{"id":12249,"date":"2018-12-09T12:07:27","date_gmt":"2018-12-09T11:07:27","guid":{"rendered":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/?p=12249"},"modified":"2020-10-30T18:31:49","modified_gmt":"2020-10-30T17:31:49","slug":"la-grande-peur","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/legrandcontinent.eu\/fr\/2018\/12\/09\/la-grande-peur\/","title":{"rendered":"La doctrine Pence, pour une nouvelle Guerre froide"},"content":{"rendered":"\n
Prononc\u00e9 le 4 octobre 2018 devant le Hudson Institute, important think tank d\u00e9fendant la centralit\u00e9 de l’engagement am\u00e9ricain dans le maintien de l\u2019ordre mondial, <\/em>les \u201cremarques\u201d du vice-pr\u00e9sident am\u00e9ricain Mike Pence \u201csur la politique chinoise de l\u2019administration Trump\u201d<\/em><\/a> ont surprenamment peu retenu l\u2019attention en France. L\u2019importance de cette allocution, qualifi\u00e9e de \u201cbelliqueuse\u201d par les m\u00e9dias am\u00e9ricains comme par les autorit\u00e9s chinoises, est n\u00e9anmoins certaine. Pour preuve, elle est souvent avanc\u00e9e comme l\u2019une des preuves d\u2019une possible nouvelle \u201cguerre froide\u201d entre Chine et Etats-Unis.<\/em> <\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n En amont du <\/em>Mardi du Grand Continent consacr\u00e9 \u00e0 cette th\u00e9matique<\/em><\/a>, \u201cArchives et Discours\u201d vous propose la traduction int\u00e9grale du discours de Pence, introduite par un commentaire de l\u2019historien Pierre Grosser.<\/em> \u201cMerci, Ken, pour cette chaleureuse introduction. Chers membres du conseil d\u2019administration, cher Dr Michael Pillsbury, chers invit\u00e9s de marque, chers vous tous qui, fid\u00e8les \u00e0 votre mission en ce lieu, \u201cpensez le futur d\u2019une mani\u00e8re originale\u201d – c\u2019est un honneur d\u2019\u00eatre de retour \u00e0 l\u2019Institut Hudson. Depuis plus d\u2019un demi-si\u00e8cle, cet Institut s\u2019est consacr\u00e9 \u00e0 \u201cfaire progresser la s\u00e9curit\u00e9, la prosp\u00e9rit\u00e9 et la libert\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale\u201d. Et alors m\u00eame que l\u2019institut Hudson a \u00e9t\u00e9 accueilli par diff\u00e9rentes villes au cours des ann\u00e9es, une chose est rest\u00e9e constante : vous avez toujours mis en avant cette v\u00e9rit\u00e9 vitale, qui est que c\u2019est le leadership am\u00e9ricain qui permet d\u2019\u00e9clairer la voie. Et aujourd\u2019hui, puisqu\u2019on parle de leadership, permettez-moi de vous transmettre les salutations d\u2019un grand champion du leadership am\u00e9ricain, dans notre pays et \u00e0 l\u2019\u00e9tranger : je vous transmets les salutations du 45\u00e8me Pr\u00e9sident des Etats-Unis d\u2019Am\u00e9rique, le Pr\u00e9sident Donald Trump. (Applaudissements)<\/em><\/p>\n\n\n\n Au-del\u00e0 des perspectives historique, qui t\u00e9moigne de l\u2019ancrage de repr\u00e9sentations anciennes de la Chine aux Etats-Unis, Pence apporte des notes personnelles : il fait notamment de Trump le \u00ab grand champion du leadership am\u00e9ricain \u00bb. Si le pr\u00e9sident a lui rompu avec ce vocabulaire du leadership, omnipr\u00e9sent depuis les ann\u00e9es 1990, Pence l\u2019emploie car il est plus proche du mainstream am\u00e9ricain en politique \u00e9trang\u00e8re, notamment des milieux n\u00e9oconservateurs. Homme des milieux \u00e9vang\u00e9listes, son discours est bien plus empreint par de r\u00e9f\u00e9rences religieuses que celui de Trump <\/span>1<\/sup><\/a><\/span><\/span> Le vice-pr\u00e9sident