m\u00eames dynamiques sociales : migrations et mobilit\u00e9s, travail, march\u00e9s, territoire et propri\u00e9t\u00e9, famille(s), religions, droit et justice, ordre social. Ce livre d\u00e9montre ainsi la sp\u00e9cificit\u00e9 de l\u2019imp\u00e9rialisme et du colonialisme d\u2019Ancien R\u00e9gime, \u00e9troitement associ\u00e9 \u00e0 la traite des esclaves et \u00e0 l\u2019esclavage et, plus largement, la singularit\u00e9 de l\u2019histoire d\u2019un monde atlantique qui sert de laboratoire social \u00e0 la premi\u00e8re globalisation. \u00bb<\/p>\n\n\n\n

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Beaux Livres<\/strong><\/h2>\n\n\n\n

Benoit Jallon, Umberto Napolitano, et Laboratoire R.A.A.R, Napoli Supermodern<\/em>, Park Books.<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
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\u00ab Ce livre richement illustr\u00e9 offre un panorama complet de la construction urbaine moderne \u00e0 Naples. Il comprend une cinquantaine de nouvelles photos du c\u00e9l\u00e8bre photographe fran\u00e7ais Cyrille Weiner, ainsi que des images historiques, des dessins de d\u00e9tails architecturaux importants et un atlas de dix-huit b\u00e2timents importants datant de 1930 \u00e0 1960. Il r\u00e9v\u00e8le comment cette m\u00e9tropole du sud de l’Italie a d\u00e9velopp\u00e9 sa propre forme de modernisme, qui combine la culture m\u00e9diterran\u00e9enne avec des mat\u00e9riaux locaux et un fort esprit internationaliste.<\/p>\n\n\n\n

Les essais th\u00e9matiques et les descriptions concises des b\u00e2timents document\u00e9s, ainsi que les somptueuses illustrations, constituent un portrait extr\u00eamement attrayant et vivant de Naples. Si ette ville fascinante est \u00e0 la fois fameuse et tristement c\u00e9l\u00e8bre, ses qualit\u00e9s et son individualit\u00e9 en termes d’architecture et de d\u00e9veloppement urbain m\u00e9ritent d\u2019\u00eatre mieux connues. \u00bb<\/p>\n\n\n\n

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Eileen Hunt Botting, Portraits of Wollstonecraft<\/em>, Bloomsbury<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
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\u00ab La contribution d\u00e9cisive de Mary Wollstonecraft aux th\u00e9ories des droits humains et sa r\u00e9ception internationale par des intellectuels occidentaux et non occidentaux lui ont permis de continuer \u00e0 fa\u00e7onner les d\u00e9bats contemporains en la mati\u00e8re dans le monde entier. Portraits of Wollstonecraft<\/em> documente cette r\u00e9ception internationale et interculturelle de la fin du XVIIIe si\u00e8cle au d\u00e9but du XXIe si\u00e8cle.<\/p>\n\n\n\n

Refl\u00e9tant plus de deux si\u00e8cles de r\u00e9actions \u00e0 ses id\u00e9es politiques, \u00e0 ses \u00e9crits et \u00e0 sa philosophie, il r\u00e9fute le mythe persistant selon lequel elle aurait cess\u00e9 d’\u00eatre lue apr\u00e8s la publication, en 1798, des scandaleux M\u00e9moires posthumes <\/em>de son mari William Godwin. En commen\u00e7ant par son premier portrait et les premi\u00e8res critiques de ses \u00e9crits publi\u00e9s \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1780, le volume I retrace son \u00e9mergence en tant que figure publique internationale des droits de la femme dans sa vie, son \u0153uvre et sa r\u00e9ception philosophique, litt\u00e9raire et artistique en Grande-Bretagne, en Irlande, en Europe continentale, en Am\u00e9rique du Nord et du Sud, et \u00e0 travers l’Empire britannique et ses anciennes colonies, de la Jama\u00efque \u00e0 l’Inde en passant par l’Afrique du Sud. Le volume II se concentre sur la r\u00e9ception philosophique, litt\u00e9raire et artistique posthume de Wollstonecraft, en particulier au sein des courants modernes du f\u00e9minisme, en rassemblant des lectures venant de la Chine, du Japon et de la Cor\u00e9e du Sud ainsi que des \u00e9crits de Mary Shelley, Emma Goldman, Ruth Benedict, Virginia Woolf, Simone de Beauvoir, Betty Friedan, Susan Moller Okin, Barbara Johnson, Martha Nussbaum et Amartya Sen qui discutent de ses th\u00e9ories sur la vertu, l’amour, le genre, l’\u00e9ducation et les droits. \u00bb<\/p>\n\n\n\n

