{"id":12422,"date":"2019-02-10T22:00:36","date_gmt":"2019-02-10T21:00:36","guid":{"rendered":"https:\/\/lldl.eu\/?p=12422"},"modified":"2019-04-05T10:08:51","modified_gmt":"2019-04-05T09:08:51","slug":"google-mobilise-ses-moyens-technologiques-contre-la-directive-copyright","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2019\/02\/10\/google-mobilise-ses-moyens-technologiques-contre-la-directive-copyright\/","title":{"rendered":"Google mobilise ses moyens technologiques contre la directive Copyright"},"content":{"rendered":"\n

Mountain View. <\/em>Google est d\u00e9termin\u00e9 \u00e0 s\u2019opposer \u00e0 la version actuelle du projet de directive europ\u00e9enne Copyright<\/em>. Le 7 f\u00e9vrier, son vice-pr\u00e9sident \u201cAffaires Globales\u201d, Kent Walker a pr\u00e9sent\u00e9 un nouvel argument qui souligne en m\u00eame temps la force de frappe du g\u00e9ant am\u00e9ricain.<\/p>\n\n\n\n

Outre l\u2019article 13 sur le filtrage en amont des contenus mis en ligne, l\u2019article 11 est au centre des controverses : il imposerait aux plateformes qui relaient des extraits d\u2019articles de presse (et un lien vers leur version compl\u00e8te) de r\u00e9mun\u00e9rer le site qui en est l\u2019auteur. Les compagnies technologiques rejettent cette r\u00e8gle au motif qu\u2019elle les ferait payer pour un service qu\u2019elles-m\u00eames rendent aux \u00e9diteurs de contenus informatifs, \u00e0 savoir attirer les lecteurs sur leur site.<\/p>\n\n\n\n

Courant janvier, Google a appliqu\u00e9 ces r\u00e8gles \u00e0 titre exp\u00e9rimental sur certains de ses r\u00e9sultats de recherche en Europe : pour \u00e9viter les droits d\u2019auteur, l\u2019entreprise a r\u00e9duit l\u2019information pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 l\u2019internaute sur chaque article, parfois de fa\u00e7on radicale (ni titre, ni image, ni extrait), parfois en conservant certains de ces composants.<\/p>\n\n\n\n

Cons\u00e9quence : la fr\u00e9quentation des sites d\u2019information s\u2019est trouv\u00e9e fortement r\u00e9duite. Selon Google, qui ne manque pas d\u2019instruments de mesure, cette baisse atteint 45 % lorsque les aper\u00e7us n\u2019\u00e9taient pas d\u00e9garnis \u00e0 l\u2019extr\u00eame. La compagnie indique \u00e9galement que les utilisateurs ont alors poursuivi leur navigation sur d\u2019autres sites non journalistiques (2<\/strong>).<\/p>\n\n\n\n

Ce tour de force d\u00e9montre plusieurs choses. D\u2019abord, de fa\u00e7on ouverte et explicite, il nous rappelle \u00e0 quel point Google est capable non seulement de suivre avec pr\u00e9cision les comportements des utilisateurs en ligne, mais aussi de les orienter. Ensuite, c\u2019est l\u2019\u00e9quivalent de l\u2019usage de l\u2019artillerie lourde : comme son recours aux techniques classiques de lobbying aupr\u00e8s des institutions europ\u00e9ennes n\u2019a jusque-l\u00e0 pas port\u00e9 ses fruits sur ce sujet pr\u00e9cis, l\u2019entreprise a d\u00e9cid\u00e9 de donner une le\u00e7on de pratique. Mais s\u2019agit-il seulement de faire comprendre les effets non d\u00e9sir\u00e9s d\u2019une telle l\u00e9gislation ou bien, au-del\u00e0, de rappeler l\u2019\u00e9tendue du pouvoir dont elle dispose ?<\/p>\n\n\n\n

Perspectives :<\/strong><\/h4>\n\n\n\n