d\u00e9nonce la pers\u00e9cution des autorit\u00e9s chinoises \u00e0 l\u2019\u00e9gard des chr\u00e9tiens, des bouddhistes et des musulmans ainsi que l\u2019accord sign\u00e9 par le Pape. Enfin, il fait partie des \u00ab pro-Ta\u00efwan \u00bb : depuis les ann\u00e9es 1980, ceux-ci ne pr\u00e9sentent plus Ta\u00efwan comme \u00eele strat\u00e9gique face \u00e0 la Chine, mais jouent la carte de la d\u00e9mocratie qu\u2019il faut d\u00e9fendre. Pence reprend la vision am\u00e9ricaine traditionnelle que nous avons \u00e9tudi\u00e9e plus haut : pour lui, la d\u00e9mocratie \u00e0 Taiwan doit \u00eatre un exemple pour le peuple chinois tout entier.<\/p>\n\n\n\n Le discours de Pence est-il une sorte d\u2019\u00e9quivalent de la doctrine Truman de mars 1947 ? Dans leurs M\u00e9moires, George W. Bush et Condoleezza Rice se sont vant\u00e9s d\u2019avoir, comme Truman, d\u00e9fini l\u2019ennemi (le terrorisme islamiste), mobilis\u00e9 pour le combattre et d\u00e9fini une strat\u00e9gie. C\u2019est plus compliqu\u00e9 pour Pence. Truman n\u2019avait pas nomm\u00e9 l\u2019URSS dans son discours, alors que Pence nomme la Chine explicitement. Certes, il l\u2019accuse de mettre en place un syst\u00e8me orwellien de contr\u00f4le social, ce qui ram\u00e8ne le d\u00e9bat sur le plan de la lutte entre soci\u00e9t\u00e9s ouvertes et libres, et r\u00e9gimes totalitaires. Comme dans la doctrine Truman puis le plan Marshall, il n\u2019est pas question dans le discours de Pence d\u2019enjeux militaires, ni de faire face militairement \u00e0 l\u2019ennemi. En revanche, le vice-pr\u00e9sident am\u00e9ricain parle d\u2019un possible retour \u00e0 la normale si la Chine se plie aux demandes am\u00e9ricaines, alors qu\u2019il n\u2019\u00e9tait gu\u00e8re question en 1947 de retour \u00e0 la \u00ab Grande Alliance \u00bb entre Etats-Unis et URSS. Enfin, la prise de parole de Pence n\u2019a pas pour objectif, derri\u00e8re un grand discours manich\u00e9en, de persuader le Congr\u00e8s d\u2019apporter de l\u2019aide \u00e0 des r\u00e9gimes peu recommandables comme ceux de la Gr\u00e8ce et de la Turquie de 1947. Par le truchement de leur vice-pr\u00e9sident, les Etats-Unis ne parlent d\u2019ailleurs pas ici d\u2019aider des pays face \u00e0 la \u00ab menace \u00bb chinoise.<\/p>\n\n\n\n Le discours de Pence fait plut\u00f4t penser \u00e0 ceux des R\u00e9publicains du d\u00e9but des ann\u00e9es 1950, lorsque les Etats-Unis d\u00e9couvraient des affaires d\u2019espionnage et craignaient une \u00ab p\u00e9n\u00e9tration \u00bb sovi\u00e9tique. La Chine est accus\u00e9e de vouloir influencer les \u00e9lections par ses sanctions. C\u2019est \u00e9videmment, depuis plusieurs mois, une strat\u00e9gie de l\u2019administration Trump pour d\u00e9tourner l\u2019opinion de l\u2019enqu\u00eate sur les ing\u00e9rences russes lors des \u00e9lections pr\u00e9sidentielles de 2016. Mais en r\u00e9alit\u00e9, il est normal que ceux qui sanctionnent cherchent \u00e0 faire le plus de mal possible en ciblant les \u00e9tats o\u00f9 les R\u00e9publicains peuvent \u00eatre en difficult\u00e9. Cette p\u00e9n\u00e9tration d\u2019une Am\u00e9rique innocente, image d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sente dans le discours post 11 septembre, se retrouve aussi avec le pillage des secrets technologiques et les pressions sur les libert\u00e9s. Pence fait \u00e9cho \u00e0 la campagne australienne contre les auto-censures (universit\u00e9s, journalistes, cin\u00e9ma) li\u00e9es \u00e0 la puissance chinoise. <\/span>2<\/sup><\/a><\/span><\/span> D\u00e8s