Lire plus<\/a><\/p>\n\n\n\n

Florian Mazel (dir.), Nouvelle histoire du Moyen \u00c2ge<\/em>, Seuil<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
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\u00ab Le Moyen \u00c2ge est une s\u00e9quence de temps qui n\u2019a pas d\u2019\u00e2ge, hors d\u2019\u00e2ge si l\u2019on veut, et son alt\u00e9rit\u00e9 est profonde. Mais cette \u00e9tranget\u00e9, le d\u00e9paysement que l\u2019on peut \u00e9prouver en ses all\u00e9es, n\u2019est ni sans charme ni sans int\u00e9r\u00eat. Le Moyen \u00c2ge repr\u00e9sente en effet, par son alt\u00e9rit\u00e9 m\u00eame, un extraordinaire lieu de vagabondage et un remarquable terrain d\u2019exercice pour l\u2019esprit critique, o\u00f9 r\u00e9fl\u00e9chir entre autres choses, \u00e0 relative distance des passions contemporaines, aux relations entre public et priv\u00e9, communaut\u00e9 et identit\u00e9, hi\u00e9rarchies et solidarit\u00e9s, r\u00f4le et statut, m\u00e9moire et histoire, violence et solidarit\u00e9, droit et tradition, don et \u00e9change, imaginaire et identit\u00e9, institution et pouvoir, croissance et environnement\u2026 Qui trouverait la chose inutile ? \u00bb<\/p>\n\n\n\n

Lire plus<\/a><\/p>\n\n\n\n

Marisa Anne Bass, Anne Goldgar, Hanneke Grootenboer et Claudia Swan, Conchophilia. Shells, Art, and Curiosity in Early Modern Europe<\/em>, Princeton University Press.<\/strong><\/h3>\n\n\n\n
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\u00ab Parmi les cr\u00e9ations les plus artistiques de la nature, les coquillages ont longtemps inspir\u00e9 la curiosit\u00e9 et la passion des artisans, des artistes, des collectionneurs et des penseurs. Conchophilia<\/em> se penche sur la relation intime entre les coquillages et les gens au d\u00e9but de l’\u00e8re moderne, lorsque l’afflux de coquillages exotiques en Europe a aliment\u00e9 leur \u00e9tude et leur repr\u00e9sentation comme jamais auparavant. Ce livre richement illustr\u00e9 r\u00e9v\u00e8le comment l’amour des coquillages a crois\u00e9 non seulement l’essor de l’histoire naturelle et du commerce mondial, mais aussi la recherche philosophique, les questions de race et de genre, et l’ascension des connaisseurs en histoire de l’art. \u00bb<\/p>\n\n\n\n

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En panne d\u2019id\u00e9e pour un cadeau de derni\u00e8re minute  ? Florian Louis a s\u00e9lectionn\u00e9 43 essais parus en 2021 \u00e0 lire, \u00e0 relire ou \u00e0 offrir pour No\u00ebl.<\/p>\n

Strat\u00e9gie, \u00e9cologie, Chine, Afrique, Europe, biographie, \u00e9conomie, histoire \u2013 d\u00e9couvrez ce qu\u2019il fallait avoir lu cette ann\u00e9e, en cinq langues.<\/p>\n","protected":false},"author":1782,"featured_media":127323,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"templates\/post-angles.php","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_trash_the_other_posts":false,"footnotes":""},"categories":[1734],"tags":[],"geo":[1917],"class_list":["post-127151","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-doctrines","staff-florian-louis","geo-europe"],"acf":[],"yoast_head":"\nCe qu\u2019il fallait lire en 2021 | Le Grand Continent<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2021\/12\/24\/ce-quil-fallait-lire-en-2021\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Ce qu\u2019il fallait lire en 2021 | Le Grand Continent\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"En panne d\u2019id\u00e9e pour un cadeau de derni\u00e8re minute ? 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