les d\u00e9buts de cette administration, le Pr\u00e9sident Trump a fait de notre relation avec la Chine et son pr\u00e9sident Xi une priorit\u00e9. Le 6 avril dernier, le Pr\u00e9sident Trump a re\u00e7u le Pr\u00e9sident Xi a Mar-a-Lago. Le 8 novembre dernier, le Pr\u00e9sident Trump s\u2019est rendu \u00e0 P\u00e9kin, o\u00f9 il a \u00e9t\u00e9 chaleureusement accueilli par le chef de l\u2019Etat chinois. Au cours des deux derni\u00e8res ann\u00e9es, notre Pr\u00e9sident a construit une relation personnelle tr\u00e8s forte avec le Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique populaire de Chine, et ils ont travaill\u00e9 en \u00e9troite collaboration sur certains dossiers dans lesquels nous avons des int\u00e9r\u00eats communs, en particulier la d\u00e9nucl\u00e9arisation de la p\u00e9ninsule cor\u00e9enne. Mais si je m\u2019adresse \u00e0 vous aujourd\u2019hui, c\u2019est parce que le peuple am\u00e9ricain a le droit de savoir qu\u2019au moment o\u00f9 je vous parle, P\u00e9kin adopte une approche pangouvernementale et utilise des outils politiques, \u00e9conomiques et militaires ainsi que la propagande pour \u00e9tendre son influence et d\u00e9fendre ses int\u00e9r\u00eats aux Etats-Unis. La Chine utilise aussi son pouvoir de mani\u00e8re plus volontariste que jamais pour exercer son influence et interf\u00e9rer dans la politique int\u00e9rieure et les politiques publiques de ce pays. Sous l\u2019impulsion du Pr\u00e9sident Trump, les Etats-Unis ont pris des mesures fermes pour r\u00e9pondre \u00e0 la Chine par l\u2019action, en application de principes et de politiques d\u00e9fendues depuis longtemps entre ces murs. Dans notre Strat\u00e9gie Nationale de S\u00e9curit\u00e9<\/a>, pr\u00e9sent\u00e9e par le Pr\u00e9sident Trump en d\u00e9cembre dernier, il d\u00e9crit une nouvelle \u00e8re de \u201ccomp\u00e9tition entre grandes puissances\u201d. Comme il l\u2019a \u00e9crit, les nations \u00e9trang\u00e8res ont commenc\u00e9 \u00e0 r\u00e9affirmer leur influence \u00e0 l\u2019\u00e9chelle r\u00e9gionale et mondiale\u201d et \u201ccontestent les avantages g\u00e9opolitiques [am\u00e9ricains] et essaient [au fond] de modifier l\u2019ordre international en leur faveur\u201d. Dans cette Strat\u00e9gie, le Pr\u00e9sident Trump a clairement indiqu\u00e9 que les \u00c9tats-Unis d\u2019Am\u00e9rique ont adopt\u00e9 une nouvelle approche vis-\u00e0-vis de la Chine. Nous aspirons \u00e0 une relation fond\u00e9e sur l\u2019\u00e9quit\u00e9, la r\u00e9ciprocit\u00e9 et le respect de la souverainet\u00e9, et nous avons pris sur le champ des mesures fermes pour atteindre ce but. Comme l\u2019a dit le Pr\u00e9sident l\u2019an dernier lors de sa visite en Chine, je cite ses mots : \u201cnous avons une opportunit\u00e9 de renforcer la relation entre nos deux pays et d\u2019am\u00e9liorer la vie de nos citoyens\u201d. Notre vision du futur se fonde sur les plus belles heures de notre pass\u00e9 commun, au cours desquels l\u2019Am\u00e9rique et la Chine se sont tendu la main dans un esprit d\u2019ouverture et d\u2019amiti\u00e9. Lorsque notre jeune nation, au sortir de la guerre d\u2019ind\u00e9pendance, a \u00e9t\u00e9 chercher de nouveaux march\u00e9s vers lesquels exporter, le peuple chinois a accueilli les commer\u00e7ants am\u00e9ricains charg\u00e9s de ginseng et de fourrures. Lorsque la Chine a endur\u00e9 les outrages et l\u2019exploitation de ce qu\u2019on a appel\u00e9 le \u201csi\u00e8cle de l\u2019humiliation\u201d, l\u2019Am\u00e9rique a refus\u00e9 d\u2019y contribuer, et d\u00e9fendu la politique de la \u201cporte ouverte\u201d en faveur d\u2019un commerce plus libre avec la Chine et pour pr\u00e9server sa souverainet\u00e9.<\/p>\n\n\n\n Selon Pence, les \u00e9changes avec la Chine sont aussi anciens que la nation am\u00e9ricaine. Gr\u00e2ce \u00e0 la \u201cdoctrine de la porte ouverte\u201d \u00e0 la fin du XIXe si\u00e8cle, les Etats-Unis auraient prot\u00e9g\u00e9 la Chine face aux ambitions imp\u00e9rialistes des grandes puissances europ\u00e9ennes et du Japon. Les flux commerciaux, forc\u00e9ment b\u00e9n\u00e9fiques, auraient \u00e9t\u00e9 accompagn\u00e9s de flux culturels, gr\u00e2ce aux missionnaires religieux, et aux efforts d\u2019\u00e9ducation (en Chine m\u00eame et par l\u2019accueil d\u2019\u00e9tudiants chinois aux Etats-Unis, d\u00e8s la fin du XIXe si\u00e8cle). Ce sont ces flux qui, selon cette narration am\u00e9ricaine, auraient permis \u00e0 la Chine de s\u2019ouvrir, de se moderniser, gr\u00e2ce au guide et \u00e0 la figure paternelle protectrice et \u00e9ducatrice que constitueraient pour elle les Etats-Unis. <\/p>\n\n\n\n De tels flux existent encore durant les ann\u00e9es 1930, sont interrompus par la victoire du communisme, et reprennent \u00ab naturellement \u00bb apr\u00e8s le voyage de Nixon en 1972. De nouveau, les Etats-Unis guident la Chine, qui, ainsi, se modernise. La r\u00e9pression de 1989, notamment sur la place Tiananmen, n\u2019est pas cit\u00e9e par Pence, mais repr\u00e9sente un premier moment d\u2019espoir d\u00e9\u00e7u. Toutefois, aux Etats-Unis, on croit encore dans les ann\u00e9es 1990 que la prosp\u00e9rit\u00e9 chinoise renforcera les classes moyennes qui ne d\u00e9sireraient que droits de l\u2019homme, libert\u00e9s et d\u00e9mocratie. Aujourd\u2019hui, les d\u00e9bats aux Etats-Unis montrent que l\u2019illusion de changer politiquement la Chine s\u2019est \u00e9vanoui. En revanche l\u2019id\u00e9e d\u2019un \u00ab Indo-Pacifique libre et ouvert<\/a> \u00bb, r\u00e9p\u00e9t\u00e9e par Trump depuis plus d\u2019un an, et l\u2019affirmation selon laquelle le march\u00e9 am\u00e9ricain est indispensable \u00e0 la croissance asiatique (ce qui fut surtout vrai des ann\u00e9es 1950 \u00e0 2000), t\u00e9moignent de la persistance de la vision historique am\u00e9ricaine des relations transpacifiques.<\/p>\n\n\n\n Trump a commenc\u00e9 sa carri\u00e8re politique \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1980 en pointant du doigt l\u2019ingratitude d\u2019un Japon prot\u00e9g\u00e9 par les Etats-Unis mais qui n\u2019h\u00e9sitait pas \u00e0 les concurrencer dans le domaine \u00e9conomique. Pour Pence, c\u2019est la Chine qui est ingrate : selon le vice-pr\u00e9sident, elle doit beaucoup aux Etats-Unis qui l\u2019auraient prot\u00e9g\u00e9e face aux pr\u00e9tentions imp\u00e9rialistes, lui aurait donn\u00e9 son statut international. C\u2019est en effet Roosevelt qui a coopt\u00e9 Tchang Ka\u00ef-chek lors de la conf\u00e9rence du Caire d\u2019octobre 1943 et lui a donn\u00e9 un si\u00e8ge permanent au Conseil de S\u00e9curit\u00e9 des Nations Unies). Ce sont encore les Etats-Unis qui auraient fait entrer la Chine \u00e0 l\u2019OMC en 2001. Lorsque les missionnaires am\u00e9ricains ont port\u00e9 la bonne parole sur les c\u00f4tes chinoises, ils ont \u00e9t\u00e9 \u00e9mus par la riche culture d\u2019un peuple ancien et plein de vie. Et ils ne se sont pas content\u00e9s de diffuser leur foi, mais ces m\u00eames missionnaires ont \u00e9galement fond\u00e9 certaines des plus anciennes et plus brillantes universit\u00e9s chinoises. Lorsque la Seconde Guerre mondiale a \u00e9clat\u00e9, nous avons lutt\u00e9 ensemble, alli\u00e9s dans la lutte contre l\u2019imp\u00e9rialisme. Et au lendemain de la guerre, l\u2019Am\u00e9rique a fait en sorte que la Chine devienne un membre \u00e0 part enti\u00e8re des Nations Unies et un acteur cl\u00e9 du monde d\u2019apr\u00e8s-guerre. Mais peu apr\u00e8s son arriv\u00e9e au pouvoir en 1949, le Parti communiste chinois s\u2019est engag\u00e9 dans la voie d\u2019un expansionnisme autoritariste. Il est frappant de penser que cinq ans seulement apr\u00e8s notre lutte conjointe, nous nous sommes affront\u00e9s dans les montagnes et les vall\u00e9es de la p\u00e9ninsule cor\u00e9enne. Mon propre p\u00e8re a \u00e9t\u00e9 le t\u00e9moin de combats sur ce front de la libert\u00e9. <\/p>\n\n\n\n La partie historique du discours de Mike Pence reprend le livre de Michael Green sur la Grande Strat\u00e9gie am\u00e9ricaine en Asie <\/span>3<\/sup><\/a><\/span><\/span>. Il est m\u00eame possible que Green l\u2019ait influenc\u00e9 directement puisqu\u2019il a \u00e9t\u00e9 le conseiller pour l\u2019Asie de George W. Bush au National Security Council<\/em>. Pour Green, le maintien de bases am\u00e9ricaines en Asie se justifie car il est n\u00e9cessaire de prot\u00e9ger ces flux \u00e9conomiques et culturels qui sont si b\u00e9n\u00e9fiques au continent. Le cauchemar des \u00c9tats-Unis, qui explique un si\u00e8cle de politique am\u00e9ricaine dans la r\u00e9gion, est qu\u2019une puissance cherche \u00e0 interrompre ces flux, et ferme l\u2019Asie aux \u00c9tats-Unis. Ce danger \u00e9tait incarn\u00e9 par le Japon dans les ann\u00e9es 1930-1945, par l\u2019URSS et la Chine dans les ann\u00e9es 1950 et de nouveau par le Japon au tournant des ann\u00e9es 1980 et 1990. Il semble d\u00e9sormais provenir de la Chine. Les \u00c9tats-Unis souhaitent d\u2019autant moins \u00eatre exclus du moteur \u00e9conomique mondial qu\u2019est devenue l\u2019Asie.<\/p>\n\n\n\n On sent une autre influence av\u00e9r\u00e9e : celle d\u2019un des grands noms du Hudson Institute, Michael Pillsbury. Ce proche de Mike Pence <\/span>4<\/sup><\/a><\/span><\/span> qui a \u00e9galement conseill\u00e9 Trump est avant tout consid\u00e9r\u00e9 comme un \u00ab faucon \u00bb, m\u00eame si, dans ses entretiens r\u00e9cents, il semble avoir mis de l\u2019eau dans son vin sur les possibilit\u00e9s d\u2019entente avec la Chine <\/span>5<\/sup><\/a><\/span><\/span>. En 2015, dans The Hundred Years Marathon <\/em> <\/span>6<\/sup><\/a><\/span><\/span>, il analysait la course sino-am\u00e9ricaine \u00e0 l\u2019h\u00e9g\u00e9monie et d\u00e9montrait comment la Chine est obs\u00e9d\u00e9e par la place de n\u00b01, quitte \u00e0 employer tous les moyens. Dans ce livre, il appelait notamment \u00e0 r\u00e9pudier la politique d\u2019engagement et \u00e0 consid\u00e9rer la Chine comme un competitor<\/em>.<\/p>\n\n\n\n
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\n\n\n\nRemarques du Vice-Pr\u00e9sident concernant la politique de l\u2019administration envers la Chine<\/strong>
<\/h3>\n\n\n\n
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<\/p>\n\n\n\nUn vice-pr\u00e9sident plus inquiet que va-t-en-guerre froide<\/strong><\/h4>\n\n\n\n
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<\/p>\n\n\n\nUne vision patriotique et traditionnelle des relations Chine \/ Etats-Unis<\/strong><\/h4>\n\n\n\n
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<\/p>\n\n\n\nDes r\u00e9f\u00e9rences acad\u00e9miques plus ou moins assum\u00e9es<\/strong><\/h4>\n\n\n\n